13 octobre 2008

San Pietro in Vincoli


 

San_Pietro_in_Vincoli_5San Pietro in Vincoli fut tout d'abord l'un des tituli de Rome, Titulus Eudoxiae ad Vincula. L'église fut construite sur les ruines d'une villa impériale en 442 à la demande de l'Impératrice Eudoxie, ou Licinia Eudoxia, fille de Théodose et épouse de Valentinien, afin de conserver les chaînes de saint Pierre, l'une provenant de la prison Mamertine de Rome, les autres de la prison de Jérusalem, encore visibles aujourd'hui dans la châsse qui se trouve sous le maître-autel. Le contact de ces chaînes guérissait les malades et chassait les démons. La fête des chaînes de saint Pierre est célébrée encore de nos jours avec une grande solennité, le 1er août.

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Extrait de la légende dorée de Jacques de Voragine :

"Ce fut donc en mémoire et en l’honneur de la victoire qu’Auguste remporta le premier août que tous les Romains solennisaient ce jour, jusqu'à l’époque de l’empereur Théodose qui commença à régner l’an du (333) Seigneur 426. Eudoxie, fille de ce Théodose et épouse de Valentinien, se rendit à Jérusalem pour accomplir un voeu. Ce fut là qu'un Juif lui offrit, pour une somme importante, les deux chaînes dont saint Pierre avait été lié sous Hérode. Revenue à Rome aux calendes d'août, et voyant le Romain célébrer une fête en l’honneur d'un empereur qui était idolâtre, elle fut affligée de ce qu'on rendait de si grands honneurs à un homme damné : elle reconnut qu'il ne serait pas facile d'abolir cette espèce de culte passé en coutume; alors elle pensa à laisser subsister cet état de choses, mais dans le but que la solennité aurait lieu en l’honneur de saint Pierre, et que tout le peuple nommerait ce jour la fête de saint Pierre aux Liens. Après en avoir conféré avec le saint pape Pélage, ils unirent leurs efforts pour porter le peuple, par des exhortations flatteuses, à laisser dans l’oubli la mémoire du prince des païens, pour faire une mémoire solennelle du prince des apôtres. La proposition ayant obtenu l’assentiment universel, Eudoxie fit connaître qu'elle avait rapporté de Jérusalem les chaînes de saint Pierre et les montra au peuple. Le pape, de son côté, produisit la chaîne dont le même apôtre avait été lié sous Néron. On les mit ensemble et alors eut lieu ce miracle par lequel de ces trois chaînes, il s'en forma une seule, comme si elle n'eût pas été composée de différentes pièces. En même temps, le pape et la reine décidèrent que l’honneur rendu à un païen, qui était damné, serait attribué à plus juste titre au prince des apôtres. Le pape donc avec la reine plaça les chaînés dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. Il l’enrichit de grands privilèges et institua que ce jour serait fêté en tous lieux. Voilà ce que dit Bède. Sigebert rapporte la même chose. On vit en l’an du Seigneur 969 combien grande était la puissance de cette chaîne car un comte, proche parent de l’empereur Othon, qui fut saisi, aux yeux de tout le monde, par le diable d'une façon si cruelle, qu'il se déchirait avec les dents. L'empereur ordonna alors qu'on le menât au pape Jean, afin de lui entourer le cou avec la chaîne de saint Pierre. On lui mit d'abord au cou une autre chaîne qui ne délivra pas le possédé, car il n'y avait en elle aucune vertu ; enfin on prend la chaîne de saint Pierre et on la met au cou du furieux : mais le diable ne put supporter le poids d'une si grande puissance, et se retira aussitôt en jetant un cri affreux en présence de tous les assistants."

Extrait de "A plus hault sens" de Claude Gaignebet :

"Selon Bède le vénérable au IXème siècle, la fête de saint Pierre avait pour but la destruction du rite des gentils. Les romains solennisaient le 1er août la victoire d'Octave Auguste en Egypte. Eudoxie, la fille de Théodose, acquit en 426 les chaînes de saint Pierre lors d'un voyage à Jérusalem. Elle revint à Rome un 1er août et, constatant qu'il serait difficile d'abolir la coutume, décida de remplacer Octave par saint Pierre.

A cette date du 1er août en Egypte, Octave n'a pu, en fait, que redonner quelques lustres aux fêtes très anciennes qui marquaient le début de l'année sothiaque et la crue du Nil. A Rome même, les fêtes des chaînes de saint Pierre auraient-elles recouvert des cérémonies égyptiennes introduites à l'occasion du déferlement des religions orientales dans la capitale ?

L'étude des traditions indigènes, plus particulièrement celle de la fête celtique Lugnasad du 1er août laisse envisager d'autres hypothèses..."

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les papes des premiers temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

San_Pietro_in_Vincoli_2Revenons à San Pietro. L'église fut restaurée par le pape Adrien Ier (772-795) puis reconstruite par le pape Sixte IV (1471-1484) puis par le pape Jules II (1503-1513). Restaurée en 1875, elle est desservie depuis par les Chanoines réguliers du Latran.

Le portail d'entrée date du XVème siècle et cache l'ancienne façade.

 





San_Pietro_in_Vincoli_3Construite sur le modèle des basiliques à 3 nefs auxquelles s'ajoute un transept, l'église contient 22 colonnes doriques antiques qui étonnamment ont des bases ioniques. La tradition dit qu'elles ont été prises dans la basilique où saint Pierre fut condamné. Il est plus probable qu'elle provinssent d'un temple grec.

 






 

 

San_Pietro_in_Vincoli_30Une mosaïque byzantine du VIIème siècle représentant saint Sébastien, barbu et portant un uniforme byzantin, se trouve au dessus du deuxième autel sur la gauche.

 

La crypte derrière le sanctuaire contient un ancien sarcophage romain censé contenir les reliques des saints Macchabées, 7 sept héros juifs morts pour protéger la loi mosaïque. Les reliques furent transportées à San Pietro par le pape Pélage (556-561). Je n'ai pas pu y accéder.

 






San_Pietro_in_Vincoli_1L'oeuvre la plus célèbre reste le Moïse de Michel-Ange, sculpté en 1545, que l'on trouve à la droite de l'autel. Il fut fait pour le tombeau du pape Jules II, censé se trouver au Vatican. 47 autres statues devaient l'accompagner, mais le projet ne fut jamais terminé. Les statues de Léa (à droite symbolisant la vie active) et Rachel (à gauche, la vie contemplative), entourant Moïse, sont aussi de Michel-Ange. Le reste du monument fut réalisé par ses élèves. On dit que Michel-Ange fut tellement impressionné du résultat de son travail qu'il jeta son marteau contre la statue en criant "pourquoi ne parles-tu pas ?".

 

 

 

San_Pietro_in_Vincoli_6Avec le Moïse, nous voilà revenus en Egypte : Sigmund Freud est venu étudier la statue à Rome. Il considérait Moïse comme égyptien, et non pas juif. Selon lui, il fut un prêtre adepte du culte du soleil, qu' Akhenaton mit en place en Egypte vers -1372. Selon lui, Moïse aurait demandé la protection des juifs, à l'origine ancienne tribu égyptienne. Je conseille vivement à ce propos la lecture du livre d'Henri Blanquart, "les mystères du peuple juif", aux éditions du Léopard d'Or, si vous arrivez à le trouver !

 

Encore une chose : Michel-Ange a sculpté un Moïse pourvu de cornes. On dit que ce fut le résultat d'une erreur de traduction que fit Jérôme dans sa Vulgate: il confondit le terme hébreu qâran qui signifie "émettant des rais de lumières, rayonnant" avec le terme qèrèn, substantif qui signifie "cornes" (Exode, 34, 29). En gros, la traduction exacte devait être "la peau de son visage rayonnait chaque fois qu'il avait pris contact avec son dieu" et Jérôme en fit "Ils voyaient que la face de Moïse était cornue". Mais est-ce bien un erreur ? Jérôme devait maîtriser assez le latin pour ne pas commettre ce genre de contresens. Il connaissait bien des rabbins, il pouvait en plus se renseigner auprès d'eux s'il doutait.

 

Voici ce que Jean Chevalier et Alain Gheerbrant proposent comme définition des cornes dans leur dictionnaire des symboles:

"La corne a un sens d'éminence, d’élévation. Son symbolisme est celui de la puissance. Ce symbolisme est lié à Apollon-Karneios et à Dyonisos : il fut utilisé par Alexandre le Grand qui prit l'emblème d'Amon, le bélier, que le livre des morts égyptien nomme "seigneur des deux cornes". Les guerriers de divers pays, et notamment les gaulois, ont porté des casques à cornes. La puissance des cornes n'est d'ailleurs pas seulement d'ordre temporel.

Les cornes de bélier, note Guénon, sont de caractère solaire, les cornes de taureau de caractère lunaire. Il est de fait que l'association de la lune et du taureau est bien connue des sumériens et aussi des hindous.

Les cornes des bovidés sont l'emblème de la Magna Mater , déesse de la fertilité. Elles évoquent les prestiges de la force vitale, de la création périodique, de la vie inépuisable,de la fécondité. De là, elles sont venues à symboliser la majesté des bienfaits du pouvoir royal.

Si la corne relève le plus souvent d'un symbolisme lunaire, et donc féminin, elle peut aussi devenir un vecteur symbolique solaire et mâle.

Les cornes représentent un principe actif et masculin par leur forme et par leur force de pénétration, un principe féminin par leur ouverture en forme de lyre et de réceptacle. En réunissant ces deux principes dans la formation de sa personnalité, l'être humain parvient à la maturité, à l'équilibre, à l'harmonie intérieure."

 

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les artistes connaissants de tout temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

Jérôme fait une autre erreur quand il traduit BETOULA, “jeune femme”, par “vierge”. D’où le dogme de la Vierge Marie.

Mais là, c'est une autre histoire. (http://www.abbaye-saint-benoit.ch)

 

http://www.rome-passion.com/saint-pierre-aux-liens.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Pierre-aux-Liens

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12 octobre 2008

Santa Maria in Aracoeli

Santa_Maria_in_Aracoeli_22Santa Maria in Aracoeli, littéralement Sainte Marie de l'autel du ciel, à l’origine appelée Santa Maria in Capitolo, fut bâtie par des moines byzantins au VIème siècle sur les fondations de l'ancien temple de Junon Moneta, au nord de la colline du Capitole, à l'endroit où la Sibylle de Tibur aurait prédit à l'empereur Auguste l'avènement prochain du Christ. Auguste fit alors construire un autel à l'endroit où il avait eu la révélation, l'ara coeli. C'est aussi à l’emplacement de l’église Santa Maria d’Aracoeli, que résidaient les fameuses oies du Capitole qui sauvèrent Rome des Gaulois en -390 en donnant l’alerte par leurs cris.
Une autre hypothèse : l'église aurait remplacé l’auguraculum, le siège de l'augure. Je ne suis pas historienne, mais je pense que la deuxième hypothèse est la bonne. Je vous expliquerai pourquoi plus tard.





Santa_Maria_in_Aracoeli_23L’église et le monastère attenant suivaient donc le rite grec. Au début su IXème siècle, l’église fut prise en charge par la papauté et donnée aux bénédictins.
Au XIIIème siècle, elle passa aux mains des franciscains : une bulle papale datée de 1249 la leur accorde. Ils la reconstruisirent sur un plan basilical dans le style roman puis gothique, en incorporant de nombreux éléments de l'ancienne église.








Santa_Maria_in_Aracoeli_24Au XIVème siècle, Cola di Rienzo pris le pouvoir à Rome, en se proclamant Tribun et libérateur de la Sainte République romaine. Après avoir remporté une bataille contre les nobles, il  consacra son épée sur l'autel de Santa Maria in Aracoeli et inaugura l’escalier en 1348. Quelques années plus tard, il fut tué aux pieds des marches, où les criminels condamnés étaient exécutés. Sa statue fut érigée à cet endroit.













Santa_Maria_in_Aracoeli_19Durant tout le moyen-âge, l’église fut au cœur de la vie religieuse et civique de Rome. Elle est depuis désignée comme l'église du Sénat et du peuple romain, « Senatus Populusque Romanus ». Il est vrai que les sénateurs romains avaient l’habitude de se réunir dans le temple de Jupiter, situé à quelques mètres de celui de Junon.
Des chapelles sont rajoutées aux XVIème et XVIIème siècles, période au cours de laquelle le choeur et les parties hautes sont remises au goût du jour.
En 1797, avec l’avènement de la république romaine, la basilique fut désaffectée et transformée en étable.









Santa_Maria_in_Aracoeli_1On accède à Santa Maria par un escalier monumental de 124 marches en marbre, la scalinata d'Aracoeli. Cet immense ex-voto fut construit en 1348 par  Simone Andreozzi à la demande des romains pour remercier la Vierge d'avoir épargné la ville de l'épidémie de peste de 1346.
On dit que si l’on monte ces escaliers sur les genoux, les péchés seront pardonnés.













Santa_Maria_in_Aracoeli_5La façade de briques de l'église, jamais terminée, était à l'origine décorée de mosaïques et de fresques, dont il ne reste qu’une mosaïque dans le tympan de la porte principale. Les trois portes ont été ajoutées plus tard.










Santa_Maria_in_Aracoeli_2Au-dessus de la porte sud, le tympanon présente une mosaïque de la Vierge entourée de deux anges de l'école de Pietro Cavallini. Seul témoignage de l’époque gothique, une fenêtre, le seul détail que l’on aperçoit en bas des marches.






Santa_Maria_in_Aracoeli_6L'église comporte trois nefs, divisées par 22 colonnes romaines qui sont toutes différentes les unes des autres car  prélevées sur différents bâtiments romains antiques du Forum et du Palatin.










Santa_Maria_in_Aracoeli_12Le plafond à caissons fut offert par par Marcantonio Colonna en commémoration de la victoire des forces de l’alliance papale sur la flotte turque à la bataille de Lépante en 1571.

Le pavement du sol fut réalisé au XIIème siècle par la famille Cosma, dont le style particulier était l'incrustation de minuscules bris de marbres colorés aux motifs géométriques. Celui de Santa Maria in Aracoeli reste l’un des mieux conservés.











Santa_Maria_in_Aracoeli_25Des fresques du XVème siècle (1486) du Pinturicchio ornent la première chapelle à droite, et sont consacrées à saint Bernardin de Sienne.

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Santa_Maria_in_Aracoeli_18Une autre représente une vierge à l'enfant, peinte par Pietro Cavallini (1259 - 1330), peintre et un mosaïste italien de l'école romaine de la pré-Renaissance du Trecento.











Santa_Maria_in_Aracoeli_9Dans le chœur du sanctuaire se trouve une icône byzantine de la Vierge et l'Enfant, connue sous le nom de Madonna d'Aracoeli, peinte sur bois de hêtre, et datée du XIème siècle. Certains spécialistes prétendent qu'elle serait peut-être plus âgée, et daterait du VIème siècle, à l’époque où les moines byzantins construisirent l’église. D’après une légende, le pape saint Grégoire le Grand en l'an 594 l’aurait fait défiler dans les rues de Rome pendant une épidémie de peste, qu’elle aurait stoppée.











Santa_Maria_in_Aracoeli_14La statue de l'enfant Jésus sculptée au XVème siècle par un moine franciscain à Jérusalem dans du bois d'olivier du jardin de Gethsémani, fut transportée à Rome sur les ordres de la curie franciscaine, dont le siège social se trouvait à Santa Maria in Aracoeli. Son histoire débute déjà par plusieurs miracles : la statue fut peinte par un ange pendant que le sculpteur dormait, puis prise dans une tempête pendant le voyage vers l'Europe, elle fut jetée par-dessus bord, mais elle rebondit sur l’eau et finalement arriva aux pieds du moine franciscain, qui avaient attendu avec impatience sur les rives de la Livourne.










Santa_Maria_in_Aracoeli_15La légende raconte encore que la statue pourrait guérir les malades en phase terminale, et aurait même le pouvoir de ressusciter les morts. Incrustée de bijoux, la statue originale fut volée en 1994 et jamais retrouvée, c’est une copie que l’on trouve maintenant dans sa chapelle privée près de la sacristie.















Santa_Maria_in_Aracoeli_13La mère de l'Empereur Constantin Ier, sainte Hélène, fut inhumée dans l'église d'Aracoeli. Ses reliques sont conservées sous un baldaquin fait par les Cosma au XIIème siècle, dans un autel en porphyre.
















Santa_Maria_in_Aracoeli_8Je vais maintenant vous expliquer pourquoi je pense que les fondations de Santa Maria in Aracoeli sont posées sur l’ancienne auguraculum, le siège de l'augure.
La légende parlant d’Auguste et de la Sibylle de Tibur date du Moyen-Âge. C’est dans le milieu du XIIème siècle qu’on la trouve pour la première fois, dans un guide de Rome, le « Mirabilia Urbis Romae », où il est dit que l’église s’est construite à l’emplacement de l’ « Ara Primogeniti Dei », là où la sibylle prophétisa. Une légende plus tardive parle carrément d’une apparition mariale devant Auguste.
La colline du Capitole fut la plus ancienne et la plus haute de la Rome antique, donc celle qui prit le plus d’importance. Le christianisme ne pouvait que reprendre à son compte cette position afin d’asseoir son pouvoir et assurer la victoire du spirituel sur le temporel. L’apparition mariale vint vite détrôner la Sibylle, à connotation plus que païenne, même si elle annonçait dans ses prédictions la venue du Christ. Et comme il n’y a pas de fumée sans feu, la présence de cette prophétesse en ces lieux n’est pas anodine.

Au cours de ma visite, j’ai senti un point énergétique très puissant, une ligne en fait, passant par deux des premiers piliers de la nef. Une faille géologique passe à cet endroit. Il suffit de se tenir quelques minutes sur cette ligne, et l’on comprend très vite comment la Sibylle pouvait avoir des visions…. Hein ? Mais non j’ai pas fumé la moquette. Essayez, vous verrez bien !

Santa_Maria_in_Aracoeli_20http://www.insecula.com/salle/MS02945.html
http://www.rome-decouverte.com/la-colline-du-capitole/santa-maria-in-aracoeli.html
http://www.rome-passion.com/santa-maria-aracoeli.html
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09 octobre 2008

Chartreuse de Portes

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Dans le Bugey, sur la commune de Bénonces, la chartreuse de Portes se blottit dans un vallon magique. La visite est interdite, et j'ai respecté le vœu de solitude des moines. je n'ai donc pas de photos de l'abbaye en elle même, mais de l'entrée, oui...













Bugey_082 C'est un chemin forestier, qui débute par une belle porte de vie....

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Impressionnant !


porteLes photos des bâtiments sont donc tirées de deux sites:








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http://www.chartreux.org et marius.bernard.free.fr/ain.html.

porteSituée dans les montagnes du Bugey à distance presque égale de Lyon et de Genève, la chartreuse de Portes est blottie au haut d'un col, à l'écart des grands-routes, à 7 km du village le plus proche. A près de 1.000 m d'altitude, elle jouit du climat rude et sain des montages.

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Première maison de France à s'être ralliée à la Grande Chartreuse, Portes a été appelée : " la fille aînée de l'Ordre cartusien ". Elle reçut également la dénomination de " Chartreuse des saints " car elle abrita à l'origine des moines de haut mérite, dont quelques-uns furent canonisés.

En 1115, Bernard de Varey et Ponce, moines de l'abbaye bénédictine d'Ambronay, se retirent au massif de Portes, désireux de vivre la vie cartusienne dont ils ont entendu parler. La construction du premier monastère bâti en pierre date de 1125.chartrportescorr03

Pendant la Révolution, la communauté se disperse. Les biens furent tranformés en ferme avec plus ou moins de bonheur qui conduisit a la ruine des bâtiments.










 

portes_4En 1855, les chartreux rachètent le domaine de  Portes, dont les bâtiments ont été laissés à l'abandon par les divers propriétaires et remirent tout en état selon les plans d'origine. Le domaine est d'environ 250 hectares.

Avec ses 12 cellules, la chartreuse de Portes a gardé le type traditionnel des anciennes maisons de l'Ordre.

En gros, le premier village de bungalows de l'histoire de France.... (je plaisante...:)) )

Deux photos sont issues de ce site : http://www.belissor.net/spip.php?article180

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La chartreuse de Valbonne

Le portail d'entrée

Chartreuse_de_Valbonne__1_Il est surmonté du symbole des chartreux, la Terre surmontée d'une croix, qui signifie "le monde change mais la croix demeure". Les 7 étoiles des armoiries commémorent le souvenir de la création de l'ordre au XIème siècle par saint Bruno et 6 compagnons. Au dessus, l'ange gardien.








La cour d'entrée

Chartreuse_de_Valbonne__13_Sur la gauche, l'ancienne hôtellerie des chartreux. A droite le mur d'enceinte avec en son centre une tour carrée de style renaissance édifiée en 1634 sous le prieurat de Don François Laurent. Ce portail monumental, autrefois muni d'une herse et d'une bretèche à mâchicoulis, constituait, avec les deux tours d'angle munies de meurtrières, les éléments de défense du monastère.







Chartreuse_de_Valbonne__12_Les deux niches accueillent saint Bruno, fondateur de l'ordre en 1084 et saint Jean-Baptiste, guide spirituel de Bruno. Entre les deux, un cartouche dédié à Guilhem de Vénéjan, le fondateur.












La cour d'honneur

Chartreuse_de_Valbonne__16_Après le porche,  cette cour fermée à l'acoustique naturelle remarquable, est bordée à gauche par les anciens ateliers des frères (boulangerie, confection de vêtements, de fromages,...)
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Chartreuse_de_Valbonne__14_et au-dessus les cellules des frères actuellement aménagées en chambres d'hôtel. A droite, la cave de vinification toujours utilisée pour l'élaboration de vins. A l'étage, l'appartement du père prieur.
Chartreuse_de_Valbonne__17_















Chartreuse_de_Valbonne__15_La façade de style baroque de l'église conventuelle, de la fin du XVIème siècle, donne sur cette cour. Elle est dédiée à la vierge Marie.












Les chapelles des étrangers

Chartreuse_de_Valbonne__39_Elles étaient réservées aux pèlerins de passage. A gauche, la chapelle sainte Philomène, avec une voûte en croisées d'ogives à liernes et tiercerons, date du XVème siècle.











Chartreuse_de_Valbonne__40_C'est une période où le monastère s'embellit, grâce notamment à l'évêque d'Uzès Nicolas de Maufgras, dont le blason est apposé sur deux piliers.
A droite, la chapelle saint Joseph du XVIIème siècle présente une voûte simple en croisées d'ogives.
















Le chœur des frères

Chartreuse_de_Valbonne__37_Il est composé de 24 stalles et de deux autels, surmontés chacun d'un tableau, l'un de sainte Roselyne, l'autre de saint Bruno.
Chartreuse_de_Valbonne__41_












Le chœur des pères

Chartreuse_de_Valbonne__25_Un jubé, ou cloison de marqueterie, sépare les deux parties de la nef, le chœur des frères et le chœur des pères.












Chartreuse_de_Valbonne__42_Les stalles du XVIIIème siècle sont l'oeuvre d'ébénistes lyonnais et présentent une diversité de motifs végétaux réalisés en relief et en marqueterie de noyer, d'ébène, d'acajou et de buis.











Chartreuse_de_Valbonne__26_Au-dessus des stalles, des chapiteaux recouverts de soufre fondu. L'autel de style baroque est surmonté d'un baldaquin à colonnes torses. Il abritait autrefois une statue de la Vierge, remplacée aujourd'hui par celle de St Jean-Baptiste.
Le chœur à pans coupés est recouvert de marbre d'Italie, l'autel et son baldaquin de style baroque sont en marbre polychrome. est en marbre polychrome.







Chartreuse_de_Valbonne__38_La nef de l'église avec sa voûte de pierres sèches fut construite à la fin du XVIIIème siècle (1770-1780 ) pendant le prieurat de Dom François Baffier, par deux compagnons spiripontains: Briat et Pépin, selon les plans directeurs de l'architecte Franque d'Avignon.










La chapelle de la compassion

Chartreuse_de_Valbonne__31_Du XVIIIème siècle, elle présente un autel de style baroque surmonté d'une piéta où il est inscrit " je languis d'amour".


















La chapelle des familles

Chartreuse_de_Valbonne__32_Elle date de la fin du XVIIIème siècle.

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Chartreuse_de_Valbonne__33_L'autel en marbre représente l'arrivée de Marie chez sa cousine Élisabeth.
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La chapelle Sainte-Madeleine

Chartreuse_de_Valbonne__29_Sur la croisée d'ogives est sculpté l'agneau portant étendard. Au-dessus de la niche où se trouvait la statue, une croix de Camargue rappelle l'histoire de la sainte.












La chapelle des reliques

Chartreuse_de_Valbonne__43_Construite en 1712, elle est restaurée en 1870. L'autel en bois est en forme de tombeau.













L'ancienne salle du chapitre

Chartreuse_de_Valbonne__62_C'est la salle capitulaire. Elle date du XIIIème siècle et possède une voûte sur croisées d'ogives.












Le petit cloître

Chartreuse_de_Valbonne__19_Témoin de l'art roman provençal du début du XIIIème siècle fut achevé en 1219. Les galeries sont couvertes de berceaux en plein cintre, soutenues par ds doubleaux retombants sur des consoles. Il est la forme achevée de la fusion des styles, roman et gothique régionaux.
Chartreuse_de_Valbonne__22_








Chartreuse_de_Valbonne__20_Le petit cloître était réservé au prieur et aux entretiens particuliers demandés par les pères chartreux.












Chartreuse_de_Valbonne__24_Un puits y est encore actif.
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Le vestibule

Chartreuse_de_Valbonne__46_Passage entre les deux cloîtres, il ouvre sur le réfectoire des pères. Il possède une très belle voûte formée par une coupole aplatie.












Le grand cloître


    

Chartreuse_de_Valbonne__44_Sans doute l'un des plus grands d'Europe, il fut commencé au XVIIème siècle et ne fut achevé qu'un siècle plus tard.

















Chartreuse_de_Valbonne__47_La galerie forme un vaste rectangle de 118 mètres sur 55, soit 350 mètres environ de périmètre, et dessert les 24 cellules où vivaient les pères.











Chartreuse_de_Valbonne__45_84 grandes baies éclairent l'ensemble couvert de voûtes d'arêtes.













Les cellules

Chartreuse_de_Valbonne__54_Le père chartreux disposait de 180m2, comprenant : L'Avé Maria (où chaque fois qu'il entre, il récite la salutation angélique), le promenoir,











Chartreuse_de_Valbonne__57_l'oratoire ou cabinet de travail et de prière,













Chartreuse_de_Valbonne__55_le jardin,













Chartreuse_de_Valbonne__58_et l'atelier. Le Père demeurait 20 heures par jour dans sa cellule à prier, lire, écrire, méditer. Nul autre que lui ne peut y avoir accès.

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Le jardin

Chartreuse_de_Valbonne__52_Il offre une belle vue d'ensemble sur le cloître.
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Chartreuse_de_Valbonne__51_On y retrouve le cimetière des chartreux avec leur ossuaire, une statue de saint Joseph, un bassin central avec le système d'irrigation.
Chartreuse_de_Valbonne__49_












La chapelle Saint-Jean

Chartreuse_de_Valbonne__61_Les chartreux reconstruisirent à partir de 1250 la chapelle de l'ancien couvent des moniales de Bondilhon, situé à quelques centaines de mètres de leur monastère. Ils la placèrent sous la protection de saint Jean Baptiste qui comme eux se retira au désert. Cette chapelle romane intègre des décors intérieurs de style gothique. Le clocher actuel est récent. Il fut rajouté par les chartreux dans les années 1870.














Chartreuse_de_Valbonne__7_

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La chartreuse de Valbonne, plan

Chartreuse_de_Valbonne

1- Le portail d'entrée
2- La cour d'entrée
3- La cour d'honneur
4- Les chapelles dites "des étrangers"
5- Le chœur des frères
6- La chapelle de la compassion
7- La chapelle des familles
8- Le chœur des pères
9- La lampisterie
10- La chapelle Sainte-Madeleine
11- La chapelle des reliques
12- L'ancienne salle du chapitre
13- Le vestibule
14- Le grand cloître
15- Le jardin
16- La cellule
17- Le petit cloître

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La chartreuse de Valbonne, historique

Chartreuse_de_Valbonne__2_Au XIème siècle, un monastère de religieuses bénédictines fut construit dans la vallée, au cœur d'une forêt millénaire. Notre-Dame de Bondilhon fut abandonné pour des raisons de sécurité à la fin du XIIème siècle.










Chartreuse_de_Valbonne__4_L'évêque d'Uzès, Guilhem de Vénéjan, attentif au péril hérétique que représentait l'expérience cathare pour les états du comte de Toulouse, demanda à l'ordre des chartreux de construire un nouveau monastère. Ainsi fut fondée, le 10 février 1204, la 41ème maison de l'ordre. 









Chartreuse_de_Valbonne__5_Une dizaine de moines s'y installèrent, défrichèrent et assainirent ce territoire. Une partie de la chartreuse actuelle repose sur des voûtes construites à cette époque. Cette vallée marécageuse, rendue fertile par le travail des chartreux, devint alors "vallis bona", Valbonne.









Chartreuse_de_Valbonne__8_En dépit des vicissitudes de l'histoire, des conflits avec le prieuré Saint-Pierre de Saint-Saturnin-du-Port, les pillages de la guerre de Cent Ans, les dévastations des guerres de religion (sa reconstruction commença dès le XVIIème siècle et de nouveaux moines arrivèrent en 1633 :









Chartreuse_de_Valbonne__33_le grand cloître et la porte d'entrée furent construits à cette époque, puis une nouvelle église fut bâtie entre 1770 et 1780), la dispertion des biens durant la révolution (le dernier prieur, Dom Gorce, quitta Valbonne le 1er octobre 1790, puis le 28 janvier 1836, les chartreux rachetèrent le monastère, le restaurèrent et firent de nouvelles constructions : la chapelle des familles ainsi que celle des reliques sont de cette époque),













Chartreuse_de_Valbonne__48_une communauté de moines suivant la règle de saint Bruno, vécut en ce monastère jusqu'en 1901. Abandonné, il fut racheté aux enchères en 1926 par le pasteur Philadelphe Delord qui y fonda l'association de secours aux victimes des maladies tropicales. L'ASVTM, œuvre protestante est toujours propriétaire.

Pour voir la carte, c'est ici.

http://www.chartreusedevalbonne.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chartreuse_de_Valbonne

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08 octobre 2008

Le temple d'Hercule Victor dit de Vesta

Temple_de_Vesta_5Le temple d'Hercule Victor, appelé aussi Olivarius car protecteur de la corporation des olearii ou marchands d'huile d'olive, est parfois nommé temple de Vesta, en raison de sa forme circulaire qui rappelle le temple de Vesta du Forum Romain. Il fut construit à la fin du IIème siècle avant notre ère dans le Forum Boarium dont la fonction religieuse s'était rapidement développée.
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Temple_de_Vesta_4Son architecture est typiquement grecque. Si l'on ne connaît pas avec certitude le nom du constructeur de ce temple (l'architecte aurait pu être Hermodoros de Salamine), la base d’une statue de culte et une inscription qui ont été retrouvées, laissent penser qu’il s’agit d’un négociant romain du nom de Marcus Octavius Herrenus, qui voulait remercier le patron de la corporation des marchands d’huile après s’être enrichi.







Temple_de_Vesta_1Cet élégant temple circulaire périptère, dont la cella est orientée côté est et qui s’élève sur un soubassement à degrés, possède vingt colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens formant un cercle concentrique autour d'un naos cylindrique. Ces éléments supportaient à l'origine une architrave et un toit qui ont disparu. Il fut reconstruit par Tibère en l'an 15 en marbre de Luni.







Temple_de_Vesta_6Au XIIème siècle, il fut transformé en l'église de Santo Stefano delle Carrozze, puis fut appelé Santa Maria del Sole à partir du XVème siècle, à la suite d'une histoire particulière : une vieille dame de 115 ans, qui avait juré de vivre en tant que vierge, trouva une image de la Vierge dans la rivière. Le visage brillait comme le soleil...alors il fut placé à l'intérieur de l'église qui désormais pris le nom de sainte Marie du Soleil. L'église est fermée depuis le début du XIXème siècle et n'est pas ouverte au public.

Le temple d'Hercule Victor est le plus ancien bâtiment en marbre de Rome encore présent aujourd'hui.

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San Giorgio al Velabro

San_Giorgio_al_Velabro_1La basilique San Giorgio al Velabro est consacrée à saint Georges. Le plan de l'édifice, très irrégulier, montre que différentes constructions se sont rajoutées au fil des ans. Le premier édifice religieux fut construit par le pape saint Grégoire le Grand. La basilique actuelle fut construite au VIIème siècle, peut-être par le pape Léon II (682-683), qui la consacra à saint Sébastien. Elle était située dans le quartier grec de Rome, la "Schola Graeca ". Le pape Zacharie (741-752), d'origine grecque, y transféra les reliques de saint Georges de Cappadoce : c'est ainsi que ce saint eut une église dédicacée à Rome bien avant la diffusion de son culte après le retour des croisés.


San_Giorgio_al_Velabro_4Après la restauration du pape Grégoire IV (827-844) au IXème siècle, la basilique reçut l'ajout du portique et du campanile à 5 étages dans la première moitié du XIIIème siècle. L'abside fut décorée de fresques.

San_Giorgio_al_Velabro_10Entre 1923 et 1926 fut effectuée une restauration radicale dans le but de rétablir son caractère médiéval : le sol retrouva son niveau initial retrouvant ainsi la base des colonnes, d'anciennes fenêtres furent réouvertes donnant de la lumière dans la nef centrale.

San_Giorgio_al_Velabro_8C'est au cours de ces restaurations que des fragments de l'ancienne schola cantorum furent découverts.



San_Giorgio_al_Velabro_7Une voiture piégée, garée à proximité de la façade de la basilique, explosa à minuit, le 27 Juillet 1993. Cette explosion n'a causé aucune perte humaine, mais a détruit le portique du XIIème siècle, et fait une grande ouverture dans le mur principal. Le Ministère du patrimoine culturel fit restaurer le bâtiment, tout en gardant des détails sur la façade afin de garder en mémoire le triste jour. Une théorie dit que l'emplacement de l'attentat à la bombe a été choisi en raison de la légende de Romulus et Remus, qui, selon la légende, furent retrouvés par la louve en ce lieu. L'attentat aurait été une attaque symbolique contre Rome, centre du gouvernement italien.
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San_Giorgio_al_Velabro_13L'intérieur présente peu de décorations, mais garde ainsi une sérénité qui à mon goût manque souvent à Rome. La fresque du XIIIème siècle dans l'abside représente le Christ, la Vierge et saint Georges, saint Pierre et saint Sébastien.























San_Giorgio_al_Velabro_12La relique de saint Georges, une partie de son crâne, est conservée sous l'autel. Le baldaquin et le maître autel sont l'œuvre de la famille Cosma aux XIIème et XIIIème siècles.
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San_Giorgio_al_Velabro_planL'église se rétrécit vers l'abside, cela se  remarque en regardant le plafond. La nef centrale débute avec 9,5 mètres de large, puis ne fait plus que 7,5 mètres dans sa partie la plus étroite, la nef de droite part de 7,5 mètres pour finir avec seulement 3 mètres de large. La nef de gauche s'écarte un peu de l'axe central. 









L'arc des argentiers

San_Giorgio_al_Velabro_5Sur la façade est incorporé l'ancien arc de triomphe appelé " Arcus Argentariorum ", arco degli argentari ou arc de la corporation des argentiers, les changeurs. Il fut érigé en l'an 204 en l'honneur de l'empereur Septime Sévère et de la famille impériale. D'une hauteur de 6,15 mètres, pour une largeur de 3,30, il se compose d'une architrave soutenu par deux piliers. Sa moitié orientale fut incorporée à l'église au cours du VIIème siècle. 












San_Giorgio_al_Velabro_arcLa structure est recouverte de plaques de marbre blanc, à l'exception d'un socle en travertin.  La décoration est riche et remplit chaque surface disponible : deux bas-reliefs représentent Hercule et un génie, des scènes de sacrifice, Septime Sévère et Julia, des soldats et des prisonniers barbares.














L'arc de Janus Quadrifons

San_Giorgio_al_Velabro_3Un peu plus en avant se trouve l'arc quadrifront de Janus, construit au milieu du IVème siècle, dont le nom provient en fait non du dieu au double visage, mais du mot latin Ianus, indiquant un passage couvert, ou une porte. Au départ ce ne fut probablement même pas un arc, mais une structure destinée aux banquiers opérant dans le Forum Boario.
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Arc_de_Janus_3Le bâtiment est presque carré (12 mètres par 16 mètres de hauteur), avec quatre énormes piliers soutenant une voûte. Il fut construit en ciment et revêtu de blocs de marbre provenant d'autres lieux. Il se pourrait qu'il ait eu une forme pyramidale. Les niches, surmontées d'une demi-coquille sculptée dans le marbre, abritaient des statues. Il ne reste que les représentations des déesses Minerve, Junon et Cérès.
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07 octobre 2008

Largo di Torre Argentina

Largo_di_Torre_Argentina_3Dans le centre de Rome, à 8 mètres au-dessous du niveau de la place de Largo di Torre Argentina, se trouve une enceinte sacrée qui contient 4 temples romains. Le nom de la place provient de la tour d'une maison, la Casa del Burcardo (au 44 Via del Sudario) qui fut occupée par un prélat nommé Burckhardt de Strasbourg (l'ancienne Argentoratum), maître de cérémonie du pape au début du XVIème siècle (1503). Une autre explication serait en rapport avec les magasins d'orfèvres (argentarii) installés non loin. Cette enceinte était située dans l'ancien Champ de Mars.




Largo_di_Torre_Argentina_11Les temples furent exhumés entre 1926 et 1930 et font partie d'un complexe de la période républicaine. Ils furent érigés entre le IIIème siècle avant notre ère et le Ier après notre ère. La place avec ses sanctuaires était entourée de portiques.














Largo_di_Torre_Argentina_10A défaut d’identification précise, les temples ont été nommés A,B,C et D. 

1- Restes de l'exèdre central du portique de Pompeï, maison du Sénat
2- Restes des latrines du portique
3- Statio Aquarium, département de l'eau
4- Pavement en tuf (-200)
5- Pavement en travertin (Ier siècle)









Largo_di_Torre_Argentina_2- Le temple rectangulaire A, dont 15 colonnes sont encore debout, sur lequel fut construite l'église médiévale de San Nicola dei Cesarini (il n'en reste que l'abside). Il fut probablement dédié à Juturne par Gaius Lutatius Catulus, après sa victoire contre les Carthaginois pendant la première guerre punique en 241 avant notre ère.








Largo_di_Torre_Argentina_4Juturne était essentiellement honorée à Rome comme divinité des eaux : comme de nombreuses sources, elle passait pour donner la guérison aux malades. Lors de la fête des juturnalia, le 11 janvier, les artisans que leur métier liaient à l'eau lui rendaient un culte. Elle était enfin invoquée lors des volcanalia pour écarter les incendies des récoltes. Plus tard, à l'époque de Septime Sévère (fin du IIème siècle, début du IIIème), ce temple abrita  les bureaux des Eaux et Aqueducs gérés par un Curator acquarum et Minuciae ou préposé au Service des Eaux et à la distribution du blé.




Largo_di_Torre_Argentina_8- Le temple B, de plan circulaire, avec six colonnes, fut construit par Quintus Lutatius Catulus en 101 avant notre ère pour célébrer sa victoire sur Cimbres, un peuple nordique du Jutland, et dédié à " Aedes Fortunae Huiusce Diei",  la "Fortune du Jour Présent". Au dos de celui-ci, se trouvait l’antique Curie Pompéienne, le lieu même où Jules César fut assassiné en 44.













Largo_di_Torre_Argentina_5Une statue colossale de la déesse y fut découverte lors des fouilles, maintenant conservée dans le musée du Capitole. Sa tête, ses bras et ses jambes sont en marbre, les autres parties, couvertes par la robe, sont en bronze.










Largo_di_Torre_Argentina_7- Le temple rectangulaire C, le plus petit et le plus ancien (quatrième ou troisième siècle avant notre ère), sur un niveau plus bas que les autres, était vraisemblablement dédié à la divinité Feronia, divinité liée à l'eau (sources et bois), à la fécondité (récoltes), aux voyageurs, à la liberté (les esclaves s'asséillaient sur l'une des pierres sacrées de son temple pour obtenir leur libération), et au feu. Ce temple fut consacré après une victoire sur les Sabins en 290 avant notre ère. Il fut restauré après l'incendie de 80, la mosaïque en noir et blanc date de cette époque.




- Le temple D, dont une partie reste sous la chaussée, le plus grand des 4 et le plus récent, date de l'époque Augustéenne et pourrait être celui des Lares Permarini,  qui protègent les navigateurs. Il fut construit par le preteur  Marcus Aemilius Regillus, engagé dans une bataille navale contre la flotte d'Antiochus le Grand en -190.

Les Lares

Lares_1Les Lares, parfois aussi appelés Genii loci, sont des divinités romaines protectrices. La religion des dieux Lares, qui compte parmi les plus anciennes des peuples de l'Italie latine, fait partie du groupe très important des cultes domestiques où figurent, avec Vesta et Vulcain, les Pénates, les Manes et les Génies ; on la rencontre dès les débuts de l'histoire, chez les Latins, les Sabins et les Etrusques. Rome avait pour dieux lares Rémus et Romulus.

Lares_3En général, tous les dieux qui étaient choisis pour patrons et protecteurs d'un lieu public ou particulier, tous les dieux dont les États, les cités, les maisons éprouvaient la protection, en quelque genre que ce fût, étaient appelés Lares. On distinguait donc plusieurs sortes de dieux Lares, outre ceux des maisons qu'on appelait domestiques ou familiers. Ceux-ci, gardiens de la famille, avaient leurs statues en petit modèle auprès du foyer ; on en prenait un soin extrême ; certains jours, on les entourait de fleurs, on leur mettait des couronnes et on leur adressait de fréquentes prières. Cependant, il arrivait quelquefois qu'on perdait tout respect à leur égard, comme, par exemple, à la mort de quelques personnes chères : alors, on les accusait de n'avoir pas veillé à leur conservation, de s'être laissé surprendre par les génies malfaisants.









Lares_2Les Lares publics présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places de la ville, aux chemins, aux champs : ils étaient même chargés d'éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains. Le culte des dieux Lares est venu, paraît-il, de ce que l'on avait coutume primitivement d'enterrer les corps dans les maisons. Le peuple crédule s'imagina que leurs âmes y demeuraient aussi, et il les honora bientôt comme des génies favorables et propices. Plus tard, quand la coutume se fut introduite d'enterrer les morts le long des grands chemins, on regarda aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.







Lares_4Il convient d'ajouter que les Lares ne pouvaient être que les âmes des bons ; on donnait le nom de Lémures aux âmes des méchants. Les Lémures, génies malfaisants et inquiets, apparaissaient, disait-on, sous la forme de fantômes, et se faisaient un malin plaisir d'effrayer et de tourmenter les vivants. On les appelait aussi Larves.















Les chats du Largo

Largo_di_Torre_Argentina_9C'est dans cet espace sacré que les chats ont trouvé leur sanctuaire. Des "gattare", femmes bénévoles, viennent s’occuper d’eux et les nourrir à leurs frais. Il est possible d'adopter l'un des matous, qui sont tous vaccinés et stérilisés. Les dons sont les bienvenus pour ceux qui sont trop vieux ou handicapés....

http://monsite.wanadoo.fr/roma_centre_histor./page5.html
http://www.linternaute.com/voyage/italie/rome/monument/largo-argentina/
http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/daremberg8.html
http://www.dicoperso.com/term/adb0aeb1acb1a35d,,xhtml

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04 octobre 2008

La fontaine de Trevi

Fontaine_de_Trevi_7Dès le Ier siècle avant notre ère une conduite d'eau, l'Aqua Vergine, arrivait déjà à cet endroit pour alimenter les thermes d 'Agrippa situés derrière le Panthéon. La légende rapporte que des soldats, cherchant de l'eau, rencontrèrent une jeune fille nommée Trevi.















Fontaine_de_Trevi_4Ils lui assurèrent qu'elle pourrait garder sa virginité si elle leur indiquait l'emplacement d'une source, ce qu'elle fit. L'étymologie la plus probable est latine : "trivium", ou "tre vie" en italien, signifie que la fontaine se trouve sur l'emplacement d'un croisement de trois rues, ou encore sur la convergence de 3 "bouches", "cavole di Trejo", du conduit de l'Aqua Vergine.








Fontaine_de_Trevi_3La légende est tenace, le merveilleux aussi : la vierge à l'angle, entourée de deux anges soutenant une couronne, protège les passants selon une antique tradition, les amoureux et les couples désirant un enfant s'y donnent rendez-vous, ceux qui veulent revenir à Rome lancent une pièce dans l'eau par dessus leurs épaules, le dos tourné vers la vasque. Cette coutume s'est répandue au monde entier : les touristes jettent des pièces, de partout sur la planète, dans la moindre petite fontaine afin d'exaucer un vœu. A la fontaine de Trevi, la monnaie est collectée par les autorités et envoyée à des œuvres de charité.









Fontaine_de_Trevi_2La fontaine actuelle fut construite sous le pontificat de Clément XII, dont on remarque le blason en haut de l'édifice, et décorée par de nombreux artistes de l’école du Bernin en 1762. Elle remplace la bouche de l'Aqua Vergine.















Fontaine_de_Trevi_1Elle représente une allégorie de l'Océan avec au centre Neptune, se tenant sur un char en forme de coquille d'huitre tiré par deux chevaux marins ailés: l'eau violente (gauche) et l'eau sauvage (droite). Les chevaux sont guidés par deux tritons. Neptune est entouré  par l'abondance et la salubrité, surmontées de deux reliefs représentant d'un côté la jeune fille découvrant la source et de l'autre l'empereur Agrippa commandant la construction de l’aqueduc.







Fontaine_de_Trevi_5Les statues au dessus représentent les quatre saisons. Une anecdote intéressante sur un évènement qui a conduit au tarissement de la fontaine :
http://www.acme-eau.org/Histoire-drole-A-Rome,-la-fontaine-de-Trevi-est-coupee_a1630.html

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