23 septembre 2008

L'abbaye de Caunes-Minervois, historique


Caunes_Minervois_64Saint Benoit d’Aniane, vers la fin du VIIIème siècle, réforma l’ordre bénédictin et entreprit une restauration monastique. Il fut aidé par des compagnons, dont Anianus, qui fonda l’abbaye de Caunes en 780 sur les rives de la rivière l’Argent Double. Les bâtiments remplacèrent une ancienne villa gallo-romaine dénommée Bufentis. L’église abbatiale fut consacrée entre 808 et 820 et dédicacée aux saints Pierre et Paul.







Caunes_Minervois_16L’absence de reliques fut vite comblée, et c’est en 983 que l’on mentionne la présence des restes des saints martyrs de Caunes : l’évêque Amand et ses frères Luce, Alexandre et Audalde. Leurs actes semblent avoir été fabriqués à partir de sources plus anciennes concernant des martyrs homonymes dont l’existence n’est pas d’avantage établie. Mais leurs reliques font encore l’objet de processions de nos jours.







Caunes_Minervois_30Quoi qu’il en soit, l’abbaye reçut de nombreuses offrandes et prit son essor. Placé à l’origine sous la protection directe du roi, elle passa aux mains des comtes de Carcassonne puis de Barcelone et aux Trencavel,  vicomtes de Béziers. Ce n'est qu'au XIIème siècle que l'abbaye se libéra de cette tutelle laïque grâce à une bulle du Pape Gélase II qui confirma ses possessions en 1119.













Caunes_Minervois_15Au XIIIème siècle, Caunes fut l’un des centres de la reconquête catholique dans un pays gagné au catharisme. L’abbé reçoit plusieurs fois les représentants du pape venus prêcher l’orthodoxie. En 1227, Pierre Isarn, évêque cathare du Carcassès, y fut brûlé sous l’ordre de l’archevêque de Narbonne. L’abbaye reçut des parts des biens confisqués aux hérétiques.







Caunes_Minervois_12Puis vint le déclin, après la commende en 1467 puis les guerres de religion. Caunes fut assiégée et prise par les troupes du duc de Joyeuse, qui auraient fait raser les murs et les portes de la ville, ainsi que l’enclos abbatial. Après cet épisode, les moines n’eurent plus la vocation.









Caunes_Minervois_51Il fallut attendre le début du XVIIème siècle pour que soit engagée une série de réformes par l’abbé Jean d’Alibert, qui fit restaurer les bâtiments et reconstruire le logis abbatial. Il fut enterré en 1626 dans le chœur de l’église. Un inventaire de 1664 révéla un état de désolation important, et le salut vint d’une autre congrégation bénédictine, celle de Saint-Maur, qui redressa l’abbaye en 1663 et fit reconstruire une partie des bâtiments monastiques. Le cloître actuel fut sur les restes du cloître médiéval.











Caunes_Minervois_28Lors de la Révolution, le monastère fut fermé, et l’abbaye devint bien national en 1791, à l’exception de l’église qui devint propriété communale. Les bâtiments furent vendus à des particuliers. L’église fut classée monument historique en 1916, les bâtiments monastiques inscrits à l’Inventaire en 1948.

http://www.caunesminervois.com/abbaye-romane.php
http://www.payscathare.org/1-6504-Histoire.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caunes-Minervois
http://www.languedoc-roussillon.culture.gouv.fr/fr/0index/01actu/protection_historique/fiches11/caunes.htm
Dépliant de l'office du tourisme

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L'abbaye de Caunes-Minervois, l'abbatiale

Caunes_Minervois_10La partie la plus ancienne de l'église se situe à l'est et constitue la base du chevet. Ce dernier, construit en moellons disposés en assises régulières, est rythmé par deux contreforts et 8 colonnes engagées en pierre de taille. Les colonnes sont surmontées de beaux chapiteaux ornés de motifs végétaux et d'entrelacs. Le mur est percé de 3 baies très étroites, à simple ébrasement. Tous ces caractères architecturaux indiquent le premier art roman.
La partie supérieure de l'abside, construite dans un appareil plus régulier au cours de la seconde moitié du XIème siècle, est ornée de 9 arcatures en plein cintre.









Caunes_Minervois_32Le chœur, voûté en cul-de-four, est éclairé par 3 grandes fenetres et deux occulis. Au XVIIIème siècle, les mauristes ont habillé ses murs de grandes stalles en bois. Au Xiième siècle, il fut agrandi par l'adjonction d'un faux transept. Sur chacun de ses bras se greffe une absidiole semi-circulaire, et aux extrémités deux tours-clochers de plan carré.
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Caunes_Minervois_2La tour nord, élevée au début du XIIème siècle, présente trois étages de baies géminées qui récelent des réemplois de colonnes et chapiteaux antiques, romans et mérovingiens.

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Caunes_Minervois_17La tour sud, bâtie à la fin du XIIème siècle, n'est nantie que d'un seul étage de baies campanaires.

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Caunes_Minervois_1On pénètre dans la nef  sous un porche voûté d'ogives en boudin du début du XIIIème siècle. Son portail réemploie deux chapiteaux historiés du XIIème.
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Caunes_Minervois_6Peut-être proviennent-ils de l'ancien cloître roman.
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Caunes_Minervois_31Une inscription datée de 1233, sur la gauche,  mentionne des fondations de messes par le chevalier Pelagos, parent de l'abbé Pelagos qui contribua à l'enrichissement du monastère.
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Caunes_Minervois_34La nef unique fut en grande partie reconstruite au XIVème siècle et pourvue de fausses voûtes en briques en 1770. Elle est éclairée par de hautes baies gothiques percées au sud. Dotée de 6 travées inégales, elle est flanquée de 4 chapelles latérales.









Caunes_Minervois_37Depuis l'absidiole nord, dans laquelle se trouvent les reliques des saints martyrs de Caunes, on accède par un déambulatoire du XVIIIème siècle à la crypte.
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L'abbaye de Caunes-Minervois, la crypte

Caunes_Minervois_41Les restes de l'église carolingienne furent exhumés à la fin des années 80, à l'occasion de travaux d'assainissements.












Caunes_Minervois_45Sont actuellement visibles les vestiges de l'abside quadrangulaire, qui offre la particularité d'emboiter les angles extérieurs arrondis. Après l'édification de l'église, ce sanctuaire a du faire fonction de martyrium afin de recueillir les reliques des saints martyrs caunois.





Caunes_Minervois_44Au fond, la troisième niche contient des fresques romanes.


















Caunes_Minervois_24Les fouilles se poursuivent pour déterminer si l'église carolingienne possédait un transept. Elles ont mis à jour deux sarcophages des Vème et VIème siècles.

















Caunes_Minervois_42Personne ne parle du puits sacré, mais il est bien là. Il se dégage une atmosphère très sereine de cette crypte, les énergies y sont toujours présente.

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L'abbaye de Caunes-Minervois, les bâtiments conventuels

Caunes_Minervois_20Au sud du Cloître, on édifia à partir de 1696, le principal corps des bâtiments conventuels. Il comprenait au rez-de-chaussée, la cuisine et le réfectoire tandis que les cellules monacales étaient réparties sur les niveaux supérieurs.
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Caunes_Minervois_22Aujourd’hui, l’édifice abrite trois expositions permanentes et des salles d’expositions temporaires.
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Caunes_Minervois_18La résidence de l'abbé commendataire Jean d'Alibert fut construite à proximité immédiate de l'abbaye. Elle possède un corps de logis flanqué de deux ailes en retour. Il ne reste de son état antérieur qu'une partie des murs, dont une petite porte. De l'édifice élevé en 1600 se subsistent que les 4 fenêtres à meneaux croisés du deuxième étage. Les sous-sols sont aménagés en caveau de vieillissement du vin. Pas fous les abbés.

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L'abbaye de Caunes-Minervois, le cloître

Caunes_Minervois_9C'est la congrégation de Saint-Maur qui édifia en 1663 le cloître actuel, sur les souches de l'ancien cloître roman. Restaurées, ces galeries sont d'une grande sobriété. Longeant l'église, une balustrade permet désormais de surplomber les soubassements d'origines de la nef et les vestiges du cloître roman.









Caunes_Minervois_7Un escalier dessert les éléments subsistants de l'ancien cloître : un tronçon du mur bahut septentrional et une longue calade.












Caunes_Minervois_8Celle-ci constitue un agencement soigné de petits galets posés de chant.

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19 septembre 2008

La Pyramide de Cestius

Pyramide_de_Cestius_13La Pyramide de Cestius se trouve près de la Porte Saint-Paul et du cimetière "non chrétien" de la ville de Rome. Il se dresse au carrefour de la Via Ostiensis, qui menait à Ostie, et de la route qui longeait le Tibre.










Pyramide_de_Cestius_32La pyramide fut construite vers 18 avant notre ère pour servir de tombeau à Caius Cestius, préteur, tribun du peuple, et membre du collège des septemviri epulones, l'une des quatre grandes sociétés religieuses à Rome : il était chargé de veiller aux grands festins sacrés. Elle s'inspire des modèles égyptiens, très à la mode à Rome après la conquête de l'Égypte en 30 avant notre ère.

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Pyramide_de_Cestius_17Le bâtiment est en briques, revêtu de plaques de marbre blanc, et mesure 36,4 mètres de haut pour une base de 29,5 mètres de large.
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Pyramide_de_Cestius_7A l'intérieur se trouve la chambre funéraire, un simple petit caveau rectangulaire de 5,95 mètres de long, 4,10 de large et 4,80 de haut, voûté en plein cintre, dont les murailles recouvertes de stuc portent des peintures très abimées.
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Pyramide_de_Cestius_11Une dédicace est gravée sur les faces est et ouest de la pyramide de manière à être visibles des deux côtés :
"C(aius) Cestius L(uci) f(ilius) Pob(liliatribu) praetor, tribunus plebis, (septem) vir epolonum" , Caius Cestius, fils de Lucius, de la Tribus Publilia, préteur, tribun du peuple et Septemvir epulonum

Une deuxième inscription mentionne que le monument fut érigé en 330 jours sous la surveillance de son héritier Lucius Pontius Méla, fils de Publius, et de l'affranchi Pothus.










Pyramide_de_Cestius_33La pyramide fut incorporée à l'enceinte des murs auréliens au IIIème siècle. Les travaux commencèrent vers 272 et durèrent onze ans jusqu'au règne de Probus (276-282). Le mur comportait un soubassement en blocage (opus caementicium), haut d’environ 8 mètres, surmonté de chambres voûtées appuyées contre un mur extérieur de un mètre d’épaisseur. Un chemin de ronde couronnait l’édifice. Les chambres servaient de salle d’armes et de magasins, et diminuaient le volume à construire.












Pyramide_de_Cestius_20Tous les 30 mètres une tour quadrangulaire faisait saillie.
L’enceinte fortifiée n’était pas destinée à résister en cas d’un long siège, ce que les barbares n’étaient pas capables de réaliser, mais seulement à préserver Rome d’une attaque soudaine en attendant une armée de secours. Le tracé s’appuya un certain nombre de monuments existants, tels que la caserne de la garde prétorienne, un petit amphithéâtre, des tombeaux dont la pyramide de Cestius, les arches des aqueducs sur l’Esquilin, les substructions des jardins en terrasses sur le Pincio.











Pyramide_de_Cestius_3Les origines de la pyramide ont été oubliées au cours du Moyen-Age. Les habitants de Rome pensaient alors que c'était le tombeau de Remus et que son homologue à proximité du Vatican était celui de Romulus. Sa véritable origine fut clarifiée par le pape Alexandre VII lors des fouilles des années 1660, quand la végétation envahissante fut enlevée et que l'on découvrit les inscriptions.  Le tombeau était scellé, et pour y acceder, il fallut creuser un tunnel et ouvrir une petite porte sur le côté ouest.





Pyramide_de_Cestius_16Près de la pyramide s'ouvre la Porte Ostiense, d'où sortait la Via Ostiensis, route qui reliait la ville avec le port d'Ostie. Elle prit le nom de porte Saint-Paul, en référence à l'église voisine.











Pyramide_de_Cestius_22Elle est intéressante pour son système défensif demeuré quasiment intact. La partie extérieure date de la construction des murs mais fut modifiée par Honorius au début du Vème siècle. Une galerie au dessus de la porte s'appuie sur deux tours cylindriques crénelées.
C'est par cette porte que Totila, ou Baduila l'Immortel, roi ostrogoth, entra en 546 dans Rome.







Pyramide_de_Cestius_14Sur un terrain adjacent acheté par les étrangers résidant à Rome au XVIIème siècle, naquit le cimetière non catholique où furent enterrés entre autres, les poètes anglais Shelley et Keats, le fils de Goethe et Antonio Gramsci. Marrant, plus de japonais, plus de bus bondés, plus d'agitation, juste le silence et la paix. Endroit magique.

Le gardien doit s'y ennuyer un peu. Il ne faut pas entamer la conversation, il ne vous lâche plus... Quel homme gentil ! Si la pyramide est imposante, elle vaut moins le coup que ce bout de paradis.
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Pyramide_de_Cestius_15












http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_de_Cestius
http://www.rome-roma.net/pyramide_cestius.html
http://www.romaviva.com/Piramide/home_fra.htm

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18 septembre 2008

Santa Croce in Gerusalemme


Santa_Croce_in_Gerusalemme_30Dans la première moitié du troisième siècle, à l'emplacement de la basilique actuelle, se trouvait une villa impériale construite par Septime Sévère, puis ayant appartenu à Elagabal. Elle comprenait le Sessonarium, ou palais impérial, qui devint la résidence au siècle suivant de l'imperatrice Hélène, mère de Constantin.








Santa_Croce_in_Gerusalemme_Hel_neHélène, à son retour de Jérusalem en 329, déposa dans l'église les reliques qu'elle avait rapportées : un clou (dont les dimensions correspondent aux plaies du Suaire de Turin), des fragments du bois de la Croix et de la couronne d'épines, la traverse de la croix du Bon Larron, le titulus de la Croix (INRI), longtemps resté caché, muré près de la clef de voûte de la nef centrale et redécouvert en 1492. (Le titulus fut peut-être caché là en 445, pour le protéger de l'invasion des Wisigoths). Le plancher fut recouvert de la terre ramenée du Golgotha. 


Santa_Croce_in_Gerusalemme_25aAux environs de l'an 400, après la mort d'Hélène, Constantin fit transformer le bâtiment en une basilique chrétienne afin d'y abriter les reliques, et lui donna le nom de basilique Eleniana ou Sessoriana.
L'église fut restaurée sous le pntificat de Grégoire II (715-31). En 1049, l'église fut donnée aux bénédictins du Monte Cassino, puis en 1062 aux chanoines réguliers de San Frediano de Lucques.













Santa_Croce_in_Gerusalemme_jaLe clocher roman en briques, comportant quatre étages et des fenêtres à meneaux, et le cloître, furent construits en 1144 par le pape Lucius II. Il divisa l'intérieur de l'église en 3 nefs et la dota d'un narthex.

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Santa_Croce_in_Gerusalemme_32Le sol fut fait par la famille Cosma. A cette époque, l'église fut dénommé Sanctae Crucis. Un guide des pélerins du moyen-âge parle de ce lieu comme tellement saint, que l'entrée en était interdite aux femmes. Commence à me plaire, moi, tout ça. Avec la chapelle du Sancta Sanctorum interdite aux femmes, plus le reste... fait pas bon être une femme à Rome. Heureusement que Rome sait être autre chose. (scuzez l'aparté)

En 1370, quelques années avant le retour de la papauté, le pape Urbain V donna l'église aux Chartreux qui la restaurèrent. En 1561, elle passa aux mains de cisterciens de la congrégation de saint Bernard.








Santa_Croce_in_Gerusalemme_33Puis l'église fut modifiée au XVIème siècle. Les 12 colonnes en granit sont restées et datent de la première basilique, les autres ont été murées. Son aspect actuel date du XVIIIème siècle, sous le pontificat de Benoît XIV, qui fit ajouter la façade Baroque. Sous l'autel sont conservées les reliques des saints  Caesarius et Anastase.














Santa_Croce_in_Gerusalemme_36Dans la chapelle d'Hélène, qui se situe encore au niveau de l'ancienne basilique, se trouve sa statue, qui fut faite à partir de la statue de Junon conservée au Vatican. A ses pieds, sous un monceau de papiers posés là par les fidèles, les restes de la terre du Golgotha.















A l'heure actuelle sont encore conservées dans une chapelle du XXème siècle construit en 1930 par l'architecte Florestano di Fausto quelques reliques :

Santa_Croce_in_Gerusalemme_f-les morceaux de la croix


















Santa_Croce_in_Gerusalemme_19a-un tiers de l'inscription du Titulus Crucis : le fragment montre le mot "Nazaréen" écrit en hébreu, en latin et en grec, de droite à gauche, à la façon des anciens hébreux. Hélène aurait divisé la relique en trois parties, en laissant une à Jérusalem, en donnant une à Constantin, et envoyant la dernière à Rome.






Santa_Croce_in_Gerusalemme_23aJuste après sa découverte, en 1492, il devait être en meilleur état : Bosio a écrit 60 ou 70 ans plus tard que la peinture rouge sur les lettres avait disparu et que les vers avaient rongé les mots «Jésus» et «Judaeorum»...
















Santa_Croce_in_Gerusalemme_b-un clou de type romain, l'un de ceux qui sont le plus susceptibles d'être vrais.

















Santa_Croce_in_Gerusalemme_d-deux épines de la couronne. La plante dont ils sont issus n'a pas été identifiée. Ils peuvent être comparées à d'autres épines gardées en reliques.
















Santa_Croce_in_Gerusalemme_a-des fragments de la crèche de Bethléem


















Santa_Croce_in_Gerusalemme_c-le doigt de Saint Thomas..
Les photos des reliques sont tirées du site  http://www.basilicasantacroce.com/basilica.aspx

















Santa_Croce_in_Gerusalemme_31Devant la basilique, la louve veille.

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La basilique San Giovanni

Saint_Jean_de_Latran_6Le site sur lequel se trouve l'archibasilique San Giovanni in Laterano fut occupé au début de l'empire romain par le palais des Laterani, dont plusieurs membres servirent comme administrateur de l'empereur : Sextius Lateranus fut le premier plébéien à atteindre le rang de consul, et Plautius Lateranus est devenu célèbre pour avoir été accusé de complot contre l'empereur par Néron. L'accusation a abouti à la confiscation et la redistribution de ses biens.






Saint_Jean_de_Latran_7Le Palais du Latran devint propriété de l'empereur après le mariage de Constantin avec sa seconde femme Fausta, sœur de Maxence. Connu comme "Domus Faustae", il fut finalement donné à l'évêque de Rome par Constantin. On ne connait pas la date réelle de cet évènement, mais le palais accueillit le synode en 313, au cours du pontificat du pape Miltiade. Le palais-basilique fut agrandi, devenant la cathédrale de Rome, le siège des papes comme des évêques.




Saint_Jean_de_Latran__dessinLa dédicace officielle fut faite par Sylvestre Ier en 324, qui la déclara  Domus Dei, et le trône pontifical y fut placé. Depuis lors, elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de "Sacrosancta Lateranensis omnium Ecclesia Urbis et Orbis Ecclesiarum mater et caput ", qui signifie "la Très Sainte Eglise de Latran, mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde". La basilique fut dédicacée deux fois : par le pape Serge III, à saint Jean-Baptiste au Xème siècle, en l'honneur du nouveau baptistère, puis par le pape Lucius II, au XIIème, à Jean l'évangéliste. Mais la première dédicace est Saint-Sauveur : le nom fut oublié au cours de l'histoire. Le palais adjacent, le Patriarcho, fut la résidence des papes jusqu'en 1309, date à laquelle Clément V fit transférer le Saint-Siège à Avignon. Ce fut le début du déclin. 

Saint_Jean_de_Latran_2San Giovanni avait déjà subi des dégâts lors des sacs de Rome, par Alaric Ier en 410, puis Genséric en 455. Un tremblement de terre la détruisit en l'an 896. Reconstruite entièrement par le pape Serge III au Xème siècle, elle fut à nouveau détruite par un terrible incendie dans la nuit du 6 mai 1308 sous le pape Clément V qui la fit reconstruire. Les travaux furent terminés sous le règne de son successeur Jean XXII. Elle fut encore endommagée par un séisme en 1349, puis par un autre incendie en 1361, et à nouveau restaurée par Urbain V qui confia les travaux à l'architecte Giovanni Stefani.










Saint_Jean_de_Latran_22L'édifice actuel est en fait une reconstruction du XVIIème siècle, due pour la nef et l'aménagement intérieur à l'architecte Francesco Borromini, réalisés pour le pape Innocent X à l'occasion du Jubilé de 1650, et pour la façade extérieure, monumentale, construite en travertin en 1734, à l'architecte Alessandro Galilei.
Saint_Jean_de_Latran_8La façade latérale possède une loggia qui sert à la bénédiction papale le jour de l'ascension. Elle est surmontée de deux campaniles du XIIIème siècle.





Saint_Jean_de_Latran_19La nef, qui  mesure 130 mètres, en fait la plus grande église après Saint-Pierre. Il semblerait que les piliers de l'ancienne basilique soient encastrés dans les piliers actuels.
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Saint_Jean_de_Latran_14Au XVIIIème siècle,  douze sculptures géantes, qui représentent les douze apôtres, y sont installées.

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Saint_Jean_de_Latran_5Le sol fut réalisé au XIIIème siècle par les Cosma.

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Saint_Jean_de_Latran_13A la croisée des transepts, le maitre-autel refait en 1851, enveloppe, selon la tradition, une table de bois sur laquelle saint Pierre aurait célébré la Messe, la table de la Cène du Jeudi saint.
















Saint_Jean_de_Latran_16Il est surmonté d'un baldaquin réalisé en 1369. Seul le pape peut officier sur cet autel. Le baldaquin contient aussi les bustes reliquaires avec les crânes de saint Paul et de saint Pierre. En dessous, la "tombe de saint Jean".

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Saint_Jean_de_Latran_11L'abside présente une fresque faite en 1291 par deux frères franciscains, Jacopo da Camerino et Jacopo da Torriti, sur les ordres du pape Nicolas IV. Elle englobe une partie de l'ancienne fresque, du IXème siècle, et une autre, du IVème dans la partie supérieure, où l'on voit le Christ entouré de séraphins. (référence à la tradition qui veut que le Christ soit apparu au cours de la première consécration de la basilique).

Le Président de la République française est d'office le «premier et unique chanoine honoraire" de la basilique, un titre hérité des rois de France depuis Henri IV. L'église fait partie du patrimoine mondial de l´UNESCO depuis les années 1990.



Saint_Jean_de_Latran_21San Giovanni in Laterano est une église-cathédrale, siège de l'évêché de Rome, dont l'évêque n'est autre que le pape. Elle est la propriété du Saint-Siège et bénéficie à ce titre du privilège d'extraterritorialité.










Saint_Jean_de_Latran_plan



























  1. Porte principale
  2. Autel papal
  3. Cloître
  4. Abside
  5. Portique septentrional
  6. Palais du Latran
  7. Scala Sancta
  8. Obélisque
  9. Baptistère

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17 septembre 2008

Le cloître

Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_4Entre la basilique et le mur de la ville fut construit, au XIIIème siècle, le grand monastère abritant la communauté des moines servant la basilique.
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Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_1Il n'en reste que le cloître, avec ses colonnes de marbre droites ou torsadées. Elles sont d'un style intermédiaire entre le roman proprement dit et le gothique, œuvre de la famille de Vassalletto et la famille Cosma.
















Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_2Il contient de nombreux fragments, vestiges des premiers temps de la basilique.









Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_6Il mesure 36 mètres de long, et fut construit à l'époque des papes Innocent III et Honorius IV entre 1215 et 1231. En fait, la structure originale du IXème siècle était plus large, mais quand l'église fut reconstruite au XIIème siècle, étant plus grande, une des allées fut incluse dans le plan de l'église.






Saint_jean_de_latran_cloitre_2__1_aLa fontaine qui est au cœur du jardin date du IXème siècle et ornait autrefois l'atrium de la basilique où elle servait de vasque pour les ablutions.










Saint_jean_de_latran_cloitre_2__7_aLe cloître de Vassalletto s'ouvre sur le côté est de la Basilique. Sur l'un des murets entre deux colonnes est gravé le symbole incontestable d'une triple enceinte, avec deux traits en forme de V qui se superposent au dessin. Deux autres triples enceintes sont gravées, mais sur les murs.
Saint_jean_de_latran_cloitre_2__6_a









Saint_jean_de_latran_cloitre_2__3_aTout autour du cloître sont exposés des fragments des précédentes basiliques. Sur plusieurs d'entre eux, on note la présence de nœuds de Salomon, gravés de trois anneaux et de forme ogivale.
Saint_jean_de_latran_cloitre_2__4_aLe triple anneau est un rappel de la symbolique ternaire complexe, que le christianisme reprit dans la Trinité divine, tandis que l'ogive se rattache à la mandorle mystique, la matrice divine.




Saint_jean_de_latran_cloitre_2__5_aUn autre fragment se compose d'une plaque de marbre ornée d'un motif constitué par la juxtaposition des fleurs de l'apocalypse, et un autre avec la représentation de la fleur de vie. Tous les fragments remontent à peu près au IXème siècle.
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http://www.angolohermes.com/Luoghi/Lazio/Roma/S_Giovanni_Laterano/S_Giovanni_Laterano.html

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L'obélisque de Thoutmôsis III

Saint_Jean_de_Latran_1L'obélisque en granit rose, le tekhen wâty, est couvert d'hiéroglyphes : on voit, sur les colonnes centrales des quatre faces, le roi Thoutmôsis III, de la dix-huitième dynastie (1400avant notre ère), recevant la bénédiction d'Amon-Rê ou Amon-Aton, et aussi déposant des offrandes aux dieux. Son fils Thoutmôsis IV a ajouté les colonnes latérales qui content l'embellissement du temple par ce roi, et aussi les travaux des artisans sur l'obélisque, qui ne durèrent pas moins de trente-cinq ans.

Les spécialistes se sont longtemps demandé quel pouvait être l'emplacement d'origine de cet obélisque. L'égyptologue français Gustave Lefebvre (1879-1957) pensait, à la lumière des inscriptions, que le monolithe devait provenir de Karnak et, plus précisément, de la partie est du grand temple. Son collègue Paul Barguet découvrit l'emplacement exact à l'est de la salle des fêtes de Thoutmôsis III en mettant au jour quatre gros blocs de grès assemblés en queue d'aronde identifiés comme son soubassement.

Ammien Marcellin rapporte qu'Auguste avait songé à transporter cet obélisque, puis avait dû y renoncer et en choisir un de taille plus modeste, au vu des difficultés techniques que cela posait à l'époque.






saint_jean_de_latran_ob_lisque_2C'est Constantin (272-337) qui, en 337, le fit transporter de Thèbes à Alexandrie, pour l'ériger à Constantinople. Mais il n'eut pas le temps de mener à bien son projet, et son fils Constance II (337-361), son successeur, préféra l'acheminer vers Rome en 357, le destinant à la spina du Circus Maximus : le géant vint donc prendre place au côté de l'obélisque d'Auguste, actuellement obélisque de la piazza del Popolo.

Il fut retrouvé en 1587, à une profondeur de 7 m, brisé en trois morceaux, lors de fouilles menées au Grand Cirque par le pape Sixte Quint, qui le fit restaurer et enfin réériger sur la place Saint-Jean-de-Latran l'année suivante le 3 août 1588 par l'ingénieur Domenico Fontana. L'inauguration eut lieu le 10 août 1588.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ob%C3%A9lisque_du_Latran

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