09 mars 2009

Les grottes de Gargas

gargantua_2Voilà un bien étrange nom, que nous retrouvons souvent dans la toponymie française. Notre bon géant Gargantua, avatar du dieu Lug, ou bien  fils de la déesse Belisama et du dieu Belenos, ou bien le Dagda irlandais, en tout cas l'un des 3 aspects du dieu soleil dans sa forme représentant le couchant (le soleil caché, dont le symbole est la grotte), est présent sur les lieux sacrés de nos ancêtres. De nombreuses légendes lui attribuent la paternité des monts, des rochers, des grottes, des mégalithes.
Le Mont Saint-Michel était un mont Gargan, le Monte Gargano en Italie lui était dédié, pour ne parler que des plus célèbres. Son aspect solaire en fait l'ancêtre de notre chef des armées célestes. En langue celte, pierre = GAR, géant, grand = GAN, celui, l’être, l’homme = TUA. Celui de la pierre géante est donc en langue celte, "Gargantua".






gargantua_doreNotre grotte de Gargas est donc en rapport avec le soleil couchant, la pierre sacrée, la grotte initiatique. Sa légende locale (que l'on pourrait nommer "comment la religion chrétienne se débarrasse des anciens culte") rapporte d'ailleurs qu'elle était habitée par le géant Gargas, époux de la fée Tibirane, fille de Merlin l'enchanteur. Les ossements découverts dans la grotte étaient les restes des chrétiens qu'ils dévoraient tous les deux...













GargantuaLe cosmographe François de Belleforest fit la première description de Gargas en 1575. Il le décrivait comme un lieu souterrain « où jadis nos pères idolâtres alloyent sacrifier ou à Vénus ou aux dieux infernaux ». Dès 1865, la grotte fut étudiée par le Docteur Garrigou, qui trouva bon nombre d'ossements d'animaux, et en 1874, il découvrit les vestiges d'une fréquentation humaine attribués à l'âge du Renne. Félix Régnault, libraire à Toulouse, reprend ces fouilles, et date la présence humaine au paléolithique, à l'âge de l'Ours. Le 11 juin 1906, il découvre trois mains rouges mutilées peintes en négatif sur la paroi.










Venus_of_BrassempouyDepuis, une datation au carbone 14 a été réalisée sur un ossement fiché dans une fissure d'une paroi ornée de mains négatives. Si elle ne donne pas directement l'âge des peintures, cette date proche de - 27 000 ans indique que la grotte était fréquentée au Gravettien ancien, période du paléolithique supérieur.

De cette époque datent la Dame de Brassempouy,






600px_VenusWillendorfla Vénus de Willendorf,


















600px_Venus_de_Lespugue__replica_la Vénus de Lespugue,


















206px_Savignano_facela Vénus de Savignano, de Kostienki, de Montpazier, etc...
venus_kostienki_profilg

venus_monpazier









Gargas_4Commençons la visite. Dans le massif du bois de Gouret, au flanc d'une colline, s'ouvrent deux galeries. L'entrée actuelle du réseau se trouve au niveau supérieur, que l'on atteint en gravissant un sentier taillé au milieu des buis.
Gargas_5









Gargas_11La galerie supérieure descend dans une succession de grottes, dont la température constante est de 11°C, comportant de nombreuses concrétions calcaires. C'est dans cette partie que l'on trouve la plupart des signes, peintures et gravures d'animaux. Sur la paroi de droite, une tache rouge au dessus d'une niche.






Gargas_2530 mètres plus bas, un ensemble de points noirs (ou ponctuation), disposés en 5 lignes courbes, une autre tache rouge. Cela ressemble à des indications d'orientation, à un message.







Gargas_23Puis apparaissent le bouquetin, gros corps rectangulaire et petite tête, les chevaux, des bovidés et des cervidés. La partie la plus sacrée se trouve au fond de la grotte, où l'on trouve les bisons. "Cette silhouette peinte au manganèse, dont l'avant-train a disparu sous une coulée de calcite, regarde vers la gauche. La queue est relevée en arc de cercle. Les pattes postérieures réduites aux cuisses sont en position de marche. Sous le trait noir élargi qui marque l'échine et la bosse, ainsi que sous la queue, des traces de raclage montrent que la paroi a été préparée avant d'y réaliser la peinture. A l'emplacement de l'avant-train, une crinière hachurée gravée complète la figure."(http://grottesdegargas.free.fr/)

Gargas_10La galerie inférieure, plus large et moins haute, est reliée par un goulet. Malheureusement, cette disposition nous fait commencer la visite par la partie la plus sacrée, celle que l'on doit atteindre en dernier, après avoir été préparé physiquement, énergétiquement, et spirituellement.






Je vous donne la description dans le sens inverse de la visite, afin de retrouver le sens premier du sanctuaire.

Gargas_3la galerie est large et humide (elle est souvent inondée). Le plafond s'abaisse progressivement, comme pour nous faire arriver au saint des saints avec humilité.









Gargas_17Les mains et les signes apparaissent en premier, les gravures animalières se concentrent au fond. Les mains, réalisées par la technique du pochoir (le guide nous explique que l'on doit prendre un instrument style sarbacane pour souffler la peinture), sont en général regroupées par panneaux.







Gargas_21Leur taille montre que ces gens mesuraient jusqu'à 1m 90 pour les hommes, 1m 75 pour les femmes, et qu'ils étaient graciles. On en dénombre environ cent quatre-vingt douze sûres et vingt probables, les mains féminines étant majoritaires, ce qui a pour moi son importance, on le verra plus loin.







Gargas_15Du fait de l'absence de certaines phalanges, plusieurs théories explicatives ont vu le jour : maladies ou gelures, amputations rituelles volontaires. On voit mal, dans le contexte de l'époque où les doigts devaient être bien nécessaires à la survie, ces hommes s'amputer, même pour faire plaisir aux dieux. Et dans le cas de gelures ou de maladies, pourquoi les pouces ont-ils été toujours épargnés ? Reste l'explication des doigts repliés avant la projection de la peinture. Dans ce cas, leur signification peut être symbolique,  un langage gestuel utilisé lors de la chasse ou pour la transmission de contes initiatiques par exemple. Mais...


"Jean Clottes a expliqué que l'important n'est peut être pas l'image de la main qui reste sur la paroi. Dans une interprétation faisant le lien entre l'art des cavernes et les pratiques chamaniques, il considère que c'est l'acte de couvrir, ensemble, la main et la paroi autour, d'une même substance rituellement préparée qui importait le plus. A cet instant, la main semblait traverser la paroi et « pénétrer dans le monde spirituel caché derrière le voile de la pierre »". Ce qui semblerait avoir été confirmé lors de la visite d'aborigènes, qui se sont d'abord déchaussés, et qui ont reconnu les peintures comme étant les mêmes que chez eux : liées aux pouvoirs chamaniques, elles sont un passage vers d'autres mondes, cachés dans les parois. Là, ça me parle.

Gargas_6L'atmosphère devient de plus en plus spéciale. Une sorte de niche profonde et évasée se trouve sur la droite. Totalement badigeonnée à l'ocre rouge, elle est appelée "le grand tabernacle". Ce beau vagin, mis en valeur, me fait penser à celui de la grotte des sorcières à Saverne. Même ambiance, même fonction du lieu, même époque.






Gargas_8Je me retrouve presque en transe, et je vois les prêtresses faisant passer les rites initiatiques... L'éternel féminin est représenté souvent. Les fentes naturelles suggestives sont peintes, des signes à motifs ovalaires barrés d'un trait vertical, ou en forme de cloche sont gravés. La grotte joue son rôle symbolique, pas étonnant que l'on retrouve une concentration de vierges noires dans le pays.
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Gargas_9Puis vient le bestiaire gravé. "Le cheval est l'espèce la plus représentée (29 %). Puis viennent le bison (24%), les bovidés (aurochs) (12%), les bouquetin (10%) et les cervidés (6%). La présence dans ce bestiaire de six mammouths et de deux oiseaux est à remarquer. D'autres espèces comme le sanglier, l'ours, le félin, le rhinocéros et le mégacéros ne sont représentées qu'une fois. Les animaux dessinés sont significatifs de la faune que pouvaient observer les chasseurs du paléolithique. Pour autant, il n'existe pas de lien avéré entre la chasse et l'art pariétal.





Gargas_9A Gargas les animaux représentés ne sont pas ceux dont on a retrouvé les ossements lors des fouilles. Ainsi, le renne est absent des parois alors qu'il compte pour 38% de la faune chassée par les hommes du Gravettien.
La plupart de ces gravures sont réalisées les unes sur les autres. On ne s'explique pas cet enchevêtrement pourtant caractéristique de l'art pariétal paléolithique. Il ne semble pas dicté par des contraintes techniques, ni être le résultat d'une succession de figures. Au contraire la superposition apparaît comme une démarche volontaire. "










Gargas_22Jean Clottes est près de la vérité, si tant est qu'il y en ait une, quand il dit que "la grotte a pu être un lieu d'intercession entre le monde des vivants et celui des esprits, l'image représentée étant à la fois le médium nécessaire pour entrer en contact avec une autre dimension et/ou la conséquence de la transe."







2555822662_3ca78e30efLes photos de l'intérieur de la grotte sont tirées du site http://grottesdegargas.free.fr/, ainsi que les passages entre guillemets, et du livre "la grotte de Gargas, un siècle de découverte", de Pascal Foucher, Christina San Juan-Foucher et Yoann Rumeau, que je recommande vivement.

http://grottesdegargas.free.fr/
http://fmaquaire.free.fr/Incontournables/Gargas1.html
http://www.nationmaster.com/encyclopedia/Finger-flutings
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grottes_de_Gargas

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20 février 2009

Saint-Eustache

Saint_Eustache_5Sur le chemin qui mène de l'île de la Cité à la colline de Montmartre, à proximité de l'enceinte de Philippe Auguste, une modeste chapelle fut bâtie en 1213. Un bourgeois de Paris, Jean Alais, chef des joueurs de mystères, prêta au roi Philippe Auguste une importante somme d'argent. Pour le rembourser, le roi l'autorisa à prélever un denier sur chaque panier de poisson que l'on vendait aux Halles, dont les deux premiers bâtiments avaient été bâtis par lui en 1181, pour abriter les drapiers et les tisserands.



Saint_Eustache_2La recette devint telle que Jean Alais, selon l'usage de l'époque, fonda une chapelle en remerciement de sa bonne fortune, dédiée à sainte Agnès, une jeune vierge de Palerme martyrisée à Rome au IVème siècle, à l'emplacement du chœur de l'actuel bâtiment. C'est la première mention connue d'une église à cet emplacement.
Elle devint église paroissiale en 1303, consacrée à saint Eustache, en accueillant les reliques de ce martyr romain, données par l'abbaye de Saint-Denis. Entre 1434 et 1495, l'église fut agrandie, grâce aux marchands du quartier, et devint à cette époque l'une des plus grandes et riches paroisses de Paris.









Saint_Eustache_1Avec les années, la population ne cessa de s'accroître : il fallut encore agrandir l'église. La première pierre fut posée le 19 août 1532, sous François premier. Même si la construction dura plusieurs siècles, elle garde une certaine unité. Le 16 avril 1637, elle fut enfin consacrée par Jean-François Gondi, archevêque de Paris.








Saint_Eustache_4En 1665, Colbert, paroissien et premier marguiller de Saint-Eustache, fit aménager deux chapelles sous les tours de la façade, ce qui compromit gravement sa solidité. On dut démolir la façade ainsi que la première travée de la nef et des bas-côtés. Colbert fit une donation pour la rénover, mais le clergé de cette époque mit de nombreuses années à réaliser les travaux, ayant préféré placer cette somme plutôt que de la dépenser.
Saint_Eustache_13a












Saint_Eustache_6Le 22 mai 1754, le duc de Chartres, futur Philippe Égalité, pose la première pierre du portail actuel. La construction est restée inachevée.
En 1793, elle fut fermée au culte et devint le temple de l'agriculture. Réouverte en 1795, elle fut concédée partiellement aux théophilanthropes : de graves dommages furent causés.





Saint_Eustache_11De 1846 à 1854, une restauration complète de l'édifice fut menée par Victor Baltard. Puis, de 1928 à 1929, la façade fut revue et consolidée.







Saint_Eustache_3Bâtie dans un style gothique en pleine Renaissance, ses dimensions sont impressionnantes : 105 m de long sur 43,5 m de large et une hauteur sous voûte de 33,46 m.  D'innombrables gargouilles font saillie depuis les contreforts et l'on remarquera la puissance des arcs-boutants, à la fois appuis de la nef et du transept. Ce transept est orné d'un beau portail Renaissance et flanqué de tourelles.







Saint_Eustache_plan_1Elle se compose d'une nef de 5 travées, flanquée de bas-côtés doubles, d'un large transept sans saillie, d'un choeur entouré d'un double déambulatoire et de 24 chapelles, les chapelles du bas-côté sud ayant une profondeur croissante et ce pour respecter le tracé de l'ancienne rue Trainée, aujourd'hui place René Cassin.

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Saint_Eustache_7La voûte de la nef est à ogives, liernes et tiercerons. Une petite galerie, le triforium, court tout autour de l'édifice, au dessus des grandes arcades. Elle possède une impressionnante clef de voûte. L'élancement des piliers donnent une sensation d'élévation.

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Saint_Eustache_10Sa haute voûte est réputée pour ses qualités acoustiques : on y a installé des grandes orgues (8000 tuyaux et ses 5 claviers de 61 notes chacun), présentant une double transmission et deux consoles, transmission mécanique pour la console de tribune, électrique pour la console mobile dans la nef qui permet à l'organiste de jouer tout près du public. 








Saint_Eustache_Pelerins_dEmmausL'église contient l'un des deux exemplaires connus des Disciples d'Emmaüs de Rubens peint vers 1611.

Certain de mes amis, amateur de cuisine orientale et de dessert au chocolat, qui n'aime point s'entendre dire d'aller se sustenter ailleurs, nous a fait part de sa rencontre avec différentes vouivres et autres dragons encore bien présents sur les lieux.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Eustache_(Paris)
http://www.saint-eustache.org/edifice.php   

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16 février 2009

La chapelle Saint-Michel

Saint_Michel_de_Saverne_1__1600x1200_Le Mont-Saint-Michel, dominant l'église de l'ancienne abbaye de moniales bénédictines de Saint-Jean-Saverne, fut occupé dès le Mésolithique de transition, 4 000 ans avant notre ère (des fouilles ayant permis de retrouver des silex taillés), puis à l'âge du fer.














Saint_Michel_de_Saverne_2Comme tous les monts Saint-Michel, il fut dédicacé bien avant l'ère chrétienne aux dieux solaires : Lug ou Belen à l'époque celtique, puis Mercure ou Apollon chez l'occupant romain. Pourtant, le nom d'origine du site, Herthenstein, signifie pierre dédiée à la déesse Hertha. Hertha parait être la déesse mère des scandinaves, des tribus de la Germanie nordique, et pas, comme on pourrait l'imaginer, celle des knakis. Leur culte à Ertha, (Erda---> Erde en allemand=la Terre), forme ancestrale du culte marial, fut cité par Tacite. Nous retrouvons là notre vierge noire associée de tout temps avec son parèdre saint Michel... Nous en reparlerons dans l'étude du rond des sorcières.









Saint_Michel_de_Saverne_3En 1126 nous trouvons la première mention du Hertenstein dans l'acte de donation de Meginhelmeswilre, l'actuel Saint-Jean Saverne, à l'abbaye de Saint-Georgen en Forêt Noire, par Pierre de Lutzelbourg, le fondateur de l'abbaye bénédictine de Saint-Jean. En 1371 nous avons la trace, dans un livre de l'évêché de Strasbourg, de la présence d'un chapelain (et donc d'une chapelle)sur le mont Hertenstein. La présence de l'ermitage explique les dénominations ultérieures de Bruderberg et de Bruderstein (mont des frères ermites).











Saint_Michel_de_Saverne_33Le nom de Sant Michelsberg, première dénomination "Mont Saint-Michel", apparaît en 1553. En 1576 fut faite la première présentation du Brudenstein sur la carte de Spacklin, où l'on voit une construction circulaire sur le promontoire, à l'emplacement du rond des sorcières.















Saint_Michel_de_Saverne_8Puis en 1593 fut créée la confrérie Saint-Michel par Johann Schreyer, le receveur de l'abbaye des moniales bénédictines de Saint-Jean, encouragée par la présence épiscopale de Saverne et approuvée par le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Metz et de Strasbourg. Puis vient une période d'abandon, entre 1618 et 1648,  date de la guerre de 30 ans et de l'épidémie de peste.











Saint_Michel_de_Saverne_4La chapelle est reconstruite à son emplacement actuel en 1684, suivi de l'essor du pèlerinage à l'archange.












Saint_Michel_de_Saverne_34Nous en avons une représentation faite en 1693 sur une gravure de J.A. Seupel, dans S. Michaël Archistrategus, publié à l'occasion du centenaire de la fondation de la confrérie. La chapelle latérale de la Vierge est ajoutée.
En 1717, la foudre incendie la chapelle qui est peu à peu laissée à l'abandon.















Saint_Michel_de_Saverne_35Les aménagements ultérieurs nous sont connus par le plan forestier Gouget, fait en 1753, où nous retrouvons la chapelle et ses deux portes latérales sur le Michelsberg, le rond des sorcières sur le promontoire, l'escalier près de la grotte, le bâtiment à l'entrée de la grotte, le plan de l'abbaye des moniales de Saint-Jean. La chapelle fut restaurée en 1844, dans son aspect actuel.





Saint_Michel_de_Saverne_6A droite de la porte latérale de la chapelle se trouve une représentation d'une tête de chat. Ce petit gardien nous indique bien que le lieu est sacré. Il est posé sur un point énergétique puissant, au croisement de 3 courants telluriques(croisement sous son nez des trois moustaches latérales ?). Les chats se posent dessus habituellement, comme les termitières et les fourmilières. Sur sa tête, la représentation d'une vouivre. Elle est là, commençant à ses pieds, et suivant le mur de l'église en direction du rond des sorcières.












Saint_Michel_de_Saverne_11Dans la chapelle, un beau tableau de saint Michel terrassant le dragon. Il le maîtrise, il ne le tue point. C'est le principe de la maîtrise des énergies.

















Saint_Michel_de_Saverne_9Sur les piliers, des pierres taillées de remploi, même si elles ne sont plus au bon endroit, nous indiquent la présence de courants d'énergie tellurique triples, et des courants acquifères doubles.
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Saint_Michel_de_Saverne_7__1600x1200_A gauche de la chapelle, un ancien puits, qui parait être un réservoir d'eau d'écoulement, est relié à un courant d'eau souterrain, qui lui même est relié à Saint-Jean Saverne, en bas. Ce puits porte en lui des informations que je n'ai pas eu le temps d'aller chercher.

Précis de la géographie universelle Par Conrad Malte-Brun 1833
http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html

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Hexenkreis ou rond des sorcières

Saint_Michel_de_Saverne_14__1600x1200_Après la chapelle Saint-Michel, en continuant vers la fin du promontoire rocheux, se trouvent des portes énergétiques successives emmenant progressivement au Hexenkreis, ou "rond des sorcières", appelé également Hexenschule, ou "école des sorcières".

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Saint_Michel_de_Saverne_16C'est un bassin circulaire taillé dans la roche d'un diamètre d’environ 4,60 m et dont la profondeur varie entre 30 et 55 cm.

















Saint_Michel_de_Saverne_18Trois marches situées à l'ouest sont taillées afin de pouvoir y accéder facilement. Trois marches, comme pour monter vers l'autel dans une église.











Saint_Michel_de_Saverne_19__1600x1200_A l'est se trouve une entaille rectangulaire mesurant 16 par 12 cm, profonde de 15 cm. Peut-être fixait-on un poteau de bois, ou bien une pierre, qui, comme une clé, ouvrait une porte sur un autre monde, ou peut être une direction à suivre par rapport à un lever de soleil, ou à d'autres astres ?
Saint_Michel_de_Saverne_20__1600x1200_








Saint_Michel_de_Saverne_17__1600x1200_La légende rapporte que les sorcières, suivant leur grande prêtresse Dame Itta, épouse de Pierre de Lutzelbourg, le fondateur en 1126 de l’abbaye de Saint-Jean Saverne, se rassemblaient à cet endroit pour s'envoler sur leurs balais et atterrir sur la proche montagne du Bastberg près de Bouxwiller, le mont Saint-Sébastien dit "Boechtbairi" en alsacien, qui veut dire la montagne des sorcières, et qui lui aussi jouit d'une très mauvaise réputation : c'est là qu'elles prenaient part au Sabbat. Une autre légende fait mention d'apprenties sorcières s'asseyant sur les bords du bassin pour écouter leur maîtresse afin d'apprendre. D'où les noms différends d'école ou de rond. Il est dit aussi que l'endroit permet d'apporter aux jeunes filles de la région l'assurance d'un mariage heureux avec de beaux enfants.

Saint_Michel_de_Saverne_21Comme il n'y a pas de fumée sans feu... Reprenons : un endroit circulaire donc parfait, réservé aux femmes, initiatique, permettant d'accéder à des mondes différents, apportant bonheur et fertilité de l'esprit.
Certains ont vu dans ce rond des pratiques païennes de sacrifices sanglants. Il est possible qu'à une époque, ne comprenant plus le sens sacré de l'endroit, ou le sens du sacré tout court, des hommes s'en soient servi ainsi. Mais pour moi, le site est bien initiatique, et ce depuis fort longtemps. Je date sa première utilisation à 2 190 avant notre ère, et une belle cheminée cosmo-tellurique y a élu domicile.
Maintenant que l'on a la fonctionnalité, à nous d'expérimenter. La grotte située juste en dessous nous donne une clé supplémentaire.

http://www.lieux-insolites.fr/basrhin/heidenstadt/heidenstadt.htm
http://www.les-lieux-sacres.eu/Ecole-des-Sorcieres-l-l292.html
http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html

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Hexenhöle, ou grotte des sorcières

Saint_Michel_de_Saverne_22__1600x1200_Entre la chapelle et le rond des sorcières, sur la droite, descend un escalier taillé dans la pierre. Il nous amène à la grotte des sorcières, ou grotte des fées, immense abri sous roche.











Saint_Michel_de_Saverne_23__1600x1200_Les récentes fouilles archéologiques ont démontré son occupation ancienne : au mésolithique de transition, entre 6 000 et 4 000 avant notre ère, puis au deuxième âge du fer, à l'époque gallo-romaine, carolingienne, puis du Moyen-Âge à l'époque moderne où la présence d'ermites est attestée par les textes.








Saint_Michel_de_Saverne_29_a1 - Cellule du fond arrondie en abside
2 - Trou des sorcières
3 - Tombe orientée
4 - Anciennes latrines
5 - Terrasse abritée
6 - Traces de portes
7 - Abri sous roche
8 - Traces d'un ancien bâtiment
9 - Ancienne citerne de collecte des eaux de pluies
10 - Porte d'accès principale






Saint_Michel_de_Saverne_24aIl me semble que c'est le centre névralgique initiatique. La grotte est déjà un beau symbole à elle seule.
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Saint_Michel_de_Saverne_26Avant d'entrer, un gardien assis sur le trône taillé dans la pierre.












Saint_Michel_de_Saverne_27Le sarcophage est orienté, mais n'est pas contemporain de la première utilisation du site. Il est daté de l'époque carolingienne et a pu servir de sépulture à un ermite. Ou bien il est là pour rappeler la fonction initiatrice de l'endroit. Je date la première utilisation du site en 4 500 ans avant notre ère.
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Saint_Michel_de_Saverne_32Le fond de la grotte, où a été aménagé un banc contre la paroi, est situé juste en dessous du rond des sorcières. C'est là que devait officier la grande prêtresse. Elle ammenait à elle les énergies du lieu, et, comme le cinquième élément dans le film de Luc Besson, envoyait le tout en haut, directement dans le rond, qui, rempli d'eau, devait la propager sur les gens se tenant là.








Saint_Michel_de_Saverne_31L'expérience faite avec un homme s'est mal terminée, prouvant que l'endroit est bien spécifiquement destiné aux femmes. Les hommes devaient se tenir à l'endroit de la chapelle, là où saint Michel, principe mâle, les accueille.










Saint_Michel_de_Saverne_28La grotte reste dédiée au principe féminin, à la déesse, à Hertha, à Gaïa. D'ailleurs, le trou des sorcières est de forme très suggestive, ne trouvez-vous pas ? Quand au voyage que ces énergies rendent possible, je vous laisse le soin d'aller vérifier par vous-même. Peut-être une porte des étoiles ?

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Kinder Brénnelé

Saint_Michel_de_Saverne_13Avant d'arriver sur la plateforme sommitale, en contrebas du parking, se trouve la fontaine des enfants, ou kinder brénellé. Cette cuvette emplie d'eau devait servir d'endroit purificateur avant d'entrer sur le site sacré.















Saint_Michel_de_Saverne_12La date de la première utilisation est plus ancienne que celle du rond des sorcières, et correspondrait à la date de la grotte, c'est à dire 4 500 ans avant notre ère.

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06 février 2009

L'abbatiale Saint-Jean-Baptiste

Saint_Jean_les_Savernes_1L’actuelle dénomination "Saint-Jean-Saverne" date de 1920 lorsque la commune opta pour ce nom en lieu et place du sobriquet Saint-Jean-des-Choux dont l’avaient affublée à la fin du XVIIème siècle les autorités françaises, en souvenir d’un combat désespéré livré dans les champs de choux.









Saint_Jean_les_Savernes_14Aux temps du Saint Empire Romain Germanique, l’appellation officielle était Sankt Johann nächst Elsass-Zabern, traduction littérale de  S. Iohannes prope oppidum Zabernia, apparue dans les textes officiels anciens en 1126-1127 sous la forme Cella Sancti Iohannis, en remplacement du premier nom connu de la localité, Meginhelmeswilre. Ce premier nom germanique évoque une création mérovingienne ou carolingienne. On trouve cependant des traces d’occupations humaines bien plus anciennes (4 000 avant notre ère).





Saint_Jean_les_Savernes_7La donation de 1126-1127 amène dans le troisième quart du XIIème siècle la fondation d’une abbaye de moniales bénédictines placée sous l’invocation de Jean le Baptiste. Des bâtiments de cette époque ne subsistent que la nef romane de l’ancienne abbatiale, d’un style roman tardif de transition, avec une nef centrale voûtée de lourdes ogives, classées parmi les premières et donc les plus anciennes d’Alsace, et le chevet ouvragé à l’est et pentures romanes exceptionnelles sur les vantaux d’origine du XIIème siècle, à l’entrée de la nef, sous le clocher-porche, à l’ouest.
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Saint_Jean_les_Savernes_4Les autres bâtiments, maintes fois reconstruits après incendies, dévastations et destructions, livrent quelques témoins de la dernière campagne de remaniements du XVIIIème siècle, comme la tour-porche de 1733 plaquée sur la façade romane à l’italienne, détruisant et masquant le décor.
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Saint_Jean_Savernes_28On retrouve quand même quelques figures, comme celle de l'ours avec son un pot de miel...

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Saint_Jean_Savernes_27De la même époque, milieu et troisième quart du XVIIIème siècle, date le mobilier baroque de l’abbatiale : l'orgue de Silbermann de 1747, le maître-autel ( 1763 ) et les autels latéraux, la chaire à prêcher.










Saint_Jean_les_Savernes_18L’abbaye ferma ses portes le 1er octobre 1792, et l’ensemble des terres et des bâtiments de l’enclos conventuel, déclarés Biens Nationaux, fut acquis le 22 décembre 1796 par un collectif des 72 chefs de famille de Saint-Jean qui lotirent leur propriété le 10 janvier 1798, à l’exception de l’église, l’ancienne abbatiale, promue église paroissiale. Cette église catholique Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-des-Choux figure sur la liste initiale des Monuments Historiques de 1840, et le classement Monument Historique a été confirmé au J.O. du 16 février 1930, aux côtés des deux autres anciennes abbatiales romanes de la région, Saint-Etienne de Marmoutier et Saints-Pierre-et-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.









Saint_Jean_les_Savernes_10Le décor roman extérieur se concentre sur le chevet et plus particulièrement sur l’abside centrale. Une frise d’arceaux surmontée d’une corniche ornée d’un cordon de billettes couronne cette abside. A la retombée de chaque arceau les modillons et les chapiteaux des demi-colonnettes sont sculptés de motifs disposés symétriquement par rapport à l’axe central, et dans lesquels on peut voir la représentation symbolique des quatre évangélistes, la tête de taureau de Luc, la tête d’homme de Mathieu, la tête de lion de Marc, l’aigle de Jean.
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Saint_Jean_les_Savernes_8Plus haut, sur l’angle de la nef, à la base des pignons raidis au XVIIIème siècle, une tête d'ours placée en acrotère, et dessous une tête de bélier au départ de la frise d’arceaux, bûchée au XVIIIème siècle, qui ceinturait jadis la nef.










Saint_Jean_les_Savernes_11Deux lions couchés gardent la fenêtre centrale, tandis qu'un serpent dressé essaie d'atteindre une étoile à 7 branches...
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Saint_Jean_les_Savernes_16La nef romane, datée de 1150, compte cinq travées centrales voûtées de lourdes croisées d’ogives, classées parmi les plus anciennes d’Alsace, et trois absides. Dans les deux premières travées les ogives retombent sur des colonnettes, dans les trois autres travées, sur des culots en forme de têtes, masques chevelus, barbus, moustachus.








Saint_Jean_les_Savernes_17Aux cinq travées centrales voûtées d’ogives correspondent dix travées latérales voûtées d’arêtes retombant pour moitié sur les piles fortes et pour moitié sur des piles intermédiaires qualifiées de faibles. Ce qui détermine une alternance de piles fortes et de piles faibles, caractéristique de l’art roman en milieu rhénan.














Saint_Jean_les_Savernes_20Le décor sculpté se concentre sur les impostes des piliers, alliant décor végétal à frises de palmettes, à rinceaux de palmettes, et un bandeau plissé en accordéon.

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Saint_Jean_les_Savernes_21Sur les piliers forts entre quatrième et cinquième travée, à l’entrée du chœur liturgique surélevé, des demi-colonnettes jumelées supportent un double chapiteau décoré d’arbres stylisés en volutes, le tout surmonté d’un tailloir orné d’entrelacs géométriques. Tout cela nous renseigne sur les courants énergétiques de l'église.














Saint_Jean_les_Savernes_22Une représentation d'un damier, à 64 cases, nous laisse réfléchir sur la signification de sa présence en ce lieu.
















Saint_Jean_les_Savernes_23Saint_Jean_les_Savernes_13Un bel atlante portant pilier commence son retournement. Il est étonnant, dans une église abbatiale bâtie pour des moniales, de ne trouver que des représentations d'hommes...
La seule représentation féminine se trouve à l'extérieur, la tête de la dame surmontée d'un animal lui posant les pattes sur les épaules !






Saint_Jean_les_Savernes_24Dans le bas-côté droit du chœur, la porte d’entrée de la sacristie montre un portail roman qui donnait jadis vers l’extérieur, dans le cloître, mais qui a été retourné vers l’intérieur lors des travaux de restauration du XIXème siècle.















Saint_Jean_les_Savernes_25Le tympan semi-circulaire monolithe, bordé d’un rinceau de palmettes, encadre la scène de l’agneau mystique nimbé, tenant la croix, entre deux arbres stylisés et deux étoiles à cinq branches. Les montants sont ornés de rinceaux de palmettes chargées de raisins sur le montant de gauche.








Saint_Jean_les_Savernes_15http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html
http://www.geneawiki.com/index.php/67425_-_Saint-Jean-Saverne

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13 janvier 2009

L'abbatiale Saint-Cyriaque d'Altdorf

Altorf_2__1600x1200_L'histoire d'Altdorf (vieux village) se confond avec celle de son abbaye bénédictine, fondée en 974 par Hugues III d'Eguisheim. La chapelle est consacrée peu après, sous la houlette de Maïeul, évêque de Cluny.

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Altorf_1__1600x1200_En 1079, le pape saint Léon IX, issu de la puissante famille d'empire Eguisheim-Dabo, consacre un autel à saint Cyriaque, qu'il dota de reliques (bras du saint). Le reliquaire de style oriental représentant un buste en bois polychrome est une des pièces majeures de l'abbaye, reconstruite dans la seconde partie du XIIème siècle. Par ailleurs, les empereurs donnèrent le droit de battre monnaie (monnaie de Saint-Cyriaque). Ce privilège fut transféré au XIIIème siècle à Dachstein puis Molsheim.

Le tympan roman sur la porte principale fut détruit en 1791 et sera remplacé en 1886 par le sculpteur Eugène Dock.







Altorf_3__1600x1200_L'abbaye et ses dépendances furent reconstruites à diverses reprises (au XVIIème siècle après un incendie), les dernières en date étant au XVIIIème siècle (reconstruction des bâtiments conventuels et du transept à partir de 1715 par le maître baroque Peter Thumb, construction de l'orgue par André Silbermann en 1723). Tous les bâtiments constituant l'abbaye sont rasés au XIXème siècle, hormis l'aile de l'abbé, qui fera plus récemment office de presbytère. En 1991 fut faite une restauration complète.
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Altorf_4__1600x1200_L'église possède une triple nef romane avec bas-côtés en pierre de taille. Le chœur et transept sont baroques.
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Altorf_9__1600x1200_Le clocher octogonal en bois est couvert d'ardoises-écailles.

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Altorf_14__1600x1200_Le maître-autel date du XVIIIème siècle, les fonds baptismaux en grès gris du XVème siècle.
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Altdorf_busteLe buste reliquaire de saint Cyriaque est en argent en partie doré sur âme de bois. La « notitia Altorfensis » prétend qu'il s'agit d'un cadeau du pape Léon IX. Mais le style s'oppose à une datation aussi ancienne. Il faut pencher pour une exécution de la fin du XIIème siècle avec un remaniement dans la première moitié du XIIIème par un orfèvre sans doute Lorrain.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Altorf
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/

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Le menhir Langenstein

Dorlisheim_Langenstein_3__1600x1200_Ce petit menhir, situé sur la commune de Dorlisheim (au lieu-dit Gansweidt), entre Molsheim et Altorf, fut utilisé comme borne de limite mitoyenne aux trois localités. Il est posé sur l'ancienne via romana, la Bergstrasse, reliant Strasbourg au col stratégique du Donon.
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Dorlisheim_Langenstein_5__1600x1200_En grès rose des Vosges et mesurant 1mètre 40, il fut sculpté tardivement du blason d'Altorf, représentant un crampon de piège à loup accroché à un anneau. La légende voulait que ce soit le tombeau d'un géant. Il est daté de 2 000 avant notre ère.

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Dorlisheim_Langenstein_2__1600x1200_Le pauvre, il se retrouve presque dans une décharge, les employés municipaux déversant à côté de lui les végétaux encombrants... Difficile à remettre en marche. Il dort vraiment.
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12 janvier 2009

La chapelle Sainte-Marguerite d'Epfig

Epfig_1Le site d'Epfig fut peuplé dès l'époque préhistorique. Son nom provient soit du celtique "abh", eau et "aighe", coteau, ou du latin "apex", sommet. Jules César y construisit un petit château fort du nom de Apica, puis le village, Apsiacum, s'étendit. Il réapparaît dans les documents anciens au VIIIème siècle (762), en tant que villa royale carolingienne. Il devint possession de l'archevêque de Strasbourg jusqu'à la révolution.













Epfig_28La chapelle Sainte-Marguerite est située dans le hameau du même nom, proche d'Epfig, qui existait dès le haut moyen-âge. La fonction liturgique de son porche, qui prend la forme d'une galerie, n'est pas précisément fixée.










Epfig_plan_aDe plan cruciforme, cette chapelle constitue, avec l'octogone d'Ottmarsheim et le tétraconque d'Avolsheim, l'un des édifices les plus originaux de l'architecture romane alsacienne du XIème siècle. L'usage du plan cruciforme est peu fréquent dans les pays germaniques. On considère généralement que pour Sainte-Marguerite, l'inspiration architecturale vient de modèles de l'Italie du nord.





Epfig_30Sainte-Marguerite est le résultat de deux périodes de constructions romanes. L'ensemble formé des 4 bras surmontés par la tour est du XIème siècle, la galerie-porche du XIIème siècle. C'est autour du carré central que s'organise l'édifice primitif, reproduisant une croix latine.









Epfig_29Les murs de la chapelle sont en moellons de grès, recouverts de crépis.












Epfig_24Les pierres de chaînage d'angle, des linteaux et des jambages des portes sont apparentes et ornées au ciseau d'un décor en arêtes de poisson, comme celui qu'on trouve dans la crypte de la cathédrale de Strasbourg et de l'église de Rosheim. L'emboîtement particulier du linteau dans les jambages des portes est une façon de faire de l'époque carolingienne.
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Epfig_14L'aile occidentale s'allonge pour former une nef. Les bras du transept, couverts de berceaux plein cintre, la croisée, voûté d'ogives et le chœur possèdent la même dimension.

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Epfig_7Seule la nef a conservé son aspect originel, avec ses murs épais, percés de trois petites fenêtres romanes à profond ébrasement. Les petites fenêtres du transept et du chœur ont été remplacées au XVIème siècle par des baies gothiques.
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Epfig_6La chapelle gothique au sud-est, ouverte dans l'angle du chœur et du croisillon sud, est du XVIème siècle (1516). Une petite sacristie qui lui faisait pendant sur la face nord, fut détruite à la fin du XIXème siècle : il en reste la massive porte en bois en plein cintre à gauche du chœur.

Le bras qui constitue la nef est plus large que les trois autres. C'est cette partie qui a le plus conservé son caractère d'origine.












Epfig_12Tout l'édifice est vouté en berceau, hormis la chapelle sud-est et la croisée qui sont voûtées d'ogives gothiques.

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Epfig_10Les peintures murales sont du XIVème siècle, et représentent un Christ en majesté, entouré des symboles des quatre Évangélistes et des croix. Ces peintures furent restaurées entre 1990 et 1997.

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Epfig_23La tour de croisée, reposant sur quatre piliers à l’intersection des transepts, est très sobre. Ses faces sont percées d'ouvertures rectangulaires étroites, en forme de meurtrières, surmontées de baies géminées dont la colonnette médiane ressemble à celles du portique.
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Epfig_15La galerie-porche, coudée, relie les deux entrées de l'édifice. Faussement identifiée à un cloître, avec ses arcades jumelées, elle fut vraisemblablement construite au XIIème siècle, comme l'indiquent la taille et l'aspect de ses colonnettes en grès qui reposent sur une base en forme de chapiteau renversé.









Epfig_17Les tailloirs des chapiteaux, allongés en marteau et profilés en console, sont allongés de façon à répondre à l'épaisseur des murs.
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Epfig_2Les ouvertures s'organisent de façon asymétrique, groupées par deux et par cinq :

sur la paroi ouest, arcade d'entrée en plein cintre suivie de deux arcatures jumelées,









Epfig_21sur la paroi sud, arcature de deux baies géminées suivie d'une arcature de cinq baies géminées et enfin grande arcade de passage.
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Epfig_8La table de l'autel primitif, découverte lors des dernières fouilles, est exposé sous la galerie. Le linteau de l'entrée primitive, sous la galerie, est couvert de dessins géométriques exécutés au pic.
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Epfig_22A l'extérieur, l'ossuaire de la guerre des paysans de 1525, venant probablement de l’ancien cimetière du village disparu de Collwiller, fut reconstruit au XIXème siècle (1875) sur les fondations plus anciennes.










Epfig_25Dans le jardin bordé d'ifs, au nord, une petite fontaine glougloute au milieu des simples.

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Epfig_31http://www.alsace-passion.com/epfig.htm
http://www.art-roman.net/epfig/epfig.html
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=5&pChapitreId=33360&pArticleLib=Epfig%A0%3A+sainte+Marguerite+%5BAlsace%A0%3A+l%92art+roman+en+Alsace%5D
http://www.ste-marguerite-epfig.fr/architecture.htm
http://pagesperso-orange.fr/jm.v/Epfig.htm

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