23 mars 2009

Le porche

Saint_Aventin_6Roman, avec ses colonettes et ses archivoltes ornée de boudins et de billettes, le porche fut plaqué sur un mur antérieur de plus d’un siècle. Le tympan représente un Christ en gloire dans une mandorle cantonnée par le symbole des quatre évangélistes, chacun porté par un ange, schéma plutôt original.









Saint_Aventin_13Le sculpteur du tympan a consacré un bas-relief à la découverte de la sépulture de saint Aventin par un taureau, placé aujourd’hui sur un contrefort extérieur.















Saint_Aventin_7Seuls les chapiteaux doubles intérieurs sont historiés, ceux de droite sont consacrés à la relation du martyre de saint Aventin (une décollation). Deux autres chapiteaux présentent, sans contestation possible, la suite de l'histoire de saint Aventin : son arrestation par les Maures et sa décapitation.

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Saint_Aventin_10A droite du portail une sculpture représente un musicien, les pieds croisés, jouant de la lyre.

















Saint_Aventin_9La dispersion de fragments sculptés tout au long de la façade méridionale laisse penser qu’il devait y avoir un second ensemble sculpté. Ainsi, sur le côté droit du portail, une petite dalle présente une Vierge en majesté, œuvre à l’évidence d’un maître-sculpteur de la fin du XIIème siècle. Ce bas-relief rappelle celui du Christ en majesté de la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse.

Sur un trône aux montants en forme de bêtes fantastiques orné à ses deux extrémités de têtes animales, richement vêtue, hiératique, elle foule aux pieds deux vouivres de style oriental. Notre vierge noire (elle en possède tous les attributs) porte l'enfant, qui tient un évangile et bénit, dans son giron.
Au dessus d'elle, une sorte d'arc architectural, orné à ses deux extrémités de têtes animales. Une inscription figure sur cet arc: RES MIRANDA NIMIS MATER DEI ERAT VI NIMIS, que l'on a traduit par : "Chose des plus admirables, la mère de Dieu était toute-puissante".

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11 mars 2009

Eglise Saint-Jean-Baptiste de Montréjeau

Comminges_Raz_s_068L'étymologie de Montréjeau provient de la francisation de l'occitan gascon "Mourrejaou" qui veut dire "Mont-Royal", lui même issu du latin "Mons Regalis de Ripparia".











Comminges_Raz_s_066L'histoire raconte que les habitants ont construit eux mêmes l'église initiale au XIIème siècle. Elle possédait alors une nef unique d'environ 10 mètres. Réalisée en moellon de pierre de Gourdan et maçonnerie, elle fut surélevée au XVème siècle.

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Montr_jeau_1Sa charpente apparente évoque la carène d'un navire. Les 4 chapelles latérales lui furent accolées. L'église fit l'objet de pillages, en 1438 par le bâtard de Bourbon, et en 1509 par les huguenots qui prennent la ville. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, le clocher-mur initial fut remplacé par une construction plus grande.
A cette époque, elle s’enrichit d’un mobilier exceptionnel, comprenant des retables et des statues.  Elle récupera en 1793 une partie des objets abrités par le cloître des Augustins. Deux autres chapelles sont amménagées en 1838, puis une voûte à faux plafond fut réalisée de 1854 à 1857, démolie entre 1957 et 1960 afin de redonner à l'édifice son aspect primitif.


Comminges_Raz_s_065A l’entrée sud du clocher se trouve un beau portail gothique du XIVème siècle à trois arcatures, chapiteaux sculptés et colonnettes de marbre. Il est surmonté d’un magnifique Christ du XIIIème, sculpté dans la pierre. A l'intérieur du clocher, les vestiges des fortifications de la bastide, l'église primitive étant encastrée dans la muraille de la ville.

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Montr_jeau_5Dans l’église, la statue de saint Jean-Baptiste accompagné de l’agneau (XVIIIème siècle, bois doré) provient du retable aux dimensions inhabituelles qui occupait le chœur. Ce dernier abritait également deux reliquaires, dont celui de saint Barthélemy, second patron de la paroisse. Le dénuement de la nef contraste avec la richesse du mobilier refoulé dans ces chapelles.
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Montr_jeau_3Le retable de notre Dame des cinq plaies (XVIIIème siècle, sculpteur Marc Ferrère, marbre, bois et staff) fait partie du mobilier provenant du cloître des Augustins, transférés lors de la Révolution. Il avait été offert par le baron Marc-François de Lassus, juge de Rivière et subdélégué de l’Intendant d’Auch. Deux colonnes torsadées parcourues de pampre encadrent une Vierge de Pitié. A gauche et à droite de la niche se succèdent les symboles de la Passion, marteau, tenailles, bourse de Judas, calice, glaive, couronne d’épines, jusqu’au coq de saint- Pierre. Sur le fronton est représenté Jésus au jardin des Oliviers, surmonté du voile de Véronique et du serpent enroulé autour de la croix.









Montr_jeau_4Une stèle funéraire cruciforme (XIIIème siècle en pierre) fut retrouvée dans des matériaux de remploi et pourrait provenir de l’ancien cimetière, situé initialement à côté de l’église. Elle correspond à l’une des premières sépultures de la bastide. Très ordinaire, elle est gravée du texte suivant : « Anno Domini MCCC hoc est sepulcrum Dominici periis et Julianne uxoris ejus ». Les datations des inscriptions sur des objets aussi modestes sont rarissimes au XIIIème siècle, du fait notamment de l’illettrisme général.





Montr_jeau_9« Grâce à Dieu, il nous reste l'église. Une église très heureusement restaurée dans les années 60 et qui a retrouvé son caractère primitif avec ses murs où les schistes et les galets, extraits de la colline, ont été mis a nu, avec son admirable voûte charpentée en forme de carène de navire, avec sa tour octogonale percée de meurtrières qui évoque l'enceinte médiévale de remparts et le système défensif de la ville. Une église édifiée au départ par les habitants eux-mêmes, qui n'a jamais changé de place, qui s'est agrandie au rythme même de la cité et en a étroitement épousé le destin. Tout en elle nous parle de nos ancêtres… C'est chez elle que nous les retrouvons. » Simone Bouché

http://www.montrejeau-pyrenees.com/TempSite/3698.asp?rang=

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Menhir Peyro-Hitto

Saint_Martory_7Le menhir Peyro-Hitto (ce qui signifie pierre plantée), daté du Néolithique, est actuellement situé en bordure de la N117, dans l'enceinte de l'église, à coté d'une stèle funéraire gallo-romaine. Il a été déplacé : son emplacement d'origine était le quartier de Peyro-Hitto à Saint-Martory (route de Montsaunès) où il avait été abattu vers 1850. Donné à la ville par son propriétaire en 1962, il est maintenant classé monument historique.













Saint_Martory_8Il s'agit d'une dalle calcaire d'épaisseur à peu près constante. Sa partie visible est d'environ 3 mètres de haut sur 0,90 mètre de large et 0,40 mètre d'épaisseur. Il est classé monument historique. Sa mise en place permit de découvrir un fragment de l'ancienne voie romaine reliant Toulouse à Saint-Bertrand de Comminges.

Il est apparenté aux menhirs de Mancioux.

http://www.t4t35.fr/Megalithes/AfficheSite.aspx?NumSite=9482

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L'église de Saint-Martory

Saint_Martory_3Saint-Martory est un village du Comminges, habité dès la préhistoire : les grottes de la Tourasse (époque azilienne) et de Montconfort (âge du renne) ont révélé de nombreux objets travaillés, des ossements d'animaux sauvages et humains. Au cours de la période gallo romaine, Saint Martory se nommait Calagurris.

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Saint_Martory_4Le bourg historique est bâti sur la rive gauche de la Garonne au pied du front rocheux de l'Escalère, où se trouve un oppidum.  Le faubourg s'est lui développé sur la rive droite, dans la plaine alluvionnaire de la Garonne. Le nom de la ville serait issu d'un saint moine nommé Martyri vivant en Asie Mineure. Ses reliques furent placées dans l'église de Saint Martory.














Saint_Martory_5L'église fut construite entre le XIIème et le XIVème siècle, puis fut remaniée aux XVIIIème et XIXème. La façade est entourée de deux tours, le plan est roman avec chevet à abside et absidioles. Le potail, roman, date du XIIIème siècle et provient de l'abbaye de Bonnefont, dont nous retrouvons d'autres vestiges du cloître dans l'ancienne gendarmerie : colonnes géminées à chapiteaux ornés et façade de l'ancienne salle capitulaire.

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Saint_Martory_6L'intérieur, néo-gothique du XIXème siècle, possède une pietà du XVIème, volée en 2007 et retrouvée à Toulouse grâce à Interpol.
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Les menhirs de Mancioux

Mancioux_menhirs_1Les deux menhirs de Mancioux sont dressés côte à côte à la bifurcation d'une ancienne voie romaine (en fait ancienne voie celte, voire ancienne voie préhistorique) qui reliait Toulouse à Lugdunum Convenarum, l'actuel Saint-Bertrand-de-Comminges, près du pont dit 'romain' sur la Noue (en fait, il date du moyen-âge).














Mancioux_menhirs_2Ils sont datés de - 4 000, et sont de même nature que le menhir de Peyro-Hitto à Saint-Martory. Ils sont constitués d'une dalle calcaire Nankin, que l'on trouve dans la région. Ils sont tous deux d'une hauteur d'environ 350 cm sur 90 cm de large et font 40 cm d'épaisseur. Le menhir de droite a été brisé en deux et recimenté.














Mancioux_menhirs_3Ils furent découverts dans le mur en pierres sèches et redressés en 1962. Situés sur un petit chemin à quelques mètres de la rue, ils sont très faciles d'accès.

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09 mars 2009

Les grottes de Gargas

gargantua_2Voilà un bien étrange nom, que nous retrouvons souvent dans la toponymie française. Notre bon géant Gargantua, avatar du dieu Lug, ou bien  fils de la déesse Belisama et du dieu Belenos, ou bien le Dagda irlandais, en tout cas l'un des 3 aspects du dieu soleil dans sa forme représentant le couchant (le soleil caché, dont le symbole est la grotte), est présent sur les lieux sacrés de nos ancêtres. De nombreuses légendes lui attribuent la paternité des monts, des rochers, des grottes, des mégalithes.
Le Mont Saint-Michel était un mont Gargan, le Monte Gargano en Italie lui était dédié, pour ne parler que des plus célèbres. Son aspect solaire en fait l'ancêtre de notre chef des armées célestes. En langue celte, pierre = GAR, géant, grand = GAN, celui, l’être, l’homme = TUA. Celui de la pierre géante est donc en langue celte, "Gargantua".






gargantua_doreNotre grotte de Gargas est donc en rapport avec le soleil couchant, la pierre sacrée, la grotte initiatique. Sa légende locale (que l'on pourrait nommer "comment la religion chrétienne se débarrasse des anciens culte") rapporte d'ailleurs qu'elle était habitée par le géant Gargas, époux de la fée Tibirane, fille de Merlin l'enchanteur. Les ossements découverts dans la grotte étaient les restes des chrétiens qu'ils dévoraient tous les deux...













GargantuaLe cosmographe François de Belleforest fit la première description de Gargas en 1575. Il le décrivait comme un lieu souterrain « où jadis nos pères idolâtres alloyent sacrifier ou à Vénus ou aux dieux infernaux ». Dès 1865, la grotte fut étudiée par le Docteur Garrigou, qui trouva bon nombre d'ossements d'animaux, et en 1874, il découvrit les vestiges d'une fréquentation humaine attribués à l'âge du Renne. Félix Régnault, libraire à Toulouse, reprend ces fouilles, et date la présence humaine au paléolithique, à l'âge de l'Ours. Le 11 juin 1906, il découvre trois mains rouges mutilées peintes en négatif sur la paroi.










Venus_of_BrassempouyDepuis, une datation au carbone 14 a été réalisée sur un ossement fiché dans une fissure d'une paroi ornée de mains négatives. Si elle ne donne pas directement l'âge des peintures, cette date proche de - 27 000 ans indique que la grotte était fréquentée au Gravettien ancien, période du paléolithique supérieur.

De cette époque datent la Dame de Brassempouy,






600px_VenusWillendorfla Vénus de Willendorf,


















600px_Venus_de_Lespugue__replica_la Vénus de Lespugue,


















206px_Savignano_facela Vénus de Savignano, de Kostienki, de Montpazier, etc...
venus_kostienki_profilg

venus_monpazier









Gargas_4Commençons la visite. Dans le massif du bois de Gouret, au flanc d'une colline, s'ouvrent deux galeries. L'entrée actuelle du réseau se trouve au niveau supérieur, que l'on atteint en gravissant un sentier taillé au milieu des buis.
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Gargas_11La galerie supérieure descend dans une succession de grottes, dont la température constante est de 11°C, comportant de nombreuses concrétions calcaires. C'est dans cette partie que l'on trouve la plupart des signes, peintures et gravures d'animaux. Sur la paroi de droite, une tache rouge au dessus d'une niche.






Gargas_2530 mètres plus bas, un ensemble de points noirs (ou ponctuation), disposés en 5 lignes courbes, une autre tache rouge. Cela ressemble à des indications d'orientation, à un message.







Gargas_23Puis apparaissent le bouquetin, gros corps rectangulaire et petite tête, les chevaux, des bovidés et des cervidés. La partie la plus sacrée se trouve au fond de la grotte, où l'on trouve les bisons. "Cette silhouette peinte au manganèse, dont l'avant-train a disparu sous une coulée de calcite, regarde vers la gauche. La queue est relevée en arc de cercle. Les pattes postérieures réduites aux cuisses sont en position de marche. Sous le trait noir élargi qui marque l'échine et la bosse, ainsi que sous la queue, des traces de raclage montrent que la paroi a été préparée avant d'y réaliser la peinture. A l'emplacement de l'avant-train, une crinière hachurée gravée complète la figure."(http://grottesdegargas.free.fr/)

Gargas_10La galerie inférieure, plus large et moins haute, est reliée par un goulet. Malheureusement, cette disposition nous fait commencer la visite par la partie la plus sacrée, celle que l'on doit atteindre en dernier, après avoir été préparé physiquement, énergétiquement, et spirituellement.






Je vous donne la description dans le sens inverse de la visite, afin de retrouver le sens premier du sanctuaire.

Gargas_3la galerie est large et humide (elle est souvent inondée). Le plafond s'abaisse progressivement, comme pour nous faire arriver au saint des saints avec humilité.









Gargas_17Les mains et les signes apparaissent en premier, les gravures animalières se concentrent au fond. Les mains, réalisées par la technique du pochoir (le guide nous explique que l'on doit prendre un instrument style sarbacane pour souffler la peinture), sont en général regroupées par panneaux.







Gargas_21Leur taille montre que ces gens mesuraient jusqu'à 1m 90 pour les hommes, 1m 75 pour les femmes, et qu'ils étaient graciles. On en dénombre environ cent quatre-vingt douze sûres et vingt probables, les mains féminines étant majoritaires, ce qui a pour moi son importance, on le verra plus loin.







Gargas_15Du fait de l'absence de certaines phalanges, plusieurs théories explicatives ont vu le jour : maladies ou gelures, amputations rituelles volontaires. On voit mal, dans le contexte de l'époque où les doigts devaient être bien nécessaires à la survie, ces hommes s'amputer, même pour faire plaisir aux dieux. Et dans le cas de gelures ou de maladies, pourquoi les pouces ont-ils été toujours épargnés ? Reste l'explication des doigts repliés avant la projection de la peinture. Dans ce cas, leur signification peut être symbolique,  un langage gestuel utilisé lors de la chasse ou pour la transmission de contes initiatiques par exemple. Mais...


"Jean Clottes a expliqué que l'important n'est peut être pas l'image de la main qui reste sur la paroi. Dans une interprétation faisant le lien entre l'art des cavernes et les pratiques chamaniques, il considère que c'est l'acte de couvrir, ensemble, la main et la paroi autour, d'une même substance rituellement préparée qui importait le plus. A cet instant, la main semblait traverser la paroi et « pénétrer dans le monde spirituel caché derrière le voile de la pierre »". Ce qui semblerait avoir été confirmé lors de la visite d'aborigènes, qui se sont d'abord déchaussés, et qui ont reconnu les peintures comme étant les mêmes que chez eux : liées aux pouvoirs chamaniques, elles sont un passage vers d'autres mondes, cachés dans les parois. Là, ça me parle.

Gargas_6L'atmosphère devient de plus en plus spéciale. Une sorte de niche profonde et évasée se trouve sur la droite. Totalement badigeonnée à l'ocre rouge, elle est appelée "le grand tabernacle". Ce beau vagin, mis en valeur, me fait penser à celui de la grotte des sorcières à Saverne. Même ambiance, même fonction du lieu, même époque.






Gargas_8Je me retrouve presque en transe, et je vois les prêtresses faisant passer les rites initiatiques... L'éternel féminin est représenté souvent. Les fentes naturelles suggestives sont peintes, des signes à motifs ovalaires barrés d'un trait vertical, ou en forme de cloche sont gravés. La grotte joue son rôle symbolique, pas étonnant que l'on retrouve une concentration de vierges noires dans le pays.
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Gargas_9Puis vient le bestiaire gravé. "Le cheval est l'espèce la plus représentée (29 %). Puis viennent le bison (24%), les bovidés (aurochs) (12%), les bouquetin (10%) et les cervidés (6%). La présence dans ce bestiaire de six mammouths et de deux oiseaux est à remarquer. D'autres espèces comme le sanglier, l'ours, le félin, le rhinocéros et le mégacéros ne sont représentées qu'une fois. Les animaux dessinés sont significatifs de la faune que pouvaient observer les chasseurs du paléolithique. Pour autant, il n'existe pas de lien avéré entre la chasse et l'art pariétal.





Gargas_9A Gargas les animaux représentés ne sont pas ceux dont on a retrouvé les ossements lors des fouilles. Ainsi, le renne est absent des parois alors qu'il compte pour 38% de la faune chassée par les hommes du Gravettien.
La plupart de ces gravures sont réalisées les unes sur les autres. On ne s'explique pas cet enchevêtrement pourtant caractéristique de l'art pariétal paléolithique. Il ne semble pas dicté par des contraintes techniques, ni être le résultat d'une succession de figures. Au contraire la superposition apparaît comme une démarche volontaire. "










Gargas_22Jean Clottes est près de la vérité, si tant est qu'il y en ait une, quand il dit que "la grotte a pu être un lieu d'intercession entre le monde des vivants et celui des esprits, l'image représentée étant à la fois le médium nécessaire pour entrer en contact avec une autre dimension et/ou la conséquence de la transe."







2555822662_3ca78e30efLes photos de l'intérieur de la grotte sont tirées du site http://grottesdegargas.free.fr/, ainsi que les passages entre guillemets, et du livre "la grotte de Gargas, un siècle de découverte", de Pascal Foucher, Christina San Juan-Foucher et Yoann Rumeau, que je recommande vivement.

http://grottesdegargas.free.fr/
http://fmaquaire.free.fr/Incontournables/Gargas1.html
http://www.nationmaster.com/encyclopedia/Finger-flutings
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grottes_de_Gargas

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20 février 2009

Saint-Eustache

Saint_Eustache_5Sur le chemin qui mène de l'île de la Cité à la colline de Montmartre, à proximité de l'enceinte de Philippe Auguste, une modeste chapelle fut bâtie en 1213. Un bourgeois de Paris, Jean Alais, chef des joueurs de mystères, prêta au roi Philippe Auguste une importante somme d'argent. Pour le rembourser, le roi l'autorisa à prélever un denier sur chaque panier de poisson que l'on vendait aux Halles, dont les deux premiers bâtiments avaient été bâtis par lui en 1181, pour abriter les drapiers et les tisserands.



Saint_Eustache_2La recette devint telle que Jean Alais, selon l'usage de l'époque, fonda une chapelle en remerciement de sa bonne fortune, dédiée à sainte Agnès, une jeune vierge de Palerme martyrisée à Rome au IVème siècle, à l'emplacement du chœur de l'actuel bâtiment. C'est la première mention connue d'une église à cet emplacement.
Elle devint église paroissiale en 1303, consacrée à saint Eustache, en accueillant les reliques de ce martyr romain, données par l'abbaye de Saint-Denis. Entre 1434 et 1495, l'église fut agrandie, grâce aux marchands du quartier, et devint à cette époque l'une des plus grandes et riches paroisses de Paris.









Saint_Eustache_1Avec les années, la population ne cessa de s'accroître : il fallut encore agrandir l'église. La première pierre fut posée le 19 août 1532, sous François premier. Même si la construction dura plusieurs siècles, elle garde une certaine unité. Le 16 avril 1637, elle fut enfin consacrée par Jean-François Gondi, archevêque de Paris.








Saint_Eustache_4En 1665, Colbert, paroissien et premier marguiller de Saint-Eustache, fit aménager deux chapelles sous les tours de la façade, ce qui compromit gravement sa solidité. On dut démolir la façade ainsi que la première travée de la nef et des bas-côtés. Colbert fit une donation pour la rénover, mais le clergé de cette époque mit de nombreuses années à réaliser les travaux, ayant préféré placer cette somme plutôt que de la dépenser.
Saint_Eustache_13a












Saint_Eustache_6Le 22 mai 1754, le duc de Chartres, futur Philippe Égalité, pose la première pierre du portail actuel. La construction est restée inachevée.
En 1793, elle fut fermée au culte et devint le temple de l'agriculture. Réouverte en 1795, elle fut concédée partiellement aux théophilanthropes : de graves dommages furent causés.





Saint_Eustache_11De 1846 à 1854, une restauration complète de l'édifice fut menée par Victor Baltard. Puis, de 1928 à 1929, la façade fut revue et consolidée.







Saint_Eustache_3Bâtie dans un style gothique en pleine Renaissance, ses dimensions sont impressionnantes : 105 m de long sur 43,5 m de large et une hauteur sous voûte de 33,46 m.  D'innombrables gargouilles font saillie depuis les contreforts et l'on remarquera la puissance des arcs-boutants, à la fois appuis de la nef et du transept. Ce transept est orné d'un beau portail Renaissance et flanqué de tourelles.







Saint_Eustache_plan_1Elle se compose d'une nef de 5 travées, flanquée de bas-côtés doubles, d'un large transept sans saillie, d'un choeur entouré d'un double déambulatoire et de 24 chapelles, les chapelles du bas-côté sud ayant une profondeur croissante et ce pour respecter le tracé de l'ancienne rue Trainée, aujourd'hui place René Cassin.

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Saint_Eustache_7La voûte de la nef est à ogives, liernes et tiercerons. Une petite galerie, le triforium, court tout autour de l'édifice, au dessus des grandes arcades. Elle possède une impressionnante clef de voûte. L'élancement des piliers donnent une sensation d'élévation.

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Saint_Eustache_10Sa haute voûte est réputée pour ses qualités acoustiques : on y a installé des grandes orgues (8000 tuyaux et ses 5 claviers de 61 notes chacun), présentant une double transmission et deux consoles, transmission mécanique pour la console de tribune, électrique pour la console mobile dans la nef qui permet à l'organiste de jouer tout près du public. 








Saint_Eustache_Pelerins_dEmmausL'église contient l'un des deux exemplaires connus des Disciples d'Emmaüs de Rubens peint vers 1611.

Certain de mes amis, amateur de cuisine orientale et de dessert au chocolat, qui n'aime point s'entendre dire d'aller se sustenter ailleurs, nous a fait part de sa rencontre avec différentes vouivres et autres dragons encore bien présents sur les lieux.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Eustache_(Paris)
http://www.saint-eustache.org/edifice.php   

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16 février 2009

La chapelle Saint-Michel

Saint_Michel_de_Saverne_1__1600x1200_Le Mont-Saint-Michel, dominant l'église de l'ancienne abbaye de moniales bénédictines de Saint-Jean-Saverne, fut occupé dès le Mésolithique de transition, 4 000 ans avant notre ère (des fouilles ayant permis de retrouver des silex taillés), puis à l'âge du fer.














Saint_Michel_de_Saverne_2Comme tous les monts Saint-Michel, il fut dédicacé bien avant l'ère chrétienne aux dieux solaires : Lug ou Belen à l'époque celtique, puis Mercure ou Apollon chez l'occupant romain. Pourtant, le nom d'origine du site, Herthenstein, signifie pierre dédiée à la déesse Hertha. Hertha parait être la déesse mère des scandinaves, des tribus de la Germanie nordique, et pas, comme on pourrait l'imaginer, celle des knakis. Leur culte à Ertha, (Erda---> Erde en allemand=la Terre), forme ancestrale du culte marial, fut cité par Tacite. Nous retrouvons là notre vierge noire associée de tout temps avec son parèdre saint Michel... Nous en reparlerons dans l'étude du rond des sorcières.









Saint_Michel_de_Saverne_3En 1126 nous trouvons la première mention du Hertenstein dans l'acte de donation de Meginhelmeswilre, l'actuel Saint-Jean Saverne, à l'abbaye de Saint-Georgen en Forêt Noire, par Pierre de Lutzelbourg, le fondateur de l'abbaye bénédictine de Saint-Jean. En 1371 nous avons la trace, dans un livre de l'évêché de Strasbourg, de la présence d'un chapelain (et donc d'une chapelle)sur le mont Hertenstein. La présence de l'ermitage explique les dénominations ultérieures de Bruderberg et de Bruderstein (mont des frères ermites).











Saint_Michel_de_Saverne_33Le nom de Sant Michelsberg, première dénomination "Mont Saint-Michel", apparaît en 1553. En 1576 fut faite la première présentation du Brudenstein sur la carte de Spacklin, où l'on voit une construction circulaire sur le promontoire, à l'emplacement du rond des sorcières.















Saint_Michel_de_Saverne_8Puis en 1593 fut créée la confrérie Saint-Michel par Johann Schreyer, le receveur de l'abbaye des moniales bénédictines de Saint-Jean, encouragée par la présence épiscopale de Saverne et approuvée par le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Metz et de Strasbourg. Puis vient une période d'abandon, entre 1618 et 1648,  date de la guerre de 30 ans et de l'épidémie de peste.











Saint_Michel_de_Saverne_4La chapelle est reconstruite à son emplacement actuel en 1684, suivi de l'essor du pèlerinage à l'archange.












Saint_Michel_de_Saverne_34Nous en avons une représentation faite en 1693 sur une gravure de J.A. Seupel, dans S. Michaël Archistrategus, publié à l'occasion du centenaire de la fondation de la confrérie. La chapelle latérale de la Vierge est ajoutée.
En 1717, la foudre incendie la chapelle qui est peu à peu laissée à l'abandon.















Saint_Michel_de_Saverne_35Les aménagements ultérieurs nous sont connus par le plan forestier Gouget, fait en 1753, où nous retrouvons la chapelle et ses deux portes latérales sur le Michelsberg, le rond des sorcières sur le promontoire, l'escalier près de la grotte, le bâtiment à l'entrée de la grotte, le plan de l'abbaye des moniales de Saint-Jean. La chapelle fut restaurée en 1844, dans son aspect actuel.





Saint_Michel_de_Saverne_6A droite de la porte latérale de la chapelle se trouve une représentation d'une tête de chat. Ce petit gardien nous indique bien que le lieu est sacré. Il est posé sur un point énergétique puissant, au croisement de 3 courants telluriques(croisement sous son nez des trois moustaches latérales ?). Les chats se posent dessus habituellement, comme les termitières et les fourmilières. Sur sa tête, la représentation d'une vouivre. Elle est là, commençant à ses pieds, et suivant le mur de l'église en direction du rond des sorcières.












Saint_Michel_de_Saverne_11Dans la chapelle, un beau tableau de saint Michel terrassant le dragon. Il le maîtrise, il ne le tue point. C'est le principe de la maîtrise des énergies.

















Saint_Michel_de_Saverne_9Sur les piliers, des pierres taillées de remploi, même si elles ne sont plus au bon endroit, nous indiquent la présence de courants d'énergie tellurique triples, et des courants acquifères doubles.
Saint_Michel_de_Saverne_10







Saint_Michel_de_Saverne_7__1600x1200_A gauche de la chapelle, un ancien puits, qui parait être un réservoir d'eau d'écoulement, est relié à un courant d'eau souterrain, qui lui même est relié à Saint-Jean Saverne, en bas. Ce puits porte en lui des informations que je n'ai pas eu le temps d'aller chercher.

Précis de la géographie universelle Par Conrad Malte-Brun 1833
http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html

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Hexenkreis ou rond des sorcières

Saint_Michel_de_Saverne_14__1600x1200_Après la chapelle Saint-Michel, en continuant vers la fin du promontoire rocheux, se trouvent des portes énergétiques successives emmenant progressivement au Hexenkreis, ou "rond des sorcières", appelé également Hexenschule, ou "école des sorcières".

Saint_Michel_de_Saverne_15













Saint_Michel_de_Saverne_16C'est un bassin circulaire taillé dans la roche d'un diamètre d’environ 4,60 m et dont la profondeur varie entre 30 et 55 cm.

















Saint_Michel_de_Saverne_18Trois marches situées à l'ouest sont taillées afin de pouvoir y accéder facilement. Trois marches, comme pour monter vers l'autel dans une église.











Saint_Michel_de_Saverne_19__1600x1200_A l'est se trouve une entaille rectangulaire mesurant 16 par 12 cm, profonde de 15 cm. Peut-être fixait-on un poteau de bois, ou bien une pierre, qui, comme une clé, ouvrait une porte sur un autre monde, ou peut être une direction à suivre par rapport à un lever de soleil, ou à d'autres astres ?
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Saint_Michel_de_Saverne_17__1600x1200_La légende rapporte que les sorcières, suivant leur grande prêtresse Dame Itta, épouse de Pierre de Lutzelbourg, le fondateur en 1126 de l’abbaye de Saint-Jean Saverne, se rassemblaient à cet endroit pour s'envoler sur leurs balais et atterrir sur la proche montagne du Bastberg près de Bouxwiller, le mont Saint-Sébastien dit "Boechtbairi" en alsacien, qui veut dire la montagne des sorcières, et qui lui aussi jouit d'une très mauvaise réputation : c'est là qu'elles prenaient part au Sabbat. Une autre légende fait mention d'apprenties sorcières s'asseyant sur les bords du bassin pour écouter leur maîtresse afin d'apprendre. D'où les noms différends d'école ou de rond. Il est dit aussi que l'endroit permet d'apporter aux jeunes filles de la région l'assurance d'un mariage heureux avec de beaux enfants.

Saint_Michel_de_Saverne_21Comme il n'y a pas de fumée sans feu... Reprenons : un endroit circulaire donc parfait, réservé aux femmes, initiatique, permettant d'accéder à des mondes différents, apportant bonheur et fertilité de l'esprit.
Certains ont vu dans ce rond des pratiques païennes de sacrifices sanglants. Il est possible qu'à une époque, ne comprenant plus le sens sacré de l'endroit, ou le sens du sacré tout court, des hommes s'en soient servi ainsi. Mais pour moi, le site est bien initiatique, et ce depuis fort longtemps. Je date sa première utilisation à 2 190 avant notre ère, et une belle cheminée cosmo-tellurique y a élu domicile.
Maintenant que l'on a la fonctionnalité, à nous d'expérimenter. La grotte située juste en dessous nous donne une clé supplémentaire.

http://www.lieux-insolites.fr/basrhin/heidenstadt/heidenstadt.htm
http://www.les-lieux-sacres.eu/Ecole-des-Sorcieres-l-l292.html
http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html

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Hexenhöle, ou grotte des sorcières

Saint_Michel_de_Saverne_22__1600x1200_Entre la chapelle et le rond des sorcières, sur la droite, descend un escalier taillé dans la pierre. Il nous amène à la grotte des sorcières, ou grotte des fées, immense abri sous roche.











Saint_Michel_de_Saverne_23__1600x1200_Les récentes fouilles archéologiques ont démontré son occupation ancienne : au mésolithique de transition, entre 6 000 et 4 000 avant notre ère, puis au deuxième âge du fer, à l'époque gallo-romaine, carolingienne, puis du Moyen-Âge à l'époque moderne où la présence d'ermites est attestée par les textes.








Saint_Michel_de_Saverne_29_a1 - Cellule du fond arrondie en abside
2 - Trou des sorcières
3 - Tombe orientée
4 - Anciennes latrines
5 - Terrasse abritée
6 - Traces de portes
7 - Abri sous roche
8 - Traces d'un ancien bâtiment
9 - Ancienne citerne de collecte des eaux de pluies
10 - Porte d'accès principale






Saint_Michel_de_Saverne_24aIl me semble que c'est le centre névralgique initiatique. La grotte est déjà un beau symbole à elle seule.
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Saint_Michel_de_Saverne_26Avant d'entrer, un gardien assis sur le trône taillé dans la pierre.












Saint_Michel_de_Saverne_27Le sarcophage est orienté, mais n'est pas contemporain de la première utilisation du site. Il est daté de l'époque carolingienne et a pu servir de sépulture à un ermite. Ou bien il est là pour rappeler la fonction initiatrice de l'endroit. Je date la première utilisation du site en 4 500 ans avant notre ère.
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Saint_Michel_de_Saverne_32Le fond de la grotte, où a été aménagé un banc contre la paroi, est situé juste en dessous du rond des sorcières. C'est là que devait officier la grande prêtresse. Elle ammenait à elle les énergies du lieu, et, comme le cinquième élément dans le film de Luc Besson, envoyait le tout en haut, directement dans le rond, qui, rempli d'eau, devait la propager sur les gens se tenant là.








Saint_Michel_de_Saverne_31L'expérience faite avec un homme s'est mal terminée, prouvant que l'endroit est bien spécifiquement destiné aux femmes. Les hommes devaient se tenir à l'endroit de la chapelle, là où saint Michel, principe mâle, les accueille.










Saint_Michel_de_Saverne_28La grotte reste dédiée au principe féminin, à la déesse, à Hertha, à Gaïa. D'ailleurs, le trou des sorcières est de forme très suggestive, ne trouvez-vous pas ? Quand au voyage que ces énergies rendent possible, je vous laisse le soin d'aller vérifier par vous-même. Peut-être une porte des étoiles ?

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