16 février 2009

Kinder Brénnelé

Saint_Michel_de_Saverne_13Avant d'arriver sur la plateforme sommitale, en contrebas du parking, se trouve la fontaine des enfants, ou kinder brénellé. Cette cuvette emplie d'eau devait servir d'endroit purificateur avant d'entrer sur le site sacré.















Saint_Michel_de_Saverne_12La date de la première utilisation est plus ancienne que celle du rond des sorcières, et correspondrait à la date de la grotte, c'est à dire 4 500 ans avant notre ère.

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06 février 2009

L'abbatiale Saint-Jean-Baptiste

Saint_Jean_les_Savernes_1L’actuelle dénomination "Saint-Jean-Saverne" date de 1920 lorsque la commune opta pour ce nom en lieu et place du sobriquet Saint-Jean-des-Choux dont l’avaient affublée à la fin du XVIIème siècle les autorités françaises, en souvenir d’un combat désespéré livré dans les champs de choux.









Saint_Jean_les_Savernes_14Aux temps du Saint Empire Romain Germanique, l’appellation officielle était Sankt Johann nächst Elsass-Zabern, traduction littérale de  S. Iohannes prope oppidum Zabernia, apparue dans les textes officiels anciens en 1126-1127 sous la forme Cella Sancti Iohannis, en remplacement du premier nom connu de la localité, Meginhelmeswilre. Ce premier nom germanique évoque une création mérovingienne ou carolingienne. On trouve cependant des traces d’occupations humaines bien plus anciennes (4 000 avant notre ère).





Saint_Jean_les_Savernes_7La donation de 1126-1127 amène dans le troisième quart du XIIème siècle la fondation d’une abbaye de moniales bénédictines placée sous l’invocation de Jean le Baptiste. Des bâtiments de cette époque ne subsistent que la nef romane de l’ancienne abbatiale, d’un style roman tardif de transition, avec une nef centrale voûtée de lourdes ogives, classées parmi les premières et donc les plus anciennes d’Alsace, et le chevet ouvragé à l’est et pentures romanes exceptionnelles sur les vantaux d’origine du XIIème siècle, à l’entrée de la nef, sous le clocher-porche, à l’ouest.
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Saint_Jean_les_Savernes_4Les autres bâtiments, maintes fois reconstruits après incendies, dévastations et destructions, livrent quelques témoins de la dernière campagne de remaniements du XVIIIème siècle, comme la tour-porche de 1733 plaquée sur la façade romane à l’italienne, détruisant et masquant le décor.
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Saint_Jean_Savernes_28On retrouve quand même quelques figures, comme celle de l'ours avec son un pot de miel...

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Saint_Jean_Savernes_27De la même époque, milieu et troisième quart du XVIIIème siècle, date le mobilier baroque de l’abbatiale : l'orgue de Silbermann de 1747, le maître-autel ( 1763 ) et les autels latéraux, la chaire à prêcher.










Saint_Jean_les_Savernes_18L’abbaye ferma ses portes le 1er octobre 1792, et l’ensemble des terres et des bâtiments de l’enclos conventuel, déclarés Biens Nationaux, fut acquis le 22 décembre 1796 par un collectif des 72 chefs de famille de Saint-Jean qui lotirent leur propriété le 10 janvier 1798, à l’exception de l’église, l’ancienne abbatiale, promue église paroissiale. Cette église catholique Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-des-Choux figure sur la liste initiale des Monuments Historiques de 1840, et le classement Monument Historique a été confirmé au J.O. du 16 février 1930, aux côtés des deux autres anciennes abbatiales romanes de la région, Saint-Etienne de Marmoutier et Saints-Pierre-et-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.









Saint_Jean_les_Savernes_10Le décor roman extérieur se concentre sur le chevet et plus particulièrement sur l’abside centrale. Une frise d’arceaux surmontée d’une corniche ornée d’un cordon de billettes couronne cette abside. A la retombée de chaque arceau les modillons et les chapiteaux des demi-colonnettes sont sculptés de motifs disposés symétriquement par rapport à l’axe central, et dans lesquels on peut voir la représentation symbolique des quatre évangélistes, la tête de taureau de Luc, la tête d’homme de Mathieu, la tête de lion de Marc, l’aigle de Jean.
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Saint_Jean_les_Savernes_8Plus haut, sur l’angle de la nef, à la base des pignons raidis au XVIIIème siècle, une tête d'ours placée en acrotère, et dessous une tête de bélier au départ de la frise d’arceaux, bûchée au XVIIIème siècle, qui ceinturait jadis la nef.










Saint_Jean_les_Savernes_11Deux lions couchés gardent la fenêtre centrale, tandis qu'un serpent dressé essaie d'atteindre une étoile à 7 branches...
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Saint_Jean_les_Savernes_16La nef romane, datée de 1150, compte cinq travées centrales voûtées de lourdes croisées d’ogives, classées parmi les plus anciennes d’Alsace, et trois absides. Dans les deux premières travées les ogives retombent sur des colonnettes, dans les trois autres travées, sur des culots en forme de têtes, masques chevelus, barbus, moustachus.








Saint_Jean_les_Savernes_17Aux cinq travées centrales voûtées d’ogives correspondent dix travées latérales voûtées d’arêtes retombant pour moitié sur les piles fortes et pour moitié sur des piles intermédiaires qualifiées de faibles. Ce qui détermine une alternance de piles fortes et de piles faibles, caractéristique de l’art roman en milieu rhénan.














Saint_Jean_les_Savernes_20Le décor sculpté se concentre sur les impostes des piliers, alliant décor végétal à frises de palmettes, à rinceaux de palmettes, et un bandeau plissé en accordéon.

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Saint_Jean_les_Savernes_21Sur les piliers forts entre quatrième et cinquième travée, à l’entrée du chœur liturgique surélevé, des demi-colonnettes jumelées supportent un double chapiteau décoré d’arbres stylisés en volutes, le tout surmonté d’un tailloir orné d’entrelacs géométriques. Tout cela nous renseigne sur les courants énergétiques de l'église.














Saint_Jean_les_Savernes_22Une représentation d'un damier, à 64 cases, nous laisse réfléchir sur la signification de sa présence en ce lieu.
















Saint_Jean_les_Savernes_23Saint_Jean_les_Savernes_13Un bel atlante portant pilier commence son retournement. Il est étonnant, dans une église abbatiale bâtie pour des moniales, de ne trouver que des représentations d'hommes...
La seule représentation féminine se trouve à l'extérieur, la tête de la dame surmontée d'un animal lui posant les pattes sur les épaules !






Saint_Jean_les_Savernes_24Dans le bas-côté droit du chœur, la porte d’entrée de la sacristie montre un portail roman qui donnait jadis vers l’extérieur, dans le cloître, mais qui a été retourné vers l’intérieur lors des travaux de restauration du XIXème siècle.















Saint_Jean_les_Savernes_25Le tympan semi-circulaire monolithe, bordé d’un rinceau de palmettes, encadre la scène de l’agneau mystique nimbé, tenant la croix, entre deux arbres stylisés et deux étoiles à cinq branches. Les montants sont ornés de rinceaux de palmettes chargées de raisins sur le montant de gauche.








Saint_Jean_les_Savernes_15http://www.stjsaverne.com/pages/histoire1_abbaye.html
http://www.geneawiki.com/index.php/67425_-_Saint-Jean-Saverne

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13 janvier 2009

L'abbatiale Saint-Cyriaque d'Altdorf

Altorf_2__1600x1200_L'histoire d'Altdorf (vieux village) se confond avec celle de son abbaye bénédictine, fondée en 974 par Hugues III d'Eguisheim. La chapelle est consacrée peu après, sous la houlette de Maïeul, évêque de Cluny.

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Altorf_1__1600x1200_En 1079, le pape saint Léon IX, issu de la puissante famille d'empire Eguisheim-Dabo, consacre un autel à saint Cyriaque, qu'il dota de reliques (bras du saint). Le reliquaire de style oriental représentant un buste en bois polychrome est une des pièces majeures de l'abbaye, reconstruite dans la seconde partie du XIIème siècle. Par ailleurs, les empereurs donnèrent le droit de battre monnaie (monnaie de Saint-Cyriaque). Ce privilège fut transféré au XIIIème siècle à Dachstein puis Molsheim.

Le tympan roman sur la porte principale fut détruit en 1791 et sera remplacé en 1886 par le sculpteur Eugène Dock.







Altorf_3__1600x1200_L'abbaye et ses dépendances furent reconstruites à diverses reprises (au XVIIème siècle après un incendie), les dernières en date étant au XVIIIème siècle (reconstruction des bâtiments conventuels et du transept à partir de 1715 par le maître baroque Peter Thumb, construction de l'orgue par André Silbermann en 1723). Tous les bâtiments constituant l'abbaye sont rasés au XIXème siècle, hormis l'aile de l'abbé, qui fera plus récemment office de presbytère. En 1991 fut faite une restauration complète.
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Altorf_4__1600x1200_L'église possède une triple nef romane avec bas-côtés en pierre de taille. Le chœur et transept sont baroques.
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Altorf_9__1600x1200_Le clocher octogonal en bois est couvert d'ardoises-écailles.

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Altorf_14__1600x1200_Le maître-autel date du XVIIIème siècle, les fonds baptismaux en grès gris du XVème siècle.
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Altdorf_busteLe buste reliquaire de saint Cyriaque est en argent en partie doré sur âme de bois. La « notitia Altorfensis » prétend qu'il s'agit d'un cadeau du pape Léon IX. Mais le style s'oppose à une datation aussi ancienne. Il faut pencher pour une exécution de la fin du XIIème siècle avec un remaniement dans la première moitié du XIIIème par un orfèvre sans doute Lorrain.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Altorf
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/

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Le menhir Langenstein

Dorlisheim_Langenstein_3__1600x1200_Ce petit menhir, situé sur la commune de Dorlisheim (au lieu-dit Gansweidt), entre Molsheim et Altorf, fut utilisé comme borne de limite mitoyenne aux trois localités. Il est posé sur l'ancienne via romana, la Bergstrasse, reliant Strasbourg au col stratégique du Donon.
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Dorlisheim_Langenstein_5__1600x1200_En grès rose des Vosges et mesurant 1mètre 40, il fut sculpté tardivement du blason d'Altorf, représentant un crampon de piège à loup accroché à un anneau. La légende voulait que ce soit le tombeau d'un géant. Il est daté de 2 000 avant notre ère.

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Dorlisheim_Langenstein_2__1600x1200_Le pauvre, il se retrouve presque dans une décharge, les employés municipaux déversant à côté de lui les végétaux encombrants... Difficile à remettre en marche. Il dort vraiment.
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12 janvier 2009

La chapelle Sainte-Marguerite d'Epfig

Epfig_1Le site d'Epfig fut peuplé dès l'époque préhistorique. Son nom provient soit du celtique "abh", eau et "aighe", coteau, ou du latin "apex", sommet. Jules César y construisit un petit château fort du nom de Apica, puis le village, Apsiacum, s'étendit. Il réapparaît dans les documents anciens au VIIIème siècle (762), en tant que villa royale carolingienne. Il devint possession de l'archevêque de Strasbourg jusqu'à la révolution.













Epfig_28La chapelle Sainte-Marguerite est située dans le hameau du même nom, proche d'Epfig, qui existait dès le haut moyen-âge. La fonction liturgique de son porche, qui prend la forme d'une galerie, n'est pas précisément fixée.










Epfig_plan_aDe plan cruciforme, cette chapelle constitue, avec l'octogone d'Ottmarsheim et le tétraconque d'Avolsheim, l'un des édifices les plus originaux de l'architecture romane alsacienne du XIème siècle. L'usage du plan cruciforme est peu fréquent dans les pays germaniques. On considère généralement que pour Sainte-Marguerite, l'inspiration architecturale vient de modèles de l'Italie du nord.





Epfig_30Sainte-Marguerite est le résultat de deux périodes de constructions romanes. L'ensemble formé des 4 bras surmontés par la tour est du XIème siècle, la galerie-porche du XIIème siècle. C'est autour du carré central que s'organise l'édifice primitif, reproduisant une croix latine.









Epfig_29Les murs de la chapelle sont en moellons de grès, recouverts de crépis.












Epfig_24Les pierres de chaînage d'angle, des linteaux et des jambages des portes sont apparentes et ornées au ciseau d'un décor en arêtes de poisson, comme celui qu'on trouve dans la crypte de la cathédrale de Strasbourg et de l'église de Rosheim. L'emboîtement particulier du linteau dans les jambages des portes est une façon de faire de l'époque carolingienne.
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Epfig_14L'aile occidentale s'allonge pour former une nef. Les bras du transept, couverts de berceaux plein cintre, la croisée, voûté d'ogives et le chœur possèdent la même dimension.

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Epfig_7Seule la nef a conservé son aspect originel, avec ses murs épais, percés de trois petites fenêtres romanes à profond ébrasement. Les petites fenêtres du transept et du chœur ont été remplacées au XVIème siècle par des baies gothiques.
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Epfig_6La chapelle gothique au sud-est, ouverte dans l'angle du chœur et du croisillon sud, est du XVIème siècle (1516). Une petite sacristie qui lui faisait pendant sur la face nord, fut détruite à la fin du XIXème siècle : il en reste la massive porte en bois en plein cintre à gauche du chœur.

Le bras qui constitue la nef est plus large que les trois autres. C'est cette partie qui a le plus conservé son caractère d'origine.












Epfig_12Tout l'édifice est vouté en berceau, hormis la chapelle sud-est et la croisée qui sont voûtées d'ogives gothiques.

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Epfig_10Les peintures murales sont du XIVème siècle, et représentent un Christ en majesté, entouré des symboles des quatre Évangélistes et des croix. Ces peintures furent restaurées entre 1990 et 1997.

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Epfig_23La tour de croisée, reposant sur quatre piliers à l’intersection des transepts, est très sobre. Ses faces sont percées d'ouvertures rectangulaires étroites, en forme de meurtrières, surmontées de baies géminées dont la colonnette médiane ressemble à celles du portique.
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Epfig_15La galerie-porche, coudée, relie les deux entrées de l'édifice. Faussement identifiée à un cloître, avec ses arcades jumelées, elle fut vraisemblablement construite au XIIème siècle, comme l'indiquent la taille et l'aspect de ses colonnettes en grès qui reposent sur une base en forme de chapiteau renversé.









Epfig_17Les tailloirs des chapiteaux, allongés en marteau et profilés en console, sont allongés de façon à répondre à l'épaisseur des murs.
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Epfig_2Les ouvertures s'organisent de façon asymétrique, groupées par deux et par cinq :

sur la paroi ouest, arcade d'entrée en plein cintre suivie de deux arcatures jumelées,









Epfig_21sur la paroi sud, arcature de deux baies géminées suivie d'une arcature de cinq baies géminées et enfin grande arcade de passage.
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Epfig_8La table de l'autel primitif, découverte lors des dernières fouilles, est exposé sous la galerie. Le linteau de l'entrée primitive, sous la galerie, est couvert de dessins géométriques exécutés au pic.
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Epfig_22A l'extérieur, l'ossuaire de la guerre des paysans de 1525, venant probablement de l’ancien cimetière du village disparu de Collwiller, fut reconstruit au XIXème siècle (1875) sur les fondations plus anciennes.










Epfig_25Dans le jardin bordé d'ifs, au nord, une petite fontaine glougloute au milieu des simples.

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Epfig_31http://www.alsace-passion.com/epfig.htm
http://www.art-roman.net/epfig/epfig.html
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=5&pChapitreId=33360&pArticleLib=Epfig%A0%3A+sainte+Marguerite+%5BAlsace%A0%3A+l%92art+roman+en+Alsace%5D
http://www.ste-marguerite-epfig.fr/architecture.htm
http://pagesperso-orange.fr/jm.v/Epfig.htm

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09 janvier 2009

Sainte-Foy de Sélestat, historique

Sainte_Foy_S_lestat_1Une légende fait remonter la fondation de Sélestat à l'époque lointaine où des "géants" régentaient la région. Le plus fort d'entre eux aurait creusé à lui seul la vallée de Leberthal. Il précipitait dans la plaine les rocs énormes et les troncs d'arbre qu'il arrachait à la montagne. Puis, il se serait servi de ces matériaux pour bâtir un immense château à l'endroit même où se situe actuellement la ville. Pendant longtemps, on put voir sous la porte de l'hôpital un fragment de squelette, laissant supposer que l'ancien "propriétaire" de ces ossements avait une taille de vingt pieds au minimum. La population pensait que cette relique avait appartenu au géant Schletto, d'où serait venu le nom de la cité.









Sainte_Foy_S_lestat_2En fait, il s'agissait tout simplement des restes d'un fossile de saurien, qui avait été découvert près de l'Ill. La réalité est très différente. Les fouilles ont prouvé que la région de Sélestat fut habitée dès l'âge néolithique et les Celtes y apparaissent vers l'an 600 avant notre ère. En l'an 406, les légions romaines quittèrent l'Alsace pour protéger l'Italie. L'année suivante, les Alamans traversèrent le Rhin. Sur les ruines calcinées de l'agglomération celto-romaine, ils bâtirent un village qu'ils appelèrent Sladistat, de Slade qui signifie marécage et Stat (ou Statte) qui veut dire lieu : le lieu des marécages.
En l'an 775, Charlemagne, venant de Thionville, et se dirigeant vers l'Italie pour combattre les Sarrasins, passe à Sélestat et y reste plusieurs jours. Dans la chapelle de la villa, sur l'emplacement de la future église paroissiale, il assiste aux fêtes de Noël "revêtu d'un surplis, en chape et en épée". Son séjour prolongé prouve que la "villa" était vaste et bien aménagée, puisqu'elle pouvait abriter, même en hiver, le monarque ainsi que sa nombreuse suite de soldats et de fonctionnaires.



Sainte_Foy_S_lestat_3En l'an 775, Charlemagne, venant de Thionville, et se dirigeant vers l'Italie pour combattre les Sarrasins, passe à Sélestat et y reste plusieurs jours. Dans la chapelle de la villa, sur l'emplacement de la future église paroissiale, il assiste aux fêtes de Noël "revêtu d'un surplis, en chape et en épée". Son séjour prolongé prouve que la "villa" était vaste et bien aménagée, puisqu'elle pouvait abriter, même en hiver, le monarque ainsi que sa nombreuse suite de soldats et de fonctionnaires.
Vers 1087, Hildegarde d’Eguisheim, veuve de Frédéric Von Büren Hohenstaufen, fit élever un premier édifice, sans doute pour se faire pardonner l’assassinat dans le palais épiscopal, lors d’une entrevue avec l’évêque, de son parent le comte Hugues d’Eguisheim, adversaire des Hohenstaufen et partisan de la papauté dans l’affaire des Investitures. Cette chapelle, dédiée Saint Sépulcre, fut consacrée par son fils Othon, évêque de Strasbourg.




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Vers 1092 le même Othon fit étape à Conques, sur le chemin de Saint Jacques, avec ses frères Frédéric et Conrad de Hohenstaufen. Il fit venir en 1094 des moines de Conques à Sélestat. La même année, par charte, le petit monastère fut donné à l'abbaye de Conques avec tous les privilèges y afférant. La crypte, ainsi que quelques remplois sculptés témoignent de cette église primitive.






Sainte_Foy_S_lestat_49Puis une église prieurale fut érigée entre 1152 et 1190, grâce à des dons de Frédéric Barberousse, bienfaiteur à la même époque du mont Sainte-Odile. Le nouvel édifice, construit sur un plan basilical avec un transept peu marqué, présentait alors un style qui se rapprochait davantage des réalisations lorraines et bourguignonnes que de l'art roman rhénan.
Sainte-Foy de Sélestat, prieuré de l'abbaye bénédictine de sainte Foy de Conques, fut sans doute jusqu'en 1498 le seul monastère ayant été peuplé de moines de culture et de langue françaises. Les bénédictins veillèrent sur le sanctuaire jusqu'au début du XVème siècle, quand Frédéric II de Hohenstaufen accorde le statut de ville libre à Sélestat. Le pouvoir passa dès lors progressivement aux bourgeois. Sélestat prospère, devint membre de la décapole, agrandit ses fortifications, reçut des ordres monastiques et fit du commerce.

Sainte_Foy_S_lestat_29Aux XVème et XVIème siècles, Sélestat connaîtra la gloire avec son école humaniste qui devint célèbre aux yeux de toute l'Europe. On appela à la tête de cette école latine les plus grands éducateurs, qui introduisirent les idées et les méthodes de l'humanisme rhénan puis italien.

L'évêché de Strasbourg, qui prit l'église et le prieuré en charge, les mit en 1615 à la disposition des jésuites de la province de Mayence. Ceux-ci, y établissant un collège, engagèrent alors des transformations de style baroque. La tour nord fut surhaussée.
En 1767, Après la suppression de la Compagnie, la ville de Sélestat achète les bâtiments conventuels. Le Cardinal de Rohan réussit à sauver l'édifice de la destruction, la ville voulant construire à sa place une promenade pour les officiers.

Sainte_Foy_S_lestat_12L'église fit l'objet d'une restauration par l'architecte Charles Winkler, entre 1889 et 1893. La tour nord fut rabaissée et la tour sud fut élevée d'un niveau supplémentaire, avec l'adjonction de flèches rhomboïdales avec un pignon néo roman. Les tribunes de la nef seront supprimées et un nouveau toit fut posé sur le vaisseau central, ainsi que sur les bas-côtés. Des sculptures néo romanes furent installées à l'intérieur et à l'extérieur. Certains chapiteaux des tours et les deux lions du porche furent remplacés, les anciens étant conservés au musée de Sélestat.

C’est à Sélestat qu’est conservée la plus ancienne mention connue au monde à ce jour en rapport avec une tradition d’arbre de Noël.

S_lestat_Sainte_Foy_plan_1_copielongueur totale 44,20 m
longueur du transept 18,60 m
largeur des trois nefs 14,85 m
hauteur à la croisée 42 m 
hauteur de la grande nef 11,10 m






Sainte_Foy_S_lestat_41http://www.visit-alsace.com/selestat/index_fr.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Foy_de_S%C3%A9lestat
http://www.alsace-visite-guidee.info/eglf.htm




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La façade occidentale de Sainte-Foy


Sainte_Foy_S_lestat_51Deux tours élancées donnent le ton. Il y a opposition entre la nudité du soubassement et la richesse décorative des beffrois du porche. Le beffroi de chaque tour comporte deux étages : celui du bas est orné sur chaque face d'une triple arcature aveugle retombant sur des colonnettes, les arcs étant percés d'ouies. L'étage du haut est ajouré sur chaque face de deux grandes baies géminées aux arcs à double ressaut richement sculptés, reposant au centre sur trois colonnettes, et aux extrémités sur deux colonnettes.
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Sainte_Foy_S_lestat_11Un cordon à billettes cerne les voussures et se continue en remontant en gradin jusqu'aux angles de la tour. Les horizontales marquent le massif : chaque tailloir des chapiteaux extrêmes est prolongé le long des tours aux deux étages, une corniche à billettes sépare les étages, et sous la flèche court une frise de feuilles à gordons.
Par l'utilisation du grès rouge de Schirmeck et le granit gris d'Andlau, le maître roman a su faire vibrer et donner de la vie aux grandes surfaces nues et monotones des façades.












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La tour de croisée de Sainte-Foy


Sainte_Foy_S_lestat_37La tour de croisée s'élève à 43 mètres du sol. Le soubassement repose dans les angles du carré sur des trompes coniques assemblées d'énormes claveaux de grès. A l'extérieur, des glacis triangulaires en dallage réalisent le raccord aux toitures de la nef et du transept.















Sainte_Foy_S_lestat_52Les deux étages du beffroi reproduisent les mêmes divisions et le même décor que le haut des clochers de la façade. Mais les motifs sont bien plus variés. L'ensemble est coiffé d'une haute flèche de pierre aux côtés légèrement bombés. La tour est un chef d'œuvre de la stéréotomie romane en Alsace.

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Le porche de Sainte-Foy

Sainte_Foy_S_lestat_13Avant de pénétrer dans la nef, on traverse un porche voûté qu'on peut considérer comme un narthex, survivance d'une tradition paléochrétienne : les catéchumènes (postulants au baptême à l'époque de l'Eglise primitive) n'étaient pas autorisés à entrer dans le sanctuaire et devaient suivre les offices depuis ce vestibule.
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Sainte_Foy_S_lestat_53L'entrée du porche est surmontée de trois arcatures aveugles dans les archivoltes ornées de torsades retombent sur de fines colonnettes. L'arcature du centre en plein cintre est percée d'une grande arcade ronde, celles des cotés, en ogive, sont percées de deux baies géminées. Sur les clés de chaque arc et sur leurs retombées reposent sept colonnettes supportant, à hauteur du ressaut du soubassement des tours, un bandeau à dessin de losanges doublé d'une frise à rosaces. Le tympan repose sur deux atlantes formant console. Il est plat et recouvert d'une peinture moderne.










Sainte_Foy_S_lestat_15Les tailleurs de pierre responsables des chapiteaux des colonnes arrivant de Saint-Dié, d'un monastère de l'église primitive d'Irlande, possédaient une liturgie fortement emprunte de symboles celtes : on retrouve une forte ressemblance entre le décor des chapiteaux et ceux reproduits dans le manuscrit de Kells-Iona. Des chapiteaux à feuilles d'acanthes, provenant probablement de l'édifice primitif du XIème siècle, sont remployés lors de la reconstruction du XIIème siècle.

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Les portails de Sainte-Foy

Sainte_Foy_S_lestat_14Le portail principal de l'église, datant de la seconde moitié du XIIème siècle, conserve toutes ses sculptures d'origine. Les vantaux en bois et le décor, peint sur le tympan, datent de 1890.
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Sainte_Foy_S_lestat_4La porte nord romane, à colonnes, coussinets et rouleaux sculptés, date de la seconde moitié du XIIème siècle. Le tympan, orné d'une fuite en Égypte, est sculpté en 1847. Les chapiteaux présentent un décor de dragons ailés et d'entrelacs.
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Sainte_Foy_S_lestat_57Une ancienne porte gothique, datant peut-être de la fin du XIVème siècle, donnait autrefois accès depuis le cloître du prieuré au bas-côté de l'église. Probablement murée depuis la démolition du cloître par les jésuites, ses montants sont sans doute refaits à la fin du XIXème siècle. Un porc et un aigle sont représentés sous l'arc brisé du côté gauche et un chien sous l'arc du côté droit.





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