30 juin 2015

L’ile de Hoy

Hoy_plan_1L’ile la plus grande des Orcades après Mainland, se situe au sud de l’archipel. Son nom provient du vieux norrois Hàey, qui veut dire l’ile haute. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_6En effet, c’est sur Hoy que se tient le point le plus élevé des Orcades, Ward Hill, séparée de sa sœur Cuilags par la vallée de Rackwick. Ces deux petites montagnes sont celles que nous voyons de Brodgar et Steness, entre lesquelles va se coucher le soleil.

 

 

 

 

 

 

Hoy_Hedin_et_H_gni_1Dans la mythologie scandinave, c’est sur Hoy que se déroule la bataille sans fin entre Hedin et Högni, respectivement époux et père de Hildr, une valkyrie ayant le pouvoir de ressusciter les soldats morts.

 

 

 

 

 

Hoy_1Le ferry nous emmène de Mainland et de la baie de Houton, où nous n’avons eu aucun problème, au petit port de Lyness.

 

Hoy_2

 

 

 

 

 

Hoy_3Une route longeant la  jolie petite baie de Lyrawa,

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_5les petits lacs de la lande à tourbière à côtés desquels poussent les linaigrettes à feuilles étroites, cotton grass en orcadien, autrement dit l’Eriophorum angustifolium,

 Hoy_Linaigrette___feuilles__troites__Eriophorum_angustifolium__2a

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_3

passe devant la Dwarfie stane…

 

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 avant d’arriver dans la baie de Rackwick,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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départ du sentier qui monte au Old Man of Hoy, petit bout des falaises les plus hautes du Royaume-Uni.

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Dwarfie Stane

 

Hoy_Dwarfie_stane_0Dans la vallée glaciaire encaissée menant à la baie de Rackwick se tient l’un des mégalithes les plus connus des Orcades, Dwarfie Stane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On y accède par un chemin en lattes de bois aménagé au-dessus d’une tourbière.

 

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Hoy_Partick_stane_1Ce bloc erratique de grès rouge fut déposé là par les glaciers, comme son voisin Partick Stane, situé un peu plus haut.

 

Hoy_Partick_stane

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_1Le fait remarquable, c’est que cette énorme pierre fut évidée de main d’homme, en deux petites cellules séparées par un couloir. Le plan ressemble à certains cairns des Orcades.

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_Stane_plan_1cLa pierre mesure 8,6 m de long, 4m de large et jusqu’à 2,5 m de haut. L’entrée est un carré d’1m, ouvert vers l’ouest, vers le soleil couchant. Le passage desservant les deux cellules arrondies, de 1,70m de long par 1m de large, mesure 2,2m de long. La hauteur du tout est de 1m.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_15Chaque ouverture de cellule présente une bordure formant une ouverture carrée. La cellule de droite possède un rebord de pierre ou «oreiller» à son extrémité orientale.

 

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Hoy_Dwarfie_stane_8Devant l’entrée se trouve la pierre qui fermait le passage. Elle était encore en place au XVIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_6Dwarfie Stane fut pillée en forçant l’entrée par un trou dans le toit. Ce trou, mentionné au XVIe siècle, n’a été réparé (avec du béton) que dans les années 60.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_20La pierre n’a pas échappé à la mode des graffitis. Le capitaine William Mounsey y a gravé son nom en latin et à l’envers en 1850, ainsi qu’une phrase en persan : « I have sat two nights and so learnt patience :  je me suis assis deux nuits et ainsi appris la patience ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_7Les archéologues, qui ont daté la première utilisation de la pierre de 3 000 ans avant notre ère, pensent d’après la ressemblance avec les cairns des Orcades, qu’elle fut utilisée comme tombeau. Marrant quand même le nombre hallucinant de mégalithes ayant servi de tombe, presque autant que d’objets inconnus ayant servi au culte. D’autres explications parlent d’un ermitage chrétien, théorie basée sur le fait que les visiteurs laissaient derrière eux des offrandes. Mais en général, sur les terres du nord, les offrandes se font surtout aux esprits de la nature… Il semble quand même probable que la pierre fut utilisée par les habitants du village néolithique découvert à Whaness Burn, situé à 1,6 km plus au nord.

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_10Nous sommes en présence ici de la pierre du nain (dwarf, le nain en anglais). Ce nom fut donné en raison de la petitesse de la taille des cellules ou du fait que ce sont des nains qui ont taillé la pierre. Paradoxalement, les légendes parlent aussi de géants. Selon une ancienne fable folklorique orcadienne du XVIe siècle, écrite par Jo Ben, c’est ici que vécurent le géant Trollid et sa femme. Un troisième géant, voulant se rendre maitre de Hoy, les enferma à l’intérieur. Mais Trollid cassa la pierre avec son marteau, et ils purent sortir. Cette histoire a au moins le mérite d’expliquer le trou dans le toit.

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_13Une autre légende, écrite en 1700 par le docteur Wallace, parle d’une mystérieuse escarboucle ou d’un œuf de pierre cachés dans une grotte des falaises (Dwarfie Hammars) surplombant le mégalithe.

 

 

 

 

 

 

Walter_Scott_1_Sir Walter Scott parle de la pierre dans son roman de 1821, The Pirate. Il écrit qu’elle fut la résidence du nain Trollid :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_11 « Put for my misfortune, I was chiefly fond to linger about the Dwarfie Stone, as it is called, a relic of antiquity, which strangers look on with curiosity, and the natives with awe. It is a huge fragment of rock, which lies in a broken and rude valley, full of stones and precipices, in the recesses of the Ward-hill of Hoy. The inside of rock has two couches, hewn by no earthly hand, and having a small passage between them. The doorway is now open to the weather; but beside it lies a large stone, which, adapted to grooves still visible in the entrance, once had served to open and to close this extraordinary dwelling, which Trollid, a dwarf famous in the northern Sagas, is said to have framed for his own favourite residence. The lonely shepherd avoids the place; for at sunrise, high noon, or sunset, the misshapen for over the necromantic owner may sometimes still be seen sitting by the Dwarfie Stone ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Walter_Scott_2a« Pour mon malheur, j’aime à m’attarder sur la Dwarfie Stane, comme elle est appelée, un vestige de l’antiquité que regardent avec curiosité les étrangers et avec crainte les indigènes. C’est un énorme fragment de roche, qui se trouve dans une rude vallée encaissée, pleine de rochers et de précipices, dans un recoin de la colline de Ward sur Hoy. L’intérieur de la pierre possède deux chambres, creusées par des mains non humaines, reliées par un petit passage. L’entrée est maintenant ouverte aux quatre vents, mais sur le côté se trouve une grosse pierre qui, adaptée aux rainures encore visibles à l’entrée, servit autrefois à ouvrir et fermer cette demeure extraordinaire que Trollid, le nain célèbre des sagas nordiques, était sensé avoir pris pour sa résidence favorite. Le berger solitaire évite l’endroit ; au lever du soleil, à midi plein ou au coucher du soleil, le propriétaire, difforme pour plus de nécromancie, peut parfois être vu assis sur Dwarfie Stane ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_14Que penser de toutes ces légendes ? Mon aphorisme préféré reste « il n’y a pas de fumée sans feu ». Les nains, comme les géants (au départ il n’est pas question de leur taille, et ils sont décrits comme alternativement grands ou petits), sont, dans la mythologie scandinave, liés à la mort, étant issus des vers trouvés sur le cadavre du géant primordial Ymir. Ils sont devenus ensuite des membres du petit peuple vivant sous terre, dans les pierres ou dans les tertres. Plus tard, le nain sera considéré comme un aspect primitif de la conscience. Que se passe-t-il près de Dwarfie Stane ?

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_12Pour élargir sa conscience, il faut commencer par élargir ses sens. Premier passage dans les chambres, pour la vision, l’ouïe, le toucher, et les autres (il n’y en a pas que 5). En sortant, si tout s’est bien passé, on prend un peu d’eau dans la cupule, puis on « sent » une autre pierre posée plus haut.

 

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Hoy_Dwarfie_stane_23Là, debout, cheveux aux vents, regard tourné vers le ciel et pieds posés par terre, la conscience s’élargit et le corps s’oublie. Y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_21On verra ensuite d’autres pierres, avec différentes fonctions. L’une d’entre elles vous redynamisera, l’autre vous fera oublier vos soucis mesdames, une autre encore vos problèmes messieurs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoy_Dwarfie_stane_9

 

http://www.orkneyjar.com/history/tombs/dwarfiestane/

https://en.wikipedia.org/wiki/Dwarfie_Stane

http://www.odysseyadventures.ca/articles/orkney-tombs/rousay_cairns.htm

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23 juin 2015

Papay ou Papa Westray

Papa_Westray_planL’ile de Papay, Papa Westray pour les anglais, se mérite. Située au nord de l’archipel des Orcades, elle est accessible de l’ile de Westray par un petit ferry ou en avion. Dans ce dernier cas, il faut prendre le vol régulier commercial le plus court du monde, environ deux minutes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_1Dès l’arrivée l’ambiance particulière de cette ile vous enveloppe, laissant couler en vous des sensations de douceur et de bien-être, comme si cette terre offrait un havre de paix pour les visiteurs stressés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_10Les habitants, environ quarante familles et quatre-vingt dix âmes, toujours souriants, sont d’une gentillesse à toute épreuve.

 

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Papa_Westray_33La pointe nord de l’ile abrite la réserve naturelle de North Hill, surveillée par la RSPB, la société royale pour la protection des oiseaux.

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_12Aux creux des falaises, sous les pierres plates de grès, au détour de chaque sentier nichent des centaines d’oiseaux :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_16les grands cormorans séchant leurs ailes au soleil ou protégeant leurs petits,  

 

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Papa_Westray_29les pies de mer ou huitriers au sale caractère,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_11les fulmars, oiseaux grégaires dont le nom provient du norrois fùll (puant) et màr (mouette),

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_32les guillemots de Troïl ressemblants à de petits manchots,

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_13les petits pingouins appelés ici les razorbills, se laissant tomber du haut de leurs plongeoirs surplombant la mer pour aller pêcher sous l’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_23aLa réserve abrite également la Primula scotica, la primevère d’Ecosse, rare petite fleur violette endémique aux rivages nord de l’Écosse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_2Le sol de l’ile étant en plus très fertile, les hommes sont venus s’y installer dès le Mésolithique, c'est-à-dire en 8 500 avant notre ère. C’est sur Papay que fut découverte la plus vieille maison du nord de l’Europe, le Knap of Howar.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_30L’ile devint terre picte puis se fit annexer par les vikings norvégiens. C’est d’eux qu’elle tient son nom, Papay Meiri, ce qui veut dire la grande ile des papars. Les papars, cités dans de vieux écrits scandinaves du XIIe siècle, étaient des moines irlandais ou écossais qui habitèrent les iles du nord des Orcades après avoir quitté l’Islande. Il est fort possible d’ailleurs que ces moines furent à l’origine des prêtres païens christianisés par la légende.

 

 

 

Papa_Westray_31La petite église Saint Boniface nous parlera de toute cette histoire.

 

 

 

 

 

 

 

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Knap O’Howar

Papa_Westray_KnapLe nom de Knap o’Howar provient du vieux norrois et veut dire la butte aux monticules, décrivant les dunes de sable recouvrant les maisons avant leur découverte.

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_4Pour accéder à ces plus vieilles maisons d’Europe du nord connues, il faut emprunter le chemin de nulle part. Après quelques centaines de mètres, traversant des prés à vaches, on arrive en bord de mer. Du temps des premiers habitants de l’ile, le rivage se situait beaucoup plus loin.

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_2Là, collées l’une à l’autre, comme pour se protéger mutuellement, les deux maisons néolithiques apparaissent. Découvertes en 1930, elles sont datées par les archéologues de 3 600 avant notre ère, mais il semblerait qu’elles aient été construites sur une structure encore plus ancienne.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Unstan_ware_2

 

 Les habitants possédaient des poteries décorées, du style Unstan Ware, cultivaient l’orge et le blé, élevaient des cochons, des moutons et des vaches genre auroch, pêchaient des poissons et mangeaient des crustacés et des coquillages.

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_3La première maison, la plus grande des deux (carré long de 10m par 5), possède des murs d’environ 1m60 de hauteur, et 1m40 de largeur. Ils sont formés de deux parois parallèles en pierres sèches emplies de terreau.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_4L’entrée, très basse, axée sur le nord/ouest, fait face à la mer. Elle se compose d’un passage d’1m70 fermé par une porte à l’extérieur et par une pierre de seuil à l’intérieur.

 

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Papa_Westray_Knap_of_Howar_7L’intérieur, sans fenêtre, est divisé en deux zones distinctes par des dalles de pierre verticales formant de petites cloisons dont l'objectif était de marquer plutôt que de créer une séparation physique :

 

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Papa_Westray_Knap_of_Howar_17la cuisine avec son foyer et ses bancs en pierre, où des meules servant pour broyer l’orge ont été retrouvées, et le dortoir avec des lits et des étagères. Des trous en haut des murs indiquent l’emplacement de la structure du toit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_10Cette maison est reliée à la plus petite (7m50 par 3m avec des murs plus minces) par un long couloir bas traversant les deux murs d’environ 2m50. Une porte attendait les visiteurs avant qu’ils ne puissent entrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_12Généralement considérée comme étant un atelier ou un deuxième logis, il s’en dégage une toute autre énergie. L’intérieur est séparé en trois zones. Des meules en pierre, des poteries, bols et jarres, ainsi que des outils y ont été trouvés.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_14L'entrée principale, ou devrais-je dire la sortie, face à la mer, est calée sur le coucher du soleil au solstice d’été. C’est un passage d'environ 1m30 de long et de 0m60 de large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Knap_plan_3c

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_13Intéressons-nous maintenant au côté énergétique du lieu. Comme au débarquement du ferry, l’atmosphère ici ressemble à celle de l’ile en général, douce et protectrice, féminine et enveloppante. Mais comme avec la confrontation avec certaines vierges noires, ce n’est pas parce que c’est féminin que c’est mièvre. Bien au contraire. Le lieu est protégé et se défend s’il est attaqué ou simplement dérangé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_9Les constructeurs des maisons savaient ce qu’ils faisaient. Tout d’abord une enceinte protectrice, puis un sens de marche avec verrou à l’appui, une gardienne gentille mais ferme et des endroits particuliers à découvrir avec son cœur plus qu’avec son esprit. La maison la plus petite était bien un atelier comme l’ont dit les archéologues, mais d’un genre bien particulier.

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_16Imaginez une jeune fille, cheveux longs lâchés sur les épaules, une peau de cerf en guise de cape, pilant quelques herbes sur la meule de pierre. Derrière elle, sur les étagères, des pots contenant des préparations médicamenteuses.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_15Deux sièges dans le mur : un pour elle, l’autre pour celui ou celle qui vient se faire soigner, ou vient poser une question et faire son voyage dans le monde des esprits pour trouver sa réponse. Je vous présente la chamane, maitresse de l’ile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.orkneyjar.com/history/knaphowar.htm

http://www.papawestray.co.uk/papay/pw_official8.html

http://www.ancient.eu/Knap_of_Howar/

http://www.odysseyadventures.ca/articles/knapohowar/article_knap.htm



 

 

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L’église Saint-Boniface de Papay

Papa_Westray_saint_Boniface_1Après la visite du knap O’Howar, il faut longer le rivage rocheux en direction du nord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_4Là, isolée dans une partie très peu peuplée de l’ile, se tient au milieu de son ancien cimetière l’église Saint-Boniface.

 

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Papa_Westray_st_Boniface_1

Papa_Westray_saint_Boniface_11Difficile d’imaginer que cette petite église ait été au centre d’un site immense, disparu aujourd’hui. Les fouilles ont permis de dire que cet endroit fut très largement peuplé, depuis le Néolithique jusqu’à la fin de la période médiévale.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_14Les archéologues ont retrouvé l’emplacement d’un grand broch entouré de maisons, suggérant un centre de vie important. Les pictes s’y installèrent, comme le prouvent des dalles du christianisme primitif retrouvées sur place et datées du VIIe siècle.

 

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Papa_Westray_saint_Boniface_13La première église date certainement de cette époque, quand les premiers missionnaires virent convertir les populations locales. Les proportions de Saint-Boniface et son emplacement près d’un centre d’habitations aussi important prouvent qu’elle fut non seulement acceptée mais soutenue et dotée par la classe dirigeante locale.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_3Le nom donné au hameau voisin, Munkerhoose, prouve aussi que l’endroit fut occupé par un monastère. L’invasion des vikings de Norvège qui virent tout d’abord piller puis qui s’installèrent dans les Orcades à la fin du IXe siècle mit fin aux activités missionnaires et fit retourner les iles au paganisme. Ce sont eux qui donnèrent son nom à l’ile de Papay, l’ile des prêtres, les papars. À partir du milieu du Xe siècle, cependant, les Scandinaves furent eux-mêmes progressivement convertis.

 

 

 

 

Papa_Westray_Saint_Boniface_Orkneyinga_saga_1The Orkneyinga saga, écrite vers 1230, parle des conquêtes norvégiennes puis des comtes des Orcades et particulièrement de l’un d’entre eux, Rognvald Brusason, qui fut assassiné sur Papa Stronsay en 1046. Il fut enterré à Saint-Boniface, preuve supplémentaire de l’importance de cette église et de la sacralité de ce lieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_12Un grand personnage fut aussi enterré dans le cimetière de Saint-Boniface au XIIe siècle. Sa pierre tombale en forme en toit de maison norvégienne, importée de l’ile d’Eday, date des plus anciennes pierres maçonnées de l’église. Certains disent que la pierre marque le lieu de sépulture du bien aimé comte Rognvald… certains disent aussi que Saint-Boniface pourrait être le site du premier évêché des Orcades. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_16L’église actuelle date donc du XIIe siècle. Elle fut prolongée vers l’ouest et fortement remaniée vers 1720. On peut apercevoir sur le mur nord une fenêtre du XIIe siècle comblée.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_9Abandonnée en 1929, elle fut restaurée en 1993. Elle est encore régulièrement utilisée pour des services et des concerts.

 

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Papa_Westray_saint_Boniface_18La petite église fut dédiée à saint Boniface, alias Wynfrid de Wessex, né dans le Devonshire vers 675. Bénédictin, évangélisateur de la Germanie, consacré évêque de Mayence par le pape Grégoire II en 722, il rechercha l’appui des grands de ce monde et des monastères (il en fonda lui-même beaucoup) pour convertir le plus de païens possible. C’est lui qui sacra Pépin le Bref roi des Francs. Le prénom Boniface provient du latin bonifacius, bonus, « bon », et fatum, « destinée ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_17Place maintenant à la légende. Il est aussi connu pour avoir détruit nombre d’arbres sacrés de l’ancienne religion, dont le fameux chêne de Thor des environs de Geismar : en tombant, l’arbre se coupa en 4 morceaux et écrasa tout, sauf un petit sapin, qui devint le symbole du Christ. Il expliqua la trinité aux gens par la forme triangulaire du nouvel arbre sacré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_OghamsSauf que… le sapin, ou l’épicéa, était déjà considéré chez les païens comme le symbole du renouveau de la vie, de l’enfantement. L’épicéa, c’est le symbole « ailm » en écriture oghamique (une voyelle, le A, bizarement la seule qui représente une croix simple), l’enthousiasme, la transformation en action positive.

 

 Notre Boniface embêta tant les braves gens de Teutonie en défrichant leurs forêts de chênes qu’un beau jour de 754, près de Dokkum, ils en eurent assez et lui fendirent le crâne à travers son livre qu’il avait pris pour se protéger. Il devint alors saint et martyr.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Dark_Island_2La seule chose qui le rende sympathique à mes yeux c’est qu’il est devenu le saint patron des brasseurs de bière. Impossible qu’un brasseur puisse se tromper à ce point… Bon, en France, ce serait plutôt saint Arnoult de Soissons, en Lorraine saint Arnoult de Metz, dans le Nord saint Arnoult de Tiegen, à Strasbourg saint Léonard de Nollac, saint Venceslas en République Tchèque, et si on va par là, Sucellus ou Anu en Gaule, Déméter en Grèce et Cérès à Rome, Aegir en Norvège.

 

 

 

 

 

 

 

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Papa_Westray_biere_egypte_1On remonte ? Isis était déesse de l’orge et Isis patron des brasseurs. Plus encore ? Ninkasi, la dame qui remplit la bouche (Sirish en acadien), fille d’Enki et de Ninhursag, était la déesse de la bière en Mésopotamie, où la boisson était fabriquée exclusivement par des femmes et où elle se buvait à l’aide de pailles ou de roseaux.

Papa_westray_biere_sumer_1

 

 

 

 

 

« L’orge est le corps de la bière, l’eau en est le sang, le houblon en est l’âme, et la levure à l’origine de son esprit ». Mais revenons à nos légendes orcadiennes.

Papa_Westray_st_Tredwell_4Boniface est lié à une autre histoire légendaire, celle du roi picte Nechtan et de la vierge Triduana (Tredwell, Trodline, Trøllhaena). Plusieurs versions existent. L’abbesse Triduana faisait partie de l’entourage de Boniface. Sa beauté était telle que le roi picte Nechtan en tomba amoureux.

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_st_Tredwell_2Il lui envoya une lettre dans laquelle il lui disait combien ses yeux l’éblouissaient. Pour se débarrasser de lui, elle lui répondit en lui renvoyant ses yeux qu’elle avait arrachés. Il est dit que Nechtan abdiqua, qu’il devint moine. Triduana s’installa sur l’ile de Papay dans une petite église posée sur l’ile (devenue presqu'ile) du loch où elle finit ses jours. Lors des fouilles, sous l'autel, gisait un squelette de femme...

 

 

 

 

 

Papa_Westray_saint_Boniface_19aVoici un autre Nechtan, cité par Georges Dumézil et Gaël Milin : « Boand, femme de Nechtan, fils de Labraid, l'un des Thuata de Danann, vint au puits secret (source de toute connaissance) qui se trouvait dans la prairie du Sidh de Nechtan; quiconque y venait n'en repartait pas sans que ses deux yeux n'eclatassent».

 

 

 

 

Papa_Westray_Neptune_1Nechtan est l'équivalent irlandais du Neptune latin et de la divinité indo-iranienne Apam Napat, le descendant des eaux. Il existe des similitudes dans les légendes ou rituels : on trouve avec ces trois divinités des mythes archaïques associant la force de l'eau à celle du feu solaire. On pourrait penser à sainte Lucie et à beaucoup d’autres saintes implorées pour les problèmes de vue…

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_st_Tredwell_1Quoi qu’il en soit, l’église Sainte-Tredwell, située sur l’emplacement d’un ancien broch, fit l’objet d’un pèlerinage assidu. Les gens venaient de loin, et suivaient un rituel : ils marchaient suivant un circuit particulier, en silence. Puis ils entraient dans l’eau ou baignaient la partie malade, et jetaient une offrande dans le loch. Les guérisons miraculeuses furent nombreuses…

 

 

 

 

 

http://canmore.org.uk/site/2856/papa-westray-st-bonifaces-church

https://en.wikipedia.org/wiki/Papa_Westray

http://westraypapawestray.co.uk/2010/12/st-boniface-kirk/

http://www.paparproject.org.uk/orkney2.html

http://www.papawestray.co.uk/papay/st-boniface-kirk.html

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La Vénus des Orcades

 

Westray_Venus_Links_of_Noltland_2Sur l’ile de Westray, plus au sud et un peu plus grande que Papay, fut découvert dans les années 80 un village néolithique, Links of Noltland. En 2009, l’archéologue Jakob Kainz dégagea des fouilles une minuscule figurine. La trouvaille fit grosse impression.

 

 

 

 

 

Westray_Venus_Links_of_Noltland_1En effet, la sculpture fut datée d’au moins 3 000 ans avant notre ère, et donc devint la plus ancienne représentation anthropomorphe d'Écosse. La figurine fut nommée la « Vénus des Orcades ». Les habitants de Westray la nomment plus simplement « la femme de Westray ».

 

 

 

 

 

 

 

Westray_venus_dessins_2Il n’est même pas certain que la sculpture représente une femme. Mesurant à peine 41mm de hauteur, 31mm de largeur et 12 mm d'épaisseur, elle est taillée dans le grès, probablement à partir d’un galet.

 

 

 

Westray_Venus_t_te_2Sa tête, ronde, présente des incisions formant des sourcils en accent circonflexe, deux points appuyés pour les yeux, deux lignes verticales pour le nez, et peut-être une autre ligne horizontale pour la bouche. Quelques lignes sur le crâne peuvent être interprétées comme étant des cheveux.

 

 

 

 

 

Westray_V_nus_face_1

 

 

Le corps, rectangulaire, porte aussi de fines incisions. Deux de chaque côté ont été interprétées comme des seins, mais il est possible que ce soient les attaches du vêtement. Le « sein » droit est plus carré et plus marqué que le gauche, en forme de losange. Les motifs en treillis peuvent figurer le tissu du vêtement.

 

 

 

 

 

Westray_Venus_figurinesD’autres sculptures, plus endommagées, ont été retrouvées sur le site respectivement en 2010 et 2012.

 

 

 

 

westray_statue_2aUne pierre plus importante porte le même motif de sourcils que la tête de la Vénus. Mais est-ce bien un motif représentant des sourcils ? Se pourrait-il que soit représenté le coucher du soleil au solstice d’hiver entre les deux montagnes de Hoy ?

Westray_Sunset_Hoya

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_0On va retrouver le même genre de dessins sur la petite ile proche de Papay, Holm of Papay. C’est sur cette ile que se tiennent plusieurs cairns, dont le plus impressionnant, qui se voit de loin, appelé par les locaux Diss O'the Holm.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_plan_4aLes archéologues le comparent à Maeshowe, en plus long et plus grand : 10 petites chambres simples et 2 petites chambres doubles s’ouvrent sur la chambre centrale qui fait 20m de long.

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_2aOn y accédait par un couloir long et étroit, orienté au coucher du soleil au solstice d’hiver.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_8aLes archéologues, à leur habitude, le disent tombeau, mais quelques-uns se rapprochent de la vérité en parlant plutôt de « maison des ancêtres » à mon avis.

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_12aLe linteau au-dessus de la cellule sud-est est gravé des motifs «sourcils» et d’un symbole faisant penser à de l’eau. La Vénus et ses yeux aurait-elle inspiré le sculpteur, ou est-ce l’inverse ? On se rapproche de la légende de sainte Tredwell, Triduana, n’est-il pas ?

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_10aJ’adore ça, quand les pièces du puzzle, moins éparpillées, commencent à former une cohérence.

 

 

 

 

Westray_Venus_g_teauxLa Vénus est exposée dans le Centre du patrimoine de Westray à Pierowall. Les boulangers en ont d’ailleurs fait une reproduction en gâteaux sablés… Et on la retrouve maintenant en objet de déco vendu dans tous les centres touristiques des Orcades. Y’a pas de petits profits.

 

 

 

 

Photos aériennes tirées du site http://topofly.blogspot.fr/2014/09/kite-aerial-photography-of-excavations.html

http://www.ancientcraft.co.uk/reenactment/pa_venus_orkney.html

http://www.orkneyjar.com/history/orkneyvenus.htm

http://www.stone-circles.org.uk/stone/folkton.htm

http://www.educationscotland.gov.uk/scotlandshistory/earlypeople/orkneyvenus/index.asp

http://www.orkneyjar.com/placenames/pl-hoose.htm

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22 juin 2015

Eday et l'EMEC

Eday_3Le détroit d’Eday, le Fall of Warness, est un passage obligé pour se rendre sur Westray puis sur Papay. La navigation y est compliquée en raison des courants marins qui atteignent près de 4 mètres par seconde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eday_2C’est la raison pour laquelle l’EMEC (centre européen de l’énergie marine), basé à Stromness, y a installé un prototype de transformation de l’énergie marine en électricité, l’OpenHydro.

 

Eday_1

 

 

 

 

Eday_Fall_of_Warness_2Plantés au milieu des flots, deux piliers sont surmontés d’une plateforme sur laquelle se tient, tel l’œil de Sauron, la turbine. Personne ne sait encore quel sera l’impact sur l’environnement, avec le ralentissement des courants, la cohabitation avec les espaces animales, les effets sur les fonds marins.

 Eday_Fall_of_Warness_1

 

 

 

 

Eday_Setter_5aUne autre énergie fut maitrisée sur l’ile il y a bien longtemps. Au nord d’Eday, entourée de vieux cairns, se tient la Stone O’Setter. Sa hauteur, de plus de 4,50 mètres, en fait l’un des menhirs les plus hauts des Orcades.

 

 

 

 

 

 

Eday_Setter__4aLes intempéries durant ces milliers d’années nous séparant de sa mise en place l’ont façonnée d’une forme particulière. Les habitants de l’ile parlent de la main d’un géant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 http://www.saintsandstones.net/stones-setter-2010a.htm

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18 juin 2015

Les brochs

 

Broch_1Il aura fallu un retour aux Orcades en cette année 2015 pour que je donne une définition de ces brochs que l’on ne trouve qu’au nord de l’Écosse et dans les archipels des Shetland et des Orcades. Nous connaissons aujourd’hui l’emplacement de plus de 700 d’entre eux dont plus de 120 dans les Orcades, sans parler de ceux qui n’ont pas encore été découverts.

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_2Ils ont été construits et utilisés durant une période comprise entre 600 avant notre ère jusqu’à la fin du IIIe siècle. Il semblerait qu’ils furent construits par les descendants du peuple des mégalithes, puis utilisés par les Pictes, puis par les vikings.

 

 

 

 

 

 

Broch_4Le broch, dont le nom provient du vieux norrois borg, qui veut dire fortification, ou de l’ancien gaélique écossais burgh, de même sens, est une construction circulaire en pierre sèche entourée d’une double voire triple enceinte.

 

 

 

 

 

 

Broch_10Les plus petits mesuraient 5m de haut, les plus grands pouvaient atteindre les 15 m. Le toit était formé d’une structure en bois recouverte de chaume. Parfois le broch était entouré de petites habitations, formant un village à l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

Broch_7L’édifice était doté de murs à double parois entre lesquelles se trouvaient des galeries superposées, reliées par des escaliers en pierre. Certaines étaient trop petites pour qu’un être humain puisse passer.

Broch_9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_5Les brochs étaient accessibles par une seule porte assez large, orientée le plus souvent vers l’est, suivie d’un long couloir de la largeur des murs.

 

 

 

 

 

 

Broch_8L’intérieur comportait une pièce principale centrale avec un foyer et une citerne, le périmètre étant constitué de cellules plus petites séparées par des cloisons en dalles de pierres fines. Des galeries en bois formaient les étages supérieurs. Ici, une vue d’artiste représentant l’intérieur d’un broch.

 

 

 

 

 

 

Broch_3Les brochs étaient construits à proximité de terres arables ou de bords de mer, non loin d’une source d’eau (certains possèdent des puits ou des sources naturelles en leur centre). Beaucoup possédaient une chambre souterraine, accessible par un escalier en pierre.

A quoi servaient ces constructions, véritable exploit d’ingénierie et d’architecture ?

 

 

 

 

 

 

 

Broch_6Certains pensent qu’elles sont des fortifications militaires, d’autres les ancêtres des châteaux féodaux, d’autres encore la marque d’une puissance de l’élite dirigeante, soulignant le statut social la richesse, le pouvoir du propriétaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_11Le souci, c’est que ces beaux messieurs archéologues pensent en hommes du XXIe siècle, pour qui ces critères sont effectivement importants. Nos constructeurs de brochs avaient, à mon avis, une toute autre vision du monde, et la fonction de ces bâtiments restera mystérieuse encore longtemps. A moins que ?

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04 février 2015

Les phares

 

Pri_re_4aCes malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,

Sont un écho redit par mille labyrinthes ;

C'est pour les cœurs mortels un divin opium !

 

 

Pri_re_8aC'est un cri répété par mille sentinelles,

Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;

C'est un phare allumé sur mille citadelles,

Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

 

 

 

 

Pri_re_1aCar c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage

Que nous puissions donner de notre dignité

Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge

Et vient mourir au bord de votre éternité !

 

 

 

 

 

Pri_re_12aLes Fleurs du Mal (1857) de Charles Baudelaire

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27 janvier 2015

Autoire



Historique



Autoire_15Le village, situé à la frontière entre les comtés d'Auvergne et de Toulouse, est blotti au creux d’un vallon étroit bordé de falaises calcaires se terminant par une cascade de plus de 30 m de haut.

Autoire_cascade_0

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_14La plus ancienne mention du village, dans le cartulaire de l’abbaye de Beaulieu, date de 932. Il y est rapporté qu’en 895 Casto et sa femme Aldagudis cédèrent à l’abbé Romuald un domaine situé sur la rive gauche du ruisseau de la vallée d’Altornse, d’où dériverait le nom d’Autoire.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_12En 1090, l’église fut donnée par le seigneur du lieu, Raymond de Banze, à Géraud III de Cardaillac, l’évêque de Cahors, à condition que son fils en devienne l’un des chanoines.

Autoire_10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_13En 1178, le village fortifié, qui dépendait de Saint-Céré, passe sous le contrôle de la vicomté de Turenne. En 1259, les seigneurs de Banze sont alors vassaux d’Hugues de Castelnau, baron de Gramat. En 1286 Autoire est cédé à Edouard Ier, roi d’Angleterre qui y installe des routiers, compagnies de mercenaires qui pillèrent le pays durant toute la guerre de Cent-ans.

 

 

 

 

Autoire_5Les guerres de Religion ne firent pas mieux : en 1562, Autoire est dévasté par les Calvinistes, puis la Révolution apporta son lot de malheurs. Le village médiéval fut quand même préservé.

 

 

 

 



L'église Saint-Pierre et Saint-Paul

Autoire_7L’église, située au centre du village fortifié, existait déjà depuis un moment quand elle fut donnée à l’évêché de Cahors en 1090. C’est à cette époque, à la fin du XIe siècle, qu’elle fut reconstruite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Autoire_3Le plan initial était constitué d’une nef unique à deux travées, précédée d'un transept surmonté d’une coupole portant le clocher, et d’un chœur semi-circulaire avec travée droite.

 

 

 

 

 

Autoire_8Elle fut fortifiée vers la fin de la guerre de Cent-ans. Le clocher fut surélevé, un réduit ajouté au-dessus du chœur. Il en reste quelques pans de mur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_1aLa nef, flanquée de collatéraux, fut reconstruite entre 1868 et 1880 dans un style romano-gothique, une sacristie fut ajoutée. De l'église romane ne subsistent que l'abside, le transept et la croisée.

 

 

 

 

 

 

Autoire_11Les quelques modillons qui nous restent se trouvent sur la corniche du chevet.

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_9Ici, deux personnages assis se tiennent serrés. L’un tient la tête de l’autre, qui lui-même pose sa main sur la jambe du premier. Je ne serais pas étonnée que le regard de l’un se pose sur le lever du soleil au solstice d’hiver et l’autre au solstice d’été.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_19Un autre se tient les oreilles et semble crier de peur en écarquillant les yeux. Serait-il un sage qui ne s’en laisse pas conter, celui qui voit et qui, par sa parole, fait élever ceux qui l’écoutent ? Un autre, accroupi, semble cacher son sexe. Ne fait-il pas plutôt un signe d’offrande, les paumes tournées vers le ciel ?

Autoire_18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_6Les sculptures romanes de l’intérieur sont plus frustres et sont composées essentiellement de chapiteaux bagués à décor d’entrelacs, de palmettes, de chevrons et de torsades. Les bases de colonnes portent des motifs géométriques.

 

 

 

 


Le château des Anglais

 

Autoire_16Cette forteresse, adossée à la falaise calcaire qui domine la vallée d’Autoire de plus de 50 mètres, a du être construite aux environs de 1178 par Hugues de Castelnau, baron de Gramat. Il est alors nommé château de la Rocca. Passé aux mains du roi d’Angleterre en 1286, il servit pendant la guerre de Cent-ans de repaire aux routiers, à la solde des anglais. Puis les seigneurs d’Autoire lui ajoutèrent une tour à mâchicoulis, avant qu’il ne soit pris par les protestants durant les guerres de Religion.

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_1bEn 1647, le vicomte de Turenne, un des chefs de la Fronde, en fait restaurer les défenses. Puis l’endroit est laissé à l’abandon, les pierres servant aux constructions des maisons alentours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_3aA la grande époque du château, l’ensemble fortifié possédait une façade de plus de 200 m de long. Il était réparti sur trois niveaux et possédait quatre tours.

 

 

 

 

 



http://www.paysdesaint-cere.fr/fr/territoire-et-communes/autoire.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Pierre_d%27Autoire
http://patrimoines.midipyrenees.fr/fr/rechercher/recherche-base-de-donnees/index.html?notice=IA46100605
http://mairie.autoire.pagesperso-orange.fr/histoire.htm

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