04 janvier 2017

La synagogue Klausen

 

Prague synagogue Klausen 1

A la sortie du cimetière de Josefov se trouve la synagogue Klausen. Son nom provient du mot allemand klausen (pluriel de klaus, issu du latin claustrum, petite pièce, cellule), qui était le nom d’un bâtiment en trois parties érigé en 1590 par Mordechai Maisel, mécène et primat de la cité juive de Prague, grâce à un privilège accordé par Rodolphe II. La première partie servit d’école talmudique, la seconde de lieu de prière et la troisième aux bains rituels (mikveh) et aux soins des malades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 4

Ce bâtiment fut détruit dans un incendie en 1689. En 1694, Salamon Kalish Kohen fit reconstruire une synagogue dans le style baroque primitif, qui devint la plus grande du ghetto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 3

Elle hébergeait la Société du Dernier Devoir (Hevra Kaddisha, institution qui faisait office de pompe-funèbre et qui s'occupait des cimetières). Le bâtiment fut remanié en 1882 puis en 1921 et après la deuxième guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 6

Il contient à l’heure actuelle une exposition permanente consacrée aux traditions et coutumes juives.

Prague synagogue Klausen 9

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 7

 

Prague synagogue Klausen 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 12

Prague synagogue Klausen 10

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Le cimetière juif de Josefov

 

Prague cimetière juif 6

Nulle visite de Prague sans faire un détour par le célèbre cimetière juif (Starý židovský hřbitov). Il est considéré comme la plus ancienne nécropole juive, implantée au XVe siècle sur le lieu le plus élevé du quartier. Une fouille archéologique a pourtant mis à jour un cimetière plus ancien créé en 1254, appelé « jardin juif », situé sous la rue Vladislavova dans le quartier de la Nouvelle-Ville, Nové město.

 

De la synagogue Pinkas on grimpe quelques marches qui conduisent au cimetière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 13

Il fut agrandi aux XVe et XVIIIe siècles, et malgré cela, le nombre toujours croissant des membres de la communauté juive et l’interdiction de profaner les tombes (Loi juive ou Halakha) firent que l’on dut superposer les tombes en rajoutant de la terre.

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 7

Il fut abandonné en 1787 par ordre de l'Empereur Joseph II qui ne souhaitait plus que l'on enterre les morts dans les quartiers résidentiels. En 1903, au cours de l'assainissement du quartier, il fallut céder une partie du cimetière pour créer une nouvelle rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 12

On pense qu’il existe encore une douzaine de strates et environ 12 000 tombes. La plus ancienne retrouvée date de 1439 (rabbi Avigdor ben Isaac Kara, talmudiste et kabbaliste), la plus récente de 1787,

 

Prague cimetière juif 16

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 24

 la plus célèbre, celle de rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, de 1609.

 

Prague cimetière juif 27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 23

« De nombreuses tombes portent des symboles de la tradition juive, comme le raisin de vigne (symbole de la fertilité et de la sagesse), les coffrets (symbole de la bienfaisance) ou l'étoile de David à 6 branches. Les symboles des familles sont par exemple des mains levées en signe de bénédiction (descendants des prêtes des temples), un arrosoir avec une assiette ou un instrument de musique (descendant des aides de la tribu de Levi), d'autres symboles animaliers illustrant un prénom ou un nom de famille (lion, loup, oie, coq etc.) et des reliefs d'outils comme symboles des professions (mortier - pharmacien, ciseaux - tailleur, violon - musicien etc.) »

 

 

 

 

Prague cimetière juif 18

J’ai été très émue par ce témoignage de l’histoire des juifs d’Europe centrale. J’ai ressenti de la tristesse, mais aussi de la joie et de la sérénité, j’ai entendu des voix qui chuchotaient ou qui chantaient, mais aussi des voix qui criaient, et les arbres qui, penchant leurs branches jusqu’aux sépultures chaotiques comme pour les caresser de leurs feuilles au moindre souffle, apportaient au tableau une touche de romantisme absolu.

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02 décembre 2016

La Couvertoirade

 

Historique

 

La Coouvertoirade Paysage karstique 1aLe plateau du Larzac fait partie de ce que l’on appelle les paysages karstiques. Un karst le plus souvent résulte des écoulements d’eau dans les roches calcaires perméables. Le calcaire laisse passer l’eau, rendant le plateau semi-désertique.

 

 

 

 

 

 

La Coouvertoirade Paysage karstiqueLe karst est donc constitué par un ensemble de formes souterraines et de surface, parfois utilisées par l’homme, comme les dolines par exemple, dépressions naturelles, aménagées pour faire des lavognes (de l’occitan lavanha, la mare) : tapissées d’argile et pavées, elles formaient un point d’eau où allaient se désaltérer les troupeaux.

1 terrain non karstique

2 canyon

3 reculée

4 vallée sèche

5 résurgence de rivière

6 perte

7 doline

8 ouvala

9 lapiez

10 aven

11 grotte

12 source vauclusienne

13 rivière souterraine

 

La Couvertoirade menhir Montaymat 1Le sud du plateau semi-désertique du Larzac fut fréquenté depuis l’époque mégalithique. De nombreux dolmens, quelques menhirs,

La Couvertoirade Dolmen Montaymat 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade statue menhiret quelques statues-menhirs comme celles que l’on trouve dans le sud de la Corse entourent le village de La Couvertoirade qui se situait probablement sur un antique chemin gaulois puis romain reliant Segodunum (Rodez, capitale de la tribu celte des Rutènes) à Cessero (Saint-Thibéry, proche d’Agde) où elle rejoignait la via Domitia.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 22Le nom du bourg, Cubertoirata, apparaît pour la première fois au XIe siècle dans un cartulaire de l’abbaye de Gellone (Saint-Guilhem le Désert). Son étymologie nous apprend qu’il est issu de l’occitan cubert, recouvrir. Ce serait donc « quelque chose de recouvert, ou couvrant ». Il est mentionné en 1135 dans une bulle du pape Innocent II qui donne l’église « Sancti Xristophori de Cupertoirada » à la nouvelle abbaye de Nant. Le village est alors à 800 m plus à l’est qu’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 17En 1181, Richard de Montpaon (Ricartz de Munpaon), seigneur local, céda aux Templiers de la commanderie de Sainte-Eulalie le « mas Aismar de La Cobertoirada ». Ils s’installèrent loin du village de Saint-Christol et terminèrent le château, bâti sur le rocher de la partie la plus haute, en 1249 (après l’autorisation, accordée par Raymond Bérenger, comte de Barcelone, en 1158, d'élever des fortifications et de créer des villages sous l’autorité de leur commanderie de Sainte-Eulalie). Les Templiers construisirent leur propre chapelle à l’intérieur du château. Un nouveau village s’étendit sous leur protection, l’ancien périclita.

 

 

 

La Couvertoirade 16Malgré les attaques des seigneurs voisins, comme le comtour Arnal de Roquefeuil, ils développèrent l’élevage (chevaux, bovins et ovins), ainsi que la culture céréalière. Après l’arrestation des Templiers en 1307, qui furent emmenés prisonniers au château de Najac, la maison du Temple de la Couvertoirade passa aux mains des Hospitaliers qui firent construire une nouvelle église paroissiale à l’emplacement de l’une des basses-cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 8Afin de protéger les habitants, devenant de plus en plus nombreux, des exactions de la guerre de 100 ans, ils décidèrent de fortifier le village. Une muraille épaisse s’éleva en 1439, et des tours de garde furent construites, le tout fut terminé en 1442.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 10Le rempart côté est du village dut partager le cimetière en deux avec l’autorisation de l’évêché. Les tombes furent déplacées. Lors de la Révolution, les biens de l’ordre furent vendus comme biens nationaux en1792. Le château était déjà en mauvais état faute d’entretien. En 1895, les remparts furent classés Monuments Historiques, ainsi que l’église, le château et quelques maisons du village en 1945.

 

 

 

 

 

Le village

 

La Couvertoirade 26Chose étonnante, le village de La Couvertoirade est installé sur un lieu aride sans source ni rivière.

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 28aLes habitants, au Moyen-âge, allaient chercher l’eau dans une grande citerne naturelle creusée dans le rocher, la Conque, qui récupérait l’eau du toit de l’église, puis mirent au point un système individuel de récupération de l’eau de pluie sur les toits des maisons.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 41aLe surplus d’eau s’écoulait ensuite le long des ruelles en pente et allait alimenter une lavogne en contrebas.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 12Au nord de l’église, proche du trou de la Conque, la muraille est percée d’un trou appelé le « don de l’eau ». Cela permettait aux habitants de faire passer l’eau puisée de la conque dans une auge en pierre, que les gens à l’extérieur des murailles pouvaient récupérer quand le village était fermé, lors des épidémies ou en temps de guerre.

La Couvertoirade 36a

 

 

La Couvertoirade 37a

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 7Le village possède quelques belles maisons, comme le presbytère, daté du XIIe siècle, l’hôtel de Grailhe, du milieu du XVIIe, ou, adossée au rempart, la maison de la Scipione, du XVe siècle, qui accueille les visiteurs.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 3Ce nom, qui lui fut donné au XIXe siècle, provient de la veuve de Scipion Sabde, propriétaire de l’époque. On disait d’elle qu’elle évoquait les esprits et qu’elle était un peu sorcière. La maison possède une belle tour d’escalier à vis et des fenêtres à meneaux.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 40aLes autres maisons du village sont typiques de l’architecture rurale caussenarde. Bâties comme des chapelles romanes, deux ou trois voûtes se superposent : au rez-de-chaussée, souvent creusés dans la roche, se tiennent la bergerie (A) et le réservoir d’eau alimenté par des chenaux provenant du toit. On accède au premier étage, où se trouvent les pièces d’habitation et la cheminée (B), par un escalier extérieur donnant sur une petite terrasse, le balet (D), souvent protégée par un auvent. Le dernier étage est occupé par le grenier (C), et la couverture du toit est faite de lauzes, plaques de calcaire taillées en écaille.

 

 

Les remparts

La Couvertoirade 4C’est à la suite de nombreux raids contre La Couvertoirade que les Hospitaliers, à la demande des villageois, construisirent une enceinte protectrice.

La Couvertoirade 1

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 6Les travaux commencèrent en 1439 et se poursuivirent jusqu’en 1445, période à laquelle l’évêque de Vabres donna son accord pour que la muraille coupe l’ancien cimetière en deux. A l’intérieur devaient être protégés les points d’eau, la lavogne et les citernes, l’église et les maisons.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 20Les remparts, percés de meurtrières (les archères, pour les armes de jet, les bombardières, pour les armes à feu), mesurent 420 m de long sur 1,30 m d’épaisseur. Ils sont agrémentés de plusieurs tours rondes reliées par un chemin de ronde et percés de plusieurs portes.

La Couvertoirade 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 2La porte nord, appelée « lou portal d’Amoun », est surmontée d’une tour carrée couronnée de mâchicoulis.

La Couvertoirade 19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 18Elle possède côté village une niche où est posée la statue du saint patron, Christol.

 

La Couvertoirade 42

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 5

La porte sud, «  lou portal d’Abal », équivalente de celle du nord, s’écroula en 1912. Plusieurs tranches de restaurations seront encore nécessaires pour la remonter.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 43Proche du château, une petite ouverture, la portanelle, permettait d’aller au moulin (restauré en 2009), situé sur la colline d’en face, et à la grange des Templiers.

 

La Couvertoirade 44

 

 

 

 

 

 

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L’église Saint-Christol de La Couvertoirade

L’église Saint-Christol

 

La Couvertoirade Saint-Christol 1Le plus ancien bâtiment de La Couvertoirade est une chapelle, à 800m à l’est du village actuel, qui fut construite sous le vocable de Saint-Christol. C’est de ce bâtiment dont il est question dans les cartulaires de Gellone. Il n’en reste pas grand-chose, quelques murs de la nef aux fenêtres à simple ébrasement et une partie du chœur, mais sa restauration est en projet. C’était probablement au départ une chapelle carolingienne dont le chevet carré, en ressaut, fut remplacé par un chœur voûté en berceau vers le XIe siècle. Les Templiers la conservèrent comme église paroissiale.

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 2aLa nouvelle église Saint-Christol, intra-muros, fut normalement construite par les Hospitaliers au XIVe siècle.

La Couvertoirade Église Saint-Christol 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 12Une clé de voûte représente une croix à huit pointes, symbole des huit Béatitudes qui leur étaient promises.

La Couvertoirade Église Saint-Christol 11

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 5Le mur nord en gros appareil (pierres taillées identiques à celles du château), posé sur le rocher, indiquerait qu’il faisait peut-être partie de l’ancienne enceinte castrale, ou que les pierres utilisées faisaient partie des bâtiments de l’ancienne basse-cour des Templiers.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 10Une tour de garde quant à elle surmontait le chœur, mais trop épaisse et trop lourde pour pouvoir être conservée, elle fut détruite au XVIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 13Le chevet plat, à l’est, faisait entièrement partie de la muraille.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade plan 1a

L’église, d’un plan très simple, comporte une nef à deux travées flanquée d’une chapelle au sud et un chœur à chevet plat voûté d’ogives.

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 19Le clocher carré surmonte la partie ouest de l’édifice.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 34aA gauche de la porte d’entrée en plein cintre romane (peut-être réemploi du château), le moulage d’une ancienne plaque en bronze située à l'origine à l'entrée du cimetière est gravée des mots occitans suivants : « Bonas gens que per aissi passatz Pregatz dieu per los trespassatz », « bonne gens qui par ici passez, priez Dieu pour les trépassés », remonterait quant à elle et selon quelques linguistes et quelques règles grammaticales, au XIIIe ou XIVe siècle.

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 7aAu-dessus, trois culs-de-lampe en réemploi sont intégrés dans la façade. D’où proviennent-ils ?

La Couvertoirade Église Saint-Christol 6a

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 22On accédait à l’église par un escalier taillé dans le rocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

saint christophe 12aL’église fut dédiée à saint Christol, ou Christophe (du grec Christós, le Christ, et de phorós, celui qui porte).

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 4aCe personnage imaginaire très populaire est représenté portant le Christ enfant sur ses épaules, lui faisant traverser une rivière. C’est la représentation symbolique d’un passage, qu’il soit spirituel ou alchimique, menant vers la lumière ou vers l’or, sa matérialisation.

 

 

 

 

Saint Christophe 1aLes premiers récits en orient parlaient de lui comme d’un géant à tête de chien, se rapprochant d’Anubis en Egypte, celui qui fait passer les morts dans l’au-delà.

Saint Christophe 5a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 8aEn occident, il est un géant cananéen (canis ?) voulant se mettre au service du plus grand des rois.

 Saint Christophe 7a

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 2a

Il est devenu le saint patron des voyageurs, portant une canne qu’un miracle fit refleurir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le cimetière

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 14Une partie du fameux cimetière coupé en deux par les remparts en 1445 jouxte l’église. En son sein plusieurs stèles discoïdales (des copies) sont posées, figurant d’anciennes tombes.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 9Deux de ces stèles, provenant de Saint-Martin-du-Vican, près de Nant, sont posées dans le chœur de l’église. Ces deux-là sont datées du XIVe siècle, alors que celles du cimetière sont plus récentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 15Les stèles discoïdales monolithiques sont constituées d'un disque de pierre sculpté en général au moins sur une face qui surmonte un socle souvent trapézoïdal. Elles sont dressées au chevet d'une tombe, toujours orientée est/ouest, leurs faces tournées vers le soleil levant, et on les trouve le plus souvent dans des cimetières villageois, monastiques ou hospitaliers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 18A quoi servirent ces stèles ? Plusieurs thèses ont vu le jour, comme celle qui en fait une spécificité funéraire cathare, ou bien templière ou jacquaire, la plupart en faisant un monument présentant des symboles chrétiens. Je pense que cela représente une infime partie de ce qu’elles sont vraiment. Symbole chrétien ? Oui, mais avant….

La Couvertoirade Église Saint-Christol 25

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 17Elles apparaissent à l'époque romaine, voire avant si l’on prend en compte par exemple les disques asturiens de l’Âge du Fer, et connurent une large diffusion entre les XIe et XVe siècles. Ces stèles subirent l’influence locale, comme celles d’Irlande (gaëlique et celtique). Leur diffusion s’est faite du Maroc jusqu'en Scandinavie et du Portugal jusqu’en Syrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stèle basque 4Au pays Basque, où elles sont nombreuses, on les appelle hilarri klinthôn, de hil, la mort, et arri, la pierre. On en trouve aussi dans des cimetières étrusques en Italie, en Russie et en Norvège. Certaines furent sculptées alors que le christianisme n’était pas arrivé d’orient, et en des endroits reculés qui n’ont même jamais entendu parler de lui. Il vaut mieux, à mon avis, se tourner vers le symbolisme de leurs dessins et de leurs formes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 23Ces stèles funéraires ont une partie circulaire posée sur une base de forme quadrilatérale, les plus anciennes étant trapézoïdales. Certains les voient d’aspect anthropomorphe, avec une tête importante posée sur un corps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stèle Tanit

 

 

D’autres pensent qu’elles ont un rapport avec le signe de la déesse carthaginoise Tanit (connexion du monde terrestre avec le monde céleste en forme d’orant), qui ressemble à l’ankh égyptien (croix de vie ou ansée, symbole de la vie éternelle, clé des mystères qui ouvre les portes de l’au-delà), les deux possédant des vertus apotropaïques.

 

 

 

 

 

Saint Christophe 10b

 

 

Arghhh…. Encore un mot savant qu’il faudra essayer de placer dans votre prochain repas de famille histoire de se la péter un peu : apotropaïque, du grec apotropein, détourner, est un adjectif appliqué à ce qui conjure le mauvais sort, à ce qui vise à détourner les influences maléfiques, comme par exemple…. la médaille de… saint Christophe.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 30Pour la forme, le cercle, c’est la représentation de la divinité, de la perfection, de l’éternité, des cycles de vie. Avec un point central, il devient actif, comme la roue (de feu, de fortune ou de vie) et protecteur. Le carré, c’est la terre, la matière, de l’incarnation, mais aussi de la connaissance secrète de la matière. Les deux sont reliés par un axe vertical.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stèle basque 2aLes dessins et signes gravés à l’intérieur du cercle peuvent donner l’axe horizontal. Souvent ils sont symboles solaires, parfois ils sont rouelles, quand le centre se déploie jusqu'à la périphérie telle la roue cosmique, parfois ils se rapprochent de la symbolique de la croix celtique, qui représente l’expérience humaine et son évolution.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 24Dans tous les cas, qu’elle soit chrétienne ou païenne, la stèle discoïdale porte toujours la même symbolique, reprise au fil du temps et des croyances, en rapport avec le passage du monde terrestre au monde céleste. Elle indique au visiteur qu’elle protègera le défunt se trouvant à ses pieds dans son voyage vers l’ailleurs. Héritage d’anciennes pratiques, promesse de vie éternelle, elle amène à la résurrection ou à la réincarnation, en tout cas à la renaissance dans un monde nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le château templier de La Couvertoirade

Le château

 

La Couvertoirade château 19Dominant le village, posé sur un piton rocheux, le château fut terminé en 1249. C’est le seul bâtiment militaire templier en France qu’il nous reste, propriété d’un particulier.

 

La Couvertoirade château 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade plan 2c

 

La Couvertoirade 14On accédait au château par une rampe menant à une barbacane (A), petit ouvrage de fortification avancé qui protégeait une première porte. Les vestiges de cette tour de fortification indiquent qu’une enceinte castrale extérieure existait à l’époque, protégeant une première basse-cour (B).

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 22La porte d’entrée, en arc brisé, est surmontée d’une bretèche, technique de défense importée d’orient.

 

La Couvertoirade château 20a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 8Sur la droite en rentrant, les ruines d’un ancien corps de logis (C) ajouté par les Hospitaliers, percé de fenêtres datant du XVe siècle.

 

La Couvertoirade château 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 2Sur la gauche, le donjon dont les murs sont soutenus par des contreforts plats (ressemblant à des lésènes, bandes verticales de faible relief destinés à la décoration comme les bandes lombardes) qui devaient supporter des mâchicoulis.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 5Il est fait de pierres de taille carrées, lisses et régulières.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 6Une rampe terminée par des escaliers taillés dans le rocher mène à une porte d’entrée romane.

 

La Couvertoirade château 12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 10Au rez-de-chaussée, en partie taillée dans le rocher, une première salle voûtée en berceau (F) est faiblement éclairée par une meurtrière.

 

La Couvertoirade château 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 9Un autre escalier mène aux étages supérieurs que je n’ai pu visiter. Une salle voûtée en plein cintre, orientée est/ouest, mesurant 3,20 m de longueur sur 5 m de largeur, servait de chapelle aux Templiers. D’après un texte de 1762, elle était elle-même surmontée d’une autre salle, disparue au cours du temps. Il manque donc un étage au donjon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade plan 3a

Plus au sud, la haute-cour (D) donne accès à deux salles voûtées, dont l’une surmonte une citerne (E). Ces deux salles ne faisaient pas partie de la visite.

 

La Couvertoirade château 7Elle se termine par un rocher sur lequel était construite une tour de défense (G).

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade château 17En dehors de l’enceinte castrale, au sud/est, se tiennent encore les murs d’une ancienne construction dont les pierres sont de même nature que celles du donjon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 31aLes archéologues pensent que nous sommes là en présence d’une grange, d’une écurie ou d’une bergerie, peut-être les trois à la fois. Cette bâtisse, mentionnée dans un document de 1613, fut restaurée au XVIIe siècle et possédait un toit en charpente supporté par 5 arceaux de pierre.

 

 

 

 

 

Templier 16aLes Templiers sont toujours auréolés de mystères. Ils nous avaient déjà fait le coup d’aller se balader à 9 à Jérusalem (c’est peu pour protéger les routes de Palestine), durant 9 ans (c’est long pour un service militaire) avant de fonder leur ordre et leurs 9 provinces d’occident, non pour eux, mais pour la gloire du nom du Seigneur. Pas mal pour un début.

 

 

 

 

Templier 15aLe 9, 3 fois 3, représente un principe de perfection réalisé sur 3 plans : physique, mental et spirituel, à l’image des deux cavaliers sur le même cheval. Le 9 c’est la triple couronne, le nombre du grand œuvre alchimique, c’est la fin d’un cycle, l’espoir d’une renaissance, d’un renouveau, le retour à l’unité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade ErmiteL’arcane IX du Tarot représente l’Ermite ou Hermite (issu du grec erêmos, le désert, ou du nom d’Hermès Trismégiste, inventeur de l’alchimie). L’Ermite effectivement tient une lanterne, c’est un porteur de lumière qui éclaire le chemin, amenant la sagesse et la connaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Baphomet 1Et que dire de leur soi-disant icône maléfique appelée Baphomet ? Mais que de mystères (du grec mustês, l’initié…) !  Nous parlions dans l’histoire de La Couvertoirade de la famille de Roquefeuil, dont était peut-être issu saint Fulcran, commanditaire de la première chapelle de Saint-Michel de Grandmont. Voici une bien belle histoire, elle aussi pleine de mystères :

 

 

« Il y a longtemps déjà, au sommet d’un dôme granitique dominant la vallée de la Dourbie, des prêtresses mirent en syntonisation les rochers chaotiques et les forces naturelles de la terre. Les anciens, récupérant l’endroit, y pratiquèrent leur culte solaire, creusant dans la pierre des cupules afin de préparer l’eau lustrale. Ils retaillèrent même des rochers en forme d’arche, leur donnant l’allure d’un dolmen. Plus tard, les bergers y menèrent paitre leurs troupeaux, persuadés qu’ils étaient que le lieu leur apporterait protection et fertilité. Le temporel prenant la place du spirituel, des gaulois y installèrent un oppidum, puis la puissante famille des Roquefeuil, issue des rois carolingiens (le premier Roquefeuil connu, Théodoric, épousa Aldana, fille de Charles Martel), y fit construire un château.

Le christianisme se fit alors plus pressant et remplaça les antiques croyances, qui gardèrent toutefois, pour celui qui sait lire entre les lignes, leur place dans les récits merveilleux de la vie de saints hommes. Au temps des croisades donc, l’épouse du seigneur de Roquefeuil mit au monde trois fils. Leurs cœurs étaient plein de noblesse et de piété, aussi, quand ils s’aperçurent qu’ils étaient tous trois amoureux de la même jeune fille, ils décidèrent de partir sur les routes de Jérusalem afin de protéger le tombeau du Christ. Le plus vaillant des trois obtiendrait la faveur de demander la belle en mariage.

Las, quand ils revinrent du combat, tous auréolés de gloire, la jeune dame était morte de chagrin d’avoir vu ses prétendants partir au-devant du danger. Il est dit aussi qu’un troubadour annonça faussement la mort des trois chevaliers et que la jeune dame ne put le supporter. Les trois frères, fous de douleur, décidèrent alors de se retirer du monde et de devenir ermites. Ils choisirent trois montagnes sacrées situées en triangle autour du château de la belle, et se promirent qu’à la date anniversaire de leur retour de terre sainte, ils allumeraient un grand feu, afin de ne jamais oublier l’amour de leur dame et leur attachement fraternel. Les années passèrent. Un premier feu ne s’alluma pas. Puis un deuxième. Le dernier s’éteignit à son tour. »

La Couvertoirade Saint-Guiral 2Le nom des chevaliers ? Comme celui de la dame, parfois appelée Berthe de Cantobre, Irène de Rogues ou Maguelone de Londres suivant les cas, leurs noms souvent diffèrent, mais Géraud ou Guiral en occitan est toujours présent. Suivant les régions, les deux autres frères s’appellent Alban et Sulpice en Aveyron, Alban et Loup dans le Gard, Loup et Clair dans l’Hérault. Les montagnes prirent le nom des trois chevaliers, le pic Saint-Guiral, le puech Saint-Alban, le pic Saint-Loup ou le mont Saint-Clair.

 

 

 


http://www.templiers.net/departements/index.php?page=12

http://www.tourisme-aveyron.com/fr/decouvrir/incontournables/couvertoirade.php

http://lelarzac.over-blog.com/2014/11/la-couvertoirade.html

http://www.lacouvertoirade.com/tourisme/index.php/Un-peu-d-histoire

http://jc34.eklablog.com/la-couvertoirade-a119326040

http://www.insolite-asso.fr/spip.php?article204#Situation
http://www.auxpaysdemesancetres.com/pages/midi-pyrenees/aveyron-12/la-couvertoirade.html

http://www2.ulg.ac.be/geolsed/processus/processus.htm

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16 novembre 2016

Le prieuré Saint-Michel-de-Grandmont

 

Saint-Michel de Grandmont 50Le prieuré grandmontain de Saint-Michel se situe sur le point culminant du versant sud d’un plateau de grès du triasique, entouré de champs jadis défrichés par les moines, de forêts de chênes, de châtaigniers et de sapins.

 

 

 

 

 

 

 

 

Grandmont 7Là se trouvait une source, là les anciens érigèrent des menhirs, construisirent des dolmens, creusèrent de larges bassins et de petites cupules dans les rochers. Comme tous les monts Saint-Michel, il fut certainement dédié bien avant l'ère chrétienne aux dieux solaires, Gargan au Néolithique, Lug ou Belen à l'époque celtique, Mercure ou Apollon chez l'occupant romain, tous préfigurant l’archange maitre des milices célestes, grand juge des âmes.

 




Historique de l’ordre de Grandmont

Grandmont 15aL’ordre de Grandmont fut créé à la fin du XIe siècle, lors du renouveau du monachisme. Il fut fondé vers 1076 par Étienne de Muret, fils aîné du vicomte de Thiers, juste avant que Bruno de Cologne ne fonde l’ordre des Chartreux (1084) et que Robert de Molesmes ne fonde Cîteaux (1098).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grandmont plan 1L’abbaye bénédictine d’Ambazac, près de Limoges, donna à Étienne la jouissance de terres situées dans les bois de Muret où il s’installa, bientôt rejoint par des compagnons attirés par sa vie austère, solitaire et contemplative.

 

 

 

 

 

 

 

Grandmont Etienne 1A sa mort en 1125, les religieux furent expulsés par les bénédictins et durent s’installer sur le plateau granitique de Grandmont, sur des terres données par le seigneur du lieu, Amélius de Montcocu.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 57aÉtienne de Liciac, le 4ème prieur, écrivit en 1156 la règle selon les préceptes d’Étienne (canonisé en 1189), l’une des plus sévères et pourtant des plus populaires du moment (l’ordre de Grandmont fut l’un des rares à ne pas adopter la règle bénédictine). Solitude, jeûne et silence comme les Pères du Désert, refus des fonctions paroissiales mais accueil des défavorisés, pas de dimes et rude travail manuel, pas de possessions de terres éloignées et de gros troupeaux, pas d’archives afin de ne dépendre de rien, protection des paysans et actions charitables, tout cela fit que l’ordre naissant fut pris sous la protection des puissants et obtint l’affection des petits qui appelaient les grandmontains les « bonshommes ».

 

 

Henri II aGrâce aux dons d’Henri II Plantagenêt, duc d’Aquitaine, la première église fut construite et consacrée en 1166 à Grandmont. L’ordre comprenait des convers, frères laïcs s’occupant des tâches matérielles, et des clercs, frères religieux se consacrant uniquement à la prière, l’originalité résidant dans le fait qu’un « dispensateur » était choisi parmi les premiers afin de diriger les seconds, sous l’autorité d’un correcteur et non d’un prieur, puisque les monastères, appelés « celles », ne prirent le statut de prieuré qu’en 1317. L’austérité de la règle et le manque de structure fiable fit que l’ordre ne connut pas le développement que fut celui des autres ordres contemporains.

 

 

 

 

 

 

Grandmont 8aEn 1317 donc, le pape Jean XXII  réorganisa l’ordre et érigea Grandmont au titre d’abbaye mère. L’ordre, qui ne comptait plus qu’une centaine de religieux, fut dissous en 1772, les prieurés furent vendus pendant la Révolution.

 

 

 

 

 

Grandmont 14

 

Les grandmontains sont quand même reconnus grâce à l’architecture particulière de leurs monastères, et grâce à leur trésor, composé d’orfèvreries, d’émaux et de manuscrits précieux,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grandmont 2

comme la célèbre châsse d’Ambazac

 

 

 

 

 

 

 

Grandmont Matthieu

ou l’autel majeur de Grandmont.

 

 

 

 

 

 
Historique du prieuré Saint-Michel

Saint-Michel de Grandmont 3Seul prieuré de l’ordre dédié à l’archange Michaël et à Marie plutôt qu’à la Vierge seulement, Saint-Michel de Grandmont est entouré de mystères. Le site fut occupé depuis fort longtemps, comme en témoignent les mégalithes bordant le plateau, l’autel dédié à Jupiter retrouvé à proximité et les tombes wisigothiques du cimetière.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 0Nous avons gardé la trace d’une ancienne chapelle dédiée à saint Michel, consacrée par l’évêque de Lodève Fulcran vers 975, dans un endroit appelé Cerclarias (devenu Sauclières) où un pèlerinage avait été mis en place. L’étymologie, en abandonnant le R, peut ramener à l’occitan celclaria, bois de châtaigniers, mais il n’y a aucune trace de castanéiculture avant l’arrivée des grandmontains au XIIe siècle. Le mot latin circulus, le petit cercle, semblerait plus approprié, l’endroit étant lié aux anciennes croyances des cercles des fées, des cercles de pierre, des enceintes druidiques, des espaces sacrés circulaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 42La chapelle Saint-Michel fut vraisemblablement détruite lors de la fondation du prieuré grandmontain. L’ancien sanctuaire apparaît en 988 dans le testament de saint Fulcran, en 1126 dans une donation de Raymond de Saint-Jean, puis en 1162 dans une bulle du pape Alexandre III, et la celle grandmontaine en 1186 dans un texte relatant un miracle dû à saint Étienne de Muret. La celle fut donc mise en place entre 1162 et 1186 mais personne ne sait qui en fut le fondateur. L’ancienne chapelle fut remplacée par l’église que nous pouvons voir aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 20Au nord de l’église, hors clôture, fut construit un portique en bois, servant à l’accueil des fidèles ainsi que de parloir aux moines. Les dons affluèrent malgré le vœu de pauvreté collective voulue par la règle de l’ordre. Guilhem de Cazouls, ou Guillaume de Caselles, évêque de Lodève, donna au prieuré les revenus de l’église Saint-Vincent de Mazons et surtout la forêt qui entourait la celle. Il fut inhumé dans l’église grandmontaine en 1259.

 

 

Saint-Michel de Grandmont 9En 1317, Saint-Michel fut élevé au rang de prieuré. En 1325, il fut placé sous protection royale et des fleurs de lys furent gravées sur les pierres. L’ancien portique en bois fut remplacé en 1335 par une chapelle qui restera indépendante de l’ordre, sous l'autorité de l'évêque de Lodève.
L’arrivée de la commende et la diminution des revenus firent qu’au XVIe siècle il ne resta plus que quatre religieux sur place. En 1772, lors de la suppression de l’ordre, Saint-Michel fut attribué au chapitre de Lodève.

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 11Vendu lors de la Révolution, il passa aux mains de particuliers, devint domaine viticole jusqu’en 1957 où la famille Bec (entrepreneurs BTP)le racheta. Après s’être vu refuser la demande d’en faire un hôtel de luxe, elle le réhabilita avec l’aide du service des Monuments Historiques (classé en 1981).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 28A l’heure actuelle, le prieuré est ouvert aux visites en période estivale. Il est entretenu par l'association des Amis du Prieuré Saint-Michel de Grandmont. L’accueil est formidable, l’endroit bien présenté avec un audio-guide qui laisse prendre le temps de ressentir chaque mètre carré du domaine.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 24Petit bémol : le prieuré est loué pour des manifestations comme des rencontres culturelles ou des mariages. Pas de bol, je suis arrivée pile au mauvais moment, et il m’a fallu affronter les horribles décorations qui dénaturaient l’endroit. Pauvres grandmontains à l’austérité minimaliste, s’ils avaient vu leur église…

 

 

 

 

 


Description

Saint-Michel de Grandmont plan 2dLes monastères grandmontains, appelés « celles », furent toujours construits sur le même plan dans un carré d’environ 30 à 40 m de côté figurant l’espace sacré. Ils se devaient d’être éloignés du monde, au milieu d’une forêt par exemple, à l’intérieur d’un enclos monastique entouré d’un fossé ou d’un mur en dehors duquel nulle possession n’était possible. C’est dans cet enclos que les moines, peu nombreux (environ une douzaine par celle), avaient leur potager(A), leur verger (B) et leur étang (C) dans lequel ils élevaient des poissons.

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont plan 1L’architecture particulière de l’ordre de Grandmont fait ressortir l’idéal des moines : simplicité et austérité. Le monastère comprenait une église (A) posée à l’endroit le plus élevé, en général au nord, dont l’abside sortait du quadrilatère, et trois ailes de bâtiments conventuels entourant le cloitre au centre (B), comprenant la salle capitulaire (C), la salle des moines (D) surmontés du dortoir, parfois une remise au sud en saillie (E), un réfectoire (F) et une cuisine (G), une hôtellerie (H).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 41Les murs intérieurs en petit appareil étaient recouverts d’un enduit à la chaux blanche et peints d’un décor de fausses pierres délimitées par un trait rouge. Sur les murs en pierre de taille, seuls les joints étaient peints en rouge. Les fenêtres et des arcatures étaient entourées d’un trait rouge en dents de scie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 14La visite commence par l’aile ouest de la celle, réservé traditionnellement à l’accueil des hôtes. Au rez-de-chaussée, une pièce carrée voûtée d’ogives (peut-être le réfectoire) dans laquelle fut installée une immense cheminée et dont les larges fenêtres datent du XXe siècle,

 

Saint-Michel de Grandmont 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 8et le logis des hôtes au premier étage, éclairé par deux baies romanes géminées à colonnette centrale, transformé au XVIIIe siècle pour loger le prieur, puis au XIXe en appartement privé qui ne se visite pas. Dans le plan grandmontain, ce bâtiment ne joignait pas forcément l’angle de l’église, ce qui est le cas ici puisque la façade occidentale de l’église est en retrait.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 17Cette pièce communique avec l’ancien couloir, étroit et voûté de plein cintre, qui reliait la cour des communs (la porte fut murée) au cloitre.

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 23Le cloitre fut construit au début du XIIIe siècle, après l’église. De gros piliers rectangulaires et des colonnettes jumelées finement taillées supportent alternativement les arcs géminés en plein cintre.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 27Les colonnettes sont surmontées de chapiteaux très sobres, aux décors de feuillages, de palmettes et de fleurons.

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 26Un lavabo, alimenté par une source, se trouvait dans l’angle sud/ouest du cloitre, proche du réfectoire. Et promis, les moines ascètes ne mettaient pas un tonneau de pinard au milieu de la cour, ils avaient le sens des convenances et de l’esthétique, eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 25Les galeries nord, ouest et sud furent voûtées d’ogives probablement plus tardivement. La terrasse les surmontant date du XIXe siècle. La galerie nord était prolongée à l’est par un couloir étroit et voûté de plein cintre, donnant sur le cimetière, appelé le « couloir des morts ».

Saint-Michel de Grandmont 38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 29De la galerie orientale, à simple plafond charpenté, part un escalier qui desservait le dortoir des moines, l’infirmerie ou cellule du correcteur, ouverte sur l’abside de l’église par une baie qui permettait d’assister aux offices sans se déplacer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 44Cette partie, qui ne se visite pas, fut remaniée entièrement au XIXe siècle et transformée en appartement. La façade fut percée de grandes fenêtres à croisillons et meneaux de style renaissance.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 54cC’est dans cette galerie qu’un tailloir accolé au mur porte une embase particulière. Sous le tailloir est creusée une niche faisant office d’armarium (armoire en latin) dans laquelle les moines posaient leurs livres de chants et de prières.
L'embase est sertie de 11 entailles, la première sur la gauche étant la plus petite. La distance entre elle et la dernière est de 0,575 m. C’est une unité de mesure, la coudée grandmontaine, que l’on retrouve dans toutes les proportions du cloitre :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 31les galeries font à peu près 25 coudées de long et 5 de large, la cour intérieure est un carré de 12,5 coudées de large, ce qui fait qu’il mesure le quart de la totalité.

Saint-Michel de Grandmont 28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 33Une porte de la galerie nord du cloitre amène à l’église romane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 5Datant de la fin du XIIe siècle, elle fut le premier bâtiment construit. Sans contreforts extérieurs, elle possède un portail au nord à trois voussures en arc brisé. Il est entouré de six colonnettes surmontées de chapiteaux très sobres. Il est surmonté de quatre corbeaux de pierre qui soutenaient jadis les poutres du portique.

Saint-Michel de Grandmont 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 58aLa porte ouest fut ouverte en 1849, lorsque le bâtiment fut transformé en chai, afin que les tonneaux de vin puissent facilement être entreposés.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 55aAu-dessus d’elle, une petite baie est ouverte dans la façade, laissant passer les rayons du soleil couchant. Une troisième porte, ouverte au sud, donne sur le cloitre.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 51aLe petit clocher octogonal, plus récent (fin XIIIe ou début XIVe siècle), construit sur une tour carrée, est coiffé d’un dôme de pierre. On passe du carré à l’octogone pour terminer au cercle, la quadrature est respectée. Plus on s’élève, partant du carré de la terre, plus on se rapproche du ciel et du cercle parfait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 53aL'église, d’une sobriété absolue, constituée de pierres taillées en grès, possède une unique nef en berceau continu légèrement brisé, délimitée par un cordon mouluré en quart-de-rond (la « vouta plana », spécificité grandmontaine).

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 36Les murs, sans aucune décoration et sans ouverture laissaient les moines dans une semi obscurité propice au recueillement.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 34Le chevet en cul de four, légèrement plus large (spécificité grandmontaine), est quant à lui percé de trois fenêtres hautes et étroites, fortement ébrasées (spécificité grandmontaine). La lumière n’éclairait que le saint des saints, là où se tenaient les officiants, du côté du soleil levant.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 35Pas de sacristie chez les grandmontains : elle était remplacée par des niches voûtées aménagées dans la muraille : une piscine pour les ablutions et une armoire liturgique au sud, deux placards pour les livres au nord.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 40De la galerie orientale du cloitre, trois arcades en plein cintre sous un arc de décharge s’ouvrent sur la salle capitulaire. Carrée à l’origine, elle fut réunie à une autre pièce, la salle des moines ou salle de travail au XIXe siècle, voûtées toutes deux de croisées d’ogive toriques partant du sol.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 43Elle bénéficiait de deux fenêtres ouvertes à l’orient, fortement ébrasées.L’ancienne salle des moines était reliée à une petite salle voûtée en demi-berceau, ouverte sur les jardins et hors enceinte sacrée. Elle servait probablement de remise pour le matériel agricole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 59L’aile méridionale de la celle, remaniée en habitation, ne se visite pas non plus. Elle était à l’époque occupée par le réfectoire des moines et la cuisine au rez-de-chaussée, par un grenier à l’étage.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 49Au nord, la chapelle gothique accolée à l’église fut construite hors clôture au XIVe siècle par Bérenger de Vailhauquès, abbé de Nant, à la place du portique en bois. Le bâtiment, flanqué de contreforts massifs, est voûté de croisées d’ogives.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 18Au-dessus de sa porte fut encastrée la pierre portant l’inscription de dédicace de l’ancienne chapelle : « consecrata est haec aula XI kl junii in honore sci michaelis archangeli », « ce sanctuaire a été consacré le 11 des calendes de juin en l'honneur de saint Michel archange ».

Saint-Michel de Grandmont 19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 45A l’est, le cimetière des moines, accessible à l’époque par le « couloir des morts », se tient comme il était d’usage chez les grandmontains devant le chevet de l’église. En 1983, des fouilles permirent de retrouver trois sortes de sépulture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 47Les plus récentes, deux caveaux maçonnés, contre l’ouverture du couloir des morts et contre le chevet, orientés nord/sud, sans doute construits pour des notables. De simples tombes de moines en dalles de lauzes, alignées est/ouest, datant des XIIe et XIIIe siècles.

Saint-Michel de Grandmont 48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont 46Enfin deux tombes accolées creusées dans le grès, typiques de la période wisigothique (entre les Ve et VIIe siècles), ce qui prouve que l’endroit fut sacralisé bien avant l’arrivée de Fulcran au Xe siècle.


 

 

 

 

 

 

http://monumentshistoriques.free.fr/abbayes/grandmont/grandmont.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Grandmont

http://www.limousin-medieval.com/grandmont

http://grandmont.pagesperso-orange.fr/index.html

https://saintsulpicelauriere.wordpress.com/labbaye-de-grandmont/

http://www.imagesplus.fr/Le-Prieure-Saint-Michel-de-Grandmont_a199.html

http://fmoreau.recit.free.fr/index.php?ref=MFQ9527



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Les mégalithes de Saint-Michel-de-Grandmont



Saint-Michel de Grandmont 1Le prieuré grandmontain de Saint-Michel se situe sur le haut du versant sud d’un plateau de grès du triasique, lui-même posé au milieu d’un petit massif volcanique appelé l’Escandorgue dont les volcans, actifs il y a 2 millions d’années, ont été rabotés par l’usure du temps.

 

 

 

 

 

 

Ruffes 2aIci, au milieu des anomalies magnétiques du bassin de Lodève (ou la présence humaine est attestée depuis le Paléolithique supérieur), les basaltes noirs des coulées de lave côtoient les calcaires blancs du Causse du Larzac tout proche et les roches sédimentaires rouges typiques du Lodévois, nommées ruffes (de l’occitan rufa, rouge), formées de sédiments argileux, de grès fin et d’oxydes de fer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont plan 4cEtonnant ? Là se trouvait une source, là les anciens érigèrent des menhirs, construisirent des dolmens, creusèrent de larges bassins dans les rochers.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont plan 3bDeux axes relient les principaux sites, l’un passant par le chœur de l’église Saint-Michel (A) et le site mégalithique cultuel (B), l’autre reliant le dolmen de Coste-Rouge (C) à celui du Belvédère (D), se croisant tous deux au milieu du site mégalithique des pierres à bassins (E).

 

 

 

 


 
Le dolmen de Coste-Rouge

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 3C’est le mégalithe le mieux conservé et le plus connu du domaine. Il fut classé au titre des Monuments Historiques en 1900.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 7Erigés au milieu d’une terrasse circulaire dominant le paysage, deux anciens volcans à sa droite, le Brandou et le Serre-Beau (532 et 547 m), le dolmen et son couloir d’accès étaient recouverts d’un tumulus aujourd’hui disparu dont les pierres jonchent encore le sol alentours.

 

 

 

 

 



Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 2Les légendes parlent de lui comme de « l’ostalet das fadas » c'est-à-dire la  maisonnette des fées. Au Moyen-âge, il était reconnu pour ses propriétés curatives, en particulier les maladies de peau : deux moines déshabillaient le malade, brûlaient ses vêtements, et le faisaient s’allonger sur la table.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 14Les païens constructeurs de mégalithes se sont vus rafler le fruit de leurs connaissances, et une croix fut gravée sur l’une des dalles de grès située à l’ouest. Moindre mal, le mégalithe est toujours debout.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 13L’unique chambre est constituée de cinq dalles de grès, les murs circulaires sont en rhyolite (l'équivalent volcanique du granite).

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 12On accède à la chambre par une ouverture dite en « porte-de-four », taillée dans une dalle de grès. L’intérieur de la chambre mesure 3 m de long sur 2 m  de large.

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 16La table sommitale, d’un poids de 10 tonnes, mesure 3,15 m de long et 3 m de large.

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 15

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 1aD’après les archéologues, qui se basent sur la découverte d’ossements humains en son centre, c’est un monument funéraire collectif datant de 1500 avant notre ère, au milieu de l’Âge du Bronze.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 5Mais vous et moi savons qu’habituellement un dolmen n’est pas une sépulture, comme une église romane n’est pas un tombeau. Sa mise en place me parait bien plus ancienne, et on peut penser qu’il fut réutilisé plus tard à plusieurs occasions. Mais…

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 8Le dolmen de Coste-Rouge est orienté au sud/ouest, sur le coucher du soleil au solstice d’hiver. La symbolique des orientations nous apprend que celle-ci en particulier est en rapport avec la mort, la déstructuration de la matière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 6C’est une zone d’évacuation, qu’il ne faut surtout pas verrouiller sous peine de désagréments effectifs. « Le dolmen accélère le voyage des âmes, métamorphose les désincarnés, accueille le chemin de toutes morts, nous dit Tibul, qu’elles soient naturelles ou initiatiques ». Coste-Rouge accomplit cette fonction et fut sans doute utilisé pour ça.
 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste Rouge plan

Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 10Saint-Michel de Grandmont dolmen de Coste-Rouge 11

 

 

 

 

 

 

 

 


Le dolmen du Belvédère

Saint-Michel de Grandmont dolmen du Belvédère 2aDe l’autre côté du prieuré, situé sur une avancée du plateau surmontant le ruisseau de la Bouire se dresse un autre dolmen, dit du Belvédère, lui aussi christianisé par une croix gravée sur la dalle ouest.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen du belvedere 7aC’est aussi un dolmen à couloir, dont la dalle de couverture mesure 3,20 m de long sur 2,10 m de large.

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen du belvedere 8aIl est orienté au sud à 194° d’azimut, soit, dans la symbolique des orientations, au début de la déstructuration de l’être après une phase de densification et de prise de conscience.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen du belvedere 9aCelui qui entre dans la chambre, où l’on peut se tenir debout, va regarder au sud, il va voir la lumière physique que l’on aperçoit de l’intérieur, au point de mort, dans la destruction de la matière. Aurait-il l’idée d’aller se poser à l’arrière du mégalithe, sous le petit auvent formé par les pierres, le dos contre la dalle du fond, regardant vers le nord ? Là il trouvera, s’il entre en résonance avec le lieu,  le point de vie, la résurrection, la naissance. Il tournera le dos à la lumière physique, mais trouvera la lumière intérieure, spirituelle.


 

 



Le dolmen de Grandmont

Saint-Michel de Grandmont dolmen Grandmont 1aIl se situe à la pointe de l’avancée du plateau dominant le ruisseau de la Bouire, sous le dolmen du Belvédère. Il n’en reste que peu de choses, une dalle debout côté sud/est et deux autres couchées.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont dolmen Grandmont 2aOn remarque les restes de l’ancien tumulus qui fut entouré d’un muret de pierres sèches.  

    

 

 

 

 

 



Le site mégalithique des pierres à bassins

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 31Il occupe toute la partie la plus haute du plateau, au sud-ouest du prieuré.

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 30Le chemin énergétique ne suit pas du tout le chemin touristique, et il faut passer par plusieurs paliers et portes de vie avant d’arriver aux pierres disséminées dans le sous-bois, ce qui fait penser à une triple enceinte protectrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 33Les pierres sont parfois naturelles, seulement creusées par l’érosion, mais certains blocs de grès furent façonnés de la main de l’homme quand il apparut que ce fut nécessaire. Les cuvettes ou bassins font encore leur office, transformer l’eau naturelle en liquide médicinal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 32Des sièges furent aménagés dans la roche, invitant le passant à s’asseoir. Certains soulagent différents maux comme le mal de dos, d’autres permettent une intériorisation propice au voyage intérieur, d’autres sont réservées aux femmes, dans un endroit dédié à la naissance et à la fécondité.

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 34La Grande-Déesse est bien présente, normal pour une hauteur dédiée à saint Michel. Là se trouve l’ancien hôpital. Comment ne pas penser à un autre site lui ressemblant fortement, celui de Cervières dans la Loire, même présentation, même fonction.

 

 

 

 

 



Le site mégalithique sacré

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 2Proche du centre de soins, au sud, le centre sacré. Les archéologues, par manque d'éléments datables, ont estimé l’endroit de la même époque que le dolmen de Coste-Rouge, c'est-à-dire vers 1500 avant notre ère. Pour ma part, le dolmen fut érigé bien après ces pierres qui sont, à mon avis, les premières traces d’un lieu sacré sur le plateau.

 

 

 

 



Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 12Comme tout centre cultuel, l’endroit nous donne la possibilité d’ouvrir le site énergétiquement. Le mode d’emploi sera différent selon l’opérant et selon la date. Et pour celles et ceux qui n’ont pas besoin de clé, il s’ouvre instantanément.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 13Une pierre à bassin pourrait servir à la fabrication d’eau lustrale (l’eau est source de vie, moyen de purification et centre de régénération. La fonction du bassin sera alors de renforcer ses propriétés, par la forme, par l’emplacement et par l’intention qu’y pose l’officiant).

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 14A une autre, qui pourrait être considérée comme la pierre centrale, j’ai donné le nom de « seize âmes ».  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 15Une autre encore possède un siège, orienté vers la pierre centrale, sur lequel l’impétrant aurait pu s’asseoir, participant alors à un rituel d’initiation.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 1En allant vers l’est, une pierre couchée, fortement énergétique, nous indique une direction bien particulière, le lever du soleil au solstice d’hiver, dans l’axe de laquelle se trouvent plusieurs autres pierres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 18La pierre appelée le « menhir », mesure environ 1,40 m de hauteur.  

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 3Nous arrivons ensuite au bassin en bordure du plateau. Nous sommes devant un panorama époustouflant, face à la vallée de la rivière Lergue qui conflue dans l’Hérault, jusqu’au Mont-Saint-Loup (l’ancien volcan d’Agde) et la Méditerranée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 6La cuvette taillée dans le rocher porte plusieurs noms, entre autres « l’écuelle du Diable » ou « la table des sacrifices ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 4Faut-il que le christianisme ait eu besoin d’affirmer son pouvoir face aux anciennes croyances de ses brebis… Saint Martin de Tours, le zélé destructeur de mégalithes qui suivit à la lettre l’édit de l’empereur Honorius ordonnant la démolition de tous les sites païens aurait pu s’offusquer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 8La cuvette fut donc intentionnellement creusée, et ses bords entaillés. La plus grosse encoche est orientée sur le lever du soleil au solstice d’hiver, dans l’axe formé avec le menhir et la pierre allongée.

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 10D’autres axes sont marqués, comme le lever du soleil au solstice d’hiver ou le coucher du soleil au solstice d’été. Le carré solsticial du lieu nous est présenté, reliant la cuvette aux énergies particulières de cet endroit.

Saint-Michel de Grandmont ensemble mégalithique 9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Michel de Saverne 2

Et cette fois, comment ne pas penser à un autre mont dédié à saint Michel, à Saverne, en Alsace, avec son « école des sorcières », l’Hexenschule, que je qualifiais d’endroit initiatique ( circulaire donc parfait) et réservé aux femmes (malgré la présence de l’archange, le lieu était préalablement dédié à la déesse Herta, d’où son nom primitif de Herthenstein), permettant d'accéder à des mondes différents. En est-il de même ici ?  Probablement, même si je n’ai pas eu le temps d’expérimenter véritablement la chose.

  

 

 

 

 

 

http://fmoreau.recit.free.fr/index.php?ref=MFQ9527*

http://dolmen2.free.fr/crbst_4.html#anchor-top

http://www.t4t35.fr/Megalithes/AfficheSite.aspx?NumSite=9360

http://la.vieille.free.fr/indexa.htm

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24 octobre 2016

Le Menez Hom

 

Menez Hom 3Situé à 6 km à l’est de la mer d’Iroise et de la baie de Douarnenez, dominant de ses 330 mètres d’altitude au sud la commune de Plomodiern et au nord les méandres de l’Aulne, le Menez Hom est l’une des 4 collines sacrées de la pointe de la Bretagne (avec le Menez Kronan ou Mikael, le Mané Guen, et le Menez Bré). Menez, en breton, c’est la montagne. Hom ou c’homm, et serait issu du vieux breton komm, la vallée. Nous avons donc ici le mont de la vallée. Pas très original.

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom 6aConstituée principalement de grès et de quelques roches volcaniques sur son flanc nord-est, cette colline, terminant le massif des Montagnes Noires, s’est formée il y a 480 millions d’années, puis s’est érodée. Elle présente deux sommets, distants de 800m environ,  le sommet principal, le Yed (ged en breton = le guet),

 

 

 

 

Menez Hom petit Menez 1et le Yelc'h ou Hielc’h (gellik, le brun ?). Il parait que sur celui-ci se tient un cercle de pierres, vestige d’un ancien temple gallo-romain. Je n’ai pas pu vérifier…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

menez lié 7Dans l’alignement, un peu plus bas, le dolmen du Menez Lié, où s’est tenu le sorcier du Menez Hom qui se faisait appeler l’archi-druide Ioan Vraz.

 

Menez Lié 8a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom 5Tenant une position dominante stratégique, il est normal que le sommet soit devenu un poste de guet. Nous gardons les traces de quelques fortifications d’où les hommes surveillaient les envahisseurs, vikings, pirates ou anglais, et où ils allumaient des feux pour prévenir du danger.

 

 

 

 

 

 

Menez Hom 4Pendant la seconde guerre mondiale, les allemands y avaient installé un poste d’observation, ce qui n’empêcha pourtant en rien la résistance, le 1er septembre 1944, face à 15 000 soldats ennemis, d’aller y planter le drapeau français.

 

 

 

 

 

 

Menez Hom 2Une chose reste sûre, le Menez Hom fut, depuis la nuit des temps, considéré comme une montagne sacrée. Des mégalithes, tous disposés sur le versant sud, malheureusement disparurent. Il y aurait eu des dolmens, un cromlech et un tumulus, le tout entouré de remparts qui, selon la légende, auraient été construits en une nuit par Cernunnos pour servir les maitres du lieu. Le docteur Antoine Vourc'h, délégué de la société de préhistoire du Finistère, auteur de « la préhistoire dans le Menez Hom », trouva des tombelles de l’âge du fer (petit monticule servant de tombeau) et cinq enceintes sur le versant nord.

 

 

 

 

Menez Hom 1Sur le sommet devait se tenir un sanctuaire dédié à Belenos, le très brillant, celui que l’on fête lors de Beltaine, la fête du feu et du renouveau de la lumière du 1er mai, qui fut assimilé à Apollon par les envahisseurs romains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom Brigitte 3Au début du XXe siècle, une statue en bronze d’environ 70 cm d’une déesse gallo-romaine portant un casque surmonté d’un cygne fut retrouvée sur le versant est, près de Kerguilly. Elle aurait été façonnée par les Osismes, tribu gauloise bretonne, au Ier siècle.

 

Menez Hom Brigitte 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom Brigitte 5Elle fut assimilée à la déesse Brigit, associée à la gauloise Belissama ou à la bretonne Brigantia, « la très haute », déesse universelle des Celtes, correspondant à Minerve ou Athéna, sœur d’Apollon. D’après la tradition irlandaise, elle fait partie des Thuata De Danann, épouse de Bres, un Fomoire. Déesse triple des druides, des bardes et des vates, des médecins, des poètes et des forgerons. Elle est associée à la fête d’Imbolc, la purification du 1er février.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom Ker Ys

Le Menez Hom est aussi porteur de légendes, par exemple celle de la ville de Ker Ys engloutie : le roi Gradlon et saint Guénolé virent s’y réfugier montés sur le cheval magique Morvarc’h. Mais la plus connue reste liée au roi Marc’h. Le barde Skreo ar Mor, autrement dit Anatole Le Braz, écrivit: « Sur les flancs du Menez est une pyramide de pierres brutes qu'on appelle dans le pays le Bern Mein. Un roi, dit-on, est enterré sous ce cairn ».

 

 

 

 

Menez Hom Marc'h

Marc’h (cheval en breton), le roi Marc de la légende arthurienne, parfois assimilé à Conomor (Marcus Quonomorius), roi de Domnonée ayant vécu au VIe siècle, est parfois porteur d’oreilles de cheval. On connaît la légende qui le lie à saint They. Que lui est-il arrivé cette fois-ci ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom cheval 2

« Le roi Marc’h était connu dans la contrée pour être cruel et sans pitié, tuant tout homme qui lui tenait tête, mais aussi bon et généreux, distribuant ses richesses aux pauvres, pour être un valeureux guerrier mais aussi un tyran, pour être un trousseur de jupons mais aussi un fervent adorateur de sainte Marie, pour laquelle il avait fait construire une chapelle à mi-pente du sommet de la montagne sacrée du Menez Hom, sur le versant sud. Bref, cet homme était duel, penchant vers l’enfer et regardant vers le ciel. Il adorait son cheval Morvarc’h, qu’il montait allègrement en partant à la guerre ou à la chasse. Ce cheval avait le don de pouvoir galoper sur les flots…

 

 

Menez Hom biche blanche 5

Par un beau matin de février, chevauchant Morvarc’h, il vit une biche à la magnifique robe blanche sortant de la forêt de Koad Neved, que l’on disait maudite ou sacrée suivant ses croyances.  En effet, au milieu des arbres, un grand mur entourait une belle clairière : les uns y voyaient la patte du diable puisqu’il était dit qu’il avait construit la muraille en une nuit autour du site où les sorciers organisaient leur sabbat, les autres pensaient que les anciens avaient sanctifié l’endroit où se tenait leur lieu sacré, l’antique nemeton, qu’ils avaient entouré d’un mur afin de préserver des yeux du commun des mortels leurs rituels.

 

 

 

Menez Hom biche blanche 4a

Quoi qu’il en soit, Marc’h poursuivit un long moment l’animal, jusqu’à la montagne sacrée du Menez Hom, puis jusqu’au bord de la mer. La biche se réfugia alors au sommet d’un rocher qu’elle atteignit d’un bond immense au-dessus des flots. Marc’h, insensible aux gémissements de la bête traquée, à ses yeux mouillés, à sa plainte déchirante, tira sa flèche droit au cœur. Le trait n’atteignit jamais son but : non seulement la biche resta en vie, mais la flèche repartit en direction de la grève où elle se ficha profondément dans le poitrail de Morvarc’h, le tuant sur le coup. Et sous les yeux ébahis du roi, la biche se transforma en une jeune fille merveilleusement belle. Marc’h rugit, saisit son poignard et se précipita pour occire celle qui l’avait séparé de son cheval tant aimé. Alors qu’il se rapprochait, le roi reconnut, à la clé en or qu’elle portait autour du cou, Dahut, la fille du roi Gradlon, la princesse de la ville d'Ys engloutie… et ne put faire un pas de plus.

 - Roi Marc’h, tu es cruel, dit Dahut. Pour cela, tu mérites la mort, mais je sais que tu peux aussi être bon. Tu n’auras qu’un châtiment exemplaire !

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom cheval 1

La belle jeune fille fit un geste vers le cheval Morvarc’h qui se releva. Elle sauta sur son dos et partit au galop sur les eaux, puis disparut bientôt au large. Quand à Marc’h, il se retrouva avec une crinière et deux oreilles de cheval. Il retourna chez lui, furieux et honteux, cachant tant bien que mal les attributs contre nature que la princesse d’Ys lui avait attribué. Mais cela ne lui servit pas de leçon, et malgré sa dévotion à Marie, il resta cruel et sans pitié, presque jusqu’à la fin de sa vie. Pour que le secret de ses oreilles de cheval ne soit pas divulgué, il fit mettre à mort tous les coiffeurs qui s’occupaient de lui…

Il devint vieux, et plus sage. Son cœur changea, et il ne resta plus que la bonté. Il reprit alors ses oreilles et ses cheveux d’humain. Puis il mourut, le jour anniversaire de sa rencontre avec Dahut. Ses sujets creusèrent son tombeau parmi ceux des personnages illustres, sur le versant nord de la montagne sacrée.

Menez Hom saint Michel 2

Saint Michel le peseur d’âmes voulut l’envoyer en enfer, mais Marie prit sa défense. Il fut trouvé un arrangement : l’âme de Marc’h devra rester dans son tombeau jusqu’à ce que du haut de celui-ci, elle puisse apercevoir le clocher de la chapelle qu’il avait fait construire. A ce moment là seulement il pourra regagner les cieux.

 

 

 

 

 

 

Par un beau jour de début mai, bien des années plus tard, un pauvre paysan de Kervennec voulut se rendre chez sa sœur qui avait épousé un forgeron de Kerfréval. En passant près du Menez Hom, il vit une petite vieille assise sur un tas de cailloux.

-          Veux-tu m’aider, jeune homme ? lui demanda-t-elle.

-          Si je puis, volontiers madame.

-          Vois-tu cette pierre au bord du chemin ? Prends-la et pose-la sur le petit tas de cailloux que tu vois derrière moi.

Le paysan fut surpris, mais fit ce qu’on lui avait demandé.

-          Merci beaucoup. Pour ta récompense, voici une pièce d’or, dit la vieille au brave homme ébahi. Veux-tu encore m’aider ?

-          Pour sûr ! lança-t-il, la mine réjouie, pensant aux bonnes choses qu’il allait pouvoir offrir à ses enfants avec la pièce.

-          Demande à tes connaissances, tes parents, tes amis, qu’ils demandent à leur tour à leurs connaissances, leurs parents, leurs amis, de poser une pierre sur le tas de cailloux que tu as devant toi chaque fois qu’ils passeront par là, afin qu’il prenne le plus de hauteur possible. Je pourrais être là, cachée dans les ajoncs, attendant de donner une autre pièce d’or…

Menez Hom vieille 1

Vous aurez compris que la vieille n’était autre que la Vierge Marie déguisée, cherchant à aider celui qui lui portait tant d’affection. Depuis ce jour, les Bretons aimant les légendes ne manquent pas de poser leur caillou à chacun de leur passage au Menez Hom sur la tombe du roi Marc‘h qu’on appelle le Bern Mein. Peut-être est-ce cette histoire qui inspira la légende d’un animal très rare, le dahut, dont il est dit que celui qui réussirait à l’attraper une nuit du 15 août sur les flancs du menez Hom deviendrait riche à millions… »

 

 

 

 

 

Menez Hom cheval 3

Qu’avons-nous à comprendre de cette histoire ? Le 1er mai au pays de Galles est associé à l’apparition d’un cheval maudit, le March Malaen, cité dans l’une des triades écrites par le poète Iolo Morgangw en 1807. Il fait partie des trois fléaux de Bretagne, avec le Draig Prydain (le dragon de Grande-Bretagne) et le Gwr Lledrithiawg (le magicien à demi-apparence).

 

 

 

 

 

 

 

 

Midas 9a

Le March Malaen pourrait se rapprocher d’un ancien roi légendaire, Margg, un Fomoire (premiers habitants d’Irlande, juste après le déluge, appelés les géants de la mer. Bres, un roi Fomoire d’une beauté sans pareille mais d’une avarice sans nom, est l’époux de Brigitt, une déesse des Thuata de Danann à qui il apprit l’agriculture) qui s’unit à la fille du roi de Fir Morca (l’Armorique, la Bretagne et/ou un peuple de géants) et possédait des oreilles de cheval. On parle aussi en Irlande de Labraid Loingsech, un roi exilé qui possédait des oreilles de cheval et tuait ses barbiers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom poséidon 2a

La tradition celte n’est pas la seule à parler du cheval. Chez les Grecs, le cheval est fils de Poséidon, représentant « les forces de l’Océan primordial d’où naissent la vie et les instincts et la maitrise de celui qui sait dominer ses passions. Il est situé au début et au terme du voyage initiatique de l’être ».

 

 

 

 

 

Menez Hom centaure

L’homme-cheval est un centaure, qui lui aussi peut représenter la force brutale de la nature, mais reste le plus souvent symbole de l’initiation. Le centaure instruit l’homme, il représente la sagesse et enseigne les secrets. Sa flèche, lorsqu’il devient archer ou Sagittaire, devient le symbole de la destinée. En la lançant, le centaure manifeste sa volonté de choisir sa cible et ne visera autre chose que le centaure lui-même, le centre de son être.

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom silène

La mythologie grecque raconte aussi l’histoire de Midas, roi de Phrygie, qui, ayant sauvé la vie de Silène (compagnon de Dionysos et dieu des ruisseaux, des sources, des puits, de l'eau et de l'humidité fécondante), se vit offrir le don de transformer en or tout ce qu’il touchait.

 

 

 

 

 

 

 

 

Midas 6

Mais il est connu aussi pour sa participation en tant que juge au duel entre Pan et sa flûte et Apollon et sa lyre, pour savoir lequel des deux protagonistes créait les sons les plus mélodieux. Midas, à l’encontre des autres juges, préféra la flûte à la lyre. Apollon, courroucé, lui fit pousser des oreilles d’âne. Le cheval symbolise la connaissance, l’âne la révélation.

 

 

 

 

Menez Hom bonnet âne

Ne pensez-pas que le bonnet d’âne de notre enfance fut créé pour humilier les mauvais élèves. C’est tout le contraire : il transmettait l’intelligence de l’animal à celui qui en avait besoin… La vraie bêtise des hommes fit le reste.

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom Mars 2

Chez les Romains, le cheval est lié à Mars, le dieu de la guerre. Il est sacrifié lors de la cérémonie du cheval d’octobre, puis passe du combat aux labours, devenant l’attribut des divinités agraires.  Il devent solaire, tirant le char d’Apollon. Il est dit qu’un Dieu peut « chevaucher » un homme, qui laisse de côté sa propre personnalité pour que celle de l’être supérieur puisse se manifester.

 

 

 

 

 

 

 

 

Menez Hom cheval chapiteau

Au Moyen-âge, il est la « cabale », porteuse de secrets et de connaissances. Le chevalier, en quête de la Lumière, devient le messager de la cabale. Le cheval est  aussi psychopompe, guide des âmes. Sur les chapiteaux romans, il représente l’âme qui poursuit son chemin après la mort.

 

 

 

 

Menez Hom cheval chapiteau 3a

C’est étonnant ce que peuvent nous apprendre les contes.

 

 

 

http://sherry.over-blog.com/article-le-dolmen-de-menez-lie-79197625.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9nez_Hom

http://www.aulne-porzay-tourisme.com/decouvrir/cote-montagne/le-menez-hom

http://www.pelerin.com/Pelerinages/En-Bretagne-sur-les-traces-du-roi-Marc-h

http://www.bagadoo.tm.fr/kemper/roi_march.html.

http://lilwenna.over-blog.com/article-pilulier-breton-legende-du-roi-marc-h-98383093.html

http://www.saint-guenole.fr/legende-du-roi-march.html

http://mythologica.fr/medieval/marc.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc%27h

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La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom

 

Sainte-Marie du Menez Hom 3Nous venons de voir que le roi Marc’h avait fait construire une chapelle aux pieds de la montagne sacrée du Menez Hom en l’honneur de sainte Marie. C’est la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, nommée Ty ar Werc’hès, la Maison de la Vierge en breton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 14Elle fut construite en 1570 sur les ruines d’une construction romane, elle-même bâtie, selon la tradition, sur les restes d’un temple dédié à la déesse Brigitt, situé à l’intersection des anciennes routes commerciales de la région.

 

Sainte-Marie du Menez Hom 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 2On pénètre dans l’enclos paroissial ou placitre par une triple porte monumentale édifiée en 1739. La porte centrale est surmontée d’un fronton où sont creusées de chaque côté des niches contenant une statue de la Vierge et une de saint Hervé. Elle est fermée par une grille ouverte uniquement lors du passage des cortèges funéraires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 27Les fidèles au quotidien doivent utiliser les portes latérales, dont le passage est barré par une pierre qu’il faut enjamber (fait pour empêcher les animaux d’entrer dans l’enclos).

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 26Il semblerait que l’une des pierres de seuil en schiste ardoisier soit un remploi d’une ancienne pierre à cupules.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 13A l‘intérieur de l’enclos, le calvaire à trois croix date de 1544 et fut réalisé dans l’atelier de l’Elorn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 19Sur le socle Marie-Madeleine agenouillée, que l’on retrouve au premier niveau aux côtés d’une Piétà, accompagnée de saint Jean, saint Pierre et saint Yves. Au-dessus, deux cavaliers aux pieds du Christ crucifié. Les deux autres croix présentent les deux larrons. 

 Sainte-Marie du Menez Hom 20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 8La chapelle, en croix-latine à chœur à chevet droit peu saillant, fut construite grâce aux dons importants provenant des marchands venus des quatre coins de la Bretagne participer aux quatre grandes foires, dont celle consacrée aux chevaux et celle du 17 juin (proche du solstice), le jour de la saint Hervé (fils de barde, aveugle de naissance et musicien aidé d’un loup).

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 11Ils participaient aussi activement au pardon du 2eme dimanche de mai (mois de Marie, de la fécondité, du feu, de Beltaine, fête de Belenos) et plus tard du 15 août (mois de Lugnasad, fête de l’Assomption de Marie).

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 6Sainte-Marie fut agrandie entre 1591 et 1597 avec le doublement des bas-côtés.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 5La dernière extension, dans l’angle nord-ouest, est appelée la chambre des moines. Elle fut restaurée et modifiée entre 1663 et 1773, date de la fin de l’édification du clocher-porche à galeries à balustrades, surmonté d’un dôme à lanternon.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 4La foudre frappa ce clocher et endommagea la toiture en mars 1903, mais l’édifice fut aussitôt réparé, puis fut classé aux Monuments Historiques en 1916. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 12A l’intérieur de la chapelle, l’autel central et les deux autels latéraux sont surmontés de retables réalisés entre 1703 et 1710. Ils furent classés aux Monuments Historiques en 1912, avant même la chapelle. La statuaire du retable représente la Sainte Famille (Marie et l’enfant, Joseph, Anne et Joachim) et les bas-reliefs des scènes de l’Annonciation, la Visitation, la Nativité et l’Assomption.

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 25aDans la chapelle également, des pièces remarquables du XVIe siècle, les sablières. Une panne sablière est une poutre placée horizontalement à la base du versant de toiture, sur le mur de façade. On la nomme ainsi car on la posait sur un lit de sable, qui en fuyant permettait à la poutre de prendre sa place lentement.

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 9La statuaire de la chapelle est riche : un saint Laurent du XVe siècle, saint Hervé, parmi d’autres.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 22aIl existe bien sûr une fontaine sacrée proche de la chapelle. Elle se situe dans un champ, en direction de l’Aulne.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 24aA l’heure actuelle très abimée, cette fontaine-mur se composait encore en 1920 de deux pans inclinés et de deux murets reposoirs qui encadraient le bassin.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 28Un peu plus loin sur la route de Plomodiern se dresse la croix de Park ar Groaz Ru, en français la croix du Champ de la Croix Rouge. Les Templiers ne s’installaient pas n’importe où…

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Anatole Le Braz 4aEt pour finir, nous retrouvons notre barde Skreo ar Mor, autrement dit Anatole Le Braz, qui écrivit dans La Noël de Jean Rumengol :

 

 

 

 

 

« La Vierge était chère aux Bretons du littoral. Sur tous les caps ils dressaient son image; ils lui bâtissaient des maisons de pierre sculptée, surmontées de ces clochers élégants qu'on prendrait de loin pour de fines dentelles en granit suspendues entre terre et ciel. Ils l'invoquaient sous de multiples qualificatifs, les plus poétiques, les plus tendres. Ils la nommaient « Madame Marie la douce », « Vierge de Bonne Nouvelle », « Reine divine de la mer ». Pendant les tourmentes, ils la voyaient marcher, vêtue de lumière, sur les flots. Elle ouvrait devant les bateaux des routes d'argent clair. Le seul frôlement de sa longue robe blanche apaisait la colère des vagues; la tempête lui obéissait avec une docilité de brebis.

C'est du moins ce que croyaient fermement les Bretons d'autrefois.

Ils croyaient encore que sainte Marie du Ménez-Hom avait été proposée par Dieu à la conservation des mystérieuses cités qui dorment, enfouies sous les eaux, au large des plages armoricaines. Aux temps anciens, avant la disparition d'Is, elle fut la patronne de cette légendaire capitale de la Cornouaille. Quand la ville eut été submergée par les flots, le roi Gralon, qui s'était enfui sur son cheval gris pommelé, avec saint Guennolé en croupe, vint prendre terre au pied du Ménez-Hom. Sur les conseils du moine, il fit élever au sommet du mont une église expiatoire, de proportions modestes, mais qui reproduisait néanmoins en ses lignes essentielles la cathédrale d'Is. Il s'apprêtait même à y faire sculpter une sainte Marie en granit bleu toute pareille à celle que la mer avait engloutie avec toute la ville. Guennolé lui enjoignit d'attendre, et momentanément la niche destinée à la Vierge resta vide.

Mais, un soir, les pêcheurs de Cast, de Penn-Trez et de Plomodiern ne furent pas peu surpris de voir la silhouette rigide d'une femme, que le couchant nimbait d'or, s'avancer majestueusement sur la face de la mer. Elle marchait tout d'une pièce, comme une statue. Et c'en était une. Parvenue à la grève, elle s'engagea dans le sentier de la montagne, et, le lendemain - qui était un dimanche - la Vierge d'Is se dressait en pied dans l'église neuve du Ménez-Horn. Il paraît que dans sa main droite elle tenait une clef de fer artistement ouvrée. On en conclut que c'était la clef de la ville engloutie. Depuis, un proverbe eut cours, qui disait: " Si jamais sainte Marie descend du Ménez-Hom, ce sera pour rouvrir les portes de Ker-ls. »

Comme le gland engendre le chêne, ainsi le proverbe engendre souvent la légende. Plus tard on raconta dans le pays que la Vierge du mont quittait son piédestal tous les cent ans, durant la nuit de Noël, pour aller montrer le Mabik aux cités qui dorment sous les ondes. Bienheureux le vivant qui se trouvait, cette nuit-là, sur son chemin. La Vierge le priait de porter l'Enfant-Dieu et l'emmenait à sa suite dans les villes sous-marines ressuscitées. Il y assistait à de si merveilleux spectacles, y coudoyait une telle profusion de richesses que ses yeux en demeuraient éblouis pour l'éternité. »

 

http://www.plomodiern.fr/public/patrimoine/

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La fontaine Saint-Lahouarn de Plomodiern

 

Plomodiern 6aPlomodiern, aux pieds du Menez-Hom, est une très ancienne paroisse bretonne. Son nom provient du breton ploe, la paroisse, et de l’hagionyme Modiern ou Mordeyrn, saint né au Ve siècle à Nantglyn au pays de Galles. Il aurait été fils du roi Edeyrn d’Edeymion, petit-fils du roi Cunedda Wledig, descendant du roi David.

 

 

 

 

 

Plomodiern golden maned 1Dans un poème du XVIe siècle, il est dit qu’il se rendit sur l’ile sainte de Bardsey sur son cheval Golden-Mane qui marchait sur l’eau. Il prit alors le surnom de « roi de la mer » (tiens, ça me rappelle un peu Gradlon et Morvarc’h ou le roi Marc’h). Il revint au pays et construisit ensuite une chapelle où il fut enterré à sa mort. Ce sanctuaire devint lieu de pèlerinage, son nom étant invoqué pour obtenir la guérison des gens et des troupeaux durant une année.

 

 

 

 

 

 

Plomodiern fontaine Saint-Corentin 3aC’est aussi sur la commune de Plomodiern, à Lescobet, que la légende situe l’ermitage de saint Corentin (sant Kaourintin). Ce saint du VIe siècle aurait vécu en se nourrissant d’un filet d’un unique poisson qu’il pêchait chaque jour dans une fontaine, et qui se reconstituait miraculeusement le lendemain. Il aurait aussi, selon la tradition, nourri Gradlon et sa suite qui s’étaient perdus dans la lande avec ce même poisson. Gradlon, impressionné, fit de Corentin l’évêque de sa capitale, Quimper.

 

 

 

 

plomodiern fontaine Sant-Corentin 1On dit que ce poisson était une truite, ou un saumon. Et tout le monde sait que chez les celtes, le saumon, homologue du sanglier, est l’animal de la science sacrée, symbole de la connaissance et de la sagesse. Il relie le monde lunaire invisible au monde solaire sensible. C’est lui qui remonte à la source.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Ménez-Hom Hervé 1Mais c’est un autre saint qui nous intéresse : Lahouarn, saint patron de l’église de Plomodiern, que l’on retrouve aussi au fronton de la porte monumentale du placitre de Sainte-Marie du Menez Hom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 1A l’entrée du bourg, déplacée de l’autre côté de la route, se tient une petite fontaine de dévotion qui lui est dédiée. Avec sa voûte en berceau et son toit en bâtière très pentu, elle se dresse dans un petit enclos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 4Son eau se déverse dans un bassin. Les sculptures dressées de chaque côté ont été rajoutées : saint Marc et son lion, saint Nicolas et les trois enfants.

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 2Accrochés au fronton, les restes d’un Christ en croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 3La seule représentation de Lahouarn, au fond de la niche, est récente. La légende dit que le saint venait s’y laver les pieds.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 1Mais qui était ce Lahouarn ? C’est un saint populaire de Bretagne, né à Plouzévédé, qui porte de nombreux noms, parmi lesquels Mahouarn, Houarneau, Hoarvian, Hoarnec, Houarné, Houarniaule. Mais le plus connu reste Hervé. La légende le présente comme le fils d’Hyvarnion, un barde venu de Grande-Bretagne au début du VIe siècle à la cour du roi Childebert, et de Rivanon son épouse.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 7aSes parents firent le vœu que l’enfant à venir ne voit jamais « la fausse lumière trompeuse de ce monde, mais qu’il ait la vision des splendeurs célestes ».  Il naquit aveugle et devint musicien. D’une grande piété, doué pour les études, il renonça aux ordres majeurs, n’acceptant que la fonction d’exorciste, et se fit ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 3Il fonda un monastère près de l’endroit où il est né, qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé). Il y mourut le 17 juin 568. Auparavant, il avait été l’un des juges lors du procès du roi Conomor. Parmi les miracles qui lui sont attribués, comme l’exorcisme de plusieurs démons et le jaillissement de plusieurs sources, le plus célèbre reste sans doute celui de la maitrise du loup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 2Un jour qu’il labourait avec l’âne de son cousin Urfold, aidé d’un jeune garçon qui lui servait de guide, Guich’Haran, un loup vint et dévora l’animal. Hervé le regarda, et le loup s’attela de lui-même à la charrette, remplaçant l’âne dans tous ses travaux.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 8Une autre version raconte que c’est le chien qui guidait Hervé qui fut mangé. Le loup prit alors sa place et devint un fidèle compagnon. C’est pour ces raisons qu’Hervé est représenté tenant un loup en laisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 1aRobert-Jacques Thibaud parle du loup : « il représente les forces de la nuit, le danger que peuvent redouter ceux qui s’égarent hors du bon chemin. Associé au royaume des morts, il devint au Moyen-âge, un des serviteurs du diable dévorant ou emportant les âmes, ce qui faisait de lui un principe initiatique et psychopompe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 6aIl peut aussi devenir l’instrument de la divinité, si ce n’est la divinité elle-même (Zeus-Anubis-Apollon) telle que l’illustre la louve romaine allaitant Romulus et Remus. Il s’agit de la puissance du principe lunaire, des êtres de son domaine, redoutés parce que mal connus de notre conscience solaire ». Tenir un loup en laisse, comme le fit Hervé, je vous laisse deviner à quoi cela correspond.

 

 

 

 

Plomodiern Odin 1Chez les Celtes, Le dieu Lug était accompagné de deux loups, comme Wotan chez les Germains et Odin chez les Nordiques. Lug étymologiquement proviendrait du proto indo-européen leuk, la lumière, alors que le loup vient de lukwos, assez proche finalement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 9aChez les Grecs, lumière leukos puis lukê et loup lukos ou lykos sont très proches phonétiquement. Apollon Lycien ou Lykeios est soit le dieu de la lumière, soit un dieu-loup (la Lycie, en Turquie du sud, est le pays de Leto, sa mère, qui se fait aider par les loups). Apollon Lycien, maître des passages, révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Aristote ne s’y trompa pas, lui qui fonda son école philosophique initiatique, le Lycée, à proximité de son temple. Et que dire de Romulus et Remus ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 3aChez les Bretons, le loup, bleiz, du celtique ancien bledios, donna son nom à l’instructeur de Merlin, Bleiz ou Blaise, l’un des derniers grands druides (voire avatar de Belenos, dont l’un des animaux attributs est le loup), qui vivait en forêt entouré de loups. Revenons à Odin. Ce dieu nordique est borgne : il a donné un de ses yeux pour pouvoir boire à la fontaine du savoir. Hervé est allé plus loin dans la connaissance puisqu’il a donné ses deux yeux. Il aura, en contrepartie, le don de double vue.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 5Une autre légende rapporte qu’Hervé, en éternuant, perdit une dent qui vint se ficher dans une grosse pierre, formant une fente d’où immédiatement jaillit une grande clarté, un rayon si concentré qu’il faillit tuer un jeune garçon qui passait par là. Oups. Fiat lux, et facta est lux ?  Attention dent j’ai, il faut faire gaffe en s’approchant de la pure lumière… Le pouvoir créateur de l’esprit est infini.

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 6aHervé devint naturellement le saint patron des bardes bretons. Il est invoqué bien sûr pour les maladies oculaires (conjointement avec saint Lubin…Lupin… Lupus…sacré Arsène, que Maurice Leblanc ne créa que pour éveiller, sacré Remus, le loup-garou ami d’Harry Potter, surnommé Lunard-la Lune, grand sorcier, excellent professeur de défense contre les forces du Mal), mais aussi pour la guérison des peurs, pour la protection des animaux, en particulier les chevaux, comme le montre ce cantique : « Ô Saint Hervé, saint béni du mal et de la maladie, protège-nous et nos chevaux. »

  

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