01 juin 2018

Moussages

Moussages 19Il est des lieux plus puissants que d’autres. Cela tient souvent aux énergies du ciel et de la terre qui les ont façonnés et aux forces naturelles particulières qui en émanent. Situé au cœur du Massif Central, les Monts du Cantal, vestiges du plus grand stratovolcan d’Europe en font partie.

 

 

 

 

 

Moussages Monts du Cantal'Cet énorme et unique volcan, dont l’activité débuta il y a environ 13 millions d’années, mesurait près de 70 km de diamètre. De son centre, une vingtaine de rivières puis de glaciers ont formé des vallées rayonnantes, découpant les plateaux basaltiques triangulaires ou planèzes. Bizarrement, chacune de ces vallées ou presque abritait en son sein ou menait à une Vierge Noire. L’étymologie du nom du Mont du Cantal, Mons Cantallu, nous renvoie au gaulois cant, qui veut dire brillant. Du temps des romains, il fut appelé Mons Celtus, traversé par la via Celtica.

 

 

 

 

 

 

Moussages Puy MaryLe Puy Mary, avec ses 1783 m d’altitude, fait partie des plus hauts sommets. Son nom provient non pas de la Vierge Marie comme on pourrait s’y attendre, mais de Marius, qui évangélisa la Haute Auvergne vers le VIe ou VIIe siècle (certains disent qu’il fut le disciple de saint Austremoine).

 

 

 

 

 

Moussages Puy Mary 2'Le Puy Mary s’est formé il y a 6,5 millions d’années par l’accumulation de lave visqueuse autour de la cheminée centrale. Au Quaternaire il fut érodé par les glaciers, ce qui lui donna sa forme pyramidale. Il est entouré de 7 vallées glaciaires qui partent en étoile depuis son sommet.

 

 

 

 

Moussages 13La vallée du Mars est l’une d’elles. Le Mars prend sa source dans le cirque glaciaire du Falgoux, du nom du premier village de la vallée où se situe la ferme de mes ancêtres, et se jette dans la Sumène après avoir parcouru une trentaine de kilomètres.

 

 

 

 

 

 

Moussages 16La vallée, tout d’abord en forme d’auge ou en U, avec des pentes douces propices à l’implantation humaine (s’y trouvent des châteaux, des maisons de maitre, des moulins, des fermes, des granges et des burons), se termine en V après les villages de Pons et de Montbrun, avec des parois escarpées inutilisables.

 

 

 

 

 

Moussages

 

 

Moussages 46aPrès de ce verrou se situe le village de Moussages, éloigné de 3 lieues de Mauriac. Les premières traces connues d’une présence humaine remontent à l’époque romaine, comme le démontrent les fouilles opérées près de Valens, au lieu-dit Le Rampant.

 

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Moussages 45bMoussages, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle -mentionné en 822- recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne), devint au Moyen-âge une seigneurie annexée à celle de Claviers, relevant des évêques de Clermont.

 

 

 

 

 

Moussages 43Le bourg possédait son château, la Valmaison, détruit pendant la Révolution. Il était dressé près de l’église romane dédiée à saint Barthélémy, l’un des 12 apôtres, celui que l'Église apostolique arménienne considère comme le « premier illuminateur du pays d'Arménie ». A noter, une ancienne coutume du village : les curés de Saint-Barthélemy de Moussages se devaient de donner à manger, une fois l’an, la veille de la fête du saint patron, à tous les chefs de famille du village.

 

 

 

 

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L'église Saint-Barthélémy fut, d’après la datation de son portail (ici un ancien tympan déposé dehors), probablement construite au XIe siècle. Maintes fois remaniée, elle possède encore une abside du XIIe siècle dont les modillons ne laissent aucun doute sur le sens de l’humour des imagiers de l’époque.

 

 

 

 

Moussages 26Quel retournement, là où la tête de la bête, passant entre ses pattes, vient lécher la matière lourde sortant de son cul ! Quel chemin à parcourir avant de pouvoir devenir homme ! Celui-là tient entre ses mains sa barbe, symbole de connaissance et de sagesse. Mais elle est divisée en deux. Il est difficile de sortir de la dualité…

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Moussages 29Le clocher est beaucoup plus récent.

 

 

 

 

 

 

Moussages 23'A l’arrière de l’église, une fontaine à bassin octogonal en pierre, du XVIIIe siècle, montre une partie centrale décorée de mascarons (ornement représentant un masque, une figure humaine, à la fonction apotropaïque, c’est-à-dire servant à conjurer le mauvais sort ou à éloigner les esprits maléfiques) : ici des dauphins stylisés crachant l’eau et une tête d’homme barbu et ricanant couronnée de feuillages.

 

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L’intérieur est assez sobre.

 

 

 

 

 

Moussages_31_Le centre du chœur est occupé par une ancienne croix de cimetière du XVe siècle : un croisillon fleuronné surmonte d’un côté le Christ et de l’autre la Vierge Marie. Sous une stalle, peut-être un ancêtre gaulois avec ses moustaches

 

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A l’entrée du chœur, sur la gauche, une niche en hauteur contient une statue romane de la plus pure tradition auvergnate, Notre-Dame de Claviers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette Vierge noire en majesté se rapproche de sa sœur de Heume-l’Eglise et non pas de la Vierge Morgan du Metropolitan Museum of Art de New-York comme j’ai pu le lire sur le net. Mais elle n’est pas à sa place. En effet, elle est restée bien longtemps dans l’ancienne chapelle castrale de Jailhac.

Moussages_Heume_New_York

Jailhac

 

Moussages_21_Le hameau de Jailhac se situe à quelques encablures de Moussages. Un chemin bordé de talus en descend au milieu des champs vers une petite chapelle romane située aux pieds d’un éperon rocheux où se situait le château de Claviers dont dépendait la seigneurie de Moussages.

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Moussages_7_C’est dans cet écrin que trouva refuge l’une des plus belles Vierges noires d’Auvergne. Des documents trouvés dans la chapelle parlent d’un ancien village, Corbeyre (racine pré-indo-européenne korb, désignant des lieux montagneux), entièrement détruit vers 1523 lors des guerres de Religion. Son église abritait une Vierge en majesté qui fut sauvée par un villageois et transportée dans la chapelle du château de Claviers dont elle tire son nom actuel.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_8_La butte castrale domine la vallée du Mars. Du château ne restent que quelques pans de murs épars, montrant la présence une double enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_11_En son centre se trouve une source (résurgence) abritée par un bâti en pierre. Les seigneurs de Claviers, connus depuis 1109, portaient le titre de baron. Le nom de Claviers provient du radical latin clavis, la clé, et du suffixe ier, désignant une personne réalisant une action, un métier. Donc, le seigneur de Claviers serait un maitre des clés…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs légendes attachées à ce lieu nous sont parvenues.

L’une d’elles parle d’un baron de Claviers, homme détestable et tyrannique vivant au XIVe siècle, qui interdit le mariage de sa fille avec Rigaud de Montclar, dont elle était amoureuse, lui préférant le fils du comptour d’Apchon, de plus haute lignée. Le rejeton de cette illustre famille, dont la devise « haut et clair » fut reprise plus tard par toute l’Auvergne, était pourtant bossu et borgne. La jeune fille tint bon et refusa cette union. Le baron, furieux, blessa le jeune amoureux. La demoiselle le croyant mort, elle mit le feu au château de son père et mourut dans les flammes. Il ne resta que la chapelle… Fin de Claviers. Historiquement, un certain Brun de Claviers prit part à la révolte des nobles d’Auvergne qui défendirent leurs privilèges contre le clergé en 1328. Ceci expliquant peut-être cela. Un certain Rigaud de Montclar devint moine bénédictin et finit prieur du Port-Dieu en Corrèze vers 1335…

Une autre légende parle d’un jeune pâtre de Jailhac à qui un ange rendit visite, lui montrant une statue de la Vierge posée dans l’herbe près d’une source. L’enfant rapporta la statue chez lui, mais le lendemain, elle disparut. On la retrouva près de la source et on décida alors de lui construire en ce lieu une chapelle. Bientôt le nombre de pèlerins augmenta, l’eau de la source étant devenue miraculeuse.

Une autre encore parle des frères Guy et Raoul, coseigneurs de Scorailles, qui prirent le chemin de l’Orient lors de la première croisade en 1096. Raoul, avant de partir, fit don d’une statue de la Vierge à la chapelle de Jailhac. Etant très généreux, il en offrit deux autres, une au château de Scorailles et une à Saint-Christophe-les-Gorges. Ils revinrent en 1115 avec les chefs des saints Côme et Damien, qu’ils offrirent à l’abbaye de Brageac (Côme, saint patron des chirurgiens, et son frère Damien, saint patron des pharmaciens, nés en Arabie, souffrirent le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. Ils sont dits « anagyres », sans argent, car ils soignaient gratuitement).

 

Moussages_9_La chapelle castrale, placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge, date des XIe et XIIe siècles. Sa construction remonte en tout cas avant 1109.  Elle devint église paroissiale en 1519 et fut presque oubliée jusqu’au XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_15_A cette époque, vers 1870, François Lesmarie, vouant sa vie à Dieu après la guérison miraculeuse de son cancer du visage par le curé d’Ars, s’y installe en ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_10_Aidé des paroissiens, il rénove le bâtiment et sculpte un chemin de croix sur la butte castrale, où il fait ériger une statue de la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_14_Le pèlerinage reprit de plus belle, et tous les dimanches précédant le 15 août (une semaine avant l’assomption de la Vierge) et les 8 septembre (fête de sa nativité), une foule se presse sur le perron semi-circulaire qu’il fit aménager devant la chapelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_6_La chapelle, de plan rectangulaire, possède un magnifique clocher-peigne et un chevet roman très dépouillé.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_2A l’intérieur, une abside semi-circulaire voûtée en cul de four dans laquelle, sur la gauche, s’ouvre une petite niche contenant la copie de Notre-Dame de Claviers ; l’originale, victime de sa notoriété, est conservée dans l’église de Moussages, sous verre et protégée par une alarme. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’aller chercher le maitre des clés et la porte est restée fermée.

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Claviers

 

VN_Moussages_0715aCette Vierge en majesté fait partie de la statuaire auvergnate romane. Elle fut remarquée par André Malraux qui vint en visite dans la région en 1944. Elle fut restaurée dans les ateliers du Louvre en 1958 : sous une couche de peinture noire apparut alors la polychromie d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_35_Elle possède beaucoup des attributs des Vierges noires : datée de la première moitié du XIIe siècle, mesurant 81 cm de haut, posée sur un socle de 32 cm par 28, sculptée dans du chêne, la Vierge en majesté assise sur une cathèdre tient de ses mains démesurées l’enfant dans son giron. Ses pieds sont couverts de chaussures fines et pointues. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Elle prend une pose hiératique et son visage reste froid, ne reflétant aucun sentiment. Elle porte une robe bleu-vert plissée couverte d’un pallium, vêtement à capuche et à longues manches.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’enfant, dont le visage parait plutôt adulte, est vêtu de rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages 12'Elle fut trouvée près d’une source, et l’élément oriental est présent par le don qu’en fit un croisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliché de l’intérieur de la chapelle d’André Muzac, Archives du Cantal 1980

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04 janvier 2017

Prague (Praha), historique

 

Prague 29Il était une fois… L’histoire de Prague ne peut commencer que par cette phrase, tant le merveilleux côtoie le quotidien dans la capitale de la région historique de Bohème, au croisement des routes commerciales est/ouest et nord/sud qui traversent l'Europe.

 

 

 

 

 

 

Borvo et Damona

Cette région fertile où il fait bon vivre, peuplée depuis le Paléolithique, accueillit l'un des plus importants peuples celtes de l'Âge de Fer, les Boïens (dont le dieu tutélaire, Borvo, dieu guérisseur lié à l’eau, avait comme parèdre Damona, la grande vache, l’équivalent de Boand chez les Irlandais), qui lui donnèrent leur nom.

 

 

 

 

 

Alamans 1Ils furent délogés par les Marcomans, des germains venant du Danube, puis par les Avars, originaires de Mongolie, et ce jusqu’à l’invasion des Slaves, peuple d’Europe Centrale venus du nord de l'Ukraine et du sud de la Biélorussie au VIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Futhark 2a« Il semble même qu’un temps les Marcomans et les Boïens vécurent ensemble et échangèrent biens et cultures. En outre il est troublant que quand on soulève l’hypothèse qu’une partie du système final des Runes, l’alphabet du Futhark, ait été élaboré par les Marcomans, il soit tentant de s’interroger sur l’apport des Boïens (et peut-être de leurs Oghams) à l’écriture sacrée des Germains. Car il faut avoir à l’esprit que les Boïens, grands voyageurs et artistes, comptèrent à ce titre assez de points de convergence avec les Marcomans, l’un des peuple Germain les plus érudits. »

 

 

 

 

Prague Libuše 2aLa légende des origines de Prague nous parle d’une jeune femme, Libuše, fille du voïvode Krok, successeur de Čech (chef de clan qui donna son nom au peuple tchèque, s’installa avec son peuple au bord de la rivière Vltava (Moldau) au VIIIe siècle, et construisit un premier château-fort, Vyšehrad). Les deux sœurs ainées de Libuše, Kazi et Teta, étaient respectivement herboriste et guérisseuse, prêtresse et magicienne. Libuše, quant à elle, avait le don de prophétie. Etant la plus sage, elle fut choisie par son père pour lui succéder, ce qu’elle fit avec courage et discernement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague Libuše 4aElle rendait la justice non pas sous un chêne, mais sous un tilleul, arbre sacré des Slaves. Elle s’entoura d’une armée d’amazones, menées par son amie Vlasta. Mais la société étant devenue patriarcale, on lui demanda de choisir un mari, afin qu’il puisse s’occuper des affaires militaires et politiques.

 

 

 

 

 

Prague Libuše 3aElle fit alors une prédiction : « vous trouverez mon futur époux labourant avec deux bœufs un champ du village de Stadice. Il se nomme Přemysl Oráč et nos enfants gouverneront ce pays jusqu’à la fin des temps ». Les guerriers le trouvèrent et le ramenèrent. Il épousa la princesse et furent tout deux les ancêtres de la dynastie des Přemyslides.

 

 

 

 

Prague 31Elle eut alors une autre vision : « Je vois une cité dont la gloire monte jusqu’aux étoiles. Je vois un immense château où s’installe ma race… Au plus épais des bois, vous trouverez un homme occupé à tailler le seuil de sa maison. Praha, c’est-à-dire « le seuil », voilà comment vous appellerez le château que vous édifierez en ce lieu. Et de même que tout homme, le serf comme le chef ou le prince, s’incline pour franchir le seuil d’une demeure, de même le monde entier s’inclinera devant cet édifice… ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cosmas 1L'endroit fut trouvé, ce sera la colline de Hradčany où se construira en 870 le château des rois de Bohême, qui deviendra celui des empereurs du Saint-Empire romain germanique, des présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque. Cette légende de la fondation de Prague est rapportée dans la Chronica Boemorum, livre écrit en 1119 par Cosmas de Prague, ecclésiastique, écrivain, historien et chroniqueur.

 

 

 

 

 

Prague 39Même si l’étymologie de Prague vient probablement de l’ancien slave praga, le gué, alors que práh, le seuil, est issu du tchèque moderne, je discerne bien autre chose dans cette légende. Au niveau historique, nous avons en place l’ancienne religion, l’arrivée du patriarcat et l’invasion des tribus slaves. Au niveau symbolique, nous avons l’ancienne religion, une jeune fille, des bœufs, un arbre sacré. Pas étonnant que Prague fut l’une des rares villes d’Europe centrale à posséder une Vierge Noire.

 

 

 

 

Prague 4Prague se christianisa, puis se développa au fil des siècles : sous le règne du roi chrétien Venceslas (devenu le saint patron de la Bohème et de la Moravie), assassiné en 929 par Boleslav, son frère resté païen, puis au XIVe siècle sous le règne de Charles IV qui fit de la ville sa résidence impériale et la capitale du royaume

 

 

 

 

 

Prague 21( en 1378 Prague compte 40 000 habitants), au XVIe sous le règne de Rodolphe II de Habsbourg (protecteur des arts et des sciences et épris d’ésotérisme), où elle devint le foyer de la vie politique, sociale et culturelle de l’Europe centrale, au XVIIIe, où elle s'embellit de nombreux édifices baroques, au XIXe où elle se modernisa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 8Prague devint en 1918 la capitale du nouvel état, la République tchécoslovaque. Elle prospéra avant d’entrer dans une période trouble débutant avec l’invasion des troupes allemandes d’Hitler en 1939, continuant avec le joug soviétique avant la Révolution de Velours de 1990. En 2000, Prague fut nommée capitale européenne de la Culture.

 

 

 

 

 

Prague 15

La ville attira de tout temps les musiciens, les scientifiques, les alchimistes, les écrivains et les poètes, bref, les chercheurs et les rêveurs, qui souvent ne font qu’un. On y vit séjourner Rabbi Yehouda Loew ben Betzalel et son golem, John Dee et Edward Kelley, Giuseppe Arcimboldo, Tycho Brahe, Johannes Kepler,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 17Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Bedřich Smetana, Antonín Dvořák, Gustav Meyrink, Rainer Maria Rilke, Albert Einstein, Franz Kafka, Miloš Forman, Eva Herzigová ou Adriana Sklenaříková-Karembeu. Pour les deux dernières, c’est juste pour faire plaisir à un ami connaisseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 13Prague la bien nommée, un seuil, un gué, un passage qui amène vers d’autres mondes, qu’André Breton surnomma la "capitale magique de la vieille Europe", est mystérieuse à bien des égards. Charles IV, lors de son règne, décida de faire de sa capitale l’image terrestre de la Jérusalem céleste. Les anciens cardo et decumanus, les axes solsticiaux en font partie intégrante, et l’axe est/ouest formé par le passage des reliques de saint Venceslas devint la voie royale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 56Charles IV remplaça l’ancien pont Judith dont il reste quelques arches par celui qui porte maintenant son nom, le pont Charles, ou Karluv most, et parsema la voie de symboles alchimiques. La première pierre du pont lui-même fut posée en 1357, le 9e jour du 7e mois, à 5h31, ce qui forme le palindrome 135797531, formé des 5 premiers nombres impairs et considéré propice par les astrologues du roi.

 

 

 

Prague 59aAprès le pont, la voie royale se divise. Une branche part en direction du château, sur la droite, symbole de la voie exotérique, l’autre part sur la gauche, vers le pavillon de l’étoile (pavillon de chasse réalisé au milieu du XVIe siècle en forme d'étoile à six branches, figuration de la conception du cosmos de l’époque), symbole de la voie ésotérique.

 

 

 

 

Prague symbole alchimie 2Dans les signes gravés dans la pierre ou peints sur les façades (enseignes qui, jusqu'au XVIIIe siècle, palliaient l'absence de numérotation des maisons), un œil averti pourra discerner la transposition du bestiaire alchimique, allégorie du processus de fabrication de la pierre philosophale,

 

 

 

 

 

Prague 18débutant à la tour Poudrière,traversant Staré město et son horloge astronomique, et terminant à Malá Strana, le quartier du château, résidence privilégiée de l’aristocratie.

 

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Prague 60Et même si la ruelle d’Or est une fable (jamais alchimiste n’y posa ne serait-ce qu’un simple petit creuset), l’endroit dégage une énergie particulière, en oubliant le vilain malappris, le mufle indélicat, le goujat malotru, grossier personnage, rustre malhonnête et fâcheux pignouf que je voue aux Gémonies qui m’y a piqué mon portefeuille.

 

 

 

 

 

Prague 37Non, les alchimistes n’étaient pas si proches du château. Ils ont posé leurs alambics dans le vieux quartier de Josefov. C’est là qu’au XVIe siècle le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, dit le Maharal (acrostiche hébraïque de Morenou HaRav Loew, notre enseignant, le rabbin Loew), ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler, fabriqua son golem avec l’argile des rives de la Vltava.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 55Légendes devenues universelles… Au sud du quartier Nové město, au coin de la place Charles (Karlovo náměstí), se dresse un bâtiment gothique qui eut de curieux propriétaires ou locataires. Tout d’abord palais construit pour Nicolas de Troppau, frère illégitime du duc de Bohême Ottokar II Přemyslide, il passa aux mains de son dernier descendant, Venceslas, qui pratiquait les sciences naturelles.

 

 

 

 

Faust 3aSe suivirent Jakub Krucínka, un astrologue dont les fils s’entretuèrent, Edward Kelley l’alchimiste qui l’acheta en 1590, le comte Ferdinand Antonín Mladota de Solopysk, chimiste et métaphysicien, puis son fils Josef Petr, fabriquant d’automates. Tous ces gens contribuèrent à forger la légende du célèbre docteur Faust, qui vendit son âme au diable. D’ailleurs la maison s’appelle maintenant Faustův dům, c’est pas pour rien…

 

 

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prague

http://www.routard.com/guide/prague/1821/histoire.htm

http://www.lkral.fr/index.php/visite-de-prague-en-deux-jours

http://www.czech.cz/fr/66869-prague-et-son-histoire

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/republique-tcheque-prague-une-ville-de-legendes-et-sortileges-156186

https://voirenvrai.nantes.archi.fr/?p=1525

http://thierry.jamard.over-blog.com/page/3

http://thierry.jamard.over-blog.com/2016/10/promenades-dans-prague-du-11-au-18-septembre-2013.html

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Le quartier Josefov de Prague

 

Golem 11aPrague accueillit les juifs en des temps reculés, mais c’est aux environs du XIIIe siècle que la communauté, composée des juifs d’occident et des juifs de l’empire byzantin, se retrouva dans un quartier fortifié au cœur de la vieille ville, sur la rive droite de la Vltava.

 

 

 

 

 

Prague 34Replié et protégé derrière les murs, le quartier fut un abri, puis devint un ghetto. La population juive pragoise, tour à tour persécutée et exclue ou tolérée et intégrée, devint bientôt l’une des plus nombreuses d’Europe, jusqu’à sa presque extinction lors de la dernière guerre mondiale, notamment dans le camp de Terezin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 58Le quartier devint au Moyen-âge le centre névralgique culturel et spirituel de la population juive de Prague. Son nom, Josefov, lui fut donné bien après, lors de sa rénovation au XIXe siècle, en l'honneur de l'empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, qui accorda des droits civiques en 1784 aux Juifs de Bohême.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 24Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) furent abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdirent leurs privilèges d'autonomie. En 1895, le quartier devenu insalubre fut assaini, et la ville fit raser une grande partie des maisons. Elle épargna heureusement l'hôtel de ville, six synagogues et le vieux cimetière juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 27

Etonnant, non ?

 

 

 

 

 

 

Prague 20Deux statues de Josefov : d’un côté le grand rabbin Loew, de style classique, de l’autre un hommage à Franz Kafka, inspiré d’une nouvelle intitulée « Description d’un combat » qui raconte la promenade d’un homme hissé sur les épaules d’un congénère dans la ville de Prague, plus « contemporain ».

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http://www.avantgarde-prague.fr/guide-de-prague/que-voir-a-prague/monuments-principaux/synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.linternaute.com/voyage/republique-tcheque/prague/monument/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.digital-guide.cz/fr/poi/cite-juive---josefov/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/1635/synagogue-vieille-nouvelle-staronova-synagoga?back=1

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/688/musee-juif-de-prague-vieux-cimetiere-juif-stary-zidovsky-hrbitov

http://benzaken-descendance.centerblog.net/rub-cuisine-de-nos-familles--14.html

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La synagogue Vieille-Nouvelle

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle plan 1Commencée vers 1270 sur les bases d’un monument plus ancien (probablement du XIe siècle), Vieille-Nouvelle est la plus ancienne synagogue d’Europe encore en fonction, l’un des plus vieux bâtiments de Josefov.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 11aElle fut édifiée par les tailleurs de pierre de l’atelier royal qui travaillaient sur le chantier tout proche du couvent de Sainte-Agnès. La légende raconte même que des anges apportèrent, pour ses fondations, quelques pierres du temple de Jérusalem, sous promesse de les rendre dès qu’il serait reconstruit.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 7

Appelée au départ Nouvelle ou Grande École, afin de la différencier de l’ancienne synagogue de la rue Dušní, on lui attribua le nom de Vieille-Nouvelle au XVIe siècle après l’apparition de synagogues plus récentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 10

Elle devint le principal centre cultuel du ghetto, abrita plusieurs grands rabbins dont le célèbre Yehuda Loew ben Bezalel, aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 20

Épargnée lors de la rénovation du quartier au XXe siècle, restaurée en 1967, la synagogue fut déclarée Monument historique en 1995. D’autres travaux de rénovation furent entrepris en 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 2

La synagogue est une construction rectangulaire massive avec un toit en bâtière aux pignons de briques rouges de style gothique tardif.

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 31

On y accède en descendant 9 marches. Plusieurs explications sont données : en raison du relèvement du niveau du sol depuis le Moyen-âge pour éviter les inondations, mais aussi par principe, les synagogues étant souvent enterrées afin de pouvoir construire avec une grande hauteur sous plafond sans heurter les bâtiments du voisinage, ou par humilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 1

D’un plan très simple à deux nefs, le bâtiment principal est entouré sur trois côtés par des annexes basses, rajoutées aux XIVe et XVIIIe siècles, vestibule et nefs pour les femmes (Vieille-Nouvelle fut construite selon la coutume du judaïsme orthodoxe avec des espaces séparés pour les hommes et pour les femmes durant les prières).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 23

Ces bâtiments furent reliés à la salle principale par des ouvertures très étroites permettant d’écouter l’office.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 5

Le vestibule sud est voûté en berceau. Les deux cassettes servaient à rassembler les impôts juifs collectés dans tout le royaume.

 Prague synagogue Vieille-Nouvelle 32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 4

On accède à la salle principale par un porche d’entrée dont le tympan représente un cep de vigne en bas-relief dont les racines puis les grappes de raisin, au nombre de 12, représentent les 12 tribus d’Israël. Le raisin, chez les juifs, symbolise la fertilité et la sagesse.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 9

L’espace intérieur, séparé en deux hautes nefs, est coiffé d’une voûte d’ogives à 5 branches comportant 6 travées et soutenue par 2 piliers octogonaux ornés de feuillages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 18

Les 12 étroites fenêtres en ogive correspondent aux 12 tribus d’Israël.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 14

Les consoles et chapiteaux de pierre sont ornés de reliefs aux motifs végétaux ou prédominent les feuilles de vigne.

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 22

Les ornements les plus précieux restent le tympan de l’arche sainte et les clés de voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 6

Le centre de la salle principale est occupé par une estrade surélevée avec un pupitre pour la lecture de la Torah (bimah), qui est séparée de l’espace alentour par une grille en fer forgé du gothique tardif, fin XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 26

Au-dessus, une bannière sur laquelle sont brodés une étoile de David avec le chapeau juif en son centre, entourés du verset 6:4 du Deutéronome, « Shema Israël » (Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN). Cette bannière représente le blason de la communauté juive de Prague depuis l'indépendance accordée par Charles IV au XIVe siècle.

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 21

Les rouleaux de la Torah sont conservés dans l’arche sainte (aron haqodesh), dans le mur oriental.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 27

L’un des sièges le long des murs porte encore le nom du célèbre rabbi Loew dont la légende raconte que les restes du golem qu’il créa sont enfermés dans la guenizah du grenier (pièce d’une synagogue où sont conservés les manuscrits et les ouvrages que l’on ne peut jeter car ils contiennent le nom de Dieu). Voir le reportage sur le golem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 38a

Y sont également déposés des objets de culte, comme les tzitzit - franges au coin des vêtements - ou les loulavim - les 4 végétaux utilisés lors de la fête de Souccot ou Fête des Cabanes : palme de dattier, branche de myrte, branche de saule et cédrat-)

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 35

Est-ce vrai ? Personne en tout cas n'est autorisé à monter dans le grenier, accessible uniquement par une échelle incrustée dans le mur est de la synagogue. Si l’on demande pourquoi, il vous est répondu que le toit pourrait s’effondrer, les poutres étant très anciennes.

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La légende du golem

 

Golem 6a

Nous avons rencontré à plusieurs reprises le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, celui qui fabriqua un golem. Un golem, dans la tradition hébraïque, est un une créature humanoïde fabriquée à partir d’eau, de terre et de feu, amenée à la vie grâce à des procédés kabbalistiques, théurgiques et magiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 4a

Le mot golem dans la Bible (Psaume 139:16) est traduit par "matière informe". La mystique hébraïque du IIIème siècle de notre ère donne au mot le sens de sot, en opposition au sage (hakam). Dans le Talmud, Adam, qui est créé par Dieu à partir d’argile rouge, est décrit comme un golem sans âme dans les premières heures de sa vie, avant que ne lui soit insufflé l'esprit de vie (Rouah).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 15a

Un golem fabriqué par un homme dans un acte d’imitation du créateur divin restera une créature imparfaite, muette et sans âme, dénuée de raison, ne sachant distinguer le bien du mal. Les alchimistes d’occident essayèrent eux aussi à travers leur art de façonner un homoncule (du latin homonculus, « petit homme »),

 

 

 

 

 

 

 

Golem 13

les alchimistes ismaéliens un takwin (création artificielle de la vie, qu’elle soit végétale, animale ou humaine),

 

 

 

 

 

 

Mandragore 3a

les magiciens de tout poil d’élever une mandragore (la racine de la plante, après lavage, macération et maturation, devenait un homonculus dangereux mais fidèle à son maître), les moines tibétains de créer un tulpa (entité spirituelle créée par la volonté et forcée à se manifester dans le monde physique),

 

 

 

 

 

 

Frankenstein 1

les fées de donner la vie à un pantin de bois, les savants de fabriquer des monstres grâce à l’électricité, les scientifiques des têtes parlantes, des automates, des robots, pour en arriver au cyborg.

 

 

 

 

 

 

 

Golem 12a

Bref, la création artificielle de la vie occupa et occupe encore bien des gens, qui se soucient peu que leur créature puisse se retourner contre eux, ce qu’elle fait d’ailleurs la plupart du temps. Les hommes, tentés de rivaliser avec Dieu par l’utilisation contre nature de la connaissance, attirent irrémédiablement la Némésis, la juste colère, si l’ambition personnelle ou l’orgueil prennent le pas sur l’équilibre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pinocchio 2

Dans un autre registre, symboliquement, on peut voir dans l’acte de création artificielle le départ d’une vie brute, la matière première, qui doit se transformer, s’épurer, acquérir un esprit en grandissant au travers d’initiations successives, à l’image de Pinocchio, la marionnette inanimée qui prend vie et gagne le droit de devenir un petit garçon au travers de ses épreuves.

 

 

 

 

 

Pierre1a

On passe donc de la matière à l’esprit, certains diraient de la pierre brute à la pierre taillée qui deviendra plus tard une pierre cubique à pointe.

 

 

 

 

 

 

Golem 10a

Comment fabriquer un golem ? Rien de plus simple, j’ai trouvé la recette sur la toile :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 5a

« Il nous faut, pour commencer, de l'argile, ou une terre vierge. Il nous faut aussi de l’eau d'une rivière : 248 mesures d'eau dans un sceau et 365 mesures dans l'autre correspondant aux 613 parties du corps et aux 613 commandements. Ensuite il faut maîtriser la prononciation du Nom Ineffable et ses 231 combinaisons. Une broutille. Puis effectuer une marche circulaire 7 fois autour du golem en récitant 221 fois (certaines sources disent 231) ces combinaisons. Recommencer.

 

 

 

 

 

Golem 7a

Pour donner vie au golem, écrire sur son front le mot hébreu « Emeth » (Aleph, Mem, Tav), autrement dit la vérité. Si le golem devient agressif, effacer rapidement la première lettre, Aleph, de son front. Le mot se lit maintenant « Meth », la mort. Le golem retourne alors en poussière. Une autre version propose de placer dans la bouche du golem un parchemin sur lequel on inscrit l'un des multiples noms de Dieu avec son propre sang, mais je demande à voir. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenons à notre rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, le MaHaRaL (acrostiche de Moreinu HaRav Loew, notre maitre le rabbin Loew) dont je vais vous narrer l’histoire véritable :

Rabbi Loew habitait le quartier juif de Prague. Grâce à sa profonde érudition et à ses grandes qualités humaines, il était devenu celui que l’on appelait le Maharal, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est vrai que les gens disaient qu’il était issu de la lignée de David… De nombreux élèves venaient l’écouter parler dans la vieille synagogue dont il avait la charge.

En ce temps-là, la communauté juive subissait les attaques sournoises de mauvais chrétiens qui l’accusaient de sacrifier des enfants. Ces extrémistes oubliaient le neuvième commandement qui dit que personne ne doit porter de faux témoignage contre son prochain. C’est moins grave que de tuer ceux qui pensent autrement, mais c’est moche quand même. Rabbi Loew imagina alors la plus belle des parades, créer un golem, un puissant protecteur pour le quartier, un être qui serait redouté de tous, insinuant la peur dans le cœur des détracteurs. Il appela alors son gendre Isaac ben Siméon, un Cohen, et un de ses disciples, le lévite Yakob ben Chaim. La nuit venue, le visage dissimulé sous leurs capuches, ils se rendirent à la lueur de leurs torches sur la rive de la Vltava toute proche.

Là, rabbi Loew demanda à son gendre de se positionner à sa droite, à Yakob à sa gauche, puis il façonna une forme humaine avec l’argile de la rivière. Une fois la statue terminée, il demanda à Isaac de tourner sept fois autour d’elle en prononçant des formules rituelles, évoquant le feu. A son tour Yakob fit de même, évoquant quant à lui l’eau. Rabbi Loew fit de même en ajoutant l’air, ce qui fit, avec la terre argileuse de la créature, que les quatre éléments furent réunis. Rabbi Loew fit alors appel à la magie la plus puissante, celle de l’éther, et écrivit une parole divine, un puissant nom de Dieu, Emeth (la vérité, et je ne mens pas), sur le front du golem. Certains disent qu’il l’écrivit sur un parchemin qu’il mit dans sa bouche. Quoi qu’il en soit, le rabbi insuffla la vie dans la créature qui se mit à son service.

Il rentra chez lui, suivi du golem obéissant. Il lui demanda de veiller sur ses semblables, de prévenir en cas d’attaque, d’effrayer tout intrus et le cas échéant et vu sa force, d’aider madame dans les travaux domestiques, ce qui lui valut une belle frayeur. En effet, un jour qu’elle devait partir rendre visite à une parente, Perel, la femme du rabbi, demanda au golem de puiser de l’eau à l’aide de deux seaux et d’en remplir un tonneau pour la lessive. S’absentant plus longtemps que prévu, elle revint tard et vit que le Golem ne s’était pas arrêté dans sa tâche : la cuisine était totalement inondée. La créature avait de la force, mais pas de raison ni de volonté propre…

Rabbi Loew faisait travailler le golem durant 6 jours, et le laissait se reposer le septième, le jour du Shabbat. Pour cela, il le rendait inerte en effaçant sur son front la première lettre, Aleph. Le mot Meth apparaissait alors, qui veut dire mort. Ou bien il enlevait le parchemin de sa bouche dans la deuxième version. Le temps passa et la créature grandit, non pas en sagesse puisqu’elle en était dépourvue, mais en force et en taille, tout en remplissant son devoir à merveille. Un jour pourtant, le rabbi, la tête prise ailleurs, oublia le soir du Shabbat d’enlever l’Aleph du front du golem et celui-ci, sans recommandations, partit dans la ville où il sema le désordre et la terreur. 

Le Maharal le rattrapa et lui ordonna de rentrer, mais le mal était fait. Le 16 février 1592, il fut convoqué par l’empereur avec son frère, le grand érudit rabbi Sinaï, son beau-frère Isaac Weisel et son gendre rabbi Isaac Cohen. Le bruit courrait que Rodolphe, influencé par les religieux catholiques, voulait expulser les juifs de Bohême… Nul ne sait ce qu’ils se sont dit, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’une fois le Maharal parti, l’empereur, féru d’alchimie, de magie, d’art et d’essai, promis sa protection à la communauté juive de Prague. Il est fort possible qu’en échange, il ait demandé au rabbi de détruire son golem.

Parce qu’une nuit sans lune, rabbi Loew se rendit avec la créature de nouveau obéissante dans la guenizah située au grenier de sa synagogue. En effet, il ne pouvait la détruire comme le lui avait demandé Rodolphe, le nom sacré de Dieu étant inscrit sur son front. Et puis finalement, personne à part lui ne pouvait savoir que le golem n’avait pas été désintégré, et le garder sous le coude en cas de besoin, c’était faire preuve d’une grande sagesse. Rabbi Loew ne fit qu’effacer encore une fois l’Aleph. Le golem disparut des rues de Prague et l’empereur tint parole : des lois empêchant la persécution des juifs pour de faux motifs furent promulguées.

Voici la véritable histoire du golem de Prague.

Golem 16b

La légende cette fois-ci rapporte que le fils unique du Maharal, Betsalel, aidé de ses trois sœurs, Reichel, Tilla et Reyalino, rendit la vie à la créature. Il parait même (ce ne sont que des ragots, mais enfin…) que quelques allemands, durant la deuxième guerre mondiale, voulurent entrer dans la guenizah pour récupérer le golem : mal leur en prit, jamais ils n’en ressortirent.

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 20a

Certains grincheux insinueront que l’histoire du golem ne parut qu’en 1847 dans un recueil édité chez Wolf Pascheles, et que nulle trace écrite n’existe avant cette date, que la rénovation du grenier de la synagogue en 1883 n’indiqua nulle présence insolite, que le réalisateur d’un film tourné sur place pour la télévision en 1984 n’y vit rien d’étonnant non plus et que la plupart des gens considèrent ce conte comme pure fiction, comme l’écrivit l'écrivain autrichien Gustav Meyrink en 1915.

 

 

 

 

 

 

Golem 9a

Ce sont bien des grincheux… Ceux qui savent affirment que l’histoire est tout à fait authentique, et que le golem, obéissant à son dernier maitre, est allé se cacher dans le cimetière du quartier Žižkov.

 

 

 

 

 

 

 

http://www.kabbale.eu/l-exorcisme-par-les-rabbi-la-magie-et-le-golem/

http://www.kabbale.org/index.htm

http://www.paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Golem

http://institut-symbiosis.com/2010/08/les-capitales-mystiques-prague/

http://www.prague.eu/fr/objets/lieux/181?frm.categoryListing=181

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La synagogue Pinkas

 

Prague synagogue Pinkas 9

On entre dans le cimetière de Josefov en passant par la synagogue Pinkas dont la construction remonte à la fin du XVe siècle, entre 1479 et 1535.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas plan 1

La légende affirme que le rabbin Pinkas qui la fit ériger sur l’emplacement d’un sanctuaire du XIe siècle, trouva l’argent nécessaire dans le cadavre d’un singe qui atterrit dans son jardin. La bête appartenait à un orpailleur. Imitant son maitre qui vérifiait l'authenticité des pièces en les mordant, elle les avalait…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 7

L’endroit était alors un lieu de prière privé.

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 1

Le bâtiment fut agrandi dans un style gothique tardif par Aaron Meshullam Zalman Horowitz. Après la seconde guerre mondiale, la synagogue fut transformée en mémorial pour les victimes des nazis : les murs furent recouverts de leurs noms.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 3

Elle fut fermée au public en 1968 lorsque la nappe phréatique, remontant le long des murs, fragilisa le bâtiment. Des travaux d’isolation furent entrepris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 4

Des fouilles archéologiques permirent en 1950 de découvrir dans le sous-sol des pièces voûtées ainsi qu’un puits et un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme (mikveh).

 

Prague synagogue Pinkas 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 2

Le régime communiste s’arrangea pour que les travaux s’arrêtent, et effaça les noms sur les murs. Ils reprirent en 1990, et en 1992, les noms des 77 297 victimes juives de Bohême et de Moravie furent réécrits sur les murs.

Prague synagogue Pinkas 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 8

Une plaque commémorative en souvenir d’Horowitz et de son épouse est incrustée sans le mur du vestibule.

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La synagogue Klausen

 

Prague synagogue Klausen 1

A la sortie du cimetière de Josefov se trouve la synagogue Klausen. Son nom provient du mot allemand klausen (pluriel de klaus, issu du latin claustrum, petite pièce, cellule), qui était le nom d’un bâtiment en trois parties érigé en 1590 par Mordechai Maisel, mécène et primat de la cité juive de Prague, grâce à un privilège accordé par Rodolphe II. La première partie servit d’école talmudique, la seconde de lieu de prière et la troisième aux bains rituels (mikveh) et aux soins des malades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 4

Ce bâtiment fut détruit dans un incendie en 1689. En 1694, Salamon Kalish Kohen fit reconstruire une synagogue dans le style baroque primitif, qui devint la plus grande du ghetto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 3

Elle hébergeait la Société du Dernier Devoir (Hevra Kaddisha, institution qui faisait office de pompe-funèbre et qui s'occupait des cimetières). Le bâtiment fut remanié en 1882 puis en 1921 et après la deuxième guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 6

Il contient à l’heure actuelle une exposition permanente consacrée aux traditions et coutumes juives.

Prague synagogue Klausen 9

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 7

 

Prague synagogue Klausen 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 12

Prague synagogue Klausen 10

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Le cimetière juif de Josefov

 

Prague cimetière juif 6

Nulle visite de Prague sans faire un détour par le célèbre cimetière juif (Starý židovský hřbitov). Il est considéré comme la plus ancienne nécropole juive, implantée au XVe siècle sur le lieu le plus élevé du quartier. Une fouille archéologique a pourtant mis à jour un cimetière plus ancien créé en 1254, appelé « jardin juif », situé sous la rue Vladislavova dans le quartier de la Nouvelle-Ville, Nové město.

 

De la synagogue Pinkas on grimpe quelques marches qui conduisent au cimetière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 13

Il fut agrandi aux XVe et XVIIIe siècles, et malgré cela, le nombre toujours croissant des membres de la communauté juive et l’interdiction de profaner les tombes (Loi juive ou Halakha) firent que l’on dut superposer les tombes en rajoutant de la terre.

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 7

Il fut abandonné en 1787 par ordre de l'Empereur Joseph II qui ne souhaitait plus que l'on enterre les morts dans les quartiers résidentiels. En 1903, au cours de l'assainissement du quartier, il fallut céder une partie du cimetière pour créer une nouvelle rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 12

On pense qu’il existe encore une douzaine de strates et environ 12 000 tombes. La plus ancienne retrouvée date de 1439 (rabbi Avigdor ben Isaac Kara, talmudiste et kabbaliste), la plus récente de 1787,

 

Prague cimetière juif 16

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 24

 la plus célèbre, celle de rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, de 1609.

 

Prague cimetière juif 27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 23

« De nombreuses tombes portent des symboles de la tradition juive, comme le raisin de vigne (symbole de la fertilité et de la sagesse), les coffrets (symbole de la bienfaisance) ou l'étoile de David à 6 branches. Les symboles des familles sont par exemple des mains levées en signe de bénédiction (descendants des prêtes des temples), un arrosoir avec une assiette ou un instrument de musique (descendant des aides de la tribu de Levi), d'autres symboles animaliers illustrant un prénom ou un nom de famille (lion, loup, oie, coq etc.) et des reliefs d'outils comme symboles des professions (mortier - pharmacien, ciseaux - tailleur, violon - musicien etc.) »

 

 

 

 

Prague cimetière juif 18

J’ai été très émue par ce témoignage de l’histoire des juifs d’Europe centrale. J’ai ressenti de la tristesse, mais aussi de la joie et de la sérénité, j’ai entendu des voix qui chuchotaient ou qui chantaient, mais aussi des voix qui criaient, et les arbres qui, penchant leurs branches jusqu’aux sépultures chaotiques comme pour les caresser de leurs feuilles au moindre souffle, apportaient au tableau une touche de romantisme absolu.

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02 décembre 2016

Saint Christophe

saint christophe 12aChristophe vient du grec Christós, le Christ, et de phorós, celui qui porte.

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 4aCe personnage imaginaire très populaire est représenté portant le Christ enfant sur ses épaules, lui faisant traverser une rivière. C’est la représentation symbolique d’un passage, qu’il soit spirituel ou alchimique, menant vers la lumière ou vers l’or, sa matérialisation.

 

 

 

 

Saint Christophe 1aLes premiers récits en orient parlaient de lui comme d’un géant à tête de chien, se rapprochant d’Anubis en Egypte, celui qui fait passer les morts dans l’au-delà.

Saint Christophe 5a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 8aEn occident, il est un géant cananéen (canis ?) voulant se mettre au service du plus grand des rois.

 Saint Christophe 7a

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Christophe 2a

Il est devenu le saint patron des voyageurs, portant une canne qu’un miracle fit refleurir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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La Couvertoirade

 

Historique

 

La Coouvertoirade Paysage karstique 1aLe plateau du Larzac fait partie de ce que l’on appelle les paysages karstiques. Un karst le plus souvent résulte des écoulements d’eau dans les roches calcaires perméables. Le calcaire laisse passer l’eau, rendant le plateau semi-désertique.

 

 

 

 

 

 

La Coouvertoirade Paysage karstiqueLe karst est donc constitué par un ensemble de formes souterraines et de surface, parfois utilisées par l’homme, comme les dolines par exemple, dépressions naturelles, aménagées pour faire des lavognes (de l’occitan lavanha, la mare) : tapissées d’argile et pavées, elles formaient un point d’eau où allaient se désaltérer les troupeaux.

1 terrain non karstique

2 canyon

3 reculée

4 vallée sèche

5 résurgence de rivière

6 perte

7 doline

8 ouvala

9 lapiez

10 aven

11 grotte

12 source vauclusienne

13 rivière souterraine

 

La Couvertoirade menhir Montaymat 1Le sud du plateau semi-désertique du Larzac fut fréquenté depuis l’époque mégalithique. De nombreux dolmens, quelques menhirs,

La Couvertoirade Dolmen Montaymat 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade statue menhiret quelques statues-menhirs comme celles que l’on trouve dans le sud de la Corse entourent le village de La Couvertoirade qui se situait probablement sur un antique chemin gaulois puis romain reliant Segodunum (Rodez, capitale de la tribu celte des Rutènes) à Cessero (Saint-Thibéry, proche d’Agde) où elle rejoignait la via Domitia.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade Église Saint-Christol 22Le nom du bourg, Cubertoirata, apparaît pour la première fois au XIe siècle dans un cartulaire de l’abbaye de Gellone (Saint-Guilhem le Désert). Son étymologie nous apprend qu’il est issu de l’occitan cubert, recouvrir. Ce serait donc « quelque chose de recouvert, ou couvrant ». Il est mentionné en 1135 dans une bulle du pape Innocent II qui donne l’église « Sancti Xristophori de Cupertoirada » à la nouvelle abbaye de Nant. Le village est alors à 800 m plus à l’est qu’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 17En 1181, Richard de Montpaon (Ricartz de Munpaon), seigneur local, céda aux Templiers de la commanderie de Sainte-Eulalie le « mas Aismar de La Cobertoirada ». Ils s’installèrent loin du village de Saint-Christol et terminèrent le château, bâti sur le rocher de la partie la plus haute, en 1249 (après l’autorisation, accordée par Raymond Bérenger, comte de Barcelone, en 1158, d'élever des fortifications et de créer des villages sous l’autorité de leur commanderie de Sainte-Eulalie). Les Templiers construisirent leur propre chapelle à l’intérieur du château. Un nouveau village s’étendit sous leur protection, l’ancien périclita.

 

 

 

La Couvertoirade 16Malgré les attaques des seigneurs voisins, comme le comtour Arnal de Roquefeuil, ils développèrent l’élevage (chevaux, bovins et ovins), ainsi que la culture céréalière. Après l’arrestation des Templiers en 1307, qui furent emmenés prisonniers au château de Najac, la maison du Temple de la Couvertoirade passa aux mains des Hospitaliers qui firent construire une nouvelle église paroissiale à l’emplacement de l’une des basses-cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 8Afin de protéger les habitants, devenant de plus en plus nombreux, des exactions de la guerre de 100 ans, ils décidèrent de fortifier le village. Une muraille épaisse s’éleva en 1439, et des tours de garde furent construites, le tout fut terminé en 1442.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 10Le rempart côté est du village dut partager le cimetière en deux avec l’autorisation de l’évêché. Les tombes furent déplacées. Lors de la Révolution, les biens de l’ordre furent vendus comme biens nationaux en1792. Le château était déjà en mauvais état faute d’entretien. En 1895, les remparts furent classés Monuments Historiques, ainsi que l’église, le château et quelques maisons du village en 1945.

 

 

 

 

 

Le village

 

La Couvertoirade 26Chose étonnante, le village de La Couvertoirade est installé sur un lieu aride sans source ni rivière.

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 28aLes habitants, au Moyen-âge, allaient chercher l’eau dans une grande citerne naturelle creusée dans le rocher, la Conque, qui récupérait l’eau du toit de l’église, puis mirent au point un système individuel de récupération de l’eau de pluie sur les toits des maisons.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 41aLe surplus d’eau s’écoulait ensuite le long des ruelles en pente et allait alimenter une lavogne en contrebas.

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 12Au nord de l’église, proche du trou de la Conque, la muraille est percée d’un trou appelé le « don de l’eau ». Cela permettait aux habitants de faire passer l’eau puisée de la conque dans une auge en pierre, que les gens à l’extérieur des murailles pouvaient récupérer quand le village était fermé, lors des épidémies ou en temps de guerre.

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La Couvertoirade 7Le village possède quelques belles maisons, comme le presbytère, daté du XIIe siècle, l’hôtel de Grailhe, du milieu du XVIIe, ou, adossée au rempart, la maison de la Scipione, du XVe siècle, qui accueille les visiteurs.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 3Ce nom, qui lui fut donné au XIXe siècle, provient de la veuve de Scipion Sabde, propriétaire de l’époque. On disait d’elle qu’elle évoquait les esprits et qu’elle était un peu sorcière. La maison possède une belle tour d’escalier à vis et des fenêtres à meneaux.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 40aLes autres maisons du village sont typiques de l’architecture rurale caussenarde. Bâties comme des chapelles romanes, deux ou trois voûtes se superposent : au rez-de-chaussée, souvent creusés dans la roche, se tiennent la bergerie (A) et le réservoir d’eau alimenté par des chenaux provenant du toit. On accède au premier étage, où se trouvent les pièces d’habitation et la cheminée (B), par un escalier extérieur donnant sur une petite terrasse, le balet (D), souvent protégée par un auvent. Le dernier étage est occupé par le grenier (C), et la couverture du toit est faite de lauzes, plaques de calcaire taillées en écaille.

 

 

Les remparts

La Couvertoirade 4C’est à la suite de nombreux raids contre La Couvertoirade que les Hospitaliers, à la demande des villageois, construisirent une enceinte protectrice.

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La Couvertoirade 6Les travaux commencèrent en 1439 et se poursuivirent jusqu’en 1445, période à laquelle l’évêque de Vabres donna son accord pour que la muraille coupe l’ancien cimetière en deux. A l’intérieur devaient être protégés les points d’eau, la lavogne et les citernes, l’église et les maisons.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 20Les remparts, percés de meurtrières (les archères, pour les armes de jet, les bombardières, pour les armes à feu), mesurent 420 m de long sur 1,30 m d’épaisseur. Ils sont agrémentés de plusieurs tours rondes reliées par un chemin de ronde et percés de plusieurs portes.

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La Couvertoirade 2La porte nord, appelée « lou portal d’Amoun », est surmontée d’une tour carrée couronnée de mâchicoulis.

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La Couvertoirade 18Elle possède côté village une niche où est posée la statue du saint patron, Christol.

 

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La porte sud, «  lou portal d’Abal », équivalente de celle du nord, s’écroula en 1912. Plusieurs tranches de restaurations seront encore nécessaires pour la remonter.

 

 

 

 

 

 

La Couvertoirade 43Proche du château, une petite ouverture, la portanelle, permettait d’aller au moulin (restauré en 2009), situé sur la colline d’en face, et à la grange des Templiers.

 

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