03 novembre 2018

Le musée Frédéric Marès, les Vierges à l'enfant romanes

Barcelone musée Frederic Marès 119Je vous présente la partie du musée la plus impressionnante : une file ininterrompue de vierges à l’enfant, du XIe au XVIe siècle. Parmi elles, une présomption d’au moins deux vierges noires. Dommage que la provenance ne soit pratiquement jamais indiquée.

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Celle qui ne fait aucun doute, la vierge de l’église Santa Maria de Plandongau, petite commune proche d’Oliola.

 

Plandongau 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5La statue en métal sur âme de bois (surement du plomb) à l’air de sortir du même moule que Notre-Dame de la Victoire de Thuir.

 

 

 

Thuir 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TaüllND 3Une deuxième me parait posséder nombre d’attributs des vierges noires : la Dame de Taüll, petit village d’une vallée pyrénéenne face au Pic d’Aneto. L’église, du XIe siècle, possédait de magnifiques fresques.

Taüll ND1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taüll AntepandiumAu début du XXe siècle, un groupe de financiers et d’antiquaires étrangers achetèrent la plupart des peintures murales des églises romanes de ces petites vallées des Pyrénées pour les emporter aux États-Unis. Bien qu’il n’y eût pas de lois en Espagne qui interdisaient l’expatriation d’œuvres d’art, le comité des musées racheta les œuvres et les transféra au musée national d’Art de Catalogne à Barcelone. La fresque de l’adoration des mages de l’abside montrant la Vierge en majesté et l’antependium (du mot latin pendeo, pendre, et du préfixe ante,devant. Littéralement : qui pend devant. Un antependum, enlatin liturgique, est un devant d’autel) ont fait partie du voyage.

 

 

 

 

 

La statue, en bois, mesure 60,5 cm par 22cm.

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Barcelone musée Frederic Marès 71Peut-être une troisième, datée du XIIe siècle.

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Peut-être encore celle-ci, du XIIe également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Celle là n'en est pas une, mais elle est très belle même si ses mains sont manquantes. Elle est datée de la deuxième moitié du XIIe siècle.

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san millan 1aElle vient d’un petit ermitage roman, San Millàn de Puentedura, près de Burgos. Elle avait été transférée dans l’église du village avant d’être vendue à Marès. L'extraordinaire qualité et le style de l'œuvre ont permis de la rapprocher des statues sculptées dans les ateliers d'Ile-de-France dans la seconde moitié du XIIe siècle.

 

 

 

 

San Millàn 1L’église conserve un Christ de la même époque, qui lui aussi devait être vendu et qui eut la vie sauve grâce à un voisin qui accueillit les acheteurs potentiels avec son fusil à la main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette autre me touche beaucoup, même si elle ne fait pas partie de la famille des vierges noires. Elle proviendrait de Palència.

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Florilège...

 

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Sainte Anne, la Vierge et l'enfant

 

Barcelone musée Frederic Marès 136Autre exposition incroyable, le nombre de statues que l'on appelle "Sainte Génération" qui sont, parait-il, si rares au royaume de France... Il en existe une dans l'église de Polignac en Haute-Loire.

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Le musée Frédéric Marès, florilège d'œuvres

 

10La première partie du musée présente des sculptures antiques. La visite commence par un nombre impressionnant d’ex-voto datant du IVe siècle avant notre ère.

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8Des hommes, des femmes, des androgynes, des chevaux, des objets divers et variés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 87On y trouve des représentations de dieux et déesses comme cette Vénus ou cette déesse-mère.

 

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St Hilaire 1Viennent ensuite plusieurs oeuvres du maître de Cabestany (celui-là même qui fit les chapiteaux de Rieux-en-Minervois et le sarcophage de saint Sernin de l’abbaye Saint-Hilaire, dans l’Aude).

Rieux_Minervois_46

 

 

 

 

 

 

Rieux_Minervois_11Le maître de Cabestany est un sculpteur anonyme de la seconde moitié du XIIe siècle, reconnu après la découverte du tympan de l’église de la petite ville de Cabestany dans les Pyrénées-Orientales en 1930 et le rapprochement de plusieurs œuvres présentant les mêmes caractéristiques, de la Toscane à la Navarre, en passant par le Languedoc et la Catalogne :  des visages triangulaires avec un trou de trépan de chaque côté, des yeux étirés en amande, des mains exagérément grandes aux doigts longs et effilés, beaucoup de plis sur les drapés et un grand nombre de détails où l’on sent l’influence du monde classique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 89Le premier bas-relief présenté est considéré comme l'une des œuvres les plus remarquables de l'artiste et de son atelier. Il a été fabriqué dans le deuxième tiers du XIIe siècle. C'est un bloc de marbre réutilisé, comme l'indiquent les restes sculpturaux à l'arrière. La scène représente « La marche sur les eaux », épisode de la vie de Jésus figurant dans les Évangiles, comme le confirme l'inscription de la partie supérieure. Jésus est debout sur les eaux et bénit les apôtres. Pierre pose son pied gauche sur la barque avant d’essayer de rejoindre Jésus pendant qu’André tient une rame. La partie inférieure du bas-relief est occupée par la représentation de la mer avec des vagues et des poissons, réalisés avec un grand sens artistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 90Le deuxième bas-relief, provenant de la même porte, représente l'Agnus Dei, un agneau portant une croix.

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 131Au sous-sol sont mis en scène plusieurs portails romans. Ici,une fenêtre de l’église de San Miguel de Tubilla del Agua, du XIIIe siècle.

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Barcelone musée Frederic Marès 35Ce portail roman de la seconde moitié du XIIIe siècle appartenait à l'une des deux églises du château d'Anzano, à Huesca. Il est composé de quatre archivoltes à gradins décorées. La figure centrale du tympan, connue sous le nom de Vièrge de la Leche, est assise sous un dais soutenu par deux anges. C'est une vièrge en majesté. À gauche, un homme assis, qui pourrait être saint Joseph ou un prophète. A droite, une figure féminine, peut-être une prophétesse ou une sybille.

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 130Le Christ juge dans sa mandorle de l’ermitage Nuostra Señora de Rocamador de Palència du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un linteau en granite représentant la vie d'Adam et Ève. Premier tiers du XIVe siècle, Gallice.

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Nous remontons au premier étage. Ce frontal de sarcophage a probablement été fabriqué dans un atelier romain au IV siècle, sous le mandat de Constantin, premier empereur chrétien, et plus tard exporté en Hispanie. Dans cette frise de marbre sculpté en haut-relief sont disposées des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. De gauche à droite : la résurrection de Lazare, le sacrifice d'Abraham, le miracle des pains et des poissons, dans lequel Jésus apparaît entre saint Pierre et saint André, Adam et Ève, et enfin l'Adoration des mages. Le sarcophage fut découvert à Layos, dans la province de Tolède, au XVIIe siècle. Plus tard, le frontal a été séparé du sarcophage pour en faire une pierre tombale sur le dos de laquelle furent sculptées les armoiries d'une famille noble.

Barcelone musée Frederic Marès 158Des émaux de Limoges, tous datés des XIIe et XIIIe siècles, comme ces coffre et ces crosses d'éveque.

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Barcelone musée Frederic Marès 116Quelques coffrets reliquaires en albâtre du XIe siècle appelés lipsanothèques (en grec littéralement « armoire à reliques »). Durant la période romane on les mettait à l’intérieur des autels lors de la consécration des églises.

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 117Des autels portatifs (tabulas itinerias), constitués en général  d'une pierre consacrée. Celui là, en marbre et bois avec traces de polychromie, date du XIIe siècle et provient de Palència.

 

 

 

 

 

 

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Un polyptique du XVIe siècle provenant de Bruges.

Barcelone musée Frederic Marès 142Daté de 1520, il retrace la vie de la mère de Dieu, et les sept douleurs : la prophétie de Siméon, la fuite en Égypte, la disparition de Jésus au Temple pendant trois jours, la rencontre de Jésus portant sa croix en montant au calvaire, la crucifixion, la descente de la croix et la remise du corps de Jésus à sa mère, l’ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

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Barcelone musée Frederic Marès 123Un magnifique saint Christophe, le porteur du Christ. N'oublions pas qu'il est la représentation symbolique d’un passage. Il est daté du milieu du XIVe siècle, et provient de l'église de San Cristóbal de Entreviñas, commune de la province de Zamora en Castille-et-León.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 124Ces dames des XIVe, XVe et XVIe siècles.

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Barcelone musée Frederic Marès 146Accompagnées de ces messieurs, Georges et Michel, des XVe et XVIe siècles.

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19 octobre 2018

La chapelle de Notre-Dame de Baroille

 

PaléolithiqueBaroille est actuellement un petit hameau dépendant du village de Saint-Georges-de-Baroille, situé sur un plateau élevé dominant les gorges de la Loire. L’endroit fut occupé depuis fort longtemps, comme en témoignent des haches de pierre du Paléolithique retrouvées à proximité. Plus tard, un oppidum gaulois fut construit : il en reste quelques traces au lieu-dit Châtellard-de-Chazy, où l’on mit à jour des fortifications en pierre. Des tuiles romaines puis quelques poteries prouvent que le site fut habité en continu depuis ces temps reculés.

 

 

 

Poterie Moyen-âge 2aUne ancienne voie, reliant Mâcon à Clermont, empruntait le pont de Pinay sur la Loire et passait à Baroille. Elle fut utilisée plus tard par les pèlerins de Compostelle se rendant au Puy-en-Velay. Les terres argileuses du plateau, de très bonne qualité (on trouvait de l’agile de différentes couleurs : brun rouge, blanche, ocre), en firent un endroit prisé des potiers : Baroille proviendrait baraille, qui, au Moyen-âge, désignait la vaisselle ordinaire.

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 1La chapelle de Baroille fut construite au XIIIe siècle. Le clocher et une partie des murs furent remaniés au XVIe. Une pierre de l’ancien autel fut enchâssée dans le mur ouest.

Saint-Georges de Baroille 3

 

 

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 2Ancienne église communale, elle fut déclassée au XVIIIe siècle par Mgr Camille de Neuville, archevêque de Lyon, au profit de la chapelle Saint-Georges qui dépendait d’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 6Elle devint patrimoine privé, tomba peu à peu presque en ruine. Rachetée en 1997 par l'Association des Amis de Notre Dame de Baroille, elle fut restaurée.

 

 

Saint-Georges de Baroille 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vierge de BaroilleCet endroit abritait, depuis le XIIe siècle, la statue d’une vierge noire, Notre-Dame de Baroille. Tous les 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge Marie, les pèlerins venaient lui faire leurs dévotions, jusqu’en 1952, date à laquelle le pèlerinage tomba dans l’oubli. La statue fut alors vendue au musée du Louvre, où elle se trouve exposée depuis, dans un caisson en verre du pavillon Richelieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 5aLes Amis de Notre Dame de Baroille firent sculpter grossièrement une autre Vierge, et rétablirent la manifestation en 1997.

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 2

Notre-Dame de Baroille, datée du XIIe siècle, mesure 52 cm de hauteur pour 21 cm de largeur et 16 de profondeur. La proportion est à peu près respectée, comme pour ses grandes sœurs en bois mesurant 70 cm sur une base de 30. Pourquoi toujours les mêmes nombres ?

Peut-être un début d’explication : le 3 représente la trinité, conjonction du 1 et du 2, ce qui produit l’union du ciel et de la terre, l’incarnation de la Vie, la descente de l’énergie primordiale dans la matière. Chez les druides et leurs triades, que l’on retrouvera dans la règle des templiers, ce sont les trois principes fondamentaux (eau, air et feu) d’où découleront les forces créées de l’univers. Ce sont aussi les trois aspects de la matière, les trois principes alchimiques (sel, soufre et mercure), les trois phases du Grand-Œuvre (noir, blanc et rouge). 

Le 7 est un symbole d’accomplissement, de virginité, de perfection et de transcendance. Selon Hippocrate, il dispense vie et mouvement. Il est le nombre de l’homme réalisé. Chez les hébreux, il est le symbole de la totalité humaine, mâle et femelle à la fois, l’androgyne. Chaque période lunaire dure 7 jours, chaque mois lunaire 7x4, 28 jours. 28 = 1+2+3+4+5+6+7. Il est aussi la représentation de la montée de la conscience, qui se fait en 7 étapes. Ce sont les 7 plans de l’existence manifestée, pouvant se rapporter aux 7 centres vitaux (chakras), aux 7 corps de l’humain (physique, éthérique, astral, mental, causal, spirituel et divin). C’est aussi le nombre des arts libéraux qui se divisent en deux degrés : le Trivium et le Quadrivium. Le Trivium (les trois chemins en latin) concerne le « pouvoir de la langue » et se divise en grammaire, dialectique et rhétorique. Le Quadrivium (les quatre chemins) se rapporte au « pouvoir des nombres » et se compose de l'arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l’astronomie.

3x7=21, symbole de la maturité, de l’accomplissement, de la plénitude, de la perfection par excellence, de la sagesse divine. La lame 21, c’est le Monde.

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 3aLa statue, polychromée,  a la particularité d’être faite d’un alliage de plomb repoussé.

Extrait du livre de Viollet-le-Duc et Pierrefonds, "Histoire d'un chantier" : « Les ornements à reproduire sont d'abord exécutés en plâtre pour servir de modèles, et ces modèles sont ensuite coulés en fonte de fer pour servir de matrices. L'épaisseur du plomb employé varie de 2 à 3 mm, selon la plus ou moins grande profondeur des ornements et selon la force qu'on veut donner. On étend une feuille de plomb sur le modèle en fonte et, avec des maillets à panne arrondie et des chasses en bois de peuplier, on lui fait prendre par le battage les formes générales du modèle. Le bois tendre de peuplier convient à ce premier travail parce qu'il repousse le plomb sans le maculer d'empreintes à chaque coup comme le ferait un bois dur. On achève l'ouvrage, au contraire, avec des chasses en buis ou en charme qui permettent de marteler le plomb et de le ciseler pour ainsi dire. L'habileté consiste à nourrir les creux avec de la matière prise dans les pleins, de sorte que le plomb repoussé présente partout la même épaisseur, comme avant le travail. »

Le travail sur le vil métal que l’on transforme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Châteauneuf-les-Bains 6Une autre Vierge Noire est sortie du même moule, celle de Châteauneuf-les-Bains, petite bourgade du Puy-de-Dôme aux eaux thermales connues depuis l’antiquité, située sur les bords de la Sioule. Celle-là fut rapportée des croisades, selon la légende, par le seigneur de Montmorin.

Châteauneuf-les-Bains 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Colombe 1Les deux statues montrent la Vierge portant une colombe dans la main droite. La colombe, comme chacun le sait, est un symbole de pureté, de beauté. Elle est souvent messager des Dieux, ou illustration du principe féminin. Mais elle représente aussi l’âme, ou le Saint-Esprit descendant. Pour l’instant, l’oiseau est encore dans la main de la Vierge, puis bientôt la magie, l’âme agit.

 

 

 

 

Thuir 8Contrairement à ce que j’ai pu lire sur internet, la Vierge Noire de Thuir, elle aussi en métal, n’est pas faite à partir du même moule.

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Grand oeuvre 2aToutes les caractéristiques des Vierges Noires sont ici présentes. Les couleurs, bleue pour la tunique de la mère, rouge pour sa robe, verte pour la robe de l’enfant et rouge pour sa tunique, auxquelles est ajouté de l’or en garniture. Le bleu, couleur du féminin sacré, vert de la coupe, le graal, taillé dans l’émeraude de Lucifer, contenant le principe vital par excellence, le sang rouge du futur Christ. Le noir de la fonction, le blanc de la peau, le rouge de l’habit, l’or des décorations, nous sommes bien encore une fois dans le Grand Œuvre alchimique.  

 

  

Pour terminer, un petit cadeau de Jacques Bonvin qui, dans son ouvrage sur les Vierges Noires, donne une explication des couleurs : « Le vert est attribué à la Vierge, symbole des eaux primordiales. Le verre de couleur verte ne laisse passer à travers lui que les couleurs allant du jaune au violet, couleurs associées à l'évolution spirituelle. Le verre de couleur rouge ne laisse passer que ses propres radiations rouges et absorbe toutes les autres. Le rouge, attribué au fils, engendre l'énergie, créée la chaleur et la force. Il est la couleur de l'amour total. De leur union dans une Vierge Noire va se dégager une première symbolique. Par la position méditative, la statue de la Vierge capte l'énergie cosmique et tellurique qu'elle inverse et qu'elle envoie (qu'elle émet) par son fils, dont la couleur rouge engendre l'énergie. Le vert sert à neutraliser les forces extérieures et à recevoir uniquement les couleurs spirituelles. Le christ par le rouge ne peut recevoir que son propre rayonnement. Inversement, le fils, parce qu'il est l'énergie, le Verbe, canalise le courant émis par l'homme. La position du fils sur la statue fait qu'il est le catalyseur par qui tout passe. Il retransmet ce qu'il reçoit, par exemple une prière à sa mère, qui, par la puissance de son onde de forme et la puissance magnétique du vert, inverse les polarités et renvoie au fidèle la propre force de la prière transmutée. »

 

https://www.saintgeorgesdebaroille.com/les-amis-de-la-chapelle/

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14 juin 2018

Jaleyrac

Jaleyrac_15En remontant de Mauriac sur la D922 en direction de Clermont, une petite route sur la droite descend sur les pentes escarpées d’un vallon boisé de chênes et de hêtres. Quelques courbes plus loin, nous voici à Jaleyrac, petit bourg de nos campagnes ayant laissé le temps couler sur lui. Sur la place du village, une église romane dans un écrin de verdure et de fleurs toutes portes ouvertes, ce qui devient de plus en plus rare de nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_8L’endroit fut habité depuis longtemps : des fouilles au hameau de Boissières ont permis de retrouver des artéfacts gallo-romains et le proche village de Bourianes possèderait plusieurs tumuli sur son sol, alignés d’est en ouest (d’après Jean-Baptiste Bouillet dans sa description historique et scientifique de la Haute Auvergne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_7L’église est dédiée à saint Martin. On se souvient que Martin fut un pourfendeur de pierres païennes, et que souvent son nom fut attribué au temple ayant remplacé celui de l’ancienne religion détruit.

 

Jaleyrac 23

 

 

 

 

Jaleyrac 11L’église romane Saint-Martin de Jaleyrac fut précédée par un autre bâtiment situé au Pradel (il n’en reste plus rien), à deux kilomètres au nord de Jaleyrac, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle, mentionné en 822, recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 22Elle fut confiée en 1348 au chapitre de Notre-Dame du Port à Clermont par le pape Clément VI. Durant la Révolution elle fut réunie au diocèse de Saint-Flour. En 1855, la foudre s’abattit sur le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac plan 1a

Saint-Martin, de proportion modeste, fut construite au départ suivant un plan basilical simple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 14Deux chapelles ogivales latérales lui furent ajoutées au XVe siècle, lui donnant la forme d'une croix latine à transept peu saillant.

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 16'La nef voûtée en berceau possède trois travées, un chœur carré surmonté d’une coupole hémisphérique sur laquelle vient se poser le clocher carré dont la flèche est récente et une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extérieur

 

Jaleyrac 1Le portail en plein cintre, surmonté d’un cordon torsadé, est orné de colonnettes à chapiteaux simplement sculptés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 2Les portes en bois sont ornées de pentures en fer, dont certaines sont datées du XIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_3Restaurées au XVIIe siècle, les ferrures changèrent de place : actuellement les plus anciennes, avec le heurtoir au centre, sont en position haute alors qu’ils devraient se trouver au centre du ventail. Les enroulements inférieurs datent probablement de cette époque.

 

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Jaleyrac 10 aLe toit repose sur une corniche saillante bordée d’un cordon torsadé et agrémentée de modillons.

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Le message est clair : il montre le cheminement de l’initié sortant de l’animalité afin de faire son retournement.

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L’intérieur

 

Jaleyrac 18Saint-Martin possède de remarquables peintures murales du XVe siècle qui furent protégées pendant des années par des badigeons successifs. Elles furent mises à jour et restaurées entre 1977 et 1980. Dans le chœur, le Christ en majesté entouré du symbole des quatre vivants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 21et sur la droite, saint Georges terrassant le dragon, entouré du roi et de la reine de Trebizonde (ville de Turquie sur les bords de la mer Noire) et de leur fille, en sont quelques exemples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans une niche de l’abside, sur la droite, se tient Notre-Dame de Jaleyrac. Cette statue en pierre polychrome, datée du XVIe sur son arrêté de classement aux monuments historiques en 1960, se rapproche plus dans son iconographie des Vierges romanes du XIIIe siècle. La Vierge, en robe rouge ornée d’un cabochon, drapée d’un manteau vert retenu sur la tête par une couronne à fleurons, tient l’enfant sur ses genoux. Une niche placée à l’arrière du siège lui confère la fonction de reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Men

Jaleyrac MenasUne des chapelles de l’église est consacrée à saint Men ou Menas, rappelant qu’autrefois avait lieu un pèlerinage fort prisé par les malades atteints d’une sorte de lèpre, maladie que l’on nommait mal de Saint-Men. Au XIIIe siècle, les moines de l’abbaye bénédictine de Mauriac firent construire, sur le plateau des Andêryes dominant Jaleyrac, une léproserie (lieu-dit la Croix des Anders).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac Menas 2

Cet endroit était désigné sous le nom de Maladrerie de Mauriac dans un état officiel dressé sous Louis XIV. Des reliques appartenant à saint Men furent rapportées d’Egypte après les croisades et déposées dans la chapelle. Les guérisons se firent nombreuses. Le culte de saint Men fut transféré à Jaleyrac à la fin du XVIe siècle, après que les guerres de Religion eurent fait fermer les portes de la maladrerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac pont 2Quoi qu’il en soit, les miracles continuèrent à Jaleyrac. Pour obtenir sa guérison, il fallait que le malade, quel que soit son rang social, s’humilie et mendie lui-même l’argent destiné à la messe. Il devait ensuite aller boire à la Font Salade, la fontaine miraculeuse située dans le vallon, près du pont jeté au-dessus du ruisseau de la Gueuse. Ce pont existe encore de nos jours. Curieusement, alors qu’il est d’époque romane, il porte sur les pancartes le nom de « pont romain », bien qu’aucun romain n’ait participé à sa construction.

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 2La Font Saint-Men ou Font Salade possède des eaux salines comme son nom l’indique. La source sort d’une roche granitique dans un petit bâtiment voûté ouvert par une seule porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 4A l’intérieur, un bassin est rempli d’une eau à 15°C. Il y a peu encore, les gens atteints d’une maladie de peau et de problèmes de foie allaient s’y abreuver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 1Jean-Baptiste Bouillet, dans sa « Description historique et scientifique de Haute-Auvergne, département du Cantal », en parle en ces termes : « Dans un bois, au confluent de deux ruisseaux qui vont se perdre dans la rivière le Mars, nait, d’une montagne primitive, une source d’eau minérale ferrugineuse froide, assez abondante, qui s’épanche dans un bassin de trois à quatre pieds de long, placé dans un petit bâtiment. Cette source est très fréquentée des gens du pays. Suivant les expériences du docteur Mourguye, un kilogramme d’eau contient un décigramme et demi de carbonate de chaux, un demi-décigramme de proto-sulfate de magnésie, un décigramme d’hydrochlorate de magnésie. Les eaux de la source sont légèrement toniques et purgatives, et conviennent aux malades atteints d'embarras gastrique et intestinal, d’anémie, d'aménorrhée ou de leucorrhée atonique ».

 

Jaleyrac source 3Un ancien pharmacien de Clermont, monsieur Mossier, en avait fait l’analyse : « Chaque litre d'eau contient 25 pouces cubes d'acide carbonique, 31 décigrammes de carbonate de soude, 24 centigrammes de carbonate de chaux, 8 centigrammes de sulfate de chaux, 5 centigrammes de carbonate de magnésie, 4 centigrammes de carbonate de fer, et des proportions minimes de chlorures de sodium et de calcium, d'alumine et de silice».

 

 Mais… Il se dit au pays que la construction de la voie ferrée reliant Aurillac à Bort-les-Orgues a détourné le cours de la source. Pour certaines personnes très âgées, l'eau n'a plus le pouvoir d'antan.

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01 juin 2018

Moussages

Moussages 19Il est des lieux plus puissants que d’autres. Cela tient souvent aux énergies du ciel et de la terre qui les ont façonnés et aux forces naturelles particulières qui en émanent. Situé au cœur du Massif Central, les Monts du Cantal, vestiges du plus grand stratovolcan d’Europe en font partie.

 

 

 

 

 

Moussages Monts du Cantal'Cet énorme et unique volcan, dont l’activité débuta il y a environ 13 millions d’années, mesurait près de 70 km de diamètre. De son centre, une vingtaine de rivières puis de glaciers ont formé des vallées rayonnantes, découpant les plateaux basaltiques triangulaires ou planèzes. Bizarrement, chacune de ces vallées ou presque abritait en son sein ou menait à une Vierge Noire. L’étymologie du nom du Mont du Cantal, Mons Cantallu, nous renvoie au gaulois cant, qui veut dire brillant. Du temps des romains, il fut appelé Mons Celtus, traversé par la via Celtica.

 

 

 

 

 

 

Moussages Puy MaryLe Puy Mary, avec ses 1783 m d’altitude, fait partie des plus hauts sommets. Son nom provient non pas de la Vierge Marie comme on pourrait s’y attendre, mais de Marius, qui évangélisa la Haute Auvergne vers le VIe ou VIIe siècle (certains disent qu’il fut le disciple de saint Austremoine).

 

 

 

 

 

Moussages Puy Mary 2'Le Puy Mary s’est formé il y a 6,5 millions d’années par l’accumulation de lave visqueuse autour de la cheminée centrale. Au Quaternaire il fut érodé par les glaciers, ce qui lui donna sa forme pyramidale. Il est entouré de 7 vallées glaciaires qui partent en étoile depuis son sommet.

 

 

 

 

Moussages 13La vallée du Mars est l’une d’elles. Le Mars prend sa source dans le cirque glaciaire du Falgoux, du nom du premier village de la vallée où se situe la ferme de mes ancêtres, et se jette dans la Sumène après avoir parcouru une trentaine de kilomètres.

 

 

 

 

 

 

Moussages 16La vallée, tout d’abord en forme d’auge ou en U, avec des pentes douces propices à l’implantation humaine (s’y trouvent des châteaux, des maisons de maitre, des moulins, des fermes, des granges et des burons), se termine en V après les villages de Pons et de Montbrun, avec des parois escarpées inutilisables.

 

 

 

 

 

Moussages

 

 

Moussages 46aPrès de ce verrou se situe le village de Moussages, éloigné de 3 lieues de Mauriac. Les premières traces connues d’une présence humaine remontent à l’époque romaine, comme le démontrent les fouilles opérées près de Valens, au lieu-dit Le Rampant.

 

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Moussages 45bMoussages, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle -mentionné en 822- recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne), devint au Moyen-âge une seigneurie annexée à celle de Claviers, relevant des évêques de Clermont.

 

 

 

 

 

Moussages 43Le bourg possédait son château, la Valmaison, détruit pendant la Révolution. Il était dressé près de l’église romane dédiée à saint Barthélémy, l’un des 12 apôtres, celui que l'Église apostolique arménienne considère comme le « premier illuminateur du pays d'Arménie ». A noter, une ancienne coutume du village : les curés de Saint-Barthélemy de Moussages se devaient de donner à manger, une fois l’an, la veille de la fête du saint patron, à tous les chefs de famille du village.

 

 

 

 

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L'église Saint-Barthélémy fut, d’après la datation de son portail (ici un ancien tympan déposé dehors), probablement construite au XIe siècle. Maintes fois remaniée, elle possède encore une abside du XIIe siècle dont les modillons ne laissent aucun doute sur le sens de l’humour des imagiers de l’époque.

 

 

 

 

Moussages 26Quel retournement, là où la tête de la bête, passant entre ses pattes, vient lécher la matière lourde sortant de son cul ! Quel chemin à parcourir avant de pouvoir devenir homme ! Celui-là tient entre ses mains sa barbe, symbole de connaissance et de sagesse. Mais elle est divisée en deux. Il est difficile de sortir de la dualité…

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Moussages 29Le clocher est beaucoup plus récent.

 

 

 

 

 

 

Moussages 23'A l’arrière de l’église, une fontaine à bassin octogonal en pierre, du XVIIIe siècle, montre une partie centrale décorée de mascarons (ornement représentant un masque, une figure humaine, à la fonction apotropaïque, c’est-à-dire servant à conjurer le mauvais sort ou à éloigner les esprits maléfiques) : ici des dauphins stylisés crachant l’eau et une tête d’homme barbu et ricanant couronnée de feuillages.

 

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L’intérieur est assez sobre.

 

 

 

 

 

Moussages_31_Le centre du chœur est occupé par une ancienne croix de cimetière du XVe siècle : un croisillon fleuronné surmonte d’un côté le Christ et de l’autre la Vierge Marie. Sous une stalle, peut-être un ancêtre gaulois avec ses moustaches

 

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A l’entrée du chœur, sur la gauche, une niche en hauteur contient une statue romane de la plus pure tradition auvergnate, Notre-Dame de Claviers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette Vierge noire en majesté se rapproche de sa sœur de Heume-l’Eglise et non pas de la Vierge Morgan du Metropolitan Museum of Art de New-York comme j’ai pu le lire sur le net. Mais elle n’est pas à sa place. En effet, elle est restée bien longtemps dans l’ancienne chapelle castrale de Jailhac.

Moussages_Heume_New_York

Jailhac

 

Moussages_21_Le hameau de Jailhac se situe à quelques encablures de Moussages. Un chemin bordé de talus en descend au milieu des champs vers une petite chapelle romane située aux pieds d’un éperon rocheux où se situait le château de Claviers dont dépendait la seigneurie de Moussages.

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Moussages_7_C’est dans cet écrin que trouva refuge l’une des plus belles Vierges noires d’Auvergne. Des documents trouvés dans la chapelle parlent d’un ancien village, Corbeyre (racine pré-indo-européenne korb, désignant des lieux montagneux), entièrement détruit vers 1523 lors des guerres de Religion. Son église abritait une Vierge en majesté qui fut sauvée par un villageois et transportée dans la chapelle du château de Claviers dont elle tire son nom actuel.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_8_La butte castrale domine la vallée du Mars. Du château ne restent que quelques pans de murs épars, montrant la présence une double enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_11_En son centre se trouve une source (résurgence) abritée par un bâti en pierre. Les seigneurs de Claviers, connus depuis 1109, portaient le titre de baron. Le nom de Claviers provient du radical latin clavis, la clé, et du suffixe ier, désignant une personne réalisant une action, un métier. Donc, le seigneur de Claviers serait un maitre des clés…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs légendes attachées à ce lieu nous sont parvenues.

L’une d’elles parle d’un baron de Claviers, homme détestable et tyrannique vivant au XIVe siècle, qui interdit le mariage de sa fille avec Rigaud de Montclar, dont elle était amoureuse, lui préférant le fils du comptour d’Apchon, de plus haute lignée. Le rejeton de cette illustre famille, dont la devise « haut et clair » fut reprise plus tard par toute l’Auvergne, était pourtant bossu et borgne. La jeune fille tint bon et refusa cette union. Le baron, furieux, blessa le jeune amoureux. La demoiselle le croyant mort, elle mit le feu au château de son père et mourut dans les flammes. Il ne resta que la chapelle… Fin de Claviers. Historiquement, un certain Brun de Claviers prit part à la révolte des nobles d’Auvergne qui défendirent leurs privilèges contre le clergé en 1328. Ceci expliquant peut-être cela. Un certain Rigaud de Montclar devint moine bénédictin et finit prieur du Port-Dieu en Corrèze vers 1335…

Une autre légende parle d’un jeune pâtre de Jailhac à qui un ange rendit visite, lui montrant une statue de la Vierge posée dans l’herbe près d’une source. L’enfant rapporta la statue chez lui, mais le lendemain, elle disparut. On la retrouva près de la source et on décida alors de lui construire en ce lieu une chapelle. Bientôt le nombre de pèlerins augmenta, l’eau de la source étant devenue miraculeuse.

Une autre encore parle des frères Guy et Raoul, coseigneurs de Scorailles, qui prirent le chemin de l’Orient lors de la première croisade en 1096. Raoul, avant de partir, fit don d’une statue de la Vierge à la chapelle de Jailhac. Etant très généreux, il en offrit deux autres, une au château de Scorailles et une à Saint-Christophe-les-Gorges. Ils revinrent en 1115 avec les chefs des saints Côme et Damien, qu’ils offrirent à l’abbaye de Brageac (Côme, saint patron des chirurgiens, et son frère Damien, saint patron des pharmaciens, nés en Arabie, souffrirent le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. Ils sont dits « anagyres », sans argent, car ils soignaient gratuitement).

 

Moussages_9_La chapelle castrale, placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge, date des XIe et XIIe siècles. Sa construction remonte en tout cas avant 1109.  Elle devint église paroissiale en 1519 et fut presque oubliée jusqu’au XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_15_A cette époque, vers 1870, François Lesmarie, vouant sa vie à Dieu après la guérison miraculeuse de son cancer du visage par le curé d’Ars, s’y installe en ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_10_Aidé des paroissiens, il rénove le bâtiment et sculpte un chemin de croix sur la butte castrale, où il fait ériger une statue de la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_14_Le pèlerinage reprit de plus belle, et tous les dimanches précédant le 15 août (une semaine avant l’assomption de la Vierge) et les 8 septembre (fête de sa nativité), une foule se presse sur le perron semi-circulaire qu’il fit aménager devant la chapelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_6_La chapelle, de plan rectangulaire, possède un magnifique clocher-peigne et un chevet roman très dépouillé.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_2A l’intérieur, une abside semi-circulaire voûtée en cul de four dans laquelle, sur la gauche, s’ouvre une petite niche contenant la copie de Notre-Dame de Claviers ; l’originale, victime de sa notoriété, est conservée dans l’église de Moussages, sous verre et protégée par une alarme. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’aller chercher le maitre des clés et la porte est restée fermée.

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Claviers

 

VN_Moussages_0715aCette Vierge en majesté fait partie de la statuaire auvergnate romane. Elle fut remarquée par André Malraux qui vint en visite dans la région en 1944. Elle fut restaurée dans les ateliers du Louvre en 1958 : sous une couche de peinture noire apparut alors la polychromie d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_35_Elle possède beaucoup des attributs des Vierges noires : datée de la première moitié du XIIe siècle, mesurant 81 cm de haut, posée sur un socle de 32 cm par 28, sculptée dans du chêne, la Vierge en majesté assise sur une cathèdre tient de ses mains démesurées l’enfant dans son giron. Ses pieds sont couverts de chaussures fines et pointues. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Elle prend une pose hiératique et son visage reste froid, ne reflétant aucun sentiment. Elle porte une robe bleu-vert plissée couverte d’un pallium, vêtement à capuche et à longues manches.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’enfant, dont le visage parait plutôt adulte, est vêtu de rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages 12'Elle fut trouvée près d’une source, et l’élément oriental est présent par le don qu’en fit un croisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliché de l’intérieur de la chapelle d’André Muzac, Archives du Cantal 1980

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04 janvier 2017

Prague (Praha), historique

 

Prague 29Il était une fois… L’histoire de Prague ne peut commencer que par cette phrase, tant le merveilleux côtoie le quotidien dans la capitale de la région historique de Bohème, au croisement des routes commerciales est/ouest et nord/sud qui traversent l'Europe.

 

 

 

 

 

 

Borvo et Damona

Cette région fertile où il fait bon vivre, peuplée depuis le Paléolithique, accueillit l'un des plus importants peuples celtes de l'Âge de Fer, les Boïens (dont le dieu tutélaire, Borvo, dieu guérisseur lié à l’eau, avait comme parèdre Damona, la grande vache, l’équivalent de Boand chez les Irlandais), qui lui donnèrent leur nom.

 

 

 

 

 

Alamans 1Ils furent délogés par les Marcomans, des germains venant du Danube, puis par les Avars, originaires de Mongolie, et ce jusqu’à l’invasion des Slaves, peuple d’Europe Centrale venus du nord de l'Ukraine et du sud de la Biélorussie au VIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Futhark 2a« Il semble même qu’un temps les Marcomans et les Boïens vécurent ensemble et échangèrent biens et cultures. En outre il est troublant que quand on soulève l’hypothèse qu’une partie du système final des Runes, l’alphabet du Futhark, ait été élaboré par les Marcomans, il soit tentant de s’interroger sur l’apport des Boïens (et peut-être de leurs Oghams) à l’écriture sacrée des Germains. Car il faut avoir à l’esprit que les Boïens, grands voyageurs et artistes, comptèrent à ce titre assez de points de convergence avec les Marcomans, l’un des peuple Germain les plus érudits. »

 

 

 

 

Prague Libuše 2aLa légende des origines de Prague nous parle d’une jeune femme, Libuše, fille du voïvode Krok, successeur de Čech (chef de clan qui donna son nom au peuple tchèque, s’installa avec son peuple au bord de la rivière Vltava (Moldau) au VIIIe siècle, et construisit un premier château-fort, Vyšehrad). Les deux sœurs ainées de Libuše, Kazi et Teta, étaient respectivement herboriste et guérisseuse, prêtresse et magicienne. Libuše, quant à elle, avait le don de prophétie. Etant la plus sage, elle fut choisie par son père pour lui succéder, ce qu’elle fit avec courage et discernement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague Libuše 4aElle rendait la justice non pas sous un chêne, mais sous un tilleul, arbre sacré des Slaves. Elle s’entoura d’une armée d’amazones, menées par son amie Vlasta. Mais la société étant devenue patriarcale, on lui demanda de choisir un mari, afin qu’il puisse s’occuper des affaires militaires et politiques.

 

 

 

 

 

Prague Libuše 3aElle fit alors une prédiction : « vous trouverez mon futur époux labourant avec deux bœufs un champ du village de Stadice. Il se nomme Přemysl Oráč et nos enfants gouverneront ce pays jusqu’à la fin des temps ». Les guerriers le trouvèrent et le ramenèrent. Il épousa la princesse et furent tout deux les ancêtres de la dynastie des Přemyslides.

 

 

 

 

Prague 31Elle eut alors une autre vision : « Je vois une cité dont la gloire monte jusqu’aux étoiles. Je vois un immense château où s’installe ma race… Au plus épais des bois, vous trouverez un homme occupé à tailler le seuil de sa maison. Praha, c’est-à-dire « le seuil », voilà comment vous appellerez le château que vous édifierez en ce lieu. Et de même que tout homme, le serf comme le chef ou le prince, s’incline pour franchir le seuil d’une demeure, de même le monde entier s’inclinera devant cet édifice… ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cosmas 1L'endroit fut trouvé, ce sera la colline de Hradčany où se construira en 870 le château des rois de Bohême, qui deviendra celui des empereurs du Saint-Empire romain germanique, des présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque. Cette légende de la fondation de Prague est rapportée dans la Chronica Boemorum, livre écrit en 1119 par Cosmas de Prague, ecclésiastique, écrivain, historien et chroniqueur.

 

 

 

 

 

Prague 39Même si l’étymologie de Prague vient probablement de l’ancien slave praga, le gué, alors que práh, le seuil, est issu du tchèque moderne, je discerne bien autre chose dans cette légende. Au niveau historique, nous avons en place l’ancienne religion, l’arrivée du patriarcat et l’invasion des tribus slaves. Au niveau symbolique, nous avons l’ancienne religion, une jeune fille, des bœufs, un arbre sacré. Pas étonnant que Prague fut l’une des rares villes d’Europe centrale à posséder une Vierge Noire.

 

 

 

 

Prague 4Prague se christianisa, puis se développa au fil des siècles : sous le règne du roi chrétien Venceslas (devenu le saint patron de la Bohème et de la Moravie), assassiné en 929 par Boleslav, son frère resté païen, puis au XIVe siècle sous le règne de Charles IV qui fit de la ville sa résidence impériale et la capitale du royaume

 

 

 

 

 

Prague 21( en 1378 Prague compte 40 000 habitants), au XVIe sous le règne de Rodolphe II de Habsbourg (protecteur des arts et des sciences et épris d’ésotérisme), où elle devint le foyer de la vie politique, sociale et culturelle de l’Europe centrale, au XVIIIe, où elle s'embellit de nombreux édifices baroques, au XIXe où elle se modernisa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 8Prague devint en 1918 la capitale du nouvel état, la République tchécoslovaque. Elle prospéra avant d’entrer dans une période trouble débutant avec l’invasion des troupes allemandes d’Hitler en 1939, continuant avec le joug soviétique avant la Révolution de Velours de 1990. En 2000, Prague fut nommée capitale européenne de la Culture.

 

 

 

 

 

Prague 15

La ville attira de tout temps les musiciens, les scientifiques, les alchimistes, les écrivains et les poètes, bref, les chercheurs et les rêveurs, qui souvent ne font qu’un. On y vit séjourner Rabbi Yehouda Loew ben Betzalel et son golem, John Dee et Edward Kelley, Giuseppe Arcimboldo, Tycho Brahe, Johannes Kepler,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 17Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Bedřich Smetana, Antonín Dvořák, Gustav Meyrink, Rainer Maria Rilke, Albert Einstein, Franz Kafka, Miloš Forman, Eva Herzigová ou Adriana Sklenaříková-Karembeu. Pour les deux dernières, c’est juste pour faire plaisir à un ami connaisseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 13Prague la bien nommée, un seuil, un gué, un passage qui amène vers d’autres mondes, qu’André Breton surnomma la "capitale magique de la vieille Europe", est mystérieuse à bien des égards. Charles IV, lors de son règne, décida de faire de sa capitale l’image terrestre de la Jérusalem céleste. Les anciens cardo et decumanus, les axes solsticiaux en font partie intégrante, et l’axe est/ouest formé par le passage des reliques de saint Venceslas devint la voie royale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 56Charles IV remplaça l’ancien pont Judith dont il reste quelques arches par celui qui porte maintenant son nom, le pont Charles, ou Karluv most, et parsema la voie de symboles alchimiques. La première pierre du pont lui-même fut posée en 1357, le 9e jour du 7e mois, à 5h31, ce qui forme le palindrome 135797531, formé des 5 premiers nombres impairs et considéré propice par les astrologues du roi.

 

 

 

Prague 59aAprès le pont, la voie royale se divise. Une branche part en direction du château, sur la droite, symbole de la voie exotérique, l’autre part sur la gauche, vers le pavillon de l’étoile (pavillon de chasse réalisé au milieu du XVIe siècle en forme d'étoile à six branches, figuration de la conception du cosmos de l’époque), symbole de la voie ésotérique.

 

 

 

 

Prague symbole alchimie 2Dans les signes gravés dans la pierre ou peints sur les façades (enseignes qui, jusqu'au XVIIIe siècle, palliaient l'absence de numérotation des maisons), un œil averti pourra discerner la transposition du bestiaire alchimique, allégorie du processus de fabrication de la pierre philosophale,

 

 

 

 

 

Prague 18débutant à la tour Poudrière,traversant Staré město et son horloge astronomique, et terminant à Malá Strana, le quartier du château, résidence privilégiée de l’aristocratie.

 

Prague 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 60Et même si la ruelle d’Or est une fable (jamais alchimiste n’y posa ne serait-ce qu’un simple petit creuset), l’endroit dégage une énergie particulière, en oubliant le vilain malappris, le mufle indélicat, le goujat malotru, grossier personnage, rustre malhonnête et fâcheux pignouf que je voue aux Gémonies qui m’y a piqué mon portefeuille.

 

 

 

 

 

Prague 37Non, les alchimistes n’étaient pas si proches du château. Ils ont posé leurs alambics dans le vieux quartier de Josefov. C’est là qu’au XVIe siècle le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, dit le Maharal (acrostiche hébraïque de Morenou HaRav Loew, notre enseignant, le rabbin Loew), ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler, fabriqua son golem avec l’argile des rives de la Vltava.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 55Légendes devenues universelles… Au sud du quartier Nové město, au coin de la place Charles (Karlovo náměstí), se dresse un bâtiment gothique qui eut de curieux propriétaires ou locataires. Tout d’abord palais construit pour Nicolas de Troppau, frère illégitime du duc de Bohême Ottokar II Přemyslide, il passa aux mains de son dernier descendant, Venceslas, qui pratiquait les sciences naturelles.

 

 

 

 

Faust 3aSe suivirent Jakub Krucínka, un astrologue dont les fils s’entretuèrent, Edward Kelley l’alchimiste qui l’acheta en 1590, le comte Ferdinand Antonín Mladota de Solopysk, chimiste et métaphysicien, puis son fils Josef Petr, fabriquant d’automates. Tous ces gens contribuèrent à forger la légende du célèbre docteur Faust, qui vendit son âme au diable. D’ailleurs la maison s’appelle maintenant Faustův dům, c’est pas pour rien…

 

 

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prague

http://www.routard.com/guide/prague/1821/histoire.htm

http://www.lkral.fr/index.php/visite-de-prague-en-deux-jours

http://www.czech.cz/fr/66869-prague-et-son-histoire

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/republique-tcheque-prague-une-ville-de-legendes-et-sortileges-156186

https://voirenvrai.nantes.archi.fr/?p=1525

http://thierry.jamard.over-blog.com/page/3

http://thierry.jamard.over-blog.com/2016/10/promenades-dans-prague-du-11-au-18-septembre-2013.html

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Le quartier Josefov de Prague

 

Golem 11aPrague accueillit les juifs en des temps reculés, mais c’est aux environs du XIIIe siècle que la communauté, composée des juifs d’occident et des juifs de l’empire byzantin, se retrouva dans un quartier fortifié au cœur de la vieille ville, sur la rive droite de la Vltava.

 

 

 

 

 

Prague 34Replié et protégé derrière les murs, le quartier fut un abri, puis devint un ghetto. La population juive pragoise, tour à tour persécutée et exclue ou tolérée et intégrée, devint bientôt l’une des plus nombreuses d’Europe, jusqu’à sa presque extinction lors de la dernière guerre mondiale, notamment dans le camp de Terezin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 58Le quartier devint au Moyen-âge le centre névralgique culturel et spirituel de la population juive de Prague. Son nom, Josefov, lui fut donné bien après, lors de sa rénovation au XIXe siècle, en l'honneur de l'empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, qui accorda des droits civiques en 1784 aux Juifs de Bohême.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 24Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) furent abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdirent leurs privilèges d'autonomie. En 1895, le quartier devenu insalubre fut assaini, et la ville fit raser une grande partie des maisons. Elle épargna heureusement l'hôtel de ville, six synagogues et le vieux cimetière juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 27

Etonnant, non ?

 

 

 

 

 

 

Prague 20Deux statues de Josefov : d’un côté le grand rabbin Loew, de style classique, de l’autre un hommage à Franz Kafka, inspiré d’une nouvelle intitulée « Description d’un combat » qui raconte la promenade d’un homme hissé sur les épaules d’un congénère dans la ville de Prague, plus « contemporain ».

Prague 35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.avantgarde-prague.fr/guide-de-prague/que-voir-a-prague/monuments-principaux/synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.linternaute.com/voyage/republique-tcheque/prague/monument/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.digital-guide.cz/fr/poi/cite-juive---josefov/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/1635/synagogue-vieille-nouvelle-staronova-synagoga?back=1

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/688/musee-juif-de-prague-vieux-cimetiere-juif-stary-zidovsky-hrbitov

http://benzaken-descendance.centerblog.net/rub-cuisine-de-nos-familles--14.html

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La synagogue Vieille-Nouvelle

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle plan 1Commencée vers 1270 sur les bases d’un monument plus ancien (probablement du XIe siècle), Vieille-Nouvelle est la plus ancienne synagogue d’Europe encore en fonction, l’un des plus vieux bâtiments de Josefov.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 11aElle fut édifiée par les tailleurs de pierre de l’atelier royal qui travaillaient sur le chantier tout proche du couvent de Sainte-Agnès. La légende raconte même que des anges apportèrent, pour ses fondations, quelques pierres du temple de Jérusalem, sous promesse de les rendre dès qu’il serait reconstruit.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 7

Appelée au départ Nouvelle ou Grande École, afin de la différencier de l’ancienne synagogue de la rue Dušní, on lui attribua le nom de Vieille-Nouvelle au XVIe siècle après l’apparition de synagogues plus récentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 10

Elle devint le principal centre cultuel du ghetto, abrita plusieurs grands rabbins dont le célèbre Yehuda Loew ben Bezalel, aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 20

Épargnée lors de la rénovation du quartier au XXe siècle, restaurée en 1967, la synagogue fut déclarée Monument historique en 1995. D’autres travaux de rénovation furent entrepris en 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 2

La synagogue est une construction rectangulaire massive avec un toit en bâtière aux pignons de briques rouges de style gothique tardif.

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 31

On y accède en descendant 9 marches. Plusieurs explications sont données : en raison du relèvement du niveau du sol depuis le Moyen-âge pour éviter les inondations, mais aussi par principe, les synagogues étant souvent enterrées afin de pouvoir construire avec une grande hauteur sous plafond sans heurter les bâtiments du voisinage, ou par humilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 1

D’un plan très simple à deux nefs, le bâtiment principal est entouré sur trois côtés par des annexes basses, rajoutées aux XIVe et XVIIIe siècles, vestibule et nefs pour les femmes (Vieille-Nouvelle fut construite selon la coutume du judaïsme orthodoxe avec des espaces séparés pour les hommes et pour les femmes durant les prières).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 23

Ces bâtiments furent reliés à la salle principale par des ouvertures très étroites permettant d’écouter l’office.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 5

Le vestibule sud est voûté en berceau. Les deux cassettes servaient à rassembler les impôts juifs collectés dans tout le royaume.

 Prague synagogue Vieille-Nouvelle 32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 4

On accède à la salle principale par un porche d’entrée dont le tympan représente un cep de vigne en bas-relief dont les racines puis les grappes de raisin, au nombre de 12, représentent les 12 tribus d’Israël. Le raisin, chez les juifs, symbolise la fertilité et la sagesse.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 9

L’espace intérieur, séparé en deux hautes nefs, est coiffé d’une voûte d’ogives à 5 branches comportant 6 travées et soutenue par 2 piliers octogonaux ornés de feuillages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 18

Les 12 étroites fenêtres en ogive correspondent aux 12 tribus d’Israël.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 14

Les consoles et chapiteaux de pierre sont ornés de reliefs aux motifs végétaux ou prédominent les feuilles de vigne.

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 22

Les ornements les plus précieux restent le tympan de l’arche sainte et les clés de voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 6

Le centre de la salle principale est occupé par une estrade surélevée avec un pupitre pour la lecture de la Torah (bimah), qui est séparée de l’espace alentour par une grille en fer forgé du gothique tardif, fin XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 26

Au-dessus, une bannière sur laquelle sont brodés une étoile de David avec le chapeau juif en son centre, entourés du verset 6:4 du Deutéronome, « Shema Israël » (Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN). Cette bannière représente le blason de la communauté juive de Prague depuis l'indépendance accordée par Charles IV au XIVe siècle.

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 21

Les rouleaux de la Torah sont conservés dans l’arche sainte (aron haqodesh), dans le mur oriental.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 27

L’un des sièges le long des murs porte encore le nom du célèbre rabbi Loew dont la légende raconte que les restes du golem qu’il créa sont enfermés dans la guenizah du grenier (pièce d’une synagogue où sont conservés les manuscrits et les ouvrages que l’on ne peut jeter car ils contiennent le nom de Dieu). Voir le reportage sur le golem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 38a

Y sont également déposés des objets de culte, comme les tzitzit - franges au coin des vêtements - ou les loulavim - les 4 végétaux utilisés lors de la fête de Souccot ou Fête des Cabanes : palme de dattier, branche de myrte, branche de saule et cédrat-)

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 35

Est-ce vrai ? Personne en tout cas n'est autorisé à monter dans le grenier, accessible uniquement par une échelle incrustée dans le mur est de la synagogue. Si l’on demande pourquoi, il vous est répondu que le toit pourrait s’effondrer, les poutres étant très anciennes.

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La légende du golem

 

Golem 6a

Nous avons rencontré à plusieurs reprises le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, celui qui fabriqua un golem. Un golem, dans la tradition hébraïque, est un une créature humanoïde fabriquée à partir d’eau, de terre et de feu, amenée à la vie grâce à des procédés kabbalistiques, théurgiques et magiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 4a

Le mot golem dans la Bible (Psaume 139:16) est traduit par "matière informe". La mystique hébraïque du IIIème siècle de notre ère donne au mot le sens de sot, en opposition au sage (hakam). Dans le Talmud, Adam, qui est créé par Dieu à partir d’argile rouge, est décrit comme un golem sans âme dans les premières heures de sa vie, avant que ne lui soit insufflé l'esprit de vie (Rouah).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 15a

Un golem fabriqué par un homme dans un acte d’imitation du créateur divin restera une créature imparfaite, muette et sans âme, dénuée de raison, ne sachant distinguer le bien du mal. Les alchimistes d’occident essayèrent eux aussi à travers leur art de façonner un homoncule (du latin homonculus, « petit homme »),

 

 

 

 

 

 

 

Golem 13

les alchimistes ismaéliens un takwin (création artificielle de la vie, qu’elle soit végétale, animale ou humaine),

 

 

 

 

 

 

Mandragore 3a

les magiciens de tout poil d’élever une mandragore (la racine de la plante, après lavage, macération et maturation, devenait un homonculus dangereux mais fidèle à son maître), les moines tibétains de créer un tulpa (entité spirituelle créée par la volonté et forcée à se manifester dans le monde physique),

 

 

 

 

 

 

Frankenstein 1

les fées de donner la vie à un pantin de bois, les savants de fabriquer des monstres grâce à l’électricité, les scientifiques des têtes parlantes, des automates, des robots, pour en arriver au cyborg.

 

 

 

 

 

 

 

Golem 12a

Bref, la création artificielle de la vie occupa et occupe encore bien des gens, qui se soucient peu que leur créature puisse se retourner contre eux, ce qu’elle fait d’ailleurs la plupart du temps. Les hommes, tentés de rivaliser avec Dieu par l’utilisation contre nature de la connaissance, attirent irrémédiablement la Némésis, la juste colère, si l’ambition personnelle ou l’orgueil prennent le pas sur l’équilibre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pinocchio 2

Dans un autre registre, symboliquement, on peut voir dans l’acte de création artificielle le départ d’une vie brute, la matière première, qui doit se transformer, s’épurer, acquérir un esprit en grandissant au travers d’initiations successives, à l’image de Pinocchio, la marionnette inanimée qui prend vie et gagne le droit de devenir un petit garçon au travers de ses épreuves.

 

 

 

 

 

Pierre1a

On passe donc de la matière à l’esprit, certains diraient de la pierre brute à la pierre taillée qui deviendra plus tard une pierre cubique à pointe.

 

 

 

 

 

 

Golem 10a

Comment fabriquer un golem ? Rien de plus simple, j’ai trouvé la recette sur la toile :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 5a

« Il nous faut, pour commencer, de l'argile, ou une terre vierge. Il nous faut aussi de l’eau d'une rivière : 248 mesures d'eau dans un sceau et 365 mesures dans l'autre correspondant aux 613 parties du corps et aux 613 commandements. Ensuite il faut maîtriser la prononciation du Nom Ineffable et ses 231 combinaisons. Une broutille. Puis effectuer une marche circulaire 7 fois autour du golem en récitant 221 fois (certaines sources disent 231) ces combinaisons. Recommencer.

 

 

 

 

 

Golem 7a

Pour donner vie au golem, écrire sur son front le mot hébreu « Emeth » (Aleph, Mem, Tav), autrement dit la vérité. Si le golem devient agressif, effacer rapidement la première lettre, Aleph, de son front. Le mot se lit maintenant « Meth », la mort. Le golem retourne alors en poussière. Une autre version propose de placer dans la bouche du golem un parchemin sur lequel on inscrit l'un des multiples noms de Dieu avec son propre sang, mais je demande à voir. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenons à notre rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, le MaHaRaL (acrostiche de Moreinu HaRav Loew, notre maitre le rabbin Loew) dont je vais vous narrer l’histoire véritable :

Rabbi Loew habitait le quartier juif de Prague. Grâce à sa profonde érudition et à ses grandes qualités humaines, il était devenu celui que l’on appelait le Maharal, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est vrai que les gens disaient qu’il était issu de la lignée de David… De nombreux élèves venaient l’écouter parler dans la vieille synagogue dont il avait la charge.

En ce temps-là, la communauté juive subissait les attaques sournoises de mauvais chrétiens qui l’accusaient de sacrifier des enfants. Ces extrémistes oubliaient le neuvième commandement qui dit que personne ne doit porter de faux témoignage contre son prochain. C’est moins grave que de tuer ceux qui pensent autrement, mais c’est moche quand même. Rabbi Loew imagina alors la plus belle des parades, créer un golem, un puissant protecteur pour le quartier, un être qui serait redouté de tous, insinuant la peur dans le cœur des détracteurs. Il appela alors son gendre Isaac ben Siméon, un Cohen, et un de ses disciples, le lévite Yakob ben Chaim. La nuit venue, le visage dissimulé sous leurs capuches, ils se rendirent à la lueur de leurs torches sur la rive de la Vltava toute proche.

Là, rabbi Loew demanda à son gendre de se positionner à sa droite, à Yakob à sa gauche, puis il façonna une forme humaine avec l’argile de la rivière. Une fois la statue terminée, il demanda à Isaac de tourner sept fois autour d’elle en prononçant des formules rituelles, évoquant le feu. A son tour Yakob fit de même, évoquant quant à lui l’eau. Rabbi Loew fit de même en ajoutant l’air, ce qui fit, avec la terre argileuse de la créature, que les quatre éléments furent réunis. Rabbi Loew fit alors appel à la magie la plus puissante, celle de l’éther, et écrivit une parole divine, un puissant nom de Dieu, Emeth (la vérité, et je ne mens pas), sur le front du golem. Certains disent qu’il l’écrivit sur un parchemin qu’il mit dans sa bouche. Quoi qu’il en soit, le rabbi insuffla la vie dans la créature qui se mit à son service.

Il rentra chez lui, suivi du golem obéissant. Il lui demanda de veiller sur ses semblables, de prévenir en cas d’attaque, d’effrayer tout intrus et le cas échéant et vu sa force, d’aider madame dans les travaux domestiques, ce qui lui valut une belle frayeur. En effet, un jour qu’elle devait partir rendre visite à une parente, Perel, la femme du rabbi, demanda au golem de puiser de l’eau à l’aide de deux seaux et d’en remplir un tonneau pour la lessive. S’absentant plus longtemps que prévu, elle revint tard et vit que le Golem ne s’était pas arrêté dans sa tâche : la cuisine était totalement inondée. La créature avait de la force, mais pas de raison ni de volonté propre…

Rabbi Loew faisait travailler le golem durant 6 jours, et le laissait se reposer le septième, le jour du Shabbat. Pour cela, il le rendait inerte en effaçant sur son front la première lettre, Aleph. Le mot Meth apparaissait alors, qui veut dire mort. Ou bien il enlevait le parchemin de sa bouche dans la deuxième version. Le temps passa et la créature grandit, non pas en sagesse puisqu’elle en était dépourvue, mais en force et en taille, tout en remplissant son devoir à merveille. Un jour pourtant, le rabbi, la tête prise ailleurs, oublia le soir du Shabbat d’enlever l’Aleph du front du golem et celui-ci, sans recommandations, partit dans la ville où il sema le désordre et la terreur. 

Le Maharal le rattrapa et lui ordonna de rentrer, mais le mal était fait. Le 16 février 1592, il fut convoqué par l’empereur avec son frère, le grand érudit rabbi Sinaï, son beau-frère Isaac Weisel et son gendre rabbi Isaac Cohen. Le bruit courrait que Rodolphe, influencé par les religieux catholiques, voulait expulser les juifs de Bohême… Nul ne sait ce qu’ils se sont dit, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’une fois le Maharal parti, l’empereur, féru d’alchimie, de magie, d’art et d’essai, promis sa protection à la communauté juive de Prague. Il est fort possible qu’en échange, il ait demandé au rabbi de détruire son golem.

Parce qu’une nuit sans lune, rabbi Loew se rendit avec la créature de nouveau obéissante dans la guenizah située au grenier de sa synagogue. En effet, il ne pouvait la détruire comme le lui avait demandé Rodolphe, le nom sacré de Dieu étant inscrit sur son front. Et puis finalement, personne à part lui ne pouvait savoir que le golem n’avait pas été désintégré, et le garder sous le coude en cas de besoin, c’était faire preuve d’une grande sagesse. Rabbi Loew ne fit qu’effacer encore une fois l’Aleph. Le golem disparut des rues de Prague et l’empereur tint parole : des lois empêchant la persécution des juifs pour de faux motifs furent promulguées.

Voici la véritable histoire du golem de Prague.

Golem 16b

La légende cette fois-ci rapporte que le fils unique du Maharal, Betsalel, aidé de ses trois sœurs, Reichel, Tilla et Reyalino, rendit la vie à la créature. Il parait même (ce ne sont que des ragots, mais enfin…) que quelques allemands, durant la deuxième guerre mondiale, voulurent entrer dans la guenizah pour récupérer le golem : mal leur en prit, jamais ils n’en ressortirent.

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 20a

Certains grincheux insinueront que l’histoire du golem ne parut qu’en 1847 dans un recueil édité chez Wolf Pascheles, et que nulle trace écrite n’existe avant cette date, que la rénovation du grenier de la synagogue en 1883 n’indiqua nulle présence insolite, que le réalisateur d’un film tourné sur place pour la télévision en 1984 n’y vit rien d’étonnant non plus et que la plupart des gens considèrent ce conte comme pure fiction, comme l’écrivit l'écrivain autrichien Gustav Meyrink en 1915.

 

 

 

 

 

 

Golem 9a

Ce sont bien des grincheux… Ceux qui savent affirment que l’histoire est tout à fait authentique, et que le golem, obéissant à son dernier maitre, est allé se cacher dans le cimetière du quartier Žižkov.

 

 

 

 

 

 

 

http://www.kabbale.eu/l-exorcisme-par-les-rabbi-la-magie-et-le-golem/

http://www.kabbale.org/index.htm

http://www.paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Golem

http://institut-symbiosis.com/2010/08/les-capitales-mystiques-prague/

http://www.prague.eu/fr/objets/lieux/181?frm.categoryListing=181

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La synagogue Pinkas

 

Prague synagogue Pinkas 9

On entre dans le cimetière de Josefov en passant par la synagogue Pinkas dont la construction remonte à la fin du XVe siècle, entre 1479 et 1535.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas plan 1

La légende affirme que le rabbin Pinkas qui la fit ériger sur l’emplacement d’un sanctuaire du XIe siècle, trouva l’argent nécessaire dans le cadavre d’un singe qui atterrit dans son jardin. La bête appartenait à un orpailleur. Imitant son maitre qui vérifiait l'authenticité des pièces en les mordant, elle les avalait…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 7

L’endroit était alors un lieu de prière privé.

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 1

Le bâtiment fut agrandi dans un style gothique tardif par Aaron Meshullam Zalman Horowitz. Après la seconde guerre mondiale, la synagogue fut transformée en mémorial pour les victimes des nazis : les murs furent recouverts de leurs noms.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 3

Elle fut fermée au public en 1968 lorsque la nappe phréatique, remontant le long des murs, fragilisa le bâtiment. Des travaux d’isolation furent entrepris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 4

Des fouilles archéologiques permirent en 1950 de découvrir dans le sous-sol des pièces voûtées ainsi qu’un puits et un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme (mikveh).

 

Prague synagogue Pinkas 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 2

Le régime communiste s’arrangea pour que les travaux s’arrêtent, et effaça les noms sur les murs. Ils reprirent en 1990, et en 1992, les noms des 77 297 victimes juives de Bohême et de Moravie furent réécrits sur les murs.

Prague synagogue Pinkas 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 8

Une plaque commémorative en souvenir d’Horowitz et de son épouse est incrustée sans le mur du vestibule.

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