01 juin 2020

La race Salers

 

Salers vache 11aLe symbolisme du taureau et de la vache remonte à la nuit des temps. Sur les parois des grottes, les bovidés sont souvent représentés. Durant l’ère du même nom de nombreux cultes en firent leur emblème : le taureau fécondateur du dieu solaire Mithra ou la vache lunaire Hathor, le Minotaure gardien du labyrinthe minoen ou la déesse-vache Boand irlandaise. Les bovidés sont toujours en rapport avec la fertilité et les forces créatrices et nourricières, avec le renouveau.

 

 

 

Salers Hathor aLe lien avec la corne, symbole préhistorique largement utilisé dans toutes les civilisations est évident. Ce symbole solaire du principe actif de pénétration devient croissant de lune passif et fécond. Hathor, modèle par excellence du principe féminin, souveraine des quatre coins du ciel et maîtresse des points cardinaux, porte le disque solaire dans ses cornes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers vache 0C’est pour cette raison, et pour une autre que nous développerons plus loin, que je dois vous parler des vaches de Salers. Ces vaches rustiques et robustes ont une robe acajou aux longues cornes en forme de lyre. Elles sont reconnues pour leurs qualités d’adaptation qui leur permettent de vivre sur un sol pauvre sous des climats chauds et secs mais aussi beaucoup plus froids et humides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers race 1aSon lait est réputé (elle ne le donnera qu’en présence de son veau) et entre dans la composition de plusieurs fromages comme le Salers, le Cantal, la Fourme d’Ambert ou le Saint-Nectaire. Elle est également appréciée pour sa longévité, sa fertilité et son excellente aptitude au vêlage.

 

 

 

 

 

Salers Gobekli TepeL’origine des bovins domestiques se trouve dans la région de l’Iran actuel aux environs de 10 000 ans avant notre ère (comme pour beaucoup d’autres choses, comme le blé ou la vigne par exemple, étonnant n’est-il pas ? Ici un pilier du temple de Göbekli Tepe). Ces animaux ont migré avec leurs propriétaires et à la sélection naturelle va s’ajouter celle des hommes avec les croisements. Les vaches égyptiennes sont probablement issues du croisement de ces bêtes avec les bovins sauvages africains.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers vache Algarve aLes historiens pensent que les ancêtres des Salers sont passés d’Égypte à la péninsule ibérique par Gibraltar (les « Retintas » espagnoles et les « Alentejana » et « Algarvia » portugaises ont de grandes similitudes avec notre auvergnate) puis sont remontés vers le nord en passant par l’Auvergne

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers vache North Devonet ce jusqu’en Grande-Bretagne, à l’époque de la conquête romaine, où la race « North-Devon » possède une robe similaire et la même forme de tête. Une autre hypothèse parle de la domestication directe d’un auroch ibère.  

 

 

 

 

Salers vache 12aLes premières traces des ancêtres de la Salers sont peut-être celles retrouvées peintes sur les murs des grottes d’Altamira.

 

 

 

 

 

 

Salers vache 7Nous en retrouvons ensuite des représentations au XIIe siècle, comme sur la cuve baptismale de Mauriac,

 

 

 

 

 

 

 

Salers vache 6le tétramorphe de Jaleyrac

 

 

 

 

 

 

Salers vache 8ou dans l’armorial de Revel avec un paysan conduisant son bœuf rouge.

 

 

 

 

 

 

 

Salers TyssandierQuoi qu’il en soit, la Salers prend ses marques au XIXe siècle avec l’apparition des méthodes de sélection anglaises. Ernest Tysandier d’Escous est considéré comme le fondateur de la race. Farouche adversaire de la contribution d’autres races pour l’amélioration, il utilise la sélection par accouplement des meilleurs bêtes avec une meilleure alimentation. Il réussit par son travail à donner un grand renom aux vaches du canton de Salers et met en place le premier concours de la race le 17 août 1853. L’Herd-book Salers est créé en 1906.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers vache 9Petit aparté. Les anciennes religions avons-nous vu avaient fait du taureau un symbole de puissance et de fécondité durant l’ère du même nom. Le christianisme le diabolisa en le faisant veau d’or ou animal sacrificiel. Il devint l’attribut de saint Luc parce qu’il commence son évangile par le récit de la loi mosaïque où cet animal était offert en sacrifice. Notre taureau perdit sa virilité solaire et devint animal lunaire et tellurique, un bœuf aidant les hommes à cultiver la terre.

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 1aMais au XIIe siècle apparaissent les Vierges noires. C’est avec elles et leurs légendes que le taureau devenu bœuf réapparait dans un rituel qui lui fait retrouver tous ses aspects symboliques. C’est lui qui va trouver les statues dans le sol. Par sa puissance lunaire, le bœuf permet alors la fécondité de la terre et de la terre fécondée naitra la lumière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers VN 1Une chose m’a frappée : la présence, autour de la cheminée centrale du grand stratovolcan du Cantal de cercles concentriques de Vierges noires d’un rayon de 20 km et de 40 km environ. Celles qui nous sont restées où celles dont on se souvient sont quand même au nombre de 18. Elles sont disposées comme si elles étaient les gardiennes d’une chose qui nous dépasse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers Puy Griou 2Au centre du volcan, le Puy Griou. Il a été pendant longtemps considéré comme l’ancienne cheminée centrale mais en fait il s’agit d’un dôme de phonolite mis en place il y a seulement 6 millions d’années (13 pour le stratovolcan).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers Puy Griou aLa phonolite produit un son clair quand on la frappe et possède la caractéristique de bien transmettre les sons (les voûtes de la salle de l’écho de l’abbaye de la Chaise-Dieu sont en phonolite). La phonolite a été utilisée comme lithophone durant le Néolithique.

 

Salers Lithophone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salers Devil's Tower PaulPour info, la Devil’s Tower, située au Wyoming (États-Unis), la montagne sacrée des amérindiens, celle de Rencontre du troisième type ou mieux encore celle de Paul est également une ancienne cheminée de phonolite. Stylé.

Salers Paul

Posté par madame_dulac à 19:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


03 mai 2020

L’abbaye Saint-Pierre de Beaumont

Beaumont

 

Beaumont vue 2La vallée de l’Artière fut occupée dès le Néolithique. Sur le site de Beaumont furent retrouvés les restes d’un village d’une douzaine de maisons entourées d’une palissade. Au Ier siècle, une villa gallo-romaine s’y construisit (domaine foncier comportant des bâtiments d'exploitation et d'habitation).

 

 

 

 

 

Beaumont vue 4aElle fut abandonnée au IVe siècle. Mais c’est surtout pour son abbaye de femmes, probablement fondée au VIIe siècle, que Beaumont est connu. Ce lieu fut choisi judicieusement : perché sur une ancienne coulée de lave du volcan voisin de Gravenoire, il domine une vallée fertile favorable à l'agriculture et à la viticulture où la force de l’eau prédispose à la construction de plusieurs moulins.

 

 

 

 

Beaumont vue 3Étymologiquement, pas trop de surprises : Beaumont vient du latin bellus mons,le beau mont. Ce nom apparait dans une charte en 1124. L’abbaye connut son apogée aux XIIIe et XIVe siècles. Les guerres de Cent ans puis de Religion permirent au bourg de se doter de puissantes murailles. Pendant la Révolution la communauté monastique fut dissoute et le village devint chef-lieu de canton et prit le nom de Bourg-Montagne. C’est devenu depuis une ville résidentielle.

 

 

 

Historique

 

Beaumont 1L’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Beaumont fut probablement fondée au VIIe siècle, entre 665 et 676, du temps de Genès, comte d’Auvergne, au cours de l’épiscopat de saint Priest, évêque de Clermont. L’abbaye aurait été l’un des premiers monastères féminins d’Auvergne, construit à la même période que ceux de Royat et Chamalières ainsi que de l’hospice de Vallières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 18Son emplacement exact reste incertain. Il se pourrait que la première construction ait été située dans la vallée plutôt qu’au sommet du mont, à la place de l’actuelle église Notre-Dame de la Rivière, ce qui serait plus typique des fondations mérovingiennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 4La première abbesse se nommait Gondiliane et les religieuses étaient le plus souvent issues de la noblesse Auvergnate. En 916, tous ces établissements autour de Clermont furent détruits par les Normands. Seul Beaumont renaitra de ses cendres. Il se pourrait d’ailleurs que la nouvelle abbaye ait été reconstruite, suite à ces attaques meurtrières, au sommet du mont (où elle se trouve toujours), plus facile à défendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 15L’abbatiale fut bâtie entre 1060 et 1090. Au XIIe siècle tous les bâtiments conventuels sont terminés. L’abbaye deviendra une puissante institution : en 1155, l’abbesse Cécilia obtint du pape Alexandre III la protection pontificale de son abbaye (ce qui retira à l’évêque de Clermont son pouvoir de juridiction directe).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 19L’abbaye devint l’un des établissements les plus influents du diocèse de Clermont. Au XIIIe siècle, elle possède de nombreuses terres à blé en Limagne (trois moulins sont connus : Ronat, le Terrail et le moulin des Dames) et des vignobles en val d’Artière (Champ Madame). Elle connut son apogée spirituel, économique et politique de la fin du XIIIe siècle au milieu du XIVe sous l'impulsion de l'abbesse Ayceline.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 21En 1448, l’abbesse Isabelle de la Forest obtint du roi Charles VII la reconnaissance de « Fondation Royale ». L'abbaye compta jusqu'à quarante religieuses qui élisaient leur abbesse, elle-même confirmée à cette fonction par Rome. La guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453) amorça son déclin. La mauvaise gestion des abbesses successives en précipita la ruine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 20Durant l’abbatiat de Jeanne de Luchat en 1545, la crosse d’apparat des abbesses fut donnée en gage à cause des dettes. En 1768, l’abbesse Marie-Thérèse de Lantilhac-Sedières laissa sa place à sa sœur Marie-Victoire après avoir définitivement ruiné le monastère. Cette dernière, après que les bâtiments et les terres soient vendus en 1791, fut expulsée avec dix autres religieuses en 1792. En 1793, les deux clochers furent détruits. Seul le clocher de la croisée fut reconstruit dans le style néo-roman en 1826. L’abbaye fut rachetée par la ville de Beaumont et fut classée monument historique en 1926.

 

 

 

 

L’abbatiale Saint-Pierre

 

Beaumont 2L’église romane fut commencée à la fin du XIe siècle (premiers travaux entre 1060 et 1090 (10 ans après le début de la construction de Notre-Dame de la Rivière), terminée au XIIe et remaniée au XVIIe.

 

 

 

 

 

 

Beaumont 3Le portail ouest de l’église est surmonté d’une frise à double niveau, composée de feuilles d’acanthe (ou de chélidoine), de feuilles de vigne et de raisins. Au XVe siècle, la frise fut creusée au centre pour loger une niche dans laquelle se trouve une statue de saint Pierre. Dans la partie haute, une fenêtre et deux pans murés sont séparés par quatre colonnettes. L’appareil est composé de pierres noires, blanches et rouges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont plan 3D’un plan basilical, l’église est constituée d’une nef à quatre travées flanquée de deux collatéraux, d’un transept et d’un chœur semi-circulaire lui aussi flanqué de deux collatéraux. La nef servait d’église paroissiale, le transept et le chœur d’église monastique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 10La nef, sans doute recouverte au départ par une charpente en bois, fut voûtée au XIe siècle par un berceau en plein cintre. Les arcatures, en berceau à peine brisé, sont tenues sur d’épais piliers rectangulaires surmontés de simples tailloirs d’origine carolingienne.

 

 

 

 

 

 

Beaumont 13Les bras du transept et le chœur datent du XIIe, quand l’église fut agrandie. Cette partie servit d’église monastique alors que la nef était utilisée comme église paroissiale. Deux chapelles en cul-de-four sont percées dans le mur est du transept.

 

 

 

 

 

 

Beaumont 24

L’autel en chêne date du XIVe siècle et représente autour du Christ les quatre évangélistes et leurs attributs.

 

 

 

 

 

 

Beaumont 25Beaumont 26

On reconnait Jean et l’aigle, Marc et le lion, Luc et le taureau et Matthieu et l’ange.

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 11Dans le chœur se trouve la pierre tombale de Béatrice Arneuf, supérieure du monastère de Beaumont de 1270 à 1287.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont 12Les chapiteaux portent des entrelacs, des feuillages. Une arcature, séparant le chœur de ses collatéraux, est portée par une colonne en marbre d’origine mérovingienne provenant peut-être du tout premier édifice. Dans le chœur, deux anciens chapiteaux posés sur une colonne servent de support aux plantes vertes.

Beaumont 8

 

 

 

 

 

Beaumont 17Sur l’un d’entre eux est représenté un personnage à tête de chèvre tenant une épée. Difficile d’en donner la symbolique sans le contexte exact. Y aurait-il un lien avec la fête des Cornards de Beaumont, en sachant que la chèvre apparait comme le symbole de la nourrice et de l’initiatrice, mais aussi de puissance et de fécondité ?  La chèvre, c’est Amalthée qui nourrit Zeus de son lait, dont peau servit à fabriquer l’Égide. Ses cornes nous ramènent à l’abondance que nous étudierons un peu plus loin. 

 

 

 

 

 

 

 

http://histoiresetbiographies.over-blog.com/2014/12/histoire-d-un-bourg-viticole-beaumont-les-clermont.html

http://www.beaumont63.fr/l-histoire-de-la-ville

http://www.auvergne-centrefrance.com/geotouring/villages/pdd/beaumont/beaumont.html

Posté par madame_dulac à 17:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Les Vierges de Beaumont

 

Beaumont, chose rarissime, possède plusieurs statues de vierges en majesté, toutes appelées Notre-Dame de la Rivière et toutes conservées dans l’ancienne abbatiale Saint-Pierre.

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 1bL’originale, qui a probablement servi de modèles aux autres, aurait pu se trouver dans la petite église en contrebas du bourg, près de la rivière Artière, là où il se pourrait que le premier monastère ait été construit. C’est une vierge en majesté du XIIe siècle, assise sur une cathèdre, typique des vierges noires auvergnates.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont ND 1

Malheureusement la statue est très abimée et l’enfant a disparu. Comme elle ressemble pratiquement trait pour trait à Notre-Dame de Saulzet-le-Froid et à celle de Colamine-sous-Vodable, et même à celle de Taxat-Senat, on peut imaginer l’enfant tenant un livre de la main droite et bénissant de l’autre.

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 1dLa Vierge porte des traces de sa polychromie d’origine. Elle mesure environ 70 cm de haut et porte une robe couverte d’un pallium (vêtement à capuche et à longues manches) à plis verticaux réguliers avec des bandeaux à mi-manche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 1eSuivant les règles précises de réalisation de ses sœurs, elle se tient droite dans une pose aristocratique. Elle possède des mains démesurées, son visage aux yeux légèrement en amande ne reflète aucun sentiment. Le regard est froid, droit et lointain, comme s’il fixait un point au loin. Toutes ces caractéristiques ne sont pas dues au hasard et chacune possède une explication symbolique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 2bLa deuxième Vierge date du XIVe siècle. Dérobée le 23 avril 2008, elle fut retrouvée après sa mise en vente en Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 2aElle fut restaurée au Louvre et exposée au ministère de la Culture en 2013 avant de retrouver sa place à Beaumont. La polychromie d’origine montre un certain respect des règles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 2cSes mains sont disproportionnées et au vu du reste de la statue, ce n’est pas une erreur mais bel et bien voulu. Le visage de la Vierge est admirable et l’enfant est représenté avec un visage d’adulte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 2dCette statue annonce quand même le style Renaissance. Cette fois, l’enfant tient un globe dans la main droite, ce qui laisserait présager que la statue du XIIe siècle n’ait finalement pas servi de modèle.

 Beaumont Notre-Dame de la Rivière 2e

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 5aLa troisième date du XVe siècle. Si la Vierge est encore assise et tient l’enfant sur ses genoux, cette fois-ci la symbolique des attitudes, des couleurs et des proportions n’est plus respectée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière 1a

Posté par madame_dulac à 17:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Église Notre-Dame de la Rivière de Beaumont

 

Beaumont ND de la Rivière 3aLa petite église Notre-Dame de la Rivière, nommée « église basse », est située en contrebas de l’église Saint-Pierre de Beaumont, près de la rivière Artière. C’est ici que furent retrouvés les vestiges d’un ancien village gallo-romain, abandonné vers 425 puis réoccupé entre les VIIe et le IXe siècles. Il se pourrait que ce soit le lieu de l’implantation originelle de l’abbaye qui remonte, selon la tradition, à 665 ou 670. Notre-Dame de la Rivière serait alors construite sur l’emplacement de la première église abbatiale.

 

 

 

 

 

Beaumont ND de la Rivière 1Ce sanctuaire remonte donc à la plus haute antiquité. La fête traditionnelle en était fixée au 2 février, jour de la Purification de Marie, date qui a certainement un lien avec la présence de la rivière qui pouvait avoir d'importantes crues. L'eau est purificatrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont ND de la Rivière 2Une vieille légende raconte qu'en des temps très anciens une inondation de l'Artière menaçait les vieux quartiers du bourg aux pieds des remparts. Les habitants promirent de construire une chapelle si la statue de la Vierge les protégeait. L’inondation s’arrêta, la chapelle fut construite là où l'on avait déposé la statue. Chaque année, pendant la neuvaine de la fête, la statue était posée sur un reposoir fabriqué par une des familles de Beaumont.

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière photo 1Le sanctuaire devint paroisse à une époque inconnue, sous l'autorité de l'abbesse de Beaumont et le resta jusqu'en 1734, date à laquelle l'évêque Massillon la rattacha à celle de Saint-Pierre. Un pèlerinage en l’honneur de la Vierge est encore pratiqué à l’heure actuelle tous les 15 août et le jour de la fête des mères.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Notre-Dame de la Rivière plan 1cLa partie occidentale, la plus ancienne de l’édifice actuel, voûtée en berceau, date de 1050.

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont ND Rivière 6La façade pignon s’élève sur deux niveaux. Un clocher, peut-être un ancien beffroi servant de tour de guet avant que le mur d’enceinte de la partie basse de Beaumont ne soit construit, lui fut accolé plus tardivement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont ND de la Rivière 5aLe chevet polygonal voûté d’ogives et la deuxième travée de la nef voûtée d’arêtes datent du XIVe siècle. Elle fut remaniée aux XVIe et XIXe siècles et resta église paroissiale jusqu’en 1934.

 

 

 

 

 

 

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/63-Puy-de-D%C3%B4me/63032-Beaumont/176196-EgliseNotre-DamedelaRiviere

Posté par madame_dulac à 17:16 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Les Cornards de Beaumont

 

Corne 13aBeaumont, à l’instar du Puy-en-Velay, fête ses cornards. Comme dans la capitale vellave, la légende n’a pas qu’une origine populaire et folklorique. L’histoire, ici, se déroule dans l’église Notre-Dame de la Rivière lors d’un office pascal au siècle dernier. Un bouc eut la malencontreuse idée de pénétrer dans le sanctuaire lors du sermon du curé qui, fâché, demanda à ce que l’on fasse sortir le « cornard » (nom du bouc en patois auvergnat mais aussi celui du cocu).

 

 

 

 

 

Corne 5aCertains disent qu’alors ce fut un malheureux boulanger, connu pour les infidélités de sa femme, qui fut mis dehors. D’autres encore affirment que ce fut la moitié des hommes qui se leva et partit… Depuis, chaque année le lundi de Pâques, les cornards sont fêtés à grand renfort de manèges, fanfares, danseurs, défilés avec chars décorés de fleurs jaunes. A la fin des festivités, l’effigie d’un bouc en papier est brûlée pour conjurer le mauvais sort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corne 16aQue se cache-t-il sous ces pratiques bien anodines en apparence ? Cherchons du côté des cornes. « La corne est un important symbole d’origine préhistorique, largement utilisé dans toutes les civilisations. Son sens est directement lié aux animaux à cornes, cerfs, béliers, taureaux, mais aussi la lune qui affecte la forme d’une corne quand elle croit et décroit. Les animaux cornus ont la réputation et la faculté d’être particulièrement puissants au sens sexuel et physique du terme.

 

 

 

 

 

 

Amalthée 1aD’où la notion de virilité, de fertilité, de puissance sexuelle et vitale associée à la corne. Cette fertilité par analogie sera associée à la terre par la corne d’abondance déversant ses fruits et ses fleurs ». La corne d’abondance est l’une des cornes d’Amalthée, la chèvre qui nourrit Zeus enfant de son lait. Zeus, ne maitrisant pas sa force, la lui avait arrachée. Les cornes d’abondance peuvent s’assimiler au chaudron celte.

 

 

 

 

 

 

Artémis 4aGuénon dit que les cornes de bélier sont de caractère solaire et les cornes de taureau de caractère lunaire. La corne du bélier est un principe actif et masculin, le symbole solaire de la force et de la puissance, de la virilité, et, de par sa forme, du principe actif de pénétration. La corne peut devenir croissant de lune, porté par le taureau, symbole de la grande déesse. Principe passif et féminin, par son ouverture en forme de réceptacle, elle devient symbole de la fertilité, de l’abondance, de la création, un instrument de régénération. La corne peut réunir ces deux principes et amener à un équilibre parfait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corne 9aLe mot corne (du latin corna, proche de l’hébreu keren,du gallois carn ou cyrn, du breton karn et kern, le thème kern  désignant en celtique le sommet de la tête) provient de l’indo-européen commun ker, qui veut dire « tourner ») possède une racine proche de la courone de l‘élu. CoRNe, CouRoNne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cernunnos 2aOn peut aussi le rapprocher de Cernunnos, le dieu du panthéon celtique porteur de cornes de cerf. Une théorie fait de Cernunnos un archétype issu du chamanisme ancestral, incarnant le cycle biologique de la nature et la régénération. Associé aux forêts, aux animaux, et à la chasse (comme Diane ou Artémis, la sœur d’Apollon Karneios), il est considéré comme le maitre de la vie et de la mort (ses cornes solaires de cerf repoussant chaque année), associé à la fécondité (corne d’abondance), garant de l’équilibre. Il est le parèdre de la Grande Déesse Mère, porteuse des cornes lunaires du taureau.

 

 

 

 

 

 

Beaumont CoucouDu côté des cocus peu de choses. Difficile d’en donner l’étymologie, les uns disent qu’il vient du latin coculus qui signifiait coucou (oiseau dont la femelle pond ses œufs dans le nid d'autres espèces ce qui la rend volage). Mouais. Sur le site internet de « idees-beaumont.org », on trouve ce texte qui me semble plus approprié : « Le cocu du village gaulois était le premier marié de l’année, exploit qui faisait de celui qui avait dû être la coqueluche des femmes le coq de la petite communauté.

 

 

 

 

 

Cernunnos 3aOn le coiffait des cornes de Cernunnos, on l’admirait et on le fêtait. L’année écoulée, il passait son trophée à un successeur. Il a fallu beaucoup de temps pour que cette transmission de pouvoir soit assimilée à la déchéance d’un « cornard » et que le mot cocu prenne le sens que nous lui connaissons trop bien ».

 

 

 

 

 

 

Ostara 3aQuant à la date… Pâques est fixé au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 21 mars (équinoxe de printemps, Ostara chez les païens qui donnera Easter, l'équivalent anglais de « Pâques », dérivé du nom de la déesse Éostre qui était célébrée à ce moment de l’année. Dans le druidisme c’est Alban Eilir, ce qui signifie lumière de la Terre). C’est une fête de la fertilité, du renouveau, de la lumière : les jours deviennent plus grands que les nuits. C’est pour Pâques que l’on sacrifiait le bélier puis l’agneau, en mémoire du sacrifice d’Abraham puis du Christ, agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaumont Cornards 2aNous sommes évidemment, avec cette fête des Cornards de Beaumont, dans une réminiscence d’anciens rituels dont la symbolique nous amène aux mystères des forces vitales de la Nature. On sait que les endroits élevés étaient dédiés aux dieux solaires. Beaumont a-t-il porté un culte à Cernunnos ou à Bel, ancêtres de saint Michel ? Notre-Dame de la Rivière est-elle la descendante de Belisama, de Sirona, de la grande Déesse des origines ? Les Vierges noires sont en bas, dans les profondeurs de la terre, dans les cryptes. Saint Michel, son protecteur, est placé en hauteur, sur les beaux monts. Saint Pierre a-t-il supplanté l’archange ? Les deux églises, complémentaires, ont-elles été bâties ensemble ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

corne 15a

http://www.idees-beaumont.org/A-propos-de-l-authentique-legende

« Le Puy, haut-lieu ésotérique » Jacques Derderian aux éditions Dervy

https://fr.wikipedia.org/wiki/Beaumont_(Puy-de-D%C3%B4me)

Posté par madame_dulac à 17:10 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


08 janvier 2020

Les grottes de Jonas

 

Historique

Grottes de Jonas 8Ces grottes furent creusées par l’homme dans une falaise haute de 100 mètres et longue de 500, formée à la suite d’éruptions volcaniques.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 43Le volcan fissural de Jonas (la lave sort suivant une ligne de faille horizontale) en forma la plus grande partie et le volcan voisin, le Pic Saint-Pierre, ajouta des projections de matière pyroclastique qui se mélangèrent à la lave. Il en résulta une roche rougeâtre appelée tuf, assez tendre pour être creusée.

 

 

 

 

Grottes de Jonas 31Les premiers hommes connus qui creusèrent la paroi furent les Celtes. Ils construisirent au IVe siècle avant notre ère un premier sanctuaire dont l’autel fut retrouvé.

 

 

 

 

 

 

 

Calvaire 1aPrès de là, dans la vallée, à Lomprat, un monticule de pierres creusé de niches et surmonté de pierres taillées rudimentaires, ancien ensemble païen christianisé en calvaire, date aussi de cette époque.

Calvaire 3a

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 25Une statue gallo-romaine atteste de la reprise de l’endroit puis, christianisme oblige, des moines cénobites s’installèrent et en firent un oratoire. Le monastère primitif date du VIIIe ou du IXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 34Le site, comptant plus de 70 grottes, devint refuge lors des invasions barbares (entre 856 et 916 les scandinaves arrivent en Limagne).

Grottes de Jonas 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 29Au Xe siècle, une chapelle, dédiée à saint Laurent, fut creusée au-dessus du premier sanctuaire. Au début du XIIe siècle, le chevalier à qui appartenait les terres, Anet Dalmas de Jaunac, fit construire un manoir, c’est-à-dire une place forte capable de résister aux envahisseurs.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 3Il pouvait ainsi contrôler la vallée. Un de ses descendants, Armand de Jaunac, quittant le château de son suzerain, vint s’y installer. Le site devint laïc. En 1223, il fit don de la chapelle Saint-Laurent à l’abbaye de Chantoin de Clermont avant de partir pour les croisades comme chevalier hospitalier.

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 46La seigneurie de Jonas, sous protection de l’abbaye, passa aux mains des riches seigneurs de La Tour d’Auvergne qui réaménagèrent le site.  En 1316, il est désigné comme « castrum repayrium », c’est-à-dire maison forte. C’est à cette époque que Jonas connut son apogée, plus de 600 personnes vivaient dans les grottes. Elles servirent encore une fois de refuge lors de la Guerre de 100 ans. Puis les propriétaires, las de l’inconfort, partirent vivre ailleurs et Jonas fut progressivement abandonné.

Grottes de Jonas 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 13L’abbaye de Chantoin conserva la chapelle jusqu’en 1633, date à laquelle elle passa aux mains des Carmes déchaux. La place forte de Jonas passa en 1683 à la famille de Montal-Nozières. Jacques de Montal-Nozières devint baron de Coteuges et Jonas. Un tremblement de terre en 1706 fit des dégâts considérables. La chapelle fut restaurée en 1718 et fut utilisée jusqu'en 1789. La commune en fit l’acquisition pendant la Révolution. Les grottes de Jonas ont été classées au titre des Monuments Historiques en 1886. Une dernière restauration se fit en 1958.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Templier 1

 

 

La légende parle de chevaliers templiers qui, fuyant les persécutions du roi de France Philippe le Bel, virent se réfugier à Jonas en 1309. Il se pourrait qu’il y ait eu confusion : il existait une maison forte, le mas Chantoin, dépendant de la commanderie Saint-Barthélemy du Puy-en-Velay. Les deux « Chantoin » furent peut-être confondus. Ce qui est vrai, c’est que lors de l’arrestation des Templiers en 1307, sur les 65 captifs de la sénéchaussée de Beaucaire dont dépendait le Velay, on comptait cinq frères servants de la commanderie du Puy, mais pas un seul chevalier. « L’eschapatoire » de ces frères leur aura peut-être permis de venir jusqu’à Jonas, emportant avec eux le trésor du Puy convoité par la royauté…qui ne fut jamais retrouvé.

 

 

 

 

 

 

L’oratoire

 

Grottes de Jonas 9C’est la partie la plus ancienne de Jonas, le premier sanctuaire celtique qui fut repris par les gallo-romains puis les premiers moines cénobites. La grotte n’a pas été creusée n’importe où, on sent bien une différence d’énergie avec le reste du site.

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 10Le pilier central fut mis en place lors de la restauration de 1958.

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 11Lors du tremblement de terre de 1706, une partie de la chapelle Saint-Laurent s’effondra et tomba dans l’oratoire. On peut encore voir un autel et une partie de la voûte avec le chapiteau d’une colonne d’angle. L’enduit de l’autel ne se retrouve que sur sa partie supérieure, ce qui montre qu’il était enchâssé dans une estrade.

 

 

 

 

 

 

La chapelle Saint-Laurent des Roches

 

Saint_Laurent 1La chapelle est dédiée à saint Laurent, fêté le 10 août. Né au début du IIIe siècle à Huesca en Espagne, il rencontra le pape Sixte II à Saragosse où il étudiait et fut pris à son service. Ses qualités lui permirent de devenir archidiacre de l’église de Rome. En tant que tel, il avait la garde du trésor de l’église. Il fut martyrisé en 258 à Rome lors des persécutions de l’empereur Valérien.

 

 

 

 

 

 

 

Saint Calice

La légende dit qu’il put envoyer, juste avant sa mort, le Saint Calice utilisé par le Christ lors de la Cène à ses parents à Huesca (la coupe finit dans la cathédrale de Valence).

 

 

 

 

 

Saint LaurentD’après ses hagiographes, le préfet de Rome voulut récupérer le trésor de l’église pour les dépenses publiques (tient, ça me rappelle un truc…), mais Laurent avait eu le temps de tout vendre et de donner l’argent aux pauvres. Dépité, le préfet ordonna qu’il fût fouetté puis attaché sur un grill et rôti vif. Il est dit que Laurent, qui possédait un vrai sens de l’humour, aurait prononcé ces mots lors de son martyr : « voici, ce côté est maintenant bien rôti. Retourne-moi pour que l’autre cuise aussi ! » Il est devenu le saint patron des rôtisseurs, des cuisiniers, des pompiers et des pauvres. On est proche de l’histoire des Templiers du Velay… Bis repetita placent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas plan 1aRevenons à notre chapelle. Au IXe siècle, les moines, désireux d’agrandir le sanctuaire, creusèrent juste au-dessus de l’oratoire, mais ne purent terminer correctement le volume rectangulaire voulu au départ : le mur ouest part en diagonale. Ils posèrent par contre bien à sa place l’autel à l’est, au soleil levant, du côté de la façade de la falaise. La chapelle est donc de plan irrégulier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 50Juste en face de l’entrée, une ouverture au plafond indique l’emplacement du clocher. Les deux petits trous servaient à faire passer les cordes des cloches.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 14La partie nord fut creusée probablement pour servir de sacristie. Au sud, deux petites chambres rectangulaires dont l’une sert d’emplacement à l’autel depuis 1718.

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 24Côté est, sept piliers délimitent les six arcades en plein cintre d’un bas-côté très étroit. De petits culs-de-four étaient primitivement creusés le long de la paroi. Le quatrième en partant du nord, qui n'a pas de fenêtre et dont l'arc est abaissé, abritait l’autel principal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 15La sixième et dernière travée, effondrée en 1706, était la seule voûtée d’arêtes. Le deuxième autel, retrouvé dans l’oratoire, y était installé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NDCet autel était probablement dédié à la Vierge Marie. Le chanoine Bernard Craplet, archiprêtre de la cathédrale de Clermont, parle, dans son livre « l’Auvergne romane » publié en 1955, d’une statue de vierge romane en majesté posée dans une petite niche dans la chapelle de Jonas. Il en est aussi fait mention dans des écrits du XVIIe siècle. La commanderie Saint-Barthélemy du Puy-en-Velay possédait une copie de Notre-Dame du Puy… qui ne fut pas retrouvée. Le couvent de la Providence de Clermont, construit en 1897 pour accueillir l’orphelinat jusqu’alors installé dans la maison des Carmes déchaux, possédait une statue de la Vierge, Notre-Dame de Gloire, provenant de l’ancienne abbaye de Chantoin où elle était appelée Notre-Dame des Lumières. Dans tous les cas, tout est là pour accueillir une Vierge noire : la crypte, la chapelle troglodyte, l’ancien culte celte, les énergies de l’ancien volcan… Dommage que Laurent ne se soit pas appelé Michel.

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 16La chapelle Saint-Laurent fut transformée lors de la restauration de 1718. Les autels changèrent de place : l’un fut posé côté sud, l’autre côté ouest. Les piliers, qui n’étaient que décoratifs, furent enlevés. La porte d’entrée fut refaite, la façade fut consolidée par de la maçonnerie, l’angle manquant fut muré. Elle fut utilisée jusqu’à la Révolution. Lors de la restauration de 1958, la maçonnerie de l’angle sud fut à son tour défaite, un contrefort fut posé contre la façade et les piliers furent reconstruits.

 

 

 

 

 

Les fresques

 

Grottes de Jonas 22Les fresques de Jonas, classées monument historique en 1886, sont les plus anciennes connues en Auvergne. Couvrant la voûte du bas-côté, les culs-de-four et les écoinçons des arcades, elles font l’objet d’un nettoyage régulièrement, le dernier fut fait en 2002. Elles représentent les épisodes de la fin de vie du Christ. Les plus anciennes furent datées du IXe siècle, les plus récentes du XIe.

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 23« Le mot fresque est une contraction du mot italien « dipingere a fresco », peindre à frais. Cette technique consiste à peindre directement sur un enduit frais (sable et chaux) tout juste posé sur un mur. Le peintre utilise simplement des pigments de couleurs (substances colorées réduites en poudre) délayés dans de l’eau.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 27Les couleurs vont être fixées pour toujours sous l’épiderme protecteur (composé de sels de chaux) qui se crée naturellement à la surface d’un tel enduit lors de son séchage par une réaction chimique avec le gaz carbonique de l’air. Cette réaction chimique ne prend qu’une journée. Pour décorer un mur le peintre doit procéder par fragments : chaque matin il fait poser l’enduit de finition que sur la surface qu’il peut peindre dans la journée. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 21L’artiste n’a utilisé que quelques pigments : un ocre rouge, un ocre jaune, un oxyde rouge, du noir (obtenu avec des matières calcinées) et du blanc (de la chaux). Il a fait son dessin à l’ocre rouge, peint son sujet et redessiné les contours en brun sombre.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 20

Nous retrouvons ici, le reniement de Pierre (avec la présence du coq), Jésus devant Pilate, le couronnement d’épines, la descente de la croix avec un personnage qui recueille le sang du Christ dans une coupe, le Saint Sépulcre, la découverte par Marie-Madeleine du tombeau vide en présence de l’archange Gabriel et l'apparition du Christ à Marie-Madeleine.

 

 

 

 

Grottes de Jonas 21aAu-dessus de la porte d’entrée, la seule peinture qui demeure dans un cul-de-four est une représentation d’une Vierge en majesté aux mains longues et aux doigts effilés, assise sur une cathèdre, tenant l’enfant dans son giron. Marc Thibout, historien de l’Art, la qualifie de hiératique et figée. Elle est habillée de vert et de rouge à la mode auvergnate. Les attributs des Vierges noires sont là. Les visages ont malheureusement été grattés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 42Sur quatre des écoinçons des arcades sont peints cinq personnages en pied, barbus, portant un livre. Ils pourraient être des prophètes montrant les cinq premiers livres de la Bible, le Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

 

 

 

 

 

La maison forte ou manoir

 

Grottes de Jonas plan 2Elle fut aménagée au début du XIIe siècle par le chevalier Anet Dalmas de Jaunac, qui la fit construire en fortifiant les grottes afin de contrôler la vallée riche et convoitée, de surveiller l’entrée du village et ainsi de protéger les moines et ses gens en cas d’attaque. Au XIIIe siècle, Armand de Jaunac vint s’y installer avec sa famille et aménagea les lieux.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 39Au départ, le manoir comportait une seule partie, des pièces creusées dans la falaise et reliées par un escalier à vis. Plus tard, une deuxième partie fut construite, creusée et maçonnée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 34De l’extérieur, on voyait contre la paroi une tour carrée munie de deux échauguettes (petite loge construite en encorbellement, munie de mâchicoulis et de meurtrières, destinée à abriter un guetteur) qui pouvait ressembler à un donjon. Elle est aujourd’hui détruite.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 49Dans la partie creusée, au niveau de l’entrée, une grande salle sans fenêtre servait de cuisine et de logis pour les domestiques. Au-dessus, la pièce où le seigneur recevait. Elle possédait une cheminée.

Grottes de Jonas 48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 36Venait un couloir creusé plus tard qui reliait la partie ancienne à la tour. Au fond, les latrines.

Grottes de Jonas 44

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 37A l’étage du dessus, la pièce à vivre du premier logis possédait une cheminée. Après la construction de la tour, la cheminée fut détruite pour creuser un poste de défense. Sans feu, la pièce ne servit qu’en tant que chambre à coucher. Les fenêtres étaient fermées par des volets en bois.

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 45Le grenier, voûté, était agrémenté d’une cave à laquelle on accédait par une trappe ouverte au sol.

 

 

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 38La bretèche, la plus haute salle du premier logis seigneurial, servait à la défense de la porte du manoir située juste en-dessous. Elle fut transformée en colombier et des trous pour les nids, appelés boulins, furent creusés dans la paroi. L’élevage des pigeons apportait au village les œufs et la viande, les fientes étaient utilisées comme engrais dans les cultures.

 

 

 

 

 

Le four à pain

 

Grottes de Jonas 32Situé hors du manoir, le four à pain faisait partie de ce qu’on appelait les banalités : des installations telles que le four, le moulin, le pressoir, étaient entretenues par le seigneur. En contrepartie, les usagers avaient l’obligation de s’en servir (pas le droit d’aller ailleurs) et devaient payer pour ça. C’est ce que l’on appelle des services publics.

 

 

 

 

 

Grottes de Jonas 33Le four banal était mis en marche deux fois par semaine et restait allumé toute la journée. Une tourte de pain de seigle pouvait durer, pour une famille, une dizaine de jours.  

 

 

 

 

 

 

Le mouroir 

 

Grottes de Jonas 40A la sortie du village, en haut d’un escalier assez raide, se tenait le mouroir. C’est là qu’étaient logés les malades. Les murs étaient recouverts de chaux, dont les propriétés antiseptiques sont connues : elle désinfecte et assainit l’atmosphère. De plus, la chaux laisse respirer les maçonneries et ainsi réduit l’humidité et évite la condensation de l’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.randoalsacevosges.com/2015/02/les-grottes-de-jonas.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grottes_de_Jonas

http://www.auvergne-centrefrance.com/geotouring/curieux/site-troglodyte-jonas/site-troglodyte-jonas.html

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=63383_2

https://mapio.net/pic/p-77001412/

« Les grottes de Jonas et les peintures murales de leur chapelle » article de Marc Thibout, historien de l’Art, dans « Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres », 1945.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par madame_dulac à 14:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

27 septembre 2019

La fontaine de Saint-Fortunat de Croizet-sur-Gand

 

Croizet-sur-Gand 1Croizet-sur-Gand tient son nom de la croisée de deux chemins, anciennes routes qui reliaient Lyon à Vichy et Feurs à Roanne. Le village se trouve sur la frontière qui séparait les terres du sire de Beaujeu de celles du comte du Forez. Le site fut habité depuis longtemps, comme en témoignent les vestiges gallo-romains trouvés au fond d’un puits au hameau de Ratille. En bas du village coule une source intarissable qui alimente le lavoir.

 

 

 

 

 

Croizet-sur-Gand 8L’eau de cette source est dite miraculeuse. Autrefois on venait s’y baigner lorsqu’on avait des troubles psychomoteurs et les mères amenaient les enfants qui avaient du retard pour marcher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ici que nous retrouvons Venance Fortunat, l’ami de Radegonde, à qui fut dédié l’église de Talmont en Gironde. Le christianisme, voulant éradiquer les anciennes croyances, attribua les miracles à Fortunat. Un pèlerinage fut organisé, qui perdure aujourd’hui.

 

Croizet-sur-Gand 3Au-dessus de l’ancienne source fut construit un pilier qui supporte la statue du saint.

 Croizet-sur-Gand 5

 

 

 

 

 

 

 

Croizet-sur-Gand 6

 

 

 

 

 

 

 

Croizet-sur-Gand 4Fortunat, de son vrai nom Venantius Honorius Clementianus Fortunatus naquit près de Trévise vers 530. Il étudia à Ravenne la grammaire, l’éloquence, la poésie et le droit et devint poète. En 565, atteint d’une maladie des yeux, il attribua sa guérison à saint Martin, et décida d’aller visiter son tombeau à Tours. Il fut accueilli à la cour d’Austrasie par le roi Sigebert et sa femme Brunehilde avant de s’attacher à Radegonde, épouse du roi des Francs Clotaire 1er qui vient de fonder l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers. En 576 il y fut ordonné prêtre et devint vers l’an 600 évêque de Poitiers.

 

 

 

 

Fortunat 1Il mourut en 609. Il aura composé de nombreuses œuvres poétiques, ainsi que des hymnes (le Vexilla Regis et le Pange linga sont encore connus et chantés lors de cérémonies liturgiques) et les hagiographies de saint Germain, évêque de Paris, saint Médard de Noyon, saint Rémi de Reims, saint Aubin d’Angers, saint Marcel et sainte Radegonde. Il écrivit à l’évêque Syagre d’Autun de nombreux acrostiches qu’il fit peindre sur les murs de son palais.

 

 

 

 

 

 

 

Devinez, en passant me voir, la chose qui,

Utile à votre savoir, vous apprendra

L’acrostiche, et même le kakemphaton !

Ah… le désir s'accroît quand l'effet se recule,

Comment dire encore… Non, je préfère stopper là.

 

 

 

Posté par madame_dulac à 17:50 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

18 septembre 2019

Le site du moulin du Fâ

Barzan plan 1quelques kilomètres de Royan, Barzan, petite commune de Charente-Maritime, abrite un site archéologique très riche.

 

 

 

 

 

 

Bazan 2Les environs furent occupé dès le Néolithique, ce qu’atteste la découverte de nombreux vestiges comme des poteries, des haches et des pointes de flèche,

Barzan 6

 

 

 

 

 

 

Dolmen de Beloire 1mais aussi la présence de tumulus et de dolmens comme celui de Beloire, ou celui du Moulin-Rompu, dit polissoir de saint Cybard (moine contemporain de Radegonde, à qui l’église de Talmont est dédiée), dont la pierre de couverture, qui servit de polissoir, fut enlevée et transportée dans le jardin du musée de la préhistoire de Saintes.

 

 

 

 

 

Dolmen MoulinEutrope Jouan, notaire local passionné d’archéologie, en parle en ces termes en 1875 dans son Recueil des Actes de la Commission des Arts et Monuments historiques de la Charente-Inférieure : « On se demande en voyant ces sillons si les Celtes ne polissaient pas les instruments et outils auxquels ils croyaient attacher une vertu particulière ». Sur le site même de Barzan furent retrouvées des couches de cendres et des pierres de foyers ainsi qu'une nécropole, ce qui permit de prouver la présence d'un habitat à cet endroit, daté d’environ 3 500 ans avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

Barzan 9Le site archéologique de Barzan, situé sur une hauteur dominant l’estuaire de la Garonne, fut occupé au VIIe siècle avant notre ère par une tribu gauloise, les Santones, qui y érigèrent un fanum (temple de la période gallo-romaine, construits en général sur l’emplacement d’un ancien nemeton celte).

 

 

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 10Les fouilles du sanctuaire révélèrent l’existence d’un podium, d’un fossé circulaire et des murs du péribole, montrant deux enceintes successives, dont la seconde, monumentale, mesurait environ 106 mètres par 92.

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 4Un moulin à vent fut édifié au XVIe siècle sur le podium, qui prit le nom de moulin du Fâ, abréviation de fanum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 7Autour du sanctuaire fut retrouvée, sur un terrain de plus de 140 hectares, une ville portuaire avec son avenue centrale (le decumanus, de 300 mètres de longueur, qui reliait deux zones de temples), des thermes, un forum, un théâtre, un aqueduc, des entrepôts, des magasins de grande dimension et de nombreuses habitations.

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 1Les ruines servirent malheureusement de carrière de pierre pendant plusieurs siècles et il n’est pas rare de retrouver des éléments décoratifs en réemploi comme dans l’église de Talmont.

 

 

 

 

 

 

Barzan 7

Récemment fut retrouvé la statue d’un génie ailé adossé à un chêne, symbole de Jupiter, la main s'appuyant sur la tête d'un aigle.

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 2La ville gallo-romaine, seconde agglomération de la civitas santonum (région administrative romaine) après Mediolanum Santonum (Saintes) est présentée comme l’ancienne Novioregum indiquée dans l’itinéraire d’Antonin (Itinerarium Antonini Augusti, guide de voyage du IIIe siècle qui recense les villes-étapes de l’Empire romain et les distances les séparant), ou comme le Portus Santonum, le port des Santons, décrit par Ptolémée. Cette ville importante fut probablement un comptoir commercial, ou emporium, situé sur l’ancienne route du commerce de l’étain et sur la voie romaine reliant Saintes à Bordeaux.

 

Barzan plan 0La ville, dont les premières constructions importantes furent édifiées sous les Flaviens (de l’an 69 à 96), fut agrandie au cours des deux premiers siècles de notre ère pour atteindre son apogée sous les Antonins (entre 96 et 192).

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 3Les archéologues pensaient qu’elle fut abandonnée durant le IVe siècle, probablement à cause de l'envasement du port, mais des tombes mérovingiennes furent mises au jour récemment. Dès lors, il semblerait que la cité, devenue modeste, fut laissée à l’abandon vers le IXe ou le Xe siècle.

Barzan 5

Posté par madame_dulac à 18:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Talmont-sur-Gironde

 

Historique

 

Talmont-sur-Gironde 41Le village se situe au sommet d’un plateau calcaire dominant une plaine marécageuse bordant l’estuaire de la Gironde. La toponymie nous indique une présence gauloise : Talmont proviendrait des mots gaulois tal, signifiant surface plane, et mon, le mont.

Talmont-sur-Gironde 5

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 1aL’occupation du site est probablement liée à la métropole voisine (environ 2km) de Novioregum. Talmont prenant de l’importance alors que Novioregum déclinait. Les pierres de l’ancien comptoir servirent à sa construction, comme le montrent les trois fûts de colonnes romaines retrouvés dans l'église.  

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 19C’est durant l’époque carolingienne que fut construit le premier sanctuaire connu, une chapelle dédiée à sainte Radegonde. Le village, Talamo, devint un poste militaire puis une seigneurie durant le haut Moyen Âge. Le duc d’Aquitaine Edouard 1er d’Angleterre l’acheta en 1284 et l’entoura de remparts.

 

 

 

 

 

 

Talmont plan 4La guerre de Cent Ans puis les guerres de Religion la firent passer d’un camp à l’autre, entre les Anglais et le royaume de France puis entre protestants et catholiques. En 1652, lors de la Fronde des Princes, les Espagnols occupèrent la ville et détruisirent les remparts avant de partir.

 

 

Talmont-sur-Gironde 2Sur la place de la Priauté, devant la mairie, un tilleul à petites feuilles fut planté en 1895. Il fait partie des arbres remarquables et possède une circonférence de 3m90.

 

 

 

 

 

 

 

Talmont carrelet 1Les carrelets, petits cabanons en bois aménagés sur une plateforme reliée à la falaise par une estacade (ponton sur pilotis), étalent leurs filets de pêche, descendus et relevés à l’aide d’un treuil et d’un contre-poids à marée haute pour capturer petits poissons et crevettes.

Talmont-sur-Gironde 4

Posté par madame_dulac à 17:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

L’église Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde

 

Historique

 

Talmont-sur-Gironde 17C’est durant l'époque carolingienne que fut construite à Talmont, sur le point haut de la falaise, une chapelle dédiée à sainte Radegonde. A la fin du XIe siècle, en 1094 ou 1097, Guillaume Laier, seigneur de Talamon, fait don de la chapelle et d'un terrain attenant à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, communauté réputée pour une importante relique : la tête de saint Jean-Baptiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 9Les bénédictins construisirent alors une nouvelle église, plus grande, dans le style roman saintongeais. Les travaux durèrent de 1140 à 1170 et commencèrent inhabituellement, par la nef. Le transept et le chœur datent de la seconde moitié du XIIe siècle. Les travaux furent menés par les mêmes qui firent l’église voisine d’Arces.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 8La nouvelle église fut fortifiée au XIIIe siècle après le rachat de Talmont en 1283 par le duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre Edouard 1er. Le toit fut remplacé par une plateforme crénelée qui servit de chemin de ronde aux soldats de la garde.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 11La façade occidentale ainsi que la première travée de la nef s’effondrèrent au XIVe siècle, fragilisées par le creusement de la crypte-ossuaire quelques mètres en-dessous, et non pas à la suite d’une tempête comme on l’entend souvent. Une nouvelle façade gothique, modeste, fut édifiée. Autre affirmation erronée : Talmont ne fut jamais une étape sur le chemin de Compostelle. L’ancienne chapelle, dont le vocable était passé à la nouvelle église, fut détruite au XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 19En 1794, l’église, rebaptisée temple de la Vérité, servit de lieu d’assemblée à la nouvelle municipalité. Classée monument historique en 1890, elle subit de nombreuses restaurations et reconstructions. En 1929, une première tranche de travaux s’ouvrit. Une partie de la crypte fut dégagée. En 1935, la coupole et la base du clocher furent refaits.

 

 

 

 

 

Talmont plan 5La loi Malraux en 1962 permet la consolidation de la falaise qui menace d’effondrement. S’ensuivit une restauration en profondeur menée par Michel Mastorakis. L’église se voit enlever tout élément postérieur au XIIe siècle. En 1970, le chemin de ronde du toit fut démoli, la base du clocher dégagée, la plupart des sculptures extérieures de l’abside et des absidioles refaites.

 

 

 

 

Sainte Radegonde

 

Qui était Radegonde, déclarée sainte quasiment après sa mort ?

 

Sainte Radegonde 14aPrincesse germanique, fille de Berthaire, roi de Thuringe, née vers 520 à Erfurt et décédée le 13 août 587 à Poitiers, Radegonde devint reine des Francs en épousant Clotaire 1er, fils de Clovis. Fondatrice de l’abbaye Sainte-Croix, elle est patronne de Poitiers et patronne secondaire de la France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sainte radegonde 6a

Radegonde naquit vers 520. Les Francs envahirent la Thuringe sous la conduite du roi Clotaire, fils de Clovis. Une partie de la famille de Radegonde fut massacrée et elle fut emmenée captive avec son jeune frère. Clotaire la fit élever en Picardie à partir de 531. Vers 538, subjugué par sa beauté, il décida de se marier avec Radegonde. Celle-ci, très pieuse, protesta et prit la fuite. Rejointe par le roi, il l’épousa à Soissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 10aRadegonde passa alors ses journées et une partie de ses nuits en prière. Vers 555, Clotaire, après une révolte des Thuringeois, fit assassiner son jeune frère. Ayant appris le crime, elle décida de le quitter et d’entrer en religion. Elle partit à Noyon, et obtint de l'évêque Médard qu'il la consacre diaconesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

St Martin Tours aAprès avoir pris l'habit, Radegonde se rendit à Tours sur le tombeau de saint Martin, puis elle s'installa dans sa villa de Saix en Loudunais que Clotaire lui avait donnée. Elle y fonda un oratoire et un hospice, menant avec ses suivantes une vie de religieuse. Elle s'occupait elle-même des malades. Ce fut l’un des premiers hospices organisés en France.

 

 

 



Clotaire-1erLe roi Clotaire essaya alors de récupérer son épouse par la force. La reine se réfugia à Poitiers près du tombeau de saint Hilaire. L’intervention de saint Germain, l’évêque de Paris, l’empêcha de mener à bout son projet. Clotaire, menacé d'excommunication, se soumit et fit construire pour elle un monastère de religieuses à Poitiers (vers 552-557). Radegonde, refusant d’en être l’abbesse, mais gardant l'autorité d'une reine, envoya à l'empereur de Constantinople ses propres messagers pour qu'il donne à la reine des Francs un fragment de la Vraie Croix. Le monastère Notre-Dame prit alors le nom de Sainte-Croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 12aRadegonde et Agnès, son ancienne dame de compagnie devenue abbesse de Sainte-Croix, partirent à Arles pour y rencontrer l’abbesse de Saint-Jean, couvent qui venait d’adopter une nouvelle règle pour les moniales (regula ad virgines) écrite par l’évêque d’Arles qui devint saint Césaire. Radegonde la fit appliquer à Poitiers. Lorsque Radegonde mourut en 587, son monastère comptait 200 religieuses, souvent issues de la noblesse franque ou gallo-romaine. Sa tombe fut profanée ainsi que celle de saint Hilaire, et leurs restes dispersés par les huguenots en 1562.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VenantiusFortunatus 1La vie de Radegonde est connue par la biographie écrite après sa mort par son confident Venance Fortunat, futur évêque de Poitiers et futur saint, par celle rédigée au début du VIIe siècle par Baudonivie, religieuse de Sainte-Croix, et enfin par des passages des livres de Grégoire de Tours.

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 4aRadegonde fit de nombreux miracles :

-       Elle distribua du vin partout où il manquait, tiré d’un tonneau qui jamais ne se vidait (symbolique de la vigne et du raisin, l’ivresse procurée permettant la déconnexion du mental afin de recevoir un message spirituel)

-       Elle fit disparaitre de nombreuses fois le démon (pas Satan, hein ? Juste le démon, qui peut figurer le maitre de la matière et de la Force, ou notre alter ego, notre plu vieil ennemi), qui coupait son fil de pelote (symbole de l’agent qui relie les états d’existence entre eux et à leur Principe, agent du retour à la lumière), qui envahissait le monastère sous forme d’un troupeau de chèvres ( Amaltée et sa corne d’abondance, le capricorne à la queue de serpent), qui, sous la forme d’une chouette (la connaissance), hululait toute la nuit dans le jardin. Elle délivra plusieurs personnes possédées par ce démon : une jeune fille, Fraiflède, une paysanne, Leubile (il sort des épaules sous forme d’un ver), la femme d’un charpentier (il sort par l’oreille) et plusieurs autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 13aLe plus intéressant reste les légendes se rapportant à Radegonde.

La première, apparue au XIIIe siècle, parle du miracle des avoines. Il se déroule lorsque Clotaire veut récupérer sa femme à Saix. Il y envoya une troupe pour la ramener à la cour. Avertie de leur venue, Radegonde s’enfuit vers le sud. Alors que les soldats arrivaient sur elle, elle vit un champ que des paysans étaient en train de semer d’avoine. Elle s’y précipita et fit instantanément pousser les graines. Elle put se cacher dans l’avoine haute. Depuis, la sainte est invoquée comme protectrice des moissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sainte radegonde 15aLa deuxième raconte que Radegonde était très liée à un moine anachorète, Junien, fils de nobles gallo-romains. Junien, voulant se retirer du monde, s’installa sans permission sur les terres du domaine royal. Clotaire, fâché, le fit venir dans son domaine de Javarzay. Alors qu’il le sermonnait sévèrement, le bâton de l’ermite se mit en mouvement et vint s’immobiliser au milieu de la pièce. Impressionné, Clotaire lui donna les terres de Mairé-Lévescault afin qu’il puisse s’y installer. Il est dit que Junien et Radegonde, devenus très proches, s’étaient promis que le premier des deux qui partirait pour l’au-delà enverrait à l’autre un messager. Junien, qui deviendra le saint patron des laboureurs du Poitou, mourut le 13 août 587, le même jour que Radegonde. Les deux messagers se retrouvèrent à mi-chemin, en un lieu appelé Troussais près de Ceaux-en-Couhé.

 

 

 

 

 

 

 

Grand'Goule 6aLa troisième date aussi du XIIIe siècle. La rivière du Clain, sujette à des crues dès les premiers jours de pluie, inondait régulièrement les caves et les soubassements de Poitiers. En effet, dès que les eaux montaient, l’abbaye Sainte-Croix était la scène de nombreuses et étranges disparitions. Comme dans de nombreuses demeures, la réserve de nourriture de l’abbaye se trouvait dans les sous-sols. Un soir d’orage, une des sœurs y descendit pour prendre vivres et bougies. Mais elle ne remonta pas. Remarquant son absence, deux de ses sœurs décidèrent de rejoindre la réserve. Elles découvrirent là une traînée de sang, mais pas leur sœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand'Goule 2aL’une d’elle, la plus jeune et la plus courageuse, voulut inspecter le soubassement. C’est alors qu’elle remarqua dans l’obscurité deux rubis brillants qui suivaient ses mouvements comme un tournesol suit le soleil. Plus la jeune sœur tentait d’en discerner la source, plus les perles rouges semblaient s’enfoncer dans les ténèbres des lieux. La seconde religieuse restée à l’entrée de la réserve, entendit alors un cri qui lui glaça le sang. Elle n’eut pas le temps d’avertir ses sœurs que déjà devant elle se dressait une immonde créature. Sortie droit des enfers, la bête se tenait devant elle. Elle avait une tête de lézard, immense, démesurée par rapport à son corps serpentin couvert d’écailles, deux pattes munies de serres, une paire d’ailes osseuses pareilles à celles des chauves-souris et une queue en pince de scorpion. Mais tout cela n’avait rien d’inquiétant, en comparaison à ses yeux flambants de rage qui la fixaient, la clouant sur place de terreur suffisamment longtemps pour que la sœur, pourtant toujours prudente et sage, rejoigne ses deux jeunes sœurs dans les entrailles de la bête…

Grand'Goule 3Devant la disparition de ses subalternes, Sainte Radegonde composa un groupe de sœurs les plus hardies de son ordre. Elles bénirent du pain, saisirent cierges et livres saints, et toutes ensembles descendirent le long escalier sinueux qui s’enfonçait dans les profondeurs terrestres. Une atmosphère malsaine s’opposait au groupe, mais le nombre donnant du courage, elles continuèrent, massées derrière la sainte qui ne vacillait pas. La créature apparût alors devant elles, se dressa de toute sa hauteur et ouvrit grand la gueule pour dévoiler une rangée de dents acérées longues d’une coudée chacune et une langue bifide de vipère. Sainte Radegonde jeta alors dans la gueule béante une poignée de pain béni qui, dès qu’elle toucha la bête, consuma sa chair. La créature lança un cri de douleur si aigu que les murs de l’abbaye tremblèrent, avant de s’éteindre. Pour la petite histoire, les moniales de Sainte-Croix sont les seules de tout le diocèse de Poitiers à fabriquer le pain des hosties.

Grand'Goule 5La créature fut surnommée Grand’Goule en raison des proportions démesurées de sa gueule. Une effigie en bois, dont la gueule est articulée, fut exécutée par l’ébéniste Jean Gargot en 1677 à la demande de l’abbesse de Sainte-Croix. Elle était promenée à la procession du troisième jour des Rogations. Sur son passage, on jetait des gâteaux secs, appelés casse-museaux, et les gens criaient : "Bonne sainte vermine, priez pour nous" et "protège-nous pour l'année à venir". La bête devint, comme on peut le voir, une figure protectrice… Cette procession fut arrêtée au XIXe siècle et la Grand’Goule se retrouva au musée Sainte-Croix.

 

 

 

 

Grand'Goule 4aL'Écossais sir John Lauder de Fountainhall, qui vécut à Poitiers entre 1665 et 1666, décrit, dans son journal de voyage, la Grand'Goule comme un crocodile. Plus particulièrement, il affirme que l'histoire est celle d'un crocodile empaillé visible à l'époque au Palais des comtes du Poitou : « Là est attachée à une muraille avec des chaînes de fer la carapace d'un hideux crocodile ; bien qu'elle soit infiniment réduite, elle est monstrueusement grande, avec une gueule énorme ».

 

 

BertrandCela peut nous ramener à saint Bertrand de Comminges, qui terrassa un… crocodile (vvoir la symbolique du crocodile). D’après la légende, il existait un monstre avant son arrivée, tapi dans la vallée de Labat-d’Enbès. Il imitait le vagissement des enfants pour attirer ses victimes et les dévorer. Pour en débarrasser le pays, Bertrand alla à sa rencontre, armé de son seul bâton épiscopal. Le monstre s’avança vers lui la gueule ouverte. Le saint toucha sa tête du bout de sa crosse, et le reptile devint plus doux qu’un agneau. Il suivit docilement Bernard jusqu’au seuil de la cathédrale, où il mourut. Bertrand ne tue pas le crocodile, il le maitrise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tarasque 1On retrouvera des légendes semblables à Tarascon avec sainte Marthe qui terrasse la Tarasque, a à Metz où saint Clément chasse le Graouilly, à Rouen où saint Romain libère la ville de la Gargouille.

Gargouille 2a

 

 

 

 

Graouilly a

 

 

 

 

 

 

 


Que nous racontent ces légendes ? La maitrise du dragon… Avec les sauroctones et les céphalophores

L’extérieur

 

Talmont-sur-Gironde 10La façade occidentale, refaite en style gothique au XVe siècle est très sobre, sans beaucoup d’intérêt. C’est un mur à pignon percé d'une simple porte gothique. De puissants contreforts l'étayent aux deux angles.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 12Le chevet, rythmé par des contreforts-colonnes, est divisé en trois niveaux délimités par des bandeaux. Le deuxième niveau est percé de baies à colonnettes qui éclairent le chœur, le troisième est décoré d’arcatures aveugles.
14 13 Les modillons, malheureusement, ne sont pas d’époque. Ils ont été refaits durant les diverses restaurations de l’édifice.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 20La façade nord est séparée en trois parties horizontales. Un portail à trois voussures est flanqué de deux arcades. La partie intermédiaire présente sept arcades supportées par des colonnettes. La partie supérieure formant un pignon est ornée d’un oculus.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 23Le portail a conservé la plupart de ses sculptures mais elles sont très abimées. Difficile d’en faire une interprétation symbolique. Il est admis, chez les gens bien intentionnés, que la façade représente le thème du salut de l’âme, avec à gauche le mal et l’enfer, au centre les moyens de trouver le salut, et à droite la pénitence et le paradis. Pourrait-ce être l’indication de la voie qu’offre l’église pour une élévation spirituelle ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 34A gauche, effectivement, deux dragons ailés (aile : capteur cosmique de l’énergie divine) s’affrontent sur la voussure. A droite un dragon lunaire, féminin, à gauche le dragon solaire, masculin ?  Sur le linteau, un monstre affronte une femme allongée. Sainte Radegonde affrontant l’animalité, la force brutale représentée par le saurien ? Voir la symbolique des sauroctones.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 35A droite, la voussure est ornée de motifs végétaux représentant des feuilles de vigne. La vigne du Seigneur, par l’ivresse mystique qu’elle procure, va permettre de poser le mental de côté afin de recevoir un message spirituel qui ne se comprend parfaitement qu’avec le cœur.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 37La vigne et son fruit, le raisin, vont se retrouver sur un des chapiteaux des colonnes du pied droit de droite, côté solaire. Ici, des oiseaux symbolisant l’âme suivent le serpent tellurique en montant. Le premier a ses pattes posées sur l’astragale, symbole de la terre, du sol, le deuxième, plus haut, a les pattes accrochées sur le corps du serpent. Quant au troisième oiseau, les pattes toujours posées sur le corps du serpent, il mange du raisin. Sa tête est presque au niveau du tailloir, qui représente le ciel. Le serpent le tient encore dans sa gueule. Est-ce pour essayer de le faire redescendre, ou est-ce pour l’aider à s’envoler ?

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 36Le pied droit de gauche, côté lunaire, montre un chapiteau représentant la décollation de saint Jean-Baptiste. Ce thème provient sans doute de Saint-Jean-d’Angély. Couper la tête, c’est abandonner les barrières mentales. Même principe qu’avec la vigne. Un peu plus définitif parfois. A moins qu’il ne s’agisse d’un épisode de la vie de Radegonde, quand son mari tua son frère, puisqu’on retrouve ici le même personnage qu’à gauche du portail, habillé d’une robe aux manches pagodes qui semble représenter la sainte.
Le chapiteau suivant montre deux animaux dont les pattes avant (posées sur l’astragale) sont liées par une corde. La corde représente, en symbolique romane, l’appartenance à un ordre, ici certainement les bénédictins, qui avancent tous sous une même règle (les fraternités initiatiques en font le symbole de l’union de leurs membres).  Mais le fait de porter une corde, chez les moines, leur permet aussi de couper les énergies telluriques alourdissantes ou matérialisantes captées par les jambes et peuvent ainsi se consacrer à la vie spirituelle. Ici, les bêtes sont tenues par le cou (chakra de la gorge : la parole, l’énergie du verbe) par un homme dont la tête touche le tailloir (le ciel). Leurs yeux (miroir de l’âme et symbole de la connaissance universelle) sont picorés par des oiseaux, les pattes posées sur leurs corps. Leurs oreilles (j’entends) sont bien ouvertes, leurs dents (la sagesse) acérées. Dent j’ai ? Franchir le seuil de l’église n’est pas anodin.

Talmont-sur-Gironde 21Les voussures elles aussi nous parlent. La plus haute présente soi-disant des hommes qui essaient de tirer un lion qui piétine une pauvre victime. En fait, je pense plutôt qu’ils tirent l’animalité du corps du futur initié.
 La voussure du milieu présente soi-disant des hommes (dont le premier semble avoir les jambes retournées) portés les uns par les autres dans une métaphore de la communauté chrétienne unie et solidaire. Moi je vois plus l’initié qui a commencé son retournement, un acrobate.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 22La voussure du bas est ornée d’anges honorant l’agneau pascal, symbole du Christ. Je vois, quant à moi, des hommes ailés (les anges en général portent une auréole), donc débarrassés de la lourdeur de la matière. Les premiers, les ailes regardant encore vers le sol, portent les seconds, thuriféraires (porteur d’encens : la fumée symbolise l’âme s’élevant vers Dieu)), dont les ailes regardent vers le ciel. Ils arriveront bientôt à l’état christique.

 

 

 

 

L’intérieur

 

Talmont plan 3L’axe de l’église, orienté est/nord-est (celui de l’absidiole au septentrion sud/sud-est, nord/nord-ouest), est décalé par rapport aux traditionnels levers et couchers du soleil aux solstices. C’est à cause de la dédicace, faite le jour de la fête de sainte Radegonde, le 13 août.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 25L’église, primitivement édifiée en forme de croix latine, possédait une nef à trois travées, un transept avec absidioles, un chœur et une abside semi-circulaire. Elle peut aujourd’hui, après l’effondrement d’une partie de la nef, s’inscrire dans un carré de 25 m de long et 21 de large.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 27

La nef, d’une seule travée, est couverte par une voûte en berceau brisé reposant sur des doubleaux.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 28Les chapiteaux plus anciens sont assez sobres. Les plus récents, situés à l’est, sont historiés. Parmi eux, au nord-est, celui qui représente la légende de saint Georges. Encore un sauroctone. A moins qu’il ne s’agisse, encore une fois, d’un épisode de la vie de Radegonde.

 

 

 

 

 



Talmont-sur-Gironde-ExVotoLes deux absidioles sont voûtées en cul-de-four. Celle de droite sert de sacristie. Devant celle de gauche, une chapelle, un bateau à trois mâts est suspendu en ex-voto.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 29L’abside, légèrement plus étroite que le chœur, voûtée en cul-de-four, est ornée de cinq fenêtres dont deux aveugles. Leurs cintres s'appuient sur des colonnettes à chapiteaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 32Talmont-sur-Gironde 31Au fond de la nef, deux escaliers descendent vers la crypte. Découverte au siècle dernier, mesurant près de neuf mètres, elle est composée d’une chapelle funéraire surmontant un ossuaire. 20m 3 d’ossements en furent retirés, ainsi que des pièces carolingiennes, quelquefois en or.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde plan 1'

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Radegonde_de_Talmont

http://decouverte.inventaire.poitou-charentes.fr/monuments-romans/talmont-sur-gironde.html

http://architecture.relig.free.fr/talmont.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand%27Goule

http://www.talmont-sur-gironde.fr/

http://chapiteaux.free.fr/ALBUM_TALMONT/PORTA_TALMONT.html

https://inventaire.poitou-charentes.fr/documents/fichiers/inventaires_territoire/estuaire_de_la_gironde/diaporama-conference-estuaire-de-la-gironde-12-06-2014.pdf

https://www.paris.catholique.fr/113-Sainte-Radegonde.html

Inventaire du patrimoine de la région Poitou-Charentes

Posté par madame_dulac à 17:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]