20 août 2009

La cathédrale Saint-Maurice de Vienne, les disciples d'Emmaüs

Saint_Maurice_Vienne_43Les deux sculptures en remploi des disciples d'Emmaüs, situées de chaque côté de la porte latérale sud, font partie des plus anciennes sculptures romanes de la cathédrale.
On y reconnait le Christ à son nimbe crucifère, portant la musette et le bâton du marcheur sur l'épaule. Ses traits sont réguliers et beaucoup plus lisses, comme pour marquer sa plénitude. Il n'en est pas moins habillé comme les disciples, même s'il est un peu plus grand, et ses pieds sont alignés dans le même axe : accessibilité à tous à l'état christique ?









Saint_Maurice_Vienne_44Le Christ se tourne vers les disciples et leur parle. L'un d'eux porte un livre et a les yeux tournés dans sa direction, l'autre porte un rouleau, symbole de la parole.

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La cathédrale Saint-Maurice de Vienne, les chapiteaux


La "délivrance des justes"

Saint_Maurice_chapiteaux_2A droite, un monstre à trois gueules prêtes à dévorer. Plus loin, Jésus tenant la croix rédemptrice, guide les justes au paradis. Ça, c'est la thèse officielle. Moi je pencherai plus pour les gueules représentant l'animalité. Les "élus", les "re-nés", c'est à dire les initiés, sortent de ces gueules.













Saint_Maurice_chapiteaux_1Ou bien ce sont les "tré-passés, ceux qui sont passés par la mort, donc ceux qui savent. Tous ces gens, avec Adam et Ève en tête, suivent le Christ vers la porte du ciel...
















Les végétaux

Saint_Maurice_chapiteaux_3Sur la soixantaine de chapiteaux romans de la cathédrale, une moitié environ représente un décor végétal, l'autre moitié comportant des feuillages stylisés ornant ou illustrant des scènes figurées ou historiées. Pour la grande majorité, les feuillages dérivent du style corinthien. A Vienne, les sculpteurs avaient sous les yeux de multiples modèles romains. Cependant, ils n'ont pas fait de simples copies, mais de véritables créations à partir de thèmes antiques : les pommes de pins, ou la vigne, ou les fruits de l'aulne, entrent en scène.








Saint_Maurice_chapiteaux_4Vigne : symbole de la connaissance, accès à l'ivresse mystique, souvent en début de parcours ou à la base d'un pilier. son rôle est d'enlever les barrières mentales empêchant la réception de l'enseignement spirituel. Arbre sacré des grecs anciens (mystères dionysiaques), elle représente aussi l'abondance de la vie et la renaissance après le passage à la mort. Le message ne passe pas par l'intellect, mais par le coeur.
L'aulne était un arbre magique : chez les celtes, c'est l'arbre sacré sous lequel jaillissaient les sources sacrées. Il est imputrescible, c'est pourquoi il est attribué à la symbolique de l'eau. Il est souvent placé sur un courant d'eau souterrain. Comme il est l'un des feuillus à rester en vie en hiver, il est considéré comme l'arbre de la vie après la mort. Son fruit est souvent pris pour une pomme de pin. Mais le pin (comme la grenade), même s'il ne pousse pas dans la région, était considéré aussi comme un symbole de la multitude et de la prolifération des oeuvres à travers les cycles de vie (culte de Cybèle).


Les hommes verts (green men)

Saint_Maurice_chapiteaux_5Le motif de l'homme vert consiste en un visage, le plus souvent d'homme, formé ou entouré de feuilles et possiblement aussi de branches et de vignes qui peuvent sortir de la bouche, des oreilles ou des narines. Ces pousses peuvent porter des fleurs et des fruits.
Le symbole de l'homme vert est d'origine et de signification incertaine, bien que probablement païenne, de par sa longue histoire et ses connotations de divinité masculine liée à la nature. Il est lié au cycle de la nature et à la renaissance au printemps.







La résurrection de Lazare

Saint_Maurice_chapiteaux_7Au centre, un personnage soulève de ses deux mains le couvercle du sarcophage de Lazare. Celui-ci apparaît nu, son linceul pend sur la paroi antérieure.














Saint_Maurice_chapiteaux_6A l'angle gauche, le Christ le bénit de sa main droite. Derrière lui, un évangéliste tenant un rouleau tient sa main droite levée et ouverte.
A droite, Marthe et Marie, les soeurs. la vigne est représentée sous forme d'énormes grappes de raisins.
















Le sacrifice d'Isaac

Saint_Maurice_chapiteaux_9Isaac est couché sur un autel, les mains liées. A gauche, Abraham saisit l'enfant par les cheveux et brandit la lame qui va lui trancher la gorge.

















Saint_Maurice_chapiteaux_8Un ange arrête son geste et lui montre un bélier devant un homme aux mains en cornet sur les oreilles : que celui qui a des oreilles entende...

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Le repas chez Simon

Saint_Maurice_chapiteaux_11Une table est dressée, recouverte d'une nappe aux plis réguliers. Le Christ est au centre, il porte le nimbe crucifère. Il s'adresse à un homme à sa gauche, sa main droite levée. C'est Simon le pharisien, coiffé du bonnet des juifs. A droite un apôtre tient un morceau de pain et une coupe. Sous la table, une femme essuie les pieds du Christ avec sa chevelure....















David musicien

Saint_Maurice_chapiteaux_12Le chapiteau est rempli de feuilles d'acanthes parmi lesquelles David est assis et joue de la vièle. "C'est la musique qui fit de lui un roi prophète, puisque c'est grâce à elle qu'il parvenait à toucher et à attendrir Dieu. Au moyen âge, David était le patron des musiciens."
















La présentation des mages devant Hérode

Saint_Maurice_chapiteaux_14Les rois mages s'avencent en direction d'Hérode. Tous trois, couronnés d'une tiare orientale, portent leurs présents destinés au roi qu'ils cherchent. Ils marchent, les pieds campés sur la voie symbolisée par une ligne ondulée. Deux d'entre eux, représentés de face, montrent du doigt une étoile en forme de fleur, située sur le tailloir au-dessus d'eux.
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Saint_Maurice_chapiteaux_15Hérode est assis sur un trône, avec un sceptre et une couronne. Il tend l'oreille vers un esprit qui lui susurre une ruse.


















L'adoration des mages

Saint_Maurice_chapiteaux_16A droite, Marie est assise de face, la chevelure voilée. Elle tient l'enfant sur ses genoux, c'est une Vierge en majesté. Le premier roi s'agenouille et offre un coffret rempli d'or. L'enfant porte un visage adulte, comme dans la représentation des vierges noires.
Au centre, le deuxième roi, encore dehors, offre de sa main gauche, sous un voile, la boite d'encens. Sa main droite montre l'étoile : une fleur à 4 pétales.
A gauche, le troisième roi, porteur de la myrrhe, s'avance.













L'entrée du Christ à jérusalem

Saint_Maurice_chapiteaux_17La ville sainte est représentée par des architectures où alternent, sur les trois faces, tours à 3 étages et arcs sous lesquels se déploie le cortège.
Le Christ est monté sur une ânesse accompagnée de son ânon. Ses enseignements sont rappelés par le livre qu'il porte avec lui, tandis qu'il bénit la foule.















Les saintes femmes au tombeau

Saint_Maurice_chapiteaux_18Sur fond alvéolé et surplombé par un motif architectural de tours et de remparts représentant Jérusalem, un tombeau vide dont le couvercle a disparu. Un pan de linceul est abandonné sur le rebord. Au-dessus, une lampe éclairée, symbole de résurrection. Un ange aux ailes déployées désigne le tombeau vide. Trois soldats casqués : deux semblent assoupis, l'autre s'enfuit. A droite s'avancent les saintes femmes portant des parfums destinés à embaumer le corps.
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La Cène

Saint_Maurice_chapiteaux_21Au centre, le Christ, plus grand que ses apôtres, donne une bouchée à Judas, qui tient une bourse de sa main droite. A droite, deux personnages : c'est le même apôtre représenté deux fois, d'abord penché sur le Christ dans un geste d'amour, puis redressé portant une coupe et la main gauche levée. Pour nous faire comprendre qu'il s'agit du même personnage (là, chacun interprètera le chapiteau comme il l'entend), les pieds  ne sont représentés qu'une fois sous la table. Sur la nappe aux plis réguliers sont disposés pains et poissons.
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L'ascension

Saint_Maurice_chapiteaux_24Sur une ligne ondulée symbolisant le chemin, 11 apôtres entourent le Christ. Sa haute stature s'inscrit dans une mandorle, symbole de naissance et de résurrection. Ses pieds sont encore sur le sol, il bénit de sa main droite.















L'agneau pascal

Saint_Maurice_chapiteaux_25Le symbole du Christ est entouré du lion et du boeuf ailés, soit une moitié du symbole des 4 vivants.
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Crédits photos : Claude Mouchet et Claude Thieffine

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12 août 2009

Notre-Dame de Beauvoir-de-Marc

Beauvoir_de_Marc_3L'église Notre-Dame de Beauvoir date de la fin du XIème siècle. Elle fut bâtie sur une construction plus ancienne, mentionnée en 896. Elle était le siège d'un important archiprêtré comprenant 18 paroisses : Bournay, Chalon-Saint-Michel, Charantonnay, Chaumont, Eyzin, Jardin, Meyssiez, Meyrieu, Moidieu, Royas, Savas-Mépin, Saint-Jean-de-Bournay, Saint-Julien-de-Lherms, Saint-Sorlin-en-Fournache, Sainte-Anne-d'Estrablin, Esrtablin et Villeneuve-de-Marc.






Beauvoir_de_Marc_4Au XVIIIème siècle, il sera divisé en 3 autres archiprêtrés : Communay, Artas et Saint-Jean-de-Bournay.












Beauvoir_de_Marc_9Le plan de l'église est en forme de croix latine, avec une abside rectangulaire. Mainte fois remanié au cours des siècles, c'est une architecture romane du XIème et XIIème siècle qui s'en dégage, avec quelques parties gothiques.
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Notre_Dame_de_Beauvoir_25Cette date est d'ailleurs avancée par Allmer et Terrebasse pour la dédicace gravée sur le tympan de la porte du clocher, classé monument historique.
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Beauvoir_de_Marc_17Le plafond à caissons de la nef a été reconstitué et peint. Les deux tympans surmontant les portes d'entrée des bras du transept sont classés Monuments historiques depuis le 28 janvier 1958.
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Beauvoir_de_Marc_5Le portail est du XIVème siècle.
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Beauvoir_de_Marc_21Cet édifice religieux est parvenu jusqu'à nous malgré les vicissitudes du temps dont sans doute un incendie au XVIème siècle lors des guerres de religions. Des travaux sont régulièrement effectués depuis les années 1960, afin de sauvegarder ce témoignage du riche passé de la commune de Beauvoir.
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Beauvoir_de_Marc_19Une peinture murale représentant Saint-Antoine, du milieu du XVème siècle, se trouve dans l'abside.
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Beauvoir_de_Marc_12La plaque dédicacée de frère don Jean Thononne de Beauvoir se trouve dans le chœur.

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Beauvoir_de_Marc_15La Vierge à l'enfant, bois polychromé du XVIIème, se trouve en hauteur, dans une niche.
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1- Peinture murale de Saint-Antoine
2- Plaque dédicacée de frère don Jean Thononne de Beauvoir
3- Vierge à l'enfant, bois polychromé du XVIIème
4- Porte romane dédicacée
5- Portail gothique du XIVème
6- Narthex, fin du XIVème

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La Madone

Beauvoir_de_Marc_1Beauvoir-de-Marc fut une possession et un lieu de séjour des Dauphins de France. Son château fort, habité par les puissants seigneurs de Beauvoir-de-Marc qui ont dominé la région de 980 à 1702, fut abandonné en 1336 et ruiné.















Beauvoir_de_Marc_2Sur son emplacement se trouve à l'heure actuelle une statue de la vierge Marie, appelée la Madone. Cette statue, bien que de facture contemporaine, est reliée à d'autres lieux sacrés marials.

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05 août 2009

Abbaye Saint-André-le-Bas, historique

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_2Les origines de l'abbaye Saint-André-le-Bas remontent au milieu du VIème siècle. Elles mettent au premier plan un notable viennois,  le duc Ansemond, qui a déjà fait des donations en faveur de l'église Saint-Pierre. Il demanda qu'un nouveau monastère consacré à saint André soit élevé auprès de sa sépulture. De cette époque ne reste que peu de vestiges, quelques parties intérieures du mur nord de l'église.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_1Ce nouveau lieu de culte fut construit dans un quartier urbanisé depuis les temps romains, ce qui explique que l'on trouve dans le sous-sol des vestiges de murs de l'époque antique sur lesquels on a bâti le monastère.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_14Mentionnée au VIIème siècle comme monastère de femmes, l'abbaye fut délaissée aux VIIIème et IXème siècles jusqu'au jour où Boson, roi de Bourgogne et de Provence, qui avait fait de Vienne sa capitale, restaura la vie religieuse, créant à Saint-André un chapitre de chanoines. L'église devint la chapelle du palais.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_3Au Xème siècle, les souverains du royaume de Bourgogne continuèrent à honorer et protéger leur église palatiale qui reçut un second patron, saint Maxime. Le roi Conrad prit l'initiative d'y recréer un monastère sous la règle de saint Benoît. Selon la tradition, Conrad aurait été inhumé dans l'église.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_24Au cours des XIème et XIIème siècles, acquisitions et donations ne cessèrent d'accroître le domaine. L'église fut agrandie et surélevée. Puis commença un chantier qui transforma l'abbaye : le clocher fut élevé, le cloître reconstruit, l'église agrandie et voûtée.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_59C'est de cette époque que date l'ornementation sculptée, particulièrement dans l'église, où maître Guillaume, fils de Martin, a laissé sur une inscription la date de ses réalisations : 1132. Son atelier et celui de Saint-Maurice sont en contact, s'influençant mutuellement. Les modèles bourguignons ne leur sont pas étrangers.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_11Au XIIIème siècle l'abbé obtient du pape le droit de porter la mitre. Le quartier dans laquelle elle est implantée, appelé la Grande Paroisse, joue un rôle particulier dans la ville, en particulier à cause de la population juive qui y est nombreuse (elle apparaît à ce titre fréquemment dans les archives de l'abbaye).








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_5Au delà du XIIIème siècle, l'histoire de l'abbaye n'offrit plus guère d'évènements majeurs. Dans ses locaux se tinrent parfois les réunions des consuls. A partir du XVIème siècle, le nombre de religieux diminua. Son existence fut remise en cause dès le début du XVIIIème siècle, et finalement, elle fut supprimée en 1772.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_29Suite à la vente de l'abbaye à la révolution et à des transformations effectuées au XIXème siècle, les arcades du cloître furent murées. Des locaux privatifs et publics, comme la chambre de commerce, occupaient l'espace des galeries.

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Abbaye Saint-André-le-Bas, le cloître

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_19Le cloître roman n'est pas mitoyen de l'abbatiale. Un passage, aujourd'hui ouvert, les sépare. L'irrégularité du plan trapézoïdal serait imposé par des structures antérieures qui ont été perçues lors des travaux de restauration. Le mur nord avec ses lits de briques peut remonter aux constructions du haut moyen âge.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_36Des bâtiments conventuels ne subsistent plus que les galeries du cloître qui ont été construites en une seule campagne : l'aile sud a été démembrée et les autres ont été intégrées dans des constructions adjacentes. Elles n'ont pas été voûtées mais couvertes d'un plafond en bois peint à caissons.









Vienne_Saint_Andr__le_Bas_38Une partie du plafond lambrissé actuel date de la fin du XVème siècle. Une gravure du début du XIXème siècle a aidé à sa restauration achevée en 1938, mais elle ne restitua pas intégralement les dispositions d'origine.  C'est ainsi que le "cloître haut", au-dessus des galeries du rez-de-chaussée, n'a pas été maintenu. Il reste quand même le seul cloître roman complet de la région Rhône-Alpes.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_28Sur les 4 côtés le rythme des arcades est identique, mais pas leur nombre : deux travées sur les petits côtés nord et sud, trois sur les longs côtés.
Les baies sont constituées par trois arcades de plein cintre retombant d'une part sur deux groupes de colonnettes géminées reliées par le même tailloir, et d'autre part sur des piliers qui délimitent les travées.







Vienne_Saint_Andr__le_Bas_41Le mur bahut est doublé à l'intérieur d'une banquette. Sur le côté est, on voit encore la porte de la salle capitulaire, qui fut surmontée d'un arc gothique posé sur deux culs-de-lampe ornés de têtes. De chaque côté s'ouvraient les baies.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_40Les chapiteaux sont essentiellement végétaux, plus ou moins fortement inspirés de modèles corinthiens. Parmi eux figurent Samson déchirant le lion ou encore un ours dans une vigne. Certains fûts de colonnes sont ornés de motifs inspirés de l'architecture antique : imbrications de feuilles, rais de cœurs, perles.
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Abbaye Saint-André-le-Bas, les collections lapidaires

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_43L'ensemble le plus important est constitué par une série d'épitaphes chrétiennes en latin dont la plus ancienne est celle d'une viennoise, Foedula, datant du Vème siècle.











Vienne_Saint_Andr__le_Bas_33Les inscriptions médiévales forment un second ensemble, généralement des monuments funéraires, dont une en langue hébraïque, de Samuel, fils de Rabbi Justus, datant du Xème siècle.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_35Dans l'angle sud-est du cloître sont regroupés des éléments de mobilier en pierre provenant des anciennes églises de Vienne : fragments de chancel et autels en marbre. L'autel en marbre blanc provient de l'église Saint-Pierre et date de la première moitié du XIème siècle. Il fut taillé dans un bloc unique. Trois colonnettes octogonales surmontées de chapiteaux cubiques portent la table de forme semi-circulaire. La cuvette centrale est délimitée par des moulures et entourée de 6 lobes.







Vienne_Saint_Andr__le_Bas_31Des sarcophages ont été placés dans la galerie est. Certains datent du IIème siècle, d'autres du IVème, d'autres du VIIIème siècle. L'un d'eux fut réutilisé pour la sépulture d'un des chanoines de la cathédrale. Le panneau central est décoré d'un chrisme inscrit dans une couronne.
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Abbaye Saint-André-le-Bas, l'abbatiale

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_21C'est, mis à part l'abside et quelques adjonctions postérieures, l'église reconstruite vers le milieu du XIIème siècle que l'on découvre en entrant à l'intérieur du bâtiment. Elle fut difiée sur une plateforme artificielle romaine, dont un passage voûté subsiste sous les travées occidentales. Du Xème siècle ne subsistent que l'élévation des murs gouttereaux, aux baies en plein cintre comblées ainsi que l'abside, reconnaissable à l'alternance d'assises de briques et de pierre.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_44C'est un édifice basilical sans transept remployant de part et d'autre de l'abside deux colonnes antiques aux chapiteaux corinthiens. Une nef unique se termine par l'abside dont l'ouverture est à peine moins large.










Vienne_Saint_Andr__le_Bas_50Le rythme des travées est souligné par des pilastres cannelés qui évoquent l'architecture romaine. Les doubleaux, en arc brisé, polychromes, retombent sur les pilastres par des chapiteaux. C'est là en particulier que le maître Guillaume a créé des œuvres de belle qualité : une inscription placée à la base d'un des pilastres de la nef, "Willelmus Martini me fecit anno Domini 1152" (Guillaume fils de Martin m'a fait ou m'a fait faire en l'an du Seigneur 1152) en fait foi. 
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_51L'influence antique imprègne aussi les chapiteaux à feuillages de type corinthien. Deux chapiteaux figurés s'inspirent d'épisodes bibliques, Samson terrassant le lion, et les malheurs de Job.











Vienne_Saint_Andr__le_Bas_58Sur les pilastres des arcatures méridionales, des chapiteaux s'ornent de scènes énigmatiques : des Vénus s'opposent aux forces du mal, des créatures monstrueuses.
La décoration se déploie aussi sur les parties hautes de la nef : un bandeau horizontal avec masques et fleurs, une frise souligne la division des murs, deux fenêtres hautes à colonnettes sont portées par un lion et un acrobate.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_49L'arc triomphal de l'abside retombe sur des chapiteaux corinthiens et des colonnes cannelées d'origine antique.
La nef est recouverte selon une technique nouvelle à l'époque : voûte à nervures avec un profil très bombé.

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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_61A partir du XIIIème siècle, des chapelles sont ajoutées à l'édifice. Les stalles du chœur datent du début du XVIIIème siècle. La partie occidentale, la façade, sont des restaurations récentes (1928).
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22 juillet 2009

Vienne, historique

Vienne_5Vienne fut habitée depuis très longtemps : des traces de l'époque néolithique et de l'âge du Bronze en sont la preuve.












Vienne_2aAu IIIème siècle avant notre ère, les Celtes, originaires de la Hongrie actuelle, arrivent sur ce territoire et l'une de ces tribus, les Allobroges (les gens venus d'ailleurs), fonde sa capitale, Vienna. 




Vienne, entre les Vème et IIème siècle avant notre ère









Vienne_2bEn -44, une révolte gauloise chassa les Romains de Vienne qui fondèrent une autre colonie à proximité, à Lugdunum (Lyon). Mais sa fidélité à Rome, durant la guerre des Gaules, vaudra à Vienne le titre de colonie latine, donné par par Jules César sous le nom de Colonia Julia Viennensis, puis en l'an 40 celui de colonie romaine : les habitants possèdent alors tous les droits des citoyens romains.

Vienne fin du IIème siècle









Vienne_4Vienne fut aussi la ville où apparait pour la première fois en Gaule une colonie juive, et où fut exilé Hérode Archélaos, ethnarque de Judée en l'an 6 de notre ère. La ville se développa de chaque côté du Rhône et devint l'une des plus grandes villes de Gaule : elle possède une enceinte de 7 km et se pare de monuments, édifiés sur des terrasses successives dominant le Rhône.







Vienne_2cAu IVème siècle, la ville devint chef-lieu de la province Viennoise, puis capitale d'un diocèse de 7 provinces qui s'étendent sur la moitié sud de la France. Au Vème siècle, saint Mamert commença la construction de la basilique Saint-Pierre. Vers 470, Vienne devint l'une des villes principales du royaume burgonde. Durant cette période, la communauté chrétienne se développa et construisit églises et monastères.


Vienne entre les IVème et VIIIème siècles









Vienne_2dAu cours du IXème siècle, Vienne devint capitale du royaume de Provence, après l'élection du roi Boson en 879. Au XIème siècle, l'empereur d'Allemagne hérita du royaume, Vienne fit alors partie du Saint Empire Romain Germanique.
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Vienne au XIIème siècle puis au XXème












Vienne_6En 1311, la cathédrale Saint-Maurice abrita le concile œcuménique qui, sous la pression de Philippe le Bel, prononça la condamnation de l'ordre du Temple.
En 1450, Vienne fut rattachée au royaume de France et sera peu à peu éclipsée par Lyon et Grenoble.










Vienne_3Sur un portique de la ville, la devise stoïcienne "Sustine et Abstine", "Supporte et Abstiens-toi" est gravée. Elle aurait pu être la devise de Vienne, qui pourtant fut "Vienna civitas sancta", "Vienne cité sainte", puis à partir du XVIIIème siècle "Vienna urbs senatoria", "Vienne, ville sénatoriale".

Vienne_7http://fr.wikipedia.org/wiki/Vienne_(Is%C3%A8re)
http://www.vienne.fr/rubrique.php?id_rubrique=6
Guide touristique de l'office du tourisme

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Le temple d'Auguste et de Livie

Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_1La construction du temple (Longueur 23,85 m, largeur 14,25 m, hauteur 17,30 m) est attribuée au début du règne de l'empereur Auguste vers -20/-10. Le premier édifice, peut-être endommagé par le feu, fut rebâti aux deux tiers lors d'une deuxième campagne de travaux, vers l'an 40. 









Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_7La partie postérieure du temple est la plus ancienne (un mur plein), petits modillons décorés, chapiteaux d'acanthe du type chardonneux. La partie antérieure possède les caractéristiques de l'époque plus tardive : acanthes plus molles.










Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_2Six colonnes corinthiennes en façade et sur les côtés soutiennent l'entablement. Quelque marches mènent au vestibule puis à la loge reconstruite (la cella), qui abritait la statue de l' empereur  Auguste puis celle de Livie, déifiés après leur mort.









Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_3La dédicace à l'empereur divinisé se devine par les traces de lettres en bronze sur la frise est. Dans un deuxième temps, la dédicace à Livie, l'épouse d'Auguste, fut ajoutée en dessous, sur l'architrave.










Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_10Le temple du forum se trouvait au centre de l'aire sacrée, et fut un lieu de reconnaissance de la puissance impériale par la population. Les cérémonies furent célébrées par des prêtres qui seuls y avaient accès, la.population restant en contrebas du podium, sur le dallage du forum. 






Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_4Le forum gallo-romain formait un vaste ensemble public, clos par des portiques à colonnades, où s'exerçaient toutes les fonctions civiques, politiques et religieuses. Autour du temple impérial, l'aire sacrée fut établie en contrebas d'un éperon rocheux aménagé dès l'époque gauloise, dominant le littoral du Rhône à l'ouest.
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Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_9Le temple doit sa survie à sa transformation sans doute au Vème siècle en église paroissiale de Notre-Dame-la-Vieille, qui devint Notre-Dame-de-la-Vie. La cella fut supprimée et les entrecolonnements comblés. A la Révolution, l'église devint le club des Jacobins puis temple de la Raison. Le tribunal de paix s'y installa ensuite, avant de laisser place en 1822 au musée et à la bibliothèque. La restauration menée à partir de 1853 donna au monument son aspect actuel : la cella fut reconstruite et les adjonctions médiévales supprimées.



Vienne_Temple_d_Auguste_et_Livie_5Il est l'un des deux seuls temples romains conservés en France avec la maison carrée à Nîmes. Il fut restauré entre 1852 et 1880 : les éléments de l'église furent supprimés, la cella (chambre de la statue) et l'autel restitués.
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http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/vienne/fr/index.html
http://www.asso-chc.net/article.php3?id_article=121
http://www.vienne-tourisme.com/articles/le-temple-d-auguste-et-de-livie-12-1.html
http://www.culture.fr/sections/regions/rhone_alpes/organisme/JEP-ORGS160631

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