29 juin 2010

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul

Sussey_4Étymologiquement, Sussey vient du latin « le domaine de Sucius ». Il en est fait mention dès 920 sous le nom de Succiacus. On y a retrouvé les vestiges d’un gîte d'étape celtique, d'une villa gallo-romaine, d'un cimetière mérovingien. L’occupation humaine remonte encore plus loin dans le temps : la commune possède un très beau menhir, le menhir de Pierre-Pointe, au lieu-dit Le Maupas.







Sussey_7Située au centre du village, cette église remonte, pour ses parties les plus anciennes, au XIIème siècle. Elle était située dans l’enceinte du château dont il ne reste que l'arcade d'entrée.

Sussey_3










Sussey_5

Sa tour du clocher, son avant chœur, son chœur et sa nef principale sont de style roman.


Sussey_6

Sussey_8










Sussey_1Les peintures murales du chœur et de l'avant chœur sont les œuvres majeures de l'église de Sussey, classées monument historique par arrêté du 29.12.1983. Ces peintures murales des XIIème et XVème siècles ont été découvertes fortuitement, sous les enduits qui les recouvraient, à l'occasion de travaux de restauration menés en 1982-83.







http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=21615_1
http://pagesperso-orange.fr/cantondeliernais/communes/Sussey%20Le%20Maupas/Sussey%20le%20Maupas.
htm http://www.sussey.net/Pages/lescuriosites.htm

Posté par madame_dulac à 15:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Le menhir de Pierre-Pointe

Sussey_pierre_pointe_1La pierre est située sur le haut d'une collline, au milieu d'un champ près du hameau de Vousvres (qui ressemble fort à vouivre...). Elle se trouve exactement au point de partage des eaux du bassin de l'Yonne et de la Loire. C'était également la limite des trois anciennes divisions des Eduens :
- le Pagus Morvinnensis ou Morvan
- le Pagus Alesiensis ou Auxois
- le Pagus Arebrigus ou région d'Arnay le Duc.






Sussey_pierre_pointe_5C’est un bloc de granit de 4m30 de haut sur une largeur de près de 1m50. Sa partie enfouie mesure 1m30, ce qui en fait un monolithe de 5m60. Daté du Néolithique, il fût classé Monument Historique le 7 mars 1910.

Sussey_pierre_pointe_8

















Sussey_pierre_pointe_6Au siècle dernier, on pouvait encore y voir, adossée, une sorte de table de pierre ou autel, constituée d’une pierre de 1m50 de long sur 1m de large. Enlevée en 1808, elle a, de nos jours, disparu.
Sussey_pierre_pointe_3














Sussey_pierre_pointe_4Une légende raconte qu’on voulut un jour l’abattre :
Afin d’aller chercher sous la pierre un trésor, un seigneur voulut la faire tomber. On l’attacha à l’aide de solides cordes que l’on fit tirer par des bœufs. La pierre commença à basculer. Elle appela alors sa voisine, la pierre Sarazine, à son secours. « Sârâienne, ma bonne Vouâienne, si tu ne vins ai mon aide, les bœufs de devez pierre pointe m’emmeunent ! »











Sussey_pierre_pointe_2Les cordes alors cassèrent et les bœufs, pris de panique, se sauvèrent. Ce fut l’affolement et l’on vit même un pigeon blanc s’échapper. C’était la fée qui habitait la pierre. Depuis ce jour, personne n’a jamais plus osé recommencer un tel sacrilège.

Sussey_pierre_pointe_7

Posté par madame_dulac à 15:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La fontaine Saint-Martin

Beuray_Bauguay_1Ce village possède un ancien sanctuaire. Très ancien. Comme d’habitude, le lieu de culte fut repris par le christianisme, et une chapelle Saint-Martin fut édifiée à ses côtés.












Beuray_Bauguay_7Entourée d’un cimetière, la chapelle date du XIIème siècle et fut remaniée au XVème. Une restauration de l'édifice eut lieu en 1985. La toiture est couverte en laves, et la façade surmontée d’un clocher-mur. Elle est éclairée par deux fenêtres en plein-cintre, l'accès se fait par un portail en arc segmentaire.










Beuray_Bauguay_3De nombreuses et anciennes dalles mortuaires sont encore posées tout autour, ainsi que sous un arbre.

Beuray_Bauguay_2

 

Beuray_Bauguay_4











Beuray_Bauguay_6La fontaine est probablement le vestige d’un ancien sanctuaire de source païen. Seule la coupole sculptée est d’époque gallo-romaine, les piliers (sans doute plus élevés à l'origine), les murets et le bassin ont été refaits au XIXème siècle à partir d’éléments en remploi.










Beuray_Bauguay_5Selon une tradition orale, l’eau de la source passait pour avoir des vertus curatives et on y trempait les linges des enfants malades. Encore de nos jours, elle passe pour soigner la fièvre, mais pour cela faut-il tourner trois fois autour de la pierre en coupole posée sur la source, puis s’allonger dessus à plat ventre et dormir…









Beuray_Bauguay_10L’édicule de plan carré abrite un bassin bordé d’un muret sur trois côtés. Il est constitué de quatre courts piliers de section octogonale supportant une superstructure monolithe en forme de coupole en pendentifs, à extrados en couverture.











Beuray_Bauguay_12Sur les quatre côtés, la coupole forme un arc segmentaire, couronné d’une archivolte moulurée faisant saillie sur l’extrados. Un trou d’écoulement des eaux pluviales est ménagé dans chaque angle. L’angle antérieur gauche brisé a été rescellé au ciment et renforcé par deux agrafes de fer.










Beuray_Bauguay_9La coupole est ornée d’un décor concentrique en bas-relief formé d’une rosette centrale entourée d’une guirlande végétale, de deux rangs de feuilles imbriquées en écaille, puis d’une seconde guirlande.











Beuray_Bauguay_8Les pendentifs sont sculptés de motifs en volutes adossés. L’intrados des arcs présente un décor de caissons avec alternance d’une rosette et de deux quatre-feuilles, et l’archivolte, une frise végétale.

Beuray_Bauguay_11

Posté par madame_dulac à 12:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La fontaine des Laides


Bouze_les_Beaune_1Étymologiquement, Bouze signifie « Bois » (du radical celte « Bos » ). Ce pays du bois fut colonisé et habité dès la préhistoire, au néolithique et à l’âge de bronze, pour preuve la nécropole néolithique sur le site du « Croconnet » comprenant une soixantaine de tumuli et la grotte préhistorique de la Mollepierre.









 

 

 

Bouze_les_Beaune_3Le village de Bouze-les-Beaune fut fondé par les moines de Sainte-Seine au début du Moyen Age, vers 1134.

Avant s'y trouvait déjà une source appelée « Source des Laides » datant du XI ème siècle, qui était réservée aux lépreux (les laides) qui venaient s’y laver et boire. Elle fut restaurée il y a peu.


 






 

 

 

 

Bouze_les_Beaune_2Je dois dire que cette source n’est guère inspirante. Il devait certes y avoir une raison à l’époque pour que les malades l’utilisent, mais vu le dépotoir que c’est devenu (je ne vous mets pas les photos du beau canapé et des vieux cartons au dessus…) je crois que je préfère la vue de l’autre côté.

Posté par madame_dulac à 10:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 juin 2010

Les menhirs d'Epoigny

Couches_Epoigny_1aL'alignement de menhirs se trouve sur la commune de Couches, célèbre pour sa fête du Dragon-Vivre organisée tous les vingt ans (tiens tiens, un dragon...)








Couches_Epoigny_13(re tiens tiens : le nombre 20 est considéré comme néfaste pour saint Jérome parce qu'il indique la lutte universelle, mais il représente également la source de toute l'énergie du monde. Chez les anciens Mayas, le nombre vingt représentait le Dieu Solaire en tant qu'Homme Parfait...)









Couches_Epoigny_10"La légende en date de 1328 rapporte qu'un monstre,"la vivre", semait la terreur dans la région. Le magicien Yoata réussit à l'ensorceler avec sa flûte et l'emmena brûler, mais il fut lui aussi victime du brasier."
Couches_Epoigny_8a















Couches_Epoigny_12Mais les pierres furent dressées  il y a plus de 5 000 ans, au néolithique. Cette légende nous rapporte simplement que les énergies telluriques sont puissantes dans ce coin de Bourgogne.

Les gaulois Éduens ne s'y sont pas trompés, qui consacrèrent le site à Epona, déesse des cavaliers. Les romains firent passer la  voie "Agrippa" d'Autun à Châlon à proximité.







Couches_Epoigny_5aL'alignement comporte sept pierres dont cinq ont été redressés en 1984, malheureusement à quelques mètres des emplacements de leurs découvertes, pas dans le bon sens et fixées dans du béton. 

L'alignement forme actuellement un "V", mais il est  possible que ces pierres aient pu former un cromlech ( elles formaient une ligne orientée de 30 à 35° vers le nord-est).












Couches_Epoigny_2aLes menhirs sont constitués de granite à deux micas dont les gisements les plus proches sont à cinq kilomètres. Des blocs identiques ont été trouvés dans le lit du ruisseau au niveau de l'ancien moulin qui pourraient également être des menhirs.










Couches_Epoigny_4aLe plus grand d'entre eux  mesure 7 m 30 (à l'époque néolithique, il mesurait 7 m 70) et un poids estimé de 30 tonnes.

Couches_Epoigny_11















Couches_Epoigny_3bL'un d'entre eux, qui servait depuis 1840, de parapet au pont de Vigny, a été dressé au bord de la route.

Couches_Epoigny_3a















Couches_Epoigny_6aPlusieurs des pierres, provenant de grands monolithes débités, trouvés dans la prairie voisine, ont été transportés et sont encore couchés.











Couches_Epoigny_16Quelques-unes portent encore des traces à peine visibles de gravure et de cupules.

Couches_Epoigny_15















Pour voir la carte, cliquer ici.

http://www.lieux-insolites.fr/saoneloir/couches/couches.htm
http://microservice71.chez-alice.fr/couches/histoire.html#menhirs
http://laboutiqueajacques.com/Vivre_Couches_2008.html

Posté par madame_dulac à 20:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Saint-Émiland

Saint_Emiliand_3Le village possède une église romane du XIIIème siècle, et dans son cimetière un oratoire classé aux Monuments Historiques.
L'on fabriquait en ce lieu des meules de moulin, et aussi des sarcophages ou cercueils de pierres. Ceci est important pour la suite de l'histoire.
Saint_Emiliand_8














Saint_Emiliand_5Cette commune a plusieurs fois changé de nom à travers les âges. Dans l'antiquité ce fut d'abord Leusia ou Lausia, relevé dans des chartes très anciennes, nom en rapport sans doute avec l'exploitation importante de carrières qui eut lieu en ces endroits dès l'antiquité. (Lauze désignant en effet les dalles ou pierres plates employées jadis pour la couverture des maisons). Ce nom évolue plus tard en Luze.







Saint_Emiliand_4Plus tard, après l'apparition du christianisme et l'institution des paroisses, nous trouvons Saint-Jean-de-Luze, la chapelle du village étant placée sous le vocable de Saint-Jean.
Puis ce sera Saint-Emiland, que la commune retient aujourd'hui, et qui se rattache à la légende du saint évêque combattant l'invasion des Sarrazins.
Saint_Emiliand_6













Saint_Emiliand_7Jusqu'au seizième siècle la légende de saint Emiland (étymologie latine : "aemulus", émule
) n'est connue que par la tradition locale, sans être appuyée par aucun docu­ment écrit ni soutenue par aucune formule liturgique : légende conservant le souvenir d'un évêque guerrier arrivant du fond de la Bretagne avec une armée pour combattre les Sarrasins, rencontrant ceux-ci à Saint-Jean-de-Luze, succombant en ce lieu après un sanglant combat et inhumé avec ses compagnons dans des cercueils de pierre tombés du ciel, que l'on voyait en grand nombre sur le théâtre pré­sumé de cette rencontre.

http://www.ateliers-habitatvivant.fr/index_fichiers/pierres_71.htm
http://www.bourgogne.cybercommunes.com/71/SAINT_EMILAND/tourisme/patrimoine/index_patrimoine.php

Posté par madame_dulac à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La fontaine de Saint-Emiland

Saint_Emiland_9Non loin du village de Saint-Emiland passe l'ancienne voie romaine "Agrippa". Dans la forêt du même nom se trouve une fontaine miraculeuse.











Saint_Emiland_11La source jaillit, selon la légende, à l’endroit même où périt Saint-Émilien, l'évêque guerrier arrivant du fond de la Bretagne  pour combattre les Sarrasins.
Saint_Emiland_14















Saint_Emiland_10Il est dit qu'Émilien prit la place de saint Jean. Mais avant Jean... La fontaine garde la mémoire d'un ancien pèlerinage païen. L'eau de la source était réputée pour guérir toutes les maladies.
















Saint_Emiland_13Encore de nos jours, tous les vendredi suivant le 24 Juin, ce pèlerinage attire bon nombre de gens. 

















Saint_Emiland_12L'eau de la fontaine est bénie, ainsi que des linges pour les malades. Les douleurs, les problèmes de visions, de stérilité et de délivrance sont les principales causes des prières. Vois, et tu créeras.
















Saint_Emiland_16Plus loin, la pierre des sacrifices. Et encore un peu plus loin, la pierre Guénachère. Deux blocs de granit qui ont nourri l'imagination des populations locales. La légende rapporte  qu'un jour, alors qu'une famine sévissait au village, les habitants de Saint-Emiland s'y rendirent pour implorer Dieu de leur venir en aide. Après bien des prières, leur vœu fut exaucé.








Saint_Emiland_15Du ciel tombèrent de beaux pains tout chauds.  Les ventres bien remplis, on décida pour remercier le ciel de consacrer les pains qui n'avaient pas été consommés. Alors survint un deuxième miracle. Mie et miettes se muèrent en pierre, se regroupèrent et formèrent un gros rocher.









Saint_Emiland_2Ne pas oublier que dans les temps anciens, on fabriquait en ce lieu des meules de moulin...


Pour voir la carte, cliquer ici.

Posté par madame_dulac à 19:55 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

20 juin 2010

Saint Gilles

 

Saint_Gilles_1Selon les traditions, c'est vers le milieu du VIIème siècle à Athènes, que naquit saint Gilles, de son nom grec Aegidius. Très vite, il s'illustra par des miracles mais du fuir sa renommée et aborda en Provence. Plus tard, on le retrouve à Orléans, Rome,  Nuria (en catalogne) , où il sculptera une vierge pour les bergers, et où par la suite son culte se développera.
Il se retire ensuite dans une forêt au sud de Nîmes, où il vivra en ermite. Il sera chaleureusement accueilli à Arles, au bord du Gardon, par saint Vérédème avant de se retirer en ermite dans la vallée Flavienne. Sa seule compagnie sera une biche qui le nourrira de son lait. C'est elle qui provoqua la rencontre de saint Gilles et du roi Womba :
Au cours d'une chasse, poursuivie par la meute royale, elle vint se réfugier auprès du solitaire. Wamba découvrit saint Gilles blessé par la flèche d'un chasseur. Emu, il lui offrit la vallée Flavienne pour y bâtir un monastère.






Saint_Gilles_6Devenu abbé, saint Gilles conseille les plus grands, pape et rois. On raconte qu'un grand personnage lui avait demandé l'absolution pour un très grand péché (ce fut, selon la tradition, un inceste de Charles Martel ou Charlemagne : ce qui n'est pas possible au yeux de l'histoire, les dates ne correspondant pas. Il faut voir dans cet épisode la symbolique du geste et le désir de faire correspondre les miracles à de grands personnages : alors que saint Gilles célébrait la Messe, un ange plaça sur l'autel un parchemin où était consignée la faute. Au fur et à mesure du déroulement de l'office, les traces écrites du péché s'effacèrent sur le parchemin.)

 

 

 

 

 

Saint_Gilles_3Placé sous la juridiction de Rome, le monastère autour duquel se bâtit la ville (actuellement Saint-Gilles du Gard), connut un très grand rayonnement. Dédié à saint Pierre et saint Paul, l'édifice verra mourir l'ermite le 1er Septembre 720 ou 721. Il se peut que le bâtiment ait été construit sur l'emplacement d'un ancien oppidum.
Son culte se répandit rapidement, de nombreux pélerins venus de pays lointains (Flandres, Danemark, Hongrie, Norvège, Pologne...) s'acheminèrent vers son tombeau, invoquant saint Gilles contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants. Mais le monastère, encore vers l'an 900, ne portait pas le nom de saint Gilles.
Plus tard, des villes et villages en France et à l'étranger portèrent son nom et plus de 2 000 églises le désignèrent comme patron.





Saint_Gilles_5Le saint, dont la première "vita" connue fut écrite vers l'an mil, a son tombeau dans la crypte. En 1050, ce lieu devint l'un des 4 plus importants pélerinages de la chrétienté, après Jérusalem, Rome et Saint-Jacques.



Saint_Gilles_du_Gard__7_aEn 1066, le monastère est affilié à Cluny, et en 1096, Urbain II consacre l'autel de la nouvelle église. En 1116, l'abbé Hugues rouvre le chantier de l'abbaye. De 1132 à 1179, c'est la période de prospérité. Le port sur le Rhône est en plein essor, marchands, croisés et pélerins animent la cité aux 7 paroisses. En 1208, l'assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau envoyé pour enrayer l'hérésie cathare provoque le début du déclin. En 1226, l'abbaye est soumise au roi de France.



Saint_Gilles_4Gilles est le saint patron des infirmes, des lépreux, des mères allaitantes (par référence à la biche qui le nourrissait de son lait), des maréchaux-ferrants et même des écoliers. La simple invocation de saint Gilles efface tous les pêchés.

Posté par madame_dulac à 20:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 juin 2010

Olympie, historique

"J'ai fait mes premiers pas sur la poussière millénaire sous l'ombre grandiose des ruines sacrées.
J'ai joué dans le stade antique, sur la terre foulée par les dieux et les héros.
J'ai entendu les pierres raconter au vent les mythes et les légendes."
Georges Séféris

Olympie_30Olympie est avant tout un sanctuaire, situé dans le Péloponnèse dans la plaine de l’Élide, entre le mont Kronion et le fleuve Alphée. La région d’Olympie et l’espace du sanctuaire lui-même furent habités dès l’époque protohelladique, aux environs de 3 000 avant notre ère. Les restes d'habitations voûtées aux fondations de pierre furent mis à jour.
Olympie_32







Olympie_87Jusqu’au début du IIème millénaire, c’est une divinité féminine de la fécondité, Déméter, qui y fut adorée, avec Rhéa et Cronos, ses géniteurs. Le plus ancien lieu sacré connu fut sans doute l'autel dédié à Cronos, sur le mont Kronion, dans le bois sacré d'oliviers sauvages nommé l'Altis. Plus tard, l'Altis devint un quadrilatère sacré (200 m de long sur 175 m de large) que nul ne pouvait franchir en armes : avant d'y pénétrer, on faisait halte à la fontaine Piera pour un sacrifice et des ablutions rituelles.





Olympie_84La fin de l’époque mycénienne, avec l’invasion dorienne (1 100 avant notre ère), vit Olympie et sa région tomber au pouvoir des Éléens. C’est à ce moment-là que fut consacré le culte de Zeus dans le sanctuaire, qui emprunta son nom au mont Olympe, résidence légendaire des dieux. 

C’est là que les dieux olympiens inaugurèrent les jeux : selon une croyance des grecs, Zeus vainquit Cronos à la lutte tandis qu’Apollon l’emportait sur Arès au pugilat et sur Hermès à la course.




Plusieurs légendes se rapportent à l'origine des jeux :

Olympie_Pelops_et_Hippodamia- celle de Pélops de Lydie (dont la tombe se trouve sur le site) qui aurait corrompu l'aurige (conducteur de char) du roi Oenomaos pour pouvoir battre ses chevaux invincibles à la course et ainsi épouser sa fille Hippodamie et régner sur ce qui deviendra le Péloponnèse. Il était fils du roi de Phrygie, Tantale, et de Dioné (fille du Titan Atlas, nourrice immortelle du jeune Dionysos), et petit fils de Zeus. Il fonda la dynastie des Pélopides, plus connue sous le nom d’Atrides.






hercule- le mythe d'Hercule, qui après avoir nettoyé les écuries d'Augias en détournant le fleuve Alphée, aurait fait bâtir une enceinte sacrée et restauré des concours d'athlétisme et de gymnastique en l'honneur d'Oenomaos. Il fixa l’emplacement et les dimensions du premier stade, instaura la course comme premier concours et couronna le vainqueur d’un rameau de l’olivier sauvage qu’il avait lui-même planté à Olympie après l’avoir apporté des pays hyperboréens, lieu de résidence d’Apollon.












Olympie_55Du VIIIème siècle à la fin de l’époque romaine, le sanctuaire boisé d’Olympie vit s’organiser le complexe d’installations sportives et de lieux de culte le plus significatif du monde antique. Les premiers jeux olympiques débutèrent en 776 avant notre ère, sur l'initiative d'Iphitos, roi d'Élide.









Olympie_56Très vite, le sanctuaire d’Olympie fut reconnu dans toute la Grèce comme le centre des jeux sacrés par excellence, toute la région de l’Élide fut proclamée région sacrée de Zeus, inviolable.











Olympie_70Pour permettre aux athlètes et aux visiteurs qui se rendaient au sanctuaire de se déplacer sans danger, et aux jeux de se dérouler sans interruption, une trêve sacrée était proclamée, qui mettait fin pour un mois aux hostilités entre les cités-états grecques. Une légende raconte que les milans, très carnassiers, qui avaient pour habitude d'attaquer les restes des offrandes, respectaient la trêve.







Olympie_83En 393, l'empereur de Byzance Théodose Ier, sous l'influence d'Ambroise, évêque de Milan, ordonna l'abandon des rites et des lieux de culte païens. L'édit signa probablement la fin des jeux olympiques, même si aucun document ne permet de connaître la date des derniers jeux avec certitude. Il est possible que la fin des Jeux ne date pas de Théodose Ier, mais de Théodose II qui, en 426, entérina leur abolition et ordonna la destruction complète des temples du sanctuaire. En 561, un tremblement de terre provoqua la ruine définitive du site.





Olympie_29http://www.cosmovisions.com/monuOlympie.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Olympie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_olympiques_antiques











Olympie_4http://www.musagora.education.fr/jeux/jeuxfr/presentation.htm
http://www.amb-grece.fr/olympisme/site.htm

Voir la carte ici.

Posté par madame_dulac à 19:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Olympie, les rituels

Olympie_plan2Le culte exigeait un grand nombre de prêtres. Chaque temple en avait un ou plusieurs et tout un personnel. Au sommet étaient les trois grands prêtres ou théocoles, et leurs assistants, les trois spondophores, gardiens des traités et du droit olympique, qui allaient de ville en ville convoquer les cités helléniques à assister aux jeux. Ensuite venaient les devins qui dirigeaient l'oracle. Ils jouirent en Grèce d'une immense autorité pendant mille ans. Cités, rois, chefs d'armée en appelaient auprès d'eux et les retenaient à prix d'or. Un devin assistait à chaque sacrifice offert à Olympie. L'oracle d'Olympie était en relations suivies avec celui de Delphes.

Olympie_104Tous se recrutaient dans trois familles d'Elide : les Iamides, les Klytiades, les Telliades. Le culte lui-même était très compliqué et tous les détails en étaient révus et réglés avec un soin minutieux. Outre les sacrifices des pèlerins, d'autres, en nombre considérable, étaient obligatoires; il y avait des cérémonies quinquennales, annuelles, mensuelles, quotidiennes. Les deux plus grandes fêtes étaient celles de Zeus et de Héra, qui revenaient tous les cinq ans et dont l'une était la fête des hommes, l'autre la fête des femmes.







Le rituel de la flamme

Olympie_28L’origine divine du feu en fait un élément sacré et les Grecs faisaient brûler un feu en permanence devant les principaux temples. La pureté de ce feu était garantie par la technique d’allumage : la flamme était obtenue par les rayons du soleil.
Captés au centre d’un récipient appelé skaphia, l’ancêtre du miroir parabolique utilisé aujourd’hui pour l’allumage de la flamme olympique, les rayons provoquent une chaleur intense qui permet l’obtention d’une flamme.






Olympie_31Au sanctuaire d’Olympie, une flamme brûlait en permanence sur l’autel de la déesse Hestia situé dans le Prytanée (bâtiment utilisé pour les grands banquets offerts aux athlètes à la fin des Jeux). Obtenu également par la chaleur des rayons solaires, ce feu servait à allumer les autres feux du sanctuaire. De tels feux étaient allumés sur les autels de Zeus et d’Héra, situés devant leur temple. En l’honneur des dieux, des sacrifices d’animaux avaient lieu au même endroit. Aujourd’hui il ne reste plus aucune trace des autels, mais la cérémonie actuelle d’allumage de la flamme olympique devant le temple d’Héra rappelle ces faits.



couronneLes jeux étaient toujours rattachés à un culte et la célébration de la fête olympique était d'abord une cérémonie religieuse : on partait du temple et l'on revenait vers le temple pour consacrer sa couronne, on accomplissait des sacrifices qui aboutissaient à des banquets qui avaient eux aussi, toujours, un caractère religieux.
Les Éléens accomplissaient régulièrement des rites en l'honneur de Pélops, Héra et Zeus, soit à l'extérieur sur les autels de Zeus ou d'Héra, soit à l'intérieur du prytanée. Les offrandes habituelles prenaient la forme de libations (vin versé sur l'autel), de dépôt de rameaux d'olivier (plante de Zeus), et de galettes et les prières étaient chantées.


Olympie_107Les Grecs affirmèrent pendant longtemps dans les épreuves olympiques un idéal "aristocratique" de la pratique sportive : la victoire tant espérée dans le concours n'était pas le seul but de l'épreuve, et cette victoire n'avait pas de sens si elle n'était pas obtenue selon des règles très précises, règles d'hygiène d'abord, mais aussi règles morales.
De plus, les jeux exprimaient le goût des Grecs pour le Beau. Les jeux exaltaient la beauté des corps, liée nécessairement pour les anciens à la beauté morale, la beauté des gestes, et, au delà, un goût pour tout ce qu'il y a de beau, puisque les jeux gymniques étaient toujours accompagnés d'autres concours, musicaux et littéraires. Il pouvait s'agir de chant choral, ou de musique instrumentale, et de nombreux écrivains vinrent aux jeux faire connaître leur œuvre. Le plus célèbre fut sans doute Hérodote.

Nos connaissances des rites accomplis à Olympie sont dues essentiellement à Pausanias, qui écrivit au IIème siècle.

Posté par madame_dulac à 18:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]