29 septembre 2010

La saint Michel

saint_Michel_6Le 29 septembre c'est la Saint-Michel d’automne. Et oui, il existe aussi une Saint-Michel de printemps, le 8 mai, mois de Marie, en commémoration de son apparition sur le Mont Gargan en Italie le 8 mai 492. Nous nous trouvons au début du signe de la Balance, qui vient juste après celui de la Vierge.

 

 

 

 

 

saint_Michel_1C’est la période de Alban Elfed pour la tradition druidique, l’équinoxe d’automne, période où la durée du jour et de la nuit est égale. Dans d’autres traditions, on le trouve également sous les noms de : Mabon, Maponos, Fête du Chêne (en Gaule), Harvest home, Festival de Dionysos (tradition hellénique), Cornucopia (Corne d'abondance), la fête d'Avalon, Roch Hachana (tradition rabbinique), Saint-Michel (tradition chrétienne). Mabon en gallois veut dire « Grand Fils ». La déesse est enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

"Selon la mythologie, Mabon disparaît (ou est enlevé) trois jours après sa naissance. La Lumière divine se trouve ainsi voilée de mystère; elle va se cacher dans l'utérus de la Terre, personnifiée ici comme sa mère, la Grande Protectrice et gardienne de l’Annwvyn, l’Autre-monde. Pour qu'il puisse renaître à nouveau, Mabon vit au sein de sa Mère, dans l'Autre-monde. C'est un endroit de défis, de renouveau et de régénération; un lieu où la vie nouvelle est en gestation. Tout comme la Lumière est attirée vers la terre pour y accumuler force et sagesse afin de devenir une nouvelle graine de Connaissance, Mabon est retourné dans le ventre de sa Mère. Alors que l'hiver commence, la terre protège les graines fragiles et, pendant tout l'hiver, ces graines seront gardées en son Sein pour qu'elles puissent renaître."

saint_Michel_2Roch Hachana est dépeint dans la tradition hébraïque comme le jour de l'intronisation de Dieu, le "jour mémorial" et surtout, le "jour du jugement" pour l’humanité. L'inventaire de tous les actes des individus au cours de l'année précédente est établi. Cette période, qui commençait l'année dans l'usage babylonien, est considérée comme particulièrement propice au repentir, alors même que l’humanité est en instance de jugement devant Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_3On se dirige vers l’hiver, vers l’intériorisation, la réflexion, la synthèse, le juste milieu. Il est temps d’entrer en nous-mêmes pour évaluer la portée de nos actes, de nos paroles, de nos émotions et de nos pensées pour ensuite les rectifier et en tirer les leçons correspondantes. Arriver à la maitrise. Serait-ce le VITRIOL : "Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem" soit "Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée", ou bien "Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Operae Lapidem" soit "Descends dans les entrailles de la terre, en distillant tu trouveras la pierre de l'œuvre", ce qui, en réfléchissant bien, veut dire à peu près la même chose. Même si l'on rajoute les deux lettres perdues UM de VITRIOLUM : Veram Medicinam, pour vraie médecine.

 

 

 

 

 

saint_Michel_4Dans le Tarot Hermétique, le Fou (qui porte le nombre zéro) est représenté en mouvement, le bâton à la main, le regard en lui-même. Il cherche son Chemin. Il cherche la voie de l'interieur de la Terre. L'Ermite ou le Sage (qui porte le nombre 9) a trouvé son chemin, la force cachée en lui-même provenant de l'Eternité ou du Zéro. C'est dans l'équilibre parfait, solidement appuyé sur la terre, que l'initié va capter les courants vitaux d'énergie et les utiliser pour pratiquer la vraie médecine.

 

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_5C’est donc le jour où l’on fête Michel l’archange, mais aussi Gabriel, Raphaël, René, Gaïa et Rhéa. Je trouve ça étonnant : les principes sacrés masculins, féminins, mais aussi le nouvel homme, le deux fois né, l’initié.

Pour moi, il représente un archétype. Mais qu’est-ce qu’un archétype ?

Dans le dico, c’est tout d’abord :

- un modèle original ou idéal d'après lequel sont bâtis un ouvrage, une œuvre.

- en terme de monnayage, c’est l’étalon primitif et général des poids et mesures, sur lequel on étalonne les autres.

 

 

 

saint_Michel_7- en philosophie, c’est un modèle général représentatif d'un sujet. C’est un concept appartenant à la psychologie analytique élaborée par Carl Gustav Jung qui le définit comme une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente.
Du grec ancien arkhêtupon signifiant « modèle primitif », entré dans les langues modernes par l'intermédiaire du latin « archetypum », soit « grandes images », les archétypes apparaissent dans les mythes, mais aussi dans les rêves ; ils y forment des catégories symboliques structurant les cultures et mentalités, et orientant le sujet vers son évolution intérieure, nommée individuation dans la psychologie de Jung. Pour ce dernier, les archétypes sont caractérisés fondamentalement par le fait qu'ils unissent un symbole avec une émotion, ce faisant, ils sont des « potentiels d'énergie psychique » constitutifs de toute activité humaine et orientant la libido. Les archétypes sont ainsi, dans l’espace mental, des dépôts permanents d’expériences continuellement répétées au cours des générations.

 

 

saint_Michel_8L’origine de saint Michel est donc très ancienne. On le retrouve par exemple dans la Perse ancienne combattant Ahriman, prince des ténèbres, ou par l’intermédiaire d’Apollon, de Mithra, de Belen/Lug/ Kernunos, même Baldr, Henoch, Hermès, Thôt et avant eux Gargan. Ce sont des avatars solaires.

Dans la Bible qui lui a donné son nom actuel, il est le prince des archanges. Michaël est une interrogation qui signifie « Qui est comme Dieu ?», étymologiquement ‘Mi Kha’El’ : El « dieu » et Mi, Kha « qui est semblable ». On pourrait même faire des anagrammes : avec saint Michel, on obtient alchimiste sans N (haine) et machiniste sans L (aile). Son culte en occident est apparu après son apparition au Mont Gargan au V ème siècle.

 

 

 

saint_Michel_12C'est lui qui pèse les âmes lors du Jugement dernier et qui emmène les âmes des élus au Paradis. Il est psychostase et psychopompe. Il est l’envoyé, le messager porteur de la voix de Dieu. En ce sens, il est aussi le Metraton. Il est invoqué pour faire entrer dans les sphères célestes les âmes des « trépassés ». La balance représente la première étape qui consiste à évaluer la portée de nos actes, de nos paroles, de nos émotions et de nos pensées. Jeter un regard rétrospectif sur les évènements vécus au cours de l'année pour les évaluer et en tirer les leçons correspondantes.

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_9Il est le chef suprême des forces du ciel, des armées célestes, archistrategos porteur de l’épée. Dans l'apocalypse, où il révéla à Jean l’avenir, il est dit : "et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut pas trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui". Il est donc invoqué pour obtenir une protection contre les démons.
Le diable est souvent symbolisé par un dragon. Dans ses représentations, Michel ne tue pas le dragon, il le maîtrise, il le contrôle. Le diable ou le dragon, c’est peut être aussi Michel dans sa partie de l’ombre, un autre lui-même. Le dragon n’est-il pas le gardien d’un trésor ? Michel nous montre la voie de la transfiguration, mourir à cet état de vieil homme et renaître à l'homme nouveau. Il ne faut pas se déconnecter du monde, mais s’occuper de son corps afin d’y introduire l’esprit.

 

 

saint_Michel_10Mais le dragon peut aussi représenter les énergies telluriques, maitrisées par l’archange, les forces vitales de la Terre-Mère dont l’être est animé. Le point de jonction avec les énergies cosmiques n’est pas loin. Les sanctuaires dédiés à Michel sont toujours situés en hauteur, se rapprochant du ciel, sur des points énergétiques très puissants.
Deuxième étape : l’action, la guerre sainte intérieure contre les énergies de la matière et leur maitrise afin de pouvoir accéder à la dimension spirituelle. Enlever le mal qui est en nous, généré par notre dualité.

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_11Il porte l’étendard céleste (représentant l'élévation de la conscience), comme Jeanne d’Arc le fut à son tour du Bauséant. Les deux personnages sont intimement liés. Jeanne (fêtée le deuxième dimanche de mai : non pas une date fixe, mais fonction de la mécanique cosmique) peut paraître comme son double féminin, tous deux gardiens de la France, adolescents, portant armure et épée. Jeanne entendit les voix de Michel, de Marguerite et de Catherine.
On dit de Marguerite, sainte sauroctone, qu'elle fut avalée par un dragon et qu'elle en transperça le ventre pour en sortir. Elle est représentée les pieds sur la bête.
Catherine… dont le tombeau est vénéré dans un monastère du Sinaï, situé au pied du mont Moïse ou le prophète recueillit les Tables de la Loi, Ce monastère fut construit par l'empereur Justinien au VI ème siècle, sur l'emplacement supposé du Buisson ardent. Il fut d'abord dédié à la Vierge.

 

 

 

saint_Michel_13Donc. Traçons une ligne entre le monastère Sainte-Catherine et le premier sanctuaire occidental dédié à Michel, au Mont Gargan dans les Pouilles. Vous y êtes ? On continue la ligne droite. On arrive à… la Sacra di San Michele dans la vallée de Suse, le deuxième sanctuaire le plus important d’Italie. On continue… Saint-Michel de Maurienne. Puis on tombe sur le mont Saint-Michel au Péril de la Mer en Normandie. On traverse la Manche pour se trouver à l’emplacement exact de Saint Michael Mount, à la pointe de la Cornouailles, pour finalement aboutir sur le rocher Skellig Michael au large de la côte du Comté de Kerry en Irlande du Sud. Incroyable. Mais vrai. Et ne me dites pas que c’est une coïncidence, je ne vous croirai pas.

 

 

 

 

saint_Michel_14Concússum est mare et contrémuit terra, ubi Archángelus Míchaël descéndit de cælo.
La mer fut ébranlée, la terre trembla, quand l’Archange Michel descendit du ciel.

Nous avons vu que Michel peut être réuni avec Jeanne, mais une autre vierge lui est le plus souvent associée : la Virgo Pariturae, celle qui doit enfanter, la vierge noire de dessous terre, celle que l'on visite à l'intérieur, qui peut aider à rectifier et à trouver sa propre pierre par sa médecine vraie. C'est la Papesse (qui porte dans le Tarot le nombre 2, le principe divin féminin) symbolise la voie passive, l'activité mentale plutôt que physique.

 

 

 

saint_Michel_15Quelque soit le sanctuaire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est l’équilibre parfait du haut et du bas. Fourvière… la basilique dédiée à Marie. Qui se trouve tout en haut de l’église ? Michel. Le Mont Saint-Michel : qui se trouve dans sa plus profonde crypte ? La vierge noire. Compostelle… Nous partons de la cathédrale Notre-Dame, et sa célèbre vierge noire. Nous arrivons en bord de mer, où nous ramassons une coquille. N’oublions pas le retour. Ce n’est qu’après avoir monté les escaliers du Mont Saint-Michel d’Aiguilhe que le pèlerinage sera complet…. Mais c’est une autre histoire.

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28 septembre 2010

Le musée archéologique de Dijon, présentation

Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_1Le musée archéologique, qui fait partie désormais des « Musée de France », fut en premier lieu dépositaire des sculptures gallo-romaines en remploi dans les murailles du castrum de Divio, l’ancien Dijon. Puis il a accueilli les découvertes des fouilles effectuées par la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or aux sources de la Seine, à Alise-Sainte-Reine et à Vertault.







Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_3Le musée présente un vaste panorama de la présence de l'homme en Bourgogne est présenté de la Préhistoire au Moyen Age avec les sites incontournables de la région : Dijon, Alesia, Les Bolards, les Sources de la Seine, Vertault, Mâlain, ...










Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_5Les collections du Musée archéologique sont présentées dans l'aile principale de l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Bénigne.












Dijon_Saint_B_nigne_Sous_Sol_6Au sous-sol, dans l'ancienne salle capitulaire et le scriptorium du début du XIème siècle, sont présentés des sculptures gauloises, puis gallo-romaines, puis les ex-voto du sanctuaire gallo-romain des Sources de la Seine. Puis de nombreuses stèles et bas-reliefs de l’époque gallo-romaine.









Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_4Au niveau 1, dans le dortoir des moines de la fin du XIIème siècle, les voûtes gothiques accueillent les sculptures d'époques romane et gothique. Elles vous sont présentées dans le reportage sur Saint-Bénigne, et celui de Notre-Dame.

Dijon_mus_e_arch_ologique_49Le niveau 2, dans des salles plus récentes, présente le trésor de Blanot, prestigieux dépôt de l'Age du Bronze final, le bracelet en or de La Rochepot, et des objets provenant de la recherche archéologique récente.

Pour voir la carte, cliquer ici.









Horaires d'ouverture:

Du 1er octobre au 14 mai :
Ouvert tous les jours sauf le lundi et le mardi, de 9h à 12h30 et de 13h35 à 18h.
Ouvert, pour les scolaires, le lundi, sur rendez-vous.
Du 15 mai au 30 septembre :
Ouvert tous les jours de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00 sauf le mardi.

Fermé: le 1er janvier, les 1er et 8 mai, le 14 juillet, les 1er et 11 novembre et le 25 décembre.

http://www.musees-bourgogne.org/les_musees/musee_bourgogne_resultat.php?id=21&id_ville=11
http://www.dijon.fr/
http://www.tourisme-langres.com/fic_bdd/fichiers_fr/Source_Seine.pdf

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Le musée archéologique de Dijon, le sous-sol


La source de la Seine

Dijon_mus_e_arch_ologique_source_Seine_2aAu fond d’un étroit vallon qui sépare les territoires de Saint-Germain-Source-Seine et Poncey-sur-l’Ignon, les eaux de plusieurs sources jaillissent. La principale fut divinisée sous le nom de Déesse Séquana. Près de la source sacrée fut construit un temple de type gaulois à la fin du I er siècle après Jésus Christ.








Dijon_mus_e_arch_ologique_50aEn utilisant une grille de lecture astronomique, Bernard Jacomin dans son livre "Les Sources de la Seine - Traces fossiles et repérages astronomiques au pays des Lingons " nous révèle l'importance du repérage des constellations dans l'orientation du sanctuaire et des traces voisines. Quant au fameux Trésor de la Seine, il prend un nouveau sens, si on l'étudie en relation avec les repérages spatiaux utilisés par les druides qui procédaient au réglage du calendrier luni-solaire au début de l'année celtique.












Dijon_mus_e_arch_ologique_source_Seine_1Puis le sanctuaire se développa aux II ème et III ème siècles.
Ces lieux voyaient accourir des foules de pèlerins qui venaient solliciter la guérison de leurs maux. Ils puisaient l’eau sacrée et s’en aspergeaient. En reconnaissance de leur guérison, ils laissèrent sur place des centaines d’ex-voto en bois, en pierre ou en bronze.
Le christianisme a repris à son compte la divinisation des sources de la Seine : une église du nom de Sainte Marie de Sestre fut construite au VI ème siècle à environ 10 km des sources. L’Abbaye s’étendait jusqu’aux sources de la Seine. Les habitants de Saint-Seine se rendaient en procession aux sources, surtout en période de sécheresse. Les fidèles munis de petits vases puisaient l’eau de la source et aspergeaient le prêtre ; il était dit que plus l’aspersion serait abondante, plus les vœux seraient exaucés.








La légende de la source

Dijon_mus_e_arch_ologique_source_Seine_8aLa Seine, fille de Bacchus et nymphe de Cérès, avait suivi dans les Gaules la déesse des blés, lorsqu'elle cherchait sa fille Proserpine par toute la terre.
Quand Cérès eut mis fin à ses courses, la Seine la pria de lui donner en récompenses de ses services ces prairies que vous voyez là-bas. La déesse y consentit et accorda de plus à la fille de Bacchus de faire croître les blés partout où elle porterait ses pas.














Dijon_mus_e_arch_ologique_source_Seine_9aElle laissa donc la Seine sur ces rivages et lui donna pour compagne et pour suivante la nymphe Héva qui devait veiller près d'elle de peur qu'elle ne fût enlevée par quelque dieu de la mer comme sa fille Proserpine l'avait été par celui des enfers.
Un jour que la Seine s'amusait à courir sur ces sables en cherchant des coquilles et qu'elle fuyait en jetant de grands cris devant les flots de la mer qui quelquefois lui mouillaient la plante des pieds et quelquefois l'atteignaient jusqu'aux genoux. Héva, sa compagne aperçut sous les ondes, les cheveux blancs, le visage empourpré et la robe bleue de Neptune.











Dijon_mus_e_arch_ologique_51Ce dieu venait des Orcades après un grand tremblement de terre et il parcourait les rivages de l'océan, examinant avec son trident si leurs fondements n'avaient pas été ébranlés. A sa vue, Héva jeta un grand cri et avertit la Seine, qui s'enfuit aussitôt vers les prairies. Mais le dieu des mers avait aperçu la nymphe de Cérès et, touché de sa bonne grâce et de sa légèreté, il poussa vers le rivage ses chevaux marins après elle. Déjà, il était près de l'atteindre, lorsqu'elle invoqua Bacchus, son père et Cérès sa maîtresse. L'un et l'autre l'exaucèrent : dans le temps que Neptune tendait les bras pour la saisir, tout le corps de la Seine se fondit en eau ; son voile et ses vêtements verts, que les vents poussaient devant elle, devinrent des flots couleur d'émeraude ; elle fut changée en un fleuve de cette couleur qui se plaît encore à parcourir les lieux qu'elle a aimés étant nymphe.

Dijon_mus_e_arch_ologique_27Les sources, appelées les Fontes Sequanae ("les sources de Sequana") sont situées dans une vallée sur le plateau de Langres, au Nord-ouest de Dijon, à Source-Seine. Les premières traces remontent au deuxième et premier siècle avant Jésus-Christ, quand l’endroit devint un lieu saint de guérison. Le sanctuaire fut plus tard repris par les romains, qui construisirent deux temples, une enceinte avec des colonnes et d'autres structures centrées sur la piscine et la source. 












Dijon_mus_e_arch_ologique_28Près de 1500 sculptures du sanctuaire des sources de la Seine sont conservées au musée. Ce sanctuaire  est représentatif des cultes guérisseurs. Les pèlerins, après les ablutions et un passage au temple, offraient à Sequana l'image de leur mal. En pierre, en bois ou en bronze, ces ex-voto racontent l'histoire d'un peuple venu adorer l'eau qui jaillit, divine, guérisseuse et efficace.











Dijon_mus_e_arch_ologique_29La découverte dans le sanctuaire d'un fanum  de tradition celtique atteste de façon irréfutable la présence importante de courants celtiques dans la région à la période gallo-romaine. Les différentes campagnes de fouille ont permis de retrouver la source sacrée canalisée et deux bassins destinés aux ablutions des pèlerins qui se rendaient au sanctuaire pour y déposer leurs ex-voto.














Dijon_mus_e_arch_ologique_30Sequana est d'origine celtique. Dans la mythologie celtique gauloise, elle était la déesse de la Seine, particulièrement des sources de la rivière, et de la tribu gauloise des Séquanes. Fait extrêmement rare, le nom passa au masculin au VI ème siècle. Un Sequanus fonda un sanctuaire chrétien à 10 km du temple païen, aujourd'hui Saint-Seine l'Abbaye. Sequana est connue uniquement à cette source, dont les eaux n'ont aucune propriété minérale particulière. Cette déesse est remarquable : elle n'a jamais été inféodée à un époux sacré, comme le fut Damona à Borvo. Elle était représentée le plus souvent sous les traits d'une jeune fille debout sur une barque. Des statuettes votives à cette effigie furent retrouvées le long de la Seine.







Dijon_mus_e_arch_ologique_31Un grand vase contenait 120 plaquettes d'ex-voto en bronze et des monnaies. Les plus anciennes, contemporaines de l'empereur Auguste, datent de 27 avant notre ère.  Le vase lui même a été gravé sur son col d'une dédicace à la Déesse Sequana.
Dijon_mus_e_arch_ologique_31a








Dijon_mus_e_arch_ologique_32Plus de 300 sculptures en bois, datées du 1er siècle, ont été retrouvées dans la zone marécageuse du sanctuaire, ce qui a préservé leur structure. Elles sont toutes taillées dans du bois de chêne. Elles sont conservées dans une salle à atmosphère confinée qui permet de stabiliser la dégradation du bois.
Dijon_mus_e_arch_ologique_32a














Dijon_mus_e_arch_ologique_33Déesse fluviale découverte dans le lit du ruisseau de la Sirène, à Gissey-sur-Ouche. Elle rappelle par sa posture Sequana. Assise sur un haut siège, elle porte une longue tunique plissée retenue sur l'épaule droite par trois agrafes rondes. Un manteau passé sur l'épaule gauche s'évase dans le dos.
























Présentation des stèles funéraires

Dijon_mus_e_arch_ologique_34Piliers à plusieurs divinités, provenant de Marilly : sculpture votive où l’on peut reconnaître Jupiter, Neptune accompagné d’un dauphin, Vulcain-Sucellus et Mars-Esus appuyé sur un bouclier.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_36Trouvé à Til-Châtel, cette stèle funéraire présente un personnage posant la main gauche sur une ascia.

















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Le musée archéologique de Dijon, le niveau 1

Dijon_Saint_B_nigne_Clo_tre_1Le tympan du cloître de Saint-Bénigne, du troisième quart du XII ème siècle, représente le Christ en majesté bénissant de la main droite et présentant un livre de la main gauche.











Dijon_Saint_B_nigne_Refectoire_1Tympan supposé de l’entrée du réfectoire de l’abbaye de Saint-Bénigne, du troisième quart du XII ème siècle, représentant le Cène.











Dijon_Notre_Dame_36Des sommiers d’arcatures du XIII ème siècle provenant de Notre-Dame,
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Dijon_Notre_Dame_40ainsi que la tête de Moïse, celle d’un prophète.
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Dijon_Saint_B_nigne_19Une statuette de la fin du XV ème siècle représente saint Bénigne portant les instruments de son martyre. Le tympan d’origine de la cathédrale, martelé à la Révolution, représentait la passion de saint Bénigne. Il nous reste sa tête.
Dijon_Saint_B_nigne_21















Dijon_mus_e_arch_ologique_39Bas-relief à l’aigle, XI ème et XII ème siècle
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Dijon_mus_e_arch_ologique_41Chapiteau représentant Daniel dans la fosse aux lions, vers 1130. Moutiers-Saint-Jean. Daniel est représenté dans une mandorle, entouré de 5 lions, un sixième occupant la face latérale droite.
























Dijon_mus_e_arch_ologique_44Chapiteaux représentant un lion et un orant, début du XII ème siècle, Saint-Seine-l’Abbaye église Saint-Gilles. Ces chapiteaux sont issus d’un atelier local.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_48Ecoinçon orné d’une femme, deux serpents enroulés autour de son cou vont prendre son sein, Saint-Seine-l’Abbaye, vers 1130-1140. Un autre représentant un lion.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_45Borne délimitant les territoires des abbayes de Saint-Seine et de Flavigny. Un personnage est gravé sur chacune des faces : saint Pierre tenant les clés indique la direction de Flavigny dont il est le patron, alors que saint Seine illuste la légende selon laquelle il acquit le territoire de son monastère en parcourant son pourtour en une journée, monté sur un âne.
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Le musée archéologique de Dijon, le niveau 2


Dieux originaux et animaux protégés

Dijon_mus_e_arch_ologique_2Le savoir faire des romains a permis aux gaulois romanisés de figurer leurs divinités aux attributs très diversifiés. Rares sont les inscriptions qui permettent de donner un nom à ces dieux pourvoyeurs de bienfaits. Sur ce masque de bronze est inscrit « Au dieu Videtillus Gellbellus qui s’est acquitté de son vœu à juste titre.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_12Certaines divinités sont clairement identifiées, soit issues fidèlement du panthéon classique apporté par le conquérant romain, comme la Minerve de Selongey (villa gallo-romaine des Tuillières), casquée et portant une longue tunique et un manteau ceinturé, un gorgoneion (médaillon abritant la tête de Méduse) ornant sa poitrine,















Dijon_mus_e_arch_ologique_6soit de tradition celtique avérée comme Epona ou Cernunnos. Toutefois, les cas sont nombreux de figurations qui attestent d'un mariage heureux entre ces deux héritages.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_9Provenant du site antique de Mâlain d’origine gauloise, connu comme une véritable agglomération d'une centaine d'hectares, pourvue de bâtiments publics variés (théâtre, nécropole, sanctuaires péri-urbain, thermes ...) et parcourues par des rues nombreuses dessinant même un plan assez régulier dans la partie centrale, un dieu au maillet et au tonneau évoque Sucellus, celui des tonneliers et du monde rural.





















Dijon_mus_e_arch_ologique_7Le dieu de Moux, tenant une serpette de vigneron et portant sur les épaules deux oiseaux attentifs.

















Dijon_mus_e_arch_ologique_5Dijon_mus_e_arch_ologique_8Les fouilles du temple/fanum de Beire-le-Châtel ont livré nombre de sculptures, comme ce personnage tenant une flûte, ou bien  des têtes de divinités inconnues.
















Dijon_mus_e_arch_ologique_13De Mâlain provient également un groupe en bronze de figurines. Le socle qui les porte présente une inscription au dieu Apollon, associé à une divinité locale, Thirona ou Sirona, et une divinité des sources et fontaines. 
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Dijon_mus_e_arch_ologique_11Des sources de l’Armançon, à Essey, une déesse mère sur un char à timon, tiré par deux chevaux.

























Dijon_mus_e_arch_ologique_1Les couples de divinités ne sont pas rares : déesses-mères, déesses de l'abondance, associées à des dieux masculins de la force et de la prospérité. Mercure et Rosmerta,  ou bien Junon et Genuis.
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Dijon_mus_e_arch_ologique_20Jupiter, Diane, Minerve et Isis.








Dijon_mus_e_arch_ologique_15Mithra est aussi représenté, portant le pileus et son bonnet phrygien, ainsi que les attributs de son initiation.

















Dijon_mus_e_arch_ologique_17Ce lion à l’urne, provenant de Nuits-Saint-georges, représente le grade initiatique du mithriacisme. Il tient un vase dont s’écoule un liquide (le sang du taureau ?). Il est accompagné le plus souvent d’un serpent et d’un chien.















Dijon_mus_e_arch_ologique_21Restitution du carnyx en bronze de Mandeure, grand sanctuaire celtique. Un carnyx était la trompette de guerre des Celtes, servant à effrayer leurs adversaires.










Dijon_mus_e_arch_ologique_25Replique du chaudron de Gundestrup, chaudron celtique datant du Ier siècle avant notre ère.  Il fut retrouvé dans une tourbière au Danemark.










Dijon_mus_e_arch_ologique_22Il est constitué de l'assemblage de 13 plaques d'argent, (12 richement décorées par martelage et une circulaire constituant le socle et le fond), et mesure 42 cm. de haut pour un diamètre de 69 cm.













Dijon_mus_e_arch_ologique_24Ce chaudron est parcouru de nombreux motifs illustrant la mythologie celte, telles qu'une représentation de Cernunnos, une autre de Taranis, de Teutatès, une encore d'un dieu ou d'un géant plongeant des guerriers morts dans un chaudron afin de les ressusciter.









Dijon_mus_e_arch_ologique_26Dans la mythologie celtique, le chaudron « magique » peut, suivant les légendes, donner de la nourriture pour un millier d'hommes, tel le chaudron d'abondance du Dagda, ou bien donner le savoir universel à celui qui goûte de son contenu ou encore ressusciter les morts.













Dijon_mus_e_arch_ologique_23Ces vertus sont d'ailleurs à rapprocher de celles des sources bienfaitrices. Le Saint Graal du roi Arthur n'est autre qu'une représentation christianisée du chaudron d'abondance ou du chaudron de la connaissance.











Dijon_mus_e_arch_ologique_19Le bracelet de La Rochepot  a été découvert au lieu dit Bois de la Manche en 1970 par un engin mécanique. Il porte de ce fait des traces d'éraflures dues à son déplacement brutal lors des travaux. Il est ainsi impossible de préciser si ce bijou exceptionnel provient d'une sépulture ou bien d'un dépôt. Le bracelet est en or et pèse 1,286 kg. Sa fabrication résulte de l'assemblage de huit pièces : 3 joncs massifs forment le corps du bracelet, 2 tiges torsadées le décorent à l'extérieur et deux manchons bloquent les différents éléments aux extrémités. Malgré l'absence de contexte archéologique et de comparaisons, on date ce bracelet en or de l'époque de l'Age du Bronze Final (1300 - 800 av. J.-C.).

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26 septembre 2010

Liste des types de lieux visités

Pour faciliter le repérage des lieux, sur les cartes Google Map et Google Earth, nous les avons regroupés en types distincts, et nous avons joué du pinceau pour créer les pictogrammes correspondants.

Lien vers la carte des Lieux-Sacrés sur Google Maps.

LS___Data_liste_type_lieux

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24 septembre 2010

Le prieuré de Saint-Thibault, historique


 

Saint_Thibault_en_Auxois_8La tradition rapporte que  des religieux de l’abbaye de Saint-Rigaud-en-Mâconnais fondirent, au début du XI ème siècle, un établissement dédié à Notre Dame dans le village appelé Fontaines. Grâce à une donation en 1190 du seigneur de la contrée, Guy de Thil, sire de Saint-Beury, ils purent développer ce petit prieuré et bâtirent une nouvelle église.  Le prieuré reçut, aux environs de 1240, des reliques de saint Thibault de Provins. Des miracles rendirent le lieu célèbre, et le village prit le nom du saint en 1249.

 




Saint_Thibault_en_Auxois_6Les legs se succédèrent  : en 1257, Elisabeth de Charny, dame de Thil, Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre, en 1298, le duc de Bourgogne Robert II, puis en 1323, la duchesse Agnès de France, fille de saint Louis et femme du duc Robert. Saint-Thibault devint l’un des plus célèbres pèlerinages de France,  favorisé par le duc de Bourgogne, qui lance une nouvelle campagne de construction. L’édifice fut terminé vers 1320, puis l’on entreprit la reconstruction des bâtiments du monastère.

 


Saint_Thibault_en_Auxois_40Vers 1340, l’abbaye mère, d'obédience érémitique, criblée de dettes, ne peut plus en assurer l’entretien. En 1359, les Anglais brûlent le village et son église paroissiale. Saint-Thibault devint alors la seule église du culte, et le prieur devint simple curé. Au milieu du XVI ème siècle, le prieuré passa sous le régime de la commande : la décadence n’est plus loin.

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Saint_Thibault_en_Auxois_21Des réparations furent quand même faites en 1682. Puis un orage détruisit la charpente et les vitraux du chœur en 1701. En 1712, le clocher s’effondra, entrainant de graves dommages au reste du bâtiment.

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Saint_Thibault_en_Auxois_25aGrâce à une loterie organisée par les habitants du village, qui rapporta 10 000 livres en 1723, la restauration fut entreprise. Puis en 1728, un incendie ravagea le prieuré et déduisit la charpente en cendres.

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Saint_Thibault_en_Auxois_26Un devis des travaux fut présenté en 1748 à l'intendant de Bourgogne qui l'accepta en 1749 :  le chœur fut consolidé et charpenté, les anciennes fondations des murs de la nef sont reprises, le clocher est remonté et terminé par une flèche de petites planches de bois.

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Saint_Thibault_en_Auxois_23La nouvelle église fut consacrée en 1753. De nouveau en mauvais état, le prieuré fut remarqué par Prosper Mérimée. Il fit l'objet d'une restauration en 1844 par Eugène Viollet-le-Duc.

Voir la carte ici.

 

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http://www.cestenfrance.net/art/Saint_Thibault_%28C%C3%B4te_d%27Or%29

http://www.theobaldus.org/content/notes-et-reflexions-sur-la-vie-de-saint-thibaud

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_de_Saint-Thibault

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Le prieuré de Saint-Thibault, l'extérieur

 

Saint_Thibault_en_Auxois_9Le portail nord fut construit vers 1260. Autrefois abrité sous un porche dont on voit les colonnettes qui supportaient les arcs de chaque côté, il possède un tympan ouvragé consacré au couronnement de la Vierge.  Des vierges sages et folles séparées par un ange sur les voussures. 
 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_10Le linteau présente la Dormition et l’Assomption.



 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_11Sous le linteau, le trumeau présente saint Thibault, revêtu des habits de prêtre.



 


 


 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_20Les deux panneaux de l’ébrasement formant les pieds droits du portail ont à leur soubassement deux arcatures tréflées, dont les angles inférieurs laissent apparaître de petites têtes coiffées parfois à la mode du XIII ème siècle.  



 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_18aLes statues du portail ont été interprétées comme étant la représentation de donateurs comme le duc Robert et son fils Hugues V, sa femme Agnès et l’évêque d’Autun Hugues d’Arcy.
 

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Saint_Thibault_en_Auxois_17aMais il semblerait que ce soient des personnages de l’ancien testament habillés à la mode du règne de saint Louis : Aaron, David, Salomon et la reine de Saba.

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Saint_Thibault_en_Auxois_12La chapelle Saint-Gilles, du XIII ème siècle, offre un chevet à pans coupés épaulés par de hauts contreforts. Les pinacles et les gargouilles sont des ajouts de la restauration du XIX ème siècle. Chaque travée est éclairée par une baie élancée à deux lancettes tréflées ajourées d’un ou de trois oculus trifoliés.
 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_14La chapelle jouxte le chœur de la fin du XIII ème et du début du XIV ème siècle, dont il ne subsiste que le chevet à 5 pans et la travée de droite. Chaque travée est composée d’un soubassement puis d’un mur et en retrait sur ce dernier une vaste baie à 4 lancettes surmontée d’un oculus et d’une rose à 6 redents. Des contreforts minces montent jusqu’à la naissance du toit, où quelques gargouilles d’époque pointent leur museau.

 



 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_24A droite de la façade ouest, une croix très abimée de 1396 s’élevait jadis sur le cimetière.

 



 


 


 


 


 


 

 

Tiré du livre "Saint-Thibault-en-Auxois" d'Albert Colcombet.
 

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Le prieuré de Saint-Thibault, l'intérieur


 

Saint_Thibault_en_Auxois_5La nef date du XVIII ème siècle. Les boiseries  proviennent de Semur-En-Auxois.

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Saint_Thibault_en_Auxois_27Dans le chœur à  quatre élévations décorées de fines colonnettes, une ancienne piscine coiffée de deux arcs trilobés retombant sur une clé intermédiaire. Elle comporte deux cuvettes sculptées.

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Saint_Thibault_en_Auxois_31Au centre, un retable du XIV ème siècle consacré à saint Thibault.
 


 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_33Thibault, fils du Comte Arnoul de Champagne et de Gisèle de Vermandois (de la lignée de Charlemagne), naquit en 1017 à Provins.
 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_35Destiné au métier des armes, il préféra à 18 ans renoncer au titre de chevalier et se retira en ermite dans la forêt ardennaise, puis au Luxembourg où il fabriqua du charbon de bois. Il prit finalement la route des pèlerinages, qui le mena à Compostelle puis à Rome. Il passa la fin de sa vie dans l'Ordre des Camaldules à Salanique en Italie (près de Venise), où il mourut en odeur de sainteté en 1066.
 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_32Son corps fut ramené en France, placé dans l’église de Sens puis transféré près d’Auxerre, à Saint-Thibault-aux-Bois. « A la Saint Thibault, sème tes raves et arrache tes aulx. »…

 



 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_36Un enfeu du chœur abrite le tombeau d’un personnage considéré traditionnellement comme étant celui d’un fondateur du prieuré, un seigneur de Saint-Beury, peut-être Guy de Thil qui fit une donation en 1190.  Dans l’enfeu, une peinture présente deux scènes des funérailles. Elle pourrait être datée du XIV ème siècle.


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_37Le gisant, du XIII ème siècle, reposant sur un sarcophage,  est représenté mains jointes, vêtu d’une cote d’armes sous laquelle on voit apparaître son armure. Une longue épée est prise sous son bras gauche, sa tête repose sur un coussin et ses pieds sur un lion.
 


 


 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_38De chaque côté de sa tête, un ange tenant un encensoir (très restaurés), aux pieds deux moines lisant.


 



 

Saint_Thibault_en_Auxois_7aLa chapelle Saint-Gilles abrite une grande chasse de saint Thibaut du XIV ème siècle, qui a notamment connu les dévotions de la reine Jeanne, épouse de Jean le Bon, et de la duchesse de Bourgogne Marguerite. Les pèlerins, après avoir bu à la fontaine miraculeuse non loin de l’église, passaient dessous afin d’obtenir la guérison. En passant, ils enlevaient des particules de bois, considérées comme des talismans. C’est pourquoi les montants paraissent effrités.

 



 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_34aDans le chœur, un objet devenu rare dans les églises : une  crosse à la colombe eucharistique. En l’absence de tabernacle, elle servait à conserver les saints sacrements dans un petit ciboire qu’on suspendait à l’aide d’un filin à une grande crosse placée au dessus de l’autel. Celle-ci date du XVI ème siècle.

 



 


 


 


 


 


 

Plusieurs très belles sculptures ornent les murs de l’église :  

Saint_Thibault_en_Auxois_42La vierge à l’oiseau, datant de 1330,


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_29saint Thibault assis de la fin du XIV ème siècle, et un évêque du XV ème,
 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_30une vierge à l’enfant du XV ème également.

 

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20 septembre 2010

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, historique

Chalon_sur_Sa_ne_7Le site fut occupé dès l’âge du Bronze (trace d’un habitat sur pilotis), puis au VII ème siècle avant notre ère, la tribu gauloise des Eduens s’y installa. Les romains se servirent de la situation idéale de l’endroit, au carrefour d’une voie navigable et de routes, pour y fonder Cabilonnum. Jules César choisit la ville pour y implanter un important poste d’approvisionnement pour ses légions. Saint Marcel, fuyant les persécutions de Lyon avec saint Valérien, remonta la Saône jusqu’à Chalon. Il y fut martyrisé en 177. Sa tombe devint un endroit de pèlerinage important, la ville fut dotée d’une première enceinte.




Chalon_sur_Sa_ne_1aC’est aussi en ce lieu, suivant certains historiens, que l’empereur Constantin en octobre 312 eut la vision d’un signe céleste, juste avant une bataille décisive. La trace des camps de Constantin a d’ailleurs été retrouvée à Lux, à l’entrée de la ville. Ce signe flamboyant dans les nues représentait, d’après les chrétiens, le monogramme du Christ, accompagné des mots « in hoc signo vinces ».











Chalon_sur_Sa_ne_2aUne explication que propose le planétarium de Munich : à cette époque, dans le ciel, les planètes Mars, Saturne, Jupiter et Vénus formaient une conjonction extrêmement rare : elles étaient parfaitement alignées. Les constellations du Capricorne et de l’Aigle dessinaient un P en arrière-plan, soit la lettre R dans l’alphabet grec… Ce qui est certain, c’est que Constantin se convertit sur son lit de mort en 337, et qu’à l’époque de sa visite à Chalon, il vénérait un autre dieu : Apollon, ou Mercure.










Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_7Hors, les fondations de la cathédrale de Chalon reposent sur un ancien temple païen. Il fut retrouvé une statue votive de Mercure dans le sanctuaire de la cathédrale en 1776,  et un autel dédié au dieu Mars en 1850. Quoi qu’il en soit, le christianisme s’implanta durablement et au V ème siècle, des évêques furent placés à la tête de la cité : Chalon devint ville épiscopale en 449. En 542, l’ancienne église placée sous le patronage de saint Étienne fut placée sous le patronage de saint Vincent.












Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_14Un mérovingien, petit-fils de Clovis, choisit Chalon comme capitale de son royaume : Gontran, Roi de Burgondie, établit en 561 son palais face au “domaine” épiscopal. En 580, l’évêque saint Agricole fit agrandir la première église sur l’ancien rempart gallo-romain, qui, après avoir été détruite par les sarrasins, fut reconstruite par Charlemagne qui y convoqua un grand concile en 813, qui imposa à tous les moines la règle de saint Benoît, après celui de 647, où paraissent saint Ouen, saint Médard et saint Éloi, qui imposa à la Gaule les conclusions du concile de Nicée. A la fin du IX ème siècle, un chapitre d'une vingtaine de chanoines assistait l'évêque.



Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_8Entre 1090 et 1150, une cathédrale romane fut construite en trois étapes, dans le style roman, avec une forte influence provenant de l’abbaye de Cluny. Il en subsiste les chapelles à absidioles nord et sud, le rez-de-chaussée du chœur, les croisillons du transept, les piliers et les arcades de la grande nef, et les deux bas-côtés.








Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_4Puis des éléments gothiques furent rajoutés entre le XIII ème et le XVI ème siècle : l'abside et le chœur, la croisée du transept, de la chapelle du chevet et la salle capitulaire en 1230. Après 1310, les murs  les voûtes de la nef.










Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_34En 1562, pendant les guerres de religion, les huguenots endommagèrent et pillèrent l’église. Entre 1624 et 1789, les évêques supprimèrent le jubé et les aménagements gothiques, le grand portail fut installé. De nouveau, la cathédrale souffrit d’importants dommages pendant la révolution française : le diocèse et le chapitre furent supprimés, le chœur démoli et ses pierres vendues.




Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_23Les clochers furent démolis, le cloître morcelé et vendu, le culte de la déesse de la raison prit place dans la cathédrale, qui servit peu après d'entrepôt à fourrage et d'atelier. La restauration des dégâts, en particulier ceux subis par la façade et le toit, ainsi que les nombreuses réparations que nécessitait l’intérieur, furent effectuées au cours du XIX ème siècle. En 1853, l’église fut attachée au diocèse d’Autun et devint une cathédrale.






Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_13Les habitants ont gardé quand même un goût très sur, eux qui pensent aux pauvres pèlerins sur la route des énergies positives.

Voir la carte ici.
Chalon_sur_Sa_ne_5

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