24 octobre 2016

La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom

 

Sainte-Marie du Menez Hom 3Nous venons de voir que le roi Marc’h avait fait construire une chapelle aux pieds de la montagne sacrée du Menez Hom en l’honneur de sainte Marie. C’est la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, nommée Ty ar Werc’hès, la Maison de la Vierge en breton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 14Elle fut construite en 1570 sur les ruines d’une construction romane, elle-même bâtie, selon la tradition, sur les restes d’un temple dédié à la déesse Brigitt, situé à l’intersection des anciennes routes commerciales de la région.

 

Sainte-Marie du Menez Hom 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 2On pénètre dans l’enclos paroissial ou placitre par une triple porte monumentale édifiée en 1739. La porte centrale est surmontée d’un fronton où sont creusées de chaque côté des niches contenant une statue de la Vierge et une de saint Hervé. Elle est fermée par une grille ouverte uniquement lors du passage des cortèges funéraires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 27Les fidèles au quotidien doivent utiliser les portes latérales, dont le passage est barré par une pierre qu’il faut enjamber (fait pour empêcher les animaux d’entrer dans l’enclos).

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 26Il semblerait que l’une des pierres de seuil en schiste ardoisier soit un remploi d’une ancienne pierre à cupules.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 13A l‘intérieur de l’enclos, le calvaire à trois croix date de 1544 et fut réalisé dans l’atelier de l’Elorn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 19Sur le socle Marie-Madeleine agenouillée, que l’on retrouve au premier niveau aux côtés d’une Piétà, accompagnée de saint Jean, saint Pierre et saint Yves. Au-dessus, deux cavaliers aux pieds du Christ crucifié. Les deux autres croix présentent les deux larrons. 

 Sainte-Marie du Menez Hom 20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 8La chapelle, en croix-latine à chœur à chevet droit peu saillant, fut construite grâce aux dons importants provenant des marchands venus des quatre coins de la Bretagne participer aux quatre grandes foires, dont celle consacrée aux chevaux et celle du 17 juin (proche du solstice), le jour de la saint Hervé (fils de barde, aveugle de naissance et musicien aidé d’un loup).

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 11Ils participaient aussi activement au pardon du 2eme dimanche de mai (mois de Marie, de la fécondité, du feu, de Beltaine, fête de Belenos) et plus tard du 15 août (mois de Lugnasad, fête de l’Assomption de Marie).

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 6Sainte-Marie fut agrandie entre 1591 et 1597 avec le doublement des bas-côtés.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 5La dernière extension, dans l’angle nord-ouest, est appelée la chambre des moines. Elle fut restaurée et modifiée entre 1663 et 1773, date de la fin de l’édification du clocher-porche à galeries à balustrades, surmonté d’un dôme à lanternon.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 4La foudre frappa ce clocher et endommagea la toiture en mars 1903, mais l’édifice fut aussitôt réparé, puis fut classé aux Monuments Historiques en 1916. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 12A l’intérieur de la chapelle, l’autel central et les deux autels latéraux sont surmontés de retables réalisés entre 1703 et 1710. Ils furent classés aux Monuments Historiques en 1912, avant même la chapelle. La statuaire du retable représente la Sainte Famille (Marie et l’enfant, Joseph, Anne et Joachim) et les bas-reliefs des scènes de l’Annonciation, la Visitation, la Nativité et l’Assomption.

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 25aDans la chapelle également, des pièces remarquables du XVIe siècle, les sablières. Une panne sablière est une poutre placée horizontalement à la base du versant de toiture, sur le mur de façade. On la nomme ainsi car on la posait sur un lit de sable, qui en fuyant permettait à la poutre de prendre sa place lentement.

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 9La statuaire de la chapelle est riche : un saint Laurent du XVe siècle, saint Hervé, parmi d’autres.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 22aIl existe bien sûr une fontaine sacrée proche de la chapelle. Elle se situe dans un champ, en direction de l’Aulne.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 24aA l’heure actuelle très abimée, cette fontaine-mur se composait encore en 1920 de deux pans inclinés et de deux murets reposoirs qui encadraient le bassin.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Menez Hom 28Un peu plus loin sur la route de Plomodiern se dresse la croix de Park ar Groaz Ru, en français la croix du Champ de la Croix Rouge. Les Templiers ne s’installaient pas n’importe où…

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Anatole Le Braz 4aEt pour finir, nous retrouvons notre barde Skreo ar Mor, autrement dit Anatole Le Braz, qui écrivit dans La Noël de Jean Rumengol :

 

 

 

 

 

« La Vierge était chère aux Bretons du littoral. Sur tous les caps ils dressaient son image; ils lui bâtissaient des maisons de pierre sculptée, surmontées de ces clochers élégants qu'on prendrait de loin pour de fines dentelles en granit suspendues entre terre et ciel. Ils l'invoquaient sous de multiples qualificatifs, les plus poétiques, les plus tendres. Ils la nommaient « Madame Marie la douce », « Vierge de Bonne Nouvelle », « Reine divine de la mer ». Pendant les tourmentes, ils la voyaient marcher, vêtue de lumière, sur les flots. Elle ouvrait devant les bateaux des routes d'argent clair. Le seul frôlement de sa longue robe blanche apaisait la colère des vagues; la tempête lui obéissait avec une docilité de brebis.

C'est du moins ce que croyaient fermement les Bretons d'autrefois.

Ils croyaient encore que sainte Marie du Ménez-Hom avait été proposée par Dieu à la conservation des mystérieuses cités qui dorment, enfouies sous les eaux, au large des plages armoricaines. Aux temps anciens, avant la disparition d'Is, elle fut la patronne de cette légendaire capitale de la Cornouaille. Quand la ville eut été submergée par les flots, le roi Gralon, qui s'était enfui sur son cheval gris pommelé, avec saint Guennolé en croupe, vint prendre terre au pied du Ménez-Hom. Sur les conseils du moine, il fit élever au sommet du mont une église expiatoire, de proportions modestes, mais qui reproduisait néanmoins en ses lignes essentielles la cathédrale d'Is. Il s'apprêtait même à y faire sculpter une sainte Marie en granit bleu toute pareille à celle que la mer avait engloutie avec toute la ville. Guennolé lui enjoignit d'attendre, et momentanément la niche destinée à la Vierge resta vide.

Mais, un soir, les pêcheurs de Cast, de Penn-Trez et de Plomodiern ne furent pas peu surpris de voir la silhouette rigide d'une femme, que le couchant nimbait d'or, s'avancer majestueusement sur la face de la mer. Elle marchait tout d'une pièce, comme une statue. Et c'en était une. Parvenue à la grève, elle s'engagea dans le sentier de la montagne, et, le lendemain - qui était un dimanche - la Vierge d'Is se dressait en pied dans l'église neuve du Ménez-Horn. Il paraît que dans sa main droite elle tenait une clef de fer artistement ouvrée. On en conclut que c'était la clef de la ville engloutie. Depuis, un proverbe eut cours, qui disait: " Si jamais sainte Marie descend du Ménez-Hom, ce sera pour rouvrir les portes de Ker-ls. »

Comme le gland engendre le chêne, ainsi le proverbe engendre souvent la légende. Plus tard on raconta dans le pays que la Vierge du mont quittait son piédestal tous les cent ans, durant la nuit de Noël, pour aller montrer le Mabik aux cités qui dorment sous les ondes. Bienheureux le vivant qui se trouvait, cette nuit-là, sur son chemin. La Vierge le priait de porter l'Enfant-Dieu et l'emmenait à sa suite dans les villes sous-marines ressuscitées. Il y assistait à de si merveilleux spectacles, y coudoyait une telle profusion de richesses que ses yeux en demeuraient éblouis pour l'éternité. »

 

http://www.plomodiern.fr/public/patrimoine/

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La fontaine Saint-Lahouarn de Plomodiern

 

Plomodiern 6aPlomodiern, aux pieds du Menez-Hom, est une très ancienne paroisse bretonne. Son nom provient du breton ploe, la paroisse, et de l’hagionyme Modiern ou Mordeyrn, saint né au Ve siècle à Nantglyn au pays de Galles. Il aurait été fils du roi Edeyrn d’Edeymion, petit-fils du roi Cunedda Wledig, descendant du roi David.

 

 

 

 

 

Plomodiern golden maned 1Dans un poème du XVIe siècle, il est dit qu’il se rendit sur l’ile sainte de Bardsey sur son cheval Golden-Mane qui marchait sur l’eau. Il prit alors le surnom de « roi de la mer » (tiens, ça me rappelle un peu Gradlon et Morvarc’h ou le roi Marc’h). Il revint au pays et construisit ensuite une chapelle où il fut enterré à sa mort. Ce sanctuaire devint lieu de pèlerinage, son nom étant invoqué pour obtenir la guérison des gens et des troupeaux durant une année.

 

 

 

 

 

 

Plomodiern fontaine Saint-Corentin 3aC’est aussi sur la commune de Plomodiern, à Lescobet, que la légende situe l’ermitage de saint Corentin (sant Kaourintin). Ce saint du VIe siècle aurait vécu en se nourrissant d’un filet d’un unique poisson qu’il pêchait chaque jour dans une fontaine, et qui se reconstituait miraculeusement le lendemain. Il aurait aussi, selon la tradition, nourri Gradlon et sa suite qui s’étaient perdus dans la lande avec ce même poisson. Gradlon, impressionné, fit de Corentin l’évêque de sa capitale, Quimper.

 

 

 

 

plomodiern fontaine Sant-Corentin 1On dit que ce poisson était une truite, ou un saumon. Et tout le monde sait que chez les celtes, le saumon, homologue du sanglier, est l’animal de la science sacrée, symbole de la connaissance et de la sagesse. Il relie le monde lunaire invisible au monde solaire sensible. C’est lui qui remonte à la source.

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie du Ménez-Hom Hervé 1Mais c’est un autre saint qui nous intéresse : Lahouarn, saint patron de l’église de Plomodiern, que l’on retrouve aussi au fronton de la porte monumentale du placitre de Sainte-Marie du Menez Hom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 1A l’entrée du bourg, déplacée de l’autre côté de la route, se tient une petite fontaine de dévotion qui lui est dédiée. Avec sa voûte en berceau et son toit en bâtière très pentu, elle se dresse dans un petit enclos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 4Son eau se déverse dans un bassin. Les sculptures dressées de chaque côté ont été rajoutées : saint Marc et son lion, saint Nicolas et les trois enfants.

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 2Accrochés au fronton, les restes d’un Christ en croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern 3La seule représentation de Lahouarn, au fond de la niche, est récente. La légende dit que le saint venait s’y laver les pieds.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 1Mais qui était ce Lahouarn ? C’est un saint populaire de Bretagne, né à Plouzévédé, qui porte de nombreux noms, parmi lesquels Mahouarn, Houarneau, Hoarvian, Hoarnec, Houarné, Houarniaule. Mais le plus connu reste Hervé. La légende le présente comme le fils d’Hyvarnion, un barde venu de Grande-Bretagne au début du VIe siècle à la cour du roi Childebert, et de Rivanon son épouse.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 7aSes parents firent le vœu que l’enfant à venir ne voit jamais « la fausse lumière trompeuse de ce monde, mais qu’il ait la vision des splendeurs célestes ».  Il naquit aveugle et devint musicien. D’une grande piété, doué pour les études, il renonça aux ordres majeurs, n’acceptant que la fonction d’exorciste, et se fit ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 3Il fonda un monastère près de l’endroit où il est né, qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé). Il y mourut le 17 juin 568. Auparavant, il avait été l’un des juges lors du procès du roi Conomor. Parmi les miracles qui lui sont attribués, comme l’exorcisme de plusieurs démons et le jaillissement de plusieurs sources, le plus célèbre reste sans doute celui de la maitrise du loup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 2Un jour qu’il labourait avec l’âne de son cousin Urfold, aidé d’un jeune garçon qui lui servait de guide, Guich’Haran, un loup vint et dévora l’animal. Hervé le regarda, et le loup s’attela de lui-même à la charrette, remplaçant l’âne dans tous ses travaux.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 8Une autre version raconte que c’est le chien qui guidait Hervé qui fut mangé. Le loup prit alors sa place et devint un fidèle compagnon. C’est pour ces raisons qu’Hervé est représenté tenant un loup en laisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 1aRobert-Jacques Thibaud parle du loup : « il représente les forces de la nuit, le danger que peuvent redouter ceux qui s’égarent hors du bon chemin. Associé au royaume des morts, il devint au Moyen-âge, un des serviteurs du diable dévorant ou emportant les âmes, ce qui faisait de lui un principe initiatique et psychopompe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 6aIl peut aussi devenir l’instrument de la divinité, si ce n’est la divinité elle-même (Zeus-Anubis-Apollon) telle que l’illustre la louve romaine allaitant Romulus et Remus. Il s’agit de la puissance du principe lunaire, des êtres de son domaine, redoutés parce que mal connus de notre conscience solaire ». Tenir un loup en laisse, comme le fit Hervé, je vous laisse deviner à quoi cela correspond.

 

 

 

 

Plomodiern Odin 1Chez les Celtes, Le dieu Lug était accompagné de deux loups, comme Wotan chez les Germains et Odin chez les Nordiques. Lug étymologiquement proviendrait du proto indo-européen leuk, la lumière, alors que le loup vient de lukwos, assez proche finalement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 9aChez les Grecs, lumière leukos puis lukê et loup lukos ou lykos sont très proches phonétiquement. Apollon Lycien ou Lykeios est soit le dieu de la lumière, soit un dieu-loup (la Lycie, en Turquie du sud, est le pays de Leto, sa mère, qui se fait aider par les loups). Apollon Lycien, maître des passages, révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Aristote ne s’y trompa pas, lui qui fonda son école philosophique initiatique, le Lycée, à proximité de son temple. Et que dire de Romulus et Remus ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Loup 3aChez les Bretons, le loup, bleiz, du celtique ancien bledios, donna son nom à l’instructeur de Merlin, Bleiz ou Blaise, l’un des derniers grands druides (voire avatar de Belenos, dont l’un des animaux attributs est le loup), qui vivait en forêt entouré de loups. Revenons à Odin. Ce dieu nordique est borgne : il a donné un de ses yeux pour pouvoir boire à la fontaine du savoir. Hervé est allé plus loin dans la connaissance puisqu’il a donné ses deux yeux. Il aura, en contrepartie, le don de double vue.

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 5Une autre légende rapporte qu’Hervé, en éternuant, perdit une dent qui vint se ficher dans une grosse pierre, formant une fente d’où immédiatement jaillit une grande clarté, un rayon si concentré qu’il faillit tuer un jeune garçon qui passait par là. Oups. Fiat lux, et facta est lux ?  Attention dent j’ai, il faut faire gaffe en s’approchant de la pure lumière… Le pouvoir créateur de l’esprit est infini.

 

 

 

 

 

 

 

Plomodiern Hervé 6aHervé devint naturellement le saint patron des bardes bretons. Il est invoqué bien sûr pour les maladies oculaires (conjointement avec saint Lubin…Lupin… Lupus…sacré Arsène, que Maurice Leblanc ne créa que pour éveiller, sacré Remus, le loup-garou ami d’Harry Potter, surnommé Lunard-la Lune, grand sorcier, excellent professeur de défense contre les forces du Mal), mais aussi pour la guérison des peurs, pour la protection des animaux, en particulier les chevaux, comme le montre ce cantique : « Ô Saint Hervé, saint béni du mal et de la maladie, protège-nous et nos chevaux. »

  

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21 septembre 2016

Er Lannic

 

Gavrinis Er Lannic 1Le bateau nous transportant depuis le petit port de Lamor-Baden a bien raison de passer au large de la petite ile d’Er Lannic en premier lieu. Car à mon avis, si on veut ouvrir la porte de Gavrinis…

 

 

 

 

 

Gavrinis carte 1

Gavrinis Er Lannic 2En breton, Er Lannic signifie la petite lande. Cette petite ile ronde d’à peine un hectare, en pente douce au sud/est, porte deux enceintes mégalithiques (cromlech) en partie immergées datées de 3500 ans avant notre ère (d’après les gravures en forme de hache retrouvées sur certaines pierres, typiques de l’art pariétal de cette période).

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 10A l’heure actuelle, il est interdit d’y accoster puisqu’elle est, suite à un arrêté de protection du biotope en 1982, déclarée réserve naturelle ornithologique (site de nidification pour les goélands bruns, argentés et marins).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 6Les menhirs d’Er Lannic furent classés Monuments Historiques en 1889. Les dernières fouilles en 1992 puis en 2006 font état de 119 pierres dont 65 pour l'enceinte nord et 30 pour l'enceinte sud, le reste étant composé des pierres situées à la jonction des deux cercles et de quelques unes, bien plus grosses, à l’est et à l’ouest, reposant au fond de l’eau. Certaines d’entre elles portent des gravures, traits verticaux, haches, et même des cupules alignées formant, d’après l’archéologue Zacharie Le Rouzic, la constellation de la Grande Ourse.

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic plan

Gavrinis Er Lannic 12Les pierres de l’enceinte nord, sur l’ilot, forment un hémicycle d’environ 50m de diamètre et 52 m de profondeur (forme sub-quadrangulaire évasée).

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 16Le plus haut menhir, de 4,40 m de hauteur, est situé dans l’axe médian du lever du soleil au solstice d’hiver, les autres ont une hauteur qui varie entre 1,20 et 1,80 m.

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 11Ces pierres, accolées, ont été relevées par Le Rouzic entre 1923 et 1926. La position des pierres retrouvées sous l’eau laisse le doute quand à la forme de l’enceinte, qui pourrait être ovoïde et non en fer à cheval.

 Gavrinis Er Lannic 13

 

 

 

 

 

Gavrinis_Er_Lannic_15L’enceinte sud, tangente à la première, se trouve immergée. Toutes les pierres, séparées par des espaces réguliers, ont une hauteur constante de 4 m, mises à part celles des deux extrémités, plus grandes (l’une, brisée, faisait 8,20 m de haut). L’hémicycle fait 60 m de diamètre, et l’ouverture est orientée plein est, dans l’axe du lever du soleil aux équinoxes. A la jonction des 2 enceintes, plusieurs grosses pierres semblent appartenir à un petit cercle.

 

 

 

 

Gavrinis Ciste (coffre mégalithique)Les fouilles ont permis de retrouver un nombre impressionnant d’artéfacts : des trous de poteaux de bois (des traces primitives d’habitations), des coffres mégalithiques (sépulture individuelle, de petites dimensions, se présentant sous la forme d'un caisson de dalles de pierre où se fait un dépôt votif ou funéraire),

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 17des pots et des vases, des silex et des polissoirs, percuteurs, broyeurs, des meules et os incérés, des haches polies. Tout cela est conservé au musée archéologique de Carnac. Les plus vieux éléments sont datés par les archéologues d’environ – 4 000 avant notre ère. L’enceinte nord vient se superposer à tout cela.

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Carte niveau des océans dans le tempsD’après les archéologues et les géologues, l’ile était reliée au continent lors de la construction de la première enceinte. niveau Les menhirs ont apparemment été érigés alors que le niveau de la mer était inférieur d’au moins 6 m à celui d’aujourd’hui. Er Lannic était alors une colline entourée des rivières de d’Auray et de Vannes dans laquelle se jetait celle du chenal de Saint-Léonard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 8Toujours d’après les archéologues, l’endroit fut d’abord un site d’habitation devenant industriel (fabrication d’outils en silex), puis un sanctuaire avant de finir en nécropole. A moins que ce ne soit tout cela en même temps ? Dans la vision que j’ai eue, Er Lannic était au départ un centre sacerdotal comparable à celui que l’on trouve aux Orcades.

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 4Sauf que cette fois les officiants… étaient des officiantes. Je les ai imaginées vêtues de blanc, se tenant par la main, tournant autour des pierres en chantant avant de se rendre au sanctuaire de Gavrinis…

 

 

 

 

 

 

Gavrinis Er Lannic 18

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Er_Lannic

http://archeo.douar.mor.free.fr/er-lannic.htm

http://www.lieux-insolites.fr/morbihan/er%20lannick/lannic.html

https://scathcraft.wordpress.com/2013/03/29/gavrinis/

http://locmariaquer.info/f837_Arzon,Er%20lannic,Hent%20Tennt.htm

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Gavrinis

 

Gavrinis 18Après le Maeshowe orcadien et Newgrange irlandais, voici enfin le Gavrinis breton. Depuis le temps que j’avais envie de m’y rendre, avec un sentiment d’urgence ! Et malgré les touristes (peu nombreux il faut bien l’avouer) et la guide obligatoire (fort intéressante car érudite et très gentille au demeurant), la visite fut très agréable.

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 2Comme Er Lannic, l’ile de Gavrinis, rocher granitique de 750 m de long, de 400 m de large et de 24 m de haut à son point culminant, était reliée au continent lors de la construction du cairn primitif.

 

 

 

 

 

Gavrinis carte 2La colline dominait les cercles de pierres en contrebas, de l’autre côté de la rivière de Vannes qui, au fil du temps, forma des gorges profondes dans lesquelles virent s’engouffrer les eaux des marées. C’est peut-être de là que l’ile tient son nom, du gaélique inis, l’ile (enez en vieux breton), et du vieux celtique govero, associé à l’idée de ravin, de torrent encaissé, d’où provient le français gouffre. Ce serait alors « l’ile du gouffre ».

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 3Ou bien aussi du vieux celtique gabelo, avec l’idée d’une fourche ou d’une île entre les bras de deux rivières. L’ile de Gavrinis étant bordée à l’ouest par la rivière d’Auray, et au sud par celle de Vannes, le nom de « ile située entre les bras des rivières » serait conforme à la situation géographique.

 

 

 

 

 

Gavrinis 13Mais… la première mention de l’ile connue remonte aux XIIe et XIIIe siècles, où l’on parle de Guirv Enes en 1184 et Guerg Enes en 1202. En gaélique, le sens de guerg est actif, agissant, énergique, celui de gwerg efficace, performant. Ce serait dans ce cas pour certains « l’ile travaillée, ou cultivée ». Je vois un tout autre sens, lié aux énergies naturelles du lieu activées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Historique

Gavrinis 20Les archéologues ont retrouvé une partie de la trame de l’histoire de l’ile, les documents écrits en parlant étant très rares. Ils font remonter la construction primitive d’un premier cairn vers 3500 avant notre ère (donc plus ancien que Newgrange avec 3000 et Maeshowe avec 2750).

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 22Les fouilles du parvis ont mis à jour le sol néolithique, dans lequel se trouvaient des fosses remplies de matière organique et de dreikanters en quartz (galets érodés par l’action du vent) qu’ils pensent avoir été utilisés pour graver les pierres du cairn (pour rappel, la façade de Newgrange est faite de galets de quartz blanc). Furent aussi retrouvés des trous de poteaux, indiquant qu’une structure en bois se trouvait devant l’entrée.

 

 

 

 

 

Gavrinis céramique 1Des traces de combustion de ces pieux ont été conservées par l’apport massif de terre et de pierres ayant recouvert le tout, condamnant l’entrée mais en même temps protégeant ce témoignage d’un incendie volontaire et d’une dissimulation du cairn vers – 3000. L’ile fut fréquentée plus tard par des gallo-romains, pour preuve les amphores et les céramiques sigillées retrouvées sur le tumulus.

 

 

 

 

Jacques-Molay 1Au XIIe siècle, les Templiers (la tradition parle de moines rouges, nom attribué aux Templiers en Bretagne) y installèrent un monastère. Au XVIIe siècle, l’ile fut achetée par Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Mazarin.

 Fouquet 1a

 

 

 

 

 

 

Gavrinis dessin 1En 1801, le propriétaire, le docteur Cauzique, défricha les terres, arasa les derniers vestiges du monastère afin d’y construire une ferme. Il dégagea le tumulus et découvrit la chambre du dolmen. Depuis, les campagnes de fouilles se succédèrent.

 

 

 

 

Zacharie Le Rouzic 1Zacharie Le Rouzic fit une première restauration en 1930. Le monument fut racheté par de département du Morbihan en 1961 et fut classé aux Monuments Historiques. Charles-Tanguy Le Roux, dans les années 80, restitua le monument dans un état proche de celui d'origine.

Gavrinis_6a

 

 

 

 

 

Description

 

Gavrinis plan 6aGavrinis, c’est un tumulus presque circulaire de plus de 50 m de diamètre, recouvrant un cairn quadrangulaire aux angles arrondis qui contient un dolmen à couloir à chambre simple de près de 16 m de long (tumulus : éminence artificielle composée de pierres et de terre, le cairn étant fait uniquement de pierres et le tertre de terre).

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 5aLe cairn, constitué d’un amoncellement de pierres locales (granite clair à grain fin) et de terre sableuse, mesure plus de 30 m de diamètre et atteignait 6 m de hauteur. Il fait partie des cairns à degrés, et mis à part son sommet, reste pratiquement intact.

 Gavrinis 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 19L’arrière est recouvert de terre, alors que l’avant, dégagé, laisse au jour la façade de 28 m le long constituée d’un parement en pierre sèche réalisé avec soin et dont l’inclinaison atteint 70°.

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 23Au milieu de la façade, le couloir du dolmen s’ouvre par un trilithe. Orienté vers le lever du soleil au solstice d’hiver, il est long de plus de 13 m, large de 1,30 m et haut de 1,50 m (largeur et hauteur constantes mis à part un léger étranglement au centre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis plan 4a

Il est constitué de 23 dalles de pierre posées verticalement dans une rigole de fondation, sorte de tranchée de 40 cm de profondeur creusée dans le sous-sol, soigneusement juxtaposées, 12 côté nord/est et 11 côté sud/ouest, surmonté de 9 dalles de couvertures.

 

 

 

Gavrinis 28Sa taille (le plus grand connu en Bretagne) par rapport à la chambre est remarquable, ce qui laisse à penser que sa fonction de « passage » est importante.

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 29Ce qui semble confirmé par les dalles du sol : une pierre de seuil à l’entrée, plusieurs paliers clairement indiqués et une pierre de seuil à l’entrée de la chambre (dommage, ce n’est plus la vraie : elle fut remplacée par un moulage afin de protéger les dessins et surélevée pour en montrer le décor aux touristes).

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 54aLa chambre, trapézoïdale, mesure 2,55 m de long et de  2,10 m à 2,45 de large pour une hauteur de 1,70 m.  Elle est formée de six orthostates, d'une dalle de couverture en orthogneiss (la dalle la plus importante du dolmen) et d’une dalle au sol, plus haute d’1 m que l’entrée du couloir, posée sur un remblai d’environ 80 cm de pierraille et de sable, comme le sol du couloir.

 

 

 

 

Gavrinis 49L’orientation générale du dolmen est donc celle du lever du soleil au solstice d'hiver. En fin d’année effectivement, les rayons du soleil frôlent le bas de la paroi sud/ouest du couloir jusque dans la chambre. Mais ils sont arrêtés par le linteau de l'entrée avant d’arriver dans l'axe du solstice. J’aimerais qu’un archéoastronome fasse le point là-dessus. 

 

Gavrinis 12a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 17Bien que le monument soit considéré comme funéraire, aucun artéfact en relation directe avec la mort ne fut retrouvé à Gavrinis. Aucun ossement n’y fut déposé avant qu’il ne soit condamné en – 3000. Ce qui veut dire que cet endroit n’est pas une sépulture.

 

 

 

 

 

 

Les pierres gravées

 

Gavrinis plan 5

Gavrinis 27Les dalles verticales du dolmen, les orthostates, dégrossies et régularisées par martèlement, sont en granite clair local, sauf deux, côté nord/est, en quartz. Elles sont gravées d’un décor que je qualifierais de magique, sauf cinq d’entre elles au début du couloir (n°1, 2, 27, 28, 29) et une en quartz (n°7), restées brutes. Ce qui nous fait, avec la pierre de seuil de la chambre, 24 dalles gravées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 50Le décor  (ressemblant aux décors de Newgrange en Irlande) fut exécuté, d’après les archéologues,  par piquetage sur les orthostates à l’aide de galets à facettes en quartz (dreikanters), retrouvés lors des fouilles sur le parvis. Les motifs font preuve d'une grande homogénéité, et sont formés le plus souvent d'arcs de cercles concentriques et de spirales (voir la symbolique en cliquant sur le mot). Il apparaît aussi parfois des chevrons et des losanges.

 

Gavrinis dreikanter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 41Plusieurs thèmes ont été détectés, comme des haches stylisées, des écussons simples ou complexes, des crosses, des cornes, des serpents, des arcs et des flèches.

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 43Lors des fouilles récentes, il est apparu que les faces cachées des orthostates étaient aussi gravées : des représentations de haches emmanchées, un écusson quadrangulaire, furent retrouvées.

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 36Certains archéologues, comme Serge Cassen, ont essayé de traduire ces signes gravés, considérant qu’ils formaient une écriture ornementale racontant une histoire mythique ou symbolique. Le serpent (voir la symbolique en cliquant sur le mot)serait la représentation du monde souterrain (l’incarnation de l’esprit dans la matière, maitrisant la vie et la mort, l’initiation), les écussons celle d’une déesse-mère, les crosses celle de l’autorité (pasteur, évêque), les haches celles de la force destructrice et de l’axe du monde (elles ouvrent ce qui est fermé ou secret, elles séparent et trient) et les cornes celle d’une divinité taurine associée à la déesse-mère (croissant de lune, porté par le taureau, symbole de la grande déesse, de la fertilité, de l’abondance, de la création).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 40Ainsi, la première dalle sur la gauche (senestre, féminin) en rentrant (n°26) porte un écusson complexe garni de lignes concentriques, alors que son rostre sommital et ses boucles latérales sont entourés d’auréoles successives centrifuges. Au sommet des auréoles du rostre, un nouveau rostre auréolé, comme une émanation du premier formant un couple divin mère-enfant (Isis-Horus, vierges noires).  Associé au taureau, on se rapproche de la symbolique des vierges noires…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 11aSur la dalle n°8, sur la droite (dextre, masculin),  un écusson est entouré à gauche par une crosse et à droite par une hache, comme si la déesse était parée de ces attributs (la Crosse-Héqa et le Fléau-Nekhekh du pharaon ? Le rostre pourrait alors représenter l’Uraeus).

 

 

 

 

 

Gavrinis 56Sur la dalle n°21, à gauche, se trouvent 18 lames de haches d’apparat, dont 10 sont présentées par paire. Certaines haches ont été retrouvées sciées longitudinalement en deux, formant deux demi-haches symétriques. Séparation de l’unité en deux ? Mis à part un acte symbolique fort, on ne voit pas pourquoi les hommes de cette époque se seraient donné tout ce mal…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 57Sur la dalle n°24, qui fait un peu saillie au milieu du couloir, les deux lames de hache, l’arc et les flèches sont présentés comme une mise en garde. Serge Cassen fait un travail formidable, tout ça me parle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 55Certaines décorations semblent avoir été réalisées avant la construction du dolmen. L’orthostate n°14, par exemple, a été tronqué afin de s’insérer parfaitement  dans la construction, et les dessins, un champ de crosses, l’ont été par la même occasion. Donc… bizarre quand même de graver une pierre dehors (cf les deikanters)  pour s’apercevoir ensuite qu’elle n’a pas la bonne taille, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 52aLors des fouilles des années 80, Charles-Tanguy Le Roux dégagea le dessus de la dalle de couverture de la chambre (3,70 m de longueur sur 3,10 m de largeur et 80 cm d’épaisseur, pesant 17 tonnes) et fit une découverte intéressante : elle était gravée, sur sa face cachée, d’une hache-charrue tronquée, d’un bovidé et des cornes d’un deuxième bovidé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 10a

 

 

L’archéologue raccorda la pierre à la dalle de couverture du dolmen de la Table des Marchands à Locmariaquer… Les deux parties correspondaient parfaitement. C’était l’amorce d’un grand menhir de 14 m de haut dont la partie sommitale fut retrouvée dans le dolmen d’Er Grah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 31La pierre la plus  mystérieuse reste l’orthostate n°18, à gauche en rentrant dans la chambre. Elle présente, au-dessus de deux spirales gravées, une cavité centrale avec deux arceaux, due à l’érosion d’un défaut naturel de la pierre. Pourquoi cette dalle a-t-elle été choisie ?

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 37Plusieurs explications ont été données, jamais satisfaisantes pour moi qui sent une relation de cette pierre avec la naissance. Jusqu’à ce que je tombe sur le site d’Olivier Manaud et Cécile Barrandon, chercheurs au CNRS et spécialistes des rapports musique-architecture-acoustique. Ils ont déjà, par déduction après leurs mesures, retrouvé l’existence d’une coudée mégalithique de 0,43 m qu’ils désignent par la lette M comme module de base :

 

« Manifestement un module de construction, une sorte de coudée a servi à l’élaboration de l’édifice. Il y avait donc probablement une canne d’arpenteur, un étalon de mesure. Il semble plus petit qu’à l’époque de l’Antiquité ou du Moyen-âge, mais ceci est sans doute fonction de la morphologie et de la taille des hommes de cette époque »

 

 

 

 

 

 

Gavrinis 4847 Longueur de la chambre = 6M = 2,6 m

Largeur de la chambre = 5M = 2,15 m

Hauteur de la chambre = 4M = 1,7 m

Largeur maximum du couloir = 3M = 1,3 m

Largeur minimum du couloir = 2M = 0,86 m

Longueur totale intérieure = 35M = 15 m

 

 

 

 

 

 

 

 

Leurs recherches les ont amenés à ces conclusions et ces questionnements :

  1. L’existence d’un module de construction. Sa valeur (43cm) correspond à deux fois la distance inter-aurale, et qui, inévitablement à une incidence auditive.
  2. La deuxième chose intéressante c’est la plage de fréquences indicative que donnent les deux calculs (entre 400 et 680 Hz). Ce sont des fréquences accessibles à la tessiture vocale masculine et féminine, avec une préférence pour la voix des femmes.
  3. Les acteurs des rituels chantés n’étaient ils pas des femmes ? Ou du moins, les orifices dans la dalle n°18 n’ont-ils pas été conçus pour la voix des femmes ?
  4. Y avait-il des rites pour les hommes et d’autres pour les femmes ?
  5. Le point acoustique identifié très clairement au niveau de la dalle n°15 ne correspond-il pas à un emplacement rituel particulier ? La personne avançait-elle de manière initiatique par trois paliers successifs (dalles n°5, puis n°8, puis n°15) pour arriver dans le fond de la chambre ?
  6. L’initié ou le patient était-il en position debout ou allongée au niveau de la dalle n°15 ? En effet, la position allongée sur le dos au niveau à cet emplacement est particulièrement saisissante au plan des perceptions acoustiques.
  7. Les actes de chants dans ce lieu avaient-ils une fonction initiatique ou thérapeutique ? Avaient-ils une fonction pour les accouchements ? Le fait que le site se trouve enfouis sous terre permet-il symboliquement de soulever cette hypothèse ?
  8. Pour l’ensemble des prises de son, nous sommes arrivés très vite à une saturation auditive très puissante lorsqu’on arrive aux fréquences de résonance. Ceci est particulièrement identifiable à des emplacements donnés de l’édifice. (Le lieu où le phénomène est le plus puissant est auprès de l’orthostate n°15). C’est là que nous avons choisi de positionner les micros. On notera que cela correspond aux orthostates où sont gravés des haches ou des crosses.
  9. Une nette différence entre les résonances de la voix chantée dans ou hors des orifices.
  10. Un renforcement très caractéristique de l’harmonique de basse fréquence pour la voix féminine lorsqu’elle est chantée dans l’orifice. Ceci accentue l’énergie de l’acte vocal et lui donne une force particulière, quasi impossible à obtenir de manière ordinaire. Ce type d’harmonique est ordinairement la caractéristique de la voix masculine. On observe aussi dans le surgissement d’harmoniques très aigues autour de 2000Hz et 3500Hz, un peu comme lorsqu’on passe le doigt humide sur un verre de cristal.
  11. A l’inverse pour la voix masculine, le fait de chanter dans l’orifice amenuise l’harmonique basse fondamentale. Il n’y a pas quasiment pas de surgissement d’harmoniques suraigües, sauf à la fréquence 418Hz.
  12. Les zones acoustiques particulières sont au niveau de la dalle n°15 et de la dalle n°8, où l’énergie sonore est très forte.

 

Gavrinis 27Incroyable. Pour moi, ils ont retrouvé par le son les différents paliers énergétiques amenant à la chambre, quelques fonctions du lieu comme les vibrations émises par une voix féminine dans le trou de l’orthostate n°18 qui provoquera un accouchement (la renaissance symbolique de l’initié), l’utilisation du sanctuaire par des femmes…

 

Gavrinis 38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

zen 1aAutre chose peut-être… Peu de gens font le rapprochement des gravures de Gavrinis avec les dessins bien connus des jardins zen, faits au râteau dans le sable ou le gravier, autour de rochers, en imitant de l’eau. « Originaires de Chine, ils symbolisaient le paradis dans le monde. Selon les anciennes légendes, ce paradis trônait au sommet de la grande montagne, dans les îles lointaines au milieu de la mer, où se trouvait l'élixir de longue vie qui permet d'accéder à l'immortalité. Ils  étaient considérés comme des lieux magiques, représentant  un cosmos miniature dans lequel on cherchait à recréer l'image d'une nature idéale, compromis constant entre les dimensions esthétiques et symboliques allant toujours vers la simplicité ».

 

 

zen 3aAu fil du temps ces jardins passèrent dans la culture japonaise. « Il sortit alors l’image de la montagne sacrée, de l’ile où vivent les immortels représenté par un gros rocher, puis de deux rochers, un plat et un élevé symbolisant une tortue et une grue (la longévité et le bonheur). Le sable était ratissé en partant du levant au couchant, les lignes ondulantes représentaient des vagues et des courants, circulant autour des rochers ou des îlots. Puis les rochers devinrent la demeure des Kami, des divinités représentant les éléments de la nature (Amaterasu étant la déesse primordiale du soleil), les animaux ou les forces créatrices de l'univers, ou des esprits de personnes décédées ».

 

zen 4aL’art du jardinage, art sacré et ésotérique devenu abstrait, était transmis oralement par un maître à ses élèves. Les rares manuels étaient conservés secrètement et très peu diffusés. La symbolique de ces jardins n’est pas si éloignée de celle de notre sanctuaire breton finalement. Paradis allégorique posé au sommet de sa colline sacrée, séparé de la terre des hommes initiés par la rivière qui sera la frontière entre le spirituel et le divin, il porte l’essence primordiale féminine de la création, de la naissance du monde… Nous ne sommes pas si éloigné de Gavrinis.

 

 

 

 

Gavrinis 8a

 

http://www.larmorbaden.com/tourisme/sites-a-visiter/ile-de-gavrinis

http://www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/megalithes/fr/index.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cairn_de_Gavrinis

http://lespierresquichantent.over-blog.com/2014/10/echo-graphie-du-cairn-de-gavrinis.html

http://dbiette.free.fr/archeam2/arch2trubert6-11.htm

 

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14 septembre 2016

Stage au Puy-en-Velay

Après le Brionnais, voici le Velay ! Le Puy, ville mystère d'où part le chemin secret de Compostelle, ville aux mille visages, ville aux éternelles énergies issues du feu des volcans et de l'eau de la mer.

le prochain stage se fera les 10 et 11 juin, en espérant, comme pour ma dernière visite, qu'il fasse chaud et qu'il n'y ait pas de vent. Pourquoi ? Parce que c'est la condition impérieuse pour que les portes de l'escalier central de la cathédrale qui amène directement dans le choeur par en-dessous (chose unique au monde), soient ouvertes. Et là...

 

En voivi la présentation :

"Anicium, autrement dit Le-Puy-en-Velay, fut le centre sacré du sud de la Gaule. Nous verrons comment ce lieu, utilisé par les Celtes, et bien avant eux par le peuple des mégalithes, est devenu, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de France. Nous verrons aussi comment Godescalc, évêque de la ville en 936, remit en place le pèlerinage bien connu de Compostelle, comment il fit construire sur le mont Aiguilhe un sanctuaire dédié à saint Michel. Nous irons à la rencontre de la Vierge Noire de la cathédrale, et nous découvrirons les lois qui régissent ces statues particulières, les Dames de Sous-terre et leur pouvoir de transformation. Nous porterons un regard nouveau sur le message des sculptures de la cathédrale, sur la présence du temple de Diane, sur les légendes qui parlent en couvert de l’histoire réelle du sanctuaire.

Le-Puy-en-Velay est célèbre pour ses paysages volcaniques montrant la puissance des énergies naturelles de la Terre, pour son sanctuaire dédié à la Vierge, pour celui bâti en l’honneur du plus célèbre des archanges. Nous verrons que les trois sont intimement liés."

Et bien sûr, pour plus de précisions, comme d'habitude il vous faudra contacter l'ANGE :

Académie Nationale de
Géobiologie Environnementale
contact@academie-geobiologie.fr
Téléphone : (33) 05 63 32 06 18

ou vous rendre sur le site de Mosaïque ici et regarder dans les stages d'architecture sacrée.

Stage Le Puy 1

Stage Le Puy 2

Stage Le Puy 3

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Stage en Brionnais

J'ai eu le plaisir et le privilège d'animer un stage sur la symbolique romane avec Jacques Bonvin dans cette merveilleuse région qu'est le Brionnais. Et bien ça y est, on repart !

Si la perspective de passer un moment avec nous vous semble intéressante, et pour plus de précisions, il vous faudra contacter l'ANGE :

Académie Nationale de
Géobiologie Environnementale
contact@academie-geobiologie.fr
Téléphone : (33) 05 63 32 06 18

ou vous rendre sur le site de Mosaïque ici et regarder dans les stages d'architecture sacrée. Sinon, vous pouvez laisser vos coordonnées en commentaire. Merci, et peut-être à bientôt.

Stage Brionnais 1

Stages_3

 

Neuilly_en_Donjon_21

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29 août 2016

Plouhinec, la grotte de Menez Dregan

 

Plouhinec Menez Dregan 5

Sur la commune de Plouhinec, entre le petit port de Pors-Poulhan et la plage de Gwendrez, au bord d’une falaise recouverte d’ajoncs et de bruyères, se tiennent plusieurs témoins majeurs du passé immémorial de la Bretagne.

Plouhinec Menez Dregan 1

 

 

 



Homo heidelbergensisLe plus ancien, la grotte de Menez Dregan, fut habité vers la fin du Paléolithique inférieur, il y a environ 465 000 ans, par de lointains ancêtres que l’on nomme Homo heidelbergensis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 22aCes premiers hominidés possédaient déjà une certaine culture et avaient développé une forme de rituel funéraire. Ils fabriquaient des lances à pointe de pierre et des outils en silex, maitrisaient le feu et certains chercheurs pensent qu’ils possédaient une forme de langage rudimentaire.

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 4La grotte de Menez Dregan fut façonnée par la mer dans une falaise il y a 1 million d’années. A l’époque des premiers hommes qui s’y abritèrent (sous un climat tempéré et océanique), l’eau s’était retirée de 10km, laissant derrière elle une plaine herbeuse fréquentée par des troupeaux de grands herbivores.

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 3La grotte formait ainsi un abri stratégique en hauteur. Elle mesurait environ 15 m de profondeur, 7,5 m de largeur pour une hauteur de 3 m (marrant ce carré long, connaisseurs les anciens…). La grotte est protégée par des plaques métalliques en dehors de la période des fouilles. 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 20Les hommes y laissèrent des traces à chacun de leurs passages, recouvertes par des dépôts marins lors de la montée des eaux (en période interglaciaire), formant des couches superposées qui furent protégées plus tard par les pierres de la voûte du toit qui s’effondra.  

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 19Le site archéologique fut découvert par Bernard Hallégouët en 1985. Les fouilles furent commencées en 1991 et mirent à jour un outillage taillé sur galets (le silex étant absent du sous-sol breton, les hommes se servaient des galets de silex apportés par les marées), des ossements d’animaux, mais surtout du charbon de bois qui montra que ces hommes utilisaient le feu. Ces foyers sont l'une des plus anciennes traces de feu maîtrisé connues à ce jour.

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 23eLa première couche archéologique correspondant à une occupation humaine remonte à – 465 000 ans. La deuxième à – 400 000 ans, la troisième à – 380 000 ans, où un foyer entouré de 8 pierres disposées en cercle fut retrouvé. La dernière date de – 250 000 ans. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Dregan 1

https://fr.wikipedia.org/wiki/Menez_Dregan

https://fr.wikipedia.org/wiki/Plouhinec_(Finist%C3%A8re)

http://www.hominides.com/html/lieux/menez-dregan.php

http://audierne.info/la-grotte-de-menez-dregan/

http://commonculturalconnections.maritimearchaeologytrust.org/a-shared-heritage/case-study-4

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Plouhinec, le site mégalithique de la pointe du Souc'h

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 12Au sommet du plateau dominant la mer, à 100m  au nord de la grotte de Menez Dregan, se dresse ce que les archéologues nomment la nécropole mégalithique de la pointe du Souc'h.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 14Elle est constituée de plusieurs sépultures néolithiques, cinq dolmens et une tombe du Néolithique moyen, s’étalant entre 4 500 et 2 500 ans avant notre ère. Mais le site fut occupé dès le Mésolithique (pour preuve les outils en silex retrouvés), et si j’en crois mon intuition, son existence remonterait à bien plus loin en arrière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 35aCet endroit particulier, qui fut réutilisé au fil du temps, aurait mérité qu’une chapelle s’y dresse au lieu d’un corps de garde. Les sensitifs, allez vous tenir sur l’emplacement de la première chambre, face à l’océan, vous comprendrez.

Plouhinec Pointe du Souc'h 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 30Le site archéologique est connu depuis le XIXe siècle et la première fouille fut faite dès 1870 par Alexis Grenot qui découvrit différentes structures internes du cairn, mais aussi de nombreux outils, des haches polies, et un type de vase particulier au site que l’on nomme depuis « poterie de Souc'h ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Plouhinec Pointe du Souc'h 18Malgré son intérêt, le site continua d’être utilisé comme carrière de pierre, et ce jusqu’en 1979, quand il fut classé aux Monuments Historiques. (photo du site avant réhabilitation)

Plouhinec Pointe du Souc'h 35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h plan 4Les fouilles reprirent en 2001 jusqu’en 2006, qui permirent de repérer 6 phases de construction. Le cairn fut restauré, le dolmen central (le plus récent) reconstruit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Plouhinec Pointe du Souc'h 19Le premier monument construit se situe à l’extrémité sud/ouest. C’est une fosse de 2,15 m de long sur 1,20 m de large, creusée dans le sol jusqu’au gneiss. Des pierres plates étaient plaquées contre le bord de la fosse.

 

 

 

 

 

 

Plouhinec vaseUne datation au Carbone14 d’un charbon de bois donne  4530 à 4360 avant notre ère (Néolithique moyen I).  Les fouilles dégagèrent une hache polie, un briquet de silex et de pyrite, des flèches, un grand vase à fond rond et une bouteille en terre cuite.



Plouhinec Pointe du Souc'h 20Puis, vers 3 900 avant notre ère (Néolithique moyen II), une structure fut bâtie au nord/est, détruisant la partie nord du premier tertre : un cairn dont le centre était occupé par un dolmen à couloir.

 

 

 

 

 



Plouhinec Pointe du Souc'h 27Viendront s’ajouter ensuite 2 dolmens compartimentés un peu plus au nord datés de 3 310 à 2 910, puis un dernier reliant les deux structure.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 13aLe cairn atteint alors 40m de long sur 10m de large et 5m de haut.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 25Il sera réutilisé au Néolithique final avec la construction en son centre d'une dernière sépulture où furent retrouvés des perles en pierre, des céramiques et des poteries prouvant que l’endroit fut aussi utilisé au Chalcolithique (transition entre le Néolithique et l’Age de bronze).

 

 

 

 

 

 

 

 



Plouhinec Pointe du Souc'h 33Le couloir latéral est fermé par une porte de forme ogivale.

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Quartz laiteux 2Sous le parvis du cairn furent retrouvés de nombreux galets de quartz laiteux(ou girasol), concentrés près des entrées des couloirs d’accès aux chambres. Ben oui, on essuie ses pieds avant d’entrer quand même !  

 

 

 

 



Plouhinec Pointe du Souc'h 4aPlus bas, en direction de Menez Dregan, un autre petit dolmen pointe le bout de son nez au milieu des fougères.

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 11Continuons la ligne passant par Menez Dregan et la pointe du Souc’h. Nous trouvons alors, quelques 100m plus loin au nord, un dernier dolmen, sans sa table sommitale tombée à terre.

Plouhinec Pointe du Souc'h 10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Plouhinec Pointe du Souc'h 17Le corps de garde du Souc’h fut construit en 1747. Il fait partie système d'ouvrages défensifs des côtes françaises dont la construction débuta sous le règne de Louis XIV qui les fit édifier par Vauban, commissaire général des fortifications, dans le but d'assurer la sécurité des frontières maritimes.

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 40

 

 

 

Il constituait un maillon de la chaine ininterrompue des postes de guet armés de batteries de canons qui défendaient le littoral. Bien situé, il contrôlait visuellement toute la baie et pouvait signaler à d'autres forts les mouvements suspects de vaisseaux ennemis.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Pointe du Souc'h 41

Sous les ordres d'un chef de poste, des guetteurs signalaient, par des pavillons, des feux, ou des coups de canons à blanc, les mouvements suspects des navires ennemis. Désaffecté au XIXe siècle, menaçant ruine, il fut acquis et restauré en 1997 par le Conseil Général avec l'aide de la commune de Plouhinec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9cropole_m%C3%A9galithique_de_la_Pointe_du_Souc%27h

http://www.plouhinec-tourisme.com/

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Plouhinec, l’allée couverte de Menez Korriged

 

Plouhinec Menez Korriged 17aPetite crique devenue port il y a 100 ans, Pors-Poulhan, situé à quatre kilomètres du bourg de Plouhinec, marque le partage des eaux entre le Cap Sizun et le Pays bigouden.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 2Sur la petite falaise dominant le port se dresse fièrement le Menez Korriged, une allée couverte ayant subi bien des déboires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 3Dès 1825, mon ami Christophe-Paulin de la Poix de Fréminville décrivit l'allée couverte de Pors-Poulhan comme « l'un des plus beaux et plus grands dolmens de tout le Finistère ».

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 10Ce qui ne l'empêchera pas d'être mis à mal par une activité d'extraction de pierres de construction dès le Moyen-âge (la dalle de couverture s’inclina à force vers la fin du XIXe siècle), d'être utilisé au début du XXème siècle comme remise à charrettes et enfin d'être dynamité par les allemands en 1942, parce qu’il gênait la visibilité d'une batterie côtière.

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 6Ce site mégalithique, acquis par le Conseil Général, fut néanmoins fouillé entre 1986 et 1987, puis enfin restauré entre 1988 et 1989 grâce à différents plans, dont une lithographie du XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 1aDe plan naviforme, orientée est/ouest et longue de 10,80 m, l’allée est composée de 16 piliers sur deux rangs parallèles, qui supportaient à l'origine trois ou quatre dalles de couverture (deux sont conservées à ce jour).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 7La fouille a révélé une conception architecturale particulière, que l'on retrouve principalement dans la péninsule ibérique, et un riche mobilier (poteries, armes, outils, bijoux) attestant un usage de sépulture, sur un temps assez long, de la fin du néolithique (entre 3300 et 2800 avant notre ère) à l'époque gallo-romaine(urnes cinéraires -contenant des cendres- retrouvées enfouies).

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 8Mais rien ne prouve qu’elle ait été construite dans ce but particulier : les églises romanes n’ont pas été bâties pour être des sites funéraires, on y trouve pourtant parfois des sépultures, toujours de personnages « importants » d’ailleurs…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 4Au centre se trouve la chambre « funéraire » dont l'entrée est rétrécie par un petit pilier sur lequel s'appuyait la dalle de fermeture, retrouvée brisée.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 9Orientée est/ouest, la chambre est fermée à l'est par une dalle de chevet derrière laquelle se trouve une cella (petite cellule), précédée d'un parvis ogival limité par les pierres dressées.

Plouhinec Menez Korriged 11

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 19aA l'origine, un tertre recouvrait la chambre funéraire. Devant l’entrée, à l’est, un parvis dallé, en bordure une ceinture de petites pierres dressées: le périsalithe.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Menez Korriged 12Selon la légende, l'allée couverte représentait l'autel des sacrifices. Chaque mois d'août, un homme était immolé pour obtenir un temps favorable pour la récolte.

Les dépressions existantes sur la table de couverture inclinée, laissaient couler le sang. Cette légende date du XIXe siècle, puisque avant la dalle n’était pas inclinée. Mais que nous apprend l’étymologie de cette allée couverte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Korrigan 1ab

Menez en breton, c’est une montagne, un terrain en hauteur. Korriged est issu de « korr », le nain, suivi du diminutif « ig » et du pluriel « ed ». Nous sommes en présence de la montagne des petits nains. Nous les connaissons actuellement sous le nom de korrigan, généralisation de nombreux termes désignant des esprits de la nature liés à la terre. En effet, le petit peuple breton est riche et diversifié.

 

 Korrigan 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Korrigans 20

Nous trouvons, au travers des différentes régions, des kornikans, kourrils, korrigs, korils, courils, corrics, komaudons, korandons, kormandons, kérions, kriores, kéréores, boudics, boudiguets, fomiquets, folliquets, chorriquets, poulpiquets, polpicans, boléguéans, nozegans, ozégans, hoseguéannets, teuz, duz et autres bouffon noz, qui jouent dans les grottes, les tumuli, les dolmens, les menhirs, les sources, les fontaines et les landes.

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.keris-studio.fr/blog/?p=6952

http://fr.topic-topos.com/allee-couverte-de-menez-korriged-plouhinec

Les dessins sont de Pascal Moguérou : http://pascal.moguerou.free.fr/pascal_moguerou_illustrations.php



 

 

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05 août 2016

Chapelle Saint-They de Plouhinec

 

Plouhinec 3Entre le petit port de Pors-Poulhan et la plage aux eaux turquoise de Gwendrez la bien nommée (en breton, drez : sable, gwen : blanc), à deux pas du site préhistorique du Menez Drégan, blottie au creux d’un vallon, se tient une petite chapelle dédiée à saint They.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 3Pas de voiture dans ce havre de paix, seul un petit chemin bucolique nous y mène. 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 15L’édifice est bordé par le ruisseau qui s’en va rejoindre la mer en glougloutant.

 

Plouhinec 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 12Datée du XVIe siècle, remaniée au XVIIe, la chapelle de plan rectangulaire très simple possède un petit clocheton à dôme érigé au sommet du pignon occidental. Une inscription au-dessus de la porte ouest indique probablement le nom du maitre d’œuvre qui refit des travaux et la date : « GVILLAVME 1676 ».

 

Plouhinec Saint-They 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 4C’est de cet endroit que partait autrefois une procession, tous les premiers dimanche de juillet après les vêpres, jusqu’au phare de Pors-Poulhan où se déroulait la bénédiction de l’océan.

Plouhinec Saint-They 14

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 6Au sud de la chapelle, à l’intérieur du placitre, se tient la fontaine de dévotion, dédié elle aussi à saint They.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 7Comme la chapelle, la petite construction avec un toit en bâtière et une niche en plein cintre date du XVIe siècle. Elle fut restaurée en 1974.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 10La niche abritait une statue du saint que l’on revêtait d’un manteau blanc lors du pardon. Elle fut volée en 1986.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 9L’eau s’écoule de la fontaine dans un bassin rectangulaire puis va se jeter dans le ruisseau qui borde le mur est du placitre. Cette eau, d’après les anciens, avait le pouvoir de guérir les rhumatismes et les mères venaient y plonger leurs enfants en retard pour marcher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 8Bien plus encore, la légende raconte que la fontaine pouvait prévoir l’issue de la maladie d’un petit enfant : si sa robe de baptême, jetée dans le bassin lors du pardon, flottait, il allait guérir. Si elle coulait, il allait mourir.

 

 

 

 

 

 

Saint Guénolé 2Mais qui était ce saint They, fêté le 7 juillet ? On sait peu de choses en vérité. Moine de l’abbaye de Landevennec, disciple de saint Guénolé (celui-là même qui conseilla au roi Gradlon d’abandonner sa fille Dahut lors de l’engloutissement de la ville d’Ys), il aurait vécu au début du VIe siècle, venant probablement de Cornouailles ou du Pays de Galles, fuyant les Saxons. Il est encore vénéré là bas, sous le nom de saint Dey. Une légende se rattache à lui, celle du roi Conomor. 

 

 

 

 

Plouhinec Domnonée 1Ce roi de Domnonée, aussi bien armoricaine que de l’ile bretonne, comte du Poher, ayant vécu au VIe siècle, est appelé dans « La Vie de saint Paul » le roi Marc, ou de son nom complet de Britto-Romain Marcus Quonomorius.  Cet allié du roi de France Childebert a beaucoup fait parler de lui. Assimilé au roi Marc’h de la légende arthurienne, mais aussi à Barbe-Bleue des contes pour enfants, il est parfois porteur d’oreilles de cheval.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-SamsonAu Pays de Galles, il est appelé  Cynmawr (de kon, le chien, et meur, grand), ce qui fait de lui, en plus de ses oreilles, le dépositaire du symbole des psychopompes de l’ancienne religion celte. Mais c’est en Bretagne qu’il traine la plus mauvaise réputation, certainement liée à ses démêlés avec Clotaire lorsqu’il prit parti pour son fils Chramn. Saint Gildas n’apprécia guère, saint Samson non plus, ce qui lui mit la puissante église à dos. Les mauvaises langues terminèrent l’affaire :

 

 

 

 

 

 

 

La légende bretonne du roi Conomor

 

Plouhinec roi Marc 4aLe souverain des deux  Domnonée, Conomor, comte de Poher et prince de Cornouaille, était d’une méchanceté sans borne, cruel et sans aucune pitié. Il avait déjà été marié à quatre jeunes femmes, qu’il avait tuées alors qu’elles étaient enceintes. En effet, Conomor avait peur… Une prédiction lui avait assuré qu’il serait tué par son propre fils. Il prenait alors les devants en tuant ses enfants avant qu’ils ne naissent. Un jour qu’il visitait l’ancienne cité du peuple Vénète, et pour son malheur, il tomba amoureux d’une jolie jeune femme, Tréphine, fille du roi de Bro Ereg, Waroch Ier. Il fit sa demande, mais sa réputation l’avait précédé. La princesse, qui était très pieuse, refusa d’épouser un homme que l’on disait maudit.

 

 

 

 

 

 

 

plouhinec sainte Tréphine 4aConomor lança alors ses troupes contre le royaume de Waroch et Tréphine dut se résoudre à accepter le mariage afin d’épargner son peuple. Elle vécut dans le château de son mari, à Carhaix, priant pour qu’elle échappe à la mort. Conomor partant souvent en guerre, elle réussit à lui  cacher la naissance de son premier fils, qu’elle appela They. Elle put l’envoyer au monastère de Rhuys, chez son père spirituel, Gildas, qui l’éleva. Elle tomba à nouveau enceinte, et cette fois-ci, ne put cacher la fin de sa grossesse à son mari qui revenait d’une nouvelle bataille lointaine. Terrifiée, elle s’enfuit jusqu’à Rhuys où elle accoucha de son deuxième fils, qu’elle appela Trémeur, qui veut dire « grande victoire ».

 

 

 

 

 

 

plouhinec sainte Tréphine 2aConomor, trouvant son château vide, demanda où était sa femme. Quand on lui raconta qu’elle était partie chez les moines afin de prier, il ne l’entendit pas de cette oreille, qu’il avait très pointue dit-on. Il poursuivit sa femme jusqu’au monastère, et là, d’un grand coup d’épée, il la décapita. Soulagé, il repartit chez lui. Gildas, qui déjà faisait des miracles, prit la tête de sa jeune disciple, la remit en place, et la fit revenir à la vie. Elle fut plus tard vénérée comme la sainte patronne des enfants malades.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-Trémeur 2aLes deux enfants restèrent au monastère de longues années. Ils devinrent moines, vivant de prière et de labeur, sans se douter que Conomor, ayant eu vent de leur existence, était en route pour les tuer. Il arriva au monastère un 8 novembre, entra telle une furie dans l’enceinte monacale, et comme il le fit pour leur mère, les décapita tous les deux. Soulagé, il repartit chez lui. C’est alors que les deux jeunes hommes, prenant leur tête dans leurs bras, prirent le chemin côtier et rejoignirent un bateau amarré sur la plage de Men Maria.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-Trémeur 1They, voulant avoir les mains libres pour hisser la voile, remit sa tête sur son cou. Elle se réajusta parfaitement et le bateau prit le large. Tremeur, voulant imiter son frère, essaya à son tour. Mais le vent, devenu trop fort et levant d’énormes vagues, l’en empêcha. Il garda donc sa tête dans ses bras jusqu’à la fin de leur voyage. Ils abordèrent dans une petite anse du cap Sizun et s’installèrent près de Cleden où ils construisirent leur ermitage.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Childebert 1Qu’advint-il de Conomor ? Certains disent qu’il périt écrasé par les pierres de son château qui s’écroula le jour où Tremeur jeta sur ses murailles une poignée de terre. D’autres disent qu’il était monté sur le trône après avoir tué le roi, son propre frère Iona, et épousé sa veuve, qui fut donc la première d’une longue liste d’épouses. Son neveu Judwal, qu’il voulait occire à son tour afin de rester seul maitre à bord, réussit à s’enfuir et après s’être réfugié au monastère de saint Lunaire sur les bords de la Rance, il demanda asile auprès de Childebert, roi des Francs (qui, lui aussi meurtrier, égorgea ses neveux). Bien plus tard, soutenu par saint Samson, il affronta son beau-père dans les monts d’Arrée pour recevoir son héritage. Après deux batailles infructueuses, il réussit à le tuer d’un coup de lance. La prophétie fut réalisée malgré tout…

 

C‘est curieux chez les bretons ce besoin de faire des légendes…  Nous avions les saints sauroctones fondateurs de la Bretagne, nous voilà cette fois avec des céphalophores.

 

http://audierne.info/la-chapelle-st-they/

http://www.argedour.bzh/une-chapelle-en-finistere-st-they-plouhinec/

http://audierne.info/la-chapelle-st-they/

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