19 novembre 2008

Collégiale Saint-Michel et Saint-Gangolphe de Lautenbach

Lautenbach_14En 810, Beatus, abbé de Honau, près de Strasbourg, fonda à Lautenbach un couvent. Le village de Lautenbach s'édifia ensuite autour du monastère. Les moines irlandais commencèrent à défricher la vallée sur les bords de la Lauch, puis à construire la première église sous le patronage de saint Michel.
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Lautenbach_22La collégiale fut entourée de maisons de l'époque puis fut reconstruite au XIIème siècle, après sa destruction en 1080 par les troupes de l'empereur Henri IV. Elle fut occupée par des chanoines augustins.
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Lautenbach_2L'église de Lautenbach est un édifice d'architecture romane construite sur plan basilical en croix latine. La nef à trois vaisseaux, édifiée à la fin du XIème siècle, est la partie la plus ancienne.

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Lautenbach_18Légèrement postérieur, le transept saillant est prolongé par la chapelle au nord-est et par le chœur, bâtis à la fin du XIIIème siècle.

Au nord l'abside a cédé la place à une sacristie du XIIIème siècle, rectangulaire à voûtes d'arêtes surmontée de la chapelle dite 'des archives".
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Lautenbach_29Au milieu du XIIème, on construisit le massif occidental à la base duquel s'ouvre le porche. Toute la partie supérieure du massif occidental est le résultat de la restauration entreprise à partir de 1858, non terminé. Ce massif, d'une facture soignée avec parement en pierre de taille est décoré de bandes lombardes, composées horizontalement de frises d'arceaux et verticalement de lésènes.







Lautenbach_15Les murs de l'église, sur le bas côté, sont très anciens et pourraient dater du XIème siècle. Ce sont les vestiges de l'église primitive dont on trouve encore des pierres sculptées d'entrelacs et au sud, un linteau roman.
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Lautenbach_23L'église est dotée d'un clocher qui date de 1862 qui remplace celui du XVème siècle qui occupait la tour centrale gothique.

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Lautenbach_4Le porche ou narthex est est la partie la plus remarquable de l'église. Il est surmonté d'une chapelle supérieure consacrée à saint Michel, qui donne sur la nef. Comme à Marmoutier, il s'ouvre sur trois arcades mais est ici profond de deux travées.










Lautenbach_32Cette disposition permet le développement d'une voûte d'ogives dont tous les éléments, arcs doubleaux et branches, ont la même forme.

























Lautenbach_41Il date du XIIème siècle et tire sa réputation des formes élaborées et des proportions harmonieuses de l'ensemble. À gauche du porche, sculptée sur l'imposte, une frise se lit de l'intérieur vers l'extérieur.










Lautenbach_34Elle est sensée illustrer le péché de l'adultère et à droite l'homme en proie aux passions. À l'angle sud-ouest du porche on trouve des personnages qui attendent le jugement réservés aux pêcheurs.
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Lautenbach_6Le tympan, martelé à la révolution, comportait un Christ dans une mandorle entouré des saints patrons de l'église : saint Michel et saint Gangolphe (martyre de la fidélité conjugale).
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Lautenbach_17Sur le bras sud  du transept on aperçoit encore les vestiges d'une abside démolie au cours du XVIIIème siècle. Dans le jardinet qui le remplace sont exposés des sarcophages romans découverts lors des fouilles aux pieds du chœur. On y distingue sur l'une des dalles mortuaires la gargouille à bonnet juif.









Lautenbach_37Le chœur à chevet plat, de style gothique, avec ses frises tréflés et ses hautes fenêtres à lancettes, date également du XIIIème siècle.

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Lautenbach_38La nef s'ouvre sur les bas côtés par 6 grandes arcades qui retombent alternativement sur des piliers carrés et des colonnes. Nef et bas côtés ne sont pas voûtés mais couverts en charpente. Le deuxième niveau du massif occidental s'ouvrait à l'origine en tribune sur la nef avec une galerie d'arcades.








Lautenbach_39Alors que les murs du vaisseau sont en moellons recouverts d'un enduit, ceux du transept sont en pierre de taille, plus conformes aux pratiques en usage au XIIème siècle. les murs du fond des croisillons du transept sont percés de deux rangées de trois grandes baies en plein cintre.

La collégiale a subi au cours de son histoire plusieurs campagnes de restauration dont la plus récente entre 1989 et 2001 pour redorer les décors datant du XVIIème siècle. La restauration précédente en 1931 avait rendu à la nef ses colonnes et ses arcades romanes, recouvertes de stuc au cours du XVIIIème siècle pour les harmoniser avec le mobilier baroque. L'orgue classique des facteurs Toussaint de Westhoffen Date de 1772.

Lautenbach_12__1600x1200_Devant la collégiale, on peut admirer les fameux tilleuls de Lautenbach dont l'un aurait été planté lors de la révolution française de 1848.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lautenbach

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La chapelle Saint-Gangolph de Schweighouse

Schweighouse_2La chapelle Saint-Gangolph se trouve dans un endroit merveilleux situé à la limite nord de Schweighouse et à l’entrée du vallon qui mène au col du Banstein. Le petit sanctuaire renferme des fresques murales datées de l’époque de Martin Schongauer et retraçant la vie du saint. Il était honoré comme saint patron des sources et comme gardien de l’harmonie conjugale.







Schweighouse_1D’après la légende, Gangolph était un noble chevalier du palais mérovingien de Bourgogne qui vivait à Varennes près de Langres sous Pépin le Jeune au VIIIème siècle. Après une campagne guerrière, en passant par la Champagne pour retourner chez lui, il s'arrêta au bord d'une source dont les eaux étaient pures et bonnes à boire. Il proposa au paysan qui en était le possesseur de la lui acheter. Celui-ci rit sous cape, espérant vendre sa source et la reprendre une fois Gandolf reparti chez lui. Gangolf d'Avallon lui fit compter cent sous et retourna à Varennes. Gangolf planta son bâton dans le voisinage de sa demeure, et le lendemain, manquant d'eau pour se laver, il ordonna à un de ses domestiques de retirer le bâton et d'apporter l'eau qui coulerait dessous. Le domestique obéit et recueillit l'eau de source qui n'était autre que celle du paysan. Gandolph découvrit alors l´adultère de son épouse avec un prêtre. Il demanda la justice par le feu, et bien que maintenu dans l’eau de la fontaine, le bras de sa femme fut brûlé. Ce phénomène permit à la justice divine de prouver la culpabilité de l’épouse. Gangolph fit alors refluer la source dans son bâton et aurait ensuite quitté les lieux pour se retirer à Avalon dans la paix religieuse. Un jour, il arriva sur une prairie couverte de plantes aromatiques et entourée de vertes forêts, dans le pays d'Alsace. Là il laissa couler la source et se bâtit une cellule bientôt visitée par de nombreux pèlerins. Puis il fut tué d’un coup d’épée par l’amant de la femme le 11 mai 760. Ses deux tantes, Willetrude et Willegise firent rapporter son corps à Varennes. Les Acta sanctorum ne placent aucune mention de leur récit en Alsace, cette province n'est désignée que dans la légende orale.

Plusieurs miracles se produisirent sur sa tombe à Varennes et il fut canonisé dès la fin du IXème siècle. Sa fête est célébrée à Schweighouse le premier ou le deuxième dimanche de mai avec une cérémonie religieuse et un petit «marché du coucou».
http://www.mythische-orte.com/dn_saint-gangolph-lautenbach/

Posté par madame_dulac à 22:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]