08 juin 2008

Elne, historique

Elne__6_aOn trouve des traces de la présence de l’homme sur le site dès la fin de l’Âge de Bronze.
Les auteurs antiques connaissent Elne sous le nom ibère d'Illiberis, latinisation d'un nom d'origine qui ressemblait probablement à Illimberes signifiant en langue celtique "collines au milieu des limons", ou bien "la ville neuve" en ibère.







ElneDès le VIIIème siècle, à l'époque préromaine, Illiberis fut déjà une cité prestigieuse. Devenue capitale du Roussillon, bâtie sur un oppidum, Elne surveillait le passage entre Languedoc et Catalogne. Plusieurs auteurs ont pensé que le site d'Elne pourrait être celui de Pyrène (ou Pyréné), important comptoir grec mentionné par Hérodote au Vème siècle avant notre ère.
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Elne__78_aAu IVème siècle, la ville prend le nom de Castrum Helenae, peut-être en l'honneur d'Hélène, mère de Constantin le Grand et grand-mère de l'empereur Constant, qui y sera assassiné en 350.
Au Vème siècle, l'empire romain se désagrège sous les assauts des invasions germaniques. A partir de 413, le territoire est sous la domination des wisigoths. La cité devient le siège d'un évêché vers 568. Les arabes, après leur conquête de la péninsule ibérique, traversent les Pyrénées et occupent le Roussillon en 719. Ils s’y maintiendront jusqu'en 770 environ.



elne_eglise_1835_aEn 1060, la cathédrale est construite sur l’emplacement d’anciens édifices religieux. Sa construction dura tout le long du Xème siècle. Dédiée aux saintes Eulalie et Julie, elle est consacrée en 1069.
En 1150, les habitants reçurent l'autorisation de fortifier leur ville, qui fut assiégée et prise quatre fois dans son histoire : par Philippe le Hardi en 1285, puis par Pierre d'Aragon en 1344, par Louis XI en 1474, et par les troupes de Louis XIII en 1641.
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Elne__6_bA partir du XIVème siècle, son activité économique déclina au profit de Perpignan. Le 30 juin 1602, la résidence épiscopale fut transférée d'Elne à Perpignan ainsi que les reliques de sainte Eulalie et sainte Julie, patronnes de la cité. Le 7 novembre 1659, le Traité des Pyrénées scelle définitivement l'annexion du Roussillon à la France.
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http://www.ville-elne.com/?r=culture_tourisme&sr=a_visiter&l=fr
http://notes.romanes.free.fr/images/catalan66/elne/texte.htm
http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/CathedraleElne.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie_d%27Elne
http://fr.wikipedia.org/wiki/Clo%C3%AEtre_d%27Elne
http://architecture.relig.free.fr/elne.htm
http://jeantosti.com/villages/elne.htm
http://www.lyc-lurcat-perpignan.ac-montpellier.fr/presenta/region/elne.htm
http://www.ciao.fr/Elne_Pyrenees_Orientales__Avis_985537

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La cathédrale Sainte-Julie-et-Sainte-Eulalie

Elne__0_aLa première trace de l'église d'Elne date de 571. La cathédrale fut reconstruite au IXème siècle, suite à son délabrement. De ce bâtiment ne subsiste qu'un bénitier creusé à l'intérieur de profondes canelures (l'extérieur est enserré dans une feuille d'acanthe). Au XIème siècle les techniques de construction évoluèrent. La cathédrale, après 200 ans d'existence, dû être à nouveau rebâtie. C'est là l'origine de l'édifice que l'on connaît aujourd'hui.
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Elne__1_aL'austère façade confère à l'édifice un aspect de forteresse. Le portail central est entouré de pans de murs dénués de tout ornement. Au-dessus du portail, on trouve une petite baie cintrée, encadrée par un décor de bandes lombardes.
S'élèvent ensuite deux tours, liées par une courtine crénelée. La façade était initialement symétrique, le deuxième clocher étant identique à son voisin. Mais il fut détruit au fil des années et reconstruit en brique, plus simplement.






Elne__8_aLe clocher sud, en pierre, comprend quatre étages au-dessus de la courtine; à chaque étage et sur chaque face, on trouve quatre baies cintrées. Le clocher est couronné par des créneaux. Le clocher nord, en briques rouges, est moins massif et moins haut que le clocher sud. Le premier étage en pierre et briques est sans ornement. Le deuxième étage est percé sur chaque face de deux baies cintrées. On n'en trouve qu'une plus large, au niveau supérieur. Là aussi, l'ensemble est surmonté d'une terrasse crénelée.











Elne__115_aL'intérieur de la cathédrale réserve une surprise avec l'emploi de technique directement inspirée de l'antiquité : les piliers sont légèrement penchés vers l'avant et la corniche de la nef monte en s'éloignant par dessus les grands arcades. Tout ceci fut fait dans le but d'améliorer la perspective.
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Elne_plan_3Le plan de l'église est basilical, à trois nefs : la principale et les deux bas-côtés sans transept qui se terminent par une abside et deux absidioles voûtées en cul de four.
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Elne__114_aLe choeur, à deux niveaux, comportait une crypte qui fut comblée lors de la mise en place du baldaquin en 1724 et dont subsiste, à l'extérieur, une absidiole. Une voûte en berceau de la fin du XIIème siècle, ronforcée par des arcs doubleaux, a remplacé la couverture en bois d'origine. Le doublement des piliers a été nécessaire.
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Elne__113_aLe bas-côté sud a été transformé par l'adjonction, à différentes époques, (fin XIIIème, XVème siècle) de chapelles dans lesquelles l'évolution de l'art de la voûte gothique est visible. Certains chapiteaux des demi-colonnes datent du XIème siècle.















Elne__150_aDans le jardin des absides, on peut voir la base d'un chevet gothique du XIVème siècle, inachevé faute d'argent.
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Elne__135_aL'autel majeur se trouvait dans l'abside, légèrement en avant de la cathèdre de l'évêque. Cette table de marbre rectangulaire d'un seul tenant, bordée d'une moulure de perles et d'oves découpée de lobes, d'une largeur d'1,20 m et d'une longueur de 2,50m, était garnie d'un revêtement d'argent. Elle est de nouveau utilisée depuis la réparation de la table d'autel en 1965.





Elne__138_aTraduction de l'inscription gravée sur la table : "L'autel d'argent qui, depuis le XIème siècle, Gaufred étant comte du Roussillon, surmontait cette table sacrée, était bas, étroit, et d'un travail grossier. Il avait souffert des injures des ans et des fréquents larcins....
Comme bien d'autres tables d'autel du Roussillon, elle ressort des ateliers narbonnais qui travaillaient sur des marbres tirés des édifices antiques de la ville. Elle repose sur un cippe romain.




Elne__149_aAu chevet de l'église, un mur à massifs saillants est ce qui reste d'un chevet gothique entrepris au XIVème siècle.












Elne__148_aDeux puissants arcs-boutants contrebutent l'abside dont le système décoratif, très simple, ne manque pas de beauté dans sa sévérité même. Des pilastres supportent une arcature où se logent trois fenêtres. A hauteur d'imposte, on trouve une corniche à billettes.
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Elne__133_aLe bénitier est tout ce qu'il nous reste de la première église construite au XIème siècle.

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Le cloître

Elne__23_aLe cloître d'Elne est un des rares grands cloîtres roussillonnais conservé presque intact. Commencé à l'apogée de l'art roman, et continué au long de la période gothique, il rassemble, sous une unité architecturale romane, une grande diversité de sculptures.



 

Elne__7_aBâti en marbre blanc veiné de bleu de Cérêt, il forme un quadrilatère irrégulier, adossé au côté nord de la cathédrale, desservant les salles capitulaires et la chapelle Saint-Laurent.






Elne__40_aLa construction du cloître s'est faite en plusieurs étapes : la galerie sud a été réalisée à la fin du XIIème siècle, la galerie est au début du XIIIème siècle, la galerie nord à la fin de ce même siècle et la galerie ouest au début du XIVème siècle.








 

2008_Pyr_n_es_053aLe cloître comptait autrefois un étage, sans doute du XIVème siècle, mais il fut détruit en 1827.



Elne__87_aChaque galerie compte cinq piliers quadrangulaires et huit colonnes géminées réunies par des arcs en plein cintre. L'espace central est occupé par un jardin qui n'était sans doute pas accessible à l'époque médiévale, la margelle des galeries n'étant interrompue par aucune porte.

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Elne__72_aA chaque angle du cloître, subsistent les statues des quatre évangélistes sur lesquelles on trouve des traces de couleur.


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Tout autour du cloître des pierres tombales, épitaphes ou tombeaux décorés de feuilles de vigne ou de motifs orientaux.


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Elne__75_aDes lions, des griffons, des paons, des serpents, des sirènes, des chevaliers...


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Elne__13_aLe lion est la force incarnée dans la matière, de nature double : éveillé ou endormi... symbole de résurrection ou de réalisation solaire. Il peut, non libéré de cette matière, représenter l'égo empêchant l'avancement de l'initié.

Le griffon, au corps de lion et aux ailes d'aigle, est le symbole des deux aspects de la force solaire, matérielle et spirituelle. Il relie le haut et le bas.






 

Elne__68_aLe paon est le symbole du rayonnement solaire et de l'immortalité. Par la multitude de ses "yeux", et les couleurs de ses plumes, c'est la manifestation d'un principe de totalité, de plénitude solaire. Souvent représenté par paire, les deux s'abreuvant au calice, il représente la dualité harmonisée et l'initié libéré des désirs et du pouvoir de l'égo.



Elne__98_aLe serpent nous montre les points d'entrée et de sortie des énergies cosmo-telluriques. Il nous est représenté ici avec plusieurs "nœuds", indication de plusieurs croisements de réseaux, ou ailé, nous montrant l'entrée des énergies cosmiques.






Elne__100_aLa sirène est ici bifide, et multiple. Elle nous montre le nombre de courants d'eau souterrains.

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Elne__16_aLe chevalier initié par ses voisins, l'un portant son bouclier, l'autre mettant la main sur son coeur.


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Elne__76_aUne clef de voûte nous montre même un pélican (symbole bien connu des alchimistes) nourrissant ses enfants, au nombre de 3 (corps-âme-esprit) qu'un serpent vient "enseigner"...








Elne__88_aDes karoubims (chérubins), leurs ailes déployées, accueillant bras ouverts ceux qui savent, alors que la tradition en fait les gardiens de l'arbre de vie après que Dieu ait chassé Adam et Eve du jardin d'Eden.









 

Elne__97_aDe partout, les signes des énergies, montant à travers les piliers, de façon dextrogyre ou sinistrogyre,


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Elne__96_ala svastika, les énergies doubles du caducée, les spirales et les fleurs alchimiques.


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Galerie sud, fin du XIIème siècle

Elne__62_aLa galerie sud, passage entre les salles capitulaires et la sacristie, c'est l'aile la plus ancienne. Les sculptures ont été réalisées après celles de Saint-Michel de Cuxa et de Serrabone, ce qui permet de voir leur similitude d'un bâtiment à l'autre.
Ces sculptures se rattachent donc aux dernières manifestations de l'activité des ateliers romans roussillonnais. Elles se caractérisent par des thèmes symboliques : végétaux (palmettes, acanthes) et animaux (lions, griffons, bouquetins, sirènes). On trouve quelques scènes historiées. Le travail des détails est précis, le rendu sec et nerveux, les volumes harmonieux.



Elne__63_aScène du quo vadis, tirée de la vie de saint Pierre : l'apôtre est à genoux devant le christ bénissant.








Elne__65_aElne__102_aLa création de l'homme : dieu modèle Adam dans la glaise, et tire Ève de sa côte, puis le péché originel.
La voûte sur croisée d'ogives a remplacé la couverture primitive de bois. A la retombée des arêtes de la voûte, des bas-reliefs représentent la passion du christ et la résurrection. Tout au long de la galerie, pierres tombales et épitaphes d'évêques et de chanoines.





Elne__45_aLa porte gothique d'entrée de la cathédrale est en marbre blanc et rouge, avec des pentures en fer forgé de tradition romane.










Galerie ouest, début du XIIIème siècle

Elne__74_aLes piliers et les chapiteaux s'inspirent de ceux de la galerie sud. Quelques chapiteaux à thème végétal adoptent un vocabulaire gothique. Sur le mur intérieur, quelques pierres tombales, sarcophages de l'école d'Aquitaine des VIème et VIIème siècles. Les voûtes sont sur croisées d'ogives retombant côté mur sur des culs-de-lampe du XIIIème siècle.









Galerie nord, milieu du XIIIème siècle

Elne__9_aElle voit apparaître des œuvres inspirées de l'art gothique de l'Ile-de-France (fin XIIIème). Elle permet d'atteindre la chapelle St Laurent.
Des chapiteaux sont encore clairement inspirés de l'époque romane, d'autres sont nouveaux, avec une large place aux thèmes végétaux.






Galerie est, début du XIVème siècle

Elne__30_aEntreprise vers 1315-1325, cette galerie poursuit l'architecture de la claire-voie romane. Alors que la voûte et les sculptures montrent une parfaite maîtrise de la technologie romane. Une place prépondérante est donnée aux compositions historiées.






Elne__77_aScènes illustrant la vie du Christ : annonciation et visitation, naissance de Jésus, annonce faite aux bergers, les rois mages chez Hérode.







Elne__82_aLes mages suivant l'étoile, l'adoration, le songe, le massacre des innocents.
L'enfance du christ : fuite en Egypte, circoncision, Jésus au temple avec les docteurs de la loi, dormition de la vierge, rencontre du christ avec Marie-Madeleine.






Elne__55_aAux angles intérieurs de chacune des galeries, les quatre évangélistes surmontant leur symbole.

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Elne_taureauPlusieurs représentations du taureau laissent à penser que Mithra n'est pas loin.

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Chapelle Saint-Laurent


Elne__54_aLes anciens bâtiments claustraux sont occupés par des salles d'histoire et d'archéologie abritant une collection d'objets d'art d'Elne,





 

Elne_madone_adont le plus notable est une armoire liturgique de la fin du XIVème siècle décorée d'une Vierge allaitante, qui est de retour depuis peu à Elne.





Elne__142_aUne vierge noire occupait la place. Est-ce l'une des statues que l'on trouve dans le musée, dans la chapelle Saint-Laurent, la vierge de Tres Portales, ou la vierge du portail de Perpignan ?


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Elne__143_aIl est dit que cette statue ressemblerait fort à celle de Pézenas, Notre-Dame de Bethléem, rejetée à la mer et rapportée par un marin, ou bien apportée de Rhodes par par un commandeur de Saint-Jean de Jérusalem.


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Elne__119_aMais alors, où se trouve Saint Michel ? Sur le retable gothique, dans la cathédrale...

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