28 octobre 2013

Notre-Dame de Nonette

Nonette_24C’est dans le chœur de l’église Saint-Nicolas de Nonette, dans le Puy-de-Dôme, que se trouve une Vierge de majesté de type roman auvergnat. Elle porte le nom de Notre-Dame de Nonette.

 

 

Nonette_25De facture assez frustre, elle est recouverte d’une épaisse couche de peinture. Cette statue possède tous les attributs d’une Vierge Noire, et pourtant la dédicace de l’église n’est pas la sienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 mars 2012

Notre-Dame de Pegros


Palais_Saint_Pierre_mus_e_vierge_noire_Saint_Flour_1

Cette vierge noire en majesté, datant de la deuxième moitié du XIIe siècle, fut achetée à l’antiquaire parisien Brimo de Laroussilhe  par le musée des Beaux-arts de Lyon en 1934.  Elle provient de Saint-Flour, dans le Cantal. Elle fait partie des vierges de l’école auvergnate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_vierge_noire_Saint_Flour_2Taillée dans du bois de charme, elle mesure 71,5 cm de haut, 31 cm de large et 30,5 cm de profondeur.

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Palais_Saint_Pierre_mus_e_vierge_noire_Saint_Flour_3Elle possède encore des traces de sa polychromie originale et d'un revêtement en métal avec  cabochons et pierres précieuses. Les avant-bras de l'enfant manquent. 

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Palais_Saint_Pierre_mus_e_vierge_noire_Saint_Flour_5Les pieds de la vierge et les pieds postérieurs du trône furent refaits et la tête de l'enfant recollée. Les jambes de l'enfant sont désaxées vers la gauche.

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08 janvier 2012

Notre-Dame du Pont de Saint-Floret

 

 

saint_floret_vueOn arrive à Saint-Floret en remontant la Couze Pavin depuis Issoire. Le bourg et son château du XIIIe siècle, situés dans la vallée qu’empruntaient les pèlerins de Compostelle, font déjà partie d’une belle histoire.

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_1Mais passez le pont médiéval de la Pède, et vous comprendrez que cet endroit mérite vraiment le détour. A commencer par une vierge romane polychrome du XIIIe siècle, ayant toutes les caractéristiques d’une vierge noire, qui se tient dans le petit oratoire : c’est Notre-Dame du Pont.



 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_2Elle est proche de la grotte dont la légende raconte que la source avait le pouvoir de guérir les maladies des enfants dont les linges, jetés en l’air, restaient collés sur la voûte. Un autre miracle eut lieu durant la dernière guerre : la vierge aux grandes mains protégea le pont des bombardements de l’aviation allemande en 1944. La seule bombe qui n’explosa pas fut celle qui tomba sous l’arche unique du pont de la Pède.



 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_3La vierge en majesté, assez rustique, possède un visage austère, mais empli de bonté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_7L’enfant, plus riant, bénit de sa main droite, et tient le livre fermé de la gauche.



 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_5Elle n’est pas dans une crypte, bien qu’étant située aux pieds de la butte féodale du Chastel, mais elle rayonne quand même de toute sa puissance. Elle fait partie des vierges noires travaillant sur l’eau, comme sa voisine de Vassivière.
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31 août 2011

Notre-Dame de Baffie



Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_17Remplaçant l’ancienne déesse celte, la statue, volée en décembre 1997, possédait bien toutes les caractéristiques des vierges noires. Datant du XIIe siècle, elle était de la même veine que les vierges auvergnates, en majesté, l’enfant sur les genoux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_19Elle était sculptée dans du bois de genévrier, probablement issu de Phénicie. Le voile sculpté autour de son visage devait se déployer en plis concentriques sur son torse et ses bras et se prolonger par une tunique, comme ses sœurs de Vauclair et de Gervazy. Les visages sont graves, celui de l’enfant porte des traits d’adulte.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_21C’est au XVIe siècle que l’ancienne statue fut mutilée. Un nouveau corps fut alors refait grossièrement, sur lequel on colla les deux têtes, et que l’on cacha par un vêtement. De Vierge en majesté, elle devint vierge debout. Il nous en reste heureusement une vieille photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_18Passons aux légendes. Comme beaucoup de Vierges noires, la première parle de saint Louis la rapportant des croisades en 1254 et l’offrant à Guillaume de Baffie. Il me semble qu’il a du trainer derrière lui un plein chariot de statues le pauvre homme.

 La deuxième raconte l’histoire d’un ménétrier (musicien des fêtes de village) qui, voulant chanter devant la Vierge, ne put que jouer de son violon puisqu’il était empli de péchés. La Vierge lui sourit, pencha la tête, et il put de nouveau reprendre sa chanson.

 

 

 

 

 

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La troisième nous fait part de la propension de la statue à revenir sur le lieu qu’elle avait choisi : 3 fois elle fut déménagée, trois fois elle revint seule au bord de l’Aix. La dernière fois, elle posa le genou sur un rocher qui garda sa trace. Cette légende était si ancrée dans l’esprit des gens, qu’après la révolution, quand la statue fut mise dans l’église de Saint-Genis-Laval, on l'attacha avec des chaînes à l'autel sur lequel elle était posée.

Une autre légende raconte dans les « Mystères de la Loire » qu’un dénommé Hugues Baffie, seigneur-brigand, déroba la statue. Les fleurs de lys d’or tombèrent alors petit à petit du manteau de la Vierge, laissant au sol une trace sur le chemin emprunté. Pris de remords, Hugues rendit la statue et lui fit construire la chapelle.

Notre-Dame de Baffie était invoquée pour la bonne santé des enfants, pour les malformations osseuses, surtout des jambes. C’est elle qui, toujours selon la légende, empêcha la peste d'atteindre Saint-Germain-Laval. Elle était protectrice des unions, et aujourd’hui encore, les jeunes mariés lui apportent le bouquet de la mariée en hommage.  

Dernière chose, Notre-Dame de Baffie, au rythme des saisons, porte une robe de soie blanche au printemps et une de velours bleu foncé à l’automne. Je vous laisse le soin d’étudier plus profondément le symbolisme de tout ceci.

 

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31 juillet 2011

Notre-Dame de Romay



Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_3La tradition attribue vers 960 la construction de la chapelle de Vallauris, le Val d’Or, à saint Mayeul, quatrième abbé de Cluny. Une première légende remonte à cette période, où des bœufs, sans guide, auraient transporté les pierres de la carrière proche nécessaires à l’édification des sanctuaires de Paray et de Romay. Mais les légendes fondatrices remontent à bien plus loin.


 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_20Romay est un toponyme d’origine gauloise. Les druides se retrouvaient autour de la source sacrée, qui possédait des vertus guérisseuses, notamment pour retrouver la vue (faire confiance aux anciens pour laisser des indices : la vue peut être prise comme un sens physique, mais... la lumière peut être intérieure).
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Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_18L’endroit était dédié à la grande déesse, maitresse des eaux. A la période gallo-romaine, Isis prit la place. Puis vint le christianisme et la chapelle fut dédiée à la Vierge. Elle prit le titre de « chapelle à répit » : les enfants mort-nés revenaient à la vie le temps de leur baptême.
«Six cents ans après le déluge, si l’on en croit la Tradition, un formidable incendie, relaté d’ailleurs par Diodore de Sicile, ravagea l’Ibérie et la Celtique. Epouvantés, les populations du Val d’Or implorèrent, dit-on, la Vierge qui devait enfanter et promirent de lui élever une pierre de témoignage. Le Val d’Or fut épargné et ce serait dans cette pierre de témoignage que, bien des siècles plus tard, l’image de Notre-Dame de Romay aurait été taillée».

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_12Notre-Dame de Romay, qui possède les attributs d’une vierge noire, n’en resta pas à ces miracles. Les Huguenots approchant, elle fut enterrée. Retrouvée grâce à des bœufs qui grattaient la terre, elle fut emmenée par les jésuites dans la chapelle de leur collège : elle retourna toute seule deux fois à Romay. Elle fut sauvée par une jeune fille et son frère lors de la révolution : Catherine Rouiller la plaça dans une niche cachée seulement par les rideaux de son lit. La chambre fut fouillée de fond en comble, mais personne ne souleva les rideaux.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_10Le dernier miracle remonte à 1807 lorsque François Lécué, couvreur de son état, vit une vive lumière à l’intérieur du sanctuaire. Ses deux compagnons pressèrent le pas, mais lui, plus courageux, s’approcha de la porte fermée. Les deux autres le rejoignirent et c’est alors qu’ils entendirent une voix commandant à François de mettre son âme en ordre puisqu’il allait mourir le lendemain à 19h.

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_2Il fit ce que lui demandait la voix, se réconciliant avec un ennemi, réglant ses affaires, demandant l’extrême onction et la bénédiction de sa famille. Effectivement, à 19 heures précise, il mourut. L'évènement attesté fit beaucoup de bruit, et provoqua une communication médicale à l'académie de Macon.

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_11La statue de la Vierge, représentée débout portant l’enfant sur le bras droit, date du XIe siècle. Même si elle n’est pas en majesté, elle porte les couleurs traditionnelles des vierges noires, le rouge et le vert. Le couronnement de la statue fut accordé par le pape Léon XIII le 17 juillet 1896.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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05 juin 2011

La vierge noire de Saint-Romain-d'Ay


Saint_Romain_d_Ay_37Même s’il est sur qu’un culte païen à la déesse-mère existait depuis longtemps, le culte de la vierge noire d’Ay est réellement attesté depuis le XIIe siècle. Une statue initiale aurait été rapportée de Syrie, peut-être par Odon de Tournon qui participa à la troisième croisade (1189-1192), sous les ordres de Frédéric Barberousse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_40Elle serait alors plus ancienne que ses sœurs du Puy et de Fourvière. Elle avait le pouvoir de ramener à la vie les enfants morts sans baptême. Aucune description de cette statue n’est parvenue jusqu’à nous, et elle disparut au cours de l’incendie de 1570 pendant les guerres de religion.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_39Claudine de la Tour de Turenne de Tournon, à la fin du XVIe siècle fit alors tailler une nouvelle vierge, copie de la précédente au goût de l’époque : au pied de la statue figurent les armoiries de la famille de Tournon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_33Elle fut épargnée à la Révolution grâce à Antoine Farigoules qui mit en lieu sûr le mobilier et les objets sacrés. En 1835, la statue fut envoyée quelques mois en réparation à Lyon puis réinstallée, le 7 septembre 1836. Elle fut classée monument historique le 19 juillet 1968. D’éminents personnages vinrent se recueillir au près le la Vierge Noire : saint Jean-François Régis, saint Jean-Marie Vianney, sainte Thérèse Couderc et Teilhard de Chardin.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_38Elle est en bois de chêne, haute de 75 centimètres. La Vierge porte une robe aux plis blancs et un riche manteau doublé de bleu et bordé de dessins rouges. L’Enfant Jésus est tenu sur le genou gauche de sa mère et porte un globe dans sa main gauche et bénit les fidèles de la main droite. Les cheveux sont dorés alors que les visages et les mains sont noirs. Lors des pèlerinages et des cérémonies importantes, un large manteau blanc rehaussé de riches motifs dorés, recouvre les épaules des deux personnages, alors couronnés.

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_35Elle fut déplacée de sa position initiale, dans le chœur de l’ancienne chapelle, vers l’autel principal situé dans le nouveau chœur que fit construire Madame de la Rochette.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_d_Ay_le_PuyLa tradition populaire veut que chaque année, le 8 septembre, la vierge d’Ay reçoive la visite de ses deux puissantes sœurs du Puy et de Fourvière. Ce qui est certain, c’est  qu’elles furent toute trois détruites par la bêtise humaine.
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Et ce qui est certain aussi, c'est que l'éternel féminin, la grande déesse, se retrouve partout à Ay pour qui sait la voir.

 

Saint_Romain_d_Ay_27Saint_Romain_d_Ay_27a

Saint_Romain_d_Ay_6Nulle part mentionnée dans les textes, mais toujours présente chez les habitants de Saint-Romain-d'Ay, l'ancienne source guérisseuse aux pieds de Marie, captée évidemment et devenue inopérante.

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26 avril 2011

La vierge d'Heume-l'Église

Heume_l__glise__glise_Sainte_Anne_2Voilà devant l’objet de ma visite : une vierge romane en majesté du XIIe siècle. Notre-Dame d’Heume-l’Église fait partie des plus belles vierges du Puy-de-Dôme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heume_l__glise__glise_Sainte_Anne_8Sa polychromie à dominante rouge et verte traditionnelle, ses grandes mains, sa taille et sa posture, sa longue tunique à plis réguliers, l’étole sur les épaules ne laissent aucun doute sur sa fonction de vierge noire.
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Heume_l__glise__glise_Sainte_Anne_20Elle ressemble étrangement à celle de Moussages, Notre-Dame des Claviers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heume_l__glise__glise_Sainte_Anne_1Aucune information sur cette statue ne nous est parvenue, ni sa légende. Moussages, qui lui ressemble comme une sœur, fut retrouvée quand à elle près d’une fontaine. Notre-Dame d’ Heume-l’Église procède aussi de l’eau.

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07 novembre 2010

La vierge noire d’Orcival

 

Orcival_Notre_Dame_1a

 

La statue, datant approximativement de 1170, est faite de bois de noyer recouvert dès l’origine de minces feuilles d’argent et de vermeil. Elle mesure 75 cm de haut. C’est l’une des rares statues romanes à posséder encore ce revêtement. Il fut refait par la ville de Clermont en 1631 à la suite d’un vœu. La dernière restauration date de 1960, date à laquelle elle a retrouvé la couleur d’origine de son visage. La main droite est du XVIIIe siècle, la gauche est encore plus tardive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_10Des trous de fixation furent percés dans les têtes en 1894 pour poser des couronnes. La restauration permit de découvrir une logette dans le dos de la statue, rendue inaccessible par le placage de métal d'origine : la toute première intention a pu être d'en faire un reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_9Elle est aussi connue sous l’appellation de Notre-Dame des Fers, comme en témoignent les chaines des captifs libérés, posées en ex-voto sur le mur du transept sud de l’église.

Orcival_Notre_Dame_6

 

 

 

 

 

 

 


Orcival_Notre_Dame_3Notre-Dame fit d’autres miracles, comme ramener à la vie des enfants mort-nés, ce qui incombait auparavant à la source miraculeuse. Elle s’occupe aussi de la fécondité et de la grossesse, de la conception à la naissance. En cas d’accouchement difficile, les auvergnates priaient en ces termes : « Moun Diu, bouna Vierza d’Ourcivau, fasta bada la pourto que moun houme a tant baiza pa bada », je vous laisse le soin de la traduction… Et ne vous moquez pas, je suis auvergnate d’origine.

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_11La vierge d’Orcival se trouvait dans la crypte jusqu’à une époque assez récente, en 1885, à l’emplacement du Saint-Sacrement, dans la niche centrale. C’est là que les pèlerins venaient la vénérer. Elle fut remontée dans le chœur et posée à un endroit où, le 15 août (fête de l'Assomption) à midi heure solaire, les rayons du soleil pénétrant dans l’église l’illuminent, seul moment de l’année où elle est entièrement éclairée. Mais elle ne retourne plus, comme la tradition le voudrait, dans les ténèbres de sa grotte, les mois d’hiver, quand, le signe de la Vierge se finissant, les énergies passent à saint Michel.

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_1Plusieurs légendes se rapportent à la statue. Une première raconte qu’elle fut faite de la main de saint Luc. Une autre qu’elle fut trouvée dans l’ancienne chapelle, l’église primitive qui se trouvait plus haut sur la colline, près d’une source sacrée, à l’endroit que l’on nomme le Tombeau de la Vierge. C’est de là que le maitre d’œuvre, voulant bâtir une nouvelle église, lança son marteau afin qu’il lui indique la meilleure place. Il atterrit là où se trouve le sanctuaire actuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_sucellos_1Le marteau du maitre d’œuvre… Serait-ce celui de Sucellos, qui représente dans le monde celtique la puissance créatrice et ordonnatrice d’un lieu ?  Celui que l’on retrouve sur le pilier roman du chœur de l’église de Rozier-Côtes-d'Aurec

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Sucellos_2aSucellos, le dieu gaulois au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité (sa parèdre, Nantosuelta, est la déesse de la nature, de  la terre, du feu, de la fertilité, une vraie vierge noire en fait) qui fait jaillir les sources en frappant le sol de son maillet.

 

 

 

 

 

 

Orcival_DagdaIl est assimilé au Dagda celte, le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides) qui a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique). C’est le dieu de la transfiguration (son maillet tue d'un côté, et ressuscite de l'autre) qui marque le passage de la vie purement terrestre à la vie spirituelle. Sucellos se retrouve à Dijon, ou à Gannat par exemple.

 

 

 

 

 

Orcival_Thor_Johannes_Gehrts_1Ou bien ce marteau est-il à rapprocher de Mjöllnir, le marteau de Thor, le dieu de la foudre et du tonnerre, symbole de la protection de l'univers face aux forces du chaos ? Ou est-il simplement la représentation de l’outil des maçons qui ne tarderont pas à devenir francs ? D’autres légendes similaires me reviennent à l’esprit, comme celle de la fontaine de Colombier.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_3Le marteau partit donc du Tombeau de la Vierge, situé sur un petit promontoire où, en 1872, un édicule contenant une copie en pierre de la statue de la vierge noire fut construit. Juste à côté, une grande croix blanche fut érigée en 1945 par des prisonniers venus à Orcival remercier pour leur libération.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_4Le chemin du pèlerinage actuel de l’Ascension se termine ici. La procession se déroule la nuit, conduite par l’évêque de Clermont.

 

 

 

 

 

 

Orcival_procession_2aLa statue de la Vierge et l’enfant, revêtus de leurs manteaux d’apparat et de leurs couronnes de pierreries, est mise sous un dais et portée par des hommes pieds-nus de la nouvelle église à l’ancienne, suivant un chemin de croix qui ne date que de 1917.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_plan_6Au siècle dernier, la procession se divisait : un groupe partait vers ce promontoire, le second vers la chapelle de la Fontaine de Notre-Dame située sur le versant opposé. C’est ce que l’on appelle le retour aux sources ?

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_chapelle_2aCette chapelle, celle de la colline d’en face, contient elle aussi une source miraculeuse. Depuis que celle de la basilique ne coule plus, elle a pris la relève.

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Orcival_chapelle_3aLes eaux de la source sont reçues dans un bassin au rez-de-chaussée, alors qu’une vierge en majesté trône sur l’autel situé à l’étage.

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Orcival_chapelle_5L’eau coule à l’extérieur, par un tuyau où l’on peut la récupérer sans avoir à entrer dans le sanctuaire.

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23 octobre 2010

Les vierges noires de Clermont



La vierge d’Etienne II



Notre_Dame_de_l_Assomption_VN_10C’est au Xe siècle à Clermont qu’apparut la toute première statue d’une vierge en majesté. Vers 946, Etienne II, alors évêque, commanda à Alleaume, un clerc à la fois architecte, sculpteur et orfèvre, une statue reliquaire pour la Vierge. N’oublions pas qu’Etienne fut tout d’abord évêque de Conques, où nous trouvons la statue de sainte Foy, statue reliquaire dorée à l’or fin, fabriquée sans doute au IXe siècle. Etienne a du s’en inspirer. Cette première statue, destinée à orner l’autel de la nouvelle cathédrale, est sans doute l’archétype des vierges romanes auvergnates. Cette statue reliquaire avait une tête en vermeil entourée de pierreries, son corps étant recouvert de plaques d’or, d’argent et de cuivre, la chaire rehaussée d’or et de pierres précieuses.
Détruite et fondue pour la monnaie de Paris pendant la révolution, sa trace fut retrouvée dans le « Codex Claramontanus » de la bibliothèque de Clermont-Ferrand. Le Codex, copié au XIe siècle en latin, décrit, par l’intermédiaire du diacre Arnaud racontant la vision de Robert, abbé de Mozac, les circonstances de la réalisation de la statue : « Il la (la cathédrale) dédia en l’honneur de la Mère de Dieu toujours vierge, et la fit si belle qu’en nos temps on n’en trouverait pas de pareille dans tout l’univers ».
Au verso de la page se trouve un dessin à la plume représentant la statue. La Vierge est assise sur un trône, l’enfant sur les genoux, représenté avec une tête adulte. Les mains sont démesurées. 9a rappelle quelque chose il semblerait…



Notre-Dame de la Bonne-Mort



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_1La vierge noire présentée à l’heure actuelle dans la cathédrale n’est pas la vierge d’Etienne. Personne ne sait d’où elle provient vraiment. Elle fut retrouvée en 1972 dans le tombeau d’un évêque de Clermont qui s’était fait enterrer avec elle, et porte à cause de cela le nom de Notre-Dame-de-la-Bonne-Mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_4aC’est une vierge en majesté du plus pur style auvergnat, proche de Notre-Dame de Marsat. Elle fut restaurée, transformée en vierge noire et dorée au XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le trésor de la cathédrale nous présente trois autres vierges auvergnates :



Notre-Dame de Chalus-Lembron




Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Chalus_1Le château de Chalus et sa chapelle, devenue église paroissiale, possédait une vierge en majesté. Sans doute cachée pendant la révolution, elle fut retrouvée par une petite fille de 7 ans, Marie Panel, en 1886 alors qu’elle jouait à cache-cache avec des copains dans une cave du village.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Chalus_2Réalisée au XIIe siècle, de couleur rouge et verte, elle mesure 75 cm. Elle ressemble trait pour trait à Notre-Dame de Tournus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Colamine-sous-Vodable

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_ColamineCette vierge en majesté fut retrouvée en compagnie de 6 autres statues polychromes, cachée derrière le retable du maître-autel de l’église du village le 16 août 1979 lors de travaux de réfection. Elle fut réalisée au XIIe siècle, et possède des plis verticaux sur sa robe avec bandeaux à mi-manche.

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Colamine_1

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Roche-Charles

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Roches_charlesC’est dans la chapelle du château de Roche-Charles, perchée sur un piton escarpé et encore à l’écart de toute route, que se trouvait une vierge en majesté du XIIe siècle. Près de l’église coulait une source, la fontaine Notre-Dame. La statue est partie pour Clermont, mais le pèlerinage, chaque 15 août, continue.
Cette vierge a la particularité de tendre ses bras, comme l’enfant qu’elle porte, vers celui qui la regarde.

 

 

 

 

 

 

Et le musée d'art Roger-Quilliot possède deux autres vierges en majesté :



Notre-Dame de Vernols



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Vernols_1Datant de la fin du XIIe, la vierge, droite, porte un voile maintenu sur le front par un bandeau circulaire. Un pallium noué au cou retombe droit sur son torse. Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats et aux archevêques métropolitains pendant la célébration de la messe. Bizarre de le retrouver sur une Vierge. La statue aux longs doigts, en bois fruitier, mesure 78cm de haut, sur une base de 30 cm. Elle est restée dans son église jusqu’en 1911.

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame d’Usson



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_VN_Usson_1La vierge en majesté en bois sculpté et peint polychrome, date du XIIe siècle. Usson est certes plus connu par son château, démoli sur l'ordre du cardinal de Richelieu : il fut en 1585 le lieu de résidence surveillée de Marguerite de Valois dite la Reine Margot, première épouse du roi de France Henri IV.

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19 octobre 2010

Notre-Dame du Port de Clermont-Ferrand




Notre_Dame_du_Port_Clermont_crypte_2Cette vierge représente la déesse-mère de la source, celle qui fut à l’origine du sanctuaire. Elle est intimement liée à l’eau. Il devait y avoir une antique statue protectrice, remplacée au cours des âges. Emile Saillens, dans son livre de 1945 « Nos Vierges Noires », dit que cette statue fut trouvée dans le puits sacré bien avant la construction de l'église.

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_crypte_3aLa statue actuelle de Notre-Dame-du-Port, posée comme il se doit dans la crypte, fut copiée malhabilement sur celle du XIe siècle au XVIIIe par un artisan, l’ancienne étant détériorée. La statue primitive fut perdue à cette époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_18Heureusement, nous en avons une représentation au tympan de la porte sud dans une représentation de l'adoration des Mages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_crypte_8La vierge actuelle est une vierge dite de tendresse, alors que l'originale était une vierge en majesté. Elle fut cachée pendant la révolution, chez monsieur de Villemont et fut sauvée de la destruction. Elle est sculptée dans du bois de noyer, était au départ recouverte d’un enduit rougeâtre, et ne fait que 29 cm de haut. Malgré cela, elle est toujours l’objet d’une vénération qui dépasse le temps. Les ex-voto en sont témoins. Une procession est organisée chaque année le dimanche suivant le 15 mai. Parmi les miracles qui lui sont attribués, citons celui de la procession de 1614, qui fit arrêter la pluie endommageant les récoltes et celle de 1631, qui arrêta la peste.


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