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Les reportages (portant uniquement sur des lieux que j'ai pu visiter personnellement) sont basés sur les sites que je trouve sur le net, sur des documents trouvés sur place ou bien sur les livres de ma bibliothèque, et bien sûr, sur mes ressentis personnels. Dans la mesure du possible, tous sont cités. Les photos sont de madame_dulac pour la plupart, et de Remlug quand j'égare les miennes (si si, ça arrive...)

En parlant de mes photos... Elles sont libres de droit pour un usage privé, sous réserve de mention du lien vers le blog. Toute autre utilisation doit faire l'objet d'un accord écrit de ma part.

Sincèrement vôtre,  Madame Dulac.

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La fontaine de Saint-Fortunat de Croizet-sur-Gand

 

Croizet-sur-Gand 1Croizet-sur-Gand tient son nom de la croisée de deux chemins, anciennes routes qui reliaient Lyon à Vichy et Feurs à Roanne. Le village se trouve sur la frontière qui séparait les terres du sire de Beaujeu de celles du comte du Forez. Le site fut habité depuis longtemps, comme en témoignent les vestiges gallo-romains trouvés au fond d’un puits au hameau de Ratille. En bas du village coule une source intarissable qui alimente le lavoir.

 

 

 

 

 

Croizet-sur-Gand 8L’eau de cette source est dite miraculeuse. Autrefois on venait s’y baigner lorsqu’on avait des troubles psychomoteurs et les mères amenaient les enfants qui avaient du retard pour marcher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ici que nous retrouvons Venance Fortunat, l’ami de Radegonde, à qui fut dédié l’église de Talmont en Gironde. Le christianisme, voulant éradiquer les anciennes croyances, attribua les miracles à Fortunat. Un pèlerinage fut organisé, qui perdure aujourd’hui.

 

Croizet-sur-Gand 3Au-dessus de l’ancienne source fut construit un pilier qui supporte la statue du saint.

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Croizet-sur-Gand 6

 

 

 

 

 

 

 

Croizet-sur-Gand 4Fortunat, de son vrai nom Venantius Honorius Clementianus Fortunatus naquit près de Trévise vers 530. Il étudia à Ravenne la grammaire, l’éloquence, la poésie et le droit et devint poète. En 565, atteint d’une maladie des yeux, il attribua sa guérison à saint Martin, et décida d’aller visiter son tombeau à Tours. Il fut accueilli à la cour d’Austrasie par le roi Sigebert et sa femme Brunehilde avant de s’attacher à Radegonde, épouse du roi des Francs Clotaire 1er qui vient de fonder l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers. En 576 il y fut ordonné prêtre et devint vers l’an 600 évêque de Poitiers.

 

 

 

 

Fortunat 1Il mourut en 609. Il aura composé de nombreuses œuvres poétiques, ainsi que des hymnes (le Vexilla Regis et le Pange linga sont encore connus et chantés lors de cérémonies liturgiques) et les hagiographies de saint Germain, évêque de Paris, saint Médard de Noyon, saint Rémi de Reims, saint Aubin d’Angers, saint Marcel et sainte Radegonde. Il écrivit à l’évêque Syagre d’Autun de nombreux acrostiches qu’il fit peindre sur les murs de son palais.

 

 

 

 

 

 

 

Devinez, en passant me voir, la chose qui,

Utile à votre savoir, vous apprendra

L’acrostiche, et même le kakemphaton !

Ah… le désir s'accroît quand l'effet se recule,

Comment dire encore… Non, je préfère stopper là.

 

 

 

Posté par madame_dulac à 17:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

18 septembre 2019

Le site du moulin du Fâ

Barzan plan 1quelques kilomètres de Royan, Barzan, petite commune de Charente-Maritime, abrite un site archéologique très riche.

 

 

 

 

 

 

Bazan 2Les environs furent occupé dès le Néolithique, ce qu’atteste la découverte de nombreux vestiges comme des poteries, des haches et des pointes de flèche,

Barzan 6

 

 

 

 

 

 

Dolmen de Beloire 1mais aussi la présence de tumulus et de dolmens comme celui de Beloire, ou celui du Moulin-Rompu, dit polissoir de saint Cybard (moine contemporain de Radegonde, à qui l’église de Talmont est dédiée), dont la pierre de couverture, qui servit de polissoir, fut enlevée et transportée dans le jardin du musée de la préhistoire de Saintes.

 

 

 

 

 

Dolmen MoulinEutrope Jouan, notaire local passionné d’archéologie, en parle en ces termes en 1875 dans son Recueil des Actes de la Commission des Arts et Monuments historiques de la Charente-Inférieure : « On se demande en voyant ces sillons si les Celtes ne polissaient pas les instruments et outils auxquels ils croyaient attacher une vertu particulière ». Sur le site même de Barzan furent retrouvées des couches de cendres et des pierres de foyers ainsi qu'une nécropole, ce qui permit de prouver la présence d'un habitat à cet endroit, daté d’environ 3 500 ans avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

Barzan 9Le site archéologique de Barzan, situé sur une hauteur dominant l’estuaire de la Garonne, fut occupé au VIIe siècle avant notre ère par une tribu gauloise, les Santones, qui y érigèrent un fanum (temple de la période gallo-romaine, construits en général sur l’emplacement d’un ancien nemeton celte).

 

 

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 10Les fouilles du sanctuaire révélèrent l’existence d’un podium, d’un fossé circulaire et des murs du péribole, montrant deux enceintes successives, dont la seconde, monumentale, mesurait environ 106 mètres par 92.

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 4Un moulin à vent fut édifié au XVIe siècle sur le podium, qui prit le nom de moulin du Fâ, abréviation de fanum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 7Autour du sanctuaire fut retrouvée, sur un terrain de plus de 140 hectares, une ville portuaire avec son avenue centrale (le decumanus, de 300 mètres de longueur, qui reliait deux zones de temples), des thermes, un forum, un théâtre, un aqueduc, des entrepôts, des magasins de grande dimension et de nombreuses habitations.

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 1Les ruines servirent malheureusement de carrière de pierre pendant plusieurs siècles et il n’est pas rare de retrouver des éléments décoratifs en réemploi comme dans l’église de Talmont.

 

 

 

 

 

 

Barzan 7

Récemment fut retrouvé la statue d’un génie ailé adossé à un chêne, symbole de Jupiter, la main s'appuyant sur la tête d'un aigle.

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 2La ville gallo-romaine, seconde agglomération de la civitas santonum (région administrative romaine) après Mediolanum Santonum (Saintes) est présentée comme l’ancienne Novioregum indiquée dans l’itinéraire d’Antonin (Itinerarium Antonini Augusti, guide de voyage du IIIe siècle qui recense les villes-étapes de l’Empire romain et les distances les séparant), ou comme le Portus Santonum, le port des Santons, décrit par Ptolémée. Cette ville importante fut probablement un comptoir commercial, ou emporium, situé sur l’ancienne route du commerce de l’étain et sur la voie romaine reliant Saintes à Bordeaux.

 

Barzan plan 0La ville, dont les premières constructions importantes furent édifiées sous les Flaviens (de l’an 69 à 96), fut agrandie au cours des deux premiers siècles de notre ère pour atteindre son apogée sous les Antonins (entre 96 et 192).

 

 

 

 

 

 

Site gallo-romain de Barzan, dit du Fâ 3Les archéologues pensaient qu’elle fut abandonnée durant le IVe siècle, probablement à cause de l'envasement du port, mais des tombes mérovingiennes furent mises au jour récemment. Dès lors, il semblerait que la cité, devenue modeste, fut laissée à l’abandon vers le IXe ou le Xe siècle.

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Talmont-sur-Gironde

 

Historique

 

Talmont-sur-Gironde 41Le village se situe au sommet d’un plateau calcaire dominant une plaine marécageuse bordant l’estuaire de la Gironde. La toponymie nous indique une présence gauloise : Talmont proviendrait des mots gaulois tal, signifiant surface plane, et mon, le mont.

Talmont-sur-Gironde 5

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 1aL’occupation du site est probablement liée à la métropole voisine (environ 2km) de Novioregum. Talmont prenant de l’importance alors que Novioregum déclinait. Les pierres de l’ancien comptoir servirent à sa construction, comme le montrent les trois fûts de colonnes romaines retrouvés dans l'église.  

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 19C’est durant l’époque carolingienne que fut construit le premier sanctuaire connu, une chapelle dédiée à sainte Radegonde. Le village, Talamo, devint un poste militaire puis une seigneurie durant le haut Moyen Âge. Le duc d’Aquitaine Edouard 1er d’Angleterre l’acheta en 1284 et l’entoura de remparts.

 

 

 

 

 

 

Talmont plan 4La guerre de Cent Ans puis les guerres de Religion la firent passer d’un camp à l’autre, entre les Anglais et le royaume de France puis entre protestants et catholiques. En 1652, lors de la Fronde des Princes, les Espagnols occupèrent la ville et détruisirent les remparts avant de partir.

 

 

Talmont-sur-Gironde 2Sur la place de la Priauté, devant la mairie, un tilleul à petites feuilles fut planté en 1895. Il fait partie des arbres remarquables et possède une circonférence de 3m90.

 

 

 

 

 

 

 

Talmont carrelet 1Les carrelets, petits cabanons en bois aménagés sur une plateforme reliée à la falaise par une estacade (ponton sur pilotis), étalent leurs filets de pêche, descendus et relevés à l’aide d’un treuil et d’un contre-poids à marée haute pour capturer petits poissons et crevettes.

Talmont-sur-Gironde 4

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L’église Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde

 

Historique

 

Talmont-sur-Gironde 17C’est durant l'époque carolingienne que fut construite à Talmont, sur le point haut de la falaise, une chapelle dédiée à sainte Radegonde. A la fin du XIe siècle, en 1094 ou 1097, Guillaume Laier, seigneur de Talamon, fait don de la chapelle et d'un terrain attenant à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, communauté réputée pour une importante relique : la tête de saint Jean-Baptiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 9Les bénédictins construisirent alors une nouvelle église, plus grande, dans le style roman saintongeais. Les travaux durèrent de 1140 à 1170 et commencèrent inhabituellement, par la nef. Le transept et le chœur datent de la seconde moitié du XIIe siècle. Les travaux furent menés par les mêmes qui firent l’église voisine d’Arces.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 8La nouvelle église fut fortifiée au XIIIe siècle après le rachat de Talmont en 1283 par le duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre Edouard 1er. Le toit fut remplacé par une plateforme crénelée qui servit de chemin de ronde aux soldats de la garde.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 11La façade occidentale ainsi que la première travée de la nef s’effondrèrent au XIVe siècle, fragilisées par le creusement de la crypte-ossuaire quelques mètres en-dessous, et non pas à la suite d’une tempête comme on l’entend souvent. Une nouvelle façade gothique, modeste, fut édifiée. Autre affirmation erronée : Talmont ne fut jamais une étape sur le chemin de Compostelle. L’ancienne chapelle, dont le vocable était passé à la nouvelle église, fut détruite au XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 19En 1794, l’église, rebaptisée temple de la Vérité, servit de lieu d’assemblée à la nouvelle municipalité. Classée monument historique en 1890, elle subit de nombreuses restaurations et reconstructions. En 1929, une première tranche de travaux s’ouvrit. Une partie de la crypte fut dégagée. En 1935, la coupole et la base du clocher furent refaits.

 

 

 

 

 

Talmont plan 5La loi Malraux en 1962 permet la consolidation de la falaise qui menace d’effondrement. S’ensuivit une restauration en profondeur menée par Michel Mastorakis. L’église se voit enlever tout élément postérieur au XIIe siècle. En 1970, le chemin de ronde du toit fut démoli, la base du clocher dégagée, la plupart des sculptures extérieures de l’abside et des absidioles refaites.

 

 

 

 

Sainte Radegonde

 

Qui était Radegonde, déclarée sainte quasiment après sa mort ?

 

Sainte Radegonde 14aPrincesse germanique, fille de Berthaire, roi de Thuringe, née vers 520 à Erfurt et décédée le 13 août 587 à Poitiers, Radegonde devint reine des Francs en épousant Clotaire 1er, fils de Clovis. Fondatrice de l’abbaye Sainte-Croix, elle est patronne de Poitiers et patronne secondaire de la France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sainte radegonde 6a

Radegonde naquit vers 520. Les Francs envahirent la Thuringe sous la conduite du roi Clotaire, fils de Clovis. Une partie de la famille de Radegonde fut massacrée et elle fut emmenée captive avec son jeune frère. Clotaire la fit élever en Picardie à partir de 531. Vers 538, subjugué par sa beauté, il décida de se marier avec Radegonde. Celle-ci, très pieuse, protesta et prit la fuite. Rejointe par le roi, il l’épousa à Soissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 10aRadegonde passa alors ses journées et une partie de ses nuits en prière. Vers 555, Clotaire, après une révolte des Thuringeois, fit assassiner son jeune frère. Ayant appris le crime, elle décida de le quitter et d’entrer en religion. Elle partit à Noyon, et obtint de l'évêque Médard qu'il la consacre diaconesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

St Martin Tours aAprès avoir pris l'habit, Radegonde se rendit à Tours sur le tombeau de saint Martin, puis elle s'installa dans sa villa de Saix en Loudunais que Clotaire lui avait donnée. Elle y fonda un oratoire et un hospice, menant avec ses suivantes une vie de religieuse. Elle s'occupait elle-même des malades. Ce fut l’un des premiers hospices organisés en France.

 

 

 



Clotaire-1erLe roi Clotaire essaya alors de récupérer son épouse par la force. La reine se réfugia à Poitiers près du tombeau de saint Hilaire. L’intervention de saint Germain, l’évêque de Paris, l’empêcha de mener à bout son projet. Clotaire, menacé d'excommunication, se soumit et fit construire pour elle un monastère de religieuses à Poitiers (vers 552-557). Radegonde, refusant d’en être l’abbesse, mais gardant l'autorité d'une reine, envoya à l'empereur de Constantinople ses propres messagers pour qu'il donne à la reine des Francs un fragment de la Vraie Croix. Le monastère Notre-Dame prit alors le nom de Sainte-Croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 12aRadegonde et Agnès, son ancienne dame de compagnie devenue abbesse de Sainte-Croix, partirent à Arles pour y rencontrer l’abbesse de Saint-Jean, couvent qui venait d’adopter une nouvelle règle pour les moniales (regula ad virgines) écrite par l’évêque d’Arles qui devint saint Césaire. Radegonde la fit appliquer à Poitiers. Lorsque Radegonde mourut en 587, son monastère comptait 200 religieuses, souvent issues de la noblesse franque ou gallo-romaine. Sa tombe fut profanée ainsi que celle de saint Hilaire, et leurs restes dispersés par les huguenots en 1562.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VenantiusFortunatus 1La vie de Radegonde est connue par la biographie écrite après sa mort par son confident Venance Fortunat, futur évêque de Poitiers et futur saint, par celle rédigée au début du VIIe siècle par Baudonivie, religieuse de Sainte-Croix, et enfin par des passages des livres de Grégoire de Tours.

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 4aRadegonde fit de nombreux miracles :

-       Elle distribua du vin partout où il manquait, tiré d’un tonneau qui jamais ne se vidait (symbolique de la vigne et du raisin, l’ivresse procurée permettant la déconnexion du mental afin de recevoir un message spirituel)

-       Elle fit disparaitre de nombreuses fois le démon (pas Satan, hein ? Juste le démon, qui peut figurer le maitre de la matière et de la Force, ou notre alter ego, notre plu vieil ennemi), qui coupait son fil de pelote (symbole de l’agent qui relie les états d’existence entre eux et à leur Principe, agent du retour à la lumière), qui envahissait le monastère sous forme d’un troupeau de chèvres ( Amaltée et sa corne d’abondance, le capricorne à la queue de serpent), qui, sous la forme d’une chouette (la connaissance), hululait toute la nuit dans le jardin. Elle délivra plusieurs personnes possédées par ce démon : une jeune fille, Fraiflède, une paysanne, Leubile (il sort des épaules sous forme d’un ver), la femme d’un charpentier (il sort par l’oreille) et plusieurs autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte Radegonde 13aLe plus intéressant reste les légendes se rapportant à Radegonde.

La première, apparue au XIIIe siècle, parle du miracle des avoines. Il se déroule lorsque Clotaire veut récupérer sa femme à Saix. Il y envoya une troupe pour la ramener à la cour. Avertie de leur venue, Radegonde s’enfuit vers le sud. Alors que les soldats arrivaient sur elle, elle vit un champ que des paysans étaient en train de semer d’avoine. Elle s’y précipita et fit instantanément pousser les graines. Elle put se cacher dans l’avoine haute. Depuis, la sainte est invoquée comme protectrice des moissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sainte radegonde 15aLa deuxième raconte que Radegonde était très liée à un moine anachorète, Junien, fils de nobles gallo-romains. Junien, voulant se retirer du monde, s’installa sans permission sur les terres du domaine royal. Clotaire, fâché, le fit venir dans son domaine de Javarzay. Alors qu’il le sermonnait sévèrement, le bâton de l’ermite se mit en mouvement et vint s’immobiliser au milieu de la pièce. Impressionné, Clotaire lui donna les terres de Mairé-Lévescault afin qu’il puisse s’y installer. Il est dit que Junien et Radegonde, devenus très proches, s’étaient promis que le premier des deux qui partirait pour l’au-delà enverrait à l’autre un messager. Junien, qui deviendra le saint patron des laboureurs du Poitou, mourut le 13 août 587, le même jour que Radegonde. Les deux messagers se retrouvèrent à mi-chemin, en un lieu appelé Troussais près de Ceaux-en-Couhé.

 

 

 

 

 

 

 

Grand'Goule 6aLa troisième date aussi du XIIIe siècle. La rivière du Clain, sujette à des crues dès les premiers jours de pluie, inondait régulièrement les caves et les soubassements de Poitiers. En effet, dès que les eaux montaient, l’abbaye Sainte-Croix était la scène de nombreuses et étranges disparitions. Comme dans de nombreuses demeures, la réserve de nourriture de l’abbaye se trouvait dans les sous-sols. Un soir d’orage, une des sœurs y descendit pour prendre vivres et bougies. Mais elle ne remonta pas. Remarquant son absence, deux de ses sœurs décidèrent de rejoindre la réserve. Elles découvrirent là une traînée de sang, mais pas leur sœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand'Goule 2aL’une d’elle, la plus jeune et la plus courageuse, voulut inspecter le soubassement. C’est alors qu’elle remarqua dans l’obscurité deux rubis brillants qui suivaient ses mouvements comme un tournesol suit le soleil. Plus la jeune sœur tentait d’en discerner la source, plus les perles rouges semblaient s’enfoncer dans les ténèbres des lieux. La seconde religieuse restée à l’entrée de la réserve, entendit alors un cri qui lui glaça le sang. Elle n’eut pas le temps d’avertir ses sœurs que déjà devant elle se dressait une immonde créature. Sortie droit des enfers, la bête se tenait devant elle. Elle avait une tête de lézard, immense, démesurée par rapport à son corps serpentin couvert d’écailles, deux pattes munies de serres, une paire d’ailes osseuses pareilles à celles des chauves-souris et une queue en pince de scorpion. Mais tout cela n’avait rien d’inquiétant, en comparaison à ses yeux flambants de rage qui la fixaient, la clouant sur place de terreur suffisamment longtemps pour que la sœur, pourtant toujours prudente et sage, rejoigne ses deux jeunes sœurs dans les entrailles de la bête…

Grand'Goule 3Devant la disparition de ses subalternes, Sainte Radegonde composa un groupe de sœurs les plus hardies de son ordre. Elles bénirent du pain, saisirent cierges et livres saints, et toutes ensembles descendirent le long escalier sinueux qui s’enfonçait dans les profondeurs terrestres. Une atmosphère malsaine s’opposait au groupe, mais le nombre donnant du courage, elles continuèrent, massées derrière la sainte qui ne vacillait pas. La créature apparût alors devant elles, se dressa de toute sa hauteur et ouvrit grand la gueule pour dévoiler une rangée de dents acérées longues d’une coudée chacune et une langue bifide de vipère. Sainte Radegonde jeta alors dans la gueule béante une poignée de pain béni qui, dès qu’elle toucha la bête, consuma sa chair. La créature lança un cri de douleur si aigu que les murs de l’abbaye tremblèrent, avant de s’éteindre. Pour la petite histoire, les moniales de Sainte-Croix sont les seules de tout le diocèse de Poitiers à fabriquer le pain des hosties.

Grand'Goule 5La créature fut surnommée Grand’Goule en raison des proportions démesurées de sa gueule. Une effigie en bois, dont la gueule est articulée, fut exécutée par l’ébéniste Jean Gargot en 1677 à la demande de l’abbesse de Sainte-Croix. Elle était promenée à la procession du troisième jour des Rogations. Sur son passage, on jetait des gâteaux secs, appelés casse-museaux, et les gens criaient : "Bonne sainte vermine, priez pour nous" et "protège-nous pour l'année à venir". La bête devint, comme on peut le voir, une figure protectrice… Cette procession fut arrêtée au XIXe siècle et la Grand’Goule se retrouva au musée Sainte-Croix.

 

 

 

 

Grand'Goule 4aL'Écossais sir John Lauder de Fountainhall, qui vécut à Poitiers entre 1665 et 1666, décrit, dans son journal de voyage, la Grand'Goule comme un crocodile. Plus particulièrement, il affirme que l'histoire est celle d'un crocodile empaillé visible à l'époque au Palais des comtes du Poitou : « Là est attachée à une muraille avec des chaînes de fer la carapace d'un hideux crocodile ; bien qu'elle soit infiniment réduite, elle est monstrueusement grande, avec une gueule énorme ».

 

 

BertrandCela peut nous ramener à saint Bertrand de Comminges, qui terrassa un… crocodile (vvoir la symbolique du crocodile). D’après la légende, il existait un monstre avant son arrivée, tapi dans la vallée de Labat-d’Enbès. Il imitait le vagissement des enfants pour attirer ses victimes et les dévorer. Pour en débarrasser le pays, Bertrand alla à sa rencontre, armé de son seul bâton épiscopal. Le monstre s’avança vers lui la gueule ouverte. Le saint toucha sa tête du bout de sa crosse, et le reptile devint plus doux qu’un agneau. Il suivit docilement Bernard jusqu’au seuil de la cathédrale, où il mourut. Bertrand ne tue pas le crocodile, il le maitrise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tarasque 1On retrouvera des légendes semblables à Tarascon avec sainte Marthe qui terrasse la Tarasque, a à Metz où saint Clément chasse le Graouilly, à Rouen où saint Romain libère la ville de la Gargouille.

Gargouille 2a

 

 

 

 

Graouilly a

 

 

 

 

 

 

 


Que nous racontent ces légendes ? La maitrise du dragon… Avec les sauroctones et les céphalophores

L’extérieur

 

Talmont-sur-Gironde 10La façade occidentale, refaite en style gothique au XVe siècle est très sobre, sans beaucoup d’intérêt. C’est un mur à pignon percé d'une simple porte gothique. De puissants contreforts l'étayent aux deux angles.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 12Le chevet, rythmé par des contreforts-colonnes, est divisé en trois niveaux délimités par des bandeaux. Le deuxième niveau est percé de baies à colonnettes qui éclairent le chœur, le troisième est décoré d’arcatures aveugles.
14 13 Les modillons, malheureusement, ne sont pas d’époque. Ils ont été refaits durant les diverses restaurations de l’édifice.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 20La façade nord est séparée en trois parties horizontales. Un portail à trois voussures est flanqué de deux arcades. La partie intermédiaire présente sept arcades supportées par des colonnettes. La partie supérieure formant un pignon est ornée d’un oculus.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 23Le portail a conservé la plupart de ses sculptures mais elles sont très abimées. Difficile d’en faire une interprétation symbolique. Il est admis, chez les gens bien intentionnés, que la façade représente le thème du salut de l’âme, avec à gauche le mal et l’enfer, au centre les moyens de trouver le salut, et à droite la pénitence et le paradis. Pourrait-ce être l’indication de la voie qu’offre l’église pour une élévation spirituelle ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 34A gauche, effectivement, deux dragons ailés (aile : capteur cosmique de l’énergie divine) s’affrontent sur la voussure. A droite un dragon lunaire, féminin, à gauche le dragon solaire, masculin ?  Sur le linteau, un monstre affronte une femme allongée. Sainte Radegonde affrontant l’animalité, la force brutale représentée par le saurien ? Voir la symbolique des sauroctones.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 35A droite, la voussure est ornée de motifs végétaux représentant des feuilles de vigne. La vigne du Seigneur, par l’ivresse mystique qu’elle procure, va permettre de poser le mental de côté afin de recevoir un message spirituel qui ne se comprend parfaitement qu’avec le cœur.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 37La vigne et son fruit, le raisin, vont se retrouver sur un des chapiteaux des colonnes du pied droit de droite, côté solaire. Ici, des oiseaux symbolisant l’âme suivent le serpent tellurique en montant. Le premier a ses pattes posées sur l’astragale, symbole de la terre, du sol, le deuxième, plus haut, a les pattes accrochées sur le corps du serpent. Quant au troisième oiseau, les pattes toujours posées sur le corps du serpent, il mange du raisin. Sa tête est presque au niveau du tailloir, qui représente le ciel. Le serpent le tient encore dans sa gueule. Est-ce pour essayer de le faire redescendre, ou est-ce pour l’aider à s’envoler ?

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 36Le pied droit de gauche, côté lunaire, montre un chapiteau représentant la décollation de saint Jean-Baptiste. Ce thème provient sans doute de Saint-Jean-d’Angély. Couper la tête, c’est abandonner les barrières mentales. Même principe qu’avec la vigne. Un peu plus définitif parfois. A moins qu’il ne s’agisse d’un épisode de la vie de Radegonde, quand son mari tua son frère, puisqu’on retrouve ici le même personnage qu’à gauche du portail, habillé d’une robe aux manches pagodes qui semble représenter la sainte.
Le chapiteau suivant montre deux animaux dont les pattes avant (posées sur l’astragale) sont liées par une corde. La corde représente, en symbolique romane, l’appartenance à un ordre, ici certainement les bénédictins, qui avancent tous sous une même règle (les fraternités initiatiques en font le symbole de l’union de leurs membres).  Mais le fait de porter une corde, chez les moines, leur permet aussi de couper les énergies telluriques alourdissantes ou matérialisantes captées par les jambes et peuvent ainsi se consacrer à la vie spirituelle. Ici, les bêtes sont tenues par le cou (chakra de la gorge : la parole, l’énergie du verbe) par un homme dont la tête touche le tailloir (le ciel). Leurs yeux (miroir de l’âme et symbole de la connaissance universelle) sont picorés par des oiseaux, les pattes posées sur leurs corps. Leurs oreilles (j’entends) sont bien ouvertes, leurs dents (la sagesse) acérées. Dent j’ai ? Franchir le seuil de l’église n’est pas anodin.

Talmont-sur-Gironde 21Les voussures elles aussi nous parlent. La plus haute présente soi-disant des hommes qui essaient de tirer un lion qui piétine une pauvre victime. En fait, je pense plutôt qu’ils tirent l’animalité du corps du futur initié.
 La voussure du milieu présente soi-disant des hommes (dont le premier semble avoir les jambes retournées) portés les uns par les autres dans une métaphore de la communauté chrétienne unie et solidaire. Moi je vois plus l’initié qui a commencé son retournement, un acrobate.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 22La voussure du bas est ornée d’anges honorant l’agneau pascal, symbole du Christ. Je vois, quant à moi, des hommes ailés (les anges en général portent une auréole), donc débarrassés de la lourdeur de la matière. Les premiers, les ailes regardant encore vers le sol, portent les seconds, thuriféraires (porteur d’encens : la fumée symbolise l’âme s’élevant vers Dieu)), dont les ailes regardent vers le ciel. Ils arriveront bientôt à l’état christique.

 

 

 

 

L’intérieur

 

Talmont plan 3L’axe de l’église, orienté est/nord-est (celui de l’absidiole au septentrion sud/sud-est, nord/nord-ouest), est décalé par rapport aux traditionnels levers et couchers du soleil aux solstices. C’est à cause de la dédicace, faite le jour de la fête de sainte Radegonde, le 13 août.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 25L’église, primitivement édifiée en forme de croix latine, possédait une nef à trois travées, un transept avec absidioles, un chœur et une abside semi-circulaire. Elle peut aujourd’hui, après l’effondrement d’une partie de la nef, s’inscrire dans un carré de 25 m de long et 21 de large.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 27

La nef, d’une seule travée, est couverte par une voûte en berceau brisé reposant sur des doubleaux.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 28Les chapiteaux plus anciens sont assez sobres. Les plus récents, situés à l’est, sont historiés. Parmi eux, au nord-est, celui qui représente la légende de saint Georges. Encore un sauroctone. A moins qu’il ne s’agisse, encore une fois, d’un épisode de la vie de Radegonde.

 

 

 

 

 



Talmont-sur-Gironde-ExVotoLes deux absidioles sont voûtées en cul-de-four. Celle de droite sert de sacristie. Devant celle de gauche, une chapelle, un bateau à trois mâts est suspendu en ex-voto.

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 29L’abside, légèrement plus étroite que le chœur, voûtée en cul-de-four, est ornée de cinq fenêtres dont deux aveugles. Leurs cintres s'appuient sur des colonnettes à chapiteaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde 32Talmont-sur-Gironde 31Au fond de la nef, deux escaliers descendent vers la crypte. Découverte au siècle dernier, mesurant près de neuf mètres, elle est composée d’une chapelle funéraire surmontant un ossuaire. 20m 3 d’ossements en furent retirés, ainsi que des pièces carolingiennes, quelquefois en or.

 

 

 

 

 

Talmont-sur-Gironde plan 1'

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Radegonde_de_Talmont

http://decouverte.inventaire.poitou-charentes.fr/monuments-romans/talmont-sur-gironde.html

http://architecture.relig.free.fr/talmont.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand%27Goule

http://www.talmont-sur-gironde.fr/

http://chapiteaux.free.fr/ALBUM_TALMONT/PORTA_TALMONT.html

https://inventaire.poitou-charentes.fr/documents/fichiers/inventaires_territoire/estuaire_de_la_gironde/diaporama-conference-estuaire-de-la-gironde-12-06-2014.pdf

https://www.paris.catholique.fr/113-Sainte-Radegonde.html

Inventaire du patrimoine de la région Poitou-Charentes

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