27 janvier 2015

Autoire



Historique



Autoire_15Le village, situé à la frontière entre les comtés d'Auvergne et de Toulouse, est blotti au creux d’un vallon étroit bordé de falaises calcaires se terminant par une cascade de plus de 30 m de haut.

Autoire_cascade_0

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_14La plus ancienne mention du village, dans le cartulaire de l’abbaye de Beaulieu, date de 932. Il y est rapporté qu’en 895 Casto et sa femme Aldagudis cédèrent à l’abbé Romuald un domaine situé sur la rive gauche du ruisseau de la vallée d’Altornse, d’où dériverait le nom d’Autoire.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_12En 1090, l’église fut donnée par le seigneur du lieu, Raymond de Banze, à Géraud III de Cardaillac, l’évêque de Cahors, à condition que son fils en devienne l’un des chanoines.

Autoire_10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_13En 1178, le village fortifié, qui dépendait de Saint-Céré, passe sous le contrôle de la vicomté de Turenne. En 1259, les seigneurs de Banze sont alors vassaux d’Hugues de Castelnau, baron de Gramat. En 1286 Autoire est cédé à Edouard Ier, roi d’Angleterre qui y installe des routiers, compagnies de mercenaires qui pillèrent le pays durant toute la guerre de Cent-ans.

 

 

 

 

Autoire_5Les guerres de Religion ne firent pas mieux : en 1562, Autoire est dévasté par les Calvinistes, puis la Révolution apporta son lot de malheurs. Le village médiéval fut quand même préservé.

 

 

 

 



L'église Saint-Pierre et Saint-Paul

Autoire_7L’église, située au centre du village fortifié, existait déjà depuis un moment quand elle fut donnée à l’évêché de Cahors en 1090. C’est à cette époque, à la fin du XIe siècle, qu’elle fut reconstruite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Autoire_3Le plan initial était constitué d’une nef unique à deux travées, précédée d'un transept surmonté d’une coupole portant le clocher, et d’un chœur semi-circulaire avec travée droite.

 

 

 

 

 

Autoire_8Elle fut fortifiée vers la fin de la guerre de Cent-ans. Le clocher fut surélevé, un réduit ajouté au-dessus du chœur. Il en reste quelques pans de mur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_1aLa nef, flanquée de collatéraux, fut reconstruite entre 1868 et 1880 dans un style romano-gothique, une sacristie fut ajoutée. De l'église romane ne subsistent que l'abside, le transept et la croisée.

 

 

 

 

 

 

Autoire_11Les quelques modillons qui nous restent se trouvent sur la corniche du chevet.

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_9Ici, deux personnages assis se tiennent serrés. L’un tient la tête de l’autre, qui lui-même pose sa main sur la jambe du premier. Je ne serais pas étonnée que le regard de l’un se pose sur le lever du soleil au solstice d’hiver et l’autre au solstice d’été.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_19Un autre se tient les oreilles et semble crier de peur en écarquillant les yeux. Serait-il un sage qui ne s’en laisse pas conter, celui qui voit et qui, par sa parole, fait élever ceux qui l’écoutent ? Un autre, accroupi, semble cacher son sexe. Ne fait-il pas plutôt un signe d’offrande, les paumes tournées vers le ciel ?

Autoire_18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_6Les sculptures romanes de l’intérieur sont plus frustres et sont composées essentiellement de chapiteaux bagués à décor d’entrelacs, de palmettes, de chevrons et de torsades. Les bases de colonnes portent des motifs géométriques.

 

 

 

 


Le château des Anglais

 

Autoire_16Cette forteresse, adossée à la falaise calcaire qui domine la vallée d’Autoire de plus de 50 mètres, a du être construite aux environs de 1178 par Hugues de Castelnau, baron de Gramat. Il est alors nommé château de la Rocca. Passé aux mains du roi d’Angleterre en 1286, il servit pendant la guerre de Cent-ans de repaire aux routiers, à la solde des anglais. Puis les seigneurs d’Autoire lui ajoutèrent une tour à mâchicoulis, avant qu’il ne soit pris par les protestants durant les guerres de Religion.

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_1bEn 1647, le vicomte de Turenne, un des chefs de la Fronde, en fait restaurer les défenses. Puis l’endroit est laissé à l’abandon, les pierres servant aux constructions des maisons alentours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_3aA la grande époque du château, l’ensemble fortifié possédait une façade de plus de 200 m de long. Il était réparti sur trois niveaux et possédait quatre tours.

 

 

 

 

 



http://www.paysdesaint-cere.fr/fr/territoire-et-communes/autoire.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Pierre_d%27Autoire
http://patrimoines.midipyrenees.fr/fr/rechercher/recherche-base-de-donnees/index.html?notice=IA46100605
http://mairie.autoire.pagesperso-orange.fr/histoire.htm

Posté par madame_dulac à 19:12 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


16 janvier 2015

Notre-Dame de Baroille

Vierge de Baroillele hameau de Baroille dans la Loire abritait, depuis le XIIe siècle, la statue d’une vierge noire, Notre-Dame de Baroille. Tous les 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge Marie, les pèlerins venaient lui faire leurs dévotions, jusqu’en 1952, date à laquelle le pèlerinage tomba dans l’oubli. La statue fut alors vendue au musée du Louvre, où elle se trouve exposée depuis, dans un caisson en verre du pavillon Richelieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 5aLes Amis de Notre Dame de Baroille firent sculpter grossièrement une autre Vierge, et rétablirent la manifestation en 1997.

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 2

Notre-Dame de Baroille, datée du XIIe siècle, mesure 52 cm de hauteur pour 21 cm de largeur et 16 de profondeur. La proportion est à peu près respectée, comme pour ses grandes sœurs en bois mesurant 70 cm sur une base de 30. Pourquoi toujours les mêmes nombres ?

Peut-être un début d’explication : le 3 représente la trinité, conjonction du 1 et du 2, ce qui produit l’union du ciel et de la terre, l’incarnation de la Vie, la descente de l’énergie primordiale dans la matière. Chez les druides et leurs triades, que l’on retrouvera dans la règle des templiers, ce sont les trois principes fondamentaux (eau, air et feu) d’où découleront les forces créées de l’univers. Ce sont aussi les trois aspects de la matière, les trois principes alchimiques (sel, soufre et mercure), les trois phases du Grand-Œuvre (noir, blanc et rouge). 

Le 7 est un symbole d’accomplissement, de virginité, de perfection et de transcendance. Selon Hippocrate, il dispense vie et mouvement. Il est le nombre de l’homme réalisé. Chez les hébreux, il est le symbole de la totalité humaine, mâle et femelle à la fois, l’androgyne. Chaque période lunaire dure 7 jours, chaque mois lunaire 7x4, 28 jours. 28 = 1+2+3+4+5+6+7. Il est aussi la représentation de la montée de la conscience, qui se fait en 7 étapes. Ce sont les 7 plans de l’existence manifestée, pouvant se rapporter aux 7 centres vitaux (chakras), aux 7 corps de l’humain (physique, éthérique, astral, mental, causal, spirituel et divin). C’est aussi le nombre des arts libéraux qui se divisent en deux degrés : le Trivium et le Quadrivium. Le Trivium (les trois chemins en latin) concerne le « pouvoir de la langue » et se divise en grammaire, dialectique et rhétorique. Le Quadrivium (les quatre chemins) se rapporte au « pouvoir des nombres » et se compose de l'arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l’astronomie.

3x7=21, symbole de la maturité, de l’accomplissement, de la plénitude, de la perfection par excellence, de la sagesse divine. La lame 21, c’est le Monde.

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 3aLa statue, polychromée,  a la particularité d’être faite d’un alliage de plomb repoussé.

Extrait du livre de Viollet-le-Duc et Pierrefonds, "Histoire d'un chantier" : « Les ornements à reproduire sont d'abord exécutés en plâtre pour servir de modèles, et ces modèles sont ensuite coulés en fonte de fer pour servir de matrices. L'épaisseur du plomb employé varie de 2 à 3 mm, selon la plus ou moins grande profondeur des ornements et selon la force qu'on veut donner. On étend une feuille de plomb sur le modèle en fonte et, avec des maillets à panne arrondie et des chasses en bois de peuplier, on lui fait prendre par le battage les formes générales du modèle. Le bois tendre de peuplier convient à ce premier travail parce qu'il repousse le plomb sans le maculer d'empreintes à chaque coup comme le ferait un bois dur. On achève l'ouvrage, au contraire, avec des chasses en buis ou en charme qui permettent de marteler le plomb et de le ciseler pour ainsi dire. L'habileté consiste à nourrir les creux avec de la matière prise dans les pleins, de sorte que le plomb repoussé présente partout la même épaisseur, comme avant le travail. »

Le travail sur le vil métal que l’on transforme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Châteauneuf-les-Bains 6Une autre Vierge Noire est sortie du même moule, celle de Châteauneuf-les-Bains, petite bourgade du Puy-de-Dôme aux eaux thermales connues depuis l’antiquité, située sur les bords de la Sioule. Celle-là fut rapportée des croisades, selon la légende, par le seigneur de Montmorin.

Châteauneuf-les-Bains 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Colombe 1Les deux statues montrent la Vierge portant une colombe dans la main droite. La colombe, comme chacun le sait, est un symbole de pureté, de beauté. Elle est souvent messager des Dieux, ou illustration du principe féminin. Mais elle représente aussi l’âme, ou le Saint-Esprit descendant. Pour l’instant, l’oiseau est encore dans la main de la Vierge, puis bientôt la magie, l’âme agit.

 

 

 

 

Thuir 8Contrairement à ce que j’ai pu lire sur internet, la Vierge Noire de Thuir, elle aussi en métal, n’est pas faite à partir du même moule.

Thuir 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand oeuvre 2aToutes les caractéristiques des Vierges Noires sont ici présentes. Les couleurs, bleue pour la tunique de la mère, rouge pour sa robe, verte pour la robe de l’enfant et rouge pour sa tunique, auxquelles est ajouté de l’or en garniture. Le bleu, couleur du féminin sacré, vert de la coupe, le graal, taillé dans l’émeraude de Lucifer, contenant le principe vital par excellence, le sang rouge du futur Christ. Le noir de la fonction, le blanc de la peau, le rouge de l’habit, l’or des décorations, nous sommes bien encore une fois dans le Grand Œuvre alchimique.  

 

  

Pour terminer, un petit cadeau de Jacques Bonvin qui, dans son ouvrage sur les Vierges Noires, donne une explication des couleurs : « Le vert est attribué à la Vierge, symbole des eaux primordiales. Le verre de couleur verte ne laisse passer à travers lui que les couleurs allant du jaune au violet, couleurs associées à l'évolution spirituelle. Le verre de couleur rouge ne laisse passer que ses propres radiations rouges et absorbe toutes les autres. Le rouge, attribué au fils, engendre l'énergie, créée la chaleur et la force. Il est la couleur de l'amour total. De leur union dans une Vierge Noire va se dégager une première symbolique. Par la position méditative, la statue de la Vierge capte l'énergie cosmique et tellurique qu'elle inverse et qu'elle envoie (qu'elle émet) par son fils, dont la couleur rouge engendre l'énergie. Le vert sert à neutraliser les forces extérieures et à recevoir uniquement les couleurs spirituelles. Le christ par le rouge ne peut recevoir que son propre rayonnement. Inversement, le fils, parce qu'il est l'énergie, le Verbe, canalise le courant émis par l'homme. La position du fils sur la statue fait qu'il est le catalyseur par qui tout passe. Il retransmet ce qu'il reçoit, par exemple une prière à sa mère, qui, par la puissance de son onde de forme et la puissance magnétique du vert, inverse les polarités et renvoie au fidèle la propre force de la prière transmutée. »

 

https://www.saintgeorgesdebaroille.com/les-amis-de-la-chapelle/

Posté par madame_dulac à 13:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 janvier 2015

Le Breuil-sur-Couze, église Saints-Côme-et-Damien

 

Le_Breuil_sur_Couze_1Le Breuil, autrefois appelé Condete (confluent en gaulois) puis Ebrenensis (de Brogilum, Brohl en provençal, petit bois entouré d'une haie), se situe au confluent de l'Allier et de la Couze et au croisement d'anciennes voies romaines. L’église Saints-Côme-et-Damien du Breuil date du XIe siècle, où elle fut dédiée à Notre-Dame. Le curé était nommé par le chapitre de Brioude ou par celui de Saint-Flour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_15Le clocher néo-roman est de plan carré à deux niveaux d'ouverture. Il est coiffé d'une flèche octogonale en patte d'oie avec un cadran d'horloge sur trois faces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_2Le portail, présentant des similitudes avec les églises de Mailhat et de Nonette, est assez bien conservé et comporte des voussures, décorées de fleurons et de quelques motifs animaliers, retombant sur quatre colonnes à chapiteaux sculptés.

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_3Côté droit, un homme écarte sa bouche pour mieux délivrer son message.

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_4Le chevet plat est percé par trois baies hautes et étroites, chose rare en Auvergne.

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_5La nef unique de deux travées est voûtée d'un berceau brisé avec doubleaux reposant sur des colonnes engagées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_12aLes chapiteaux sont essentiellement fleuris, montrant l’évolution de l’âme depuis les boutons jusqu’à la fleur épanouie.

Le_Breuil_sur_Couze_10

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_11Sur la deuxième travée ouvrant par des arcs brisés, deux chapelles voûtées d'un berceau perpendiculaire forment un transept saillant.

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_6Le cœur, surélevé d'une marche, est constitué d'une travée identique à celle de la nef, mais légèrement plus basse et terminée par un chevet plat éclairé par trois baies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Breuil_sur_Couze_7L'église possède une statue de saint Verny, saint patron de vignerons, cher à mon coeur. La culture de la vigne est en effet attestée au Breuil depuis le IIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le_Breuil_C_me_et_Damien_3aLe patronnage de l'église : Côme et Damien, frères jumeaux nés en Arabie à la fin du IIIe siècle, pratiquaient la médecine à Aigéai en Cilicie (sud de la Turquie). Ils souffrirent ensemble le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. On les appelle « anargyres » parce qu'ils n'acceptaient pas d'argent pour leurs soins. Ils sont devenus les saints patrons des médecins, chirurgiens et pharmaciens.


 

 

 

 

http://piece-jointe-carto.developpement-durable.gouv.fr/DEPT063A/Breuil_sur_Couze/63052_rapport.pdf

Posté par madame_dulac à 18:56 - - Commentaires [2] - Permalien [#]