L'ordre de Saint-Lazare-de-Jérusalem

 

B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_10Avant les Croisades, il existait à Jérusalem, en dehors des murailles de la ville sainte, un hôpital pour les lépreux, placé sous l’invocation de Saint-Lazare. Dépendant de la juridiction des Patriarches Grecs de Jérusalem, il était desservi par des moines arméniens soumis à la Règle de Saint-Basile le Grand. L’Ordre de Saint-Lazare est issu de cet hôpital. A la différence des autres ordres militaires et religieux qui s’établirent en Terre-Sainte, Saint-Jean, Le Temple ou les Teutoniques qui dépendaient de l’Eglise Latine, l’Ordre de Saint-Lazare était sous la juridiction de l’Eglise d’Orient. En l’absence du Patriarche Grec Melkite, le Maître de Saint-Lazare était suffragant (grand électeur) de l’archevêque des Arméniens.

 

 

 

 

 

Chevalier_St_lasare_1Après la prise de Jérusalem par les croisés, en 1099, les chevaliers devenus lépreux vinrent se faire soigner à l’Hôpital Saint-Lazare, certains restèrent au sein de la communauté monastique et prononcèrent leurs vœux tout en conservant leur engagement chevaleresque. Au 12ème siècle les chevaliers hospitaliers adoptèrent la règle de Saint-Augustin. Ainsi apparut l’identité définitive de l’Ordre de Saint-Lazare. Il fut confirmé comme Ordre religieux, militaire et hospitalier par une bulle du Pape Alexandre IV donnée le 11 des calendes d’avril 1255.

Les hospitaliers de Saint-Lazare soignaient les lépreux et devaient accueillir parmi eux les chevaliers des autres ordres atteints de cette maladie. C’est ainsi que les Templiers prévoyaient dans leur règle l’accueil dans l’Ordre de Saint Lazare de leurs frères devenus lépreux.

 

 

 

 

 

La chapelle Saint-André



B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_7En 1180, Ulrich de Bâgé fit don de terres situées sur la commune de Bâgé-la-Ville au chapitre de Saint-Vincent-de-Mâcon. A la fin du XIIe siècle, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Lazare-de-Jérusalem prirent possession de ce domaine d’Aigrefeuille-en-Bresse. Cette maison est considérée comme l’un des plus anciens établissements de l’Ordre.

 

 

 

 

 

B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_6La chapelle, de plan rectangulaire et voûté en arc brisé, et construite entièrement en carrons savoyards, était dédiée à saint André.  
B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_5

 

 

 

 

 

 

B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_4Le carron est un  type particulier de brique beaucoup plus épaisse et massive que la brique «traditionnelle». Sa technique remonte à l’époque romaine. Ce matériau fut privilégié dans la Dombe, à la fois pour sa résistance aux chocs et au gel mais également pour sa fabrication facile et sa mise en œuvre rapide, les carrières de pierre n’existant pas dans la région.  Ainsi, Les carronnières étaient situées près des lieux d’extraction. Le carron, beaucoup utilisé entre le XIIe et le XVIe siècle, servit pour les constructions militaires, l’architecture religieuse et les constructions de maisons et de châteaux.

 

 

 

 

 



B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_8Au fil du temps, les bâtiments de la commanderie disparurent, sauf la chapelle. 

 

 

 

 

 

 

 

B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_2Au début du XVIIe siècle, elle fut rachetée par une famille protestante, les Passin, qui la firent démolir en partie (le clocher fut détruit et la cloche portant l’inscription « Sancte Lazare, ora pro nobis » disparut).

 

 

 

 

 

 

B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_1Elle fut restaurée par le commandeur François Meigret de Hauteville en 1696. Elle fut définitivement sauvée de la ruine et restaurée en 2008 par l’Association des « Amis du Site, Bâgé Culture et Loisirs ».

 

 

 

 

 



La légende



B_g__la_Ville_chapelle_d_Aigrefeuille_LazareL’autel fut longtemps surmonté d’une statue de saint Lazare, objet d’un pèlerinage existant déjà au XVIIe siècle et qui a perduré jusqu’en 1960 environ.  La statue serait partie d’elle-même pendant la Révolution, et serait revenue prendre sa place la tourmente apaisée. On venait à Aigrefeuille de toute la Bresse et du Mâconnais, pour la guérison des enfants malingres et la conservation du lait des nourrices. On prélevait sur place de la poussière que l’on mettait dans les biberons. Parfois, les mères laissaient le lange d’un nourrisson en ex-voto, où inscrivaient une prière sur l’enduit même des murs.

 

 

 

 

 

 

« Richesses Touristiques et Archéologiques du Canton de Bâgé-le-Châtel », ouvrage publié par l’Association des « Amis du site de Bâgé-le-Châtel », 1990