31 août 2012

Notre-Dame de Baffie

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 6La rivière d'Aix, prenant naissance dans les Bois Noirs, coule en amont de Saint-Germain-Laval et de Pommiers en passant sous le pont de Baffie. Il fut édifié à partir de 1309. Grâce à un dénivelé de 3m, il joint des rives d'une inégale hauteur.

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie 2Le chemin qui descendait jusqu'à un niveau inférieur à celui de l'Aix servait de déversoir en cas de crue. Sa construction ayant duré quelques décennies, il possède la particularité d'avoir une arche en plein cintre et l'autre ogivale.

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 22Entre les deux, un avant-bec et un arrière bec, sur lequel se dresse un calvaire, réduisent les remous de la rivière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 3C'est en aval du pont que se trouve la chapelle de Notre-Dame de Baffie, plus connue sous le nom de Notre-Dame de Laval. D'après certains, un premier édifice aurait été construit au VIIe siècle afin de remplacer un ancien autel druidique que les Celtes auraient élevé en bord de rivière. Personnellement je sens plus l'ancien lieu sacré au sommet de la colline surplombant l'Aix se rapportant à Gargan.

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 16L'édifice actuel date en grande partie du XIIIe siècle, lorsque les seigneurs de Baffie (Guillaume le vieux puis Guillaume le jeune en 1238, coseigneurs de Saint-Germain-Laval) exerçaient leur pouvoir sur place. La légende raconte que Saint-Louis aurait fait le déplacement jusqu'en Forez en rentrant de croisade, où il aurait donné une statue de la Vierge au propriétaire des lieux en 1254.
La présence d'une ancienne chapelle est quand même attestée dans un document de 1270 mentionnant que le seigneur Guigues V, comte de Forez, avant de partir en croisade, fit le legs d'un luminaire à la chapelle, en ordonnant que la lampe soit toujours ardente en l'honneur de la Vierge, "comme on avait coutume de l'y tenir d'ancienneté".

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 7La chapelle reçut ensuite de généreuses donations des comtes de Forez et sa renommée s’étendit jusqu' aux provinces voisines. Elle fut agrandie à la fin du XIIIe siècle, les travaux se poursuivant jusqu'au premier quart du XIVe. Louis XI, connu pour sa dévotion aux vierges noires, s’y arrêta en revenant de son pèlerinage au Puy en 1470. Elle fut en grande partie restaurée à la fin du XVe siècle. Les habitants de Feurs, suite à un vœu, puis ceux de Balbigny, vinrent en procession jusqu'à la chapelle. Le pèlerinage prit de l'ampleur, et la vierge noire se vit attribuer de nombreux miracles.

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 23Anne d'Urfé, en 1606, déclarait dans sa description du pays du Forez que " Le plus remarquable qu'il y ait en cette ville, est qu'il y a au pied de la montagne, où elle est assise, l'église de Notre-Dame de Laval, fort renommée par les grands miracles qui s'y font, et à laquelle la plupart de ceux du pays de Forez ont une grande dévotion".
En 1627, les chapelains n'étant plus en nombre suffisant, le couvent des Recollets de Saint-Germain-Laval envoya du renfort. Au XVIIe siècle, on comptait 160 pèlerinages chaque année.

A la Révolution, la commune racheta la chapelle et ses terres, puis des particuliers se partagèrent l'ensemble. La chapelle fut laissée au culte, même si les meubles furent vendus. La statue de la Vierge fut cachée par la famille Jacob et fut transportée en 1792 dans l'église de Saint-Germain-Laval. C'est seulement en 1805 qu'elle retrouva sa place à Baffie.

La chapelle fut peu à peu laissée à l'abandon, devenant grange à foin. En 1893, la toiture de la nef s'effondra. En 1894, la Diana devint propriétaire, et une souscription publique aida à entreprendre les premiers travaux de restauration.

 

 

 

 

 
Description

 

Notre-Dame de Baffie Saint-Germain LavalLa façade sud est percée d'une petite porte surmontée d'un arc aigu qui retombe sur des colonnettes aux chapiteaux en calcaire, ornés d'un double rang de feuillages. Le tympan était orné, au XIVe siècle,  d'une peinture de la Vierge, debout entre deux chandeliers, tenant l'enfant sur son bras gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 5La façade ouest possède un portail de deux baies en anse de panier séparées par un trumeau, cantonné de deux hauts pinacles en application.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 12Deux contreforts d'angle terminent l'édifice, deux autres contiennent la poussée de l'arc triomphal intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 21De plan rectangulaire, la chapelle mesure 22,45 mètres sur 7,20. Elle est divisée en trois travées voûtées d'ogives dont les deux premières forment la nef, la troisième, plus haute (8,50 m) formant le chœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 24Au fond de l'église, un portrait de Jean-Louis Bonnard, saint et martyr. Cet homme pieux, né à Saint-Christo-en-Jarez le 2 mars 1824, fut ordonné prêtre en 1848 et partit comme missionnaire au Tonkin occidental. Séjournant à Boï-Xuyen, il fut dénnoncé, arrêté pour avoir prêché la foi catholique. Conduit à Nam-Dinh, il fut condamné à mort et décapité le 1er mai 1852. Des chrtétiens receuillirent son corps et sa tête, jetés à la mer, pour les inhumer au séminaire de Ke-Vinh. Jean- Louis Bonnard fut béatifié par Léon XII et canonisé par Jean-Paul II en même temps que 116 autres martyrs du Viet-Nam. Victor Hugo lui consacra quelques vers dans son poème "Les Martyrs":

« Ô saint prêtre ! grande âme ! oh! je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous ;
Il n'en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l'ombre.

Or il est loin de nous une autre humanité,
Qui ne le connaît point, et dans l'iniquité Rampe enchaînée,
et souffre et tombe.

Il s'est dit qu'il est bon d'éclairer dans leur nuit,
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l'âme est couverte de voiles ;
Puis il s'en est allé dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles. »

 


La vierge noire



VauclairRemplaçant l’ancienne déesse celte, la statue, volée en décembre 1997, possédait bien toutes les caractéristiques des vierges noires. Datant du XIIe siècle, elle était de la même veine que les vierges auvergnates, en majesté, l’enfant sur les genoux.Elle était sculptée dans du bois de genévrier, probablement issu de Phénicie. Le voile sculpté autour de son visage devait se déployer en plis concentriques sur son torse et ses bras et se prolonger par une tunique, comme ses sœurs de Vauclair et de Gervazy. Les visages sont graves, celui de l’enfant porte des traits d’adulte.

Gervazy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie 1aC’est au XVIe siècle que l’ancienne statue fut mutilée. Un nouveau corps fut alors refait grossièrement, sur lequel on colla les deux têtes, et que l’on cacha par un vêtement. De Vierge en majesté, elle devint vierge debout. Il nous en reste heureusement une vieille photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 8Passons aux légendes. Comme beaucoup de Vierges noires, la première parle de saint Louis la rapportant des croisades en 1254 et l’offrant à Guillaume de Baffie. Il me semble qu’il a du trainer depuis ces contrées lointaines  un plein chariot de statues le pauvre homme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 2

La deuxième raconte l’histoire d’un ménétrier (musicien des fêtes de village) qui, voulant chanter devant la Vierge, ne put que jouer de son violon puisqu’il était empli de péchés. La Vierge lui sourit, pencha la tête, et il put de nouveau reprendre sa chanson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 1La troisième nous fait part de la propension de la statue à revenir sur le lieu qu’elle avait choisi : 3 fois elle fut déménagée, trois fois elle revint seule au bord de l’Aix. La dernière fois, elle posa le genou sur un rocher qui garda sa trace. Cette légende était si ancrée dans l’esprit des gens, qu’après la révolution, quand la statue fut mise dans l’église de Saint-Genis-Laval, on l'attacha avec des chaînes à l'autel sur lequel elle était posée.

 

 

 

 

Notre-Dame de Baffie St Germain-Laval 9Une autre légende raconte dans les « Mystères de la Loire » qu’un dénommé Hugues Baffie, seigneur-brigand, déroba la statue. Les fleurs de lys d’or tombèrent alors petit à petit du manteau de la Vierge, laissant au sol une trace sur le chemin emprunté. Pris de remords, Hugues rendit la statue et lui fit construire la chapelle.

Notre-Dame de Baffie était invoquée pour la bonne santé des enfants, pour les malformations osseuses, surtout des jambes. C’est elle qui, toujours selon la légende, empêcha la peste d'atteindre Saint-Germain-Laval. Elle était protectrice des unions, et aujourd’hui encore, les jeunes mariés lui apportent le bouquet de la mariée en hommage.  

Dernière chose, Notre-Dame de Baffie, au rythme des saisons, porte une robe de soie blanche au printemps et une de velours bleu foncé à l’automne. Je vous laisse le soin d’étudier plus profondément le symbolisme de tout ceci.

 

 

 

 

 

 

St Germain-Laval Jacques BonvinEt bien sûr, qui mieux que Jacques pouvait rendre hommage à la belle Dame...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.forez-info.com/encyclopedie/memoire-et-patrimoine/194-la-legende-des-siecles-foreziens.html

http://www.ladiana.com/Monuments/chapelle%20notre%20dame.html

http://patrimoine-de-france.com/loire/st-germain-laval/chapelle-notre-dame-de-laval-1.php



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27 août 2012

Paray-le-Monial, historique



Paray_le_Monial_8L’histoire de Paray remonte bien plus loin que l’on veut bien nous le faire croire. Il est d’habitude établi que la bourgade de Paredum (du latin Par, égal, uni, endroit plat, plaine) s’est développée au Xe siècle autour d’un monastère, fondé en 977 par Lambert, premier comte héréditaire de Châlon-sur-Saône, et sa femme Adélaïde de Vermandois, en accord avec saint Mayeul, abbé de Cluny.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_5Mais avant, située au sommet de la colline de Survaux, dominant le Val d’Or (Cenobium quod Vallis Aurea dicitur) et la rivière Bourbince, une première église existait: dans la charte de fondation de l’abbatiale de Paray, il est fait mention d’une ancienne église (Juxta templum antiquissimum). Des fouilles récentes ont retrouvé à proximité une ancienne villa gallo-romaine.


 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Notre_Dame_de_Romay_4Et… C’est dans le Val d’Or, ou Vallis Aurea, Orval, que se trouve la chapelle Notre-Dame de Romay et sa source sacrée, dédiée à la grande déesse du temps des Celtes. C’est sur la hauteur que fut érigé un dolmen, endroit qui devint un centre important du druidisme. C’est ici, au IIe siècle, d’après la légende, qu’Irénée de Lyon vint convertir les druides et les chefs gaulois en leur disant que leur Virgo Pariturae avait enfanté.


 

 

 

Paray_le_Monial_31Le fils de Lambert, Hugues de Châlon, fit don du monastère à l'abbaye de Cluny en 999 lorsqu'il fut sacré évêque d'Auxerre. Saint Odilon de Mercœur, qui fut abbé de Cluny jusqu'en 1049, établit alors les moines sur les bords de la Bourbince où ils construisirent une nouvelle église au début du XIe siècle.

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_38Elle fut consacrée et dédiée à Notre-Dame et saint Jean-Baptiste en 1004. Les reliques de saint Grat, évêque de Châlon au VIIe siècle y furent transférées, ainsi que celles de saint Blaise et de saint Laurent.
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Paray_le_Monial_45Vers 1080, elle fut dotée du porche d’entrée actuel, nécessaire à la pratique de la liturgie clunisienne liée au culte des morts, spécifique à l'ordre de Cluny. Il nous en reste le narthex et sa tour droite.

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_28Hugues de Semur, abbé de Cluny canonisé en 1120 et initiateur de Cluny III, petit-neveu d’Hugues de Châlon, fit commencer une nouvelle église contre le narthex en 1092. Les études archéologiques montrent que les travaux se poursuivirent jusqu'au début du XIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_int_rieur_13Par manque de moyens, le plan initial d'une nef à cinq travées fut abandonné. En 1470, l'absidiole du croisillon sud fut remplacée par la chapelle funéraire de la famille Damas-Digoine en style gothique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_25Entre 1702 et 1750, un nouveau bâtiment monastique, le prieuré actuel, fut construit, et c’est en 1875 que le pape Pie IX éleva l'église au rang de basilique mineure consacrée au culte du Sacré-Cœur.

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_int_rieur_25Paray subit au cours du temps les dégradations dues à la belle intelligence des hommes : les écorcheurs, les routiers, les guerres de religions, la révolution, le progrès qui fit installer un chauffage par le sol et des câbles électriques et les restaurations malheureuses (parmi lesquelles je place la dernière en date entre 1998 et 2005).

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Paray-le-Monial, l’enclos monastique et le palais abbatial



Paray_le_Monial_12C’est au XVe siècle, sous l’abbé Jean de Bourbon, que fut construit le palais abbatial ou château des abbés, lieu de villégiature pour les prélats clunisiens. Commencé en 1456, il fut achevé en 1485 par Jacques d’Amboise.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_6Seule la tour sud subsiste. Au XIXe siècle, l’édifice ruiné fut racheté par les chapelains, communauté de prêtres chargés de l’accueil des pèlerins. Ils y firent construire leur maison, agrémentée d’un parc pour offrir un vaste espace à la célebration des offices pendant les pèlerinages.

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_13Les bâtiments conventuels étaient adossés à l’église. Ils furent entièrement reconstruits entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle.
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Paray_le_Monial_4Le prieuré arbora alors une façade de style classique, surmontée d’un fronton triangulaire sur lequel étaient reproduites les armoiries du prieuré ou celles de Cluny.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_11Cette façade parfaitement régulière, percée de grandes baies dont certaines sont encore ornées de grilles en fer forgé du début du XVIIIe siècle, s’apparente à un hôtel particulier. Seule la toiture rappelle l’architecture bourguignonne.

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_16Le bâtiment fut racheté par la municipalité pendant la révolution et devint un lieu public abritant les écoles de la ville. Il fut réhabilité entre 1975 et 1985. Le jardin intérieur d’inspiration médiévale fut réalisé en 1999.

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_17Il ne reste plus rien de l’ambiance que l’on doit trouver dans un cloître, sauf peut-être… Quand vous rentrez, sur la gauche, au fond d’un vieux couloir voûté…

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Châteauneuf, l'église Saint-Pierre et Saint-Paul



Chateauneuf_1Le village de Châteauneuf qui s'étend sur le bord du Sornin, est dominé vers l'orient par un rocher escarpé sur la pointe duquel s'élève l'église Saint-Pierre et Saint-Paul. C’est sur le sommet de cette colline que se trouvent les ruines d’un ancien castrum, citadelle construite par les gallo-romains.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_ch_teau_du_Banchet_2Ce poste important prit sous la domination franque ou burgonde le nom de Châteauneuf. Le nouveau château du Banchet, châtellenie royale, fut construit au XIVe siècle sur le flanc nord de l'ancienne enceinte et rénové par le marquis de Ragny au XVIe siècle.
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Chateauneuf_2C’est dans une charte de Saint-Vincent de Mâcon datant de 1096 que l’on trouve la première mention d’une église à Châteauneuf à l’ouest du château.
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Chateauneuf_4L’église fut reconstruite au XIIe siècle. Elle appartenait alors à la collégiale de Saint-Paul de Lyon. Elle fut endommagée lors la guerre de 100 ans et incendiée.

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_29Elle fut restaurée en 1463, date que l’on connaît grâce à l’inscription sur le premier pilier septentrional.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_28Les piles de la nef et de la croisée du transept, ainsi que les chapiteaux, furent refaits en style gothique.


 

 

 

 

 

Chateauneuf_14Une dernière restauration eut lieu dans la deuxième moitié du XIXe siècle, entre 1849 et 1866, sous l'autorité de l'architecte Millet, élève de Viollet-le-Duc qui considérait le clocher comme un modèle de clocher bourguignon.

 

 

 

 

 

 

 

 




L'extérieur



Chateauneuf_19De plan carré, surmonté d'une pyramide en pierre percée de quatre lucarnes, le clocher fut élevé au milieu du XIIe siècle au-dessus de la croisée du transept. Les deux étages supérieurs sont ornés de baies en plein cintre, encadrées de colonnettes à chapiteaux sculptés.


 

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_13La façade, de la fin du XIe siècle, est percée de trois fenêtres en plein cintre.
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Chateauneuf_5Le portail est surmonté d'une double archivolte, également en plein cintre, qui encadre un tympan non sculpté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Les chapiteaux représentent un atlante portant le ciel à droite, et à gauche un aigle aux ailes déployées, les serres bien ancrées dans la matière. Son regard est porté au sol, vers le tellurique.


Chateauneuf_9Le portail latéral sud, du XIe siècle, est surmonté d'un linteau sculpté représentant les douze apôtres debout, logés à l'intérieur de petites arcades.
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Chateauneuf_11Chateauneuf_12Cette sculpture reproduit presque exactement celle du tympan de Charlieu.

 

 

 

 

 



Chateauneuf_15La corniche, très saillante, est moulurée. Les parties anciennes sont supportées par des modillons sculptés, assez semblables à celles que l'on observe au chevet de l'église voisine de Saint-Maurice-lès-Châteauneuf.

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L'intérieur

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Chateauneuf_26De plan rectangulaire, elle se compose d'une nef étagée voûtée en berceau (12m de haut), séparée des collatéraux par deux arcs doubleaux en cintre brisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_25Elle possède un transept non saillant sur les bas cotés et une abside centrale en hémicycle flanquée de deux absidioles, précédées d'une travée de chœur


 

 

 

 

 

 

 

 

Chateauneuf_27Les fenêtres hautes sont encadrées par des archivoltes ornées retombant sur des colonnettes. Ces fenêtres sont à pénétration sous le berceau de la voûte. Les piliers présentent sur trois faces des colonnes engagées.

 

 

 

 

 



Chateauneuf_30La croisée du transept est voûtée, sous le clocher, par une coupole placée au-dessus d'une lanterne octogonale éclairée par quatre fenêtres en plein cintre. Ce dispositif est unique en Brionnais.
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Chateauneuf_31L'abside est éclairée par trois fenêtres en plein cintre et décorée par cinq arcatures retombant sur des pilastres et des colonnettes sculptées, ressemblant fort à ceux de l’église de Beaujeu, de Belleville ou d'Avenas (voir en lien sur Avenas la symbolique de ces piliers).

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Chateauneuf_22

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/Chateauneuf.htm

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/FMD1.htm#28

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408079t/f243.image



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26 août 2012

Saint-Maurice-lès-Châteauneuf



Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_2La chapelle de Saint-Maurice-lès-Châteauneuf, autrefois dédiée à saint Benoit, fut construite au XIIe siècle. Faisant office d’église paroissiale jusqu’en 1854, elle était située au milieu de l’ancien cimetière de Saint-Maurice. Devenue trop petite, et un brin délabrée, il fut décidé de l’abandonner et de construire une nouvelle église. La nef fut alors détruite, mais la démolition épargna le chœur, l’abside et le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_4Celui-ci, à la différence de la majorité des clochers de la région élevés au-dessus de la croisée du transept, fut bâti sur le flanc méridional de l’édifice, accolé à la travée de chœur. Il est surmonté par une pyramide en pierre à quatre pans percés de fenêtres lanternes. Ses quatre faces présentent un seul étage de baies géminées, dont les archivoltes en plein cintre retombent sur deux fines colonnettes.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_1La travée de chœur qui se prolonge par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four brisé, était éclairée par trois fenêtres en plein cintre, qui ont été remaniées ou obturées.

 

 

 

 

 

 

Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_7Accolée au nord, une chapelle privée plus récente était dédiée à Notre-Dame de Pitié. En effet, il se dégage de cet endroit, mis à part le cliché carte-postale, une ambiance douce et tranquile. Il ne serait pas impossible qu'une crypte, en tout cas une cavité, soit creusée sous l'édifice.
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Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_5A l’extérieur, la corniche autour de l’abside, fortement saillante, présente des modillons sculptés typiques de la sculpture brionnaise.
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Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_12Une B.D. fut réalisée par Alain Buisson aux éditions La Buissonnière, ayant pour titre « Meurtres à Saint-Maurice-lès-Châteauneuf ». L’intrigue, en lien avec une vieille reliure pleine sans ornement reprenant l'ouvrage de Jansénius qui a été dérobée à l'intérieur de la chapelle, fait référence à de vielles traditions de cultes religieux longtemps exercées dans le pays.
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Saint_Maurice_l_s_Ch_teauneuf_3

http://www.eglisedefrance.com/saone-et-loire/chapelle-romane-de-saint-maurice-les-chateauneuf/

http://saint.maurice.71.free.fr/saint.maurice/veglise.htm

http://saint.maurice.71.free.fr/saint.maurice/meurtres.htm

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05 août 2012

La chapelle de la Visitation



Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_16Les visitandines s’installèrent à Paray-le-Monial en 1626 dans une maison monacale capable de loger une vingtaine de religieuses. Le logement devenant trop petit, elles échangèrent le bâtiment avec les jésuites en 1632. La construction de la chapelle commença en 1633.
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Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_15Restaurée au XIXe siècle puis en 1965 et en 2003, la chapelle fut rebâtie à partir des structures anciennes. La façade de style néo-roman utilise un vocabulaire iconographique emprunté à l’époque médiévale.
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Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_11Le tympan s’inspire de celui de Charlieu, représentant la Cène. C’est dans cette chapelle qu’entre 1673 et 1675 le Christ apparut à une religieuse, Marguerite Alacoque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_13A droite du chœur, une petite chapelle abrite la châsse de la sainte, contenant un moulage de cire recouvrant ses ossements.
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Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_26Une petite châsse contenant plusieurs reliques fut transportée en République Démocratique du Congo. Ce fut le début d’un tour du monde. Elle passa en Irlande du Nord, puis aux U.S.A. (Pennsylvanie), Allemagne, Belgique, Espagne, Italie (Basilique Saint-Pierre et chapelle privée du pape Benoit XVI), Australie, et 9 pays d’Amérique Latine.
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Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_19La première des apparitions eut lieu proche du solstice d’hiver, le 27 décembre. C’est le jour de la Saint-Jean, lui qui, dans l’iconographie chrétienne, repose sur le cœur du Christ. A Marguerite fut dévoilé le mystère du Sacré-Cœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_20La vie de celle qui devint sainte Marguerite-Marie en 1920 marqua  la spiritualité chrétienne: le culte du Sacré-Cœur se répandit en France et à l’étranger à partir du récit et des dessins de Marguerite-Marie.

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_22Le cœur, surmonté d’une croix, est enflammé, rayonnant comme un soleil. Il porte la trace du coup de lance de Longinus, et il est entouré de la couronne d’épines. Le message associé à la première apparition fut : " Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen".  Le cœur de Marguerite-Marie fut alors uni au cœur rayonnant, elle en garda une douleur  toute sa vie.

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_29aEn gardant en mémoire le tableau de Philippe de Champaigne fait en 1650 représentant saint Augustin, et la conception de saint Jean-Eudes qui fait de l’union des cœurs de Jésus et de Marie l’œuvre du Saint-Esprit, attachons nous à la symbolique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paray_le_Monial_Chapelle_de_la_Visitation_18Le cœur du Christ désigne le Christ lui-même, son essence, et par son association à celui de Marie par l’intercession du Saint-Esprit, il mène à la trinité. Le salut ou la sanctification passe par la reconnaissance en chacun des hommes de ce principe. Le cœur, à la fois masculin et féminin l’emporte sur l’intellect. Il éveille dans l’esprit la conscience de la relation personnelle que chacun doit avoir avec le divin, l’étincelle du feu originel que l’on retrouvera en nous. Le culte du cœur sacré est finalement très ancien, et très solaire.

 

 

 

Paray_Hi_ronOn ne peut parler du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial sans évoquer le Hiéron du Val d’Or. Le père jésuite Victor Drevon, délégué aux pèlerinages et aux congrès eucharistiques de Paray rencontra en 1873 le baron Alexis de Sarachaga. Ils créèrent ensemble une association appelée "Société du Règne Social de Jésus-Christ" ou "Institut des Fastes Eucharistiques" ou "Hiéron du Val d'Or". Ils la qualifièrent de franc-maçonnerie chrétienne du Grand-Occident, en opposition totale avec la franc-maçonnerie. Hieron est tiré du grec hierós, sacré, qui donne l’idée d’une enceinte consacrée à la divinité.

 

 


« Pour le baron Alexis de Sarachaga, le catholicisme accomplissait toutes les traditions religieuses antérieures de l'humanité et Paray-le-Monial se trouvait être le centre de la gaule druidique et donc les apparitions du Sacré-Cœur au XVIIe siècle étaient logiques parce qu'elles reprenaient un lieu déjà sanctifié dans une religion antérieure. Il s'agissait d'une filiation d'initiés avec une transmission de culte à culte. Avec cette filiation, le baron Alexis de Sarachaga laissait de côté tout l'arrière-plan juif de la religion chrétienne pour la remplacer par une tradition occidentale qui lui paraissait plus respectable » Alain Rauwel

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Le Hiéron reprenait cet ancien culte solaire du cœur sacré en l’appliquant au Christ non plus souffrant en croix mais au Christ Verseau, déversant son Amour et donnant aux hommes la possibilité de prendre « conscience ».   

http://www.paraylemonial.fr/d%C3%A9couvrir-paray/patrimoine/la-chapelle-de-la-visitation.html

http://www.narthex.fr/blogs/abbaye-de-cluny-910-2010/paray-le-monial

http://agora.qc.ca/dossiers/Paray-le-Monial

http://www.philippe-gavet.com/06/13/index.html

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