23 mai 2012

L’église Saint-Martin de Vion



Saint_Martin_de_Vion_26Situé au bord du Rhône, sur une ancienne route reliant Lyon au sud, Vion  (Vugnon en 993 dans la charte de Cluny, Vion en 1153, Vayn et Vyon en 1275 puis Saint-Martin de Vion en 1464) était connu dès l’antiquité. Au Xe siècle, le village appartenait aux comtes d’Albon, comme Champagne, enclave dauphinoise dans le Vivarais et le royaume de France.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_28Le fief (le territoire et son prieuré, possédant déjà une église dont il nous reste la crypte carolingienne) fut donné au début du XIIe siècle à l’abbaye bénédictine Saint-Martin d’Ainay de Lyon, donation confirmée par la bulle du pape Eugène III en 1153. C’est sans doute à cette époque que la construction d’une nouvelle église fut entreprise. Il semblerait qu’elle fut restaurée au XVIe siècle, mais c’est au XIXe siècle que l’église fut entièrement modifiée. Il ne reste de roman que l’abside centrale, le transept et la partie basse du clocher.

 

 

 

 

 

 


L’extérieur



Saint_Martin_de_Vion_1On remarque de loin l’église Saint-Martin, perchée sur une colline dominant le village.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_2Le clocher de base carrée, construit sur la croisée du transept et dont la partie haute est du XIXe siècle, conserve un premier étage roman, percé sur chaque face de deux baies géminées à colonnettes en plein cintre. Il rappelle le clocher de Saint-Martin d’Ainay.
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Saint_Martin_de_Vion_23Le chevet comporte une abside polygonale et deux absidioles en forme de tour sur chacun des bras du transept.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_24Un passage voûté sous le presbytère permet d’accéder à la partie la plus basse, la crypte semi-enterrée. Cette crypte supporte le transept et l’abside principale. Elle fut construite à l’époque carolingienne pour compenser la pente du terrain, de ce fait, elle est appelée crypte de correction.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_5La façade occidentale ainsi que la nef, sans grand intérêt, furent reconstruites au XIXe siècle dans le style romano-byzantin propre à la basilique de Fourvière.

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L’intérieur



Saint_Martin_de_Vion_7L’entrée dans l’église peut paraître déconcertante. En effet, la nef romane fut détruite au XIXe siècle et remplacée par  un triple vaisseau couvert de croisées d’ogives, peinturluré et mosaïqué à l’envi.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_21Seule la piéta en bois polychrome du XVIe siècle, taillée d’une seule pièce dans un morceau de tilleul, accompagnée de la statue de saint Roch du XVe, donne un peu de repos. 
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Saint_Martin_de_Vion_25Même la Cène de Léonard fut (mal) copiée, c’est dire.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_8Il ne reste de l’ancien tympan qu’un morceau de pierre sculptée, posée dans l’obscurité près de l’entrée. Très abimé, il représente le Christ imposant ses mains sur la tête de deux personnages que l’on imagine féminins. Certains ont voulu y voir saint Pierre et saint Paul accompagnés d’un disciple.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_plan_2bL’église présente un plan en croix latine orienté à l'est, plan classique des édifices bénédictins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_9C’est en remontant vers le transept et le chœur que nous retrouvons les parties romanes. Dans les bras du transept à coupole sur trompes (remaniée au XIXe) s’ouvrent deux absidioles voûtées en cul-de-four. Les arcs de la croisée du transept reposent sur des demi-colonnes à chapiteaux.

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_10L’abside à l’extérieur à pans coupés est à l’intérieur de plan semi-circulaire et voûtée en cul-de-four. Elle est décorée d’une arcature s’appuyant sur des colonnettes à chapiteaux.


 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_16Un escalier au centre de la nef permet d'accéder à la crypte en contrebas. L’église est toujours fermée. Si vous voulez rencontrer le gardien des clés, personnage haut en couleurs comme l’église dont il a la garde, il vous faudra demander monsieur Michel Campana.

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Saint_Martin_de_Vion_19http://amisdainay.free.fr/Eglise-Saint-Martin-de-Vion.html
http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/vion.htm
http://www.mediterranee-antique.info/Religion/Masse/T_1/M_106.htm
Dans les pas de Cévennes terre de lumière, à la découverte du patrimoine vivarois, l’Ardèche du nord

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Les chapiteaux



Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_6aLes chapiteaux de la croisée des transepts ont été remaniés au XIXe siècle, un seul ayant gardé son caractère typiquement roman : l’agneau pascal en gloire, soutenu par deux anges dont les corps et une aile occupent la face latérale. L’agneau représente le renouveau, il est l’animal qu’il faut sacrifier afin d’assurer son propre salut, sa libération. Il est en relation avec l’ancien dieu Agni, seigneur du feu sacrificiel dans les Védas : dieu solaire monté sur un bélier, il représente la lumière que l’on atteint dans sa quête de la connaissance suprême. L’agneau ressuscité et glorifié est vainqueur de la mort.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_26C’est pendant le concile de Constantinople de 692 que  les prélats décidèrent que l’art chrétien ne devait plus représenter le Christ comme un agneau, mais comme un homme sur la croix… Quand aux anges, ils ont comme fonction de nous permettre de découvrir la réalité de notre être profond, en nous faisant évoluer. Ils sont nos guides sur le chemin de la révélation. Pas étonnant que ce chapiteau soit placé à l’entrée du chœur, le véritable sanctuaire, côté sud, le côté solaire.

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_13En face, le chapiteau représentant la Nativité, l’Annonciation et la présentation aux rois-mages est sujet à controverse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_15Il se pourrait qu’il ait été remanié au XVIe siècle, puisque la « rénovation » du XIXe empiète de moitié sur le pauvre Balthazar qui n’en demandait pas tant. Il n’en reste pas moins que les personnages présentent des mains disproportionnées, les têtes de Marie, Joseph et l’enfant qui est représenté au-dessus d’eux sont disposées à l’horizontale, l’âne et le bœuf quand à eux se retrouvent tout en haut, contre le tailloir.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_plan_5Ne serait-ce pas la représentation des constellations durant la nuit de Noël ? A ce moment là, le soleil se trouve dans le signe du Capricorne. A minuit, c’est le signe opposé, le Cancer, qui culmine aux cieux, accompagné du Lion et de la Vierge. Dans la Vierge se trouve la constellation du Bouvier, le bœuf. Le Lion représente Juda, fils de Jacob, ancêtre de Joseph (c’est dans le signe du Lion que sont placés les fêtes de Joachim et Anne, les parents de la Vierge. Le lion précédant la Vierge, il en est le géniteur).

 

 

 

 

M44_2aDans le signe du Cancer enfin se trouvent deux étoiles, Asellus Australis (Gamma Cancri) et Asellus Borealis (Delta Cancri), les Ânes du sud et du nord en latin. Pour en terminer avec le ciel, ces deux étoiles sont proches de l'amas M44, ou Praesepe en latin et Phatnè en grec, dont le nom signifie la Crèche. M44 représente la porte entre le monde des vivants et le monde des morts pour les Chinois, le refuge des âmes. Le compte est bon.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_3Les autres chapiteaux représentent l’arrestation du Christ au jardin des Oliviers avec le baiser de Judas et saint Pierre tranchant l’oreille d’un soldat romain, la déposition de la croix, la mise au tombeau et la résurrection.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_11Ces thèmes iconographiques ne sont pratiquement jamais abordés durant la période romane.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_1Le pélican de la nef est lui aussi résolument moderne.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_11Les chapiteaux des colonnettes de l'arcature décorant l’abside sont autrement intéressants.

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Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_5Ils sont tout d’abord annoncés par les deux chapiteaux d’entrée dans le chœur, tous deux portant l’arbre de vie, de régénérescence et de fécondité, mais aussi l’arbre de la connaissance, sous forme d’un palmier.
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Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_23L’arbre est symbole d’éternité, mais aussi d’enseignement par l’esprit. Il fait la jonction entre la terre et le ciel, entre les énergies telluriques qu’il transforme et équilibre, et les énergies solaires et  cosmiques qu’il capte par l’intermédiaire de ses feuilles. Sous les tailloirs, des grappes de raisin. La vigne, arbre sacré des grecs, est symbole de la renaissance, de la connaissance initiatique et de l’accès au spirituel. Elle permet de désactiver le mental afin d’arriver à l’ivresse mystique donnant l’enseignement spirituel.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_11a

Les chapiteaux côté nord présentent tout d’abord des feuillages sous forme de palmettes, qui vont s’ouvrir de plus en plus, porter des fleurs puis des fruits.



Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_22Côté sud, les feuilles s’épanouissent pour arriver jusqu’à une fleur à 8 pétales, totalement solaire. Elle s’ouvre dans les 8 directions de l’espace et rejoint le symbolisme de la Roue de la Fortune.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_9Elle contient le monde dans son unité (le cœur) et dans sa manifestation (les pétales), pour rejoindre l’harmonie cosmique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_10Les deux chapiteaux entourant la fenêtre centrale montrent au nord deux lions, symbole de la force brutale incarnée dans la matière lunaire (première nature du lion), affrontés autour de palmes (palmier transformateur et équilibrant). Les pattes ne touchent plus l’astragale, ce qui veut dire que les lions partant du tellurique sont arrivés au cosmique.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_chapiteaux_8Au sud, un seul lion, la dualité n’existe plus. Il est le symbole de la puissance maitrisée du principe solaire accompli (deuxième nature du lion). Il pose ses 4 pattes sur des rinceaux terminés en grappes de raisin, déjà sorti du tellurisme il a désactivé son mental. De son chakra coronal sort une fleur épanouie, au-dessus de laquelle et proche du tailloir, c'est-à-dire du ciel, se tient la rose à 4 pétales.

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La crypte



Saint_Martin_de_Vion_crypte_1On accède à la crypte carolingienne par un escalier étroit creusé au centre de la nef, protégé par des vantaux horizontaux en bois.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_25L’escalier débouche sur un long couloir transversal voûté en berceau qui s’étend sous toute la longueur du transept.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_16La partie sud du couloir était ouverte sur les anciens bâtiments du prieuré. Quelques pierres abimées nous montrent que plusieurs cours d’eau souterrains traversent l’endroit. L’ancienne source qui sortait à l’est de l’église fut captée par les habitants du village en-dessous, et reste l’objet de litiges…

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_26Au milieu du couloir s’ouvre l’unique abside basse, alignée vers l’est, qui supporte l’abside centrale de l’église supérieure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_18La voûte en cul-de-four de l’abside repose sur une arcature formée de cinq arcs s’appuyant sur de courtes colonnettes à chapiteaux trapézoïdes au décor archaïsant.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_4Au centre, un ancien sarcophage paléochrétien transformé en autel et une cuve baptismale monolithe en grès du XIe siècle.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_30L’autre cuve, au nord, ornée de têtes, parait vraiment très ancienne, paléochrétienne voire même plus.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_13Les 6 chapiteaux sculptés ont un décor très simple mais très explicite. Par exemple les palmettes larges et lobées à l’entrée côté nord, seront tournées d’un côté vers le bas et la terre, le tellurique, de l’autre vers le haut et le ciel, le cosmique,

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_6puis apparaît la transformation, la fusion et la quintessence sous forme d’une fleur à 8 pétales.

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_10Un autre chapiteau nous montre sous le tailloir une corde tressée, symbole de l’appartenance à la communauté bénédictine à laquelle on peut s’attacher, ou bien symbole de la coupure avec les énergies telluriques extérieures.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_12En-dessous, les chapiteaux sont feuillus, un simple, l’autre présentant au-dessus des feuilles la fleur épanouie dans le cosmique.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_15Un chapiteau montre un serpent (à moins qu’il ne soit un amphisbène), symbole de la connaissance mais aussi du tellurisme, au milieu de palmettes effilées, représentant la régénérescence et la fécondité.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_21Les trois cours d’eau souterrains nous sont bien indiqués par des pierres gravées de chevrons, comme les hiéroglyphes représentant l’eau.
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Saint_Martin_de_Vion_crypte_17Cette crypte de correction fut construite à l’époque carolingienne pour compenser la pente du terrain. Elle est la seule crypte du Vivarais, avec celle de Cruas datant du XIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Vion_crypte_23Vion reste la plus ancienne des deux, ce qui fait d’elle l’un des plus vieux monuments religieux d’Ardèche.  


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10 mai 2012

L’église Saint-Pierre, l'historique


Champagne église Saint-Pierre plan 2Le village de Champagne, situé sur un important itinéraire médiéval qui reliait Grenoble au Puy sur un axe de pèlerinage Rome-Compostelle, se construisit autour de sa première église prieurale, que la tradition attribue à l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, sous la juridiction de Vienne, au IXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 2Devenu dépendant de l'abbaye bénédictine Saint-Barnard de Romans au début du XIe siècle, le prieuré abrita une réunion des évêques du royaume de Bourgogne vers 1026, d’après un manuscrit de la bibliothèque de Berne. Locus Champagniae est cité dans un texte d’Urbain II datant de 1088.

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 15Le prieuré devint au XIIe siècle possession de l'abbaye Saint-Chef en Isère qui reconstruisit l’église telle que nous la voyons aujourd’hui : conçue entre 1150 et 1160 comme une église forteresse, dans un but militaire et défensif autant que religieux.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 17Les pierres de l’ancienne église du XIe siècle, en moellons de grès jaune et beige, servirent à l’édification de la nouvelle. Le village fut entouré de remparts. En 1319, Saint-Chef passa sous la dépendance directe de l'évêque de Vienne et en 1328, le prieuré fut supprimé : l’église devint simple paroisse.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 27En 1361, le prieuré fut rétabli au profit des Célestins jusqu'en 1773. L’église fut mutilée lors des guerres de religion, les sculptures des linteaux des portails ayant été partiellement détruits. Au XVIIe siècle, l’église fut restaurée : les tours nord et sud furent en partie démantelées.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre plan 3Le tracé des frontières sur la carte de Cassini de 1776 montre Champagne, possession des comtes d’Albon, comme une enclave, place forte avancée du Dauphiné dans le Vivarais et le royaume de France. Le village endossait un rôle portuaire, commercial et militaire.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 1En 1848, l’élargissement de l’ancienne route royale devenue nationale 86 fit disparaître le porche voûté, vestige de la tour accolée à la façade. Le cimetière qui jouxtait l’église au sud fut supprimé. Entre 1889 et 1893, l’église fut à nouveau restaurée. En 1976, par décision du pape Paul VI, l’église devint abbatiale des chanoines réguliers de Saint-Augustin.

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L'église Saint-Pierre, l’extérieur



Champagne église Saint-Pierre 29L’aspect massif de l’église est donné par le rôle militaire et défensif qu’elle portait lors de sa construction au milieu du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 3Le réemploi de pierres insérées sur les murs extérieurs montrent qu’elle fut construite sur l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, église primitive voire temple romain. Parmi ces éléments sculptés, qui ne sont plus vraiment à leur place, nous trouvons :

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 11Un homme récoltant le fruit de la vigne, l'arbre sacré, symbole de la vie éternelle. La vigne, donc le vin, boisson des dieux, permet de changer notre état mental pour empecher d'intellectualiser un message qui ne peut se comprendre qu'avec le coeur. L'accompagnent un homme chevauchant un oiseau et un homme se vidant dans un pot : il se débarrasse de sa matière lourde.

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 12Des griffons, des sirènes-oiseaux (tête humaine sur un corps de poisson ailé et pattes de lion).

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 13Un homme s'enlevant une épine du pied : il enlève un obstacle, ce qui va lui permettre de se retrouver debout sur ses pieds, qui s'opposent à sa tête, et d'avancer.

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 14Plusieurs fois sont représentés des joueurs de lyre, symbole de l'harmonie cosmique, de la connaissance des vibrations du monde qui permet d'unir le ciel et la terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 19Des têtes de taureaux, de lions
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Champagne église Saint-Pierre 40des masques romains,

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 41des têtes d'hommes les yeux et les oreilles grands ouverts.
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Champagne église Saint-Pierre 20Un lion mangeant une feuille de chélidoine, ses yeux vont s'ouvrir.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 36Sur la tour Sud, David portant une fronde, David tranchant la tête de Goliath, Goliath en tenue d'homme d'armes prêt au combat. Goliath, fait pour être vu verticalement, fut placé horizontalement par le maçon.
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Champagne église Saint-Pierre 23aLes modillons ne sont pas en reste. La présence d’une chouette, oiseau nocturne en relation avec la lune, nous indique que nous pouvons accéder à la connaissance en explorant notre partie sombre, à la perception de la lumière solaire par son reflet lunaire.

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 23La feuille de chélidoine, entourant la chouette, va aider à ce que l'on puisse ouvrir les yeux.
La chélidoine, appelée aussi grande éclaire, tire son nom du grec "Khelidon", qui signifie hirondelle. On pensait autrefois que l'hirondelle se servait du latex de la plante pour nettoyer les yeux de ses petits. Symbole de l’accès à la lumière, c'est à vous de "voir"...




 

Champagne église Saint-Pierre 46Et c’est bien une histoire de transformation qui nous est contée, à en croire les différentes phases de l’initiation. Une figure bestiale se transforme en humain,
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Champagne église Saint-Pierre 42un penseur va retourner les jambes vers le ciel.
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Champagne église Saint-Pierre 10La façade ouest est surmontée d’un toit à double pente formant un fronton triangulaire à la mode antique. On retrouve la trace de l’ancienne tour, détruite en 1848, au centre. De cette tour, on accédait à deux portes permettant jadis d’entrer dans les tribunes.


 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 6Les trois portails, abimés par le temps et les hommes, s’ouvraient sur le narthex antérieur. Ils sont surmontés d’un tympan et d’un linteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 5A gauche, le Christ couronnant Pierre et Paul.
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Champagne église Saint-Pierre 7Au centre, la passion du Christ avec, à droite, son arrestation au jardin des Oliviers, à gauche, la comparution devant Pilate et, au centre, la crucifixion. C’est l’une des premières images du Calvaire dans l'art monumental français, avec celle de Saint-Gilles du Gard. le décor derrière Pilate semble s'inspirer de l'art islamique ou au moins de Byzance. Chose rare, la signature du sculpteur sur la bordure inférieure du linteau représentant la Cène : Girbertus.


 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 9A droite, l’agneau pascal protégé par les archanges Gabriel et Michel, à qui deux chapelles hautes étaient dédiées. Sur le cercle glorieux on peut lire "Ecce agnus Dei qui tollit peccata mundi".
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Champagne église Saint-Pierre 38Les contreforts furent installés au siècle dernier, lors du percement des fenêtres donnant sur les bas-côtés. Seules les baies supérieures, étroites et sans ébrasement, sont d'origine.

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L'église Saint-Pierre, l'intérieur



Champagne Saint-Pierre aLa structure de l’église avec tribunes et déambulatoire laisse supposer qu’à l’époque de la dédicace, elle contenait des reliques précieuses, d’où la présence du déambulatoire. L’église se trouvant sur une route de pèlerinage, une telle forme est appropriée.


 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre hL’église Saint-Pierre est l’un des rares exemples en France d’un sanctuaire roman dont la nef de cinq travées est couverte par une file de trois coupoles sur trompes (avec la cathédrale du Puy et Saint-Hilaire de Poitiers), chaque coupole s’étendant sur deux travées.


 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre cLes coupoles sont séparées entre elles par un arc diaphragme. Les deux premières englobent chacune deux travées, ce qui forme un plan carré au sol.

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 65Un arc transversal les partage en leur milieu. La dernière, plus étroite, est faite sur une seule travée. L’architecte a-t-il voulu nous parler au travers de la géométrie sacrée ?


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 59De solides piliers, cantonnés de quatre demi-colonnes couronnées de chapiteaux, recueillent les arcs en plein cintre délimitant l'espace des cinq travées. Au dessus de ces arcs s'ouvrent les baies jumelles des tribunes.
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Champagne église Saint-Pierre 72Les chapiteaux, dont les feuilles s’ouvrent de plus en plus en remontant vers le chœur, nous annoncent la transformation du pèlerin.


 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 75Les deux bas-côtés, recouverts d'une voûte d'arêtes, sont percés de baies rajoutées au XIXe siècle.
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Champagne église Saint-Pierre 56Sous le balcon sud  nous retrouvons quelques consoles sculptées, qui nous racontent, telle une B.D. de l’époque, comment parvenir à se transformer : maitriser la dualité et se retourner. Le lion va nous y aider.

 

 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre gLe transept, légèrement saillant, est pris dans le massif des deux anciennes tours.
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Champagne Saint-Pierre jL’abside en cul de four, constituée d'un chevet à trois pans, protège un chœur de forme semi circulaire voûté en demi-coupole surélevé de quelques marches,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre fet un déambulatoire, sans chapelles rayonnantes, bordé de six colonnes. Depuis quelques années, on connait l'existence d'une confession (crypte de petite dimension dans laquelle était exposé le tombeau d'un martyr) sous l'autel provisoire actuel : la bouche d'accès profonde d'à peu près 2 m donne sur un caveau d'1,70 m de long et 0,75 m de large. A l'intérieur fut trouvé un ancien autel brisé (IXème ou Xème siècle).

 

 

 

Champagne Saint-Pierre m2Les parties hautes de l’église ne sont pas accessibles. Elles sont pourtant, d’après ce que j’ai pu en lire, intéressantes. Comme dans Saint-Philibert de Tournus, une chapelle est dédiée à saint Michel l’autre à Gabriel. On y parvient à l’aide de deux escaliers à vis qui débouchent au dessus des deux bras du transept.
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Champagne Saint-Pierre l1Ces chapelles communiquent entre elles par un passage supérieur au niveau des combles (ce même passage conduit à une salle située au dessus de la demi-coupole du chœur) et avec les tribunes par de petits passages étroits.

 

 

 

Champagne Saint-Pierre e1C’est à l’intérieur de l’église Saint-Pierre que l’on sent tout ce que ce genre d’église peut apporter. L’ambiance est douce, enveloppante, mais très émouvante. Le parcours énergétique marche encore, et c’est les larmes aux yeux que j’en suis sortie. J’aurais aimé savoir quel saint ou quel martyr était vénéré dans la confession.

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 73a
http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/serrieres.htm
http://www.abbaye-champagne.com/themes/champagne/eglise/eglise.htm

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03 mai 2012

Les Roches qui dansent



Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_7C’est dans un bois proche de Saint-Barthélémy-de-Vals que se dressent les roches qui dansent. Géologiquement parlant, ce sont des rochers de grès à forte concentration de quartz, durcis irrégulièrement par un ciment siliceux formant parfois des concrétions de calcédoine.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_4Restés en saillie quand les sables environnants ont été entraînés par l’érosion, Ils forment sur la colline boisée de châtaigniers et de chênes un assemblement naturel de 51 gros blocs disposés en trois cercles à peu près concentriques (d’où son nom officiel de « Cromlech-de-la-Roche-qui-danse », aussi appelé cromlech de Douévas) qui s’étendent sur près de 6 hectares.

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_14L’endroit fut occupé au moins dès l’âge du bronze. Il nous en reste des sépultures retrouvées alentours, dont quelques-unes datant de la période celte, comme mentionné par monsieur Lacroix dans le bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme de 1866 :

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_11« De 1825 à 1830 , on découvrit, au-dessous du château de Rochain, à un kilomètre de là vers le nord-ouest, plusieurs tombes en mollasse avec des couvercles de même nature ou en bois, des fragments d'armes, des vases en terre et des médailles romaines ou gauloises. Douze autres tombes furent mises à jour, rangées symétriquement sur deux lignes parallèles. »

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_20Plus loin, il est dit : « Grand fut notre étonnement en présence de cet amas de pierres de toutes formes, de toutes dimensions, les unes droites, les autres couchées et où régnait cependant une sorte de symétrie.


 

 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_2Des notes et des esquisses, prises à une seconde visite, nous permirent de reconnaître des menhirs, une pierre branlante, un autel ou chaire, un trilithe, des dolmens, un véritable cromlech enfin. D'autres roches colossales ou très petites marquent les avenues du sanctuaire.


 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_2Depuis lors, plusieurs blocs ont disparu sous le marteau des carriers, nous les avons vues en grand nombre, de 1837 à 1840, remplissant les intervalles qui sont vides aujourd'hui et formant une triple enceinte elliptique.


 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_18Ce n'est que depuis 15 à 18 années que les défrichements et la culture ont fait disparaître la régularité de ces courbes, et que la plupart des pierres plantées verticalement ont été déplacées, renversées, fracturées pour être employées à diverses constructions.» En effet, il reste encore des traces de carrier ayant voulu sortir de la pierre des meules.
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Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_21Les légendes se rapportant aux Roches sont nombreuses : l’une d’elles rapporte qu’à Noël et à la Saint-Jean, les fées s’y réunissaient pour invoquer les esprits selon des rites précis faisant vibrer les roches, et qu’un enfant les vit bouger après avoir assisté à un office.

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_16Une autre les attribue à la présence de Gargantua, dont il reste une trace de pied dans la roche. Une autre encore parle d’un bébé ayant disparu lors des 12 coups de minuit de la nuit de Noël et retrouvé au même endroit un an après sans qu’il ait vieilli. Mais la légende la plus tenace en fait un lieu fréquenté par les druides.


 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_3Regardons un peu plus loin et lisons entre les lignes. Les archéologues ont retrouvé un lieu qui, même étant naturel en grande partie, fut utilisé par les hommes. Les légendes nous apprennent que les rituels importants se situaient aux solstices (Noël, Saint-Jean), que le lieu fut utilisé par les druides. Les fées et Gargantua nous indiquent la présence des énergies de la Dame et de saint Michel, le lunaire et le solaire, qui peuvent être des énergies guérisseuses.

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_10Les sépultures alignées non loin du site montrent qu’il ne devait lui-même pas recevoir de corps, ce qui nous laisse penser qu’il devait rester pur. L’enfant qui voit bouger les pierres la nuit de Noël nous dit que les énergies vibratoires du lieu sont plus fortes aux solstices.

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_8Le bébé retrouvé après un an nous indique une possible fonction de portail sur… autre chose. Tout ceci bien sur reste une hypothèse non confirmée. Mais les légendes sont plus importantes qu’on ne le croit en général, elles qui véhiculent l’ancien savoir.

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_9Ce qu’il y a de sur, c’est que l’endroit est très fort en énergie tellurique et cosmique. Les courants telluriques n’ont même pas besoin d’être mesurés, les arbres tordus nous les indiquent.

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Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_12Et peut-être aussi quelques signes gravés en forme de serpent...

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_15Et la tête du dragon, où sort le courant principal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Barth_l_my_de_Vals_Les_roches_qui_dansent_3Aujourd’hui, le site, à l’image de Fontainebleau, ne sert plus qu’aux promeneurs et aux membres de l’école d’escalade. A moins qu’une nuit de la Saint-Jean…

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http://www.rdbrmc-travaux.com/spge/site_v2/sites_classes/pdf/2674.pdf
http://www.terre-de-mysteres.fr/hauts-lieux/les-roches-qui-dansent-saint-barthelemy-de-vals.html
http://www.archive.org/stream/bulletindarchol02drgoog/bulletindarchol02drgoog_djvu.txt
Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme (1866)

Posté par madame_dulac à 15:14 - - Commentaires [2] - Permalien [#]