Saint_Bertrand_de_Comminges_6Comme à Lyon, l’autre Lugdunum (colline de Lug/Bel/Gargan/Apollon/saint Michel), et Notre-Dame de Fourvière, la ville à dédié son sanctuaire le plus élevé à Notre Dame. L’édification de la première cathédrale remonte à l’épiscopat de Bertrand de L’isle (1083-1123).

 

 

 

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_20En 1150 la tour-clocher fut construite et le cloître fut agrandi. De cette période romane ne restent qu’une partie du cloître, la façade ouest et le narthex. La partie gothique comprend la nef entourée de 14 contreforts puissants, s'amincissant en hauteur.
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Saint_Bertrand_de_Comminges_22A l’est Jean de Mauléon construisit, en appendice du chevet, une sacristie, accessible par un escalier intérieur partant de l’abside.
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Saint_Bertrand_de_Comminges_26Au nord, faisant partie de l’ancien palais épiscopal disparu, se trouve une crypte de faibles dimensions où la tradition plaçait le premier tombeau de saint Bertrand.  Servant d’oratoire recueilli (ce qui veut dire qu’on ne peut pas la visiter…), on y accède par l’extérieur.


 

 

 

 

 

 

 

La tour-clocher et la façade ouest

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_9La tour primitive fut exhaussée et convertie en donjon qui reçut un hourdage (refait en 1888), rappelant le rôle militaire des places fortes du Moyen Age : les murs épais ne sont percés que de meurtrières. La tête du clocher est coiffée d’un triangle et culmine à 33 mètres de hauteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_10La façade de calcaire gris, comportant des remplois gallo-romains, comporte un portail roman plutôt modeste par rapport à l'édifice, un oculus dans l'arc au-dessus du portail, un peu décentré (comme sur la façade ouest de la chapelle de Saint-Michel d'Aiguilhe ). 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_10aIl est bien connu que des architectes capables de concevoir des sanctuaires ayant défié le temps ne savaient pas se servir d’un fil à plomb… Non, je me moque, hein ?) , et vraiment décentrée cette fois, une tête monumentale de saint Bernard, ou un ancien masque de théâtre gallo-romain. Presque en haut de la tour se tient une fenêtre en plein cintre à triple voussure entourée de colonnettes.
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Saint_Bertrand_de_Comminges_11Au centre du portail, une colonne de marbre sert de trumeau. Le chapiteau qui la surmonte offre le thème de quatre hommes accroupis supportant l'édifice (4 piliers du monde, 4 directions de l'espace formant la trame de l'univers). Ainsi ces personnages nous invitent à dépasser la frontière de notre égo pour soutenir en nous-mêmes la parcelle divine.
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Saint_Bertrand_de_Comminges_11aLe tympan, d'aspect archaïque, nous montre l'adoration des mages devant une vierge à l'enfant (dont la tête est bien plus adulte qu’enfant) surmontée d’anges thuriféraires. L’inscription latine est très visible, Maria mater et filium dei. 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_11eQuand aux rois-mages, symbole de l’ancienne connaissance, de la tradition primordiale, ils apportent au Christ, normalement, l’or, l’encens et la myrrhe, représentant la reconnaissance de ses fonctions royales, sacerdotales et prophétiques. L’inscription, et leo far et miron aspron, est moins facile à comprendre, mélange de latin et de grec qui signifie : "j'apporte un gâteau de farine (la galette des rois ?) de la myrrhe et de la monnaie (métal précieux, or ou argent).

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_11dSur la droite, un évêque tenant la crosse et levant la main droite en signe de bénédiction. Il s'agit de Bertrand, gravé dans la pierre avant 1179, date de sa canonisation, preuve que les commingeois le reconnurent comme saint avant l'église.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Bertrand_de_Comminges_11cAu linteau, les 12 apôtres : 12, nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait, nombre des divisions spatio-temporelles, combinaison du quatre du monde spatial et du trois du temps sacré mesurant la création-recréation, le carré plus le triangle, le nombre d'un accomplissement, d'un cycle achevé. 12 marches aussi pour monter jusqu’au portail. Les apôtres rappellent que Bertrand avait fondé un collège sacerdotal.

Saint_Bertrand_de_Comminges_13Le portail est encadré de quatre colonnes dont les chapiteaux présentent des scènes parlantes : un homme, une bourse autour du cou, semble avalé dans la gueule d’un monstre. Représentation de l’avarice pour l’exotérisme, est-il avalé, ou sort-il, son sac rempli de savoir et porté sur le cœur, aidé par le serpent, symbole de la connaissance ?

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Saint_Bertrand_de_Comminges_14Plus loin, un personnage chevauche un lion aux griffes ancrées dans la matière, et le force à ouvrir la gueule, ce qui représente la maitrise de soi, de ses pulsions. Un autre homme semble chevaucher un griffon.