Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_65Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_64Les 23 chapiteaux et les deux corbeaux qui supportaient le linteau du grand portail ont été déposés dans la salle capitulaire en 1865 lors des restaurations du transept et des travées attenantes. Les chapiteaux sont vraisemblablement contemporains du sculpteur du tympan sont des originaux réalisés pour la plupart par le sculpteur du tympan, Gislebertus, qui travailla sur le chantier de 1125 à 1135. Huit de ces sculptures illustrent des épisodes de l’Ancien et du Nouveau  Testament, quatre figurent des êtres fantastiques, deux des scènes symboliques. Neuf sont à décor exclusivement végétal.
Les chapiteaux forment un trapèze dont les sculptures occupent les faces avant et latérales.








La mort de Caïn

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_1Tiré des évangiles apocryphes, le thème (qui correspond à l’histoire de Judas dans le Nouveau Testament) est connu des artistes romans par l’intermédiaire d’œuvres byzantines. Cet épisode est repris deux fois à Vézelay, mais aucune des représentations n’atteint cette intensité dramatique. Lamech, malgré sa cécité et son grand âge, continue de chasser, aidé de son fils Tubalcaïn. Par erreur, ce dernier oriente le bras et la flèche de son père vers Caïn qu’il confond avec un animal sauvage. Caïn, atteint à la gorge, les traits figés par la souffrance, les yeux grands ouverts, s’écroule. Le chapiteau est associé à celui des vices et des vertus.








La pendaison de Judas

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_2Attaché à une branche, pend le corps nu de Judas. Deux diables ailés tirent sur la corde à laquelle est fixé un objet (une bourse ?) qui symbolise, dans l’art du XII ème siècle, la force ou la méchanceté de la personne qui la porte. L’histoire est relatée par Matthieu et les Actes des Apôtres. Ce chapiteau fait pendant à celui de la mort de Caïn.












Dieu interrogeant Caïn

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_3Dans une attitude de défi, Caïn se dresse face à Dieu, une main sur la hanche, un bâton dans l’autre. Dieu l’interroge : « Où est Abel, ton frère ? ». le corps d’Abel est dissimulé dans les feuillages, on en distingue les jambes dans l’angle du chapiteau. Par convention, Gislebertus représente le corps nu et ne troue pas les pupilles d’Able car ses yeux sont fermés : le personnage est bien mort.











La fuite en Égypte

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_4Ce chapiteau appartient au cycle de l’enfance du Christ, illustré également par les trois chapiteaux du voyage des mages. Joseph, averti par un ange, fuit avec sa famille vers l’Egypte afin d’échapper au massacre des enfants ordonné par Hérode, épisode relaté dans Matthieu et les évangiles apocryphes. Les 5 médaillons perlés au sol rappellent les roulettes des statues en bois que l’on promenait à l’occasion de l’Officium Stellae, mystère ou pièce de théâtre de rue qui relatait la venue des mages à Jérusalem, et qui se déroulait le 6 janvier, jour de l’épiphanie. Dans la cathédrale, ce chapiteau faisait face à celui du sommeil des mages.







Le sommeil des mages

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_6Les mages sont avertis dans leur sommeil de ne pas retourner auprès d’Hérode. Tout en montrant l’étoile qui les guidera vers leur pays, un ange touche la main du premier des mages qui ouvre les yeux alors que son voisin n’en ouvre qu’un et que le troisième dort encore. Le sculpteur adopte ce procédé non dénué d’humour pour évoquer une décomposition du mouvement, voire un déroulement dans le temps. Quelques traces de polychromie subsistent.











Les mages devant Hérode

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_5Très abimé, ce chapiteau faisait face, dans la nef, à l’adoration des mages. Le sculpteur a choisi le moment où les mages, avertis de la naissance du Christ, arrivent devant Hérode, dont on distingue le riche manteau. Hérode leur ordonne de se rendre auprès de l’enfant.













L’adoration des mages

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_7Les mages se rapprochent de l’enfant, assis sur les genoux de la Vierge. Le premier mage s’agenouille, le second lève sa couronne en signe de respect. Chacun tient un vase contenant de l’encens ou de la myrrhe. Le troisième, en retrait, porte une cassette, probablement remplie d’or. En retrait de la scène, saint Joseph, assis sur un tronc d’arbre, la main gauche sur la hanche et le menton reposant sur la main droite, assiste, perplexe, à la scène.








Deux vertus et deux vices

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_8Le combat des vices et des vertus, inspiré de la Psychomachie de Prudence (452-598) , est un thème récurrent de la sculpture romane. Debout sur la tête de l’avarice et de la colère trônent la charité portant un calice et la patience, proclamant ainsi leur victoire.
Le choix du sujet du chapiteau a fait l’objet de grands soins : les deux vices et les deux vertus sont en effet applicables aux fautes de Caïn et de Judas, dont la mort est représentée sur les chapiteaux qui leur sont consacrés.








Présentation d’une église

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_9Deux personnages (un laïc et un évêque identifiable à sa crosse aujourd’hui brisée) portent la maquette d’une église. Selon les chercheurs, l’un des deux personnages pourrait figurer Hugues II duc de Bourgogne, donateur du terrain sur lequel fut érigée la cathédrale, et l’autre l’évêque Etienne de Bagé. Au-dessus d’eux un personnage sorti des nuages. Sur le côté gauche du chapiteau, un enfant nu mange un fruit alors qu’un oiseau est perché sur une branche. Sur le côté droit, on peut identifier un jeune homme endormi sur son trône et coiffé d’un diadème, le second personnage est très altéré. Parmi les interprétations  possibles de l’iconographie, on pense à l’évocation d’un songe ayant entrainé la construction de la cathédrale Saint-Lazare.







Hippogriffe

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_10C’est un animal fantastique dont la partie avant est celle d’un oiseau, avec plumes, ailes et griffes, tandis que la partie postérieure est celle d’un mammifère avec des sabots et une queue rappelant celle des félins. Un personnage, partiellement conservé, est assis sur son dos. Tout en lui tirant la barbiche, il s’apprête à le frapper avec un gourdin. Il s’agit d’une illustration du combat entre le bien et le mal.
Évoqué par le poète latin Virgile dans ses Églogues, l'hippogriffe était lié chez les Grecs au culte d'Apollon où il était confondu avec le griffon. Sa figure est issue du bestiaire fabuleux des Perses et de leur Simorgh, au travers du griffon. Il est ensuite nommé pour la première fois dans les romans de chevalerie médiévaux qui le décrivent comme extrêmement rapide, monture de magiciens et de nobles héros.

L’oiseau tricéphale

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_11Cet oiseau palmipède à trois têtes (deux d’entre elles ont été mutilées) appartient au bestiaire fantastique médiéval. Il est fréquemment représenté dans la sculpture monumentale bourguignonne du moyen âge, comme à Cluny et à Vézelay.













Le basilic

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_12C’est un monstre hybride constitué de la moitié d’un coq et de la moitié d’un serpent. Son regard peut tuer et seul un écran de verre permet de s’en prémunir. Issu de la mythologie grecque, cet animal est considéré au moyen âge comme une incarnation du démon.
Le basilic est attaqué par un homme nu coiffé d’un casque et muni d’un bouclier et d’une épée. Cet assaut illustre le combat du bien contre le mal.










Combat d’un pygmée et d’une grue

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_13Cité par Homère dans l’Illiade, repris plus tard par Rabelais et Boileau, le combat des pygmées et des grues trouve ses racines dans la haute antiquité. Gérane, reine des pygmées, orgueilleuse, vaniteuse et prétentieuse, aurait été transformée en grue. Ce fut le point de départ d’une guerre entre nains et grues. Connus des pharaons d’Egypte, les pygmées étaient considérés au moyen âge comme un peuple extraordinaire qu’un apôtre devait convertir.



L’ânesse de Balaam

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_Capitulaire_22Cet épisode est tiré de l’Ancien Testament. Balaam, célèbre devin, est chargé par le roi de Moab de maudire les Hébreux qui arrivent dans son royaume après 40 années passées dans le désert. Balaam s’apprête à se rendre sur la montagne pour accomplir sa tâche mais un ange (dont on voit les ailes et le bras dans l’angle droit) barre le chemin à l’ânesse qui refuse d’avancer, en dépit des coups de bâton de Balaam.