28 septembre 2009

L’église Saint-Saturnin

Saint_Saturnin_37Décidément, ce voyage fut fait sous l’égide de Saturnin/Sernin. Après Saint-Hilaire et son sarcophage lui étant dédié, après Toulouse, après Pont-Saint-Esprit qui s’appelait avant Saint-Saturnin-du-Port, voici le village de Saint-Saturnin en Auvergne.










Saint_Saturnin_2Le village fut la résidence des barons de la Tour d'Auvergne, qui devinrent Comtes d'Auvergne. De cette famille est issue Catherine de Médicis, fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne. Le village est enraciné sur une coulée de lave provenant de l’éruption volcanique des Puys de la Vache et de Lassolas.














Saint_Saturnin_1Perché sur cet éperon, l’édifice roman fut l’église d’un prieuré bénédictin fondé en 1040 qui dépendait de l’abbaye Saint-Austremoine d’Issoire.  Quelques vestiges du cloître primitif sont accolés au sud de l’église.
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Saint_Saturnin_16L’église, construite au XIIème siècle (on sait qu’elle fut terminée en 1157) est la plus petite des 5 églises romanes majeures d’Auvergne. Elle s’en distingue par l’absence de chapelles rayonnantes autour du chevet. La forme pyramidale de l’ensemble mène le regard vers le ciel par l’intermédiaire du massif barlong et du clocher octogonal.
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Saint_Saturnin_18Lors de la révolution, sous la terreur, l’église fut rachetée par monsieur Verdier de Pagnat, afin qu’elle soit soustraite à la profanation. Le clocher, épargné, servit de modèle à ceux de Saint-Austremoine d’Issoire et Notre-Dame du Port de Clermont, reconstruits au XIXème siècle.
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Saint_Saturnin_48On dit que l'église fut dédiée à saint Saturnin, premier évêque de Toulouse martyr au IIIème siècle, dont les reliques parvinrent en Auvergne au VIème siècle, ainsi que le rapporte Grégoire de Tours. Mais...

Le père Travers, l'ancien curé de Saint-Saturnin, pense qu'il s'agissait de celui qu'on appelait "le saint masqué", représenté au modillon sud de l'église sous la forme d'un Janus à 2 visages, celui  qui regarde l'avenir étant masqué. Dans années 1920, on chantait encore dans les écoles religieuses une chanson qui parlait du saint masqué et dont une partie du refrain disait :" Nous irons tous à Shamballa"... Histoire confirmée quelques années plus tard par une octogénaire élevée chez les bonnes soeurs.

Saint Saturnin serait donc la représentation du dieu Saturne. L'église est calée sur le concept Saturne-Lune et sur le rapport 1/3 2/3 au niveau des proportions.

Pour voir la carte, cliquez ici

http://saint.saturnin.free.fr/prome/decouverte.html
http://www.art-roman.net/stsaturnin/stsaturnin.htm
http://pagesperso-orange.fr/marc.champommier/st-sat0.html
http://homepage.mac.com/joel.jalladeau/dome/6/6.html

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L’église Saint-Saturnin, l’extérieur

Saint_Saturnin_42C’est sur le chevet, le massif barlong, les transepts et les murs latéraux que se concentrent les décors : arcatures, frises en damiers, modillons à copeaux, cordon à billette et grande rosace.










Saint_Saturnin_11Elles utilisent l’alternance des deux pierres très répandues dans la région, l’arkose blonde de Montpeyroux avec des incrustations décoratives de lave noire de Volvic.
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Saint_Saturnin_14Le chevet possède de puissantes assises : le premier demi-cercle correspond au déambulatoire, le deuxième à l’abside. Les arcades sont groupées par 3. Sur le long rectangle du transept s’élève le massif barlong (posé perpendiculairement par rapport à l’axe du bâtiment), propre aux églises romanes d’Auvergne.
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Saint_Saturnin_13Le tout est couronné d’un clocher octogonal de deux étages à baies jumelées creusées dans l'épaisseur du mur et d’une flèche flèche de pierre à huit pans.
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Saint_Saturnin_36La façade occidentale est constituée d'un simple mur pignon, renforcé par deux contreforts. Trop exposée aux intempéries, cette façade ne comporte aucune ornementation.

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L’église Saint-Saturnin, l’intérieur

Saint_Saturnin_19Le plan est traditionnel : trois nefs de quatre travées, transept et chevet à déambulatoire ou galerie de circulation qui entoure l’hémicycle de six colonnes. L’intérieur très clair est remarquable par l’harmonie des proportions et par l’intérêt architectural et symbolique.
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Saint_Saturnin_20La nef voûtée en berceau sans doubleaux est flanquée de deux bas-côtés voûtés d'arêtes avec doubleaux surmontés d’une tribune. L'éclairage vient des fenêtres des murs gouttereaux des bas-côtés.               










Saint_Saturnin_26Les chapiteaux sculptés dans une pierre volcanique grise sont d’une grande sobriété, décorés de feuillages, à l’exception de quatre d’entre eux, au nord, qui comportent également des personnages et des animaux.
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USaint_Saturnin_29n aigle aux ailes déployées, deux oiseaux buvant dans une même coupe,
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Saint_Saturnin_49et la représentation d’une tête d’homme placé en haut d'une tige végétale. Deux oiseaux semblent lui parler à l’oreille. De sa bouchent sortent des feuillages.











Saint_Saturnin_24A la croisée des transepts, 4 piliers au sol formant un plan carré (la terre), qui se transforme en hauteur, en passant par l’octogone, en cercle (le ciel). Les piliers sont carrés avec trois colonnes engagées : 4, la terre, 3, le ciel.















Saint_Saturnin_22Le chœur comporte un déambulatoire, mais aucune chapelle rayonnante. Les trois marches montant au chœur sont percées d’orifices donnant sur la crypte et représentant l’alpha et l’oméga.










Saint_Saturnin_32Une peinture murale, dans la deuxième travée nord du bas-côté, du début du XVIème siècle, représente l’annonciation, et ce qui est plus rare, la résurrection de Lazare.
Cette travée a probablement été utilisée comme chapelle funéraire et une cheminée d’aération des caveaux se voit contre le deuxième pilier de la nef.
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Saint_Saturnin_46Récemment, une vierge romane en majesté, découverte dans le village, fut offerte à l'église par son propriétaire.
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Saint_Saturnin_54Elle possède tous les attributs d'une vierge noire, même si elle n'est pas répertoriée comme telle.

















Saint_Saturnin_53Il nous manque son histoire.

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L’église Saint-Saturnin, la crypte

Saint_Saturnin_65On y accède par deux escaliers latéraux. Son plan reproduit celui en fer à cheval du chœur.












Saint_Saturnin_46aQuatre colonnes supplémentaires, au centre de l'hémicycle, supportent le pavé du sanctuaire.












Saint_Saturnin_64Entièrement voûtée d’arêtes, elle est d’une grande sobriété.
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Saint_Saturnin_59Trois fenêtres assurent un éclairage discret. Les colonnes n'ont pas de chapiteaux ni de bases.













Saint_Saturnin_60Elle arbitre un très beau groupe en pierre, une pietà en calcaire polychrome du XVème siècle. La Vierge est entourée de saint Jean et sainte Madeleine.

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La chapelle Sainte-Madeleine

Saint_Saturnin_12Cette petite chapelle dédiée à sainte Madeleine est un peu antérieure à l’église, peut-être du XIème siècle. Orientée au nord est, c’est le plus ancien monument de Saint-Saturnin.











Saint_Saturnin_4On ne connaît rien de ses origines et de sa fonction initiale. Elle pourrait avoir été la première église paroissiale du village ou la chapelle du prieuré bénédictin de 1040. Elle a servi aux baptêmes et au dépôt des morts aux XVII et XVIIIème siècles.










Saint_Saturnin_10Intégrée au système défensif du village lors de la guerre de Cent ans, elle fut surmontée d’une tour semi-circulaire qui avait son répondant de l’autre côté de la place.











Saint_Saturnin_6Transformée en habitation, puis en école en 1844, la chapelle fut acquise par la commune et restaurée dans le courant du XXème siècle en vue de l’utiliser comme salle d’exposition.
















Saint_Saturnin_9Sur le linteau de la porte jouxtant la chapelle est inscrit : « nous avons este comme vous un jour vous seres comme nous, penses y bien – 1668 ».











Saint_Saturnin_8C’est l’entrée de l’ancien cimetière, transformé en un jardin accroché au roc, dominant les gorges de la Monne et l’une des sources alimentant le village.

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26 septembre 2009

Notre-Dame-du-Cros

Notre_Dame_du_Cros_3Le site de Notre-Dame-du-Cros se trouve à quelques kilomètres à l'est de Caunes. Ce site fut habité depuis très longtemps : des fouilles récentes ont permis de retrouver sur le sommet de la falaise surplombant les gorges du ruisseau du Cros (affluent de l'Argent-Double) une ancienne muraille en U conservée sur environ 250 m de long. La porte primitive de l'enceinte est doublement protégée par un mur long de 11 mètres. L'intérieur de l'enceinte a livré de nombreux vestiges.







Notre_Dame_du_Cros_2La première occupation du site date du premier âge du Fer, probablement à la charnière des VIIIème et  VIIème siècles avant notre ère. Le mobilier céramique modelé compte des coupes hémisphériques, des écuelles à bord droit, des jattes à col court et des gobelets. Une datation radiocarbone 14C appartenant au niveau situé entre la strate la plus ancienne et celle de réoccupation du site se place entre de 775 et 649 av. J.-C.




Notre_Dame_du_Cros_4La fondation de l'enceinte se situerait donc nécessairement avant cette date approchée.
La deuxième phase d'occupation du site est datée des environs de 600 av. J.-C. Elle est marquée par la réparation de la muraille en au moins deux endroits. Le mobilier comportait deux amphores vinaires étrusques, un petit récipient en tonnelet en pâte rose clair, un fragment de coupe ionienne.









Notre_Dame_du_Cros_27Depuis longtemps donc, ce site fut protégé. Aux pieds de la falaise, à l'entrée du vallon du Cros, nous avons maintenant la chapelle Notre-Dame. Mais aussi une source miraculeuse, une grotte,  une vierge noire, un ermitage, tous marques du sacré. On pressent que la dévotion à la vierge Marie a succédé à un ancien culte.







Notre_Dame_du_Cros_5Une légende parle d'une bergère qui avait pour habitude de garder ses bêtes près de la source en compagnie de son enfant malade. Un jour, alors qu'elle priait la Vierge, lui demandant d'avoir pitié, elle sentit une force lui demander d'aller le faire boire à la source.









Notre_Dame_du_Cros_41L'enfant fut instantanément guéri. Les villageois, reconnaissants, firent construire trois petites chapelles en pierres sèches, adossés à la falaise. Ce sont les "capeletos", dont une seule subsiste aujourd'hui. Trois statues y furent placées : la Vierge, saint Joseph et saint Jean.














Notre_Dame_du_Cros_11Notre_Dame_du_Cros_28Sous ses petites chapelles existe une petite grotte surmontée d'une énorme pierre, ressemblant fortement à une table de dolmen... On y célébrait le culte des 3 niches, avant de construire, suite au nombre grandissant des pèlerins, une église de l'autre côté de la rivière.







Notre_Dame_du_Cros_20Une autre légende parle d'une vierge trouvée dans le creux d'un rocher, à l'emplacement de la chapelle actuelle. L'endroit étant désert et trop éloigné du village, on transporta la statue à Caunes, mais toutes les nuits, la statue disparaissait pour regagner son creux de rocher...
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Notre_Dame_du_Cros_23On voulut alors construire une chapelle pour la recevoir; mais le travail exécuté pendant le jour était systématiquement détruit pendant la nuit. Finalement, on jeta  en l'air un marteau de marbrier qui s’en alla tomber à l'endroit même où l'église est aujourd'hui bâtie. On retrouve souvent cette légende du marteau dans les anciens sanctuaires païens christianisés. Mémoire de Thor ?
La statue présentée à droite du maître-autel dans l'église est une copie. L'originale de la fin de l'époque romane est conservée au trésor de la cathédrale de Carcassonne. Tout laisse à penser qu’elle fut une vierge noire.











Notre_Dame_du_Cros_30Une autre légende encore, extraite de "La Minerve française"de février 1818, fut rapportée par  E. de Jouy :"Une femme pieuse tourmentée par la fièvre et la soif n'osait tremper ses mains dans le creux de la fontaine de Notre-Dame-du-Cros pour se désaltérer de son eau.















Notre_Dame_du_Cros_31Elle invoque la Vierge: une coupe sort du rocher; elle boit, elle est guérie; et depuis ce temps des milliers de fiévreux attestent par leur guérison la vertu fébrifuge de la tasse de Cros. Nul homme jusqu'ici n'a pu connaître la matière dont cette coupe miraculeuse est composée.









Notre_Dame_du_Cros_35Cette écuelle ou coupe est d'une matière rougeâtre inconnue; elle porte au dos des caractères que nul n'a pu déchiffrer. Les pèlerins cherchaient à en prélever des parcelles, si bien qu'un aumônier du Cros, l'abbé Jaffus, crut devoir la protéger en la faisant revêtir d'une cuirasse en argent."

La source sacrée guérit de la fièvre, mais aussi la vue, et peut-être…






Notre_Dame_du_Cros_40Le mardi 30 juin, descendant de la carrière de marbre, un incendie gagnait le chemin du sanctuaire à une allure vertigineuse. L'espoir était mince que survive le site. Le mercredi matin, le feu s'est arrêté... devant la croix de pierre qui, traditionnellement, marquait l'entrée de la colline du sanctuaire.








Notre_Dame_du_Cros_6La chapelle fut fondée vers l’an 900. La bulle du pape Gélase II de 1119, adressée à l'abbé Arnaud de Caunes, cite la villa du Cros et son église parmi les possessions du monastère. Une confrérie de Notre-Dame du Cros apparaît à Caunes à la fin du XIIème siècle, mais il n'existe de renseignements sur les processions qui se déroulaient au Cros qu'à partir du XVIIème siècle.













Notre_Dame_du_Cros_8Elles avaient lieu régulièrement pour les fêtes de l'assomption et de la nativité de la Vierge. On en organisait aussi avec les reliques des martyrs de Caunes pour demander la pluie en période de grande sécheresse.










Notre_Dame_du_Cros_10La semaine sainte était encore une période de grande activité liturgique. Depuis une date indéterminée un ermite veillait à l'entretient du site et assurait la garde de la chapelle. Des foires s'y tenaient les 8 et 9 septembre. La puissance de la tradition était telle qu'elle brava la révolution.









Notre_Dame_du_Cros_9Une procession avec les reliques eut lieu le 25 août 1793. Mise en vente le 11 thermidor an IV, la chapelle fut achetée par le frère de l'ermite qui s'empressa de la rétrocéder, le 21 messidor an V, à une association groupant 300 citoyens de Caunes.















Notre_Dame_du_Cros_18Il ne subsiste rien de l'église mentionnée en 1119. Tout fut reconstruit au XIVème siècle. On commença par la nef à laquelle fut ajouté un chœur rectangulaire de même largeur.
















Notre_Dame_du_Cros_26On éleva ensuite le porche du midi et diverses chapelles au nord, au sud et à l'ouest, cette dernière remaniée en 1915.












Notre_Dame_du_Cros_17Tout était voûté d'ogives, mais le couvrement a été refait a deux reprises comme le prouvent d'anciennes nervures entre la dernière travée de la nef et le chœur.











Notre_Dame_du_Cros_7On a conservé trois clés de voûte gothiques, dont l'une en l'honneur de la vierge, qui est représentée entre deux anges porteurs de cierges.

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Notre_Dame_du_Cros_14Sous le porche figure une vierge à l'enfant qui appartient au groupe des vierges audoises de la première moitié du XIVème siècle. Elle est présentée dans une niche du XVème siècle qui fut retaillée pour la recevoir.
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23 septembre 2009

L'abbaye de Caunes-Minervois, historique


Caunes_Minervois_64Saint Benoit d’Aniane, vers la fin du VIIIème siècle, réforma l’ordre bénédictin et entreprit une restauration monastique. Il fut aidé par des compagnons, dont Anianus, qui fonda l’abbaye de Caunes en 780 sur les rives de la rivière l’Argent Double. Les bâtiments remplacèrent une ancienne villa gallo-romaine dénommée Bufentis. L’église abbatiale fut consacrée entre 808 et 820 et dédicacée aux saints Pierre et Paul.







Caunes_Minervois_16L’absence de reliques fut vite comblée, et c’est en 983 que l’on mentionne la présence des restes des saints martyrs de Caunes : l’évêque Amand et ses frères Luce, Alexandre et Audalde. Leurs actes semblent avoir été fabriqués à partir de sources plus anciennes concernant des martyrs homonymes dont l’existence n’est pas d’avantage établie. Mais leurs reliques font encore l’objet de processions de nos jours.







Caunes_Minervois_30Quoi qu’il en soit, l’abbaye reçut de nombreuses offrandes et prit son essor. Placé à l’origine sous la protection directe du roi, elle passa aux mains des comtes de Carcassonne puis de Barcelone et aux Trencavel,  vicomtes de Béziers. Ce n'est qu'au XIIème siècle que l'abbaye se libéra de cette tutelle laïque grâce à une bulle du Pape Gélase II qui confirma ses possessions en 1119.













Caunes_Minervois_15Au XIIIème siècle, Caunes fut l’un des centres de la reconquête catholique dans un pays gagné au catharisme. L’abbé reçoit plusieurs fois les représentants du pape venus prêcher l’orthodoxie. En 1227, Pierre Isarn, évêque cathare du Carcassès, y fut brûlé sous l’ordre de l’archevêque de Narbonne. L’abbaye reçut des parts des biens confisqués aux hérétiques.







Caunes_Minervois_12Puis vint le déclin, après la commende en 1467 puis les guerres de religion. Caunes fut assiégée et prise par les troupes du duc de Joyeuse, qui auraient fait raser les murs et les portes de la ville, ainsi que l’enclos abbatial. Après cet épisode, les moines n’eurent plus la vocation.









Caunes_Minervois_51Il fallut attendre le début du XVIIème siècle pour que soit engagée une série de réformes par l’abbé Jean d’Alibert, qui fit restaurer les bâtiments et reconstruire le logis abbatial. Il fut enterré en 1626 dans le chœur de l’église. Un inventaire de 1664 révéla un état de désolation important, et le salut vint d’une autre congrégation bénédictine, celle de Saint-Maur, qui redressa l’abbaye en 1663 et fit reconstruire une partie des bâtiments monastiques. Le cloître actuel fut sur les restes du cloître médiéval.











Caunes_Minervois_28Lors de la Révolution, le monastère fut fermé, et l’abbaye devint bien national en 1791, à l’exception de l’église qui devint propriété communale. Les bâtiments furent vendus à des particuliers. L’église fut classée monument historique en 1916, les bâtiments monastiques inscrits à l’Inventaire en 1948.

Caunes_Minervois_planhttp://www.caunesminervois.com/abbaye-romane.php
http://www.payscathare.org/1-6504-Histoire.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caunes-Minervois
http://www.languedoc-roussillon.culture.gouv.fr/fr/0index/01actu/protection_historique/fiches11/caunes.htm
Dépliant de l'office du tourisme

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L'abbaye de Caunes-Minervois, l'abbatiale

Caunes_Minervois_10La partie la plus ancienne de l'église se situe à l'est et constitue la base du chevet. Ce dernier, construit en moellons disposés en assises régulières, est rythmé par deux contreforts et 8 colonnes engagées en pierre de taille. Les colonnes sont surmontées de beaux chapiteaux ornés de motifs végétaux et d'entrelacs. Le mur est percé de 3 baies très étroites, à simple ébrasement. Tous ces caractères architecturaux indiquent le premier art roman.
La partie supérieure de l'abside, construite dans un appareil plus régulier au cours de la seconde moitié du XIème siècle, est ornée de 9 arcatures en plein cintre.









Caunes_Minervois_32Le chœur, voûté en cul-de-four, est éclairé par 3 grandes fenetres et deux occulis. Au XVIIIème siècle, les mauristes ont habillé ses murs de grandes stalles en bois. Au Xiième siècle, il fut agrandi par l'adjonction d'un faux transept. Sur chacun de ses bras se greffe une absidiole semi-circulaire, et aux extrémités deux tours-clochers de plan carré.
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Caunes_Minervois_2La tour nord, élevée au début du XIIème siècle, présente trois étages de baies géminées qui récelent des réemplois de colonnes et chapiteaux antiques, romans et mérovingiens.

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Caunes_Minervois_17La tour sud, bâtie à la fin du XIIème siècle, n'est nantie que d'un seul étage de baies campanaires.

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Caunes_Minervois_1On pénètre dans la nef  sous un porche voûté d'ogives en boudin du début du XIIIème siècle. Son portail réemploie deux chapiteaux historiés du XIIème.
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Caunes_Minervois_6Peut-être proviennent-ils de l'ancien cloître roman.
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Caunes_Minervois_31Une inscription datée de 1233, sur la gauche,  mentionne des fondations de messes par le chevalier Pelagos, parent de l'abbé Pelagos qui contribua à l'enrichissement du monastère.
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Caunes_Minervois_34La nef unique fut en grande partie reconstruite au XIVème siècle et pourvue de fausses voûtes en briques en 1770. Elle est éclairée par de hautes baies gothiques percées au sud. Dotée de 6 travées inégales, elle est flanquée de 4 chapelles latérales.









Caunes_Minervois_37Depuis l'absidiole nord, dans laquelle se trouvent les reliques des saints martyrs de Caunes, on accède par un déambulatoire du XVIIIème siècle à la crypte.
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L'abbaye de Caunes-Minervois, la crypte

Caunes_Minervois_41Les restes de l'église carolingienne furent exhumés à la fin des années 80, à l'occasion de travaux d'assainissements.












Caunes_Minervois_45Sont actuellement visibles les vestiges de l'abside quadrangulaire, qui offre la particularité d'emboiter les angles extérieurs arrondis. Après l'édification de l'église, ce sanctuaire a du faire fonction de martyrium afin de recueillir les reliques des saints martyrs caunois.





Caunes_Minervois_44Au fond, la troisième niche contient des fresques romanes.


















Caunes_Minervois_24Les fouilles se poursuivent pour déterminer si l'église carolingienne possédait un transept. Elles ont mis à jour deux sarcophages des Vème et VIème siècles.

















Caunes_Minervois_42Personne ne parle du puits sacré, mais il est bien là. Il se dégage une atmosphère très sereine de cette crypte, les énergies y sont toujours présente.

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L'abbaye de Caunes-Minervois, le cloître

Caunes_Minervois_9C'est la congrégation de Saint-Maur qui édifia en 1663 le cloître actuel, sur les souches de l'ancien cloître roman. Restaurées, ces galeries sont d'une grande sobriété. Longeant l'église, une balustrade permet désormais de surplomber les soubassements d'origines de la nef et les vestiges du cloître roman.









Caunes_Minervois_7Un escalier dessert les éléments subsistants de l'ancien cloître : un tronçon du mur bahut septentrional et une longue calade.












Caunes_Minervois_8Celle-ci constitue un agencement soigné de petits galets posés de chant.

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