Cruas_plan_1terL'Église abbatiale, de plan cruciforme avec un transept saillant, se compose d’une nef et de deux collatéraux voûtés en berceau organisés en 5 travées, s'achevant à l'est par des absides cintrées.
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Cruas_26Orientée est/ouest, l’abbatiale se compose d’une église basse, d’une église haute formée par le prolongement du chœur du sanctuaire par le truchement d’une tribune monastique et d’une crypte semi enterrée, typique de l'art lombard.























Cruas_25La travée supportant le clocher, plus grande, fut rajoutée au XIIème siècle, les autres datant du XIème. Elle abrite la chapelle haute, dédiée à Saint-Michel. Normal, la Vierge se trouve dans la crypte, son parèdre en hauteur.
















Cruas_103Cette chapelle, détruite pendant les guerres de religion, et qui devait être réservée aux personnages importants, fut reconstruite en 1987. Elle couvrait la travée occidentale et s'ouvrait largement sur la nef. Elle apparaît comme une survivance du massif occidental et des clochers porches carolingiens et ottoniens.














Cruas_29Cette partie de l’édifice possède les seuls chapiteaux à avoir été faits par des sculpteurs professionnels et à présenter un décor adapté du chapiteau corinthien antique.
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Cruas_31Ils sont en calcaire gris de Beaucaire, matériau différent du reste des chapiteaux, preuve que ce sont des œuvres d'atelier qui n'ont pas était faites sur place. Ce sont des adaptations du chapiteau corinthien antique.










Cruas_34Sur la plate-forme à droite de l’entrée se trouve le gisant d’Adhémar VI de Poitiers-Valentinois, bienfaiteur de l’abbaye. Ce tombeau gothique date du XIVème siècle. Il est surmonté d’une fresque.
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Cruas_38L’élévation de la nef est à trois étages. Les hautes arcades qui séparent la nef des collatéraux sont surmontées d’un étage aveugle. Le niveau supérieur à claires-voies apporte un éclairage direct à la nef. Les ouvertures sont situées du côté sud alors que le côté nord est fermé.









Cruas_37La nef est couronnée d’une voûte en plein cintre avec doubleaux. Les bas-côtés sont couverts d’une voûte d’arêtes.

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Cruas_92Dans l’église haute, la croisée des transepts est surmontée d’une coupole sur trompes, sur laquelle vient se poser la tour lanterne. Les coquilles Saint-Jacques fut peinte en trompe-l’œil au XVIIIème siècle.
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Cruas_107La table d’autel date du XIème siècle. Elle fut découverte en 1983 dans l’un des sols de la nef centrale où elle avait été enterrée, sans doute pendant les guerres de religion. Taillée dans une tranche de marbre gris d’origine antique, elle mesure 2m16 de long sur 0,86 de large et 12 cm d’épaisseur.






















Cruas_100C’est une table en « évier » légèrement creusée, posée sur des piles en matériau plastique englobant les vestiges des piles d’origine. Cette méthode a l’avantage de laisser bien lisible les parties anciennes. Je trouve ça très beau.
Les piles venaient s'ancrer dans le socle de pierre qui est encastré dans la mosaïque.













Cruas_101Le bras nord du transept abrite une peinture murale du XIVème siècle, peinte sur la pierre sans enduit préalable. Elle représente un saint évêque, peut-être saint Victor bénissant, réalisé par des artistes dans la mouvance de l'atelier siennois de Simone Martini alors en Avignon.









Cruas_85L’abbatiale a conservé des restes de  fresques du XIVème, non restaurées mais stabilisées. Celle du mur nord représente la trinité, avec Dieu le père présentant le Christ devant lui, une colombe symbolisant l’esprit. A gauche, un ange thuriféraire, et à droite, saint Michel en armure du XVème, pesant les âmes… on devine la correspondance avec Thôt ou Anubis.








Cruas_106Celle du mur sud présente deux moines agenouillés derrière un immense archer qui envoie des flèches en direction de saint Sébastien dont il ne reste que quelques traces.