27 mai 2009

L'église Saint-Jacques-la-Boucherie et la tour Saint-Jacques

Tour_Saint_Jacques_1L'actuelle tour Saint-Jacques est le vestige d'une église aujourd'hui disparue : Saint-Jacques-le-Majeur, dite Saint-Jacques-la-Boucherie, édifiée dans l'un des plus anciens quartiers du Paris médiéval.
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Tour_Saint_Jacques_21Les grands axes routiers étant déjà tracés à l'époque romaine, l'église primitive, une chapelle carolingienne dédiée à sainte Agnès, fut implantée à la jonction de ces voies, le cardo et le decumanus. Ses fondations furent découvertes lors des fouilles de 1852. La Chronique de Turpin affirme que l’église fut fondée par Charlemagne. 
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Tour_Saint_Jacques_19C'est après le IXème siècle que les parisiens, repliés sur l'île de la Cité à l'époque des invasions normandes, s'installent sur les terres marécageuses de la rive droite. Au XIIème siècle, les bouchers occupent cette banlieue. Ils formeront par la suite une communauté connue sous le nom de Grande Boucherie.

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Tour_Saint_Jacques_18La mention la plus ancienne que nous connaissions d'une église en ce lieu date de 1060. Dans une bulle du pape Callixte II, en 1119, il est fait mention pour la première fois de l'église sous le vocable de Saint-Jacques, devenue propriété de l'abbaye de Cluny, par l'intermédiaire du prieuré de Saint-Martin-des-Champs.
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Tour_Saint_Jacques_2La chapelle du Xème siècle fut remplacée vers le milieu du XIIème. Elle fut érigée en paroisse sous Philippe-Auguste, vers l'an 1200.  La première trace de son surnom de Saint-Jacques-la-Boucherie date de 1259.









Tour_Saint_Jacques_37Ce sanctuaire possédait une relique de saint Jacques et était un lieu de pèlerinage réputé: c’est à partir de cette église que s’organisèrent les pèlerinages en direction de l’Espagne et de Saint-Jacques-de-Compostelle, selon un itinéraire (la via Turonensis) qui empruntait, vers le sud, la rue Saint-Jacques, le cardo de Paris, jalonné de divers édifices cultuels consacrés au saint (dont il subsiste encore aujourd’hui l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas).
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Tour_Saint_Jacques_32Prise dans un  étroit réseau de ruelles et de constructions, l'église était de plan dissymétrique, car elle se développa par ajouts successifs, au gré des opportunités financières. Son portail nord fut offert en 1389 par l'écrivain et libraire Nicolas Flamel, dont la légende fit un grand alchimiste.

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Tour_Saint_Jacques_35En tant que donateur, il put se faire représenter sur le tympan, en compagnie de dame Pernelle son épouse, aux côtés de la Vierge et des saints Jacques et Jean-Baptiste.








Tour_Saint_Jacques_36Il logeait en face, à l'angle de la rue qui porte aujourd'hui son nom et de la rue des Écrivains, l'actuelle rue de Rivoli. Il prépara lui-même sa pierre tumulaire (le n° 92 au musée de Cluny) et fut enterré dans l'église le 24 mars 1417.

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Tour_Saint_Jacques_20Vers la fin du XVème siècle, les voies furent élargies et les nombreuses logettes d'écrivains publics qui étaient adossées aux murs de l'église furent détruites.

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Tour_Saint_Jacques_27La façade d'origine de l'église fut remplacée en 1487, ses ornements et figures furent achevés en 1491.
Saint-Jacques possédait un clocher carré datant du XIIIème siècle, situé sur le flanc nord de l'église, près du portail de Flamel et de deux logettes lui appartenant. A la fin du XVème siècle, il fut décidé de le remplacer.
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Tour_Saint_Jacques_34Comme ils le firent pour l'édification et les agrandissements de l'église, les paroissiens et les confréries, et particulièrement celle de la Grande Boucherie de Paris, financèrent la construction de leur nouveau clocher. Il fut choisi de le placer sur le flanc sud de l'église, en retrait de son angle sud-ouest. Bien que réalisée entre 1509 et 1523, sous Louis XII et sous François premier, sa tour est encore de style gothique flamboyant. Le nom de son architecte n'est pas assuré, mais on parle de Jehan de Félin, maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Paris.











Tour_Saint_Jacques_28Vendue comme bien national pendant la Révolution française, elle devînt une carrière de pierre et fut démontée pierre par pierre. Seul le clocher fut épargné. En 1836, la ville de Paris fit l’acquisition du clocher subsistant, isolé et abandonné, qui devint, au XIXème siècle, la tour Saint-Jacques, ornement d’un des premiers jardins publics parisiens.








Tour_Saint_Jacques_10En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration.






Tour_Saint_Jacques_7Les travaux sont colossaux, ordonnés par l’architecte Baltard et dirigés par Théodore Vacquier et l’ingénieur Roussel.




Tour_Saint_Jacques_8La tour est entièrement reprise depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites, ainsi que 19 statues et les gargouilles.


Tour_Saint_Jacques_9De 1854-1858 la restauration est confiée à l’architecte Théodore Ballu.






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Une statue de Blaise Pascal, installée à la base de la tour, rappelle qu'il aurait renouvelé ses expériences sur la pesanteur du Puy-de-Dôme en cet endroit, mais d'autres sources indiquent l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas sur la montagne Sainte-Geneviève.
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Tour_Saint_Jacques_6En 2007, la ville de Paris en concertation avec la Conservation régionale des Monuments historiques a entrepris une restauration complète de la Tour.

La tour, carrée, mesure 52 mètres jusqu’à la balustrade, et fait 10,40 mètres de côté. En 1523, Rault, tailleur d’images, reçut 20 livres "pour avoir fait trois bêtes (trois des quatre symboles des évangélistes) et un saint Jacques sur la tour et clocher". Cette statue colossale mesurait, dit-on, 10 mètres de haut. La statue de saint Jacques, abattue à la Révolution, est remplacée par une autre, due à Paul Chenillon.










Tour_Saint_Jacques_23Tourné vers le Nord, saint Jacques regarde la colline protectrice de la ville qu’est Montmartre, devenue, par le martyre de saint Denis au premier siècle, haut lieu de pèlerinage, et qui depuis un siècle est le siège du Sacré-Cœur.
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Tour_Saint_Jacques_31"La restauration de Ballu, en 1858,  y rétablit les statues arrachées en 1797, en particulier celles des animaux évangéliques et du Saint-Jacques qui, depuis, veille toujours sur la croisée de Paris et qui est tournée vers le Nord, pôle du Minuit, des ténèbres, que doivent traditionnellement garder les Veilleurs apostoliques. Particularité remarquable de la « triangulation » providentielle de l’espace isiaque de Paris, la tour Saint-Jacques est très exactement sur la ligne droite qui joint la flèche de Notre-Dame à la basilique du Sacré-Cœur." Jean Phaure,  "Introduction à la géographie sacrée de Paris"




Tour_Saint_Jacques_33Les symboles sculptés des quatre évangélistes, le lion, le taureau, l'aigle et l'homme, apparaissent dans les angles.












Tour_Saint_Jacques_15Le symbole de la terre des alchimistes, le globe surmonté de la croix, est figuré par la disposition même de la tour et des rues Flamel et Pernelle. Sur le plan de la ville de Paris la tour saint-Jacques est figurée par un cercle. De ce cercle part vers le haut la rue Flamel, elle même coupée transversalement par la rue Pernelle. Nous avons bien là le globe crucifère.

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Tour_Saint_Jacques_24http://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_Saint-Jacques
http://www.paris-pittoresque.com/jardins/4.htm
http://www.cosmovisions.com/monuParisEgliseSaintJacquesBoucherie.htm
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2008/07/10/194-tradition-guenon-symbole

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25 mai 2009

L'église Saint-Merry


Historique

Saint_Merry_2L'église est située à l'intersection de l'ancienne voie romaine nord/sud, l'actuelle rue Saint-Martin, et de l'axe est/ouest, les rues Saint-Antoine, de la Verrerie et Saint-Honoré. La tradition rapporte que cette partie de la rive droite fut connue depuis fort longtemps par son caractère sacré, et qu'il s'y dressaient 3 mégalithes adorés par les Gaulois.














Saint_Merry_41Au VIIème siècle, Médéricus (devenu Merri par contraction), abbé de Saint-Martin d'Autun, séjourna et mourut dans cet endroit le 29 août 700. Il revenait d'un pélerinage à Saint-Denis ( qui n’est que la version chrétienne du Dionysos grec ), et, malade, avait décidé, en compagnie de Frodulphe (saint Frou) de se retirer dans l'ermitage avoisinant l'oratoire Saint-Pierre-des-Bois où son corps fut inhumé.







Saint_Merry_10En 884, lors du dernier siège de Paris par les normands, l'évêque de Paris Gozlin fait exhumer et mettre en châsse les restes de Saint-Merri, désormais considérés comme des reliques. C'est à cette époque que saint Merri est choisi pour devenir le saint patron de la rive droite. Peu après, la chapelle fut érigée en collégiale.
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Saint_Merry_16Le culte du saint abbé fut à l'origine d'une nouvelle église Saint-Pierre-Saint-Merri sur l'initiative d'un officier royal qui défendit Paris contre les vikings, Eudes ou Odon Le Fauconnier, au Xème siècle. Même si la date exacte de construction reste hypothétique, on sait que Eudes Le Fauconnier a bel et bien existé, puisque lors de la reconstruction de l'église au XVIème siècle, on découvrit dans le vieux cimetière le squelette d'un guerrier chaussé de bottes de cuire doré, avec l'inscription: "Hic jacet vir bonae memoriae Odo Falconarius fundatur hujus ecclesiae".




Saint_Merry_42L'église fut donnée vers 1005 au chapitre de Notre-Dame et fut desservie par  7 chanoines du chapitre de la cathédrale. Surnommée "Notre-Dame la Petite", elle est ainsi l'une des quatre "filles de Notre-Dame" et la dernière subsistante aujourd'hui. Il en reste une fenêtre sur la rue Saint-Martin.  A cette époque, un cloître attenait à l'église ( rues Brisemiche et Taillepain ).







Saint_Merry_28Sous François Ier, l'accroissement de la population du quartier rendit nécessaire la reconstruction de l'église qui fut commencée en 1521 et ne fut terminée qu'en 1612. Une crypte fut ménagée à la place du caveau où se trouvait le tombeau du saint. Fermée en 1793, l’église devient une fabrique de salpêtre. De 1797 à 1801, des théophilanthropes en font le « temple du Commerce ». Elle finit par être rendue au culte catholique en 1803.
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Description

Saint_Merry_11Bien qu'elle fut faite en pleine Renaissance, elle porte tous les caractères des édifices du Moyen âge en style entièrement flamboyant, et son portail est rempli de détails élégants et très symboliques.  « Devant l'église il y avait autrefois, rapporte Sauval, une espèce de parvis qui ressentait fort la primitive église ; surtout ces deux lions qui en gardoient les deux côtés de l'entrée, étoient une auguste et terrible marque de ce saint lieu et donnoient une certaine terreur et respect aux passants ».
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Saint_Merry_30L'édifice se développe sur cinq nefs en ogive qui viennent aboutir à la croisée.  Il présente la double particularité de comporter un bas-côté supplémentaire au sud et d'avoir le même plan que Notre-Dame (le chœur étant sensiblement égal en longueur à la nef). L'hémicycle du chœur est formé de treize ogives.
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Saint_Merry_1La façade, de style gothique flamboyant, est recouverte de dais, d'arcatures, de baldaquins, de frises de feuillages et d'animaux fantastiques, notamment sur les chambranles des porches latéraux. En son centre figure un grand porche ogival. Le portail principal est percé de trois portes ogivales surmontées de crossettes et de fleurons. Les voussures sont sculptés de multiples statuettes (martyrs, anges). Sur les piédroits figurent les statues d'apôtres réalisées par les sculpteurs Louis Desprez et Joseph Brun au XIXème siècle. Son flanc nord a été dégagé en 1950 des maisons qui s'y appuyaient.










Saint_Merry_19Le clocher carré ayant été doté d'un troisième étage en 1612, a retrouvé depuis l'incendie de 1871 sa hauteur d'origine (deux étages). À gauche, on peut observer une tourelle octogonale décorée d'arcatures, surmontée d'un campanile abritant la plus ancienne cloche de Paris (1331).















Saint_Merry_8La nef à cinq travées et à voûte en ogive fut achevée en 1520. Les travées à arcades en tiers-point sont soutenues par de grands piliers à fûts multiples. Elle a la particularité de n'avoir qu'un bas côté nord, et deux bas côté sud.
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Saint_Merry_27Le chœur, achevé en 1552, est l'œuvre du maître-maçon Pierre Anglart. Sa longueur est sensiblement la même que la nef.
Une grande gloire en bois doré de 1753, agrémentée de têtes de chérubins domine le maître-autel en marbre. Celui-ci a été décoré par Karl-Henri Lehmann de panneaux sur fonds or représentant les Apôtres et des têtes d'anges représentant la Joie et la Tristesse.













Saint_Merry_40C'est par un étroit escalier de quinze marches qu'on descend dans la crypte, chapelle souterraine qui remplace celle où fut le tombeau de Saint-Merri.
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Saint_Merry_36Achevée dès 1515 sous la cinquième chapelle à gauche de la nef, elle abrite depuis 1884 la châsse contenant les reliques du saint. De plan carré, les voûtes des quatre travées retombent sur un massif pilier central dont le chapiteau est orné de grappes et de raisins. Elle abrite également la dalle funéraire de Guillaume Le Sueur (mort en 1530) et de sa femme Radegonde Budé (morte en 1522).
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Symbolique

Saint_Merry_3C'est sur la façade de Saint-merry que nous rencontrons le plus de symboles. Même si l'église fut construite après l'épisode des tours inachevées cher à Raoul Vergez, il n'en reste pas moins que les maîtres sculpteurs ont posé sous nos yeux d'étranges figures. A commencer par celle que tout le monde connait, je veux parler du Baphomet. Que de bêtises n'ont-elles pas été dites à son propos. Ce que l'on ne connait pas, on le craint. C'est ainsi que le Baphomet devint la représentation du diable, au même titre que la lame XIII des Tarots.





Saint_Merry_aCelui de Saint-merry n'est pas à proprement parler un Baphomet, représenté généralement en buste, avec les mains supportant la tête, une tonsure, des cornes, des ailes et tirant la langue. Ici, nous avons plus à faire avec une symbolique alchimique classique. Rien d'étonnant, dans ce quartier où les Templiers, Nicolas Flamel et Dame Pernelle ont déhambulé.
Il a été dit que cette figure fut faite pendant la restauration de l'église au XIXème siècle. Mais en 1870, Louis de Ronchaud, directeur de l’Ecole du Louvre, rendit un rapport dans le cadre d’une étude sur l’Inventaire général des richesses nationales et affirma que cette sculpture était d’origine, et non rajoutée en 1842.









Baphomet_006Finalement, quelle importance. Ce qui est étonnant, c'est que cette église, à la place du Christ en majesté que l'on rencontre le plus souvent sur les frontons, ou de Marie pour les églises qui lui sont consacrées, porte cette figure hermaphrodite, symbole de la Sagesse. En effet, il me semble que la meilleure traduction, parmi les nombreuses proposées, reste celle de l'étymologie arabe, « bafè,  “immersion”, et metis, “sagesse”, donc à la lettre “baptême de sagesse”, donc pas d'idole barbue mais la représentation symbolique d'une opération ésotérique apprise par les Chevaliers du Temple en Orient. »










Baphomet_003aFulcanelli nous en dit : « Baphomet vient des racines grecques Βαφεύς , teinturier, et μής , mis pour μήν , la lune ; à moins qu’on ne veuille s’adresser à μήτηρ, génitif μητρός , mère ou matrice, ce qui revient au même sens lunaire, puisque la lune est véritablement la mère ou la matrice mercurielle qui reçoit la teinture ou semence du soufre, représentant le mâle, le teinturier,-Βαφεύς – dans la génération métallique. Βαφή a le sens d’immersion et de teinture. Et l’on peut dire, sans trop divulguer, que le soufre, père et teinturier de la pierre, féconde la lune mercurielle par immersion, ce qui nous ramène au baptême symbolique de Mété exprimé encore par le mot baphomet . Celui-ci apparaît donc bien comme l’hiéroglyphe complet de la science, figurée ailleurs dans la personnalité du dieu Pan (tout, universel) image mythique de la nature en pleine activité… »

Saint_Merry_21Bernard Roger précise : « Quant au petit hermaphrodite (…) il ne saurait mieux justifier sa présence qu’au travers des acteurs du drame alchimique, parmi lesquels il trouve une ressemblance frappante avec le Rebis, être bisexué né des amours d’un vieillard et d’une jeune vierge, fixe et volatil, personnage central, polaire, principe de l’Oeuvre voué à la destruction, et dont la mort doit donner naissance au phénix, jeune roi ou pierre philosophale triomphante. Au pied de l’archivolte, de part et d’autre de la porte, un dragon ailé et un dragon aptère rappellent la nature des deux protagonistes minéraux du début des travaux. »










Saint_Merry_20Nous retrouvons d'ailleurs un autre hermaphrodite, l'escargot, sous la voussure de la façade. "L'escargot, qui sort de terre après la pluie, est un symbole de régénération cyclique, de la mort et de la renaissance. Il illustre le thème de l'éternel retour : il montre et cache ses cornes comme la lune apparaît et disparaît. Il participe du printemps humide, et ne sort de terre qu'après la pluie. Il signifie aussi la fertilité par sa spirale et le développement de la corne. Comme le coquillage, il présente aussi un symbolisme sexuel."
"Parmi les anciennes traditions encore préservées, quoique morcelées jusqu'à devenir parfois incompréhensibles, on peut trouver une référence aux cérémonies qui étaient célébrées dans l’Égypte ancienne, notamment dans le labyrinthe d’Abydos en forme d’escargot. Toutes étaient relatives au temps. L’escargot est donc un symbole du temps et l’homme qui pénétrait dans ses détours mystérieux devait passer une série d’épreuves liées au temps. À la sortie, il devait avoir, en quelque sorte, transcendé la signification du temps. Tel était le symbole attribué à l’escargot, avec sa maison sur le dos, avec son temps de petites expériences sur les épaules, mais avec la capacité de lever les yeux et les antennes au-dessus de sa tête, de son corps, au-dessus de la matière inerte et pesante."

Saint_Merry_38En tous cas, nous avons dans la crypte une belle représentation d'un acrobate, l'initié qui commence son retournement par ses jambes qui montent en direction du ciel.
















Saint_Merry_42Sur un autre pilier, peut-être le maître alchimiste, montrant ses yeux pour mieux que nous voyions, et son coeur, pour mieux que nous comprenions...











Saint_Merry_17Et nous finirons par Marcel Schwob, qui, en une étude consacrée à l’Argot français, et mentionnant le Jargon des Coquillars, précise que du temps de François Villon, le jeu de la Marelle était désigné sous le nom de saint-marry ou saint-joyeux.









Saint_Merry_29http://www.saintmerri.org/saintmerri/histoire.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Merri_(Paris)
http://nezenlair.unblog.fr/2007/04/14/saint-merri-ou-leglise-du-diable/
http://larocheauxloups.wordpress.com/2009/05/05/promenade-alchimique-dans-paris-avec-richard-khaitzine/

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12 mai 2009

L'abbaye Saint-Victor

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_22Le site de Marseille fut occupé depuis longtemps par les hommes ( entre 27 000 et 19 000 avant notre ère ). Des fouilles récentes ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique dans la ville qui remonte à 6 000 avant notre ère. Marseille fut fondée en - 600 par des grecs de Phocée, aujourd'hui Foça en Turquie, et s'appelle à l'origine Massalia. Romaine, son nom devint Massilia. Le Vieux-Port est un port naturel : il porte le nom grec de Lacydon.

 











Abbaye_Saint_Victor_Marseille_15Erigée dans un secteur de cimetières antiques, l'abbaye de Saint-Victor domine la rive sud du Lacydon, faisant face à la cité établie sur la rive opposée. Une ancienne carrière est devenue le réceptacle d'un culte funéraire dont les origines, martyriales ou épiscopales, sont mal connues.






 

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_10La basilique paléochrétienne construite par un évêque de Marseille, Proculus ou Procule (380-430), était composée d'un bâtiment constitué par l'actuelle chapelle Notre-Dame de la Confession et de l'Atrium. Au Vème siècle, des récits peu à peu amplifiés attirent les pèlerins et favorisent les inhumations "ad sanctos", auprès des corps saints. Un véritable parcours de dévotion est aménagé.

 

 






 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_11Jean-Baptiste Grosson écrivit, en 1770, dans son Almanach : « L'origine de cette Église est due à la piété des premiers Fidèles. Elle n'a d'abord été qu'une grotte ou caverne qui étant pour lors éloignée de la Ville, & dans l'emplacement des anciens Champs Elisées, ou ossuarium des Marseillois, servoit de retraite aux premiers Chrétiens, pour y aller célébrer les saints Mystères, & ensevelir les corps des Martyrs. Il y a auprès de cette grotte, qui est aujourd'hui renfermée dans l'église inférieure, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Confession, dont l'Autel fut construit sous l'empereur Antonin qui vivoit l'an 140. Victor, Officier des troupes Marseilloises, ayant souffert le Martyre sous Dioclétien, l'an 303, le 21 juillet, les Fidèles ensevelirent son corps dans cette grotte. »

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_14La dévotion qui s'installe sur le site de Saint-Victor dans le courant du Vème siècle entraîne la création d'un lieu de culte rupestre. En 440, l'église est consacrée memoria martyrum. Conçu en deux parties, un espace basilical et un espace à plan centré, ce monument paléochrétien vient s'enchâsser dans le rocher recreusé à partir des anciens fronts de taille.

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_13Dès lors, le parcours du pèlerin s'organise vers la partie la plus monumentale du sanctuaire. L'espace basilical consiste en une nef centrale et deux collatéraux voûtés d'arêtes. L'axe général de cette construction est nord-sud, donc perpendiculaire à l'orientation est-ouest de l'église supérieure actuelle.

 

 









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Deux tombes rupestres réunies côte à côte dans un caveau, premier aménagement funéraire de cet édifice nouvellement construit, sont établies au centre même de la nef. Elles renferment les dépouilles de deux hommes qui, à la suite des fouilles de 1963, ont été considérés comme des martyrs, exécutés sous le règne de Dèce, vers 250, peut-être celles de Volusianus et Fortunatus. Ils ont à l'origine de tout l'ensemble cultuel. Cinq autres tombes rupestres sont réparties tout autour.

 


 





Abbaye_Saint_Victor_Marseille_23Pour ce premier monument, les Vème et VIème siècles sont les périodes essentielles d'activités architecturales et funéraires. Le culte du martyr Victor est attesté à la fin du VIème siècle. L'histoire de Victor, officier chrétien qui aurait été exécuté à Marseille en 290, comporte une part majeure de flou et de légende. Il aurait été officier chrétien, probablement dans une légion thébaine aux ordres de Maurice, légion composée entièrement de chrétiens, qui fut entièrement massacrée par l'empereur Maximien.C'est Euchère, archevêque de Lyon de 435 à 450 qui relate pour la première fois ce martyre de 6666 hommes, qu'il date de 302 .

 


Abbaye_Saint_Victor_Marseille_12Le site est alors une basilica, lieu de pèlerinage qui devient un monastère aux abords de l'époque carolingienne, vers 790. Clercs, pèlerins et moines cohabitent sous le contrôle de l'évêque.

 


 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_24Durant la période qui suit, époque obscure traversée d'invasions et de troubles politiques, le monastère se replie sur lui-même. Il aurait été entièrement ruiné vers la fin du IXème ou au début du Xème siècle.Ce n'est qu'en en 948 que la vie monastique renait, sous l'impulsion de l'évêque Honorat II, parent du premier Vicomte de Marseille, qui introduit la règle bénédictine.




 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_25En 977, le nouvel évêque de la ville, Pons Ier, parent de Honorat II, continue l'oeuvre de ce dernier. Peu après, en 1005, le monastère gagne son autonomie : Pons Ier « émancipa l'abbaye de toute autorité étrangère, voulant qu'il vécut de sa vie propre et indépendante, sous la règle de Saint Benoît et à la direction de ses abbés, comme les autres monastères réguliers, sans être assujetti à quelque personne que ce pût être, si ce n'est à titre de défenseur ». Le moine Guifred ou Wilfred (Wifredus), originaire de l'abbaye de Psalmody (Gard), devint le premier abbé de Saint Victor et entreprit de grands travaux, suite à la dévastation de l'abbaye par les Sarrasins. 

 




Abbaye_Saint_Victor_Marseille_20Une première réorganisation architecturale médiévale, liée à la volonté de l'abbé Isarn, moine catalan du XIème siècle, a laissé peu de traces tangibles. Ce dernier est très lié avec Odilon, abbé de Cluny : « Ces deux lumières du monde ne formaient qu'un seul cœur, une seule âme ». Une dédicace en 1040 consacre une nouvelle église. C'est alors seulement qu'est attribué à Jean Cassien, moine du Vème siècle, la fondation du monastère de Saint-Victor, afin de le rattacher à une grande tradition monastique.

 


Abbaye_Saint_Victor_Marseille_Saint_Jean_Cassien"Au début du Vème siècle, arrive à Marseille un moine originaire de l’actuelle Roumanie, Jean Cassien. Il avait séjourné à Bethléem, Constantinople, et en Egypte. C’est peut-être Lazare, évêque d’Aix, qui l’avait amené avec lui en revenant du concile de Diospolis. Jean Cassien est très probablement l’auteur du règlement de Saint-Victor, les "Instructions cénobitiques" (entre 419 et 425). Cette règle fait de lui le législateur du monachisme occidental."

 






Abbaye_Saint_Victor_Marseille_21L'abbaye gagne en prestige et en richesses, permettant au XIIème siècle l'achèvement de l'ensemble de l'église supérieure et la construction des bâtiments conventuels. Durant la première moitié du Xlllème siècle, Hugues de Glazinis, (†1250), sacristain de Saint-Victor, entreprend la reconstruction et l'agrandissement de l'église (nefs actuelles). Au siècle suivant, sous l'impulsion de Guillaume de Grimoard, ancien abbé de Saint-Victor qui devint le pape d'Avignon Urbain V, interviennent la reconstruction de l'abside de l'église et la fortification de l'ensemble.



 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_33Ces travaux de grande ampleur ont peu à peu modifié les anciens bâtiments paléochrétiens et les ont transformés en crypte. Le plan basilical fut modifié et réorienté. Un autel fut placé dans l'espace central. A l'ouest, en remplacement des trois arcades et du mur latéral, une grande ouverture fut aménagée sous deux arcs successifs. L'agrandissement de la carrière dans cette direction créa une nouvelle nef qui correspondit à la nouvelle orientation de la petite basilique.

 



 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_8Le cloître et les bâtiments à l'usage des moines sont détruits durant la période révolutionnaire. L'église devient un dépot de fourrage et des forçats sont emprisonnés dans les cryptes. Elle est rendue au culte en 1804, mais entre-temps, les cryptes ont été dépouillées de nombreux sarcophages et de colonnes. L'aménagement du bassin de carénage en 1832 rompt la relation de Saint-Victor avec le rivage tandis que l'urbanisation dessine de nouvelles rues autour de l'église, seul vestige conservé de l'ensemble monastique.

 

 

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_19Malgré plusieurs campagnes de fouilles entreprises par fernand Benoit dès juillet 1943, puis entre 1963 et 1965, poursuivies entre 1970 et 1978 sous la direction de Gabrielle Démians d'Archimbaud, certaines parties du site restent inexplorées.

 




 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_111Sources pour tout le reportage sur Saint-Victor :

 

"Saint-Victor de Marseille" de Michel Fixot et Jean-pierre Pelletier, d'où sont tirés les textes et les reproductions des panneaux à l'intérieur de l'abbaye

 




 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_9http://www.marseilles.com/musee/monument.html#victor (photo st victor 2)

http://www.chez.com/saintvictor/victor_h.htm#top

http://perso.pacwan.fr/saint-victor/index1.htm

http://newadvent.org/cathen/

http://www.archerjulienchampagne.com/article-23443126.html

http://www.camoin.com/tarot/Marseille-Abbaye-Saint-Victor.html

http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye%20Saint-Victor-de-Marseille.html

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Église Saint-Laurent

Saint_Laurent_de_Marseille_4Le site de Marseille fut occupé depuis longtemps par les hommes ainsi qu'en témoigne la découverte en 1991 de la grotte Cosquer dans l'une des calanques, dont l'occupation entre 27 000 et 19 000 avant notre ère est attestée. Des fouilles récentes ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique dans la ville qui remonte à 6 000 avant notre ère.

Marseille est la plus ancienne ville de France. Elle fut fondée en - 600 par des grecs de Phocée, aujourd'hui Foça en Turquie, et s'appelle à l'origine Massalia. Romaine, son nom devint Massilia.
Le Vieux-Port est un port naturel : il porte le nom grec de Lacydon.

Saint_Laurent_de_Marseille_24"Les colons phocéens, conduits par Protis, s'installèrent vraisemblablement sur la butte Saint-Laurent, qui s'avance en promontoire à l'extrémité du Lacydon." C'est donc sur cette butte que les premiers grecs s'installèrent. Ils construisirent un théâtre et le sanctuaire d'Apollon Delphinios. En 1952 fut découvert au pied de la butte un chapiteau ionique archaïque utilisé en réemploi. Il est exposé au Musée d'Histoire de Marseille. L'étymologie de Laurent provient du laurier, laurus en latin, qui donne Laurentius, couronné de laurier. Mais... le laurier, emblème de la victoire, fait partie des attributs d'Apollon, et cet arbre lui était consacré.

Saint_Laurent_de_Marseille_2L'histoire de l'église Saint-laurent commence vers 870, sous l'épiscopat de l’éveque Babon, qui fit construire une enceinte fortifiée sur le promontoire pour protéger la ville des invasions, le Castrum Babonis. A l’intérieur, il fit élever une église qui prit le nom de Saint-Laurent du Château-Babon, peut-être sur les ruines du temple d'Apollon.








Saint_Laurent_de_Marseille_20En 1249 l’évêque Benoît d’Alignan la fit reconstruire en style roman provençal. Elle devint la paroisse des pêcheurs du quartier Saint-Jean, dont la communauté remonte à la plus haute antiquité. En 1604, la Confrérie des pénitents Blancs, trop à l’étroit dans l’église fit construire, en la jouxtant, la chapelle Sainte Catherine, pour ses offices et ses réunions.







Saint_Laurent_de_Marseille_1En 1668, lors de la construction du fort Saint-Jean et du fossé destiné à le séparer de la ville, on coupa la butte et l'église fut amputée de sa façade et d'une travée.











Saint_Laurent_de_Marseille_9La porte principale qui se trouvait sur cette façade ouest, fut transportée sur le coté sud.

















Saint_Laurent_de_Marseille_3L’abside fut reconstruite pour la réalisation du clocher octogonal ou campanile, auquel on accède par un escalier hélicoïdal établi dans une tourelle. Il était à l'origine situé à l'ouest de l'église. Il possède une sorte de coursive l’entourant en corniche soutenue par des modillons resserrés.
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Saint_Laurent_de_Marseille_5En 1794, l’église fut fermée pour être utilisée comme entrepôt de matériel militaire jusqu’à sa réouverture en 1801. En 1943, elle échappa à la destruction par dynamitage des vieux quartiers du vieux port, mais fut fortement ébranlée par les explosions. Les services des Monuments Historiques sont en train de réparer les dégats.








Saint_Laurent_de_Marseille_10L’église Saint-Laurent, construite en calcaire rose des carrières de La Couronne, près de Martigues, est de style romano-provençale. L’absence de tout décor sculpté ne peut que faire penser au dépouillement des « trois sœurs provençales », les abbayes cisterciennes du Thoronet, Sénanque et Silvacane.
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Saint_Laurent_de_Marseille_11La nef, simple et sans transept, et les bas cotés voûtés en berceau brisé, se terminent à l’est par une abside et des absidioles. Ses trois travées reposent sur des piliers à angles droits soutenant des arcs doubleaux reliés entre eux par une corniche longitudinale à section carrée. Chaque pilier est ceinturé, au départ des arcs donnant sur les nefs latérales, par un listel mouluré ’sans fioritures’.













Saint_Laurent_de_Marseille_14L’arc triomphal en plein cintre s’ouvre sur l’abside à cinq pans, voutée, elle aussi en arc brisé dont les nervures s’arrêtent par des culots arrondis à hauteur des murs.
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Saint_Laurent_de_Marseille_15Cinq fenêtres hautes, étroites et d’inégales hauteurs, en ogive, éclairent le choeur à partir de l’abside. Le mobilier présent avant 1943 n’a pas été réinstallé, si bien que l'on peut admirer les lignes pures de l'édifice.
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Saint_Laurent_de_Marseille_16Dans la nef gauche, une statue de Notre-Dame de Massalia, installée en 1997, et dans la nef droite, une statue de saint Laurent en bois doré de la fin du XVIIIe siècle
Le baptistère est actuellement non visible dans l’attente d’une restauration.
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Saint_Laurent_de_Marseille_17Un bénitier, un vrai, dans une niche à l'entrée.













Saint_Laurent_de_Marseille_18Et aussi une coquille Saint-Jacques sculptée à la base d'un contrefort de pilier...

















Saint_Laurent_de_Marseille_21Aux côtés de l'église fut construite de 1604 à 1640 la chapelle Sainte-Catherine, qui communique par une porte latérale avec la sacristie.
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Saint_Laurent_de_Marseille_7Le parvis est orné d'un groupe en bronze, "Le dresseur d'oursons", de Louis Botinelly (1911).

http://www.marseilleforum.com/207-marseille-eglise-saint-laurent.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Laurent_(Marseille)
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Le cloître de Saint-Victor

 

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_37Abbaye_Saint_Victor_Marseille_34Détruit pendant la période révolutionnaire, il n'en reste que les traces d'ancrage des voûtes de la galerie nord contre une aile de bâtiments abbatiaux appuyés au collatéral méridional de l'abbatiale.

 


 


 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_36Dans l'angle que ces bâtiments formaient avec le transept de l'église, on voit encore les vestiges de l'ancienne salle capitulaire.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_32Sur ce transept prenait naissance l'enceinte qui, à partir de la fin du XIVème siècle, défendit les bâtiments monastiques : les consoles bûchées des mâchicoulis sont encore visibles au sommet du tronçon du mur restant.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_26Il reste des traces d'engravure de la charpente du logis de l'abbé sur l'élévation de la face nord de la tour d'Isarn.

 

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L'église supérieure de Saint-Victor

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_1L'église comprend deux parties bien distinctes : d'une part la nef et d'autre part le transept et le chœur. L'entrée se situe dans la tour d’Isarn.

 

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Le porche d’entrée

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_28La porte d'entrée est située à l'est dans la tour d'Isarn. Ce porche est très sobre.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_17La voûte très bombée repose sur deux puissants arcs d'ogive de section rectangulaire, sans clef de voûte, qui retombent sur des piliers à arêtes vives insérés dans les angles.
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Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage___strigiles_et_croix_au_centre_Marseille_30À l'intérieur du porche, se trouve un sarcophage en marbre de Carrare datant de la fin du IVème ou du début du Vème siècle. Ce sarcophage a été découvert au cours de fouilles effectuées dans le sous-sol de cette pièce. L'ornementation est simplifiée au maximum avec, au centre, une croix latine placée dans un compartiment rectangulaire encadré par deux grands panneaux de strigiles.









La nef

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_50La nef avec ses quatre travées et ses bas-côtés est de style gothique. Ils remontent à l'abbatiat d’Hugues de Glavinis mort en 1250.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_44Des voûtes d’ogives étaient initialement prévues partout, mais pour la nef l'architecte préféra adopter des berceaux brisés, laissant inutilisées les colonnettes qui devaient recevoir la retombée des ogives.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_40La nef évoque ainsi l'époque romane. Au XVIIème siècle un éclairage direct de la nef est réalisé en perçant les voûtes de fenêtres.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_46Au fond de la nef, placé sur une tribune, se trouve l’orgue construit en 1840 par A. Zieger. Sous cet orgue se trouve l'accès à la crypte.











Abbaye_Saint_Victor_Marseille_45Le transept nord est percé d'un oculus et celui du sud d'un arc plein cintre. Dans chaque bras, des niches grillagées abritent une collection de reliquaires.
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Travée gauche

 

Marseille_200aAu fond de la travée gauche, près de l'orgue, se situe l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement. Dans cette chapelle se trouve une table d'autel en marbre blanc (L = 1,78 x l = 1,12) qui date de la seconde moitié du Vème siècle, réinstallé en 1968 sur un socle moderne. La face supérieure est creusée en cuvette et le rebord supérieur est décoré de rinceaux de vigne, sculptés en faible relief. La tranche est ornée de bas-reliefs sur chacune des quatre faces, des colonnettes marquent les angles.
Abbaye_Saint_Victor_Marseille_31Sur la face antérieure, à partir d'un palmier à chaque extrémité, deux files de 6 colombes se dirigent vers le chrisme central inscrit dans une couronne de laurier et accosté des lettres alpha et omega. Sur la face postérieure, deux files de 6 brebis font procession vers l'agneau, qui est debout sur la montagne d'où s'écoulent les 4 fleuves du paradis. Sur les deux faces latérales, le même motif est répété, mais en plus, d'un cratère médian s'échappent deux rinceaux de vigne dont les grappes sont becquetées par des colombes. Les angles sont percés de trous, peut-être destinés à recevoir les voiles cachant les reliques  Une inscription votive grecque, "Cal... pour lui-même et pour toute sa maison", est gravée sur le listel inférieur de la face principale, de part et d'autre du chrisme. Les dimensions de l'autel laissent à penser qu'il aurait pu être celui de la partie centrale de la crypte paléochrétienne.

 

Travée droite

 

Abbaye_Saint_Victor_Le_sacrifice_d_Abraham_Marseille_42Dans la travée suivante, juste en face du porche d'entrée, est exposé un très beau sarcophage en travertin de couleur jaunâtre. Le couvercle est en bâtière dont une pente représente une toiture. Sur la face longitudinale sont représentés le sacrifice d'Abraham et la guérison de l'aveugle. Ce sarcophage (L = 1,93 x l = 0,70 x h = 0,58), exhumé en 1970 à l’occasion de travaux de consolidation et de reprise en sous œuvre d’un pilier de la nef, a fait l’objet d’études archéologiques très approfondies.
Les restes de vêtements et le squelette ont été étudiés par une équipe de chercheurs et techniciens du laboratoire de conservation, restauration et recherches archéologiques du CNRS à Draguignan. La personne inhumée est une femme âgée d'une vingtaine d'années, d'une taille de 1,57 m. Son type anthropologique n'a pu être déterminé. Cette jeune adulte présentait des séquelles de poliomyélite antérieure aiguë au niveau de la jambe droite. Les vêtements en soie comportaient notamment une tunique décorée de bandes tissées et d'un galon rehaussé de fils d'or. Sur la tête de la personne était placée une couronne de végétaux, symbole de victoire et de vie éternelle. Cette personne devait occuper un rang social élevé comme le suggèrent la richesse des sculptures du sarcophage, le vêtement de soie, une croix d'or posée sur le front et l'emploi de l'encens, ingrédient onéreux à l'époque.

 

Marseille_180aLes sculptures sur un grand côté de la cuve se répartissent en trois groupes :
À gauche, représentation d'Abraham qui va sacrifier son fils Isaac : il brandit de la main droite un couteau tandis que, de la gauche, il maintient son fils accroupi. La main de Dieu apparaît dans le ciel pour retenir son geste tandis qu'un bélier tire un pan du manteau d'Abraham pour manifester sa présence. Dieu demande ainsi de remplacer les sacrifices humains par des offrandes d’animaux.
Au centre, le Christ barbu est sur une montagne d'où s’écoulent les quatre fleuves. De la main gauche, il donne un rouleau à Pierre et lève la droite au dessus de Paul qui l'acclame. Deux palmiers encadrent la figure du Christ.
À droite, deux personnages encadrent le Christ qui guérit un aveugle en lui touchant les yeux de l'index. Le Christ est imberbe et porte une longue chevelure se répartissant de part et d’autre du visage. La scène de la guérison de l’aveugle évoque la symbolique du Christ lumière du monde.

 

Le chœur

 

Abbaye_Saint_Victor_112La partie orientale, côté rue Saint-Victor, qui comprend le transept et le chœur fut reconstruite par le pape Urbain V. L'abside à cinq pans est flanquée de quatre énormes contreforts crénelés. Elle formait une saillie sur l'enceinte du monastère et constituait une véritable forteresse avec des murs allant jusqu'à 3,25 mètres d'épaisseur. Le pied des murs est fortement taluté.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_49Le tabernacle et le maître autel, consacrés en 1966, sont des œuvres de Jean Bernard et des compagnons du Devoir. Le maître autel est en pierre et en bronze. On trouve sur la frise des paroles de saint Paul : en grec « un seul seigneur Jésus Christ ».
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Notre-Dame de Confession, l'antique Vierge noire de Marseille

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_87Le vocable de Notre-Dame de Confession est connu à partir du XIIème siècle. La statue, d’une hauteur de 98 centimètres, fait partie de la renommée de l'abbaye, et se situe dans la crypte. Quant à son histoire, elle est ancienne. On affirmait autrefois qu'elle avait été rapportée par Lazare, et sculptée par saint Luc dans un bois de fenouil. En réalité, elle serait du XIIIème siècle, et en bois de noyer très sombre. Son autre surnom de Feunou serait issu, non pas de fenouil, mais du feu nouveau. La Vierge, couronnée et voilée, trône en majesté, tenant, de la main gauche, l’enfant Jésus sur ses genoux.

 

Il semble attesté qu'à la Chandeleur, le 2 février, la Vierge était et est habillée de vert, et que les fidèles appelés à la procession reçoivent des cierges bénis de couleur verte. François Marchetti signale cette pratique dans son livre "Explications des usages et coutumes marseillais", paru en 1683.
Pendant la Révolution, cette statue a pu être sauvée mais le trésor, constitué de vêtements et bijoux, est dispersé en 1794. La statue est vendue aux enchères et adjugée à M. Laforêt, officier municipal ; elle est ensuite exposée dans différentes églises.
Le 19 mai 1804, veille de Pentecôte, l'église supérieure est rendue au culte et devient paroissiale. Le lendemain, 20 mai, on rapporte la Vierge Noire de l'église de Saint-Jérôme (aujourd'hui Saint-Charles), à Saint-Victor. Le 2 février 1822, la Vierge Noire est descendue dans sa chapelle souterraine enfin restaurée.

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_2Actuellement, l'office se célèbre dans les catacombes et la tradition est de toucher la robe verte de la statue avec des cierges verts et de ne les allumer qu'ensuite. On y vend des patisseries dont la fabrication est gardée secrète de père en fils. Elles portent le nom de navettes et affectent très exactement la forme de la barque d'Isis, ou, pour les marseillais, la barque qui, selon la légende, aurait amené aux Saintes-Maries-de-la-Mer Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine accompagnées de Sarah. Cette fête, typiquement marseillaise, très populaire, a rassemblé au début du XIXème siècle entre 60 000 et 80 000 personnes.












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_5La Vierge noire de Marseille ouvre, symboliquement, le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dont elle fournit la première planche.
"Notre Dame de Confession, célèbre Vierge noire des cryptes saint Victor, à Marseille, nous offre un beau spécimen de statuaire ancienne, souple, large et grasse. Cette figure, pleine de noblesse, tient un sceptre de la main droite et a le front ceint d'une couronne à triple fleuron", commente brièvement Fulcanelli. Les Vierges noires figurent, dit-il, "dans la symbolique hermétique, la terre primitive, celle que l'artiste doit choisir pour sujet de son grand ouvrage. C'est la matière première, à l'état de minerai, telle qu'elle sort des gîtes métallifères, profondément enfouie sous la masse rocheuse. Dans le cérémonial prescrit pour les processions de Vierges noires, on ne brûlait que des cierges de couleur verte."







Abbaye_Saint_Victor_Marseille_70"Une jeune fille de l'antique Massilia, nommée Marthe, simple petite ouvrière, et depuis longtemps orpheline, avait voué à la Vierge noire des Cryptes un culte particulier. Elle lui offrait toutes les fleurs qu'elle allait cueillir sur les coteaux, - thym, sauge, lavande, romarin, - et ne manquait jamais, quelque temps qu'il fît, d'assister à la messe quotidienne.
La veille de la Chandeleur, fête de la Purification, Marthe fut éveillée, au milieu de la nuit, par une voix secrète qui l'invitait à se rendre au cloître pour y entendre l'office matinal. Craignant d'avoir dormi plus qu'à l'ordinaire, elle se vêtit en hâte, sortit, et comme la neige, étendant son manteau sur le sol, réfléchissait une certaine clarté, crut l'aube prochaine.
Elle atteignit vite le seuil du monastère, dont la porte se trouvait ouverte. Là, rencontrant un clerc, elle le pria de bien vouloir dire une messe en son nom; mais, dépourvue d'argent, elle fit glisser de son doigt un modeste anneau d'or - sa seule fortune -, et le plaça, en guise d'offrande, sous un chandelier d'autel.
Aussitôt la messe commencée, quelle ne fut pas la surprise de la jeune fille en voyant la cire blanche des cierges devenir verte, d'un vert céleste, inconnu, vert diaphane et plus éclatant que les plus belles émeraudes ou les plus rares malachites ! Elle n'en pouvait croire ni détacher ses yeux...
Quand l'Ite missa est vint enfin l'arracher à l'extase du prodige, quand elle retrouva au dehors le sens des réalités familières, elle s'aperçut que la nuit n'était point achevée: la première heure du jour sonnait seulement au beffroi de Saint-Victor.

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_6Ne sachant que penser de l'aventure, elle regagna sa demeure, mais revint de bon matin à l'abbaye; il y avait déjà, dans le saint lieu, un grand concours de peuple. Anxieuse et troublée, elle s'informa; on lui apprit qu'aucune messe n'avait été dite depuis la veille.
Marthe, au risque de passer pour visionnaire, raconta alors par le menu le miracle auquel elle venait d'assister quelques heures plus tôt et les fidèles, en foule, la suivirent jusqu'à la grotte. L'orpheline avait dit vrai; la bague se trouvait encore au même endroit, sous le chandelier, et les cierges brillaient toujours sur l'autel, de leur incomparable éclat vert."










Abbaye_Saint_Victor_Marseille_88Citant l'abbé Laurin, et sa Notice sur l'antique abbaye saint Victor de Marseille (1915, nombreuses rééditions), et Hippolyte Matabon et sa Légende des cierges verts (1889), il précise, s'agissant de la légende:
"Cette légende contient, derrière le voile allégorique, la description du travail que doit effectuer l'alchimiste pour extraire, du minéral grossier, l'esprit vivant et lumineux, le feu secret qu'il renferme, sous forme de cristal translucide, vert, fusible comme de la cire, et que les sages nomment leur vitriol."












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_72Dans le numéro 26 de la revue Liber Mirabilis (2002-2003) Myriam Philibert revient elle aussi sur la signification symbolique, hermétique et alchimique de la verdeur des cierges de "Marseille la mystérieuse": "Il faut se rappeler qu'il s'agit de naissance, sur le plan végétal donc de printemps. En matière d'alchimie, deux interprétations sont possibles: les trois couleurs de l'OEuvre, le noir qui devient vert, le blanc et le rouge. Mais on peut aussi envisager les trois principes: soufre (rouge ou jaune), mercure (blanc), sel (vert)."

 








 

Notre-Dame de la Sagesse, la nouvelle Vierge noire

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_107Cette Vierge en majesté de 1m20, installée à l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement, a été réalisée en bois de châtaigner d'après une Vierge catalane du XIème siècle appartenant à un collectionneur de l'Aude. L'artiste a redonné l'austérité des Vierges romanes, qui n'ont pas l'attitude d'une mère : l'enfant reste dans son giron, ses mains ne le touchent pas. La Vierge est assise sur un trône, mains ouvertes. L'enfant se tient sur son genou gauche, côté du coeur, de la force vitale. De sa main droite, il bénit.

 

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La crypte de Saint-Victor

Marseille_023aL'accès à la crypte s'effectue par un escalier situé au fond de la nef sous les orgues. On pénètre directement dans la salle de la chapelle Saint-Mauront qui sert, avec les autres salles de la crypte, de soubassement à la partie ouest de l'église supérieure.
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Plan des cryptes

 

Abbaye_Saint_Victor_plan_cryptes1 - Ancienne sacristie
2 - Chapelle Saint-Isarn
3 - Chapelle Saint-Mauront
4 - Chapelle Saint-Blaise
5 -Chapelle Saint-Hermès et Saint-Adrien
6 - Chapelle Saint-Lazare
7 - Notre-Dame de Confession
8 - Chapelle Saint-André
9 - Tour Isarn


















Chapelle Saint-Mauront

Dans cette chapelle sont exposés des sarcophages :

 

Abbaye_Saint_Victor_Les_4_dormants_Marseille_110- Les quatre des sept dormants : il s'agit d'un fragment du coin gauche d'un sarcophage en marbre de Carrare datant de la fin du IVème siècle. Il représente une procession de cinq apôtres. L'ouvrage complet devait représenter au centre le Christ sur une montagne donnant la loi à saint Pierre, entouré des douze apôtres. Les personnages évoluent sous un décor rythmé de créneaux et de portes fortifiées. Selon Jean-Baptiste Grosson, ce bas relief a été probablement tiré d'un cimetière pour orner le tombeau que les moines de Saint-Victor disaient être celui des sept dormants.




Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_saint_Maurice__Marseille_105- Sarcophage de saint Maurice : la grande face de ce sarcophage (L = 2,22 x l = 0,68 x h = 0,57), dit de saint Maurice, datant de la fin du IVème siècle, est découpée en sept arcades ornées de coquilles et portées par des colonnes torses avec des chapiteaux dérivés du corinthien. Au centre, est figuré le Christ imberbe, assis sur un trône au pied duquel se trouve une brebis qui lève la tête vers lui, image du défunt appelé au paradis. De part et d'autre du Christ, se trouvent les douze apôtres groupés deux par deux : ils sont assis et portent un rouleau ou un livre.

- Sarcophage des compagnons de saint Maurice : ce sarcophage (L = 2,10 x l = 0,55) en marbre de Carrare date de la fin du IVème siècle. La grande face est divisée en cinq compartiments avec, au centre, le Christ enseignant à deux apôtres Pierre et Paul, d’où la deuxième appellation de ce sarcophage « le Christ docteur ». À droite, sont figurées l'arrestation du Christ, puis sa comparution devant Ponce Pilate à qui on apporte une aiguière pour qu'il se lave les mains. À gauche, le Christ apparaît à l'apôtre Paul représenté barbu et le front dégarni. Puis est représentée la lapidation de Paul à Lystra.

Chapelle d'Isarn

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_101Dans cette chapelle se trouve, en contrebas de l'escalier d'accès, la pierre tombale de l'abbé Isarn.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_68Sur la paroi est de la chapelle sont exposés, chacun dans une niche ; le sarcophage de sainte Eusébie, celui des compagnons de sainte Ursule et pratiquement en face de la pierre tombale d'Isarn, l'épitaphe d'Hugues de Glazinis. Enfin sur une voûte, un fragment de fresque représente des moines bâtisseurs.

 





 

Abbaye_Saint_Victor_Pierre_tombale_d_Isarn_Marseille_59- Pierre tombale d'Isarn : cette plaque a été taillée dans le fond d'une cuve de sarcophage dont elle garde la forme. L'abbé Isarn est représenté gisant sur cette longue dalle terminée par deux demi-cercles, mais dont le centre est rectangulaire et plus large que ceux-ci. Le corps n'apparaît que dans les deux demi-cercles : la tête et le bâton pastoral dans l'un, les pieds dans l'autre. La plaque rectangulaire porte une inscription tracée sur huit lignes. De même, sur chaque circonférence, une inscription plus petite est gravée, ainsi que sur la barre du T du bâton pastoral. Ces inscriptions sont datées de la fin du XIe siècle et ont donc été réalisées peu de temps après la mort d'Isarn survenue en 1047. Une traduction a été donnée par le père Paul Amargier et reproduite dans l'ouvrage de Charles Seinturier.

Abbaye_Saint_Victor_Pierre_tombale_d_Isarn_Marseille_59a« De notre illustre père Isarn ce sont là les restes sacrés, les membres rendus glorieux par tant de mérites.
Son âme, elle, est heureusement parvenue aux cieux. De mœurs exceptionnelles et d'esprit pacifique, il était accompli en toutes formes de vertu. Homme de Dieu, il était pour tous et en tout joyeux.
Ce qu’il enseigna il le mit en pratique, abbé bon et bienheureux. De ses disciples aussi il fit des hommes bons.
Telle fut sa règle de vie et contraint de passer le seuil de l’existence c’est avec courage qu’il la quitta. Il régit, fidèle, deux fois dix plus sept (27) ans, le doux troupeau du Seigneur à lui confié, qu’il abandonna le huit des calendes d’octobre (24 septembre) pour entrer dans le lumineux royaume.
Autour de la tête : Sois attentif, je t’en prie, toi qui lis, à ce qu’a fait de moi, misérable défunt, la loi née de la faute du premier homme.
Aux pieds: Et gémissant, du fond du cœur, dis et répète : Dieu, aie pitié de lui. Amen. »

Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_sainte_Eus_bie_Marseille_90- Sarcophage de sainte Eusébie : au centre du sarcophage (L = 2,05 x l = 0,62 x h = 0,54), datant du début du IVème siècle, est figuré un médaillon avec un portrait encadré par deux panneaux de strigiles. Sous le médaillon est représenté Jonas avec, à sa gauche, le gros poisson qui l'a avalé et rejeté. À droite, Moïse reçoit les tables de la loi. À gauche, Moïse frappe de son bâton un rocher pour en faire jaillir une source.







Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_compagnes_de_sainte_Ursule_Marseille_91- Sarcophage des compagnes de sainte Ursule : ce sarcophage (L = 1,92 x l = 0,65 x h = 0,43) date de la première moitié du Vème siècle. La face antérieure est divisée par sept arcades reposant sur des colonnes. Au centre, le Christ, couronné par la main de Dieu, est debout sur une montagne d'où s'écoulent quatre rivières. Il est encadré par Saint Pierre portant une croix et par Saint Paul avec de chaque coté cinq apôtres. Sur la frise du couvercle sont figurés, à gauche, deux cerfs s'abreuvant encadrés par deux arbres : la scène représente le paradis. Au centre, deux anges portent un cadre au dessus duquel sont représentés deux dauphins encadrant un chrisme. À droite, sont figurés le miracle des noces de Cana et celui de la grappe de la terre promise.

 

Abbaye_Saint_Victor__pitaphe_d_Hugues_de_Glazinis_Marseille_62- Épitaphe d'Hugues de Glazinis : cette plaque funéraire date du milieu du XIIIème siècle. Elle est actuellement amputée de son coin inférieur droit. En bas à gauche, est représenté le portail de l'abbaye surmonté du clocher flanqué de deux tours. Au centre, se trouve une croix de Malte et à droite, un prêtre revêtu des ornements sacerdotaux. "Hugues, sacriste, que couvre cette humble pierre, se réjouit avec les saints du ciel et en compagnie de Michel. Fleur et gloire de tous les moines imitateurs des saints, il mérita d'être enseveli dans ce temple qu'il a relevé quasi de fond en comble. Son corps fut déposé le huitième jour de novembre."

 



Abbaye_Saint_Victor_Marseille_64- Un reste de peinture murale du XIIIème siècle figure sur un arc-doubleau de la chapelle d'Isarn. Sur ce fragment de fresque à fonds rouges, cernes noir et tuniques bleu turquoise, on reconnaît une scène de chantier de construction. Les gestes des ouvriers sont attentionnés. L'un manie un outil de tailleur de pierre. Derrière lui, un autre ouvrier coiffé d’une cagoule, s'avance courbé sous une charge de moellons. Devant, un troisième ouvrier manie une pelle tandis qu'un quatrième avance avec un outil de couvreur. L'artiste a représenté les corps de métier qui travaillent au XIIIème siècle à l’achèvement de l’église supérieure.

 

 

Chapelle Saint-André

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_60À partir de la chapelle d'Isarn, en se dirigeant vers le nord, on accède à la chapelle Saint-André qui est englobée dans les fondations de la tour d'Isarn.











Abbaye_Saint_Victor_Marseille_95Une ouverture à l'est permet d'apercevoir des fouilles et quelques sarcophages en place.

















Abbaye_Saint_Victor_Marseille_61L'actuelle chapelle Saint-André se situe approximativement à l'entrée du site d'exploitation de la carrière dominant la rive sud du lacydon occupée par un cimetière antique. Au Vème siècle, cette partie du site a commencé d'accueillir des sépultures. Après une première organisation de l'espace sous forme d'un enclos funéraire (area), une nouvelle réalisation architecturale prend place, qui correspond, par sa logique, à l'installation du sanctuaire paléochrétien au sud.












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_73Appuyé sur chacun des rebords de l'échancrure de la carrière, un mur est construit. Dans sa partie médiane est créé un passage en forme de couloir avec une porte monumentale, afin d'aménager un cheminement obligé vers le sanctuaire proprement dit. Deux portes latérales renvoient le visiteur vers cet accès principal.
Aux environs de l'an mil, ce passage fut voûté et protégé par une toiture. Au XIIème siècle, son importance symbolique ne fut pas ignorée : la construction de la tour d'Isarn enveloppa l'entrée originelle tout en constituant pour elle une sorte d'écrin. Au XIIIème siècle, le passage devint une chapelle lorsque la construction d'un mur au nord ferma l'accès primitif. Paradoxalement, la chapelle Saint-André occupe maintenant une position marginale à l'une des extrémités des cryptes.

 



 

Ancienne sacristie

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_97À l'ouest de la chapelle Saint-André se trouve une salle découverte en 1857, appelée ancienne sacristie. Dans cette salle, sont exposés différents vestiges, notamment : l'épitaphe de Fortunatus et Volusianus, le sarcophage du Christ trônant, le sarcophage des brebis et des cerfs, un fragment du sarcophage de l'Anastasis, un couvercle de sarcophage à acrotères et une épitaphe antique païenne.







Abbaye_Saint_Victor_Marseille_103En entrant dans cette salle, on aperçoit, à droite, la base ouest de la tour d’Isarn, réalisée en pierres de taille bien appareillées issues du cap Couronne. La puissance de cette maçonnerie contraste avec la rusticité des constructions antérieures et autorise à attribuer l’édification de la tour d’Isarn à une période jouissant de tout autres moyens techniques et financiers, soit le début du XIIème siècle.







Abbaye_Saint_Victor__pitaphe_de_Volusianus_et_Fortunatus__Sarcophage_du_Christ_tr_nant_Marseille_100- Épitaphe de Fortunatus et Volusianus

 

- Sarcophage du Christ trônant : ce sarcophage (L = 2,07 x h = 0,44) en pierre de Cassis date du milieu du Vème siècle. Il ne subsiste que des fragments qui ont permis une reconstitution grâce à des anciens dessins conservés. Au centre, le Christ est représenté dans un médaillon porté par deux génies ailés ; il est assis et porte un livre ouvert. Aux deux extrémités, saint Paul à gauche et saint Pierre à droite portant la croix, sont tournés vers le Christ et l'acclament.


Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_brebis_et_des_cerfs_Marseille_99- Sarcophage des brebis et des cerfs : ce sarcophage en pierre de Cassis de 2 mètres de longueur date du Vème siècle. Il a pu être reconstitué grâce aux dessins anciens de Louis Antoine de Ruffi et de Joseph Marchand. Les scènes représentées sur la cuve du sarcophage sont : au centre, l'agneau divin debout sur une montagne d'où s'écoule les fleuves du paradis, à gauche et à droite respectivement les miracles de Canna et de la multiplication des pains. Le couvercle est orné de deux groupes de trois brebis se dirigeant vers le centre où est figuré le chrisme avec un ρ latinisé et les lettres Α (Alpha majuscule) et ω (oméga minuscule).

 

Le martyrium

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_92Le martyrium est élevé au dessus de deux tombes jumelles datant de la fin du IVème siècle, creusées dans le rocher. Ces tombes de direction nord-sud sont fermées par de lourdes dalles en pierre de Cassis et renfermaient le corps de deux hommes. L'interprétation traditionnelle, depuis les fouilles effectuées en 1963 par Fernand Benoît, consiste à considérer ces corps comme ceux de martyrs d'où le nom de martyrium.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_89Sur ces tombes, une petite basilique est construite dès l'époque paléochrétienne dont la structure reste perceptible malgré les remaniements effectués au Moyen Âge.

 







 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_96Cette basilique comprend une nef centrale de faible largeur (3,17 m), voûtée en berceau et des bas-côtés avec des arcs doubleaux retombant sur des piles carrées en pierre du cap Couronne. Le collatéral droit, à l'ouest, a été fortement modifié au Moyen Âge.









Abbaye_Saint_Victor_Marseille_87Contre le pilier gauche, à l'entrée de la nef, est placée la statue de la Vierge noire ou Notre-Dame de la Confession (voir ici le développement) tandis que le sarcophage de saint Cassien est placé au centre.
















Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_Jean_Cassien_Marseille_71- Sarcophage de Jean Cassien: ce sarcophage (L = 1,40 x l = 0,48 x h = 0,45) en pierre de Saint-Béat était destiné à un enfant et date de la première moitié du Vème siècle. Il est compartimenté en cinq niches séparées par des pilastres. À gauche, les parents présentent l'enfant mort. Au centre, un jeune homme est représenté les deux bras levés en signe de prières. Les trois autres compartiments sont occupés par des saints.













Abbaye_Saint_Victor_Tombe_de_sainte_Chrisante_et_sainte_Darie_Marseille_69- Tombe de sainte Chrisante et sainte Darie : ce sarcophage de 2,14 mètres de longueur en marbre de Carrare date de la fin du IVème siècle. La grande face du sarcophage est divisée en sept compartiments avec, au centre, une croix dressée sur une montagne d'où naissent les fleuves du paradis dans lesquelles s'abreuvent deux cerfs. Dans les trois compartiments de gauche sont figurés trois scènes de la vie de saint Paul représenté acclamant le Christ, arrêté par un soldat et martyrisé. À droite, des scènes de la vie de saint Pierre représenté acclamant le Christ, le reniant et son arrestation. Des arbres déterminent les compartiments, leurs feuillages formant les arcades. Deux troncs montrent un serpent enroulé, un escargot gravit le troisième et les branchages sont occupés par des nids d'oiseaux.

 

Chapelle Saint-Lazare

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_74L'entrée de cette chapelle est encadrée par deux piliers : à gauche, un pilier actuellement non visible, car protégé par un coffrage de bois et, à droite, une colonne ronde taillée dans le rocher, dont le chapiteau figure une tête.















Abbaye_Saint_Victor_Marseille_85La figure du chapiteau serait celle de Lazare, évêque d'Aix-en-Provence, venu à Marseille. Seule la tête, dont les traits dénotent d'un net archaïsme, est représentée avec une crosse tenue par une main.

 






 

Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_saints_Innocents_Marseille_84Le sarcophage (L = 1,30 x l = 0,36 x h = 0,33) est dit « des saints Innocents ». Il est en marbre blanc, daterait du IIème siècle et aurait été découvert en 1628. En réalité, ce décor païen montre une face antérieure divisée en quatre groupes : à gauche deux amours forgent un grand bouclier rond, ensuite trois amours forgent une jambière, puis deux amours tiennent un disque reposant sur la tête d'un sphinx et figurant Romulus et Remus allaités par une louve, et enfin trois amours forgent les armes du dieu Mars. Sur chacun des petits côtés est représenté un griffon.

 



Abbaye_Saint_Victor_Marseille_16Les piliers cachés sont très symboliques. L'un d'eux présente Moïse et le serpent d'airain, et l'arbre de vie. Les forces telluriques et cosmiques.
















Atrium et chapelle Saint-Blaise

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_75L'Atrium, également appelé plan carré, comportait neuf colonnes, provenant d'édifices païens, dont trois étaient de marbre et les autres de granit. Le préfet Charles-François Delacroix, sous prétexte de procéder à des travaux de consolidation, fit ôter vers 1803 ces piliers antiques pour les remplacer par des colonnes d'un style mal défini.














Abbaye_Saint_Victor_Marseille_80Les trois faces, sud, est et ouest de l'Atrium étaient ornées de colonnes monolithes, de granit, sauf la colonne de l’ouest, en marbre, dont deux seulement furent remplacées par des colonnes en pierre ;
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_41la colonne de l'ouest n’a pas été remplacée et aux deux colonnes des angles sud-est et sud-ouest, ont été substitués des piliers adossés au mur méridional qui forme le fond de l'atrium.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_79Les quatre colonnes de la face nord de l'atrium furent remplacées par des fûts à tambours cylindriques trop épais. Les colonnes originales furent utilisées pour orner des jardins et des carrefours.

 

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Le Tarot de Marseille en rapport avec l'abbaye de Saint-Victor

Tarot_Camoin_La_Roue_de_FortuneD’après les révélations de Philippe Camoin, c’est le moine Cassien qui en 400 après J.C., contribua à introduire en Europe la connaissance du Tarot. Ces affirmations qui chamboulent toutes les idées préconçues sont basées sur des faits précis.
Tarot_Camoin_L_amoureux















Tarot_Camoin_Le_ChariotPhilippe Camoin vient de révéler à l’ensemble de la communauté des experts en histoire du Tarot la date du plus ancien jeu de Tarot de Marseille fabriqué à Marseille : le jeu de François Chosson de 1672. Ce fait d’importance majeure remet en question l’Histoire du Tarot telle qu’elle était perçue par les historiens.
Au quatorzième siècle, à Marseille, à l’Abbaye de Saint-Victor, il était interdit aux moines de se livrer au jeu de cartes dans son enclos en raison de l’engouement frénétique des moines et des nobles pour le jeu de cartes. En 1369, une ordonnance royale a interdit le jeu de cartes dans l’ensemble de la France. Les résultats furent diamétralement opposés.










Tarot_Camoin_Le_MondeLes Maîtres Cartiers marseillais devaient eux aussi exister à la même époque, même s’ils ne furent autorisés officiellement par le roi qu’en 1638. Ils sont en effet mentionnés en lors d’une pétition des maître cartiers de Lyon. Ceux-ci reprochent en effet aux maîtres cartiers marseillais de contrefaire des jeux de cartes en utilisant leurs noms et enseignes.














Tarot_Camoin_Le_BateleurIl y aurait donc eu à Marseille et ses environs une tradition initiatique authentique qui aurait puisé une partie de ses sources en Egypte, mais qui était pleinement adaptée et intégrée à la civilisation occidentale antérieure à la nôtre. Elle était reflétée et naturellement véhiculée dans les pratiques culturelles de l’époque à travers le Tarot de Marseille : medium et canal parfait d’une Tradition Initiatique uniforme et unique en Europe.

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01 mai 2009

Le robinier du square Viviani à Paris

Paris_2009_001Le robinier faux-acacia, ou Robinia pseudoacacia, appelé communément, à tort, "acacia", est une espèce d'arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses de la sous-famille des Viciaceae).
















Paris_2009_004Originaire de la région des Appalaches, à l’est de l’Amérique du Nord, il fut introduit en France par Jean Robin (arboriste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, directeur du jardin des apothicaires ) qui reçut des graines de son ami John Tradescant the elder.















Paris_2009_007C'est un arbre de basse altitude (au-dessous de 700 m) qui s'est naturalisé dans l'ouest de l'Europe, ne dépassant pas les Pays-Bas au nord, ainsi que dans les zones tempérées des autres continents. Il a été largement planté pour stabiliser les terrains sablonneux ou rocailleux et pour son bois. C'est un arbre pionnier, se cantonnant aux terrains dégradés qu'il enrichit, en fixant l'azote par ses racines, étant une légumineuse.













Paris_2009_002Le square René-Viviani - Montebello est situé au nord et autour de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, face à Notre-Dame. Le robinier planté en 1602 par Jean Robin (1550-1629), est réputé être le plus vieil arbre de Paris. Il mesure 15 mètres de haut et 3,50 de circonférence.















Paris_2009_007Sa silhouette fatiguée vous révélera en vous approchant d’un peu plus près une coulée de ciment qui supporte son tronc incliné.
Deux pieds de lierre recouvrent sa vénérable écorce. Certains s’étonneront peut-être de voir du lierre envahir le tronc du robinier, car le lierre est un parasite qui émet des racines suçoirs capables de pénétrer dans les vaisseaux des plantes sur lesquelles il pousse. Mais il ne peut pas, en réalité, traverser son écorce épaisse, à moins qu’il ne se développe sur les rameaux jeunes. C’est pourquoi son évolution est observée avec attention et chaque année, au printemps, ses jeunes pousses sont supprimées. Cette opération s’accompagne du nettoyage de l’arbre et de la suppression du bois mort par les bûcherons de la Ville.

http://www.paris.fr/portail/Parcs/Portal.lut?page=equipment&template=equipment.template.popup&document_equipment_id=2441

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