Kaysersberg_1Kaysersberg (la montagne de l'empereur) est située sur une ancienne voie romaine qui reliait la plaine d'Alsace au versant lorrain des Vosges. Au XIIIème siècle, on construisit le château, un rempart urbain et l'église paroissiale sous l'impulsion des Hohenstaufen.






















Kaysersberg_13A côté de l'histoire vient naturellement s'insérer la légende : "L'empereur Barberousse passe pour avoir construit le château de Kaysersberg. Il commença aussi la construction de l'église de la ville. Au milieu des travaux, l'argent lui manqua. Il voulut mettre en gage la couronne de son épouse. Le ciel fut touché de cette pieuse résolution et deux anges vinrent, chacun avec une bourse pleine. Ils enlevèrent la couronne de l'impératrice de la maison de vente où elle était exposée et la rapportèrent à l'empereur. La construction fut achevée la même année."











Kaysersberg_2L'église dédiée à la Sainte-Croix fut commencée en 1227. Il est probable qu'elle détenait déjà une relique de la croix. Une statue de l'impératrice Hélène, moderne, dans une niche du fronton de l'église et celle de l'empereur Constantin, du XVIème siècle, sur la belle fontaine devant le sanctuaire rappellent la tradition suivant laquelle l'impératrice Hélène aurait découvert la vraie croix en 327 à Jérusalem.













Kaysersberg_3A la suite d'importantes transformations effectuées au XVème siècle, il ne subsiste de l'église romane primitive que quelques éléments à l'intérieur et à l'extérieur le remarquable portail avec son tympan historié.
















Kaysersberg_4Le portail à ressauts présente une tendance archaïsante. Édifié vers 1235, il est orné de voussures en plein cintre séparées par des boudins. Les impostes et les chapiteaux portent des aigles (dont les pattes reposent sur les boudins, ils doivent encore se séparer de la matière), des sirènes bifides (montrant le nombre de courants d'eau souterrains) et des palmettes.
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Kaysersberg_9L'artiste, ou l'architecte, est représenté sur le tympan, tenant un livre portant son nom : Conradus.

Le style est celui d'un sculpteur local, de tradition romane, qui copie une œuvre gothique importante et novatrice. Cette œuvre est inspirée des tympans du portail sud de la cathédrale de Strasbourg. On trouve aussi des similitudes avec le tympan de Sigolsheim.












Kaysersberg_7Le tympan fut réalisé vers 1235 et représente le couronnement de la vierge, assise à gauche du Christ. Les archanges Michel et Gabriel les encadrent.











Kaysersberg_15La nef, aux piliers massifs, assez lourde, laisse place au gothique primitif.

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Kaysersberg_30L'église est longue de 29 m et sa hauteur à la clef de voûte est de 12,35 m. Le transept et le chœur surélevé abritent une crypte hexagonale dont les nervures de la voûte sont interceptées par une colonne centrale. malheureusement, cette crypte sert plus à un entrepôt qu'aux fidèles.









Kaysersberg_17L'abside triangulaire et la travée du chœur remontent au XVème siècle. A cette époque, le sanctuaire étant devenu trop exigu, les travaux d'élargissement des bas-côtés commencèrent le 20 juillet 1448, en la fête de Sainte Marguerite. Une inscription sur la façade sud indique le jour, de l'ouverture des travaux.
Les nefs latérales montrent de belles voûtes, gothiques dont les clefs de voûte sont ornées d'écussons.
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Kaysersberg_36Sérieusement endommagée pendant la dernière guerre mondiale (hiver 1944-1945), l'église fut restaurée.
Au-dessus de l'intersection de la nef s'élève sur des piliers massifs un beffroi haut de 41 m. Sa forme actuelle remonte à 1827 où les Kaysersbergeois voulaient avoir une sonnerie de 5 cloches. A ce moment le clocher fut transformé et rehaussé, sa flèche primitive remplacée par une calotte aplatie.












Kaysersberg_26La nef centrale est dominée par un calvaire monumental. Cette œuvre nommée "Christ Colossal" date de la fin du XVème siècle et le corps allongé et svelte du Christ en bois de tilleul d'une hauteur de 4,25 m est disproportionné par rapport à celui de la Sainte Mère et du Disciple bien aimé, Saint Jean, qui mesurent quant à eux 2,60 m.













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Au milieu du XVIII siècle (vers 1766), le magistrat en fonction considéra que ce calvaire "masquait et défigurait toute l'église"...
Il le fit donc descendre et le relégua a la chapelle St-Michel située derrière l'église. Et ce n'est qu'en 1905 que cette œuvre fut remise à sa place, place qu'elle occupe encore aujourd'hui.













Kaysersberg_31L'imposant autel de la passion qui domine le chœur est l'œuvre de Jean Bongratz, de Colmar, et a été réalisé en 1518. Autour d'un panneau central qui représente une crucifixion déjà achevée, quatorze reliefs dorés et polychromes relatent la passion du Christ depuis son entrée à Jérusalem jusqu'à sa Résurrection. Le retable est couronné de saint Christophe de l'impératrice Hélène et de sainte Marguerite. Sur le revers du retable, des tableaux de Matthias Wuest de 1622 racontent l'histoire de la découverte et de l'exaltation de la croix.






Kaysersberg_16Dans le bas-côté nord, des fonts baptismaux gothiques de 1448, saint Jean, et, dans le genre des anciennes statues de pèlerinage, Jacques le Majeur. Il fut sculpté en 1523 pour l'église située sur la grande route des pèlerins entre l'Allemagne et Saint-Jacques de Compostelle.
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Kaysersberg_11Le relief de la Déploration, œuvre la plus précieuse de l'église de Kaysersberg, a repris tout son éclat grâce à une excellente rénovation entre 1956-1957. Pour les uns cette œuvre date de 1500 et pour les autres, dont Hans Rott, elle date de 1521 et est l'œuvre du maître Georges Berringer, de Lucerne.














Kaysersberg_18http://www.location-kaysersberg.fr/html/fr/eglise.htm
http://www.visit-alsace.com/kaysersberg/index_fr.html

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