27 octobre 2008

Collégiale Saint-Sauveur de Grignan

Grignan_collegiale_8Avant Saint-Sauveur, l'église de Grignan était, dès 1106, l' "Ecclesia Sancti Vincentii de Greynhano", Saint-Vincent. En 1345, cette première église fut remplacée par une autre, que l'on dédia à saint Jean-Baptiste en 1458, et dans laquelle fut établi, en 1484 un chapitre composé de six chanoines. Ce chapitre fut transféré en 1543 dans une nouvelle église dite de Saint-Sauveur, "Ecclesia Sancti Salvatoris de Grignano".







Grignan_collegiale_3La nouvelle collégiale fut construite entre 1535 et 1543 en contre bas du flanc sud/ouest du château par Louis Adhémar de Monteuil, pour la célébration des offices du chapitre des Chanoines.
Grignan_collegiale_4















Grignan_collegiale_2Elle fut l'objet d'une bulle du pape Paul III, du 2 septembre 1539, qui augmenta considérablement les revenus du chapitre. Cet édifice se rattache au gothique méridional tardif avec une nef unique et un chœur pentagonal. Les voûtes sur doubleau et les croisées d'ogives, les fenêtres à remplage ainsi que les deux tours carrées appartiennent également à cette époque.
Grignan_collegiale_6












Grignan_collegiale_7A l'intérieur, la tribune sur trompe, située sur le mur nord de la première travée à 15 m de hauteur, communiquait avec la basse-cour du château. Depuis cette tribune, le comte de Grignan et sa famille pouvaient assister aux offices.
Grignan_collegiale_12














Grignan_collegiale_11Le maître-autel date de 1634. Il est rehaussé d'un retable en bois doré représentant la Transfiguration, signé Ernestimus Grève. Le buffet d'orgue date aussi du XVIIème siècle, oeuvre du facteur flamand Charles de Royer.
Grignan_collegiale_10









Grignan_collegiale_5L'édification de la façade principale a connu au moins deux étapes de construction : une première en 1654 à la demande de Louis-Adhémar compte de Grignan, avec la tour abritant le clocher puis une seconde 26 ans plus tard rétablissant la symétrie. Le portail, sur le modèle antique de l'arc de triomphe, présente une baie en plein cintre et des colonnes corinthiennes supportant le fronton triangulaire. La façade renaissance qui contraste avec l'intérieur gothique est à rapprocher du décor architectural de la façade de la cour du puits du château.
Grignan_collegiale_16










Grignan_collegiale_14La couverture en terrasse qui coiffe la collégiale est, par sa superficie, aussi audacieuse qu'originale. En 1680, elle est soulignée d'une balustrade. De la terrasse, les eaux pluviales s'échappent par des gargouilles que terminant en têtes d'animaux fantastiques

Madame de Sévigné s'éteint au Château de Grignan le 18 avril 1696 : son tombeau, ainsi que celui des Adhémar, est situé dans la crypte du chœur.












http://collegiale.grignan.free.fr/
http://pagesperso-orange.fr/jane/collegiale.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grignan
http://www.geneawiki.com/index.php/26146_-_Grignan

Posté par madame_dulac à 00:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


25 octobre 2008

Castel Sant'Angelo

Castel_Sant_Angelo_16Le Castel Sant'Angelo, ou château Saint-Ange, se situe à droite du Tibre, face au pont Aelius. C'est un immense bâtiment cylindrique, initialement commandé par l'empereur Hadrien en 135 pour être son mausolée et celui de sa famille. Il fut ensuite utilisé comme une forteresse puis comme château. C'est maintenant un musée.






















Castel_Sant_Angelo_2Castel_Sant_Angelo_Mausol_e_AugusteA l'origine, le mausolée, énorme tumulus, pendant du tombeau d'Auguste de l'autre côté du Tibre, était une rotonde surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien figuré en soleil et d'un bosquet d'arbres funéraires. Son entrée, du côté du pont, était annoncée par quatre piliers de travertin surmontés de paons de bronze doré dont deux ont été conservés et qu'on peut admirer de nos jours de part et d'autre d'une pomme de pin géante, dans le Cortile della Pigna des musées du Vatican.
Le monument était assis sur un podium carré en travertin de 89 m de côté et de 15 m de haut, recouvert de plaques de marbre de Paros.      

Castel_Sant_Angelo_1Au-dessus, une enceinte circulaire de 64 m de diamètre pour 21 m de hauteur était elle aussi recouverte de marbre et portait, du côté du pont, les épitaphes de tous les personnages dont les cendres étaient conservées à l'intérieur de la chambre funéraire. A l'intérieur, une galerie hélicoïdale conduisait à la chambre funéraire centrale, surmontée de deux ou trois pièces superposées. Au-dessus de ces chambres, s'élevait un tumulus de terre couvert de verdure, comme sur le mausolée d'Auguste.










Castel_Sant_Angelo_4Les cendres d'Hadrien y seront déposées en 139,  ainsi que celles de sa femme Sabine, et de son premier fils adoptif, Lucius Aelius, dont le nom fut donné au pont permettant l'arrivée au mausolée depuis le Champ de Mars. A leur suite, de nombreux empereurs s'y firent ensevelir, le dernier étant Caracalla en 217. Les urnes contenant les cendres furent probablement placées profondément à l'intérieur du bâtiment, dans ce qui est maintenant connu sous le nom de "chambre du Trésor".










Castel_Sant_Angelo_17La forme et l'emplacement du mausolée eurent très vite raison de sa vocation funéraire première.
Dès 270 en effet, l'empereur Aurélien l'intègre dans le système de fortifications de la ville, et en 403 il devient un fort protégeant l'accès au pont Aelius depuis la Via Triumphalis.








Castel_Sant_Angelo_14En 537, au cours du siège de Rome par les Goths, il est pris d'assaut, et ses défenseurs ne trouvent pas d'autres projectiles à lancer contre les assaillants que les statues qui en ornaient les niches.
Pendant la période du début du christianisme, les colonnes de pierre du tombeau d'Hadrien servirent à décorer la nouvelle basilique de Saint-Pierre.







Castel_Sant_Angelo_22Le bâtiment sera transformé en bastion par les papes menacés par les familles nobles romaines.












Castel_Sant_Angelo_11Léon VI (847-855) fera construite la muraille qui relie le château au Vatican, qu'Alexandre VI surmontera d'un passage secret, le "Passetto", qui permettait aux papes de passer de leur résidence à la forteresse en cas de siège.










Castel_Sant_Angelo_18Nicolas V (1447-1455) dotera cette dernière de donjons et d'un étage en brique au-dessus de la partie antique. Alexandre VI (1492-1503) fera rajouter les bastions octogonaux. Clément VII, fuyant les troupes de Charles-Quint, y trouvera refuge en 1527 et aménagera les appartements que Paul III embellira par la suite. Le castel servit aussi de prison : Giordano Bruno y fut incarcéré pendant six ans).  Jusqu'au XIXème siècle, le château servira à la papauté de prison politique.






Castel_Sant_Angelo_23La forme compacte du monument l'a préservé des plus grands outrages du temps : surmonté d'un étage de briques au dessus de la partie antique et transformé en forteresse, en prison  et en résidence d'été des papes, il a poursuivi sa carrière jusqu'à nos jours sous le nom de Château Saint-Ange.









Castel_Sant_Angelo_5Le château tire son nom actuel d'une légende apparue au IXème siècle, au sujet de la grande peste de 590. Le pape d'alors, Grégoire Ier, aurait eu une apparition de l'archange Michel au sommet du château, remettant son épée au fourreau, signifiant ainsi la fin de l'épidémie. En mémoire de cet évènement, une statue en bois fut placée au sommet. Elle connut de nombreuses versions, dont certaines en marbre, puis une en bronze qui fut fondue en 1527 pour forger des pistolets, puis une autre en marbre de Raffaello da Montelupo datant de 1544.

Castel_Sant_Angelo_6









Castel_Sant_Angelo_15La statue actuelle (la sixième) est l'œuvre du travail de l'artiste flamand Peter Anton von Werschaffelt en 1753. En fait, la légende explique a posteriori la présence d'une chapelle dédiée à l'archange par Boniface IV au VIIème siècle. La tradition consistant à coiffer un édifice d'un être ailé est ancienne : presque tous les édifices du Forum romain étaient couronnés de Victoires ailées.











Parties romaines

Castel_Sant_Angelo_71- Mur périmétral transformé en enceinte carrée au moyen-âge
2- Chapiteau angulaire en place jusqu'au XVème siècle, actuellement au musée
3- Entrée dans l'axe du pont Aelius, réalisé à la même époque que le mausolée
4- Couches des cellules radiales
5- Corps cylindrique

6- Soupirail qui éclairait la rampe interne
7- Vestibule d'accès à la rampe
8- Première salle dites "des urnes sépulcrales"
9- Salle dite "de la justice"
10- Salle du trésor
11- Tour
12- Rampe d'accès
13- Revêtement extérieur

Au temps du pape Alexandre VI Borgia (1492-1503)

Castel_Sant_Angelo_81- Pont Aelius restauré
2- Bastion circulaire construit en 1492
3- Appartement d'Alexandre VI
4- Muraille extérieure
5- Porte dite Collina ou Saint-Pierre, unique accès à la basilique du Vatican
6- Enceinte carrée provenant du mur extérieur de l'embasement romain
7- Bastion saint-jean
8- Bastion Saint-Mathieu
9- Fossé destiné à être rempli d'eau
10- Passage reliant le bastion Saint-Marc aux palais du Vatican, réalisé au XIIIème siècle
11- Revêtement
12-Armoiries d'Alexandre
13- Donjon central d'époque romaine
14- Constructions du XVème siècle
15 Saint-Michel archange

Au temps du pape Urbain VIII (1623-1644)

Castel_Sant_Angelo_91- Courtine
2-Corps de garde
3- Porte Barberini
4- Remparts de l'enceinte pentagonale réalisée par Pie IV (1559-1565)
5- Bastions de l'enceinte carrée
5b- Edifice adossé au bastion Saint-Marc
6- Avant-corps existant déjà sous Alexandre, agrandi par Paul III pour contrôler l'accès à la rampe
7- Loggia réalisée par Jules II en 1504
8- Salles pauliniennes de l'appartement pontifical
9- Cour d'honneur de Paul III
10- Statue de l'archange de Raffaelo da Montelupo
11- Pièces autour de la cour du puits
12- Passage couvert réalisé par Pie IV

Actuellement

Castel_Sant_Angelo_101- Pont décoré par Le Bernin et ses élèves sous Clément XIX (1667-1669)
2- Quai du Tibre (1884)
3- Bastion Saint-Jean réalisé en même temps que le quai, avec la reconstruction de la petite tour, en lui redonnant l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle
4- Bastion Saint-Mathieu transformé au XXème siècle
5- Appartements du vice-châtelain (1750)
6- Terrasse dite "des cuirassiers"
7- Statue de l'archange (1752)







http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Saint-Ange
http://www.rome-roma.net/chateau_rome.html
http://www.insecula.com/salle/MS02934.html
http://www.mediterranees.net/art_antique/monuments/tombeaux/mausolee2.html
http://www.rome-passion.com/chateau-saint-ange.html

Posté par madame_dulac à 00:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 octobre 2008

Santa Maria in Trastevere

Santa_Maria_in_Trastevere_9La basilique de Santa Maria in Trastevere est l'une des plus anciennes églises de Rome, située sur l'emplacement d'un miracle légendaire signalé en 38 avant notre ère : une source d’huile aurait jailli à cet endroit le jour de la naissance du Christ.

Santa_Maria_in_Trastevere_31















Santa_Maria_in_Trastevere_10Le plan de base et la structure de l'église remontent à l'an 340, alors qu'elle faisait partie de l'un des tituli, ces premières basiliques chrétiennes consacrées à un saint. Ici, ce fut saint Calepodius, institué par le pape Alexandre Ier autour de l'an 112.
L'inscription sur la chaire épiscopale dit que c'est la première église dédiée à la Mère de Dieu, même si effectivement ce privilège appartient à la basilique Santa Maria Maggiore.






Santa_Maria_in_Trastevere_11Le site fut donné officiellement aux chrétiens par l'empereur Sévère après un différent pour sa possession entre eux et les patrons d'une taverne, la Taberna Meritoria, qui accueillait les soldats à la retraite. Sévère aurait prononcé ces mots : "Je préfère qu'elle appartienne à ceux qui honnorent leur Dieu, quel que soit leur forme de culte." Le pape Callixte Ier la consacra en tant que basilique en l'an 220, ses reliques sont conservées sous l'autel.






Santa_Maria_in_Trastevere_3En 340, le pape Jules Ier reconstruisit la "Titulus Callixti", qui devint "Titulus Iulii", peut-être la première église dans laquelle une messe fut célébrée officiellement. Elle fut restaurée aux Vème et VIIIème siècles, puis en 1140, à l'initiative du pape Innocent II, une nouvelle construction fut bâtie sur les fondations. Elle prit alors le nom de  Santa Mariae trans Tiberim. Un campanile roman fut bâti.





Santa_Maria_in_Trastevere_16Les 22 colonnes ioniques utilisées (ainsi que le portique de l'entrée) provenaient des ruines des thermes de Caracalla. Dans leur décor ont été identifiés des sculptures représentant Isis, Serapis et Harpocrate, malheureusement martelées lors d'une restauration faite en 1870 par le pape Pie IX.

Santa_Maria_in_Trastevere_19La façade fut restaurée en 1702 par Carlo Fontana, qui remplaça l'ancien porche à toit de tuiles par le portique classique que l'on voit actuellement.






Santa_Maria_in_Trastevere_12Au fronton, la mosaïque de Marie semble être la plus ancienne représentation iconographique de la Vierge allaitant l'enfant. Elle est entourée de 10 femmes portant des lampes à huile.
















Santa_Maria_in_Trastevere_6aLa fontaine octogonale de la place en face de l'église, qui apparaît déjà dans une carte de 1472, également restaurée par Carlo Fontana, est d'origine romaine.













Santa_Maria_in_Trastevere_30Santa_Maria_in_Trastevere_13Dans le narthex, une collection de fragments de sculptures païennes romaines, des pierres gravées datant des premiers chrétiens ainsi que des sarcophages (IIIème et IVème siècles), et certains fragments de sculptures du IX siècle et de peintures médiévales.









Santa_Maria_in_Trastevere_7aLa chapelle de l' Altemps, conçu par Martino Longhi le Vieux (1584-86), accueille  la célèbre "Madonna della Clemenza" datant du VIIème siècle. C'est dans la chapelle du baptistère conçu par Philip Raguzzini en 1741, qu'ont été découvertes, sous le plancher, les fondations de la domus romaine.

Santa_Maria_in_Trastevere_15












Santa_Maria_in_Trastevere_14Les mosaïques de l'abside, attribuées à Pietro Cavallini, sont du XIIIème siècle. Elles représentent 6 tableaux de la vie de la Vierge, ainsi que les évangélistes entourant le symbole de la croix.

Santa_Maria_in_Trastevere_20aSanta_Maria_in_Trastevere_8a














Santa_Maria_in_Trastevere_22Dans l'une des scènes de la vie de la Vierge, la nativité, on remarque un petit bâtiment sur la gauche d'où sort un ruisseau sombre : c'est l'huile miraculeuse de la légende de la fondation de l'église.









Santa_Maria_in_Trastevere_18Le chœur présente le Christ et la Vierge, entourés de saints : à droite Pierre, Cornelius, le pape Jules, Calepodius, à gauche le pape Callixte Ier, Laurent et le Pape Innocent II.

















Santa_Maria_in_Trastevere_2

Posté par madame_dulac à 16:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Santa Maria Maggiore

Santa_Maria_Maggiore_4La basilique de Santa Maria Maggiore, l'une des quatre basiliques patriarcales de Rome, fut érigée après le concile d’Ephèse en 431 sous le pape Siste III. C'est lors de ce concile que Marie fut proclamée Theotòkos, Mère de Dieu. Ce fut donc la première église romaine dédiée au culte de la divinité de Marie et la seule qui ait conservé les structures paléochrétiennes.

Santa_Maria_Maggiore_28









Son histoire commence par une légende, le "miracle de la neige" :
"Sous le règne du pape Libère (352-366), en 363 selon Sausseret, et les 4 et 5 août 352 selon Gamba, la Vierge serait apparue en rêve à Giovanni, riche patricien romain, puis à sa femme, pour leur dire d’élever un sanctuaire en son honneur, « un temple dans l’emplacement que, le lendemain, ils trouveraient couvert de neige. Le jour suivant, Giovanni alla tout raconter au pape. Le pontife répondit aux pieux Romains que lui aussi avait eu la même apparition et la même révélation. En conséquence, il ordonna une procession générale. Clergé et peuple allèrent à l’endroit désigné. On le trouva couvert d’une épaisse couche de neige dans l’emplacement que devait occuper l’édifice demandé par la Mère de Dieu. Sous les yeux même de la multitude rassemblée, la neige, s’étendant et se divisant en longues lignes, forma elle-même sur le sol le plan et les proportions de l’édifice ».

Le chantier aurait été financé par le voyant. Ce récit est consigné dans le Legendarium et a été inséré dans la Lectio divina (second nocturne de l’ancien Bréviaire). Une version différente raconte qu’un cerf apparut mystérieusement sur les lieux et traça le plan de l’édifice avec ses bois."

Cela me rappelle la légende de la construction de la cathédrale du Puy en Velay :

"A l'époque gallo-romaine, une matrone souffrant d'une fièvre tenace, inspirée par une vision, se rendit sur le mont Anis, plus connu de nos jours sous le nom de rocher corneille. Là elle s'endormit, épuisée. A son réveil, la vierge trônant sur un dolmen lui confia son désir d'avoir une église en ces lieux. Sa fièvre avait disparu. Saint Georges, alors évêque du Velay, se rendit sur place. Bien qu'en plein mois de Juillet, le sol était couvert de neige sur laquelle un cerf dessina de ses sabots le tracé d'une église.
Neige en Juillet ? Opposée au soleil et au lion zodiacal du mois de Juillet, la neige incarne le principe féminin qui va subir la fécondation indispensable à l'éclosion de la vie. (opérée par le cerf, Cernunnos, le sillon étant symbole de l'acte sexuel, version primitive de l'immaculée conception)"

Santa_Maria_Maggiore_13Jusqu’en 1187, aucun document pontifical ne mentionne l’origine prétendument miraculeuse du sanctuaire. Le plus ancien manuscrit mentionnant ce récit légendaire date du XIIIème siècle.

De cette première église nous n'avons aucune trace archéologique, la partie la plus ancienne de l’actuelle basilique date de la première moitié du Vème siècle siècle. Par contre furent retrouvés lors de fouilles un calendrier datant du IIème siècle, ainsi que les restes de murs romains.
Santa_Maria_Maggiore_27










Santa_Maria_Maggiore_16Santa Maria Maggiore fut souvent modifiée et restaurée au fil du temps. Le grand campanile, de 75 mètres de hauteur (le plus haut de Rome), fut construit par Grégoire XI lors de son retour d'Avignon à Rome en 1377.
Santa_Maria_Maggiore_14















Santa_Maria_Maggiore_23En 1390, l'abside et des transepts sont ajoutés, avec la mosaïque du couronnement de la vierge.
Santa_Maria_Maggiore_19









Santa_Maria_Maggiore_1Au XVIème siècle, des chapelles sont rajoutées et le plafond à caisson fut réalisé.
Au XVIIème siècle, les deux façades baroques et les coupoles sont construites.
Santa_Maria_Maggiore_17















Santa_Maria_Maggiore_10C'est aussi à cette époque que l'obélisque, provenant du mausolée d'Auguste, et la colonne provenant de la basilique de Maxence, surmontée d'une Vierge à l'enfant faite par Berthelot en 1611, sont transférés sur les places de l'Esquilin et sur la place Sainte Marie Majeure. A ses pieds, une belle fontaine...
Santa_Maria_Maggiore_12














Santa_Maria_Maggiore_6L'église est divisée en trois nefs par deux files de colonnes doriques en marbre d'Athènes, provenant sûrement de la première basilique, laquelle utilisa sans doute les éléments d'une construction romaine.










Santa_Maria_Maggiore_9Les mosaïques de la nef commandées par Sixte III, représentant des scènes de l'Ancien Testament, datent du Vème siècle et sont parmi les plus anciennes mosaïques chrétiennes de Rome.
Santa_Maria_Maggiore_20On y trouve représentés Abraham, Melchisedek, Jacob, Moïse, Josué et David par exemple.







Santa_Maria_Maggiore_22Le baldaquin domine l'autel central où est placé le reliquaire de la crèche. Ce reliquaire a ses origines en 432 quand le pape Sixte III créa dans la basilique primitive une "grotte de la nativité" semblable à celle de Bethléem. Les nombreux pélerins qui revinrent de Terre Sainte à Rome (dont le pape Théodore peu de temps après la chute de Jérusalem en 638) portèrent en don de précieux fragments du bois du berceau sacré (cunabulum) aujourd'hui conservés dans le reliquaire doré.











Santa_Maria_Maggiore_7Le plafond à caissons, dont la tradition veut que sa dorure fut réalisée avec les premières cargaisons d'or ramenées du Pérou et offert par Isabelle et Ferdinand d'Espagne à Alexandre VI, date du XIIème siècle. Il a subi une restauration au XVIIIème.
Santa_Maria_Maggiore_8a














Santa_Maria_Maggiore_24aDans la chapelle Pauline se trouve une icône de la Vierge dont la légende prétend qu'elle fut faite par saint Luc. Elle est appelée "Salus Populi Romani", le salut du peuple de Rome. Selon la tradition, le pape saint Grégoire le Grand la transporta dans les rues en 593, quand Rome souffrit de la peste. Sa dernière sortie se fit en 1837, quand le pape Grégoire XVI la porta dans la ville au cours d'une épidémie de choléra.
L'icône fut datée du VIIème siècle, mais il parait que la datation au radiocarbone établit qu'elle aurait 2000 ans, ce qui renforcerait ainsi sa tradition sacrée.


















http://www.art-sacre.net/rome/f_72_2.html
http://www.rome-passion.com/sainte-marie-majeure.html
http://www.mariedenazareth.com/8804.0.html?&L=0
http://www.vatican.va/various/sm_maggiore/fr/storia/interno.htm

Posté par madame_dulac à 02:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 octobre 2008

San Pietro in Vincoli


 

San_Pietro_in_Vincoli_5San Pietro in Vincoli fut tout d'abord l'un des tituli de Rome, Titulus Eudoxiae ad Vincula. L'église fut construite sur les ruines d'une villa impériale en 442 à la demande de l'Impératrice Eudoxie, ou Licinia Eudoxia, fille de Théodose et épouse de Valentinien, afin de conserver les chaînes de saint Pierre, l'une provenant de la prison Mamertine de Rome, les autres de la prison de Jérusalem, encore visibles aujourd'hui dans la châsse qui se trouve sous le maître-autel. Le contact de ces chaînes guérissait les malades et chassait les démons. La fête des chaînes de saint Pierre est célébrée encore de nos jours avec une grande solennité, le 1er août.

San_Pietro_in_Vincoli_4







 

 

Extrait de la légende dorée de Jacques de Voragine :

"Ce fut donc en mémoire et en l’honneur de la victoire qu’Auguste remporta le premier août que tous les Romains solennisaient ce jour, jusqu'à l’époque de l’empereur Théodose qui commença à régner l’an du (333) Seigneur 426. Eudoxie, fille de ce Théodose et épouse de Valentinien, se rendit à Jérusalem pour accomplir un voeu. Ce fut là qu'un Juif lui offrit, pour une somme importante, les deux chaînes dont saint Pierre avait été lié sous Hérode. Revenue à Rome aux calendes d'août, et voyant le Romain célébrer une fête en l’honneur d'un empereur qui était idolâtre, elle fut affligée de ce qu'on rendait de si grands honneurs à un homme damné : elle reconnut qu'il ne serait pas facile d'abolir cette espèce de culte passé en coutume; alors elle pensa à laisser subsister cet état de choses, mais dans le but que la solennité aurait lieu en l’honneur de saint Pierre, et que tout le peuple nommerait ce jour la fête de saint Pierre aux Liens. Après en avoir conféré avec le saint pape Pélage, ils unirent leurs efforts pour porter le peuple, par des exhortations flatteuses, à laisser dans l’oubli la mémoire du prince des païens, pour faire une mémoire solennelle du prince des apôtres. La proposition ayant obtenu l’assentiment universel, Eudoxie fit connaître qu'elle avait rapporté de Jérusalem les chaînes de saint Pierre et les montra au peuple. Le pape, de son côté, produisit la chaîne dont le même apôtre avait été lié sous Néron. On les mit ensemble et alors eut lieu ce miracle par lequel de ces trois chaînes, il s'en forma une seule, comme si elle n'eût pas été composée de différentes pièces. En même temps, le pape et la reine décidèrent que l’honneur rendu à un païen, qui était damné, serait attribué à plus juste titre au prince des apôtres. Le pape donc avec la reine plaça les chaînés dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. Il l’enrichit de grands privilèges et institua que ce jour serait fêté en tous lieux. Voilà ce que dit Bède. Sigebert rapporte la même chose. On vit en l’an du Seigneur 969 combien grande était la puissance de cette chaîne car un comte, proche parent de l’empereur Othon, qui fut saisi, aux yeux de tout le monde, par le diable d'une façon si cruelle, qu'il se déchirait avec les dents. L'empereur ordonna alors qu'on le menât au pape Jean, afin de lui entourer le cou avec la chaîne de saint Pierre. On lui mit d'abord au cou une autre chaîne qui ne délivra pas le possédé, car il n'y avait en elle aucune vertu ; enfin on prend la chaîne de saint Pierre et on la met au cou du furieux : mais le diable ne put supporter le poids d'une si grande puissance, et se retira aussitôt en jetant un cri affreux en présence de tous les assistants."

Extrait de "A plus hault sens" de Claude Gaignebet :

"Selon Bède le vénérable au IXème siècle, la fête de saint Pierre avait pour but la destruction du rite des gentils. Les romains solennisaient le 1er août la victoire d'Octave Auguste en Egypte. Eudoxie, la fille de Théodose, acquit en 426 les chaînes de saint Pierre lors d'un voyage à Jérusalem. Elle revint à Rome un 1er août et, constatant qu'il serait difficile d'abolir la coutume, décida de remplacer Octave par saint Pierre.

A cette date du 1er août en Egypte, Octave n'a pu, en fait, que redonner quelques lustres aux fêtes très anciennes qui marquaient le début de l'année sothiaque et la crue du Nil. A Rome même, les fêtes des chaînes de saint Pierre auraient-elles recouvert des cérémonies égyptiennes introduites à l'occasion du déferlement des religions orientales dans la capitale ?

L'étude des traditions indigènes, plus particulièrement celle de la fête celtique Lugnasad du 1er août laisse envisager d'autres hypothèses..."

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les papes des premiers temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

San_Pietro_in_Vincoli_2Revenons à San Pietro. L'église fut restaurée par le pape Adrien Ier (772-795) puis reconstruite par le pape Sixte IV (1471-1484) puis par le pape Jules II (1503-1513). Restaurée en 1875, elle est desservie depuis par les Chanoines réguliers du Latran.

Le portail d'entrée date du XVème siècle et cache l'ancienne façade.

 





San_Pietro_in_Vincoli_3Construite sur le modèle des basiliques à 3 nefs auxquelles s'ajoute un transept, l'église contient 22 colonnes doriques antiques qui étonnamment ont des bases ioniques. La tradition dit qu'elles ont été prises dans la basilique où saint Pierre fut condamné. Il est plus probable qu'elle provinssent d'un temple grec.

 






 

 

San_Pietro_in_Vincoli_30Une mosaïque byzantine du VIIème siècle représentant saint Sébastien, barbu et portant un uniforme byzantin, se trouve au dessus du deuxième autel sur la gauche.

 

La crypte derrière le sanctuaire contient un ancien sarcophage romain censé contenir les reliques des saints Macchabées, 7 sept héros juifs morts pour protéger la loi mosaïque. Les reliques furent transportées à San Pietro par le pape Pélage (556-561). Je n'ai pas pu y accéder.

 






San_Pietro_in_Vincoli_1L'oeuvre la plus célèbre reste le Moïse de Michel-Ange, sculpté en 1545, que l'on trouve à la droite de l'autel. Il fut fait pour le tombeau du pape Jules II, censé se trouver au Vatican. 47 autres statues devaient l'accompagner, mais le projet ne fut jamais terminé. Les statues de Léa (à droite symbolisant la vie active) et Rachel (à gauche, la vie contemplative), entourant Moïse, sont aussi de Michel-Ange. Le reste du monument fut réalisé par ses élèves. On dit que Michel-Ange fut tellement impressionné du résultat de son travail qu'il jeta son marteau contre la statue en criant "pourquoi ne parles-tu pas ?".

 

 

 

San_Pietro_in_Vincoli_6Avec le Moïse, nous voilà revenus en Egypte : Sigmund Freud est venu étudier la statue à Rome. Il considérait Moïse comme égyptien, et non pas juif. Selon lui, il fut un prêtre adepte du culte du soleil, qu' Akhenaton mit en place en Egypte vers -1372. Selon lui, Moïse aurait demandé la protection des juifs, à l'origine ancienne tribu égyptienne. Je conseille vivement à ce propos la lecture du livre d'Henri Blanquart, "les mystères du peuple juif", aux éditions du Léopard d'Or, si vous arrivez à le trouver !

 

Encore une chose : Michel-Ange a sculpté un Moïse pourvu de cornes. On dit que ce fut le résultat d'une erreur de traduction que fit Jérôme dans sa Vulgate: il confondit le terme hébreu qâran qui signifie "émettant des rais de lumières, rayonnant" avec le terme qèrèn, substantif qui signifie "cornes" (Exode, 34, 29). En gros, la traduction exacte devait être "la peau de son visage rayonnait chaque fois qu'il avait pris contact avec son dieu" et Jérôme en fit "Ils voyaient que la face de Moïse était cornue". Mais est-ce bien un erreur ? Jérôme devait maîtriser assez le latin pour ne pas commettre ce genre de contresens. Il connaissait bien des rabbins, il pouvait en plus se renseigner auprès d'eux s'il doutait.

 

Voici ce que Jean Chevalier et Alain Gheerbrant proposent comme définition des cornes dans leur dictionnaire des symboles:

"La corne a un sens d'éminence, d’élévation. Son symbolisme est celui de la puissance. Ce symbolisme est lié à Apollon-Karneios et à Dyonisos : il fut utilisé par Alexandre le Grand qui prit l'emblème d'Amon, le bélier, que le livre des morts égyptien nomme "seigneur des deux cornes". Les guerriers de divers pays, et notamment les gaulois, ont porté des casques à cornes. La puissance des cornes n'est d'ailleurs pas seulement d'ordre temporel.

Les cornes de bélier, note Guénon, sont de caractère solaire, les cornes de taureau de caractère lunaire. Il est de fait que l'association de la lune et du taureau est bien connue des sumériens et aussi des hindous.

Les cornes des bovidés sont l'emblème de la Magna Mater , déesse de la fertilité. Elles évoquent les prestiges de la force vitale, de la création périodique, de la vie inépuisable,de la fécondité. De là, elles sont venues à symboliser la majesté des bienfaits du pouvoir royal.

Si la corne relève le plus souvent d'un symbolisme lunaire, et donc féminin, elle peut aussi devenir un vecteur symbolique solaire et mâle.

Les cornes représentent un principe actif et masculin par leur forme et par leur force de pénétration, un principe féminin par leur ouverture en forme de lyre et de réceptacle. En réunissant ces deux principes dans la formation de sa personnalité, l'être humain parvient à la maturité, à l'équilibre, à l'harmonie intérieure."

 

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les artistes connaissants de tout temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

Jérôme fait une autre erreur quand il traduit BETOULA, “jeune femme”, par “vierge”. D’où le dogme de la Vierge Marie.

Mais là, c'est une autre histoire. (http://www.abbaye-saint-benoit.ch)

 

http://www.rome-passion.com/saint-pierre-aux-liens.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Pierre-aux-Liens

Posté par madame_dulac à 18:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


12 octobre 2008

Santa Maria in Aracoeli

Santa_Maria_in_Aracoeli_22Santa Maria in Aracoeli, littéralement Sainte Marie de l'autel du ciel, à l’origine appelée Santa Maria in Capitolo, fut bâtie par des moines byzantins au VIème siècle sur les fondations de l'ancien temple de Junon Moneta, au nord de la colline du Capitole, à l'endroit où la Sibylle de Tibur aurait prédit à l'empereur Auguste l'avènement prochain du Christ. Auguste fit alors construire un autel à l'endroit où il avait eu la révélation, l'ara coeli. C'est aussi à l’emplacement de l’église Santa Maria d’Aracoeli, que résidaient les fameuses oies du Capitole qui sauvèrent Rome des Gaulois en -390 en donnant l’alerte par leurs cris.
Une autre hypothèse : l'église aurait remplacé l’auguraculum, le siège de l'augure. Je ne suis pas historienne, mais je pense que la deuxième hypothèse est la bonne. Je vous expliquerai pourquoi plus tard.





Santa_Maria_in_Aracoeli_23L’église et le monastère attenant suivaient donc le rite grec. Au début su IXème siècle, l’église fut prise en charge par la papauté et donnée aux bénédictins.
Au XIIIème siècle, elle passa aux mains des franciscains : une bulle papale datée de 1249 la leur accorde. Ils la reconstruisirent sur un plan basilical dans le style roman puis gothique, en incorporant de nombreux éléments de l'ancienne église.








Santa_Maria_in_Aracoeli_24Au XIVème siècle, Cola di Rienzo pris le pouvoir à Rome, en se proclamant Tribun et libérateur de la Sainte République romaine. Après avoir remporté une bataille contre les nobles, il  consacra son épée sur l'autel de Santa Maria in Aracoeli et inaugura l’escalier en 1348. Quelques années plus tard, il fut tué aux pieds des marches, où les criminels condamnés étaient exécutés. Sa statue fut érigée à cet endroit.













Santa_Maria_in_Aracoeli_19Durant tout le moyen-âge, l’église fut au cœur de la vie religieuse et civique de Rome. Elle est depuis désignée comme l'église du Sénat et du peuple romain, « Senatus Populusque Romanus ». Il est vrai que les sénateurs romains avaient l’habitude de se réunir dans le temple de Jupiter, situé à quelques mètres de celui de Junon.
Des chapelles sont rajoutées aux XVIème et XVIIème siècles, période au cours de laquelle le choeur et les parties hautes sont remises au goût du jour.
En 1797, avec l’avènement de la république romaine, la basilique fut désaffectée et transformée en étable.









Santa_Maria_in_Aracoeli_1On accède à Santa Maria par un escalier monumental de 124 marches en marbre, la scalinata d'Aracoeli. Cet immense ex-voto fut construit en 1348 par  Simone Andreozzi à la demande des romains pour remercier la Vierge d'avoir épargné la ville de l'épidémie de peste de 1346.
On dit que si l’on monte ces escaliers sur les genoux, les péchés seront pardonnés.













Santa_Maria_in_Aracoeli_5La façade de briques de l'église, jamais terminée, était à l'origine décorée de mosaïques et de fresques, dont il ne reste qu’une mosaïque dans le tympan de la porte principale. Les trois portes ont été ajoutées plus tard.










Santa_Maria_in_Aracoeli_2Au-dessus de la porte sud, le tympanon présente une mosaïque de la Vierge entourée de deux anges de l'école de Pietro Cavallini. Seul témoignage de l’époque gothique, une fenêtre, le seul détail que l’on aperçoit en bas des marches.






Santa_Maria_in_Aracoeli_6L'église comporte trois nefs, divisées par 22 colonnes romaines qui sont toutes différentes les unes des autres car  prélevées sur différents bâtiments romains antiques du Forum et du Palatin.










Santa_Maria_in_Aracoeli_12Le plafond à caissons fut offert par par Marcantonio Colonna en commémoration de la victoire des forces de l’alliance papale sur la flotte turque à la bataille de Lépante en 1571.

Le pavement du sol fut réalisé au XIIème siècle par la famille Cosma, dont le style particulier était l'incrustation de minuscules bris de marbres colorés aux motifs géométriques. Celui de Santa Maria in Aracoeli reste l’un des mieux conservés.











Santa_Maria_in_Aracoeli_25Des fresques du XVème siècle (1486) du Pinturicchio ornent la première chapelle à droite, et sont consacrées à saint Bernardin de Sienne.

Santa_Maria_in_Aracoeli_10















Santa_Maria_in_Aracoeli_18Une autre représente une vierge à l'enfant, peinte par Pietro Cavallini (1259 - 1330), peintre et un mosaïste italien de l'école romaine de la pré-Renaissance du Trecento.











Santa_Maria_in_Aracoeli_9Dans le chœur du sanctuaire se trouve une icône byzantine de la Vierge et l'Enfant, connue sous le nom de Madonna d'Aracoeli, peinte sur bois de hêtre, et datée du XIème siècle. Certains spécialistes prétendent qu'elle serait peut-être plus âgée, et daterait du VIème siècle, à l’époque où les moines byzantins construisirent l’église. D’après une légende, le pape saint Grégoire le Grand en l'an 594 l’aurait fait défiler dans les rues de Rome pendant une épidémie de peste, qu’elle aurait stoppée.











Santa_Maria_in_Aracoeli_14La statue de l'enfant Jésus sculptée au XVème siècle par un moine franciscain à Jérusalem dans du bois d'olivier du jardin de Gethsémani, fut transportée à Rome sur les ordres de la curie franciscaine, dont le siège social se trouvait à Santa Maria in Aracoeli. Son histoire débute déjà par plusieurs miracles : la statue fut peinte par un ange pendant que le sculpteur dormait, puis prise dans une tempête pendant le voyage vers l'Europe, elle fut jetée par-dessus bord, mais elle rebondit sur l’eau et finalement arriva aux pieds du moine franciscain, qui avaient attendu avec impatience sur les rives de la Livourne.










Santa_Maria_in_Aracoeli_15La légende raconte encore que la statue pourrait guérir les malades en phase terminale, et aurait même le pouvoir de ressusciter les morts. Incrustée de bijoux, la statue originale fut volée en 1994 et jamais retrouvée, c’est une copie que l’on trouve maintenant dans sa chapelle privée près de la sacristie.















Santa_Maria_in_Aracoeli_13La mère de l'Empereur Constantin Ier, sainte Hélène, fut inhumée dans l'église d'Aracoeli. Ses reliques sont conservées sous un baldaquin fait par les Cosma au XIIème siècle, dans un autel en porphyre.
















Santa_Maria_in_Aracoeli_8Je vais maintenant vous expliquer pourquoi je pense que les fondations de Santa Maria in Aracoeli sont posées sur l’ancienne auguraculum, le siège de l'augure.
La légende parlant d’Auguste et de la Sibylle de Tibur date du Moyen-Âge. C’est dans le milieu du XIIème siècle qu’on la trouve pour la première fois, dans un guide de Rome, le « Mirabilia Urbis Romae », où il est dit que l’église s’est construite à l’emplacement de l’ « Ara Primogeniti Dei », là où la sibylle prophétisa. Une légende plus tardive parle carrément d’une apparition mariale devant Auguste.
La colline du Capitole fut la plus ancienne et la plus haute de la Rome antique, donc celle qui prit le plus d’importance. Le christianisme ne pouvait que reprendre à son compte cette position afin d’asseoir son pouvoir et assurer la victoire du spirituel sur le temporel. L’apparition mariale vint vite détrôner la Sibylle, à connotation plus que païenne, même si elle annonçait dans ses prédictions la venue du Christ. Et comme il n’y a pas de fumée sans feu, la présence de cette prophétesse en ces lieux n’est pas anodine.

Au cours de ma visite, j’ai senti un point énergétique très puissant, une ligne en fait, passant par deux des premiers piliers de la nef. Une faille géologique passe à cet endroit. Il suffit de se tenir quelques minutes sur cette ligne, et l’on comprend très vite comment la Sibylle pouvait avoir des visions…. Hein ? Mais non j’ai pas fumé la moquette. Essayez, vous verrez bien !

Santa_Maria_in_Aracoeli_20http://www.insecula.com/salle/MS02945.html
http://www.rome-decouverte.com/la-colline-du-capitole/santa-maria-in-aracoeli.html
http://www.rome-passion.com/santa-maria-aracoeli.html
Santa_Maria_in_Aracoeli_17

Posté par madame_dulac à 18:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 octobre 2008

Chartreuse de Portes

Bugey_088


Dans le Bugey, sur la commune de Bénonces, la chartreuse de Portes se blottit dans un vallon magique. La visite est interdite, et j'ai respecté le vœu de solitude des moines. je n'ai donc pas de photos de l'abbaye en elle même, mais de l'entrée, oui...













Bugey_082 C'est un chemin forestier, qui débute par une belle porte de vie....

Bugey_086

Impressionnant !


porteLes photos des bâtiments sont donc tirées de deux sites:








Bugey_084

http://www.chartreux.org et marius.bernard.free.fr/ain.html.

porteSituée dans les montagnes du Bugey à distance presque égale de Lyon et de Genève, la chartreuse de Portes est blottie au haut d'un col, à l'écart des grands-routes, à 7 km du village le plus proche. A près de 1.000 m d'altitude, elle jouit du climat rude et sain des montages.

chartrportescorr12JPG

Première maison de France à s'être ralliée à la Grande Chartreuse, Portes a été appelée : " la fille aînée de l'Ordre cartusien ". Elle reçut également la dénomination de " Chartreuse des saints " car elle abrita à l'origine des moines de haut mérite, dont quelques-uns furent canonisés.

En 1115, Bernard de Varey et Ponce, moines de l'abbaye bénédictine d'Ambronay, se retirent au massif de Portes, désireux de vivre la vie cartusienne dont ils ont entendu parler. La construction du premier monastère bâti en pierre date de 1125.chartrportescorr03

Pendant la Révolution, la communauté se disperse. Les biens furent tranformés en ferme avec plus ou moins de bonheur qui conduisit a la ruine des bâtiments.










 

portes_4En 1855, les chartreux rachètent le domaine de  Portes, dont les bâtiments ont été laissés à l'abandon par les divers propriétaires et remirent tout en état selon les plans d'origine. Le domaine est d'environ 250 hectares.

Avec ses 12 cellules, la chartreuse de Portes a gardé le type traditionnel des anciennes maisons de l'Ordre.

En gros, le premier village de bungalows de l'histoire de France.... (je plaisante...:)) )

Deux photos sont issues de ce site : http://www.belissor.net/spip.php?article180

Posté par madame_dulac à 16:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

La chartreuse de Valbonne

Le portail d'entrée

Chartreuse_de_Valbonne__1_Il est surmonté du symbole des chartreux, la Terre surmontée d'une croix, qui signifie "le monde change mais la croix demeure". Les 7 étoiles des armoiries commémorent le souvenir de la création de l'ordre au XIème siècle par saint Bruno et 6 compagnons. Au dessus, l'ange gardien.








La cour d'entrée

Chartreuse_de_Valbonne__13_Sur la gauche, l'ancienne hôtellerie des chartreux. A droite le mur d'enceinte avec en son centre une tour carrée de style renaissance édifiée en 1634 sous le prieurat de Don François Laurent. Ce portail monumental, autrefois muni d'une herse et d'une bretèche à mâchicoulis, constituait, avec les deux tours d'angle munies de meurtrières, les éléments de défense du monastère.







Chartreuse_de_Valbonne__12_Les deux niches accueillent saint Bruno, fondateur de l'ordre en 1084 et saint Jean-Baptiste, guide spirituel de Bruno. Entre les deux, un cartouche dédié à Guilhem de Vénéjan, le fondateur.












La cour d'honneur

Chartreuse_de_Valbonne__16_Après le porche,  cette cour fermée à l'acoustique naturelle remarquable, est bordée à gauche par les anciens ateliers des frères (boulangerie, confection de vêtements, de fromages,...)
Chartreuse_de_Valbonne__18_










Chartreuse_de_Valbonne__14_et au-dessus les cellules des frères actuellement aménagées en chambres d'hôtel. A droite, la cave de vinification toujours utilisée pour l'élaboration de vins. A l'étage, l'appartement du père prieur.
Chartreuse_de_Valbonne__17_















Chartreuse_de_Valbonne__15_La façade de style baroque de l'église conventuelle, de la fin du XVIème siècle, donne sur cette cour. Elle est dédiée à la vierge Marie.












Les chapelles des étrangers

Chartreuse_de_Valbonne__39_Elles étaient réservées aux pèlerins de passage. A gauche, la chapelle sainte Philomène, avec une voûte en croisées d'ogives à liernes et tiercerons, date du XVème siècle.











Chartreuse_de_Valbonne__40_C'est une période où le monastère s'embellit, grâce notamment à l'évêque d'Uzès Nicolas de Maufgras, dont le blason est apposé sur deux piliers.
A droite, la chapelle saint Joseph du XVIIème siècle présente une voûte simple en croisées d'ogives.
















Le chœur des frères

Chartreuse_de_Valbonne__37_Il est composé de 24 stalles et de deux autels, surmontés chacun d'un tableau, l'un de sainte Roselyne, l'autre de saint Bruno.
Chartreuse_de_Valbonne__41_












Le chœur des pères

Chartreuse_de_Valbonne__25_Un jubé, ou cloison de marqueterie, sépare les deux parties de la nef, le chœur des frères et le chœur des pères.












Chartreuse_de_Valbonne__42_Les stalles du XVIIIème siècle sont l'oeuvre d'ébénistes lyonnais et présentent une diversité de motifs végétaux réalisés en relief et en marqueterie de noyer, d'ébène, d'acajou et de buis.











Chartreuse_de_Valbonne__26_Au-dessus des stalles, des chapiteaux recouverts de soufre fondu. L'autel de style baroque est surmonté d'un baldaquin à colonnes torses. Il abritait autrefois une statue de la Vierge, remplacée aujourd'hui par celle de St Jean-Baptiste.
Le chœur à pans coupés est recouvert de marbre d'Italie, l'autel et son baldaquin de style baroque sont en marbre polychrome. est en marbre polychrome.







Chartreuse_de_Valbonne__38_La nef de l'église avec sa voûte de pierres sèches fut construite à la fin du XVIIIème siècle (1770-1780 ) pendant le prieurat de Dom François Baffier, par deux compagnons spiripontains: Briat et Pépin, selon les plans directeurs de l'architecte Franque d'Avignon.










La chapelle de la compassion

Chartreuse_de_Valbonne__31_Du XVIIIème siècle, elle présente un autel de style baroque surmonté d'une piéta où il est inscrit " je languis d'amour".


















La chapelle des familles

Chartreuse_de_Valbonne__32_Elle date de la fin du XVIIIème siècle.

Chartreuse_de_Valbonne__36_
















Chartreuse_de_Valbonne__33_L'autel en marbre représente l'arrivée de Marie chez sa cousine Élisabeth.
Chartreuse_de_Valbonne__34_



















La chapelle Sainte-Madeleine

Chartreuse_de_Valbonne__29_Sur la croisée d'ogives est sculpté l'agneau portant étendard. Au-dessus de la niche où se trouvait la statue, une croix de Camargue rappelle l'histoire de la sainte.












La chapelle des reliques

Chartreuse_de_Valbonne__43_Construite en 1712, elle est restaurée en 1870. L'autel en bois est en forme de tombeau.













L'ancienne salle du chapitre

Chartreuse_de_Valbonne__62_C'est la salle capitulaire. Elle date du XIIIème siècle et possède une voûte sur croisées d'ogives.












Le petit cloître

Chartreuse_de_Valbonne__19_Témoin de l'art roman provençal du début du XIIIème siècle fut achevé en 1219. Les galeries sont couvertes de berceaux en plein cintre, soutenues par ds doubleaux retombants sur des consoles. Il est la forme achevée de la fusion des styles, roman et gothique régionaux.
Chartreuse_de_Valbonne__22_








Chartreuse_de_Valbonne__20_Le petit cloître était réservé au prieur et aux entretiens particuliers demandés par les pères chartreux.












Chartreuse_de_Valbonne__24_Un puits y est encore actif.
Chartreuse_de_Valbonne__23_


















Le vestibule

Chartreuse_de_Valbonne__46_Passage entre les deux cloîtres, il ouvre sur le réfectoire des pères. Il possède une très belle voûte formée par une coupole aplatie.












Le grand cloître


    

Chartreuse_de_Valbonne__44_Sans doute l'un des plus grands d'Europe, il fut commencé au XVIIème siècle et ne fut achevé qu'un siècle plus tard.

















Chartreuse_de_Valbonne__47_La galerie forme un vaste rectangle de 118 mètres sur 55, soit 350 mètres environ de périmètre, et dessert les 24 cellules où vivaient les pères.











Chartreuse_de_Valbonne__45_84 grandes baies éclairent l'ensemble couvert de voûtes d'arêtes.













Les cellules

Chartreuse_de_Valbonne__54_Le père chartreux disposait de 180m2, comprenant : L'Avé Maria (où chaque fois qu'il entre, il récite la salutation angélique), le promenoir,











Chartreuse_de_Valbonne__57_l'oratoire ou cabinet de travail et de prière,













Chartreuse_de_Valbonne__55_le jardin,













Chartreuse_de_Valbonne__58_et l'atelier. Le Père demeurait 20 heures par jour dans sa cellule à prier, lire, écrire, méditer. Nul autre que lui ne peut y avoir accès.

Chartreuse_de_Valbonne__59_
















Le jardin

Chartreuse_de_Valbonne__52_Il offre une belle vue d'ensemble sur le cloître.
Chartreuse_de_Valbonne__9_












Chartreuse_de_Valbonne__51_On y retrouve le cimetière des chartreux avec leur ossuaire, une statue de saint Joseph, un bassin central avec le système d'irrigation.
Chartreuse_de_Valbonne__49_












La chapelle Saint-Jean

Chartreuse_de_Valbonne__61_Les chartreux reconstruisirent à partir de 1250 la chapelle de l'ancien couvent des moniales de Bondilhon, situé à quelques centaines de mètres de leur monastère. Ils la placèrent sous la protection de saint Jean Baptiste qui comme eux se retira au désert. Cette chapelle romane intègre des décors intérieurs de style gothique. Le clocher actuel est récent. Il fut rajouté par les chartreux dans les années 1870.














Chartreuse_de_Valbonne__7_

Posté par madame_dulac à 16:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La chartreuse de Valbonne, plan

Chartreuse_de_Valbonne

1- Le portail d'entrée
2- La cour d'entrée
3- La cour d'honneur
4- Les chapelles dites "des étrangers"
5- Le chœur des frères
6- La chapelle de la compassion
7- La chapelle des familles
8- Le chœur des pères
9- La lampisterie
10- La chapelle Sainte-Madeleine
11- La chapelle des reliques
12- L'ancienne salle du chapitre
13- Le vestibule
14- Le grand cloître
15- Le jardin
16- La cellule
17- Le petit cloître

Posté par madame_dulac à 16:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La chartreuse de Valbonne, historique

Chartreuse_de_Valbonne__2_Au XIème siècle, un monastère de religieuses bénédictines fut construit dans la vallée, au cœur d'une forêt millénaire. Notre-Dame de Bondilhon fut abandonné pour des raisons de sécurité à la fin du XIIème siècle.










Chartreuse_de_Valbonne__4_L'évêque d'Uzès, Guilhem de Vénéjan, attentif au péril hérétique que représentait l'expérience cathare pour les états du comte de Toulouse, demanda à l'ordre des chartreux de construire un nouveau monastère. Ainsi fut fondée, le 10 février 1204, la 41ème maison de l'ordre. 









Chartreuse_de_Valbonne__5_Une dizaine de moines s'y installèrent, défrichèrent et assainirent ce territoire. Une partie de la chartreuse actuelle repose sur des voûtes construites à cette époque. Cette vallée marécageuse, rendue fertile par le travail des chartreux, devint alors "vallis bona", Valbonne.









Chartreuse_de_Valbonne__8_En dépit des vicissitudes de l'histoire, des conflits avec le prieuré Saint-Pierre de Saint-Saturnin-du-Port, les pillages de la guerre de Cent Ans, les dévastations des guerres de religion (sa reconstruction commença dès le XVIIème siècle et de nouveaux moines arrivèrent en 1633 :









Chartreuse_de_Valbonne__33_le grand cloître et la porte d'entrée furent construits à cette époque, puis une nouvelle église fut bâtie entre 1770 et 1780), la dispertion des biens durant la révolution (le dernier prieur, Dom Gorce, quitta Valbonne le 1er octobre 1790, puis le 28 janvier 1836, les chartreux rachetèrent le monastère, le restaurèrent et firent de nouvelles constructions : la chapelle des familles ainsi que celle des reliques sont de cette époque),













Chartreuse_de_Valbonne__48_une communauté de moines suivant la règle de saint Bruno, vécut en ce monastère jusqu'en 1901. Abandonné, il fut racheté aux enchères en 1926 par le pasteur Philadelphe Delord qui y fonda l'association de secours aux victimes des maladies tropicales. L'ASVTM, œuvre protestante est toujours propriétaire.

Pour voir la carte, c'est ici.

http://www.chartreusedevalbonne.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chartreuse_de_Valbonne

Posté par madame_dulac à 16:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]