Largo_di_Torre_Argentina_3Dans le centre de Rome, à 8 mètres au-dessous du niveau de la place de Largo di Torre Argentina, se trouve une enceinte sacrée qui contient 4 temples romains. Le nom de la place provient de la tour d'une maison, la Casa del Burcardo (au 44 Via del Sudario) qui fut occupée par un prélat nommé Burckhardt de Strasbourg (l'ancienne Argentoratum), maître de cérémonie du pape au début du XVIème siècle (1503). Une autre explication serait en rapport avec les magasins d'orfèvres (argentarii) installés non loin. Cette enceinte était située dans l'ancien Champ de Mars.




Largo_di_Torre_Argentina_11Les temples furent exhumés entre 1926 et 1930 et font partie d'un complexe de la période républicaine. Ils furent érigés entre le IIIème siècle avant notre ère et le Ier après notre ère. La place avec ses sanctuaires était entourée de portiques.














Largo_di_Torre_Argentina_10A défaut d’identification précise, les temples ont été nommés A,B,C et D. 

1- Restes de l'exèdre central du portique de Pompeï, maison du Sénat
2- Restes des latrines du portique
3- Statio Aquarium, département de l'eau
4- Pavement en tuf (-200)
5- Pavement en travertin (Ier siècle)









Largo_di_Torre_Argentina_2- Le temple rectangulaire A, dont 15 colonnes sont encore debout, sur lequel fut construite l'église médiévale de San Nicola dei Cesarini (il n'en reste que l'abside). Il fut probablement dédié à Juturne par Gaius Lutatius Catulus, après sa victoire contre les Carthaginois pendant la première guerre punique en 241 avant notre ère.








Largo_di_Torre_Argentina_4Juturne était essentiellement honorée à Rome comme divinité des eaux : comme de nombreuses sources, elle passait pour donner la guérison aux malades. Lors de la fête des juturnalia, le 11 janvier, les artisans que leur métier liaient à l'eau lui rendaient un culte. Elle était enfin invoquée lors des volcanalia pour écarter les incendies des récoltes. Plus tard, à l'époque de Septime Sévère (fin du IIème siècle, début du IIIème), ce temple abrita  les bureaux des Eaux et Aqueducs gérés par un Curator acquarum et Minuciae ou préposé au Service des Eaux et à la distribution du blé.




Largo_di_Torre_Argentina_8- Le temple B, de plan circulaire, avec six colonnes, fut construit par Quintus Lutatius Catulus en 101 avant notre ère pour célébrer sa victoire sur Cimbres, un peuple nordique du Jutland, et dédié à " Aedes Fortunae Huiusce Diei",  la "Fortune du Jour Présent". Au dos de celui-ci, se trouvait l’antique Curie Pompéienne, le lieu même où Jules César fut assassiné en 44.













Largo_di_Torre_Argentina_5Une statue colossale de la déesse y fut découverte lors des fouilles, maintenant conservée dans le musée du Capitole. Sa tête, ses bras et ses jambes sont en marbre, les autres parties, couvertes par la robe, sont en bronze.










Largo_di_Torre_Argentina_7- Le temple rectangulaire C, le plus petit et le plus ancien (quatrième ou troisième siècle avant notre ère), sur un niveau plus bas que les autres, était vraisemblablement dédié à la divinité Feronia, divinité liée à l'eau (sources et bois), à la fécondité (récoltes), aux voyageurs, à la liberté (les esclaves s'asséillaient sur l'une des pierres sacrées de son temple pour obtenir leur libération), et au feu. Ce temple fut consacré après une victoire sur les Sabins en 290 avant notre ère. Il fut restauré après l'incendie de 80, la mosaïque en noir et blanc date de cette époque.




- Le temple D, dont une partie reste sous la chaussée, le plus grand des 4 et le plus récent, date de l'époque Augustéenne et pourrait être celui des Lares Permarini,  qui protègent les navigateurs. Il fut construit par le preteur  Marcus Aemilius Regillus, engagé dans une bataille navale contre la flotte d'Antiochus le Grand en -190.

Les Lares

Lares_1Les Lares, parfois aussi appelés Genii loci, sont des divinités romaines protectrices. La religion des dieux Lares, qui compte parmi les plus anciennes des peuples de l'Italie latine, fait partie du groupe très important des cultes domestiques où figurent, avec Vesta et Vulcain, les Pénates, les Manes et les Génies ; on la rencontre dès les débuts de l'histoire, chez les Latins, les Sabins et les Etrusques. Rome avait pour dieux lares Rémus et Romulus.

Lares_3En général, tous les dieux qui étaient choisis pour patrons et protecteurs d'un lieu public ou particulier, tous les dieux dont les États, les cités, les maisons éprouvaient la protection, en quelque genre que ce fût, étaient appelés Lares. On distinguait donc plusieurs sortes de dieux Lares, outre ceux des maisons qu'on appelait domestiques ou familiers. Ceux-ci, gardiens de la famille, avaient leurs statues en petit modèle auprès du foyer ; on en prenait un soin extrême ; certains jours, on les entourait de fleurs, on leur mettait des couronnes et on leur adressait de fréquentes prières. Cependant, il arrivait quelquefois qu'on perdait tout respect à leur égard, comme, par exemple, à la mort de quelques personnes chères : alors, on les accusait de n'avoir pas veillé à leur conservation, de s'être laissé surprendre par les génies malfaisants.









Lares_2Les Lares publics présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places de la ville, aux chemins, aux champs : ils étaient même chargés d'éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains. Le culte des dieux Lares est venu, paraît-il, de ce que l'on avait coutume primitivement d'enterrer les corps dans les maisons. Le peuple crédule s'imagina que leurs âmes y demeuraient aussi, et il les honora bientôt comme des génies favorables et propices. Plus tard, quand la coutume se fut introduite d'enterrer les morts le long des grands chemins, on regarda aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.







Lares_4Il convient d'ajouter que les Lares ne pouvaient être que les âmes des bons ; on donnait le nom de Lémures aux âmes des méchants. Les Lémures, génies malfaisants et inquiets, apparaissaient, disait-on, sous la forme de fantômes, et se faisaient un malin plaisir d'effrayer et de tourmenter les vivants. On les appelait aussi Larves.















Les chats du Largo

Largo_di_Torre_Argentina_9C'est dans cet espace sacré que les chats ont trouvé leur sanctuaire. Des "gattare", femmes bénévoles, viennent s’occuper d’eux et les nourrir à leurs frais. Il est possible d'adopter l'un des matous, qui sont tous vaccinés et stérilisés. Les dons sont les bienvenus pour ceux qui sont trop vieux ou handicapés....

http://monsite.wanadoo.fr/roma_centre_histor./page5.html
http://www.linternaute.com/voyage/italie/rome/monument/largo-argentina/
http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/daremberg8.html
http://www.dicoperso.com/term/adb0aeb1acb1a35d,,xhtml