Saintes_Maries_de_la_Mer__23_aVoici l'historique de ce lieu envoûtant, où l'on retrouve tout ce qui fait un lieu magique : une grotte, un puits à l'eau guérisseuse, un ancien temple païen, un culte au Matres, une église romane puis une vierge noire. Les Saintes-Maries-de-la-Mer devait être un lieu d'habitation très ancien, la première mention du village date du IVème siècle. Elle nous vient du poète et géographe Festus Avienus qui, signalant plusieurs peuplades dans la région, cite oppidum priscum Ra, que le grand historien des Gaules Camille Jullian place à l'endroit des actuelles Saintes-Maries-de-la-Mer. "Oppidum" signifiant forteresse et "priscum" ancienne, ce serait donc "l'ancienne forteresse Ra". Aviennus y voyait le nom égyptien d'une île consacré à Râ, le dieu du Soleil et père de tous les dieux. Mais, à l'ère des grandes influences chrétiennes, Râ se transforma en Ratis, mot qui signifie bateau, radeau ou îlot.

Saintes_Maries_de_la_Mer__autel_2En 42, selon la tradition, c'est l'arrivée des saintes avec d'autres disciples en Provence. Il est dit aussi qu'un temple païen existait déjà en ce lieu. (voir le culte des Matres plus loin)
En 513, l'évêque d'Arles évangélise les campagnes encore fortement imprégnées de cultes païens ou romains en transformant si nécessaire d'anciens lieux cultuels en édifices chrétiens. Il crée ainsi un monastère ou une église aux Saintes, ce qui confirme la présence probable d'un temple païen (voir la porte des lions et l'autel). Il est transmis que saint Césaire d'Arles ait légué par testament à sa mort en 542, Sancta Maria de Ratis à son monastère. Le village devint donc Saintes-Maries-de-la-Barque (ou Saintes-Maries-de-Ratis), aussi nommé parfois Notre-Dame de la Barque (ou Notre-Dame-de-Ratis).

Saintes_Maries_de_la_Mer__74_Pendant l'hiver 859-860, resté comme le plus rude du IXème siècle, les Vikings hivernent en Camargue et selon toute vraisemblance, aux Saintes, avant d'entreprendre leur razzia dans la basse vallée du Rhône jusqu'à Valence.
En septembre 869, les Sarrasins dévastent la contrée lors d'un raid. Le tracé du sanctuaire de l'époque, après la reconstruction, pourrait correspondre à celui de l'abside et du choeur. En 1080, l'archevêque d'Arles donne Sainte-Marie-de-Ratis aux moines de Montmajour qui assureront les charges pastorales du sanctuaire jusqu'en 1786.
C'est environ au XIIème siècle que ce nom se transformera en "Notre-Dame-de-la-Mer". La reconstruction de l'église continue, la nef de l'ancien sanctuaire devient le choeur des moines. Les colonnades et les chapiteaux sont sculptés.
En 1244, le bourg est entouré de remparts, qui seront relevés en 1386 et 1410. L'église-forteresse est intégrée dans le système de défense.
En 1315, la confrérie des Saintes-Maries est fondée. Le pélerinage de Compostelle prend de l'ampleur, Les Saintes se trouve sur le trajet.
En 1349, on creuse la crypte.
Saintes_Maries_de_la_Mer__52_En 1448, sous l'impulsion du roi René, "invention" des reliques des saintes Maries Jacobé et Salomé (voir épisode du roi René plus loin). Les comptes rendus de l'époque signalent une église primitive à l'intérieur de la nef actuelle. Pour certains, ce bâtiment pourrait correspondre à une chapelle mérovingienne du VIème siècle. En 1449, le roi René fait agrandir la crypte.
En 1521, première mention de Sara dans la légende des saintes Maries. A la révolution, le culte est suspendu entre 1794 et 1797. Les créneaux de l'église sont démolis et leurs pierres vendues. Ils seront rénovés en 1873.
En 1838, le village prend le nom des "Saintes-Maries-de-la-Mer" et peu après est mentionné pour la première fois le pélerinage des gitans : au mois de mai, ils viennent de toute l'Europe honorer ici leur sainte patronne, Sara, la vierge noire.

Saintes_Maries_de_la_Mer_van_gogh_2Au début du mois de juin 1888, Vincent Van Gogh qui vient d'arriver en Provence, fait un court séjour de cinq jours aux Saintes. Il y peint notamment les barques sur la plage et le village vu des dunes cotières.

Saintes_Maries_de_la_Mer_baroncelli_1En 1899, Folco de Baroncelli-Javon, dit le Marquis de Baroncelli, s'installe aux Saintes. En juillet 1909, il crée la Nacion Gardiano, qui a pour objectif de défendre et maintenir les traditions camarguaises. La procession à la mer en l'honneur de Sara est instituée.
En 1948, Mgr Roncalli, nonce apostolique en France et futur pape Jean XXIII, célèbre aux Saintes le cinq centième anniversaire de l'invention des reliques.