Les_Saintes_Maries_de_la_Mer_Ren__2En 1448, une bulle papale autorise le roi rené d'Anjou, comte de Provence, d'entreprendre des fouilles. Il découvre en décembre 1448 plusieurs têtes disposées en croix et les corps de deux squelettes enfouis dans la terre, dont l'un aurait les bras croisés. Pour les chercheurs ce ne pouvaient être que les corps des saintes femmes. Personne ne s'est posé de questions, à savoir si ce n'était que la trace d'un foyer très ancien qui se serait touvé à l'emplacement de l'église ... Au temps du roi René, nul doute ne vint à l'esprit des chrétiens. Selon les consignations de l'évèque, un miracle vint confirmer les certitudes de tous : un parfum suave se répandit, qu'exhalaient ces restes humains.


Saintes_Maries_de_la_Mer__56_aIl  consigna aussi la découverte, presque sous l'autel majeur d'un pilier et d'une dalle de marbre (que l'on appellera plus tard "l'oreiller des Saintes", actuellement enchâssée dans une colonne de l'église), qui furent considérés comme les restes d'un autel portatif. Cet autel gallo-romain est placé aujourd'hui dans la nef. Fait important, ces reliques sont mises à jour sous le maître autel de la première église, ce qui confirmerait l'idée que ces ossements sont bien ceux des saintes femmes, l'usage voulant, dans l'église primitive, que la messe soit célébrée au dessus des reliques.
En accordant une sainte origine et un pouvoir miraculeux à ces ossements, les ecclésiastiques les désignaient comme des reliques que l'on peut adorer. Un culte nouveau venait de naître.

Saintes_Maries_de_la_Mer__reliquaire_1Lors d'une importante cérémonie en présence du Roi René, de la Reine Isabelle, d'un grand nombre d'évêques et de grands seigneurs de Provence, les reliques sont ammenées devant le maître autel. Le légat les lava avec du vin blanc, puis les déposa dans une châsse en bois de cyprès avec un peu de terre prélevée sur les lieux des fouilles. Le tout fut recouvert d'une etoffe de soie brodée d'or. La chapelle haute, dite de Saint-Michel, fut aménagée pour recevoir les châsses.

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Le roi René ordonna par la suite d'aménager l'église qui accueillait le culte nouveau. Ceci fut malheureusement fait sans ménagement pour certaines pièces perdues à jamais : ainsi la chapelle intérieure "assez étendue, close par devant par une grille de fer, et sur les deux côtés et par derrière, par un mur de pierres de taille" située au centre de la nef, fut carrément détruite ! Sans doute pour permettre d'agrandir la nef à l'intérieur et de recevoir plus de pélerins. Cette chapelle primitive était pourtant considérée comme le premier logis des deux Saintes !
Puis la petite chapelle souterraine, boulversée par les fouilles, fut étendue. Le sol fut excavé sous le choeur et l'abside et une nouvelle crypte bâtie. Pour en permettre l'accès, on établit un large escalier central. Seulement voilà, la crypte nécessita le réhaussement du niveau du choeur ...
Ensuite, le puits d'eau douce, au milieu de la nef, ceinturé d'une grille en guise de margelle, dont la source, selon la tradition, outre son origine miraculeuse, avait des vertus de fécondité et des propriétés antirabiques. De plus il était un élément défensif essentiel pour la population en cas de siège de la ville par les ennemis. Ce puits donc, fut déplacé sans ménagement ... il resta cependant dans l'église, et la symbolique fut respectée.