Ch_tel_Montagne_1aaLa Limagne bourbonnaise est bordée par une montagne à l'est où, sur le rebord accidenté des monts de la Madeleine, sur les versants de la Besbre, s'impose un monument roman bien particulier : l'église de Châtel-montagne. C'est un édifice de rugueux granit qui associe les traditions auvergnates et celles de Cluny.






Ch_tel_Montagne_2aExistant déjà à une époque reculée comme en témoignent des silex taillés et des tessons de poterie, ce lieu devint probablement un oppidum gaulois, avant d'être occupé par les romains, protégeant l'une des antique voie qui relie Vichy à Roanne en passant par la Croix du Sud .













Ch_tel_Montagne_6_abOn a découvert, lors d'une récente restauration du dallage, une table dolménique sous le choeur de l'actuelle église, preuve que ce sanctuaire fut construit sur un ancien site mégalithique.
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Ch_tel_Montagne_4bEn 1082, le seigneur Dalmas et son épouse Etiennette donnent aux moines de Cluny tous les biens qu'ils possèdent à Châtel-Montagne dont l'église Notre-Dame, église construite en l'honneur de la Vierge Marie et dépendante du diocèse de Cluny. Selon une tradition orale locale, elle aurait été édifiée à l'initiative d'un riche habitant, nommé Ponthonnier. Le pape Urbain Il authentifie cette donation en 1095. Dénommée " castrum in montanis ", elle est le siège d'une des plus importantes baronnies du Bourbonnais.











Ch_tel_Montagne_5_abLa construction de l'église dans son volume actuel,  par agrandissement de l'église primitive, avec un cloître et un prieuré sur le terrain au nord de l'église, est donc l'oeuvre des moines clunisiens, entre 1082, date à laquelle ils ont reçu l'église en don, et le début du XIIème siècle, vers 1210,  période à partir de laquelle le style gothique s'imposa.  L'étude  archéologique  a  reconstitué  qu'elle  était  plus basse de  4 mètres, qu'elle s'étendait jusqu'au milieu du portail sud actuel et  avait  un  plan classique pour l'époque, avec un transept prolongé par trois absides, l'une médiane et deux latérales plus étroites.

Ch_tel_Montagne_43abDe cette église ont été conservées les parties basses de la nef et du transept ainsi que l'entrée des trois absides.

Puis en 1150, la nef est allongée, ainsi que surélevée de près de quatre mètres par la création des fausses tribunes, permettant ainsi le percement des fenêtres hautes qui assurent un éclairage direct.
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Après cette période fut crééCh_tel_Montagne_7_ab le massif occidental s'appuyant sur la façade qui vient juste d'être construite et dont les fenêtre doivent être rebouchées. La façade ouest sur deux plans, avec ses trois rangées de niches superposée est alors réalisée.











Ch_tel_Montagne_135aAu début du XIIème siècle, du choeur primitif, seule une très courte section de la partie droite des deux chapelles latérales  est conservée, assurant la jonction du nouveau choeur avec le transept primitif encore non remanié.










Ch_tel_Montagne_101aDeux grosses colonnes rondes marquent la séparation entre la partie droite du choeur et l'abside et facilitent le racordement des nouvelles voûtes avec ce qui a du être conservé.
















Ch_tel_Montagne__159aLes voutes du transept sont surélevées, unifiant les volumes. La tour du clocher, en deux étages, est érigée, probablement surmontée d'une flèche couverte de pierre. La construction s'achève avec la création d'un porche au devant de la porte latérale sud.

Au début du XIIIème siècle, époque où la grande église était achevée sous ses aspects actuels, la seigneurie appartient à la puissante famille de Montmorillon, puis à la fin du XIIIème siècle, au marquis de Lapalisse.











Ch_tel_Montagne_10abPendant la révolution, les manifestations locales du jacobinisme sont extrêmes,  le village est rebaptisé " Mont-sur-Besbre ", la flèche en pierre de 13 mètres de l'église est abattu à titre d'emblème de la superstition et toutes les archives détruites. En 1794, l'édifice est mis en vente et devient un entrepôt à salpêtre, gardé par les gardes nationaux, ce qui le sauve de la démolition.







Ch_tel_Montagne_18L'absence de modification à l'époque gothique ou à la renaissance, et une restauration complète entre 1850 et 1890, qui a effacé des modifications et les ajouts tardifs, ont globalement conservé à l'église Notre-Dame de Châtel Montagne et en particulier au chevet roman à déambulatoire un aspect proche de son aspect tel qu'au début du XIIIème siècle.














Ch_tel_Montagne_122aL'église de Châtel-Montagne porte dans sa construction l'empreinte de diverse influences : relèvent d'une influence auvergnate, les détails du chevet de l'église (dont la forme générale est courante au XIème siècle), ainsi que les fausses tribunes de la nef, utilisées dans un petit nombre d'édifices répartis en Europe romane et qui sont fréquentes dans les transepts des "grandes" églises romanes d'Auvergne les quatre chapelles rayonnantes,( Il n'y a pas de chapelle axiale dédiée à la vierge dans les églises portant son nom), le sommier courant le long du déambulatoire et supportant les piliers, les deux piliers jumelés à l'entrée du déambulatoire.










Ch_tel_Montagne_11abSont d'influence bourguignonne, l'ensemble de la nef ( à l'exclusion des fausses tribunes), la décoration sobre limitée aux bandes lombardes et l'ouverture du porche sur l'extérieur au rez de chaussée, les ouvertures regroupées par trois, les piliers carrés des fausses tribunes, le clocher composé d'un soubassement et de deux étages dont un aveugle, décorés de baies géminées et aux angles amortis par des boudins, la décoration sobre limitée aux cordons de bilettes, la  facade originale : batie sur deux plans avec ses ouvertures percées au fond de six niches réparties en deux étages, elle a probablement influencé la construction de la cathédrale du Puy.
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Ch_tel_Montagne_48aL'église comporte près de 90 chapiteaux, presque tous taillés dans un granit très dur, ce qui n'est pas sans conséquence sur le manque de finesse des sculptures et qui les a fait à tors traiter de "grossières".

Plusieurs chapiteaux ont été mutilés à la révolution ou par le zèle puritain du XIXème siècle, certains ont été remplacés par des chapiteaux à motifs végétaux lors des restaurations.


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Les tritons sont là pour nous indiquer les réseaux aquifères, les acrobates pour nous montrer la voie de l'initié.




 





Ch_tel_Montagne__162aLes 9 chapiteaux historiés les plus connus sont situés dans la nef : l'âne, tiré par une oreille, retenu par la queue, la luxure, aux cuisses martelées par la censure d'un conseil municipal vers 1835, l'orant bénissant l'assemblée, l'atlante à tête de grenouille, les joueurs de trompe.
Une partie des chapiteaux paraît antérieure au début du XIIème siècle et serait de réemploi.





 


Ch_tel_Montagne_66aDimensions de l'édifice : Longueur totale avec le porche : 41,35 mètres, largeur totale des 3 nefs : 11,45 mètres, hauteur de la voûte principale : 12,60 mètres.

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