Histoire

dr_me_provencale_522Le site de Saint-Paul-Trois-Châteaux a été habité dès la Préhistoire. Le Néolithique (- 6 000 à - 2 500 avant J.-C.) y est bien représenté par l’important site des Moulins qui s’étendait au moins sur 4 ha au sud-ouest de la ville actuelle. Une population s’est installée en effet sur une terrasse surplombant la plaine du Rhône s’étendant au sud-ouest de la ville actuelle. Cette civilisation, dite chasséenne est caractérisée par la mise en place de la sédentarisation et le développement des activités d’élevage et d’agriculture.




dr_me_provencale_414aCurieusement, on trouve peu de traces de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer, alors que c’est du nom d’une peuplade gauloise de l’époque, les Tricastini, que viennent ceux de la ville romaine, Augusta Tricastinorum, (Elle fut élevée sous l’Empire Romain d’Auguste au rang de chef-lieu de la Narbonnaise) et du Tricastin.  Il semble qu’ils édifièrent une ville sur la colline de Barri (du celte « Bar » signifiant rempart) appréciable pour sa position défendable dominant la vallée du Rhône. Cet oppidum (habitat fortifié de hauteur) devint capitale des Tricastini du IV ème siècle à la fin du I er siècle avant J.C., avant l’occupation romaine.

dr_me_provencale_416aLa ville fut en effet fondée au Ier siècle après J.-C.,  comme nouvelle capitale des Tricastini passés sous domination romaine. D’une superficie de plus de 42 ha, elle était comparable aux plus prestigieuses cités du Sud de la Narbonnaise.

dr_me_provencale_420aAu Bas-Empire, la puissance de Rome s’affaiblit. Et au IV ème siècle alors que la Gaule romaine se christianise, la cité devint siège d’un évêché et fut rebaptisée Civitas Tricastinorum.
A la fin de l’antiquité, le tissu urbain d’Augusta Tricastinorum se rétracte pour se fixer autour de l’actuelle colline du Château. Un premier groupe épiscopal s’installe aux alentours du quartier Saint-Jean ; quelques éléments architecturaux marquent notamment l’emplacement de l’église funéraire.

dr_me_provencale_421aL’importance de la ville ne décroît pas au Moyen Âge et c’est à partir du XIIe siècle qu’est bâtie la Cathédrale, un des plus beaux exemples de l’art roman provençal, au cœur de la ville ceinte d’un rempart défensif en pierre du Midi.

Saint-Paul-Trois-Châteaux doit faire face à d’âpres luttes religieuses pendant l’époque moderne, comme tout le Dauphiné. Destructions et reconstructions modifient peu à peu son visage au XVIIe siècle, tandis que les hôtels particuliers fleurissent au XVIIIe siècle.

 


dr_me_provencale_456aLe nom de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qui a suscité bien des interprétations souvent pleines d’imagination, provient en fait de la mauvaise traduction, basée sur une étymologie fantaisiste, de l’ancien nom de la ville : Saint-Paul-en-Tricastin. Le mot « Tricastin », nom du canton issu de celui de la peuplade gauloise qui habitait cette contrée, a été compris comme une expression latine signifiant « trois châteaux » (tricastri). Le blason de la ville représente une tour à trois donjons rehaussée d’une couronne, accompagnée de la devise : « Tricastinensis civitas » : « cité des Tricastins ».







La cathédrale


 

dr_me_provencale_501Sur cet emplacement, situé juste à l'extérieur d'une vaste enceinte urbaine antique, s'élevait auparavant une basilique funéraire qui abritait le tombeau de Saint paul, évêque du V ème siècle et patron de la ville. Elle était dédiée aux apôtres et martyrs.
Le siège cathédral était primitivement situé au centre de la cité antique (Augusta Tricastinorum). Durant le haut-moyen-âge, la cité épiscopale s'est regroupée sur les pentes de la colline du château et a été entourée par le rempart actuel.

dr_me_provencale_438aUn cimetière s'étendait jusque dans l'actuelle cour de la mairie. La cathédrale Notre-Dame et Saint Paul fut érigée entre 1120 et le début du XIII ème siècle. Elle fut construite à l'extérieur de la ville gallo-romaine, au coeur de la ville médiévale.

dr_me_provencale_436aLa construction de la cathédrale s'est déroulée d'est en ouest. Le projet de décoration, dr_me_provencale_436bfortement inspiré de l'antiquité est resté inachevé (sculptures des parties hautes de la nef interrompues au début de la travée centrale, partie haute de la façade ouest).dr_me_provencale_436c


dr_me_provencale_459aLa cathédrale est bâtie en un moyen appareil très soigné de pierre calcaire de Saint Restitut. De nombreuses pierres portent les marques des tâcherons qui les ont taillées.

Construite dans une zone funéraire, la cathédrale fut probablement élevée à l'emplacement du tombeau de l'évêque Saint Paul ( IV ème siècle ?). L'évêché fut supprimé à la révolution.


dr_me_provencale_418aLa décoration extérieure donne une nette préférence au flanc méridionnal tourné vers la ville : triple arcade d'inspiration antique sur la nef, fronton antiquisant sur le transept.

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dr_me_provencale_428Le côté sud de l'église est dominé par les façades gothiques d'une chapelle et du porche. La scène du tympan roman mutilé repsésentait l'adoration des mages.






dr_me_provencale_415Décentré sur le bras méridionnal du transept, le clocher a été remanié aux XVII ème et XIX ème siècles.
Parmi les nombreuses marques de tâcherons, des pierres sculptées en taille de réserve figurent des personnages, des animaux, des signes du zodiaque.

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La façade occidentale frappe par son volume et sa sobriété. Le portail central est entouré de deux pilastres cannelés et de demi-colonnes.













dr_me_provencale_411La décoration restée inachevée devait se terminer par un couronnement à fronton.


Le décor de la porte en plein-cintre reprend celui de l'entrée méridionnale.



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Comme beaucoup d'églises de la région, la cathédrale présente un côté nord aveugle. Le bras nord du transept est simplement décoré de bandes lombardes.

dr_me_provencale_440A l'est, le chevet est formé d'une abside à pans coupés entouré de deux absidioles demi-circulaires ouvertes sur les bras du transept.

Là encore, le décor se révèle très localisé et fouillé (autour des baies aveugles et de la fenêtre de l'abside, sur les pilastres et sur la corniche).

L'édifice de plan basilical est composé d'une nef centrale de trois travées et de deux bas-côtés, d'un transept saillant et de trois absides.




dr_me_provencale_450aL'intérieur, de vastes dimensions, illustre la rigueur et la majesté des constructions romanes (longueur de la nef : 28m,largeur : 24,90m, hauteur de la voûte :19m).
La lumière pénètre dans l'édifice par les ouvertures percées dans la façade occidentale et par les fenêtres hautes de la nef centrale et du transept côté sud.
La nef centrale est voûtée en berceau. la communication avec les nefs latérales en demi-berceau se fait par de grandes arcades en pelin-cintre. Les nefs latérales n'ont reçu qu'un décor très frustre.

dr_me_provencale_454aLe décor sculpté est remarquable notamment au niveau de l'étage haut de la dernière travée de la nef centrale : un faux-triforium (ou fausse tribune) est orné de niches flanquées de petites colonnes.




 


dr_me_provencale_490aLa corniche inférieure est décorée d'oves, de perles, de feuilles d'acanthe et de beux rinceaux.
La frise qui court au dessous figure un rideau dont les plis sont tendus aux extrémités par des personnages vétus à l'antique. La travée suivante séparée par deux demi-colonnesest restée inachevée. Le décor est interrompu dès la seconde travée.






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Aux angles de la nef se trouvent les symboles du

tétramorphe : l'aigle

de Jean, le lion de Marc, le taureau de Luc et l'ange de Matthieu.

Au retour de la corniche qui les surmonte, des masques humains et zoomorphes.

dr_me_provencale_467aFace à l'entrée méridionnale, un des piliers de la nef présente un décor sculpté très mutilé de la fin de l'époque romane : la résurrection des morts et le jugement dernier.




La croisée du transept est couverte d'une coupole sur trompes.






dr_me_provencale_448aDans le choeur, la voûte en cul-de-four est rythmée de 4 nervures plates dans l'axe de colonnes à fûts cannelés ou torsagés et chapiteaux d'inspiration corinthienne.

dr_me_provencale_512aLe sol du presbyterium, pavé d'une mosaïque romane représentant parmi les motifs de rinceaux, d'entrelacs et de végétaux, les symboles des évangélistes (un a disparu) et la ville de Jérusalem, nous apprend que l’église actuelle en a remplacé une précédente dont le sol a été exhaussé.









dr_me_provencale_441aDes peintures murales gothiques ornent plusieurs arcs et piliers.
Les bas-côtés sont flanqués de chapelles élevées postérieurement. Au sud, la chapelle gothique Notre-Dame l'épiscopale, fut édifiée en 1460 par Etienne Genevès, le seul évêque originaire de la ville, en l'honneur de la vierge Marie.

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dr_me_provencale_461ahttp://www.saintpaultroischateaux.fr/www/index.ph
http://www.office-tourisme-tricastin.com/


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