28 février 2007

L'église Saint Martin de Valaurie

dr_me_provencale_154aValaurie, petit village de la Drôme, possède un riche passé. Non loin a été découvert un atelier préhistorique de pierres de taille, puis des fouilles ont dégagé une nécropole gallo-romaine au lieu dit Le Crespias. Des sarcophages, des monnaies des inscriptions funéraire furent mises à jour.






















dr_me_provencale_158aL' église paroissiale Saint Martin dépendait du chapitre des chanoines de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Elle a été bâtie au XII ème siècle sur la pente au dessous de l'enceinte du village fortifié. Il est dit qu'elle a été construite sur un ancien lieu de culte païen, comme souvent les églises dans la région.
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dr_me_provencale_179aSaint martin est située sur un replat de la pente sud-ouest de la butte supportant le bourg castral de Valaurie, mentionnée à la fin du XIII ème siècle. Reconnaissable de loin à son clocher surmonté d'une pyramide, elle a été sous la dépendance du chapitre de Saint Paul, par l'intermédiaire d'un prieuré séculier.









dr_me_provencale_182aConstruction à nef unique comportant trois travées, l'église de Valaurie est bâtie dans un bel appareil de pierres calcaires dans ses parties les plus anciennes, montrant parfois un décor de chevrons.










dr_me_provencale_169aLe choeur est rythmé par de simples piles engagées, que prolongent des arcs doubleaux qui viennent renforcer une voûte en berceau de profil écrasé. Cette dernière aurait été restaurée dans la seconde moitié du XVII ème siècle. Les murs gouttereaux sont soulagés par des arcs de décharge en plein-cintre pour la plupart. Un bandeau souligne le départ de la voûte et constitue le seul décor intérieur.
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dr_me_provencale_161aLa partie la plus remarquable est l'abside, semi-circulaire, à l'intérieur et pentagonale à l'extérieur. Quatre pilastres plats viennent s'appuyer aux quatres angles de chaque pans, reposant sur une banquette de plan circulaire légèrement débordante. Ces pilastres qui comportent encore leurs châpiteaux corinthiens, supportent une corniche moulurée, elle-même soutenue par des modillons. On retrouve ce genre de chevet à la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux où dans l'église de Saint Restitut.
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dr_me_provencale_159aMises à part  les chapelles qui ont été ouvertes postérieurement sur la face nord, la travée occidentale semble avoir été ajoutée à la construction primitive, à la fin du XII ème siècle. Le clocher-porche ne serait guère antérieur au début du XVI ème siècle.
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Chapelle Saint André de Mitroys

dr_me_provencale_909La voie romaine de Narbonne à Lyon passait par Saint André de Mitroys. Cette église est vraisemblablement d'origine gallo-romaine.
Elle apparaît dans l'histoire au début du Vllème siècle, soit à l'époque mérovingienne. Les fondations et la base des murs remontent au XIème siècle ; du XIIème au XVIIème siècle, des modifications lui ont donné son aspect actuel et elle devint église paroissiale.










dr_me_provencale_905aSon nom indique une origine antique en rapport avec le sanctuaire du dieu Mithra (bas-relief de Bourg-Saint-Andéol). C'est un édifice roman sur voûte à une seule nef, achevé au XIIème siècle. La parcelle à côté, bordée de cyprès, est l'ancien cimetière. Comme toutes les églises de la région, elle a subit les dégats du temps et des guerres encore visibles sur l'édifice restauré.













dr_me_provencale_938En 1969 cette chapelle était totalement abandonnée, recouverte de lierre et vouée sans aucun doute à une proche ruine totale. En 1970, à l'initiative de l'abbé Arnaud, la retauration put commencer.















dr_me_provencale_915aL'édifice actuel, composé d'une longue nef de trois travées, est prolongé par une petite abside semi-circulaire, qui est certainement très ancienne, et l'on peut penser que les fondations et la base des murs remontent au XIe siècle.
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dr_me_provencale_909dr_me_provencale_924aL'église primitive devait avoir les mêmes dimensions au sol ; elle n'était pas voûtée, mais simplement recouverte d'une charpente. Au début du XIIème siècle, on dut vouloir la voûter ; les murs étaient assez minces, on ne les toucha pas, mais on les suréleva, ce qui se voit très nettement par le changement d'appareil à partir de la mi-hauteur : à la base, maçonnerie de petites pierres grisâtres, du calcaire local ; c'est la construction du XIème siècle.












dr_me_provencale_920aAu XIIème, lorsqu'on suréleva les murs, l'appareil change, les pierres sont du calcaire blanc, plus soigneusement taillées, bien équarries. On lance donc la voûte, mais comme cette voûte est pesante et risque de faire s'écarter les murs, on applique contre ces derniers des contreforts, qui sont simplement plaqués, mais ne pénètrent pas dans les murs.
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dr_me_provencale_941En même temps, pour les consolider de l'intérieur, on établit contre eux de grandes arcades latérales. Il fut alors possible d'asseoir la voûte romane, renforcée de trois arcs doubleaux à simple rouleau établis plus ou moins de guingois car, paradoxalement, les contreforts, de part et d'autre de la nef, ne se font pas exactement face. L'abside, elle, n'a pas changé ; c'est certainement l'abside primitive.




















dr_me_provencale_934aDevant l'église, sur le muret bordant les marches menant au parvis, se trouve une pierre gravée. Elle est probablement issue du premier temple situé en ce lieu, dédié à Mithra. La région devait vouer à ce dieu un culte important. De partout nous retrouvons des traces de cet ancien culte, comme les têtes de taureau dans la cathédrale de Viviers, ville toute proche.








dr_me_provencale_945L'eau reste très présente ici aussi, comme à saint Montan. Tout autour de l'église, on retrouve des puits de forme bizarre (n'est-il pas ?).











dr_me_provencale_931aSur le seuil de l'église, cette pierre me fait penser à une pierre à cupule.

http://www.sauvegarde-ardeche.com/visites/mitroys.htm
http://www.mairie-st-montan.fr/pages/decouverte.htm#02

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Saint Montan

dr_me_provencale_903aSituée dans le Bas-Vivarais, entre Viviers et Bourg-Saint-Andéol, la commune de Saint-Montan s'étend autour de son ancien bourg médiéval.
Saint-Montan a pour originalité d'être la seule commune de France à porter ce nom.








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Les préhistoriens reconnaissent dans le Bas-Vivarais une des régions les plus peuplées de France méridionale pendant la période du néolithique. A l'origine, l'habitat se trouve dans des grottes ou abris sous roche, qui ont constitué un refuge privilégié.

Au premier siècle après J-C, une localité importante existe au Nord de Saint-Montan. Avec l'occupation romaine et l'Empereur Auguste, elle connaît un développement considérable et devient Alba Augusta Helvirium, capitale de l'Helvie. La voie romaine de Narbonne à Lyon traverse Bourg-St-Andéol, puis se dirige vers le Nord et Alba en passant par Saint-Montan.







dr_me_provencale_894L'origine du village de Saint-Montan remonte au Vème siècle lors du séjour d'un ermite du nom de Montanus, apparenté à la maison de Lorraine et issu d'une famille princière d'Austrasie.  La légende nous rapporte qu'au Vème siècle vivait à Laon un pieux personnage appelé Montanus. Sa réputation de sainteté était grande et il prédit à dame Célini qu'elle mettrait au monde un fils et qu'il aurait une grande destinée. Ce fils fut Saint Rémi, archevâque de Reims, qui baptisa Clovis en 496. Montanus, importuné par l'affluence des visiteurs qu'attirait sa réputation de sainteté, quitta Laon et vint chercher dans le midi une solitude où il put prier Dieu en paix. Le val chaud le séduisit par son âpreté et sa proximité avec Bourg-Saint-Andéol. Il aurait vécu 30 ans dans la grotte du val chaud une vie de solitude. Puis il fut découvert par les chasseurs et reçu la visite de Saint Rémi et de Jean, évêque de Viviers, qui le prièrent de s'installer dans un lieu plus accessible (lieu actuel de la chapelle San Samonta). L'affluence de visiteurs l'obligea à quitter le pays et il se retira à la Fère, en Picardie, où il serait mort et où on conserverait ses reliques.
Le nom du village vient donc de ce saint ermite, et s'écrit correctement sans T. " Per la san Montan l’oulivo à la man " devient un dicton du pays ( à la Saint Montan, on peut cueillir les olives...)



Saint_MontanL'ermitage devint un prieuré par la suite. La seigneurie de Balazuc s'y installa au début du XIe siècle et construisit un château à côté duquel naquit un village médiéval fortifié.

Le château fort, construit sur l'éperon rocher de l'Agache, va constituer le point de départ du bourg actuel. Le bâtiment central semble avoir été construit dans un but strictement militaire au XIème siècle. Puis au fil des siècles, le château s'est agrandi avec de nouvelles constructions ayant une vocation résidentielle. Au fur et à mesure de ces extensions, les remparts ont été agrandis pour assurer la protection des maisons. Dans le courant du XVème siècle, le bourg castral atteindra les berges des deux ruisseaux : sa superficie totale est de 2 hectares. Il sera entouré alors d'une importante enceinte tracée très régulièrement, qui existe en majeure partie encore aujourd'hui.
Au XVI ème siècle le bourg devient seigneurie des Serres, au XVII ème, co-seigneurie avec prédominance de l'évêque de Viviers.




Église San Samonta

San_Samonta_1Elle est située à la sortie du village, en direction de Larnas, sur l'emplacement de la seconde demeure de Montanus. C'est en son honneur que fut construite une chapelle. L'édifice actuel est composé de deux parties distinctes : une chapelle du Xème siècle et une église romane du XIIème siècle. Au XIIIe siècle, elle est l'église paroissiale du Castrum.





















Saint_Montan_2La petite chapelle a subi quelques petites modifications (fenêtres, porte d'entrée) qui ne dénaturent pas la construction initiale. Elle se compose d'une salle rectangulaire voûtée, suivie à l'Est d'une abside allongée.
















Saint_Montan_3Entre cette chapelle et l'église se trouve une salle rectangulaire qui a servi de cellule pour les moines. Elle communique avec l'église par une arcade en plein-cintre. L'église est d'une architecture déconcertante et a été remaniée à plusieurs reprises. Elle est implantée dans un lieu exigu, contre la falaise, ce qui explique une conception spéciale. C'est une église de l'ordre des cisterciens, d'où une grande sobriété, peu de décorations et pas de clocher. Le porche a été rajouté postérieurement vraissemblablement à la fin du XII ème siècle.











dr_me_provencale_887aA l'extérieur, on peut remarquer de nombreuses pierres de réemploi, des cadrans solaires, des signes lapidaires. Du côté Ouest on peut voir l'emplacement d'un ancien prieuré. A l'intérieur, deux inscriptions scellées provenant de l'église primitive.

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dr_me_provencale_885aCes lieux semblent avoir été fréquentés très tôt en raison de la présence de sources associées aux grottes, aux rochers et à la forêt toute proche.
La source la plus importante, qui ne tarit jamais normalement (je ne sais pas ce qu'ils ont fait, mais plus d'eau du tout quand je suis passée...par contre, c'est bien propre, les cailloux bien blancs... grrrrr) se nomme " la Fontaine des Fièvres" (Montanus lui ayant communiqué la vertu de guérir les fièvres) ; on l'aperçoit sourdre sous la route, à la hauteur du petit barrage. Elle est restée longtemps un des points d'eau principaux des villageois, le chemin qui la relie directement au château en fait foi.










dr_me_provencale_880J'ai pu me faufiler assez loin dans la grotte, et aisi m'apercevoir que le réseau acquifère se divise en plusieurs boyeaux, dont un qui monte en direction de l'église, et un autre qui s'enfonce dans les profondeurs de la terre.
Une petite source apparait maintenant plus en aval. Il reste, creusé dans la falaise, la rigole partant de la source sacrée, vide à présent...
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fontainedesfievresaJ'ai trouvé une photo où l'on voit la source avec son eau miraculeuse...













saint_Montan_4La grotte de Lourdes, édifiée dans une excavation de la falaise en face, a été érigée en 1905. Quelques miracles s'y seraient produits. La source devait encore couler à cette époque...Ce lieu est actuellement interdit d'accès pour des raisons de sécurité.







Saint Montain ou Montan, ermite à la Fère (Vème siècle)

dr_me_provencale_864Tandis que les Gaules, au 5ème siècle, étaient le théâtre des guerres, des concussions et des rapines, un solitaire, nommé Montain ou Montan (Montanus), vivait sur la Cher, près de Juvigny, dans le Luxembourg. Formé à la vertu dès l'enfance, il vivait séparé du monde pour n'avoir de commerce qu'avec Dieu et se livrer tout entier aux exercices de la pénitence. Inquiété dans sa retraite par les courses des Barbares, il la quitta et alla chercher une solitude plus profonde à La Fère (Aisne), lieu alors rempli de bois, environné de précipices et de marais. Là, Montan, tout occupé des besoins de l'Eglise troublée par les guerres et par l'hérésie de Nestorius que le Concile Oecuménique d'Ephèse (431) venait de condamner, ne cessait d'implorer le secours du Ciel. Ses prières ne furent pas sans effet. Un jour que Montan reposait d'un léger sommeil, il fut par 3 fois averti de prédire à Célinie, noble dame de la contrée, qu'elle aurait un fils, et de lui en déclarer en même temps le nom et les mérites. Tout à coup il lui semble que, par une grâce divine, il est transporté au milieu du choeur des Anges et de l'assemblée des saintes âmes, tenant ensemble conseil et conférant de la subversion ou de la restauration des l'Eglises des Gaules : tous déclarent que le temps est venu d'en avoir pitié; et, en même temps, une voix qui retentit avec douceur se fait entendre d'un lieu plus élevé et plus secret : "Le Seigneur a regardé du Saint des Saints, et dr_me_provencale_895adu Ciel en la terre, pour entendre les gémissements de ceux qui sont enchainés, et pour briser les fers des fils de ceux qui ont péri, afin que Son Nom soit annoncé parmi les nations, et que les peuples et les rois se réunissent ensemble pour Le servir". - La voix disait "que Célinie concevrait un fils, nommé Rémi, auquel le peuple serait confié pour être sauvé".
Après avoir reçu une si grande et si douce consolation, le saint personnage, 3 fois averti d'accomplir sa mission, vint annoncer à Célinie l'oracle de la céleste vision. Or, cette mère bienheureuse avait eu longtemps auparavant, dans la fleur de sa jeunesse, de son seul et unique mari Emile, un fils nommé Principe (ou Prince), depuis évêque de Soissons, et père de saint Loup, son successeur à l'épiscopat de la même ville : la bienheureuse Célinie s'étonne; elle ne peut comprendre comment, déjà vieille, elle enfantera son fils et le nourrira de dr_me_provencale_871son lait, d'autant que son mari et elle-même, grandement avancés en âge, épuisés, n'avaient plus ni espoir ni  désir d'avoir désormais des enfants. Mais le bienheureux Montan, devenu aveugle pour un temps, afin que les mérites de la patience abondassent en lui, déclare à Céline que ses yeux doivent être arrosés de son lait et qu'aussitôt il recouvrera la vue. Cependant les bienheureux parents se livrent à la joie d'une si grande consolation, et, "quand le moment est arrivé", le futur potife de Jésus-Christ vient au monde heureusement et reçoit, sur les saints fonts de Baptême, le nom de Rémi. L'heureuse promesse faite au saint Prophète est ainsi fidèlement accomplie : car, pendant l'allaitement, ses yeux sont arrosés du lait de la bienheureuse mère Célinie, et il recouvre la vue miraculeusement. - Dom Lelong dit "que c'est à Cerny, où était le château de Céline, que la scène précédente se serait passée". - Si Montan vécut encore quelques années après avoir recouvré la vue, il retourna dans sa solitude de La Fère, au lien dit la Fosse de Saint-Montan; il y mourut le 17 mai. La ville de La Fère et sa collégiale ont pris pour patron saint Montan. On conserve, encore aujourd'hui, une petite portion de ses reliques à l'église paroissiale et à la chapelle de l'Hôtel-Dieu; elles ont été reconnues authentiques par l'évêque romain de Beaulieu, mgr Leblanc. La fête du Saint se célèbre à La Fère avec une grande solennité le 17 mai; et, pendant les 9 jours suivants, les fidèles continuent de venir vénérer ses reliques. - La catbédrale de Laon possédait autrefois le chef et un bras du saint solitaire; l'abbaye de Juvigny avait la principale partie de son corps.

http://home.scarlet.be/amdg/sankt/mai17.html
http://www.mairie-st-montan.fr/pages/decouverte.htm#02
http://www.fetes-du-rhone.com/st_montan.htm

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27 février 2007

L'Eglise Saint Pierre et Saint Paul de Comps

dr_me_provencale_564aSelon la légende, un Seigneur de Comps qui chassait s'est un jour égaré sur la colline recouverte de bois. Il s'est agenouillé et a juré devant Dieu que s'il parvenait à s'en sortir vivant, il construirait une chapelle sur l'emplacement où il se trouvait …
Et il tint parole.













dr_me_provencale_566aQuand je suis arrivée, j'ai été accueillie par quelques chevaux. L'église m'apparaissait au travers des arbres. Belle introduction...

















dr_me_provencale_589aCe prieuré est superbement isolé sur un petit promontoire, devant un large paysage. On s'étonne de cet édifice en croix grecque. 








 

Comps_planAu siècle dernier, le chanoine Jouve avait vu une influence orientale dans le plan en croix grecque et A.Lacroix, reprenant cette idée, en avait déduit qu'elle avait du être édifiée au retour de la première croisade.  Il s'agit tout simplement d'une église dont la nef et le clocher sont restés inachevés.












 

dr_me_provencale_570aUne église existait avant l'église actuelle. Comps  était en 1031 le siège d'une «vicaria», ou viguerie,  division civile ancienne, qui dépendait du Saint-Empire Romain Germanique.  Elle dépendait de l'abbaye bénédictine de Savigny, près de l'Arbresle, dans le Rhône (qui est citée dans une donation de 1032). Cette abbaye possédait aussi les églises de Bézaudun, Bourdeaux et Crupies.  C'est ce qui explique l'importance de son église  Saint-Paul.






dr_me_provencale_577aLa seigneurie de Comps a probablement été inféodée par l'évêché de Valentinois en récompense des services rendus par la famille des Comps aux croisades, notamment celle de 1095 à laquelle a participé Odon de Comps.






















dr_me_provencale_584aL'église est encore citée comme une dépendance de Savigny au début du XIIème siècle en 1107, par le pape Pascal II, mais, à une date inconnue, peut-être au XIIIème siècle, le prieuré de Comps passe aux chanoines Augustins de l'abbaye de Saoû.










dr_me_provencale_588La seigneurie de Comps était un fief des comtes Valentinois. Le premier , Aymar, était le fils naturel de Guillaume IX, comte de Poitiers vers 1120. La famille des Comps s'éteignit au XIII ème siècle a par le mariage de la dernière héritière avec Dalmas I de Vesc. Ses descendants devinrent donc seigneurs de Comps et de Dieulefit.









dr_me_provencale_581aLors d'une visite en 1509, l'évêque de Valence et de Die autorise son agrandissement et ordonne la réfection du portail et du vitrage au dessus de la porte d'entrée. En 1534, les habitants de Comps prêtent sa cloche à ceux de Dieulefit.

L'église a été classée monument historique en 1938. En 1947, sa toiture a entièrement été refaite et couverte de lauzes d'ardoise. Le bâtiment adjacent, presbytère et école, a été détruit.

L'unique nef, large de 5,10 m est longue de 3,89 m seulement.

Vous remarquerez l'oculus légèrement décalé sur la droite. Une dédicace, ou un calage sur un astre ?










dr_me_provencale_587aL'extérieur est bâti en petit appareil régulier de grès. Dans le parement, au sud de l'abside semi-circulaire, on devine qu'une absidiole méridionale a disparu, l'absidiole nord étant remplacée par une chapelle à voûte d'ogives du XVème siècle. Une porte, peut-être du XIVème siècle, s'ouvre à l'ouest dans l'embryon de nef.  La souche du solide clocher est renforcée de pilastres nus destinés à porter un élément qui n'a jamais existé. A l'intérieur, ce qui frappe, c'est la hauteur des voûtes, en particulier de la coupole portée par les arcs d'encadrement de la croisée et par leurs pilastres à dosserets multiples. Du côté de la nef l'arc retombe sur deux colonnes engagées, celle du sud ayant une base seulement ébauchée. La nef se réduit à une petite travée et l'on reconnaît dans les croisillons les entrées des absidioles.






dr_me_provencale_583aLa coupole passe du rectangle de base à l'octogone grâce à de larges trompes où le XIXème avait placé des motifs. La moulure en quart de rond qui court au bas de l'octogone, la perfection et l'ampleur de la coupole, le tracé brisé des arcs d'encadrement et des voûtes assignent à l'édifice une époque postérieure au milieu du XIIème siècle.

Le site en lui-même coupe le souffle. La beauté et l'élégance sont de mise. Malheureusement, ou heureusement, l'entrée de l'église reste fermée tout au long de l'année, sauf pendant la journée du patrimoine. Le moins pire, c'est que l'on peut ouvrir la porte et prendre quelques photos à travers une grille...

 

http://www.centcols.org/les_rendez-vous/damian/monuments_romans_suite.htm

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Notre-Dame la brune d'Aleyrac

dr_me_provencale_644aClassées Monument Historique depuis 1905, les ruines de l'église Notre-Dame la Brune se dressent juste en contrebas du col d'Aleyrac, entre laBégude-de-Mazenc et Salles-sous-Bois, près de l' importante voie de passage médiévale de Crest vers la Provence, en limite Ouest du diocèse de Die.














dr_me_provencale_597aCette abbaye de religieuses bénédictines dépendant de l'Ile-Barbe de Lyon est connue dès 1105 mais, après une période d'expansion au XIIe siècle, elle subit les troubles de la fin du XIVe siècle et en 1427, les religieuses étaient réfugiées à Valréas. En 1449, l'abbé de 1'lle-Barbe unit ses biens à ceux de la collégiale Sainte-Croix à Montélimar et en 1528, la seigneurie passe définitivement entre des mains laïques.Elle est vendue en 1550 aux Adhémar de Grignan.











dr_me_provencale_620aDu monastère primitif, ne subsiste que l'église qui a malheureusement été dépouillée d'une grande partie des pierres de son parement extérieur au siècle dernier. Il est probable que les bâtiments monastiques s'élevaient en aval, à l'emplacement du cimetière, car des traces d'ancrage de toiture subsistent encore sur le mur sud.





















dr_me_provencale_599aLa façade ouest que l'on découvre en arrivant apparaît largement ajourée au-dessus du vide : trois fenêtres à double ébrasement, un clocheton à deux arcades qui surmonte le pignon, et une porte maintenant inutile.
















dr_me_provencale_635aCelle-ci en effet, s'ouvre au-dessus de l'eau : à l'extérieur coule le ruisseau d'Aleyrac, à l'intérieur une source miraculeuse. Un pont devait permettre de rejoindre la rive opposée.

La source sacrée est exactement à l'endoit où se trouve le Jourdain dans les édifices religieux. C'est une des rares fois où l'on peut le constater de visu...
















dr_me_provencale_641Des traces d'ancrage d'une charpente et d'une toiture au-dessus de la porte attestent l'existence, à une époque indéterminée, d'un porche, peut-être de bois. A l'intérieur, un plancher couvrait une salle aujourd'hui à ciel ouvert où coule une source miraculeuse. Les pélerins y cherchaient la guérison des maux de tête et des maladies de peaux.   
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dr_me_provencale_605aLa patine du temps a donné une couleur grise, presque uniforme, aux moellons des murs faits de calcaire et aux claveaux du sommet des voûtes taillés dans le tuf. La perfection de la taille des pierres n'a pas empêché la réalisation d'un enduit à faux joints rouges sur fond blanc, à peine visible aujourd'hui. Une croix de consécration rouge se devine encore sur les murs de l'abside.














dr_me_provencale_604aLa nef compte trois travées rythmées de larges arcatures, aveugles au nord mais percées d'une fenêtre à double ébrasement au sud. Un transept s'ouvre vers une quatrième arcature et chaque croisillon donne sur une petite absidiole voûtée en cul-de-four et éclairée par une fenêtre axiale. Une travée de chœur précède l'abside pentagonale dont chacun des trois pans médians est percé d'une fenêtre à double ébrasement aujourd'hui obturée.


















dr_me_provencale_612aLa voûte de la nef était en berceau très légèrement brisée comme l’on peut l'observer à hauteur de la première travée à l'ouest.  Elle était soutenue par des- arcs doubleaux reposant sur des pilastres. La seule décoration est celle de la corniche moulurée d'une doucine qui souligne la naissance de la voûte, celle des doubleaux et des arcatures latérales qui rythment les murs gouttereaux.













dr_me_provencale_637aSur le côté sud de l’église, s'y ajoute une simple volute sculptée sur la face latérale de la pierre et que l'on retrouve identique sur celle du petit placard de l'abside.












Aleyrac_planLa position de cette église en travers d'une vallée si étroite étonne et l'on imagine mal aujourd'hui la vie de ces moniales ainsi isolées. L'implantation du monastère s'explique peut-être par le seul souci de christianiser les vertus de la source miraculeuse mais le voisinage de la grande route d'Allemagne en Provence devait faire de ce lieu une halte privilégiée pour les pèlerins et autres voyageurs si nombreux au Moyen Age.






 

dr_me_provencale_621aUne impression de solitude, de douceur, de plénitude se dégage du lieu. Sur la gauche en arrivant, un verger nous accueille. C'est dans ce verger que j'ai entendu un concert de silence... C'est dérangeant, ne rien entendre du tout, comme dans un caisson d'isolement.
L'église étant dédiée à Notre-Dame et s'appelant la brune, je me demande si une vierge noire n'était pas vénérée dans la crypte à la source sacrée...
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Pour voir la carte, cliquer ici.

 

http://www.centcols.org/les_rendez-vous/damian/monuments_romans_suite.htm

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26 février 2007

L'abbaye d'Aiguebelle

dr_me_provencale_008aL'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle est une abbaye cistercienne française située sur les communes actuelles de Montjoyer et Réauville dans le département de la Drôme.




Aiguebelle_006aOn conserve, gravée sur une pierre rectangulaire de calcaire, le texte de fondation de l'abbaye d'Aiguebelle. Grâce à elle, nous connaissons le nom du donateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort en Valdaine mais aussi de l'abbaye fondatrice, Morimond en Champagne, quatrième fille de Cîteaux.


dr_me_provencale_065aAiguebelle a été fondée le VI des calendes de Juillet 1137, autrement dit le 26 Juin 1137, en l'honneur de la vierge Marie, aux confins du Dauphiné et de la Provence. Gaucher, abbé de Morimond et ancien prieur de Saint Bernard à Clairvaux, envoya 12 moines sous la conduite d'un abbé.




dr_me_provencale_113aPour réaliser cette fondation, Gontard Loup donnait un territoire, sorte de plateau couvert de bois et de broussailles, que l'on peut assimiler à peu près au territoire de la commune de Montjoyer avec des prolongements sur les communes de Roussas et de Réauville. Le monastère est bâti dans un vallon isolé, comme le voulait la tradition cistercienne, au confluent de trois ruisseaux, le Ranc, la Flammenche et la Vence, d'où le nom de "belles eaux", Aiguebelle.


Aiguebelle_008aAu XII ème siècle, le monastère bénéficie des donations des seigneurs voisins et accroît considérablement son domaine : il possède des terres jusqu'au pied du Mont Gerbier-de-Jonc, en Dauphiné, dans le Pays d’Orange et en Vivarais.
Sa belle prospérité lui fit faire à son tour des fondations: celle de l'abbaye de Feniers, en auvergne, en 1169, puis celle de l'abbaye de Bouchet.



Aiguebelle_009aA la fin du XIII ème siècle, l’Abbaye exerçait un grand rayonnement sur la Provence, le Dauphiné et l’Auvergne.

A partir du XIV ème siècle, les épreuves vont se multiplier : guerre de Cent Ans, peste noire, chute des vocations, surtout des frères convers qui entretenaient les granges et les terres. Les possessions sont pour la plupart données en bail. Après 1515, les abbés ne sont plus élus par les moines mais nommés par le roi : ce sont les abbés commendataires, extérieurs au monastère et qui ne se préoccupent donc pas toujours des nécessités de leurs moines ni de la ferveur de leur communauté. Lors de la dispersion des moines en 1791, ils ne sont plus que trois. Le monastère est alors pillé puis vendu comme bien national. Son éloignement par rapport aux voies de communication va le sauver de la démolition.

Aiguebelle_030aL'absence des moines durera moins de 25 ans : en 1815, un groupe de cisterciens trappistes vient faire revivre le monastère. Ils viennent de Suisse et sont issus d'un groupe de moines français de l’abbaye de La Trappe qui, sous la conduite du Père Augustin de Lestranges, ont parcouru toute l'Europe pourchassés par les armées révolutionnaires et permettent le renouveau monastique et cistercien en France après la chute de Napoléon.

Aiguebelle_048aL'abbaye a conservé, malgré quelques démolitions, quelques tremblements de terre et de nombreuses restaurations, la plus grande partie des bâtiments conventuels médiévaux : église, cloître, sacristie, chapitre, salle des moines, réfectoire, cuisine et tout le bâtiment des convers. Il est le seul monastère cistercien en France avec l'abbaye de Fontfroide à avoir encore la ruelle des convers primitive.




Aiguebelle_056aL'église mesure 50 m de longueur totale, 9 m de largeur dans la nef, 17 m avec les collatéraux et 10 m d'élévation. Régulièrement orientée, elle est établie au nord des cloîtres et forme une croix latine composée d'une nef et de bas-côtés, avec un transept sur chaque bras duquel s'ouvrent deux chapelles.




 

dr_me_provencale_038aAvec ses murs très épais, ses piliers massifs, ses arcs en plein cintre pour la plupart ou à peine brisés, ses voûtes d'ogives, ses rares fenêtres (dont certaines ont été agrandies), elle porte la marque du style de transition, qui caractérise le XII ème siècle. On remarque dans le sanctuaire une grande arcade qui à pu abriter jadis un tombeau. Dans le transept droit, un escalier conduit à l'ancien dortoir des moines.







Aiguebelle_061aLe chapitre, ou salle capitulaire, est la salle de réunion de la communauté. On y lit un chapitre de la Règle (d'où le nom de capitulum), dont le Supérieur donne ensuite un commentaire. Les Supérieurs ont leur siège à l'orient, tandis que les religieux se rangent sur les bancs de pierre disposés en amphithéâtre. C'est dans cette salle qu'ont lieu les prises d'habit et professions et que se tiennent les délibérations importantes.



Aiguebelle_010aParallèle au réfectoire dont elle est séparée par une cour jadis à ciel ouvert, la grande salle des moines s'ouvre au pied du grand escalier. Les voûtes d'arête retombent au centre sur quatre colonnes qui donnent ainsi deux rangées de cinq travées. Jadis cave ou cellier, c'est aujourd'hui la salle de lecture et d'études, le scriptorium, avec longues rangées de livres et bureaux en bois. Les cinq arcades jumelées qui dispensent la lumière ont remplacé les trois petites fenêtres primitives.



 


Aiguebelle_036aLe réfectoire s'ouvre sur la galerie méridionale du cloître. C'est l'une des salles les mieux conservées des bâtiments primitifs avec sa vaste nef de 25 m de long et 8 de large sur plus de 9 m d'élévation. Sa voûte en berceau légèrement brisée est soutenue par trois arcs doubleaux amortis en culots coniques qui semblent rentrer dans la muraille à 2,60 m au-dessous de la corniche. Le réfectoire était jadis éclairé de 12 fenêtres, mais plusieurs sont actuellement masquées par des constructions plus récentes. Une porte donne accès à la dépense (ancienne cuisine) et à la cuisine actuelle, qui sont deux salles largement voûtées. L'éclairage, dissimulé le long des corniches, met en valeur le berceau de la voûte du réfectoire. Il est daté du XIII ème siècle.

Aiguebelle_028aLa salle de communauté ou chapitre hors-cloître était anciennement le chapitre et la salle de lecture des frères convers. Les voûtes et les colonnes sont à l'identique de celles du scriptorium. Cette salle sert actuellement aux réunions communautaires de toutes sortes : chapitres, conférences et retraites communautaires.

Les livres de la communauté se répartissent essentiellement en trois lieux. Au scriptorium qui rassemble les livres les plus usuels. À l'armarium où se trouve les livres récents. Et enfin à la grande bibliothèque, beaucoup plus vaste, où est entreposé un grand nombre de livres dont les plus anciens, utilisés pour des études plus pointues. Le tout rassemble environ 90 000 livres.

Aiguebelle_014aLe cloître est daté du XII ème siècle et comprend quatre galeries carrées de 29 m de côté. Les voûtes, qui accusent la naissance de l'ogive, sont soutenues par des colonnettes accouplées surmontées de chapiteaux tous différents et d'une grande variété de feuillages et de crochets, mais seules les colonnettes de la galerie nord, longeant l'église, sont primitives. On lit sur plusieurs d'entre elles des graffitis et inscriptions du XIV ème siècle.


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Les autres galeries, en partie détruites en 1562, furent relevées par l'Abbé Adrien de Bazemont (1559-1601), mais de simples arcades fermées par des fenêtres remplacèrent les colonnettes brisées. Au XIX ème siècle, l'abbé Dom Gabriel Monbet fit restaurer la galerie orientale sur le modèle de la galerie nord et en 1936, Dom Bernard Delauze encastra de nouvelles colonnettes dans les arcades du XVIe siècle des deux autres galeries. Ces transformations expliquent la dissymétrie actuelle des quatre galeries du cloître.

Aiguebelle_007aA l'entrée du réfectoire se trouvait peut-être un lavatorium comme en nombre d'abbayes, mais il a complètement disparu. Une pierre tombale découverte à l'entrée de l'église abbatiale et qui est présumée être celle du fondateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort, a été placée dans la galerie méridionale. Une inscription en faux gothique dans la galerie orientale reproduit la teneur de la pierre de fondation de l'abbaye - 26 juin 1137 - dont un important fragment est conservé à la Bibliothèque. Des bancs, sous la galerie nord, permettent aux moines de s'asseoir. On remarque une ancienne statue en bois doré de la Vierge qui, avant la Révolution, trônait dans l'église au-dessus du maître-autel.

dr_me_provencale_245bIl ne faut pas oublier qu'avant la révolution, et depuis le XII ème siècle au moins, les moines d'Aiguebelle vénéraient une vierge en majesté, que l'un d'eux a emmurée pendant la période de troubles afin de la proteger. Retrouvée à la suite de rénovations, elle fut donnée au curé de la Garde-Adhémar. Elle se trouve à l'heure actuelle en l'église Saint Michel, après bien des périples. Voir içi.

dr_me_provencale_096aLe site de l'abbaye comprend aussi une grotte, dite de Lourdes. Il se passe en ce lieu quelquechose de magique. Une source est canalisée, qui nous dit que l'eau encore une fois est sacrée dans ce coin de France.

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L'énergie y est puissante. Juste à côté coule la rivière Flammenche, qui nous propose, le long de son lit, une ballade régénérante, ô combien.

















Je vous propose une page de pub: deux articles que je ne manque jamais d'acheter avant de partir... L'Alexion est une boisson absolument éffarante. J'ai connu le père Alexis, son inventeur. Il était le guérisseur de la région, des corps comme des âmes.

Et ce que j'appelle la "pommade des moines", géniale pour les arthroses, les luxations, la bronchite et même l'eczéma... J'en ai en permanence dans mon réfrigérateur !


http://www.abbaye-aiguebelle.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d'Aiguebelle

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L'église saint Michel de la Garde-Adhémar

dr_me_provencale_268a Le bourg de La Garde-Adhémar a conservé sa structure médiévale, enserrée dans des remparts en bordure d'un éperon rocheux dominant la plaine de Pierrelatte.






dr_me_provencale_279aCette plaine a été colonisée à l'époque romaine par les vétérans des légions romaines (I er siècle). Les recherches archéologiques récentes ont révélé de nombreuses traces d'occupation humaine, en partie liée à une activité viticole.








dr_me_provencale_283aLa via Agrippa passait au pied de La Garde. Des traces d'habitat gallo-romain sont repérées dans les collines. Le site du Val des Nymphes, à 2 km du village perché actuel, témoigne d'un culte aux divinités des eaux et aux déesses mères.









dr_me_provencale_202aComme beaucoup d'autres églises du Moyen-Age bâties sur des hauteurs, l'église de la Garde-Adhémar est dédiée à Saint Michel.  L'Eglise actuelle aurait été érigée lors de la seconde moitié du XII ème siècle.



dr_me_provencale_204a_copieLa première mention de la présence en ce lieu d'une chapelle figure dans une bulle du pape Pascal II du 24 Avril 1105. Elle est citée parmi les dépendances de l'abbaye bénédictine Saint-Philibert de Tournus, dont elle relevait par l'intermédiaire du monastère du val des nymphes.













dr_me_provencale_205aElle devint au début du XII ème siècle église paroissiale, dépendante de l’abbaye de Tournus jusqu'en 1540, époque où le pape Paul III la donna au chapitre de l’église collégiale de Grignan, qui en perçut les revenus jusqu’à la Révolution.











dr_me_provencale_262Elle fut restaurée en 1849 et 1850 grâce à Mérimée, alors inspecteur des monuments historiques.
Par son style, cette église appartient à l'école romane de Provence qui, par le jeu des conditions historiques, est apparenté à l'école Rhénane, la Provence faisant partie du Saint Empire Romain Germanique.












dr_me_provencale_237aCet édifice de modestes dimensions étonne par la verticalité de ses lignes non interrompues par des corniches. Les deux collatéraux, voûtés en quarts de cercle, servent de contreforts. On peut remarquer  son abside occidentale, détail architectural particulièrement rare. Le plus souvent en effet, l'abside est située en direction de l'orient.
L'Intérieur basilical à deux travées n'a pas de transept.











dr_me_provencale_284aProportions élancées mais petites : 3m 70 pour la largeur des travées. En tout, 22 mètres par 20 au sol, la nef s'élevant à 14 mètres.

les pierres de construction portent de nombreux signes lapidaires, marques fréquentes des maitres d'oeuvre et des compagnons. "Peturs" est le plus visible.













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Le clocher a deux étages d'arcades surmontées d'une pyramide à 8 pans rappelant le style clunisien de l'édifice, dû aux moines bénédictins. En 1849, il ne restait que le premier étage et la base du second.





 

dr_me_provencale_257La partie haute du clocher, le second étage et la pyramide octogonale qui le surmonte sont des créations du XIXe siècle, par l'architecte Questel  qui s'inspira d'un modèle identique avec celui que représentait le clocher de l'église majeure de Bourg-Saint-Andéol. Aussi, quand après les bombardements de 1944, on voulut restituer le clocher de Bourg-Saint-Andéol gravement endommagé, les architectes n'eurent qu'à recopier celui de la Garde-Adhémar.





 

dr_me_provencale_236Les deux absides sont opposées, ce qui est rare en France et ne se retrouve pratiquement que dans les vieux monuments des bords du Rhin. L'abside orientale en hémicycle est encadrée par deux absidioles, toutes les trois voûtées en cul-de-four.
















dr_me_provencale_233aOn peut remarquer la voûte en berceau brisé sur doubleaux des deux premières travées, la coupole à 8 pans sur trompes coniques de la dernière travée.














dr_me_provencale_239aA gauche de l'entrée, une colonne tronquée que les anciens élevaient sur les tombeaux, appelé "cippe funéraire". On y lit les lettres D et M qui doivent signifier "Diis Manibus", "aux dieux mânes". Elle a été découverte au val des nymphes.

dr_me_provencale_241aA droite, un vestige d'autel païen votif gallo-romain porte l'inscription "Matris Nymphis", qui signifie "aux mères nymphes".









dr_me_provencale_263aUne table d'autel aux sacrifices mouluré sur ses 4 côtés, a été retrouvé au val des nymphes où il a longtemps servi d'autel pour le culte catholique. Il sert à présent d'autel principal.










garde_adh_mar_1A l'extérieur, une frise me semble représenter le nombre de courants d'eau souterrains ainsi que les cheminées-cosmo-telluriques et les failles.

La_Garde_Adhemar_a















dr_me_provencale_245bLa vierge à l'enfant, de style auvergnat, en bois, date probablement du XIème siècle. Elle fut découverte il y a quelques années par l'abbé Silhol, curé du village, dans sa propre église, alors qu'elle se dissimulait sous des habits brodés, des couronnes et le vocable de Sainte Anne.


dr_me_provencale_219aLa statue passa de longs siècles vénérée par les moines de l'abbaye d'Aiguebelle. Mais à la révolution, un moine mura la statue dans une niche, empêchant qu'elle ne subisse le triste sort réservé à la vierge du Puy par exemple.










dr_me_provencale_256aElle ne devait revoir le jour qu'au XX ème siècle. Après sa redécouverte, l'abbaye d'Aiguebelle en fit don à l'abbé Girard, curé de la Garde-Adhémar, en 1944. Le bon curé ne sut qu'en faire. Il avait déjà dans son église une belle statue de la vierge, polychrome, du XVI ème siècle, vénérée par ses paroissiens: Notre-Dame du val des nymphes. Il se demanda un instant si la nouvelle statue, Notre-Dame de la miséricorde, n'allait pas porter tort à celle qui était déjà en place depuis fort longtemps.





 


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Par contre, l'église ne possédait pas de statue de Sainte Anne, mère de Marie. Monsieur le curé élimina la rivale d'une façon élégante et peu banale. Il habilla la statue de bois avec des ornements de style saint-Sulpicien, la baptisa Sainte Anne et décréta que l'enfant Jésus pouvait honorablement représenter la vierge Marie enfant. Il plaça sous vitre la statue et fit inscrire dessous: "Sainte Anne priez pour nous".


 

dr_me_provencale_254aL'abbé Silhol était un amateur d'art éclairé. Intrigué par cette étrange Sainte Anne, il devait découvrir la vérité et constater avec émerveillement qu'il était en présence d'un fort beau témoignage de l'art roman.(article d' Olivier Serre.)

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Cette statue possède plusieurs des caractéristiques des vierges noires. Au vu de la longueur de ses mains, de sa position assise sur la cathèdre, de la date de sa "naissance", de ses proportions, je pense qu'elle fleure bon la Dame de sous-terre... L'endroit d'où elle provient est un lieu magique aussi, avec ou sans sa vierge noire. J'en ferai l'article plus tard. A signaler : la vierge du val des nymphes a été volée en 2006...








dr_me_provencale_269bSous l'église, aux pieds de la falaise, un jardin de simples a été aménagé. Surprise: une source gargouille gentiment, veillée par un faune. Le pendant des nymphes du val ?


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dr_me_provencale_290aDe l'autre côté de la colline, d'autres sources jaillissent, comme celle qui a attiré mon regard en passant.

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dr_me_provencale_297 Elle alimente le lavoir un peu plus bas, où quelques pierres anciennes se trouvent encastrées dans le mur. L'intérieur de la fontaine m'a beaucoup impressionnée. Encore un lieu où l'eau devient sacrée...


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dr_me_provencale_270bhttp://www.cs.cmu.edu/~celine/lga/la_garde-adhemar.html
http://www.la-garde-adhemar.com/historique.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Garde-Adh%C3%A9mar
http://pmarecha.free.fr/roman/tricastin.htm

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Abbaye d'Aiguebelle - Memento

                                                                                                                                                                                           
SiteAbbaye d'Aiguebelle (26-Drôme)
Nom completMontjoyer, Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle
  
PaysFrance
RégionRhône-Alpes
Département26 Drôme
Ville la plus procheMONTJOYER [26 - DROME] [Code INSEE - 26203]
Code Lieux-SacrésF26MONTJ01AB
  
LOCALISATION   GPS 
Latitude/Longitude (Degrés) (géodésique français 93)Lat:44:28:36N (44.47654) Lon:4:51:10E (4.85284)
Lambert II étendu (X,Y)799484,1943319
Carte routièreLocalisation Cartographique (Multimap)
Photo satellitePhoto Satellite (Géoportail)
  
AccèsPar   route : L'Abbaye est à 18 km au sud-est de Montélimar, à 11 km de Grignan. Sortir à Montélimar-Sud (sortie 18), prendre la RN 7 vers Avignon, sur 1 km, puis à gauche la D133 direction Nyons. Après 5 km, prendre à gauche la route de Roussas D 203 en direction de Montjoyer.
Par train :
Donzère (7.69mi, 12.37km)
Par avion : Aérodrome d'Aubenas-Vals-Lanas (24.25mi, 39.02km)
Accès aux personnes à mobilité réduitenon renseigné
  
Horaires sous réserve.non renseigné
ContactsCourrier   :
Abbaye Notre-Dame D'Aiguebelle 26230 MONTJOYER
- Tél. +33 4 75 98 64 70
- Fax +33 4 75 98 64 71
- Magasin Tél./Fax +33 4 75 98 64 73
- Hôtellerie Monastique +33 4 75 98 64 72
- Courriel : contact@abbaye-aiguebelle.com
- Site internet : www.abbaye-aiguebelle.com
  
Liens internethttp://www.abbaye-aiguebelle.com
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d'Aiguebelle
  
Crédits photosMadame Dulac
  
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Roussas (26-Drôme)
Saint-Montan (07-Ardèche)
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Saint-Restitut (26-Drôme)
Solérieux (26-Drôme)
Taulignan (26-Drôme)
Valaurie (26-Drôme)
Vesc (26-Drôme)
Viviers (07-Ardèche)

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Le val des nymphes

dr_me_provencale_401aLe val des nymphes, encore enveloppé de mystères, fait partie de ces lieux que l'on dit inspirés. Merveille que d'une roche si dure et ingrate jaillisse continument une eau pure et limpide.





















dr_me_provencale_398aPas étonnant que depuis au moins trois millénaires, des hommes se soient fixés autour de ces sources qui leur assuraient la vie. Les Tricastins ne furent sans doute pas les premiers à s'établir là.









dr_me_provencale_241aPlus tard, les romains y marquèrent leur passage: témoin ce petit autel votif dédié aux mères-nymphes déposé aujourd'hui à l'église de la Garde-Adhémar. L'archéologie n'a toujours pas permis de localiser l'antique sanctuaire.








dr_me_provencale_382aDe nombreuses sépultures mises à jour récemment témoignent de la présence durant de longs siècles, autour de chapelles successives, d'une communauté rurale.













dr_me_provencale_350aLa chapelle Notre-Dame du val des nymphes est donc élevée sur les ruines d'un ancien temple païen. Avant la christianisation des lieux, ce val était un sanctuaire des celtes Tricastins en l'honneur des nymphes, déesses des sources. Le culte des nymphes comportait des bains que l'on prenait dans le bassin de la source. Au culte des déesses de la fécondité, les chrétiens substituèrent delui de la vierge Marie.








dr_me_provencale_354aUne chapelle primitive fut ainsi érigée entre le IV ème et le VII ème siècle, révélé par des fouilles récentes et également évoquée dans les documents sur Donzère au VII ème siècle. Un prieuré fut implanté plus tardivement et placé sous le vocable de Notre-Dame. Il est mentionné dans un acte royal daté et signé à Reims par Henri premier, le 23 Mai 1059, parmi les dépendances de l'abbaye de Tournus. La chapelle actuelle, seul vestige subsistant des constructions effectuées en ce lieu, aurait été érigée au cours de la décénnie 1160-1170.

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dr_me_provencale_328Les derniers repérages archéologiques et historiques ont montré, près de la source permanente, la présence d'un important habitat médiéval (V ème-XII ème siècles) et de quatre églises dont les vestiges de la chapelle primitive Saint-Martin, située près de la source,(V ème VII ème siècle) et des nécropoles chrétiennes.





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dr_me_provencale_361a Seule demeure, aujourd'hui, l'église priorale édifiée au XII ème siècle par les moines de l'abbaye de Tournus, sous le vocable de Notre-dame. Elle conserve, semble-t-il, le plan et les fondations d'une église antérieure. Deux autres églisess'élevaient aussi en ce lieu : Saint Roman, à fonction exclusivement funéraire, et saint Pierre.

Il s'agirait là du site primitif du village. A partir de la fin du XII ème siècle, ce lieu est progressivement délaissé par ses habitants au profit de l'habitat protégé du bourg castral de La Garde-Adhémar (le castrum) dont les seigneurs appartinrent longtemps à la famille des Adhémar.

L'habitat, les constructions priorales et les trois autres églises disparurent tant du paysage que de la mémoire collective.



 


dr_me_provencale_336aFortement endomagée par les guerres de religion à la fin du XVI ème siècle, la chapelle ne fut pas réparée. Elle resta cependant le lieu de messes et de processions au XVII ème siècle, puis fut abandonnée. Ce n'est qu'en 1950 que la comission des monuments historiques en a fait une restauration partielle, qui a été achevée par la restauration du toit en 1991.


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dr_me_provencale_368aC'est un vaiseau unique de trois travées:
-l'abside, vers le devant, semi-circulaire voûtée en cul-de-four, présente une décoration de deux étages d'arcatures qui reprend les modèles d'amphithéatres romains.
-la voûte en berceau plein-cintre dont la naissance est accusée par un bandeau de moulures
-les proportions de la façade sont uniques: l'étage intérieur, très dépouillé à l'exeption de l'ouverture du porche, est surmonté par une partie de style Byzantin.







dr_me_provencale_338aL'instabilité du terrain et les nombreux tremblements de terre dans la région explique l'ajout des contreforts latéraux. On peut toujours distinguer les marques des compagnons sur les murs.







dr_me_provencale_301aLe site est entouré d'un bois, que je dirais sacré. On y trouve des chênes et des cerisiers. Le bassin druidique m'a fait forte impression, ainsi que la source qui alimente le grand bassin devant la chapelle.




dr_me_provencale_302aLes trois bassins sont présents: le rond, d'où la source jaillit, puis une rigole qui emmène l'eau dans le bassin carré, après avoir fait une rotation à 90°. Puis le bassin rectangulaire d'où l'eau, qui poursuit sa route, passe sous terre.


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dr_me_provencale_384aL'endroit est très chargé, et il est vrai que l'on a l'impression que les nymphes sont toujours là comme dirait un ami très cher... C'est typiquement un endroit de guérison, où l'élément eau est magnifié.

Ah oui, j'oubliais... Si Saint Martin est présent en dédicace d'une première construction, c'est le signe d'une présence païenne développée...Et d'un culte ancien, voire mégalithique.



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20 février 2007

Rue du bac

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rue_du_bac_001Elle doit son nom au bac établi vers 1550 sur l'actuel quai Voltaire et qui servait au XVIe siècle au transport des blocs de pierre destinés à la construction du palais des Tuileries, en traversant la Seine à l'emplacement de l'actuel Pont Royal. Celui-ci a été construit sous Louis XIV à l'emplacement du pont rouge, édifié en 1632 par le financier Barbier.

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Primitivement, la rue fut appelée grand chemin du Bac, puis ruelle du Bac et grande rue du Bac.(Wikipédia)

rue_du_bac_006Au n°140 de la rue, un porche, celui qui mène à la chapelle de la vierge miraculeuse. Rien ne laisse paraître de l'extérieur qu'il passe en ce lieu un nombre impressionnant de visiteurs. Après le porche, l'entrée de la chapelle, gardée par saint michel. Normal, son parèdre est présent.miraculeuse

rue_du_bac_025C'est dans cette rue que la vierge est apparue à Sainte Catherine Labouré, en 1830. Elle est l'origine de la création de la médaille miraculeuse, portée aujourd'hui par des millions de catholiques. Exhumée en 1933, son corps fut retrouvé parfaitement conservé, et gît maintenant dans un cercueil de verre dans la chapelle.

Présence d'un gardien.

Je dois dire qu'une telle chapelle n'a rien de prime abord pour m'attirer. Je suis naturellement mieux dans les constructions bien plus anciennes, et plus dépouillées.

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Mais là, c'est autre chose. Il se dégage de ce lieu une telle énergie, qui n'est pas que le fait de la dévotion des fidèles et de l'égrégore que celà comporte.

rue_du_bac_015La Dame est bien là, énergie de la Terre-mère, nourricière généreuse qui ouvre ses bras à tous ceux qui sont présents. L'énergie est douce mais puissante, et pour m'y être rendue plusieurs fois, différente suivant le jour ou bien l'état d'esprit.

rue_du_bac_021Impossible pour quelqu'un de sensible aux mondes subtils de passer à côté de ce bain purificateur. Je crois savoir qu'une faille importante cours dans le sous-sol de la rue, de même nature que celle  qui passe à Lourdes. les lieux d'apparitions mariales ne sont pas implantés au hasard...

Dans la même journée, rencontre interessante. Un personnage haï d'un côté, admiré de l'autre. Je laisse à chacun le soin de se faire une oppinion. Juste une remarque, il me fait penser à quelqu'un...

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Gilbert_Vianney

Guy Gilbert, le curé des loubards, et Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars...

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