26 février 2007

L'abbaye d'Aiguebelle

dr_me_provencale_008aL'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle est une abbaye cistercienne française située sur les communes actuelles de Montjoyer et Réauville dans le département de la Drôme.




Aiguebelle_006aOn conserve, gravée sur une pierre rectangulaire de calcaire, le texte de fondation de l'abbaye d'Aiguebelle. Grâce à elle, nous connaissons le nom du donateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort en Valdaine mais aussi de l'abbaye fondatrice, Morimond en Champagne, quatrième fille de Cîteaux.


dr_me_provencale_065aAiguebelle a été fondée le VI des calendes de Juillet 1137, autrement dit le 26 Juin 1137, en l'honneur de la vierge Marie, aux confins du Dauphiné et de la Provence. Gaucher, abbé de Morimond et ancien prieur de Saint Bernard à Clairvaux, envoya 12 moines sous la conduite d'un abbé.




dr_me_provencale_113aPour réaliser cette fondation, Gontard Loup donnait un territoire, sorte de plateau couvert de bois et de broussailles, que l'on peut assimiler à peu près au territoire de la commune de Montjoyer avec des prolongements sur les communes de Roussas et de Réauville. Le monastère est bâti dans un vallon isolé, comme le voulait la tradition cistercienne, au confluent de trois ruisseaux, le Ranc, la Flammenche et la Vence, d'où le nom de "belles eaux", Aiguebelle.


Aiguebelle_008aAu XII ème siècle, le monastère bénéficie des donations des seigneurs voisins et accroît considérablement son domaine : il possède des terres jusqu'au pied du Mont Gerbier-de-Jonc, en Dauphiné, dans le Pays d’Orange et en Vivarais.
Sa belle prospérité lui fit faire à son tour des fondations: celle de l'abbaye de Feniers, en auvergne, en 1169, puis celle de l'abbaye de Bouchet.



Aiguebelle_009aA la fin du XIII ème siècle, l’Abbaye exerçait un grand rayonnement sur la Provence, le Dauphiné et l’Auvergne.

A partir du XIV ème siècle, les épreuves vont se multiplier : guerre de Cent Ans, peste noire, chute des vocations, surtout des frères convers qui entretenaient les granges et les terres. Les possessions sont pour la plupart données en bail. Après 1515, les abbés ne sont plus élus par les moines mais nommés par le roi : ce sont les abbés commendataires, extérieurs au monastère et qui ne se préoccupent donc pas toujours des nécessités de leurs moines ni de la ferveur de leur communauté. Lors de la dispersion des moines en 1791, ils ne sont plus que trois. Le monastère est alors pillé puis vendu comme bien national. Son éloignement par rapport aux voies de communication va le sauver de la démolition.

Aiguebelle_030aL'absence des moines durera moins de 25 ans : en 1815, un groupe de cisterciens trappistes vient faire revivre le monastère. Ils viennent de Suisse et sont issus d'un groupe de moines français de l’abbaye de La Trappe qui, sous la conduite du Père Augustin de Lestranges, ont parcouru toute l'Europe pourchassés par les armées révolutionnaires et permettent le renouveau monastique et cistercien en France après la chute de Napoléon.

Aiguebelle_048aL'abbaye a conservé, malgré quelques démolitions, quelques tremblements de terre et de nombreuses restaurations, la plus grande partie des bâtiments conventuels médiévaux : église, cloître, sacristie, chapitre, salle des moines, réfectoire, cuisine et tout le bâtiment des convers. Il est le seul monastère cistercien en France avec l'abbaye de Fontfroide à avoir encore la ruelle des convers primitive.




Aiguebelle_056aL'église mesure 50 m de longueur totale, 9 m de largeur dans la nef, 17 m avec les collatéraux et 10 m d'élévation. Régulièrement orientée, elle est établie au nord des cloîtres et forme une croix latine composée d'une nef et de bas-côtés, avec un transept sur chaque bras duquel s'ouvrent deux chapelles.




 

dr_me_provencale_038aAvec ses murs très épais, ses piliers massifs, ses arcs en plein cintre pour la plupart ou à peine brisés, ses voûtes d'ogives, ses rares fenêtres (dont certaines ont été agrandies), elle porte la marque du style de transition, qui caractérise le XII ème siècle. On remarque dans le sanctuaire une grande arcade qui à pu abriter jadis un tombeau. Dans le transept droit, un escalier conduit à l'ancien dortoir des moines.







Aiguebelle_061aLe chapitre, ou salle capitulaire, est la salle de réunion de la communauté. On y lit un chapitre de la Règle (d'où le nom de capitulum), dont le Supérieur donne ensuite un commentaire. Les Supérieurs ont leur siège à l'orient, tandis que les religieux se rangent sur les bancs de pierre disposés en amphithéâtre. C'est dans cette salle qu'ont lieu les prises d'habit et professions et que se tiennent les délibérations importantes.



Aiguebelle_010aParallèle au réfectoire dont elle est séparée par une cour jadis à ciel ouvert, la grande salle des moines s'ouvre au pied du grand escalier. Les voûtes d'arête retombent au centre sur quatre colonnes qui donnent ainsi deux rangées de cinq travées. Jadis cave ou cellier, c'est aujourd'hui la salle de lecture et d'études, le scriptorium, avec longues rangées de livres et bureaux en bois. Les cinq arcades jumelées qui dispensent la lumière ont remplacé les trois petites fenêtres primitives.



 


Aiguebelle_036aLe réfectoire s'ouvre sur la galerie méridionale du cloître. C'est l'une des salles les mieux conservées des bâtiments primitifs avec sa vaste nef de 25 m de long et 8 de large sur plus de 9 m d'élévation. Sa voûte en berceau légèrement brisée est soutenue par trois arcs doubleaux amortis en culots coniques qui semblent rentrer dans la muraille à 2,60 m au-dessous de la corniche. Le réfectoire était jadis éclairé de 12 fenêtres, mais plusieurs sont actuellement masquées par des constructions plus récentes. Une porte donne accès à la dépense (ancienne cuisine) et à la cuisine actuelle, qui sont deux salles largement voûtées. L'éclairage, dissimulé le long des corniches, met en valeur le berceau de la voûte du réfectoire. Il est daté du XIII ème siècle.

Aiguebelle_028aLa salle de communauté ou chapitre hors-cloître était anciennement le chapitre et la salle de lecture des frères convers. Les voûtes et les colonnes sont à l'identique de celles du scriptorium. Cette salle sert actuellement aux réunions communautaires de toutes sortes : chapitres, conférences et retraites communautaires.

Les livres de la communauté se répartissent essentiellement en trois lieux. Au scriptorium qui rassemble les livres les plus usuels. À l'armarium où se trouve les livres récents. Et enfin à la grande bibliothèque, beaucoup plus vaste, où est entreposé un grand nombre de livres dont les plus anciens, utilisés pour des études plus pointues. Le tout rassemble environ 90 000 livres.

Aiguebelle_014aLe cloître est daté du XII ème siècle et comprend quatre galeries carrées de 29 m de côté. Les voûtes, qui accusent la naissance de l'ogive, sont soutenues par des colonnettes accouplées surmontées de chapiteaux tous différents et d'une grande variété de feuillages et de crochets, mais seules les colonnettes de la galerie nord, longeant l'église, sont primitives. On lit sur plusieurs d'entre elles des graffitis et inscriptions du XIV ème siècle.


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Les autres galeries, en partie détruites en 1562, furent relevées par l'Abbé Adrien de Bazemont (1559-1601), mais de simples arcades fermées par des fenêtres remplacèrent les colonnettes brisées. Au XIX ème siècle, l'abbé Dom Gabriel Monbet fit restaurer la galerie orientale sur le modèle de la galerie nord et en 1936, Dom Bernard Delauze encastra de nouvelles colonnettes dans les arcades du XVIe siècle des deux autres galeries. Ces transformations expliquent la dissymétrie actuelle des quatre galeries du cloître.

Aiguebelle_007aA l'entrée du réfectoire se trouvait peut-être un lavatorium comme en nombre d'abbayes, mais il a complètement disparu. Une pierre tombale découverte à l'entrée de l'église abbatiale et qui est présumée être celle du fondateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort, a été placée dans la galerie méridionale. Une inscription en faux gothique dans la galerie orientale reproduit la teneur de la pierre de fondation de l'abbaye - 26 juin 1137 - dont un important fragment est conservé à la Bibliothèque. Des bancs, sous la galerie nord, permettent aux moines de s'asseoir. On remarque une ancienne statue en bois doré de la Vierge qui, avant la Révolution, trônait dans l'église au-dessus du maître-autel.

dr_me_provencale_245bIl ne faut pas oublier qu'avant la révolution, et depuis le XII ème siècle au moins, les moines d'Aiguebelle vénéraient une vierge en majesté, que l'un d'eux a emmurée pendant la période de troubles afin de la proteger. Retrouvée à la suite de rénovations, elle fut donnée au curé de la Garde-Adhémar. Elle se trouve à l'heure actuelle en l'église Saint Michel, après bien des périples. Voir içi.

dr_me_provencale_096aLe site de l'abbaye comprend aussi une grotte, dite de Lourdes. Il se passe en ce lieu quelquechose de magique. Une source est canalisée, qui nous dit que l'eau encore une fois est sacrée dans ce coin de France.

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L'énergie y est puissante. Juste à côté coule la rivière Flammenche, qui nous propose, le long de son lit, une ballade régénérante, ô combien.

















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Et ce que j'appelle la "pommade des moines", géniale pour les arthroses, les luxations, la bronchite et même l'eczéma... J'en ai en permanence dans mon réfrigérateur !


http://www.abbaye-aiguebelle.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d'Aiguebelle

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L'église saint Michel de la Garde-Adhémar

dr_me_provencale_268a Le bourg de La Garde-Adhémar a conservé sa structure médiévale, enserrée dans des remparts en bordure d'un éperon rocheux dominant la plaine de Pierrelatte.






dr_me_provencale_279aCette plaine a été colonisée à l'époque romaine par les vétérans des légions romaines (I er siècle). Les recherches archéologiques récentes ont révélé de nombreuses traces d'occupation humaine, en partie liée à une activité viticole.








dr_me_provencale_283aLa via Agrippa passait au pied de La Garde. Des traces d'habitat gallo-romain sont repérées dans les collines. Le site du Val des Nymphes, à 2 km du village perché actuel, témoigne d'un culte aux divinités des eaux et aux déesses mères.









dr_me_provencale_202aComme beaucoup d'autres églises du Moyen-Age bâties sur des hauteurs, l'église de la Garde-Adhémar est dédiée à Saint Michel.  L'Eglise actuelle aurait été érigée lors de la seconde moitié du XII ème siècle.



dr_me_provencale_204a_copieLa première mention de la présence en ce lieu d'une chapelle figure dans une bulle du pape Pascal II du 24 Avril 1105. Elle est citée parmi les dépendances de l'abbaye bénédictine Saint-Philibert de Tournus, dont elle relevait par l'intermédiaire du monastère du val des nymphes.













dr_me_provencale_205aElle devint au début du XII ème siècle église paroissiale, dépendante de l’abbaye de Tournus jusqu'en 1540, époque où le pape Paul III la donna au chapitre de l’église collégiale de Grignan, qui en perçut les revenus jusqu’à la Révolution.











dr_me_provencale_262Elle fut restaurée en 1849 et 1850 grâce à Mérimée, alors inspecteur des monuments historiques.
Par son style, cette église appartient à l'école romane de Provence qui, par le jeu des conditions historiques, est apparenté à l'école Rhénane, la Provence faisant partie du Saint Empire Romain Germanique.












dr_me_provencale_237aCet édifice de modestes dimensions étonne par la verticalité de ses lignes non interrompues par des corniches. Les deux collatéraux, voûtés en quarts de cercle, servent de contreforts. On peut remarquer  son abside occidentale, détail architectural particulièrement rare. Le plus souvent en effet, l'abside est située en direction de l'orient.
L'Intérieur basilical à deux travées n'a pas de transept.











dr_me_provencale_284aProportions élancées mais petites : 3m 70 pour la largeur des travées. En tout, 22 mètres par 20 au sol, la nef s'élevant à 14 mètres.

les pierres de construction portent de nombreux signes lapidaires, marques fréquentes des maitres d'oeuvre et des compagnons. "Peturs" est le plus visible.













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Le clocher a deux étages d'arcades surmontées d'une pyramide à 8 pans rappelant le style clunisien de l'édifice, dû aux moines bénédictins. En 1849, il ne restait que le premier étage et la base du second.





 

dr_me_provencale_257La partie haute du clocher, le second étage et la pyramide octogonale qui le surmonte sont des créations du XIXe siècle, par l'architecte Questel  qui s'inspira d'un modèle identique avec celui que représentait le clocher de l'église majeure de Bourg-Saint-Andéol. Aussi, quand après les bombardements de 1944, on voulut restituer le clocher de Bourg-Saint-Andéol gravement endommagé, les architectes n'eurent qu'à recopier celui de la Garde-Adhémar.





 

dr_me_provencale_236Les deux absides sont opposées, ce qui est rare en France et ne se retrouve pratiquement que dans les vieux monuments des bords du Rhin. L'abside orientale en hémicycle est encadrée par deux absidioles, toutes les trois voûtées en cul-de-four.
















dr_me_provencale_233aOn peut remarquer la voûte en berceau brisé sur doubleaux des deux premières travées, la coupole à 8 pans sur trompes coniques de la dernière travée.














dr_me_provencale_239aA gauche de l'entrée, une colonne tronquée que les anciens élevaient sur les tombeaux, appelé "cippe funéraire". On y lit les lettres D et M qui doivent signifier "Diis Manibus", "aux dieux mânes". Elle a été découverte au val des nymphes.

dr_me_provencale_241aA droite, un vestige d'autel païen votif gallo-romain porte l'inscription "Matris Nymphis", qui signifie "aux mères nymphes".









dr_me_provencale_263aUne table d'autel aux sacrifices mouluré sur ses 4 côtés, a été retrouvé au val des nymphes où il a longtemps servi d'autel pour le culte catholique. Il sert à présent d'autel principal.










garde_adh_mar_1A l'extérieur, une frise me semble représenter le nombre de courants d'eau souterrains ainsi que les cheminées-cosmo-telluriques et les failles.

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dr_me_provencale_245bLa vierge à l'enfant, de style auvergnat, en bois, date probablement du XIème siècle. Elle fut découverte il y a quelques années par l'abbé Silhol, curé du village, dans sa propre église, alors qu'elle se dissimulait sous des habits brodés, des couronnes et le vocable de Sainte Anne.


dr_me_provencale_219aLa statue passa de longs siècles vénérée par les moines de l'abbaye d'Aiguebelle. Mais à la révolution, un moine mura la statue dans une niche, empêchant qu'elle ne subisse le triste sort réservé à la vierge du Puy par exemple.










dr_me_provencale_256aElle ne devait revoir le jour qu'au XX ème siècle. Après sa redécouverte, l'abbaye d'Aiguebelle en fit don à l'abbé Girard, curé de la Garde-Adhémar, en 1944. Le bon curé ne sut qu'en faire. Il avait déjà dans son église une belle statue de la vierge, polychrome, du XVI ème siècle, vénérée par ses paroissiens: Notre-Dame du val des nymphes. Il se demanda un instant si la nouvelle statue, Notre-Dame de la miséricorde, n'allait pas porter tort à celle qui était déjà en place depuis fort longtemps.





 


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Par contre, l'église ne possédait pas de statue de Sainte Anne, mère de Marie. Monsieur le curé élimina la rivale d'une façon élégante et peu banale. Il habilla la statue de bois avec des ornements de style saint-Sulpicien, la baptisa Sainte Anne et décréta que l'enfant Jésus pouvait honorablement représenter la vierge Marie enfant. Il plaça sous vitre la statue et fit inscrire dessous: "Sainte Anne priez pour nous".


 

dr_me_provencale_254aL'abbé Silhol était un amateur d'art éclairé. Intrigué par cette étrange Sainte Anne, il devait découvrir la vérité et constater avec émerveillement qu'il était en présence d'un fort beau témoignage de l'art roman.(article d' Olivier Serre.)

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Cette statue possède plusieurs des caractéristiques des vierges noires. Au vu de la longueur de ses mains, de sa position assise sur la cathèdre, de la date de sa "naissance", de ses proportions, je pense qu'elle fleure bon la Dame de sous-terre... L'endroit d'où elle provient est un lieu magique aussi, avec ou sans sa vierge noire. J'en ferai l'article plus tard. A signaler : la vierge du val des nymphes a été volée en 2006...








dr_me_provencale_269bSous l'église, aux pieds de la falaise, un jardin de simples a été aménagé. Surprise: une source gargouille gentiment, veillée par un faune. Le pendant des nymphes du val ?


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dr_me_provencale_290aDe l'autre côté de la colline, d'autres sources jaillissent, comme celle qui a attiré mon regard en passant.

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dr_me_provencale_297 Elle alimente le lavoir un peu plus bas, où quelques pierres anciennes se trouvent encastrées dans le mur. L'intérieur de la fontaine m'a beaucoup impressionnée. Encore un lieu où l'eau devient sacrée...


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dr_me_provencale_270bhttp://www.cs.cmu.edu/~celine/lga/la_garde-adhemar.html
http://www.la-garde-adhemar.com/historique.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Garde-Adh%C3%A9mar
http://pmarecha.free.fr/roman/tricastin.htm

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Abbaye d'Aiguebelle - Memento

                                                                                                                                                                                           
SiteAbbaye d'Aiguebelle (26-Drôme)
Nom completMontjoyer, Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle
  
PaysFrance
RégionRhône-Alpes
Département26 Drôme
Ville la plus procheMONTJOYER [26 - DROME] [Code INSEE - 26203]
Code Lieux-SacrésF26MONTJ01AB
  
LOCALISATION   GPS 
Latitude/Longitude (Degrés) (géodésique français 93)Lat:44:28:36N (44.47654) Lon:4:51:10E (4.85284)
Lambert II étendu (X,Y)799484,1943319
Carte routièreLocalisation Cartographique (Multimap)
Photo satellitePhoto Satellite (Géoportail)
  
AccèsPar   route : L'Abbaye est à 18 km au sud-est de Montélimar, à 11 km de Grignan. Sortir à Montélimar-Sud (sortie 18), prendre la RN 7 vers Avignon, sur 1 km, puis à gauche la D133 direction Nyons. Après 5 km, prendre à gauche la route de Roussas D 203 en direction de Montjoyer.
Par train :
Donzère (7.69mi, 12.37km)
Par avion : Aérodrome d'Aubenas-Vals-Lanas (24.25mi, 39.02km)
Accès aux personnes à mobilité réduitenon renseigné
  
Horaires sous réserve.non renseigné
ContactsCourrier   :
Abbaye Notre-Dame D'Aiguebelle 26230 MONTJOYER
- Tél. +33 4 75 98 64 70
- Fax +33 4 75 98 64 71
- Magasin Tél./Fax +33 4 75 98 64 73
- Hôtellerie Monastique +33 4 75 98 64 72
- Courriel : contact@abbaye-aiguebelle.com
- Site internet : www.abbaye-aiguebelle.com
  
Liens internethttp://www.abbaye-aiguebelle.com
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d'Aiguebelle
  
Crédits photosMadame Dulac
  
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Le val des nymphes

dr_me_provencale_401aLe val des nymphes, encore enveloppé de mystères, fait partie de ces lieux que l'on dit inspirés. Merveille que d'une roche si dure et ingrate jaillisse continument une eau pure et limpide.





















dr_me_provencale_398aPas étonnant que depuis au moins trois millénaires, des hommes se soient fixés autour de ces sources qui leur assuraient la vie. Les Tricastins ne furent sans doute pas les premiers à s'établir là.









dr_me_provencale_241aPlus tard, les romains y marquèrent leur passage: témoin ce petit autel votif dédié aux mères-nymphes déposé aujourd'hui à l'église de la Garde-Adhémar. L'archéologie n'a toujours pas permis de localiser l'antique sanctuaire.








dr_me_provencale_382aDe nombreuses sépultures mises à jour récemment témoignent de la présence durant de longs siècles, autour de chapelles successives, d'une communauté rurale.













dr_me_provencale_350aLa chapelle Notre-Dame du val des nymphes est donc élevée sur les ruines d'un ancien temple païen. Avant la christianisation des lieux, ce val était un sanctuaire des celtes Tricastins en l'honneur des nymphes, déesses des sources. Le culte des nymphes comportait des bains que l'on prenait dans le bassin de la source. Au culte des déesses de la fécondité, les chrétiens substituèrent delui de la vierge Marie.








dr_me_provencale_354aUne chapelle primitive fut ainsi érigée entre le IV ème et le VII ème siècle, révélé par des fouilles récentes et également évoquée dans les documents sur Donzère au VII ème siècle. Un prieuré fut implanté plus tardivement et placé sous le vocable de Notre-Dame. Il est mentionné dans un acte royal daté et signé à Reims par Henri premier, le 23 Mai 1059, parmi les dépendances de l'abbaye de Tournus. La chapelle actuelle, seul vestige subsistant des constructions effectuées en ce lieu, aurait été érigée au cours de la décénnie 1160-1170.

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dr_me_provencale_328Les derniers repérages archéologiques et historiques ont montré, près de la source permanente, la présence d'un important habitat médiéval (V ème-XII ème siècles) et de quatre églises dont les vestiges de la chapelle primitive Saint-Martin, située près de la source,(V ème VII ème siècle) et des nécropoles chrétiennes.





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dr_me_provencale_361a Seule demeure, aujourd'hui, l'église priorale édifiée au XII ème siècle par les moines de l'abbaye de Tournus, sous le vocable de Notre-dame. Elle conserve, semble-t-il, le plan et les fondations d'une église antérieure. Deux autres églisess'élevaient aussi en ce lieu : Saint Roman, à fonction exclusivement funéraire, et saint Pierre.

Il s'agirait là du site primitif du village. A partir de la fin du XII ème siècle, ce lieu est progressivement délaissé par ses habitants au profit de l'habitat protégé du bourg castral de La Garde-Adhémar (le castrum) dont les seigneurs appartinrent longtemps à la famille des Adhémar.

L'habitat, les constructions priorales et les trois autres églises disparurent tant du paysage que de la mémoire collective.



 


dr_me_provencale_336aFortement endomagée par les guerres de religion à la fin du XVI ème siècle, la chapelle ne fut pas réparée. Elle resta cependant le lieu de messes et de processions au XVII ème siècle, puis fut abandonnée. Ce n'est qu'en 1950 que la comission des monuments historiques en a fait une restauration partielle, qui a été achevée par la restauration du toit en 1991.


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dr_me_provencale_368aC'est un vaiseau unique de trois travées:
-l'abside, vers le devant, semi-circulaire voûtée en cul-de-four, présente une décoration de deux étages d'arcatures qui reprend les modèles d'amphithéatres romains.
-la voûte en berceau plein-cintre dont la naissance est accusée par un bandeau de moulures
-les proportions de la façade sont uniques: l'étage intérieur, très dépouillé à l'exeption de l'ouverture du porche, est surmonté par une partie de style Byzantin.







dr_me_provencale_338aL'instabilité du terrain et les nombreux tremblements de terre dans la région explique l'ajout des contreforts latéraux. On peut toujours distinguer les marques des compagnons sur les murs.







dr_me_provencale_301aLe site est entouré d'un bois, que je dirais sacré. On y trouve des chênes et des cerisiers. Le bassin druidique m'a fait forte impression, ainsi que la source qui alimente le grand bassin devant la chapelle.




dr_me_provencale_302aLes trois bassins sont présents: le rond, d'où la source jaillit, puis une rigole qui emmène l'eau dans le bassin carré, après avoir fait une rotation à 90°. Puis le bassin rectangulaire d'où l'eau, qui poursuit sa route, passe sous terre.


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dr_me_provencale_384aL'endroit est très chargé, et il est vrai que l'on a l'impression que les nymphes sont toujours là comme dirait un ami très cher... C'est typiquement un endroit de guérison, où l'élément eau est magnifié.

Ah oui, j'oubliais... Si Saint Martin est présent en dédicace d'une première construction, c'est le signe d'une présence païenne développée...Et d'un culte ancien, voire mégalithique.



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Posté par madame_dulac à 00:20 - - Commentaires [23] - Permalien [#]