notre_dame_de_paris_plan_LecomteComme la plupart des cathédrales françaises, Notre-Dame de Paris a un plan en forme de croix latine. En voici les principales dimensions : façade, 40 mètres ; longueur totale dans œuvre, 130 mètres ; largeur d'une extrémité à l'autre du transept, 48 mètres ; élévation de la maîtresse voûte, 35 mètres ; élévation des tours au-dessus de la maîtresse voûte, 34 mètres ; hauteur totale des tours, 69 mètres ; longueur du chœur, 28 mètres sur 12 mètres de largeur. Superficie totale, 6,240 mètres carrés, donnant un cube de 218,400 mètres dans œuvre, non compris la surélévation des tours.


La cathédrale contient 5 nefs, 37 chapelles, 3 roses dont le diamètre est pour chacune de 13 mètres et demi,  113 fenêtres, 75 colonnes ou piliers libres, non compris les colonnes engagées, une tribune à jour régnant le long des murs de la nef centrale, et dont les baies sont séparées par 108 colonnettes.
La nef comporte dix travées, le chœur cinq. L'axe de celui-ci est légèrement dévié par rapport à l'axe de la nef. L'abside est semi-circulaire à cinq pans. La nef est flanquée de doubles collatéraux qui se prolongent par un double déambulatoire, le tout avec chapelle latérales (sauf sur les trois premières travées) et rayonnantes (soit 37 au total).







La nef

paris_152Construite avant le chœur, la nef relève du premier style gothique, avec voûtes sexpartites, cependant sans alternance de piles fortes et de piles faibles comme on le voit à Sens.




















paris_103Le transept, bien identifiable de l'extérieur du monument, ne fait pas saillie par rapport aux collatéraux et aux chapelle latérales. Il n'a pas de collatéraux.
L'élévation intérieure est à trois niveaux, avec grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes.





paris_118Les façades nord et sud du transept s'ornent de magnifiques rosaces ornées de vitraux, parmi les plus grandes d'Europe (diamètre : 13 m).






 


Les tours

paris_024Au fil des ans, il a été suggéré à plusieurs reprises que les plans originaux de Notre-Dame prévoyaient deux flèches qui s’élèveraient des tours. Les solides clochers auraient pu sans aucun doute supporter de telles structures. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils étaient censés être dotés de flèches. La cathédrale d’Amiens ainsi que d’autres cathédrales suivirent le modèle de Notre-Dame et ne possèdent pas non plus de flèches (cependant, la cathédrale de Reims aurait dû en posséder, selon les plans initiaux, mais elles ne furent jamais achevées). Pendant la restauration qui eut lieu entre 1844 et 1864, l’idée des flèches fut à nouveau suggérée. Le restaurateur Viollet-le-Duc, voulant à tout prix faire échouer le projet, dessina un plan très précis de la cathédrale avec de telles flèches afin de montrer à la population le résultat cauchemardesque auquel ce projet aboutirait. Ironiquement, certains experts ont affirmé depuis, sur la base de ses plans, que Viollet-le-Duc était lui-même en faveur de ces flèches.
L'assymétrie des tours est due le plus souvent aux forces cosmo-telluriques passant sous elles. L'une est dédiée au soleil, l'autre à la lune. Masculin, féminin, comme à Chartres.



La galerie des rois

paris_037bÀ vingt mètres du sol, une série de vingt-huit personnages royaux représente les vingt-huit générations des rois de Judée qui ont précédé le Christ. Chaque statue mesure plus de trois mètres cinquante de haut. Les têtes des statues datent du XIXe siècle et sont le produit des ateliers de sculpture du restaurateur Viollet-le-Duc. En effet, les statues d’origine furent décapitées en 1793 pendant la Révolution française par les Sans-Culottes , qui, à tort, croyaient que ces statues représentaient des souverains du royaume de France. Il ne reste aujourd’hui que des fragments des statues médiévales. Les têtes originales ont été retrouvées en 1977, à l'occasion de travaux entrepris pour la rénovation de l'hôtel Moreau dans le IXe arrondissement de Paris, et sont actuellement exposées au Musée de Cluny.

Le portail du Jugement Dernier

paris_581Il s’agit du portail principal de la cathédrale. Son imagerie est saisissante. Il représente le jugement dernier –lorsque, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent et sont jugés par le Christ. Sur le linteau inférieur, on peut voir les morts sortir de leurs tombes. Au-dessus, un ange utilise une balance pour peser les péchés et les vertus. Les élus sont à gauche, et à droite, poussés par des démons aux regards diaboliques, les damnés enchaînés sont menés en enfer. Sur le tympan supérieur, le Christ préside cette cour divine.
Il s’agit là d’une démonstration bien concrète de l’imagerie chrétienne développée au Moyen Âge par l'Église, qui influence alors grandement le peuple.
La scène du Jugement Dernier figure également sur de nombreuses autres cathédrales.

Le parvis

paris_625_1Le parvis est la grande zone ouverte se trouvant juste devant la façade ouest. Le mot parvis vient du latin paradisius, paradis. Lorsque la cathédrale fut construite, le parvis était assez étroit. La cathédrale était située parmi d’innombrables bâtiments en bois de petite taille, telle que des maisons, boutiques et auberges. Le parvis conserva des dimensions modestes jusqu’au XVIIIe siècle, époque à laquelle l’architecte Beaufrand l’agrandit. Il fut remodelé à plusieurs reprises par la suite, notamment depuis 1960.

La façade ouest

paris_576La façade ouest est grosse, à la fois rigoureuse et linéaire, met en valeur de façon étonnante le cercle du vitrail de la rosace. De nombreux observateurs ont remarqué que l’effet général est semblable à celui d’une hostie. Trois portes donnent accès dans la cathédrale ; la plus vaste, celle du milieu, s'appelle la porte du Jugement ; à gauche, au pied de la tour du nord, s'ouvre la porte de la Vierge ; à droite, la porte Sainte-Anne s'ouvre au pied de la tour du midi.







Le portail de la Vierge

paris_033aCe portail est dédié à la Vierge Marie. La Vierge Marie se trouve en haut du tympan, assise à la droite du Christ; et un ange, se trouvant au-dessus d’elle, place une couronne en or sur sa tête. Notez la cannelure pointue dans le mur autour des arcs du tympan. Les bâtisseurs voulaient que ce portail soit différent des autres en l’honneur de la Vierge. Au-dessus du pilier trumeau se dresse une Vierge de pierre sculptée au XVe siècle, provenant de l'ancienne église de Saint-Aignan au Cloître ; elle a été placée là en 1818 ; elle y remplace une belle statue du XIIIe siècle représentant la Vierge portant son fils dans ses bras et foulant aux pieds le dragon, laquelle a été reléguée, on ne sait quand ni pourquoi, dans les magasins de l'église du chapitre, à Saint-Denis.


Le portail de Sainte Anne

paris_034aCe portail, dédié à la vie de Sainte Anne, la mère de la Vierge, est connue principalement en raison de la polémique concernant les deux personnages figurant sur le tympan. Autour d’un groupe comprenant une Vierge majestueuse tenant Jésus-Christ enfant dans ses bras et deux anges se trouvent deux personnages : un évêque et un roi. La tradition veut que ces personnages représentent l’évêque Maurice de Sully, fondateur de Notre-Dame, et Louis VII, roi de France à l’époque. Mais certains experts mettent en doute cette théorie et soutiennent que le personnage religieux est Saint Germain, évêque de Paris au VIe siècle, et que le roi est Childebert Ier, fils de Clovis. D’autres experts affirment même que ces personnages ne peuvent pas être identifiés.



Le balcon de la Vierge

paris_578Cette statue de la Vierge consacre la totalité de la façade à la mère du Christ. Elle fut commandée par Viollet-le-Duc pour remplacer la statue originale de l’époque médiévale, sévèrement endommagée par les années et les conditions climatiques. La rosace ouest se trouvant derrière cette statue constitue une auréole magnifique.

paris_604Viollet-le-Duc plaça également des statues d’Adam et Ève devant les baies de chaque côté de la rosace. Il s’agit là, d’après la plupart des experts, de l’erreur principale de Viollet-le-Duc dans une restauration qui, sinon, peut être qualifiée de remarquable.

paris_600 Tout semble prouver qu’aucune statue n’ait existé à cet emplacement. Les statues d’Adam et Ève auraient en fait dû être placées dans des renfoncements du mur le plus éloigné du bras sud du transept.

paris_605La Rose de la Vierge et son auréole de pierre: Il suffit d'être dans le bon axe et avec le recul nécessaire pour que la Vierge, Notre Dame finalement, ait la plus mémorable couronne qui soit : une rose pierre de 9,60 mètres de diamètre, édifiée entre 1220 et 1225.

Ce petit chef d'oeuvre, d'une grande pureté, n'est visible que d'un point précis du parvis, à une trentaine de mètres de la façade. Souvenons-nous qu'au Moyen Age, Notre Dame s'élevait au milieu des maisons et que le parvis n'avait qu'une trentaine de mètres de profondeur. La statue a donc été placée sur un piédestal très précisément calculé pour que le visiteur, en débouchant sur la place, soit immédiatement frappé par le spectacle de la Vierge couronnée... Oui, oui, ça c'est ce que disent les livres! Mais...

Mais deux petites remarques: la perspective ne joue vraiment que lorsqu'on se place plus loin, à un endroit où s'élevaient des maisons; ensuite, ces statues ne sont pas d'origine, mais ont été dessinées, comme beaucoup, par Viollet-le-Duc. Alors... Qu'importe, après tout. L'histoire est belle, même si elle prête un peu trop au génie de nos architectes du moyen âge.

Les rosaces

paris_023aAu Moyen-Age, toutes les baies de Notre-Dame de Paris étaient garnies de vitraux magnifiques. Tout a été détruit au 18ème siècle, à l'exception des trois grandes roses, de qualité exceptionnelle. Au 19ème siècle, Viollet-le-Duc et son équipe ont créé de nouveaux vitraux dans le style médiéval pour les chapelles latérales et celles du déambulatoire.

paris_579aLes trois grandes roses de Notre-Dame de Paris sont la rose Ouest (1220), au-dessus du grand orgue qui la cache à moitié, et les deux roses symétriques des transepts Nord (1250) et Sud (1270) qui, selon la tradition, auraient été données par saint Louis. Les vitraux des trois roses sont restés en grande partie d'origine, malgré les indispensables nettoyages et restaurations.

paris_111La rose Ouest est constituée d'un médaillon central représentant la Vierge à l'Enfant, entourées de trois bandes circulaires concentriques. En partant du centre on observe tout d'abord la série des douze petits prophètes, qui ont annoncé l'Incarnation de Jésus. Les deux bandes circulaires extérieures opposent en haut douze vertus et douze vices; en bas, elles associent les travaux des mois aux douze signes du zodiaque. Le nombre douze, produit de trois par quatre (trois, symbole de la Trinité, quatre, symbole des choses terrestres) est le symbole de l'Incarnation.

paris_140aLa rose Nord est consacrée à l'Ancien Testament. Sa dominante violette est signe d'attente et d'espérance de la venue du Messie. En trois cercles sont représentés quatre-vingts personnages: prophètes, rois, juges et grands prêtres. Au centre se trouve à nouveau la Vierge à l'Enfant, réalisation de la promesse et de ce fait jonction entre l'Ancien et le Nouveau Testament.

paris_113La rose Sud est celle du Nouveau Testament, à dominante rouge et beaucoup plus lumineuse du fait de son orientation. Elle comprend quatre-vingt-quatre médaillons répartis sur quatre cercles et figurant des apôtres, des martyrs, des évêques, ainsi que des scènes de l'Évangile. Le médaillon central, création de l'atelier de Viollet-le-Duc, représente le Christ de l'Apocalypse entouré du tétramorphe.
Les claires-voies sous les deux roses représentent l'une les dix-huit rois de Juda, l'autre les seize prophètes, les quatre du centre portant sur leurs épaules les quatre évangélistes. Ces vitraux ont été refaits au 19ème siècle par l'atelier de Viollet-le-Duc.

Le portail de Saint Étienne

Cparis_063aette porte se situe au niveau du bras sud du transept. Le tympan raconte la vie du premier martyr chrétien, Saint Étienne, selon les actes des apôtres.






Le portail du cloître

paris_076Ce portail se situe au niveau du bras nord du transept. Le linteau inférieur représente des scènes de l’enfance du Christ. Ces sculptures sont parmi les plus belles œuvres sculptées sur ce thème.

Le portail rouge

Le maître d’œuvre Pierre de Montreuil construisit cette petite porte, appelée pour des raisons évidentes «le portail rouge», entre 1250 et 1270. Louis IX, mieux connu sous le nom de Saint Louis, l’avait commissionnée. Il est présentée sur le tympan à gauche de la Vierge, couronné par un ange. L’épouse de Saint Louis, Marguerite de Provence, se trouve à droite du Christ.




Portail méridional de Notre-Dame de Paris

paris_064aLa porte de la Vierge, comme la porte Sainte-Anne ou du Midi, est garnie d'admirables ornements ou pentures en fer forgé, qui recouvrent les vantaux de bois. Travaillées en arabesques légères, fleurs et feuillages, rinceaux et animaux, elles tiennent le premier rang parmi les pièces capitales de la serrurerie aux XIIe et XIIIe siècles. Elles ressortent gracieusement sur l'enduit rouge dont on a recouvert les vantaux. Ces merveilles de l'art du fer forgé sont si belles que le peuple ne voulut pas croire qu'elles eussent été exécutées par le marteau d'un simple forgeron. Celui-ci aurait eu recours au diable, ce qui lui valut le surnom de Biscornette. Mais l'assistance du malin ne servit de rien pour la porte centrale par laquelle sort le saint sacrement les jours de solennité ; Biscornette ne parvint jamais à la ferrer, Il paraît que les architectes de nos jours usaient de sortilèges plus puissants, car ils ont ferré la grande porte avec des pentures très habilement copiées sur les portes latérales.



L’abside

paris_081L’abside est constituée par un demi-cercle situé dans la partie la plus à l’est de la cathédrale. Elle fut bâtie durant la première phase de construction, de 1163 à 1180. Une série d’arcs-boutants admirables soutient son mur supérieur arrondi. Elle est décorée de sculptures et de panneaux représentant entre autres des épisodes de la vie de la Vierge.







Le toit

paris_212Dans son testament, Maurice de Sully laissa la somme de cinq mille deniers pour le toit de la cathédrale, qui n’était recouvert que de matériaux temporaires jusqu’à sa mort en 1196. Le toit est recouvert de 1326 tuiles de plomb. Le poids total de ces tuiles est estimé à plus de deux tonnes.


La flèche

paris_016La première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept au milieu du XIIIe siècle. Des flèches aussi hautes souffrent du vent qui plie et affaiblit leurs structures. La flèche est déformée lentement, les solides se faussent, jusqu’à l’écroulement total. La flèche d’origine fut démontée en 1786, après plus de cinq siècles d’existence. La cathédrale resta sans flèche jusqu’à la restauration dirigée par Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle. Cette flèche est gardée par les statues des 12 apôtres (disposées en quatre rangées - une à chaque points cardinaux - de 3 apôtres, ceux ci étant placés les un dessous des autres). Tous sont tournés vers Paris, excepté l'un d'eux, Pierre. Celui ci ressemble étrangement à Viollet-le-Duc, l'architecte de la flèche. Il s’agit là d’une petite plaisanterie historique de ce grand architecte et restaurateur.




La cloche

paris_186Le grand bourdon dont parle François Villon dans son Grant Testament, daté de 1461, avait été donné en 1400 à la cathédrale par Jean de Montaigu, frère de l'évêque de Paris, qui l'avait baptisé Jacqueline, du nom de sa femme Jacqueline de La Grange. Jacqueline fut refondue en 1686 par les maîtres fondeurs Chapelle, Gillot, Moreau et Florentin Le Guay, et reçut un nouveau baptême au nom de Louise-Marie-Thérèse, reine de France, femme de Louis XIV. Jacqueline ne pesait que quinze milliers (7,500 kilogrammes). Marie-Thérèse pèse un peu plus du double (16,000 kilogrammes ou 16 tonnes métriques). Le battant pèse à lui seul 485 kilogrammes. L'épaisseur de la cloche est de 28 cm ; le périmètre en est de 4 mètres. Une inscription latine, placée en relief, relate ses aventures et ses transformations.

paris_189 Le bourdon "Emmanuel-Louise-Marie-Thérèse" est situé en haut des 422 marches de la Tour sud. On racconte que quand elle fut refondue en 1631, les femmes jetèrent dans le métal fondu leur bijoux en or, donnant à la cloche son ton unique en Fa dièse.
Il ne sonne qu'aux grandes fêtes de l'année: Noël, les Rameaux, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption et la Toussaint, ainsi qu'à l'occasion de cérémonies exceptionnelles.
Quatre autres cloches sont dans la tour Nord depuis 1856, en remplacement de celles du Moyen Age envoyées à la fonte en 1791 pour faire des canons.
Elles sonnent trois fois par jour pour l'Angélus à 8 heures, 12 heures et 19 heures et aussi pour l'Office cathédral en semaine. Les dimanches et jours de fête, elles sonnent à 9h 45 et 15h 45.
La volée "à la corde" a été remplacée par l'utilisation d'un pédalier au 19ème siècle.
Maintenant la sonnerie est télécommandée électriquement.