paris_287La Crypte archéologique sous le parvis de Notre-Dame de Paris a été aménagée pour protéger les vestiges découverts lors des fouilles réalisées à partir de 1965, par la Commission du Vieux Paris (département d'histoire de l'architecture et d'archéologie).





paris_227Il ne s'agit pas d'un musée mais de la présentation des ruines conservées dans le sol de l'Ile de la Cité couvrant la période comprise entre le IIIème et le XIXème siècle.

paris_228Cet espace, le plus vaste du genre à l'époque, a ouvert ses portes en 1980 avec pour objectif la présentation des éléments des bâtiments qui se sont succédés sur le site de l'Antiquité au XIXe siècle : quai gallo-romain, sections de la fondation du rempart érigé au IVe siècle,  vestiges d'une grande maison urbaine datant du IVe siècle) dont plusieurs pièces comportent des hypocaustes (système de chauffage que les Romains utilisaient dans les thermes publics et privés),

paris_229fondations d'un grand bâtiment de forme basilicale à cinq nefs  (peut-être la basilique Saint-Etienne (VIe siècle) dont les dimensions (36 m de large sur 70 m de long) laissent penser qu'elle était la plus grande église de Gaule), fondations de l'église Sainte-Geneviève des Ardents (Ixe siècle), sous-sol de l'ancienne chapelle de l'Hôtel-Dieu,  fondations de l'hospice des Enfants-Trouvés, tracé des égouts haussmanniens.



paris_230Le site est né dans l’Ile de la Cité, au croisement d’une route fluviale et d’une route terrestre. La Seine et ses affluents donnaient les moyens de communication par eau, le sous-sol fournissaient la pierre à bâtir et la pierre à plâtre.

paris_256Lutèce gauloise :

Les Parisii semblent s’être fixés au milieu du IIIè siècle av. J.C. César tient une assemblée dans leur ville, Lutèce, en 53 av. J.C. Ils se soulèvent en 52 à l’appel de Vercingétorix. Labiénus, lieutenant de César les écrase.
Lutèce gallo-romaine :
Les conquérants romains installent une ville nouvelle sur la hauteur de la rive gauche L’Ile de la cité semble avoir joué alors un rôle secondaire.

paris_271Les invasions barbares - Le Bas Empire :

Les invasions germaniques de la fin du IIIè siècle ap. J.C. ravagent la ville gallo-romaine. Aux IVè et Vè siècles, Paris joue un grand rôle stratégique. Les empereurs militaires, qui défendaient la frontière du Nord et de l’Est, y séjournent : Julien l’Apostat en 357-358, puis en 359-360, Valentinien en 365 et en 366. Vers le moment où, à Lutèce, Julien est élevé au rang d’Auguste par ses soldats (360 ap. J.C.), la ville commence à perdre son nom pour prendre celui de Paris.

paris_260Du Haut-Empire subsistent des traces d'habitat (parmi lesquelles les archéologues ont découvert une statuette en bronze du dieu Génius), des tronçons du quai et du port antiques de Lutèce ainsi qu'un puissant mur à contrefort, pour lequel il est difficile de donner une interprétation.

paris_275Du Bas-Empire sont conservées des sections de la fondation du rempart érigé au IVe siècle de notre ère, après les invasions barbares de la fin du IIIe siècle. Elle est composée de gros blocs dont certains sont des remplois. C'est au pied de ce rempart qu'un trésor a été découvert en 1970, une céramique brune qui contenait plus de 800 monnaies.


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La capitale du royaume de Clovis :

Elle devient véritablement une capitale quand Clovis, roi des Francs (482-511) y établit le siège de son royaume. Son fils, Childebert 1er (511-588), fait construire dans la Cité la grande église cathédrale Saint-Etienne, dont le plan à cinq vaisseaux était semblable à celui du premier Saint-Pierre de Rome. Les fondations qui mesuraient 36 m de large et au moins 70 m de long et qu’on retrouve sous la cathédrale actuelle, ont été mises au jour dans les fouilles - notamment une partie de la façade. Ses dimensions en faisaient probablement la plus grande église de Gaule.

paris_248Le Moyen Age :

A l’époque carolingienne, les souverains, tournés vers l’Est, délaissent la capitale à tel point que c’est le Compte de Paris, Eudes, ancêtre des Capétiens, qui défend la ville contre les Normands. Après le très long siège de 885 la ville est réduite à l’Ile de la Cité. En 1163, l’évêque de Paris, Maurice de Sully, commence la façade de Notre-Dame. La cathédrale mérovingienne Saint-Etienne est abattue. Une voie, la rue Neuve Notre-Dame est tracée afin d'acheminer les matériaux nécessaires à la construction de la cathédrale. Conduisant au Parvis, au centre de la façade de Notre-Dame, c’est le sous-sol de cette voie qui est présenté dans la crypte. Cette rue de sept mètres de largeur a été ouverte par Maurice de Sully, vers la fin du XIIème siècle, afin d'acheminer les matériaux nécessaires à la construction de la cathédrale.

paris_252Le Parvis jusqu’au milieu de XVIIIè siècle

• En bordure de la Seine, entre celle-ci et la rue Neuve Notre-Dame, l’ancien Hôtel-Dieu. Il communiquait avec ses dépendances de la rive gauche par deux édifices (la chapelle Ste-Agnès, du XVè siècle), la salle du Légat, du XVIè ;
• à l’Est près de Notre-Dame, était sa propre chapelle. Une petite rue et des maisons le séparaient de la rue Neuve Notre-Dame.
• Au Nord de la rue Neuve Notre-Dame (côté des bâtiments actuels de l’Hôtel-Dieu) étaient des maisons et deux églises, Sainte-Geneviève des Ardents (dont on voit des fondations dans la crypte), à l’Ouest, et Saint-Christophe, vers Notre-Dame.



paris_238L’aménagement du Parvis en 1750 :

Au milieu du XVIIIè siècle, l’architecte Boffrand fut chargé de construire un nouvel hospice des Enfants-Trouvés, côté nord de la rue Neuve Notre-Dame. Il agrandit un peu le parvis, élargit la rue Neuve Notre-Dame vers le nord pour construire son bâtiment. En 1772, un grand incendie ravage l’Hôtel-Dieu : la chapelle Ste-Agnès, la salle du Légat sont détruites. Les bâtiments hospitaliers du long de la Seine seront rebâtis.

paris_233Le Parvis d’Haussmann et le Parvis actuel :

Haussmann étendit le parvis de façon démesurée, éleva une caserne (aujourd’hui la Préfecture de Police) au fond de la place et, en bordure de celle-ci, l’actuel Hôtel-Dieu. Le Parvis devint un espace bitumé au bout duquel la cathédrale semblait rapetissée.

paris_272L’aménagement du Parvis (1970) :

La construction de la crypte archéologique a permis de donner au Parvis un relief et un aspect qui évoquent son état ancien. Une dénivellation marque la limite occidentale du Parvis antérieur aux travaux de Boffrand (de là on peut apprécier les dimensions colossales des tours de la cathédrale). L’espace occupé par l’ancienne rue Neuve Notre-Dame est marqué par de gros pavés; la ligne des façades est signalée par des pierres blanches sur lesquelles sont gravées les noms de leurs enseignes. Un pavage différent figure le plan de l’église mérovingienne Saint-Etienne (à l’exception du 5è vaisseau, au Nord, à l’emplacement duquel passe la chaussée.

paris_232http://www.parissweethome.com/parisrentals/art_fr.php?id=34
http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=6468&document_type_id=5&document_id=19971&portlet_id=14628
http://www.insecula.com/salle/MS00993.html