Roche des fées, Pierres enchantées, Pierre qui vire, dûment cimentée pour l'empêcher de pirouetter, sur laquelle on percha une statue de la Vierge avant de la flanquer d'un monastère.st_michel_bourges_le_puy_v_zelay_086__1600x1200_

Nous sommes en pays éduen, en Gaule chevelue, en terre druidique. Les moines ont bien tenté de ramener ce joli monde dans le giron ecclésial. Ils ont même cru y réussir. L'écrivain- paysan Henri Vincenot lisait dans les églises du coin une tout autre chanson: celle des compagnons maçons, héritiers du savoir druidique. Ceux-là savaient manier le nombre d'or et la corde à treize nœuds pour insuffler aux édifices sacrés leur science des énergies cosmiques, des courants telluriques irriguant les maisons de Dieu.

La basilique n'y échappe pas, bien au contraire. Pour qui voudrait s'adonner au déchiffrement des symboles cachés, sachez qu'elle en est toute truffée: ce serpent qui se mord la queue, au pied du premier pilier nord de la nef, ne figure-t-il pas les connaissances druidiques? Les marques des tailleurs de pierre, semées sur presque chaque mœllon, ne dessinent-elles pas l'équerre et le compas, instruments du Grand Architecte? l'hexagramme et la feuille de chêne des druides? Et ces spirales sculptées dans les plis compliqués du vêtement du Christ, au tympan du narthex, on les aurait mises là pour faire joli? Vincenot se plaisait à voir le dieu celte Lug dans ce Jésus aux mains immenses, bizarrement vierges de tout stigmate. Et puis il croyait à la vouivre, un courant tellurique qui traverserait le mont Scorpion, source du Bien et du Mal qui s'affrontent ici depuis la nuit des temps.(extrait d'un article de Marion Festraëts paru dans l'express)st_michel_bourges_le_puy_v_zelay_066__1600x1200_

L'abbaye de Vézelay, bien que vouée au culte de Marie-Madeleine, a possédé sa vierge noire et son dolmen.Il est fait mention de la vierge noire dans les "annales des croisades" et Saint Louis se serait agenouillé devant elle à la fin du mois de Septembre 1244. Elle était exposée dans la crypte.vezelay_003

Vézelay fut de tous temps un lieu initiatique. Les druides y ont bien sûr séjourné. Le dolmen marquait le noeud de courants telluriques. Il est toujours sur place, sous le côté droit de la crypte. Comme d'habitude, ainsi qu'à Chartres ou à Notre-Dame de Paris, on ne peut y acceder. Dans le livre de René et Claudine Bouchet, on peut trouver l'étude des courants d'eau, ainsi que dans le livre de  Georges Prat l'étude des différents courants telluriques.vezelay_007

On peut remarquer la position de l'ancien temple dédié à Mithra. Il nous est indiqué par une sculpture représentant une tête de taureau.

vezelay_004Une autre particularité de Vézelay est son appartenance à une série de bâtiments religieux représentant les différents emplacements des étoiles de la grande ourse. Les anciens initiés recherchaient les implantations stellaires où ils projetaient une constellation sur le sol et où chaque menhir ou dolmen figurait une étoile. Nous retrouvons celà dans le Puy de Dôme, avec les Notre-Dame ou bien avec les églises Lyonnaises représentant la constellation de la vierge.

La basilique est aussi un chemin de lumière...

vez1Les projections de lumière qui se meuvent au rythme du mouvement de la terre autour du soleil pour atteindre les points aussi particuliers à des instants aussi précis conduisent à l'évidence émerveillée que non seulement l'axe d'orientation de la nef mais aussi sa structure interne, cet espace limité par l'architecture et empli de lumière, ont été déterminés en tenant compte de la position de la terre par rapport au soleil; elles témoignent du vœu du bâtisseur d'établir la construction dans une relation avec le cosmos.(André Bouchard)

Au solstice d'été, quand le soleil culmine à midi, les dalles du centre de la nef sont marquées de taches de lumière dans un alignement d'une rigoureuse et constante précision.

Dans la basilique se trouvent des signes lapidaires compagnoniques. Sur une colonne, une feuille de chêne nous indique la présence de la tradition druidique, reprise et cachée par les initiés constructeurs et architectes du moyen-âge.vezelay_msm_bourges_st_bertrand_043vezelay_005vezelay_006

"Gilbert n'aurait jamais osé espérer cet honneur. Vézelay, pour le Bourguignon qu'il était, c'était La Mecque. Il y était venu avec son grand-père, en carriole, pour la sainte Madeleine, tous les 22 juillet de son enfance, et il se souvenait de son émerveillement lorsque, passé la montée du Crot, on attaquait la descente sur Saint Père et que, d'un seul coup, à la Montjoie, on découvrait le tertre sacré couronné de cette longue basilique, bloquée à chaque extrémité, par ses tours carrées, dressées très haut dans le ciel d'été. Le grand-pére, alors, arrêtait Cocotte et, debout, se découvrait noblement et criait : « Montjoie ! »
Le petit Gilbert d'alors, à peine conscient, se sentait pris d'une grande fierté et d'un grand respect. Jamais il n'auait osé espérer l'honneur de participer à cette inexprimable grandeur.

Ce qu'il vit là, et qu'il n'avait jamais vu, n'ayant jamais feuilleté un livre d'art depuis les pèlerinages de sa petite enfance, l'intimida tellement qu'il ne put dormir les trois première nuits.
Ces tourbillons de plis enchaînés les uns aux autres donnaient au Christ central un mouvement tellement majestueux que jamais Gilbert n'aurait osé les imiter. Il resta confondu devant ce rythme éblouissant de spirales. Toute une journée, il resta immobile dans le narthex et lorsqu'il ressentit véritablement un vertige, il ne put s'empêcher de penser à la Gazette. Oui, tous ces personnages dansaient ! Ils dansaient sous la conduite du plus grand d'entre eux, celui qui jaillissait de la mandorle. Les autres sautillaient, comme impatients de le suivre, mais lui tournait, dansant littéralement, sans qu'aucun doute fût possible.
Et tout à coup, à force de le regarder fixement, Gilbert le vit tourbillonner. Il lui avait suffit pour cela de fixer simultanément les deux spirales de plis : celle du genou et celle de la hanche. Les spirales secondaires, celle du coude gauche et celle de l'épaule droite, se mirent en mouvement à leur tour, comme des remous, dans une eau profonde, entrainant d'autres remous en sens inverse, créant de larges et lentes interférences, frangées de clapotis.
Oui, cette danse de pierre évoquait l'eau, le tourbillon de la vie. Ou plutôt elle était la vie et le mouvement du monde."

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st_michel_bourges_le_puy_v_zelay_073__1600x1200_"L'ingénieur s'avançait sur le plateau. La Gazette prit son air cafard et s'approcha du tympan. il se mit à caresser l'admirable main, la grande belle dextre du Christ en gloire, le danseur divin. Puis, l'ayant considérée avec un grand respect, il se pencha, et, pieusement, baisa la paume, longuement.
- Que faites-vous là, monsieur ? lui demanda l'ingénieur.
- Voyez mon fils, je répond à l'invitation qui m'est faite de glorifier la main humaine !
- La main ?
- Oui. Celle-ci est la première qui fut placée au départ sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, celui qui passe par Neuvy-Saint-Sépulchre et Orthez. On la retrouve partout sur le chemin des étoiles...
- Et où voyez-vous qu'il faille lui accorder un respect particulier, monsieur ?
La Gazette toisa l'autre, qui était presque deux fois plus grand que lui.
- Parce que partout, elle est représentée disproportionnée !
- Naïveté ! Maladresse ! lança l'ingénieur avec un maigre sourire de doute.
- Je sais que la science officielle invoque la maladresse des autres chaque fois qu'elle ne comprend pas. Mais je vous le demande, monsieur, les gens qui ont construit cet édifice étaient-ils des manchots ?
- Certainement pas. st_michel_bourges_le_puy_v_zelay_071__1600x1200_
- Alors pourquoi ont-ils représenté cette main, par ailleurs parfaite, deux fois plus grosse qu'elle ne devrait être ?
- Je ne me suis jamais vraiment posé la question.
- C'est un tort, mon fils. Tout ce que l'on fit à cette époque est intentionnel. tout est question, ici, et tout est réponse, et si une main est deux fois trop grosse, c'est qu'on a voulu dire quelque chose!
- Diable, vous m'intéressez, monsieur. Et qu'a-t-on voulu nous dire ?
- Que tout est fait par la main, que tout procède d'elle. Sans la main, pas de cathédrale... pas d'automobile non plus !
Il se fit un silence.
- C'est une grande leçon d'humilité que donne le tympan de Vézelay à l'intellectuel, en vérité ! ajouta la Gazette."

Extraits du "pape des escargots" de Vincenot...http://users.swing.be/pem/vinc_vezelay.html