Vasivière  viendrait de ''vas iver" (le temple de l'eau) ;  le site est un ancien lieu celtique honorant les divinités des eaux de la Couze, de la Clamouze et du lac Pavin. Notre-Dame prit naturellement la succession de ces divinités, comme  source de vie et protectrice des voyageurs.

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Situé au pied du Puy du Paraillet, à une distance de 8 km du village de Besse, Vassivière possède une source sainte, la chapelloune, et domine le partage de deux bassins hydrauliques, à l'est l'allier et la Loire, à l'ouest la dordogne et la Garonne.

Niché à 1 197 m d'altitude dans la chaîne des Monts Dore, le lac Pavin épouse l'arrondi parfait du cratère qu'il occupe. Son superbe écrin verdoyant contraste avec ses eaux bleu nuit, trahissant ses 92 mètres de profondeur. Jeune de six mille ans, il s'étale sur 44 hectares et mesure 750 mètres de diamètre. La légende raconte que le lac, considéré comme le plus beau d'Auvergne, a englouti la cité de Besse, punie par les dieux. Elle serait à l'origine de son nom : Pavin, déformation du latin pavens, voulant dire épouvantable.

Pas étonnant que le lieu soit consacré à l'élément "eau".

Devant le sanctuaire, d'anciennes pierres sortent du pâturage. Dommage que cet endroit soit déjà habité, je n'ai pas pris le risque de faire partir tout un troupeau, même si j'ai beaucoup d'affinité avec ces belles vaches rousses...

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En 1321, Bernard VII de la Tour fit don au chapître cathédrale des pierres de la chapelle de Vassivière ruinée pour la reconstruction de l'église de Condat en Feniers dans le cantal. De cette période, on ne sait pas si la première chapelle fut dévastée par les Anglais lors de la guerre de cent ans ou bien l'éloignement du site aurait fait oublier le sanctuaire.

En souvenir de ce temple, on y laissa une statuette de la vierge que l'on ne manquait pas de saluer au passage.

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L'histoire aurait pu s'en arreter là si, en 1547, un marchand de Besse répondant au nom de Pierre Gef, qui se rendait à la Tour d'auvergne, refusa de la saluer en se moquant de la dévotion portée par ses camarades pour cette statuette noire. Il se retrouva aussitôt aveugle. Il retrouvera la vue qu'après s'être repenti et fait amende honorable. On décida alors de descendre la vierge à l'église de Saint André à Besse. Le lendemain, elle était revenue toute seule dans sa niche de montagne et ceci se reproduit trois fois. La nouvelle se propagea très vite., et on parla de miracle.

C'est à cette époque que l'on décida de construire la chapelle, Catherine de Médicis, alors propriétaire des lieux en donna l'autorisation. Les travaux débutèrent en 1550, la chapelle consacrée en 1555 et  achevée le 6 Juin 1556.

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On instaura un pélerinage permettant à la belle saison de monter la Dame en procession le 2 Juillet dans son sanctuaire de montagne (altitude 1 300 mètres) et de la redescendre en grande pompe le dernier dimanche de septembre après la saint Matthieu, (ou après l'équinoxe d'automne): la dévalade. Elle suit donc les règles de la transhumance, sur les 8 km séparant Vassivière de Besse.

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Pendant la révolution, la chapelle sera transformée en grange et vendue en bien national, en 1804. Ce n'est qu'en 1809 que Napoléon signera la réouverture.

Sur le site, il existe une chapelle dite "d'été", ouverte seulement les jours de la Saint Louis et la Saint Michel. En remontant en direction du sanctuaire, on peut trouver plusieurs portes de vie, attestant l'ancienneté du  haut-lieu. Une particulièrement fait penser à un siège. Il est vrai que l'on ressent une douceur extrème en prenant place, comme si la pierre voulait enlever toute lassitude au pélerin....

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